Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Plus d’un « Grenelle » pour les océans…

Bonjour,

Quelques nouvelles des océans. Les émissions de gaz à effet de serre, qui modifient le climat terrestre et favorisent un réchauffement des eaux, entraînent encore une acidification inquiétante des océans. C’est le constat d’océanographes, réunis fin janvier à Monaco. Les océans, qui représentent plus de 70% de la surface terrestre, régulent le climat et absorbent environ le tiers des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui permet certainement d’atténuer les excès climatiques. Mais face à la croissance des émissions de gaz à effet de serre, les océans saturent. Il y a formation d’acide carbonique, associé à une diminution du PH des eaux, qui deviennent plus acides. Les concentrations de carbonate diminuent. Depuis le début de l’ère industrielle, l’acidification des océans aurait augmenté de 30%. Les scientifiques s’attendent à des valeurs inégalées depuis 20 millions d’années. (1) Les recherches effectuées sur l’accumulation de CO² dans l’océan, amorcées à la fin des années 90, sont encore trop récentes pour tirer des conclusions. Restent quelques probabilités. Cette concentration de CO² est appelée à suivre la courbe inquiétante des rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. D’autre part, l’acidification du milieu marin devrait affecter la croissance d’organismes à squelettes calcaires, algues, crustacés, mollusques, ou coraux, qui utilisent le carbonate de calcium comme matière première. Pour tenter de freiner ce processus qui menace directement la biodiversité marine, et risque de bousculer l’équilibre alimentaire mondial, plus de 150 scientifiques présents sur le rocher ont lancé « L’appel de Monaco ».Une nouvelle invitation à limiter les rejets de GES.

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Pauvres coraux.

Les coraux, justement on en parle. L’ICRI ( L’ Initiative Internationale pour les Coraux) et son correspondant français, l’IFRECOR, viennent de publier l’état de santé des récifs coralliens, bilan 2008. (2) Un chiffre, 19% des coraux ont déjà disparu des fonds marins. Et une prévision, 54% du patrimoine mondial est plus ou moins menacé, sous la pression conjuguée des activités humaines et des modifications climatiques. Surpêche, pollutions d’origine agricole et industrielle, modification des systèmes côtiers, accélèrent le blanchissement des coraux. C’est à dire une mort annoncée. Le réchauffement des océans et l’acidification croissante du milieu marin contribuent encore à la disparition des récifs. D’ici une à deux décennies, 15% des écosystèmes coralliens, notamment en Asie du Sud- Est et dans la Mer des Caraïbes, pourraient être anéantis. Le rapport rappelle que la seule hausse des températures de l’eau, particulièrement sensible dans l’Océan indien en 1998, a entraîné un blanchissement massif des coraux. En 2005, année très chaude, année de tempêtes et d’ouragans, les récifs des Caraïbes ont été décîmés. Si les scientifiques s’alarment de la disparition des coraux, c’est qu’ils occupent une place importante dans le catalogue de la biodiversité, et qu’ils rendent de sacrés services à l’humanité. IIs constituent un « supermarché » pour environ 30 millions de personnes, qui dépendent d’eux pour leur nourriture , et donc leur survie (UNESCO, 2008). Ils adoucissent les effets des cyclones et des tsunamis. Toujours selon l’UNESCO, les systèmes coralliens, qui nourrissent, protègent, renouvellent leurs ressources, ou stimulent le tourisme, font vivre 500 millions de personnes sur la planète. Quand ils sont en bonne santé.

Surpêche et réchauffement climatique.

Plus récemment, la FAO dénonce les excès de la pêche, dans un contexte de réchauffement climatique. Dans un rapport publié le 2 mars, (3) l’Agence de L’ONU pour l’alimentation et l’agriculture invite à développer des pratiques de  pêche « responsables ». Alors que les mers sont pillées par ceux qui les exploitent, environ 30% des stocks halieutiques sont tendus ou épuisés, la FAO s’inquiète des conséquences d’un réchauffement des eaux qui confisquerait encore une partie de la ressource. La FAO note que l’élévation des températures des océans a déjà bousculé la répartition des espèces. Certains poissons tropicaux auraient commencé à migrer en direction des pôles, vers des eaux plus fraîches. Et faute de stock, les populations pauvres, qui dépendent de la pêche pour leur survie, risquent de souffrir un peu plus. Deux semaines plus tôt, la FAO s’était penchée sur les abus de la pêche à la crevette, source de revenus et d’emplois “pour des millions de ménages vulnérables »

Jean Louis Borloo, le Ministre de l’Ecologie, semble avoir entendu l’appel de l’océan. Il vient de lancer le « Grenelle de la Mer » . La France, qui dispose du second espace maritime mondial, 11 millions de km², étire ses côtes, grâce aux DOM-TOM, sur trois océans, Atlantique, Indien, et Pacifique. Déjà, les récifs coralliens de la Polynésie française ont pris un sacré coup de chaud. http://www.ifrecor.pf/article.php3?id_article=132

M.J

(1) EPOCA, l’acidification des océans et ses conséquences sur les écosystèmes, CNRS

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1345.htm

(2) Rapport ICRI : http://www.icriforum.org/gcrmn/2008/Status%20of%20Coral%20Reefs%20of%20the%20World%202008.pdf

(3) Accès rapport FAO. http://www.fao.org/docrep/011/i0250f/i0250f00.htm


Publié par marlene le 3 mars 2009 dans Actualité,Ecosystèmes.,Grenelle.
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