Environnement
Un blog sur la géo-environnement

La Chine s’intéresse à ses mines d’énergie renouvelable.

Bonjour,

Une industrie et une production high-tech voraces, un marché de l’automobile et un équipement des ménages en progression vertigineuse, la Chine est gourmande en énergie. Ses besoins en pétrole la placent juste derrière les Etats-Unis. La Chine est aussi le premier producteur et consommateur mondial de charbon, qui alimente 70% de sa machine. (1) De 1996 à 2006, les besoins énergétiques de « l’usine du monde » ont pratiquement doublé. Et la consommation d’électricité est allée encore plus vite, elle a été multipliée par deux depuis 2000. (2) Cette Chine énergivore est aussi une Chine qui pollue. Les émissions de CO² sont en train de dépasser celles des Etats-Unis. (3) Parenthèse, les émissions de dioxyde de carbone d’un Chinois représentent 1/6° de celles produites par un américain. (2) Les rejets de dioxyde de soufre, liés a l’utilisation de charbon de mauvaise qualité et à des techniques de combustion vétustes, sont en augmentation. (3) Mais, derrière le gigantesque nuage d’oxyde d’azote qui couvre Pékin et le nord-est du territoire, il se dessine un petit espoir. La Chine, qui veut diversifier ses sources d’énergie et qui freine la construction de centrales de charbon,  mise sur le vent, le soleil, l’eau, ou la biomasse, pour adoucir les conséquences environnementales de son développement.

Le vent et l’atome.

Si l’énergie solaire balbutie encore, la Chine est en train de devenir une championne de l’éolien. En 2006, le pays a doublé sa capacité. Dans un contexte où l’énergie produite par le vent est plus chère que celle issue du charbon, le gouvernement incite à la concurrence pour réduire les coûts de production. Vers le milieu du siècle, l’énergie éolienne pourrait devenir la seconde source d’électricité, derrière le charbon, et devant l’hydro-électricité. Avec environ 2/3 des capacités mondiales, la Chine est devenue le plus grand consommateur d’eau chauffée par le soleil. On y dénombre environ 40 millions de systèmes solaires, 10% de ménages chinois en sont équipés.  Cette performance dissimule un secteur solaire où beaucoup reste à faire. Ce qui n’empêche pas la Chine d’être active sur le marché international du photovoltaïque. La biomasse, surtout produite à base de canne à sucre et de cosses de riz, est un secteur qui somnole. En attendant, peut-être, d’être réveillé par d’autres sources d’énergie, résidus de l’agriculture ou des forêts. Le biogaz, produit à partir de déchets animaux, dynamise la filière. La Chine s’intéresse encore aux carburants alternatifs. Elle produit un peu d’éthanol à base de maïs, et du biodiesel avec de l’huile de friture usagée. Le manioc, le sorgho, et les oléagineux ouvrent de petits espoirs. Plus sérieux, l’éthanol à base de cellulose, la Chine dispose de vastes stocks de déchets agricoles et forestiers. Une perspective qui attendra encore quelques années. (1) Petite fausse note dans cette transition énergétique, la Chine devrait encore construire une trentaine de centrales nucléaires, d’ici à 2020.

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Un portable solaire.

Aujourd’hui, 8% de l’énergie et 17% de l’électricité consommées en Chine proviennent d’une source non fossile. L’objectif est d’atteindre les 15% (énergie) et Les 21% (électricité ) en 2020. (1)Vers le milieu du siècle, les énergies renouvelables devraient couvrir 30% des besoins.(2)Cette ambition repose sur des investissements conséquents, assortis d’une volonté de développer les énergies propres. Le Worldwatch Institute rapporte que la Chine a investit 50 billions de dollars dans le non-fossile en 2006, plus 10 billions en 2007. Depuis 2005, une loi encadre le développement du renouvelable, devenu « priorité nationale ». Des incitations fiscales encouragent les entreprises à opter pour les énergies alternatives. Des mandats exigent que des compagnies d’électricité achètent de l’éolien, et s’intéressent aux autres sources. Selon le cabinet Ernst & Young, la Chine est devenue l’un des cinq pays les plus attractifs pour les investissements destinés au renouvelable, entre l’Inde et l’Espagne. (4)Tout en développant son potentiel, la Chine est en passe de devenir un leader sur le marché international du vent et du soleil, en Amérique du Nord, au Japon, ou en Europe. La production d’éoliennes et d’équipements photovoltaïques a été multipliée par 2 en 2006. (1) La Chine exporte ses systèmes d’eau chauffée par le soleil – bien moins coûteux que leurs semblables produits en Europe – et du petit matériel hydro-électrique. Objectifs ambitieux, soutien des autorités, et prouesses industrielles « à la chinoise », la Chine pourrait s’imposer dans les technologies du renouvelable. En 2007, une société chinoise a présenté son premier portable à énergie solaire, une heure au soleil, ou à la bougie, pour quarante minutes de conversation….

M.J

(1) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy”, Worldwatch report, Eric Martinot, Li Junfeng, November 2007, http://www.worldwatch.org/node/5491

(2) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy.”http://www.worldwatch.org/node/5496

(3) http://www.econologie.com/la-chine-articles-2277.html

(4) « Energies renouvelables : la Chine devient plus attractive que le Royaume-Uni », Actu-Environnement.com – 28/08/2008, http://www.actu-environnement.com/ae/news/attractivite_chine_energies_renouvelables_5590.php4


Publié par marlene le 12 mai 2009 dans Actualité,Chine,Climat,énergie
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