Environnement
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Agrocarburants, boire ou conduire ?

Bonjour,

Agrocarburants: boire ou conduire ? C’est la question posée par une étude américaine de la Rice University de Huston, intitulée ‘The Water Footprint of Biofuels : a Drink or Drive Issue ?”(1) Selon cette équipe de chercheurs, l’extension de cultures destinées à produire des agrocarburants pourrait affecter les ressources en eau, et dégrader la qualité des nappes souterraines. Cette étude met l’accent sur l’énorme quantité d’eau avalée par cet agro -business, et par la pollution aquifère occasionnée par l’emploi de fertilisants, de pesticides, et autres produits chimiques. Elle encourage donc les dirigeants à se soucier un peu plus de «l’empreinte -eau » laissée par ces cultures à grande échelle. Cette « empreinte -eau » résume deux inconvénients majeurs. Les pénuries liées à une explosion des cultures, nécessitant toujours plus d’irrigation. Et la pollution croissante de l’eau occasionnée par le drainage des produits chimiques employés, sans oublier l’érosion des sols. (2)

Une consommation d’eau différenciée.

Aux Etats-Unis, leader mondial d’agrocarburants principalement issus du maïs, la production a explosé au cours de la dernière décennie. Elle est passée de 1,7 milliards de gallons en 2001 à 3,9 en 2005, pour atteindre les 9 milliards en 2008. (3) (4) La consommation d’eau a suivi. Elle aurait augmenté de 246% entre 2005 et 2008. (5) Si les besoins en eau pour faire pousser ces plantes sont généralement élevés, ils ne sont pas les mêmes selon les conditions environnementales, les pratiques agricoles, et les variétés de culture. Et selon les Etats. D’après le rapport de la Rice University, Au Nebraska, il faut 50 gallons d’eau pour irriguer le maïs nécessaire à produire le carburant qui fera avancer une voiture, de consommation moyenne, d’un mile. Quand il n’en faudra que 23 dans le Nevada, toujours pour un carburant à base de maïs. Mais, au Texas, il faudra 115 gallons d’eau pour arroser le sorgho, qui produira la même quantité d’éthanol. (2)

Une plante moins assoiffée.

Les auteurs du rapport de la Rice University , qui trouvent cependant de bonnes raisons pour continuer à produire des carburants d’origine végétale, moins de pétrole importé et sources d’énergies diversifiées, brossent le portrait de la plante idéale. C’est simple. Elle devra être moins assoiffée, moins gourmande en pesticides, fertilisants, et autres substances chimiques. Il s’agira donc de trouver les plantes adaptées aux conditions environnementales locales, avec la pluie comme mode d’irrigation. C’est-à-dire, qu’il faudrait oublier le maïs dans les régions où il s’adapte mal. Mieux, le rapport propose l’option « Panic Raide », une céréale sauvage qui pousse en abondance aux Etats-Unis, et qui pourrait produire de l’éthanol. D’autres solutions à base de cellulose, déchets agricoles et forestiers, devraient être exploitées. Avantages majeurs, une matière première importante disponible un peu partout sur le territoire américain, sans les pressions environnementales. Moins de terres agricoles, moins de produits chimiques, et moins d’eau. Argument écologique complémentaire, utiliser le carburant là où il est produit (2)

Un nouvel équilibre.

La relation entre la production massive d’agro-carburants et les besoins en eau fait débat. En août 2007, à Stockholm, lors de la Semaine Mondiale de l’Eau, des experts avaient craint que le développement de la bioénergie absorbe des ressources indispensables au développement de l’agriculture vivrière. Avertissement repris par les chercheurs de la Rice University. Pedro Alvarez, le rédacteur du rapport, rappelle que pour produire un kg de pain, il faut 1000 litres d’eau, et 10.000 pour un kg de viande. La démographie planétaire renforce l’argument. Selon lui, dans un monde plus peuplé, les décideurs devront réglementer l’usage de l’eau, en fonction des besoins de l’agriculture et de l’élevage. Alvarez parle d’un nouvel équilibre: consommer moins de pétrole, sauver les revenus des fermiers, tout en préservant l’eau indispensable à l’agriculture. (6)

M.J

“Ethanol, the inconvenient truth”, l’eau et bien d’autres défauts…

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(1) Introduction au rapport: http://cohesion.rice.edu/centersandinst/shellcenter/research.cfm?doc_id=11975

(2) « Rice U. researchers ask if biofuels will lead to a ‘drink or drive’ choice – Report weighs balancing biofuels and water resources », June 2009, http://www.rice.edu/nationalmedia/news2009-06-12-biofuelandwater.shtml

(3)  Wipedia. http://en.wikipedia.org/wiki/Ethanol_fuel_in_the_United_States

(4) 1 US gallon = 3,785 litres.

(5) « Bioproducts and Biosystems Engineering », Y. Chiu, B. Walseth, S. Suth, Univerrsité du Minnsota, in « Biocarburants : une soif qui pèse sur les reserves des Etats-Unis », BE Etats-Unis 162, 17-04-2009. http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58699.htm

(6) “Researchers Say Increased Biofuel Production Could Harm Water Resources”, VOANews.com, , 23 June 2009 http://www.voanews.com/english/2009-06-23-voa62.cfm


Publié par marlene le 29 juin 2009 dans Actualité,biocarburants,eau,Non classé
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