Environnement
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Opération « pluies » au Mali

Bonjour,

Opération  «pluies » pour soulager le Mali de la sécheresse. Comme beaucoup de pays d’Afrique, le Mali envoie des avions pour ensemencer les nuages, et redonner un peu de vie à ses cultures qui se désolent sur des sols arides. Une histoire qui remonte aux sécheresses des années 1970. Depuis, les pluies ont diminué de 20% sur ce territoire d’Afrique sub-saharienne. Les saisons sans pluie sont devenues plus longues, les nappes souterraines se sont épuisées. Ce changement de régime météo, qui bouleverse le rythme des cultures, affecte les agriculteurs qui ne savent plus trop bien quand commencer à planter, faute de précipitations assurées. A Ségou, Mopti, ou Koulikoro, dans le Delta Intérieur du Fleuve Niger, une zone semi-aride grignotée par le désert et en partie privée des eaux d’un fleuve moins généreux,  le calendrier des pluies est particulièrement important pour les réserves en nourriture. En attendant ces précipitations, qui ne viendront peut-être pas, le gouvernement du Mali a programmé quelques vols d’ensemencements pour titiller les nuages. Cette technologie, née aux Etats-Unis, vise à déverser dans le nuage des sels d’iodure d’argent, ou du chlorure de sodium, pour agglomérer les gouttelettes d’eau. Plus lourdes, elles finissent par tomber. Mi-octobre, des avions se sont envolés pour faire tomber la pluie dans les régions de Ségou, Mopti, et Kelikouro. (1) Cette intervention, appelée « Opération Sanji », a été lancée au cours de l’été 2006.

Programme « Sanji »

Depuis 2005, Bamako développe le  programme « Sanji » pour ensemencer les nuages sur l’ensemble du territoire malien. Il est prévu pour cinq ans. Il se double de « l’opération Sanji », une initiative de 14 mois pour arroser les zones de Mopti, de Ségou, de Kayes, et de Koulikoro, régions céréalières tributaires des pluies. Après plusieurs séries d’interventions, les résultats seraient encourageants. Les précipitations provoquées dans cette partie du Delta Intérieur du Niger auraient  permis d’allonger la saison de maturation des cultures, ce qui aurait dopé les récoltes. Les productions de millet, de sorgho, d’arachide, et de coton, auraient augmenté de 50%. (1) Au Mali, où 4% des terres seulement sont irriguées – données de la FAO – on compte désormais sur les avions pour stimuler l’agriculture locale. Depuis 2007, plus de 300 vols d’ensemencement ont été organisés. En septembre dernier, le Mali a acheté deux nouveaux appareils pour un montant de 7,4 milliards de Fcfa. C’est à dire beaucoup d’argent.  Entre 2006 et 2010, le Mali doit consacrer plus de 30 millions de dollars, conseillers américain et fonds propres, à ce programme de pluies artificielles. (1) Quand on sait – données de la FAO – que la terre profite de moins de 30% des apports en eau – le reste se perd par évaporation, par ruissellement, ou par infiltration – cela s’appelle voler au secours de son agriculture.

M.J.

(1) « Afrique: De la neige artificielle dans le désert pour stimuler la pluie », 15 Octobre 2009

http://fr.allafrica.com/stories/200910160551.html

(2) Revue de Pressedu 14 au 25 août 2006 , « Pluies artifielles : Le Mali, depuis le 24 juillet dernier, a lancé le programme « opération Sanji »… http://www.afribone.com/article.php3?id_article=4325


Publié par marlene le 21 octobre 2009 dans Afrique,Climat,Désertification.
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