Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Climat: « prix spécial » pour la Nouvelle-Zélande.

Bonjour,

A quelques semaines de Copenhague, et douze années après Kyoto, un éditorialiste du Guardian a eu l’idée de faire le point entre les promesses de réduction de gaz à effet de serre (GES) des pays engagés, et les résultats. Son prix spécial, qui récompense une mauvaise foi démontrée, est allé à la Nouvelle-Zélande. (1) Le pays du « long nuage blanc », du Seigneur des anneaux, et des geysers, défendrait une image « marketting-écolo » qui ne collerait pas carrément à la réalité. Examen partiel.

En route pour le « Neutral Climate Network »…

« Nous tirons fierté de notre identité en tant que Nation propre et verte et nous sommes déterminés à agir pour la préserver. Nous avons conscience que pour protéger le climat, il faut que chacun d’entre nous change de comportement. Au début de 2007, j’ai lancé à la Nouvelle Zélande le défi de devenir une nation véritablement durable, voire d’aspirer à être climatiquement neutre. », déclare Madame Helen Clarck, Premier Ministre de la Nouvelle Zélande, lors de la journée de l’environnement 2008, organisée par les Nations Unies.  Déclaration que notre éditorialiste, Fred Pearce, démonte en quelques chiffres. S’intéressant aux émissions de la Nouvelle Zélande depuis 1990, dernières statistiques des Nations Unies, il relève qu’elles ont augmenté de 22%. Soit un bond de  39%, ajoute-t-il, si l’on regarde le seul bilan des carburants. Les émissions de chaque Néo-zélandais seraient de 60% plus élevées que celles d’un Britannique. D’ailleurs, à Bonn, en juin dernier, lors de négociations sur le climat, la Nouvelle Zélande n’a pris aucun engagement. Même le Japon, dont les émissions ont progressé de 9% entre 1990 et 2007, visait un petit « 8% ». La Nouvelle zélande aurait juste promis un lointain « 50%, d’ici à 2050 ». Et pour mieux « tromper son monde », la Nouvelle Zélande s’est engagée dans le « Climate Neutral Network », développé par le programme des Nations Unies pour l’environnement. C’est-à-dire qu’elle fait partie d’un petit groupe de pays, de villes, ou d’entreprises, qui se proposent, via une recomposition de leur système, de tendre vers un fonctionnement « à basses émissions », voire « zéro émission ». Et là, pour notre éditorialiste, c’est le bouquet. En lien, cet article, plutôt drôle, en anglais.

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L’agneau Neo-zélandais.

En y regardant de plus près, le bilan carbone de la Nouvelle Zélande dégage un peu de fumées noires. Gros pollueur, l’agriculture, avec 45 millions de moutons, 10 millions de têtes de bétail, elle occasionne la moitié des émissions du pays. La Nouvelle Zélande, qui compte 4 millions d’habitants, pourrait nourrir 60 millions de personnes. Le leader du kiwi et de l’agneau mise d’ailleurs farouchement sur ses exportations. Les marchés émergents, notamment la Chine, en train de développer une classe moyenne de « mangeurs de viande , représentent une aubaine. Le Ministre du Commerce, également responsable des négociations sur le climat, annonce d’ailleurs la couleur : « Laissez-moi vous dire : je ne suis pas sur le point, au nom du changement climatique, de donner d’une main ce que nous – vous et moi – avons construit, de l’autre main, au nom des intérêts du commerce Néo-zélandais. » (2) En clair, et il le développe au fil d’un long discours, il n’est pas prêt à renoncer aux intérêts commerciaux de la Nouvelle Zélande, pour cause de réchauffement climatique. Et là, s’opère une tentative de calcul sur le « coût CO² » du mouton élevé en Nouvelle Zélande, exposé sur les étals de nos supermarchés la veille de Pâques, 18700 kilomètres plus loin. Surprise. En 2003, une équipe de chercheurs allemands a montré que l’agneau néo-zélandais, élevé dans les pâturages, qui voyage par bateau, congelé, présente une « fiche CO² » bien plus sobre que le mouton allemand, gardé par un berger qui se déplace en voiture, et qui, pendant cinq mois de l’année, se nourrit d’aliments pour bétail importés. « La consommation d’énergie des exploitations allemandes est supérieure à celles de la Nouvelle-Zélande », tranche l’étude. Et le transport n’y change pas chose. (3) Et un Oscar pour l’agneau néo-zélandais.

M.J

(1) “New Zealand was a friend to Middle Earth, but it’s no friend of the earth”, Fred Pearce,

Guardian.co.uk, 12-11-2009 http://www.guardian.co.uk/environment/cif-green/2009/nov/12/new-zealand-greenwash

(2) « Climate change, trade, agriculture.», Tim Groser, Minister of trade, speech, 4-11-2009 http://business.scoop.co.nz/2009/11/04/speech-groser-climate-change-trade-agriculture/

(3)”Combien de litres de kerosene dans nos assiettes”, Pierre Oler, Dominique Perrin, Flilière Ovine et Caprine N°23, janvier 2008. http://www.ficow.be/ficow/website/Upload/Com23.pdf


Publié par marlene le 16 novembre 2009 dans Agriculture.,Climat,Copenhague
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