Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Lula place l’Amazonie au coeur de son plan « climat ».

Bonjour,

Luiz Inacio Lula da Silva, engage son pays à diminuer « volontairement » ses émissions de gaz à effet de serre de 39 à 42% d’ici 2020, par rapport à leur niveau de 1990. Objectif chiffré et initiative remarquée, à quelques jours de Copenhague, la Conférence des Nations Unies sur le Climat. Le Brésil, économie émergente, n’est pas soumis aux contraintes du protocole de Kyoto. Le pays de Lula, qui n’a nullement l’intention de ralentir sa machine économique, place la forêt au cœur de son ambition climatique. En 10 ans, le Brésil veut réduire la déforestation de 80% en Amazonie. Il veut la ramener à 40% dans le Cerrado, la savane brésilienne, en contrôlant l’élevage et l’agriculture qui s’installent à sa place. Septième pollueur mondial, entre l’Allemagne et le Japon, le Brésil produit moins de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. (1) Selon le World Ressources Institute, un think tank environnemental, la déforestation de l’Amazonie participerait  aux 2/3 des rejets du pays. (2)

Un récent recul de la déforestation.

L’Amazonie couvre environ 3,7 millions de m² du territoire brésilien, à peu près la  superficie de l’Europe de l’Ouest. Depuis les années 70, 20% de ce manteau forestier aurait disparu, avalé par l’exploitation illégale, principale cause de déboisement. (3) En 2009, le World Ressource Institute rapporte un recul de la déforestation, une première depuis 20 ans, début des premières observations par satellite. Entre août 2008 et juillet 2009, l’abattage illégal d’arbres aurait chuté de 46%. (2) Le World Watch Institute, autre think tank environnemental, confirme cette tendance.(3) Le site  « Déforestation-amazonie », pourtant intéressé par la question, est plus vague.  Le recul de la déforestation en Amazonie brésilienne, qui crédibilise l’annonce du Président Lula, semble difficile à caractériser. La réponse hésite entre volonté politique et contexte international.

Réguler l’exploitation forestière.

Dès 2008, le gouvernement brésilien s’engage à décourager une pratique illégale de la forêt. Les exploitants sont inquiétés. Ils doivent justifier leur activité en présentant un titre valide, condition pour obtenir des crédits de l’Etat, ou un prêt bancaire. Les forestiers indélicats risquent des amendes. Ils peuvent être exclus du négoce du bois, au Brésil et à l’étranger. (3) Le gouvernement multiplie les actions contre les déboiseurs illégaux. En  juin dernier, le gouvernement entreprend de régulariser des titres de propriété en Amazonie. « Une porte ouverte à la déforestation », répondent les écologistes brésiliens qui pointent une faveur accordée aux grands propriétaires. Greenpeace soutient.  Quelles que soient les positions, cette politique de « régularisation » de l’Amazonie brésilienne, immense territoire difficile à contrôler, est un énorme chantier. Environ 4% des terres d’Amazonie seraient exploitées légalement.(4) Faisant écho aux Autorités, des industriels brésiliens s’engagent pour épargner la forêt. Par exemple, la Brazilian Association of Vegetable Oil Industries refuse d’acheter les haricots de soja, produits sur les terres volées aux arbres après 2006 (3) Cette restriction, qui devait s’arrêter cette année, a été reconduite. Le gouvernement négocierait des accords similaires pour limiter l’empreinte des moulins, des abattoirs, et des aciéries implantés en Amazonie. (3) Pour le World Ressource Institute, la crise financière, qui a réduit la demande en viande et en soja  – le bétail et les cultures industrielles sont deux ennemis de la forêt – pourrait contribuer à expliquer cette pause dans l’exploitation anarchique de l’Amazonie. (1) Autre facteur externe, l’exigence occidentale en bois d’origine certifiée, qui laisse la production illégale sur place. (4)

Soja et déforestation…

Image de prévisualisation YouTube

L’histoire des changements climatiques.

Reste que Lula a déjà promis 21 milliards de dollars à ses forêts primitives, d’ici à 2021. Ces crédits, qui restent à trouver, doivent s’ajouter aux 100 millions de dollars déjà alloués par la Norvège au fonds de conservation de l’Amazonie. En attendant, la déforestation continue. D’après les données satellites, elle était estimée autour des 7000 km² pour l’année 2008-2009. Un « léger mieux » par rapport à août 2007- juillet 2008, où près de 8150 km² ont disparu. Mais beaucoup moins bien que 2006-2007, avec un déboisement limité à 4.800 km². (3) En attendant une déforestation contenue autour des 20%, contribution du Brésil pour freiner la crise climatique – même si la transaction encore fait débat -, le Président Lula révise l’histoire des changements climatiques : « Il y a forcément une différence considérable entre les pays riches, qui ont une politique industrielle depuis plus de cent cinquante ans, les pays pauvres, qui commencent tout juste à se développer, et les pays émergents. ».(5) En évoquant la question de la « responsabilité », et donc celle de la « répartition des efforts » pour contenir les excès du climat, le Président Lula offre encore un beau sujet de discussion pour Copenhague.

M.J

(1) World Ressources Institute, 2005.

(2)« Brazil Pledges Ambitious Emissions Reductions”, Taryn Fransen, World Ressources Insitute, 11-18-2009 http://www.wri.org/stories/2009/11/brazil-pledges-ambitious-emissions-reductions

(3) “Deforestation Escalates in Brazilian Amazon”, Ben Block, World Watch Institute, 5-09- 2008 http://www.worldwatch.org/node/5877

(4)”En Amazonie, la forêt reprend ses droits », Chantal Rayes, Libération, 30-11-2009 6 D’après l’ONG Imazon

(5) Brésil « Les pays riches devront payer », CAFE RADIOBRAS.GOV.R, in Courrier International, N°994,19-25 novembre 2009, p42


Publié par marlene le 25 novembre 2009 dans Actualité,Brésil,Climat,Copenhague,déforestation
Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site.

Une réaction à “Lula place l’Amazonie au coeur de son plan « climat ».”

  1. warda
    1 décembre 2009

    Très intéressent comme article ,j’espère que l’humanité prenne conscience des problèmes qu’elle cause a l’environnement , du mal qu’elle inflige a tout ce qui l’entoure ,vu le changement de climat qui ne cesse d’empirer au fil des années ….
    merci d’avoir choisi de soulever cette lourde problématique ..

Laisser une réponse

Vous devez être identifié pour écrire un commentaire.