Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Un dernier repos écolo.

Bonjour,

Pas de pierre tombale, encore moins de mausolée, juste un petit carré de nature aménagé, la ville de Sydney offre désormais un dernier repos, version « biodégradable », dans un endroit tranquille situé à l’Ouest de la ville, à Kemps Creek. Une façon de réduire l’empreinte écologique après trépas. Le corps, enveloppé dans un suaire biodégradable, sans fluide d’embaumement ni préservateur chimique, pas question de retarder le processus de décomposition, est placé dans un cercueil, lui aussi biodégradable, enterré à quelques dizaines de centimètres du sol, pour favoriser le retour à la terre. Touche technologique, chaque corps est enseveli avec une balise qui transmet les coordonnées géographiques de la tombe. Les parents du défunt, munis d’un téléphone portable avec lecture satellite, peuvent facilement localiser l’endroit pour venir s’y recueillir, de façon assez traditionnelle. La concession court pour trente ans. Et si le bail n’est pas renouvelé, un autre corps viendra participer à ce qui rappelle un processus de compost.(1) (2) L’Australie compte trois cimetières de ce type, mais l’idée est née au Royaume-Uni. Depuis 1993, environ 200 Britanniques reposent dans une sépulture respectueuse de l’environnement. Une option qui en intéresse actuellement plus de 200 autres, pas non plus une révolution. (3)

En 2008, The Journal of Environmental Health titre “Drining Grandma”, “Boire Mémé” en français. L’article, cité par The Economist, avertit que les cimetières, qui diffusent dans les eaux souterraines, constituent un risque pour la santé publique. Les incinérations n’ont pas meilleure presse. Ainsi, les amalgames dentaires représenteraient l’équivalent de 1/5° des émissions britanniques de mercure. Une réglementation inciterait d’ailleurs  les centres d’incinération à réduire de moitié leurs émissions de mercure, d’ici 2012. The Economist rapporte encore les résultats d’une étude effectuée en 2007, pour le compte du Centennial Park, un cimetière australien. Les crémations produiraient l’équivalent de 160 kg de CO² par corps. Quand la mise en terre n’en émettrait qu’à peine 40 kg. Mais, c’est sans compter avec l’entretien du cimetière, les tondeuses qui avalent la pelouse des allées, et qui finalement, rendent l’incinération beaucoup plus sobre en carbone. (3)

Pour l’instant, la tradition l’emporte sur le gain CO². Les Australiens continuent de se recueillir sur les tombes du Rookwood Necropolis de Sydney, sans doute le plus grand cimetière de l’Hémisphère Sud, où repose plus d’un million de personnes. Et où la pierre tombale semble un indicateur plus digne que le GPS. « Je suis très traditionnelle. J’aime l’ancienne façon de faire, et juste penser qu’avec un GPS, vous tournez autour, comme si vous cherchiez des mines… », confie l’une des visiteuses de ce lieu semé de monuments mortuaires, et mémoire multiculturelle du pays.(1)

M.J

(1) “Sydney, Australia Opens New ‘Green’ Cemetery”, Phil Mercer, Voice of America, 22-07- 2010, http://www.voanews.com/english/news/asia/Sydney-Australia-Opens-New-Green-Cemetery–99027329.html

(2) « Green burials », Annabelle Nyst , Australian geographic, 04-08-2010

http://www.australiangeographic.com.au/journal/green-burials-becoming-popular.htm

(3) « Green funerals, Exit strategies, Innovations for a conservative industry, The Economist, 16-09-2010 http://www.economist.com/node/17043348?story_id=17043348&fsrc=rss


Publié par marlene le 4 octobre 2010 dans Australie,pollution.
Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site.

Laisser une réponse

Vous devez être identifié pour écrire un commentaire.