Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Freegans: le frigo est dans la poubelle.

Bonjour,

Un « freegan » est un petit malin qui tire profit de notre société de gaspillage. Il attend la nuit pour fouiller les poubelles, et récupérer une nourriture encore bonne à consommer. Etre « freegan », c’est dire « halte au gâchis », et tourner le dos à une société d’abondance et d’injustices…

« La solution à la faim dans le monde se trouve dans les poubelles de New – York », conceptualise le mouvement Freegan. Lors de virées nocturnes, ces citadins, propres sur eux, pratiquent « l’urban foraging », ou le « dumpster diving, une plongée dans les poubelles en quête de nourriture jetée par les boulangeries, les restaurants, ou les supermarchés. Une quête qui rapporte des fruits et des légumes, souvent intacts, du pain et des gâteaux, des invendus encore emballés, ou des plats cuisinés, pas encore tout à fait périmés. Une récupération alimentaire qui en dit long sur le gaspillage de nos sociétés de consommation. Une collecte qui raconte aussi les désordres de l’industrie agro – alimentaire, les abus du marché, ou les déséquilibres de l’offre et la demande. Mais les freegans, surtout connus pour cette façon de faire les courses – ils sont organisés, propres, et réglos -, ne s’intéressent pas qu’à la nourriture. Ils tirent de ces poubelles des vêtements, ou des objets de récup. Et c’est dans ces containers, qu’ils puisent une nouvelle philosophie.

Freegan, c’est un mot fabriqué avec « free », libre ou gratuit, et « vegan », celui qui refuse toute nourriture, et tout vêtement d’origine animale, opposé à toute forme exploitation animale. Un refus souvent plus général qui révèle une nouvelle forme d’altermondialisme, finalement très cousin de la décroissance. Une philosophie de la  » non consommation », un déni du capitalisme qui spécule, exploite, crée des inégalités, et malmène l’environnement. Les freegans ne fouillent pas seulement les poubelles, mais inventent tout un tas de stratégies quotidiennes pour limiter leur participation au système économique. Ils réduisent leurs besoins au maximum, donc leurs achats, et donc leurs rejets. D’ailleurs, ils réutilisent, réparent, et compostent les matières organiques. Ils se déplacent en skate, à vélo, en métro, ou en train, voiture interdite. Quand c’est possible, ils squattent un appart, et peuvent également le convertir en centre social. Ils préfèrent travailler moins, pour gagner moins, et consacrer plus de temps à la famille, aux amis, et à la communauté de quartier. Les freegans, qui s’excluent eux – mêmes de la société d’abondance, rejettent ses valeurs et son mimétisme. Ils dénoncent son matérialisme, son abêtissement, sa compétition, son conformisme, et sa cupidité, avant de retourner à leurs poubelles.

Le mieux, c’est évidemment d’aller voir le site des freegans. Ils vivent surtout à New- york, mais le mouvement commence à voyager dans d’autre métropoles occidentales, au Canada ou en Australie, par exemple. En France, il y a un petit noyau qui se dit que les poubelles commencent vraiment à déborder…

M.J.

Une petite virée nocturne dans les poubelles de New- York…


Publié le 14 novembre 2007 par marlene dans altermondialisme