Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Un milliard d’affamés.

Bonjour,

Plus d’un milliard de personnes, à peu près 1/6° de l’humanité, est sous-alimenté. C’est le constat de l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture des Nations Unies (FAO). La crise économique mondiale et le prix élevé des denrées alimentaire dans nombre de pays en développement expliquent ce record honteux. Cette année, 100 millions de personnes supplémentaires, devenues plus pauvres en raison du chômage et d’une baisse de leurs revenus, n’auront pas les moyens de se nourrir décemment. Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), qui signe ce constat avec la FAO, c’est un retour en arrière après quatre décennies d’avancées sur le front de la faim dans le monde. Les prix élevés du pétrole et de la nourriture, en 2008, ont préparé le terrain à ce regain de pauvreté, stimulé par la crise mondiale. (1)

Moins de revenus en provenance des travailleurs exilés à l’étranger, baisse de l’activité économique et des exportations, hausse du chômage, prix alimentaires élevés, les pauvres sont plus pauvres, et une nouvelle classe de démunis, jusque-là épargnée, apparaît. Pour fouiller le problème, le PAM a retenu cinq pays, Arménie, Bengladesh, Ghana, Nicaragua, et Zambie. L’Arménie, très dépendante des revenus de ses travailleurs du bâtiment employés en Russie et en Europe, 20% de son PIB et soutien financier pour de nombreuses familles, a immédiatement ressenti les effets de la crise. Une classe de nouveaux pauvres en témoigne. Beaucoup de gens achètent déjà de la nourriture à crédit. Et l’hiver annonce des risques de pénuries alimentaires. Le Nicaragua, touché par les conséquences d’un ouragan et d’inondations, qui mise sur les revenus de sa main d’œuvre exilée à l’étranger, est particulièrement vulnérable au ralentissement économique des Etat-Unis. Les exportations, café, fruits de mer, et confection, à destination du grand voisin, sont compromises. Les familles paupérisées, sont réduites à vendre leur bétail pour joindre les deux bouts. La santé et l’éducation des enfants ne sont plus une priorité. En Zambie, le prix de la nourriture de base a explosé, 2/3 plus cher que l’an dernier à la même époque. De nombreuses familles sautent déjà des repas, et se contentent d’une alimentation bon marché, bien moins nourrissante. La monnaie est dévaluée. Le prix du cuivre, principale exportation du pays, est tombé. Les mines de cuivres licencient en pagaille. Au chômage, les mineurs perdent deux avantages majeurs, des repas et un suivi médical – beaucoup souffrent du SIDA -.Au Bengladesh, très dépendant de l’argent gagné au-delà des frontières, la situation n’est guère plus brillante. Les migrations de travailleurs ont chuté de 40% par rapport à l’année précédente. Les commandes de prêt-à-porter sont tombées, les exportations de poissons aussi. Fin 2008, 20% de la population souffrait déjà de malnutrition chronique. Au Ghana, jusqu’alors remarqué pour sa bataille contre la faim et ses progrès sociaux, il y a risque de retour à la case départ. Ses deux principales exportations, le cacao et l’or, doivent porter une économie très ralentie par la crise. Les prix alimentaires y sont très élevés. On y mange moins, et moins bien qu’avant. Particulièrement touchées, la zone de production des noix de Karité employées dans l’industrie cosmétique, et les femmes qui en dépendent.

La géographie de la sous-alimentation, largement calquée sur un monde pauvre, place l’Asie- Pacifique en tête -642 millions de personnes -, suivie par l’Afrique sub-saharienne – 265 millions -, Amérique latine – Caraïbes – 53 millions-, Proche Orient- Afrique du Nord – 42 millions. Sans oublier le « monde développé », 15 millions. A propos de cette cartographie de la misère, théâtre potentiel d’instabilités et de migrations accélérées, Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, a déclaré : « Cela est inacceptable. Comment peut-on expliquer à des gens sensés et de bonne volonté une telle situation dramatique dans un monde où les ressources internationales abondent et alors que des trillions de dollars sont dépensés pour stimuler l’économie mondiale? »

M.J

(1)« AO/ Une personne sur Six dans le monde soufre de la faim », Centre d’actualités de l’ONU, 19 juin 2009, http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19432&Cr=FAO&Cr1=faim

(2) « Households Go Hungry as Financial Crisis Bites », WFP , Published on 11 June 2009 http://www.wfp.org/news/news-release/households-go-hungry-financial-crisis-bites

(3) «La AO appelle à renforcer la sécurité alimentaire mondiale », Centre d’actualités de l’ONU, 8 juin 2009. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19330&Cr=alimentation&Cr1=FAO


Publié le 23 juin 2009 par marlene dans Actualité,faim
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L’UNEP veut épurer les océans.

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Bonjour,

L’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’Environnement ) lance une campagne contre les objets flottants qui empoisonnent la vie des mers. Dans un rapport intitulé «Déchets marins: un défi mondial» (1), le PNUE et Ocean Conservancy révèlent les principales sources de pollution marine, assortie d’une géographie des mers souillées par les rejets de notre civilisation. Principale accusée par l’ONU, la poche plastique : « Les sacs en plastique qui étranglent la vie marine, devraient être interdits ou éliminés rapidement partout dans le monde. Il y a justification « zéro » pour continuer à les fabriquer, où que ce soit », a martelé Achim Steiner, directeur du Programme d’Environnement de l’ONU. (2)

Plastique et cigarettes.

Les plastiques, sacs et bouteilles de boissons, représentent plus de 80% des déchets collectés sur l’espace maritime balayé par le rapport du PNUE. (3) Avec des conséquences sur la vie marine. Les débris plastique, qui se fragmentent en cours de voyage, sont consommés par des espèces situées au bas de la chaîne alimentaire. Le plastique collecte des composants toxiques, aborbés par d’autres organismes. Des mammifères marins, des oiseaux, des poissons et des tortues le confondent souvent avec leur nourriture. Et il n’est pas rare qu’une tortue marine prenne une poche flottante pour une méduse. En Mer du Nord, une enquête menée sur cinq ans a montré que 95% des oiseaux marins avaient du plastique dans l’estomac. En Atlantique du Nord-Est, d’autres études, ont mis en évidence des bouts de plastique, datés des années 60, dans le plancton marin. Sansparler des apports plus récents. Une partie de la production mondiale de plastique, estimée à 225 millions de tonnes par an, continue sa vie dans les mers et les océans de la planète. Les plastiques partagent la palme de la pollution marine avec les déchets liés aux cigarettes. Filtres, paquets de cigarettes, et bouts de cigares, la Méditerranée est devenue un bureau de tabac flottant, 40% des déchets marins. En Equateur, c’est pire, les fumeurs occasionnent plus de la moitié de la pollution côtière.

Tourisme et courants marins.

Le rapport du PNUE épingle encore le tourisme, responsable de plus de 75% de la pollution estivale en Méditerranée. En Mer baltique, au Japon et en Corée, les activités récréatives occasionnent environ la moitié des déchets marins. En Jordanie, elles provoquent plus des deux tiers des déchets littoraux, contre 30% pour la navigation et l’économie portuaire, et seulement 3¨% pour l’industrie de la pêche. En Thaïlande, les plages sales nuisent à un tourisme qui compte beaucoup pour le pays. Le rapport souligne que les déchets échoués sur le rivage ne sont pas une fatalité. Maurice et les Seychelles, destinations très touristiques bien gérées, offrent des plages propres. Mais, il reste difficile de se battre contre les courants marins qui font voyager les détritus. La côte Est de l’île de Mahé, aux Seychelles, n’a pas été épargnée par une arrivée de déchets emmenés par la mousson du Sud-Est. De même que les ordures mises à l’eau sur la côte Ouest de l’Australie dérivent fréquemment juqu’à la côte Est de l’Afrique du Sud.

Questions de coûts.

Urbanisation galopante, boom industriel et portuaire, récupération de navires bons pour la casse, ou navigation irrespectueuse, la mer souffre des activités humaines. En Australie, les villes seraient responsables d’une grande partie des détritus échoués sur la plage. En Asie du Sud-Est, près d’un milliard d’individus vit près des côtes, et y laisse des traces durables. Les rivages de la mer Caspienne portent les stigmates de l’industrie pétrolière et de l’immobilier, notamment en Iran et en Azerbaïdjan. Dans le Sud asiatique, le démantèlement des gros navires multiplie les débris et les fragments de métaux sur l’espace littoral. En Inde, dans la région de Gujarat, la casse des navires s’étend sur 10 kilomètres de plage. Les eaux y recueillent de gros éclats de peinture, des bouts d’acier, et tout un tas de rejets non dégradables, tous prêts pour une croisière en mer. Le trafic maritime contribue à cette pollution généralisée des mers. Il est moins coûteux de se débarrasser des déchets en mer que de payer les services d’une décharge aménagée sur la terre ferme. Pour éviter cette pollution au large, certains ports de la Baltique offrent la prise en charge des poubelles des navires. Un calcul intéressant, pour l’environnement marin, et pour le budget des territoires côtiers. La municipalité de Ventanillas, au Pérou, a calculé que le nettoyage de sa frange côtière lui coûterait deux fois le budget annuel destiné à l’entretien des places publiques et des jardins. Effet dissuasif, en 1993, le navire de croisière Regal Princess , qui naviguait dans les eaux américaines, a pris une amende de 500.000 US $ pour avoir jeté par-dessus bord vingt sacs d’ordures….

Bannir le plastique et recycler.

Pour Achim Steiner, «Les détritus marins sont symptomatiques d’un plus grand malaise : le gaspillage et la mauvaise gestion des ressources naturelles. Les sacs plastique, les bouteilles, et les autres débris qui s’accumulent dans les océans et les mers pourraient presque disparaître par la réduction des déchets, ou le recyclage. » (4) La Chine et l’Irlande agissent pour freiner l’usage des sacs plastique. Aux Etats-Unis, San Francisco les a bannis. Los Angeles s’y prépare. Washington propose de les taxer, quand New-York et Philadelphie s’y refusent.(2) Les Philippines, qui ont entendu l’appel de l’UNEP, se disent prêts à troquer les sacs plastiques contre des solutions plus écologiques.(5) En Afrique de l’Est, on choisit le recyclage, qui crée quelques emplois….

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M.j

(1)Rapport UNEP/ PDF : http://www.unep.org/regionalseas/marinelitter/publications/docs/Marine_Litter_A_Global_Challenge.pdf

(2) « U.N. environmental chief urges global ban on plastic bags, Grace Chung”, Miami Herald / associated Press, 08-06-09http://www.miamiherald.com/news/politics/AP/story/1088116.html

(3) Mer Baltique, Mer Caspienne, Mer Noire, Mer Méditerranée, Caraïbes, Atlantique Nord, littoraux asiatiques, Est et Sud, Afrique de l’Est, Golfe d’Aden, Océan Indien, Pacifique, Nord-Ouest et Sud.

(4) Dossier de presse : http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=589&ArticleID=6214&l=en

(5)” Green group urges ban on use of plastic bags – Echoes UN call to reverse marine pollution”, Alcuin Papa, Philippine Daily Inquirer, 06-11-2009 http://newsinfo.inquirer.net/breakingnews/nation/view/20090611-209895/Green-group-urges-ban-on-use-of-plastic-bags


Publié le 16 juin 2009 par marlene dans Actualité,Préjudice écologique
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Nils Udo, ou la poésie des paysages.

Bonjour,

Pétales de fleurs, baies sauvages, brindilles, branches, ou pierres, Nils Udo compose ses poésies colorées avec des matériaux empruntés aux paysages. Cet artiste, sans doute héritier du Land Art, proche cousin d’Andy Goldsworthy, travaille comme lui avec des végétaux fraîchement coupés qu’il faut rapidement mettre en place pour en conserver l’éclat. Et comme pour Goldsworthy, la fin inévitable de la composition fait partie du processus de création. Alors, place à la photo pour pérenniser l’œuvre qui retourne à la nature.

Le temps de la peinture, le temps des voyages.

Pour Nils Udo, né en Bavière juste avant la Seconde Guerre mondiale, les années 60 amorcent le temps de la peinture. Ses toiles sont abstraites. Pour enrichir sa culture, il passe près de dix années à Paris. En 1970, il rentre en Bavière et interroge les rapports entre « Art » et « Nature ». En 1972, il délaisse la peinture pour intervenir dans les paysages. La nature, qui devient son atelier, lui offre ses végétaux et ses minéraux. Les  dépaysements nourrissent sa créativité. Au milieu des années 50, il voyage en Europe, dans les Républiques de l’ex-URSS, en Afrique du Nord, ou au Moyen-Orient. A la fin de la décennie, il passe une année en Iran. Comme Goldsworthy, Nils Udo cherche toujours de nouveaux espaces pour y inscrire ses œuvres, en France, en Allemagne, à la Réunion, au Canada, aux Etats-Unis, au Mexique, en Inde, ou au Japon. Dans la seconde moitié des années 90, il revient à la peinture, autre territoire qu’il n’a, finalement, pas fini d’explorer. (2)

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Nids, maïs, et parfums.

Si son univers poétique se décline souvent à petite échelle, il lui arrive de composer des œuvres monumentales. Ses nids (1), métaphore d’un premier habitat, union entre l’homme et la nature, constitués de troncs d’arbre, de tiges tressées, de terre, et de pierre, évoluent en fonction des paysages et des matériaux disponibles à proximité. En 1988, le Nid du Parc du Crestet, « structure monumentale » de 15 mètres de diamètre, est conçu pour répondre à la stature des arbres environnants. (2) En 1994, à Laàs, dans les Pyrénées Atlantiques, à la demande de l’Association des producteurs de maïs (AGPM), Nils Udo étire une spirale d’épis de différentes variétés sur deux hectares. Cette intervention célèbre l’arrivée de la céréale sur le territoire européen, cinq siècles plus tôt. En 1995, la « Fleur Bleue », enclos circulaire planté de 5000 fleurs bleues, fermé par une porte mais ouvert sur le ciel, « paysage rêvé » d’un héros du romantisme allemand, s’impose dans la campagne bavaroise. (2) Pendant les étés 1994-1995, le Fonds régional d’Art contemporain du Nord-Pas-de-Calais, et l’Université de Valenciennes, l’invitent à composer sur le thème de la « Nature et du corps ».  Sa matière première est plus vivante que jamais, l’homme est intégré à un univers végétal et aquatique.

« Même si je travaille parallèlement à la nature, et n’interviens qu’avec la plus grande prudence, une contradiction essentielle demeure. […] Mon travail fait du tort à ce qu’il touche: la virginité de la nature. » (3) Nils Udo veille à faire chanter les paysages sans les brutaliser. Et c’est peut-être ici que notre plasticien prend quelque distance avec les artistes du Land Art, qui n’ont pas peur de bétonner ou d’emballer les paysages qui les inspirent. Et,  «…qui ne sont pas ne sont pas tellement préoccupés de la vivacité, de l’énergie vitale de la nature. Or le respect va de soi car nous appartenons à la nature. C’est un respect envers soi-même. » (2)

M.J.

Merci Vincent pour l’idée……

(1) Aline Louangvannasy, Lewebpedagogique.

(2) « Nils Udo : l’Art est dans la nature », Entretien avec Alexandra Fau, Art Absolument, N°13, Eté 2005.

http://www.alexandrafau.com/pdf/interview%20nils%20udo%20last%20version.pdf

(3) http://www.seine-saint-denis.fr/IMG/pdf/naturellement-humain-2.pdf


Publié le 12 juin 2009 par marlene dans Actualité,land art
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Chicken A La Carte…

Bonjour,

Globalisation, faim et pauvreté, le regard d’un Philippin. Chicken A La Carte (2005) est un petit film signé Ferdinand Dimadura….

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Publié le 8 juin 2009 par marlene dans Alimentation,crise alimentaire
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Le blanc, une couleur d’avenir…

Bonjour,

Pourquoi ne pas peindre les toits en blanc pour freiner le réchauffement climatique ? C’est l’idée de Steven Chun, le « Monsieur réchauffement » du Président Barack Obama, Prix Nobel de Physique, 1997 . Intervenant à Londres fin mai, lors d’un meeting de « grosses têtes » réunies pour imaginer des solutions à la crise climatique, Steven Chu a développé son idée : «Vous souriez, mais si vous repeignez tous les toits des buildings en blanc, et si vous teintez le revêtement des routes avec une couleur claire, et que vous le faîtes de façon uniforme…Cela reviendrait à interrompre le trafic automobile mondial pendant onze ans. »(1)

Cette solution simple permettrait de réduire le réchauffement climatique. La lumière, réfléchie par des surfaces claires au lieu d’être absorbée, repartirait en grande partie vers l’atmosphère. A l’inverse des radiations infra -rouge émises depuis la surface de la terre réchauffée, dont une bonne partie est piégée par les gaz à effet de serre, cause du réchauffement climatique. Autre avantage de ce changement de couleurs, moins d’énergie pour garder les immeubles confortables, et frais. Par exemple, les systèmes de climatisation fonctionneraient mieux, tout en économisant 10 à 15 % d’électricité. Les villes, converties au blanc à la place du béton, seraient aussi moins chaudes. Le principe pourrait également être étendu au parc automobile. Des voitures claires réfléchiraient la lumière, et consommeraient moins d’énergie pendant l’été. L’idée de Steven Chu revient à amplifier l’effet « albedo » de la terre. Au travail…

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M.J

(1) »Climate guru: Paint roofs white », Steve Connor, NZHerald, 28-05-2009.

http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10574970


Publié le 3 juin 2009 par marlene dans Actualité,Climat
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L’énergie (presque) propre d’Obama.

Bonjour,

Aux Etats-Unis, la loi sur « l’énergie propre » a été adoptée la semaine dernière par la Commission de l’Energie et du Commerce de la Chambre des Représentants. Premier examen réussi, en attendant l’avis d’autres Commissions, et celle du Sénat.

Ce projet de loi, inscrit dans une stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique, engagerait les USA à réduire de 17% leurs émissions de GES d’ici à 2020, par rapport à leur niveau de 2005. Parenthèse, soit une réduction de 6% par rapport à 1990, quand l’Union Européenne propose 20%  pour la même période. Toujours en référence à 2005, les Etats-Unis souhaitent faire chuter leurs rejets de 83%, d’ici 2050. Ce texte obligerait encore les fournisseurs d’électricité à puiser dans les sources renouvelables, le soleil et le vent, 15% annoncé d’ici 2020. Au cœur de ce nouveau programme énergétique, le « cap and trade ». Ce système devrait permettre de réduire graduellement la production de CO² des gros pollueurs, raffineries, sidérurgie, ou complexes industriels, en limitant leurs émissions. Au-delà du seuil autorisé, les entreprises devront acquérir des « droits à polluer », achetés chez des concurrents plus sobres. De grandes compagnies américaines, Alcoa, DuPont, Caterpillar Inc, et quelques fournisseurs d’électricité, ont déjà accepté le principe de ce marché du carbone. (1)

Les partisans de ces réformes misent le «cap and trade », et sa logique du marché, pour diminuer les rejets de gaz à effet de serre. Les industriels, qui polluent au-delà de la limite admise, devront acheter des droits d’émission à d’autres compagnies, qui pourront tirer profit de ce commerce. D’où, l’incitation pour les entreprises à réduire leurs émissions, puisqu’elles pourront revendre leurs surplus. Sans compter que ces « permis » sont pratiquement donnés par le gouvernement américain. (2) Si on comprend bien l’argument économique, on perd un peu la finalité d’un processus qui vise à réduire les émissions globales de GES …Et non à refiler ses droits à « plus pollueur » que soi.

Les opposants au projet developpent le arguments traditionnels, menace d’un ralentissement de l’économie américaine, et hausse des prix de l’énergie, avis aux consommateurs. Ils agitent le spectre des délocalisations. Ces nouvelles contraintes pourraient chasser des industries gourmandes en énergie vers des pays moins chers et plus tolérents, l’Inde ou la Chine. D’autres défendent la mise en place d’une taxe sur les carburants fossiles, jugée plus simple à mettre en place que le « cap and trade ». (2) Mais qui, selon certains conservateurs, aurait un impact dévastateur pour les communautés rurales, qui utilisent beaucoup de fuel pour l’agriculture et les transports. A l’opposé, les environnementalistes jugent ce projet de loi insuffisant. Selon eux, on aurait pu faire mieux pour réduire les émissions de carbone, et augmenter la part du renouvelable. Mais, une majorité politique semble applaudir un texte, à la fois contraignant, et politiquement acceptable. (1) A la clé de cette transition vers une économie plus « soutenable », les millions de « green-jobs » promis par Barack Obama. Petite contrariété dans ce plan d’énergie propre, le charbon, qui permet de produire la moitié de l’électricité américaine. Et si les Etats-Unis cherchent des solutions pour un « charbon propre », Al Gore n’y croit pas. Le charbon propre, c’est comme les cigarettes bonnes pour la santé….

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En attendant un « charbon propre », Barack Obama souhaite faire oublier les années perdues par l’administration Bush. Il affiche son intention d’associer les Etats-Unis à la lutte contre le réchauffement climatique. En perspective, la Conférence internationale sur le climat de Copenhague, en décembre prochain, qui décidera de l’après- Kyoto. Les Etats-Unis, et la Chine, les deux principaux pollueurs de la planète, en marge des engagements de Kyoto, seront les bienvenus pour formuler un nouveau pacte sur le climat.

M.J

(1) “U.S. House panel approves climate change bill”, 22-05- 2009, Vicky Allen, Reutershttp://www.guardian.co.uk/business/feedarticle/8520466

(2) « Putting a Price on Carbon: An Emissions Cap or A Tax?” http://e360.yale.edu/content/feature.msp?id=2148


Publié le 25 mai 2009 par marlene dans Actualité,énergie,USA
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BAD barrages.

Bonjour,

La Banque asiatique de développement (BAD) s’inquiète des conséquences de la crise financière pour l’économie des pays asiatiques. Elle s’engage à tripler son capital pour financer des infrastructures, afin de booster les économies locales, et réduire la pauvreté. Cette réponse à la crise, défendue à Bali début mai, lors de la réunion annuelle de la BAD, rencontre un front d’opposition. Des ONG internationales, surtout originaires du voisinage asiatique, et des organisations locales, association de fermiers et de femmes, environnementalistes et anti-dettes, syndicats de mineurs et de pêcheurs, ne partagent pas cette vision du développement. (1) Pour ce front de résistance qui a fait le déplacement jusqu’à Bali, les grands travaux alimentent la dette des pays engagés. Ils bouleversent l’environnement et déplacent les populations concernées par ces projets, sans vraiment répondre à leurs besoins. Le barrage du West-Seti – une région située au Nord-Ouest du Népal – illustre l’inclinaison de la BAD à financer de gros travaux inadaptés.(2)

De l’électricité destinée à l’Inde.

Avec un système fluvial aux débits rapides, le Népal est un peu l’Eldorado pour les barrages. 90% de l’électricité népalaise vient de ses ressources hydriques. Le gouvernement veut aussi exploiter ce potentiel pour alimenter ses puissants voisins gourmands en énergie, l’Inde ou la Chine. Il cherche des investisseurs pour financer ces gros travaux. La BAD, la China Exim Bank, l’une des banques chinoises impliquées, et quelques investisseurs privés, misent sur un ouvrage qui ne fait pas l’unanimité. La société civile népalaise, appuyée par un réseau international, s’oppose à un ouvrage qui devrait avaler plus de 2300 ha de terres cultivables, de forêts, de prairies, bouleverser les écosystèmes, et déplacer plus de 10.000 personnes, dont la plupart re-installées hors de leurs terres d’origine. Le bénéfice sera pour l’Inde, qui devrait importer 90% de l’électricité produite par le barrage du West-Seti. Les impacts négatifs du projet ne sont pas pris en compte par le gouvernement népalais, qui a donné son feu vert. La BAD semble également ignorer les conséquences environnementales et humaines de cet aménagement, pourtant peu conformes aux recommandations de la Commission mondiale sur les Barrages, un organisme de contrôle indépendant. (3) A Bali, le NGO Forum on ADB, une organisation qui pousse la BAD à devenir plus vertueuse, a dénoncé : « La banque collectionne les antécédents de grandes infrastructures qui déplacent massivement des populations pauvres, détruisent les forêts et les systèmes fluviaux dont ces communautés dépendent ». (2)

Le prix du kilo de poissons.

Selon International River Network, une ONG américaine qui protège les bassins fluviaux et les populations asociées, le Népal a déjà connu un précédent avec le barrage d’Arun III. En 1995, la Banque mondiale s’était retirée d’un projet qui ne répondait pas aux besoins énergétiques d’un pays pauvre. Et dont les populations, isolées, avaient peu de chance de bénéficier du réseau électrique. En Asie du sud-Est, International River s’intéresse au bassin du Mékong, source de vie et de protéines pour 60 millions de personnes. Et espace convoité pour les bâtisseurs de barrages. La BAD y porte le développement du réseau électrique. La Chine, le Laos, le Vietnam, le Cambodge, ou le Myanmar (Birmanie) projettent une série d’aménagements sur le cours principal du Mékong, et ses affluents, au risque de bouleverser les paysages et leurs équilibres, sans grand profit pour les populations. En Chine, la cascade d’ouvrages installés sur le Haut-Mekong, dans la province du Yunnan, a perturbé les rythmes du fleuve, avec des conséquences sur la réserve halieutique, et 20 millions de personnes. (4) Au Laos, le projet hydro-électrique de Theun-Hinboun, porté par l’ADB, a paupérisé 30.000 personnes, les privant d’une source de revenus. (5) En 2008, l’organisation américaine pointe le mauvais rapport « coûts-bénéfices » des barrages de Kamchay et de Stung Atay, au Cambodge. Sous prétexte d’apporter de l’électricité à un pays qui en manque, les deux ouvrages vont déraciner des populations et inonder des forêts protégées. Les Chinois, qui profitent de l’intérêt des autorités cambodgiennes pour l’hydro-électricité, ont largement financé des projets, aux études d’impact incertaines.(6) De son côté, la BAD mise sur un Cambodge « importateur d’électricité », avant de devenir « exportateur ». (7) Au Vietnam, la BAD a prêté 196 millions de dollars pour développer un projet hydro-électrique dans le centre du pays, communautés déplacées et inquiétudes pour la reproduction des poissons. (8) Sur le Forum de discussion de Khmer-network, on peut lire : « Savez –vous ce que coûte un kg de poissons quand il n’y en a plus ? » (7)

Une résistance locale, des réseaux transnationaux.

En Asie, ou ailleurs, les grands barrages témoignent de conflits d’intérêts qui opposent bailleurs de fonds, décideurs, et bâtisseurs, aux populations malmenées par ces grands travaux. Les premiers s’accrochent à une vision du « développement » qui passe par la maîtrise des fleuves, le béton, et l’électricité. Sans oublier leurs intérêts financiers. Les autres aspirent à préserver un milieu qui les accueille et les nourrit depuis des générations. La résistance locale à ces grands travaux, qui a émergé dans les années 80, est aujourd’hui portée par une opposition transnationale, qui via les réseaux et internet, se fait de plus en plus entendre. Ils étaient environ un millier à Bali.(1)

M.J

Exemple au Myanmar…

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(1) Indonesian Indian Farmer (SPI), Women’s Union, Friends of the Earth Indonesia (WALHI), Anti-Debt Coalition, People’s Coalition for Fisheries Justice, mining Advocacy Network…« NGOs plan protest at ADB’s Bali meeting”, The Jakarta Post,May 12, 2009, http://www.thejakartapost.com/news/2009/04/15/ngos-plan-protest-adb%E2%80%99s-bali-meeting.html

(2) « ADB head : Asia must tackle poverty, climate change”, Stephen Wright, Associated Press, 05-04-2009. http://www.syracuse.com/newsflash/index.ssf?/base/business-5/1241425437317650.xml&storylist=new_topstories

(3) International River Network, http://internationalrivers.org/en/south-asia

(4) New Scientist, mai 2004.

(5) International Rivers http://www.internationalrivers.org/en/southeast-asia/laos/theun-hinboun

(6) AFP, 29 Janvier 2008, http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(7) http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(8) Romandie News / AFP, 27 juin 2008. http://www.romandie.com/infos/news2/080627050428.ob6ow77y.asp


Publié le 19 mai 2009 par marlene dans Actualité,Developpement,eau,Préjudice écologique
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La Chine s’intéresse à ses mines d’énergie renouvelable.

Bonjour,

Une industrie et une production high-tech voraces, un marché de l’automobile et un équipement des ménages en progression vertigineuse, la Chine est gourmande en énergie. Ses besoins en pétrole la placent juste derrière les Etats-Unis. La Chine est aussi le premier producteur et consommateur mondial de charbon, qui alimente 70% de sa machine. (1) De 1996 à 2006, les besoins énergétiques de « l’usine du monde » ont pratiquement doublé. Et la consommation d’électricité est allée encore plus vite, elle a été multipliée par deux depuis 2000. (2) Cette Chine énergivore est aussi une Chine qui pollue. Les émissions de CO² sont en train de dépasser celles des Etats-Unis. (3) Parenthèse, les émissions de dioxyde de carbone d’un Chinois représentent 1/6° de celles produites par un américain. (2) Les rejets de dioxyde de soufre, liés a l’utilisation de charbon de mauvaise qualité et à des techniques de combustion vétustes, sont en augmentation. (3) Mais, derrière le gigantesque nuage d’oxyde d’azote qui couvre Pékin et le nord-est du territoire, il se dessine un petit espoir. La Chine, qui veut diversifier ses sources d’énergie et qui freine la construction de centrales de charbon,  mise sur le vent, le soleil, l’eau, ou la biomasse, pour adoucir les conséquences environnementales de son développement.

Le vent et l’atome.

Si l’énergie solaire balbutie encore, la Chine est en train de devenir une championne de l’éolien. En 2006, le pays a doublé sa capacité. Dans un contexte où l’énergie produite par le vent est plus chère que celle issue du charbon, le gouvernement incite à la concurrence pour réduire les coûts de production. Vers le milieu du siècle, l’énergie éolienne pourrait devenir la seconde source d’électricité, derrière le charbon, et devant l’hydro-électricité. Avec environ 2/3 des capacités mondiales, la Chine est devenue le plus grand consommateur d’eau chauffée par le soleil. On y dénombre environ 40 millions de systèmes solaires, 10% de ménages chinois en sont équipés.  Cette performance dissimule un secteur solaire où beaucoup reste à faire. Ce qui n’empêche pas la Chine d’être active sur le marché international du photovoltaïque. La biomasse, surtout produite à base de canne à sucre et de cosses de riz, est un secteur qui somnole. En attendant, peut-être, d’être réveillé par d’autres sources d’énergie, résidus de l’agriculture ou des forêts. Le biogaz, produit à partir de déchets animaux, dynamise la filière. La Chine s’intéresse encore aux carburants alternatifs. Elle produit un peu d’éthanol à base de maïs, et du biodiesel avec de l’huile de friture usagée. Le manioc, le sorgho, et les oléagineux ouvrent de petits espoirs. Plus sérieux, l’éthanol à base de cellulose, la Chine dispose de vastes stocks de déchets agricoles et forestiers. Une perspective qui attendra encore quelques années. (1) Petite fausse note dans cette transition énergétique, la Chine devrait encore construire une trentaine de centrales nucléaires, d’ici à 2020.

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Un portable solaire.

Aujourd’hui, 8% de l’énergie et 17% de l’électricité consommées en Chine proviennent d’une source non fossile. L’objectif est d’atteindre les 15% (énergie) et Les 21% (électricité ) en 2020. (1)Vers le milieu du siècle, les énergies renouvelables devraient couvrir 30% des besoins.(2)Cette ambition repose sur des investissements conséquents, assortis d’une volonté de développer les énergies propres. Le Worldwatch Institute rapporte que la Chine a investit 50 billions de dollars dans le non-fossile en 2006, plus 10 billions en 2007. Depuis 2005, une loi encadre le développement du renouvelable, devenu « priorité nationale ». Des incitations fiscales encouragent les entreprises à opter pour les énergies alternatives. Des mandats exigent que des compagnies d’électricité achètent de l’éolien, et s’intéressent aux autres sources. Selon le cabinet Ernst & Young, la Chine est devenue l’un des cinq pays les plus attractifs pour les investissements destinés au renouvelable, entre l’Inde et l’Espagne. (4)Tout en développant son potentiel, la Chine est en passe de devenir un leader sur le marché international du vent et du soleil, en Amérique du Nord, au Japon, ou en Europe. La production d’éoliennes et d’équipements photovoltaïques a été multipliée par 2 en 2006. (1) La Chine exporte ses systèmes d’eau chauffée par le soleil – bien moins coûteux que leurs semblables produits en Europe – et du petit matériel hydro-électrique. Objectifs ambitieux, soutien des autorités, et prouesses industrielles « à la chinoise », la Chine pourrait s’imposer dans les technologies du renouvelable. En 2007, une société chinoise a présenté son premier portable à énergie solaire, une heure au soleil, ou à la bougie, pour quarante minutes de conversation….

M.J

(1) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy”, Worldwatch report, Eric Martinot, Li Junfeng, November 2007, http://www.worldwatch.org/node/5491

(2) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy.”http://www.worldwatch.org/node/5496

(3) http://www.econologie.com/la-chine-articles-2277.html

(4) « Energies renouvelables : la Chine devient plus attractive que le Royaume-Uni », Actu-Environnement.com – 28/08/2008, http://www.actu-environnement.com/ae/news/attractivite_chine_energies_renouvelables_5590.php4


Publié le 12 mai 2009 par marlene dans Actualité,Chine,Climat,énergie
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Le message écolo du Plastiki.

Bonjour,

David de Rothschild devrait bientôt quitter la baie de San Francisco à bord du Plastiki, un bateau conçu à partir de bouteilles plastique et de matériaux recyclés. Cet « activiste » écolo, représentant de la branche anglaise de la célèbre famille de banquiers, entreprend un voyage à travers le Pacifique pour attirer l’attention sur le « Great Pacific Garbage Patch ». Une « mer intérieure » peuplée de bouts de plastique.

L’espérance de vie d’un bout de plastique…

C’est pour dénoncer cette pollution que l’aventurier a imaginé un catamaran de 20 mètres, un modèle de récup. La coque est remplie de 12000 bouteilles de plastique. La cabine et les cloisons ont été réalisées à partir de matériaux recyclés, principalement des toiles reconstituées à base de plastique. Le design a demandé trois ans de recherches. Quelques retouches ont retardé un départ prévu fin avril, et annoncé pour l’été 2009. Le bateau devrait parcourir 2720 kilomètres, de San Francisco à Sydney, en passant par Hawaï, les îles Bikini, et Vanuatu. De Rothschild, qui invite à bord une équipe de chercheurs, devrait prélever des échantillons d’eau souillée, et réaliser un journal de bord multimédia. Il veut témoigner de l’espérance de vie d’un morceau de plastique, échappé d’une ville de la côte asiatique ou de Californie, porté par les courants et les tourbillons, qui finit sa course dans la spirale du Nord-Pacifique.

La « soupe de plastique »

Ce bassin de déchets flottants, qui se balade entre San Francisco et Hawaï, d’une superficie supérieure à celle de la France, a été découvert il y a une dizaine d’années par l’océanographe Charles Moore. Il témoigne plus tard : «J’étais confronté, aussi loin que se portait mon regard, à la vision d’un bout de plastique. » (1) Pendant une semaine, le bateau de Moore navigue dans cette eau couverte de résidus de la société de consommation, bouchons, bouteilles, emballages, fragments de plastique, ou pneu de camion. Charles Moore rebaptise l’étendue polluée, la « Great Pacific Garbage Patch » devient la « plastic soup », « la soupe de plastique ». Les scientifiques estiment qu’elle contient six fois plus de plastique que de plancton, conséquences écologiques assorties. Les oiseaux de mer et les poissons, qui se trompent forcément de nourriture, ingèrent des bouts de plastique. Ces corps étrangers rejettent aussi des polluants, PCB ou pesticides, qui empoisonnent la chaîne alimentaire. Les populations d’albatros du Nord-Ouest d’Hawaï, sanctuaire national américain, sont encore affectées par cette marée de plastique.

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David de Rothschild veut refaire le voyage de Kon-Tiki, d’où le nom de son bateau. En 1947, l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl s’était embarqué sur un radeau de rondins pour tenter de rejoindre les îles polynésiennes depuis l’Amérique du Sud. Et vérifier son hypothèse du peuplement de l‘Océanie. Soixante ans plus tard, le jeune navigateur souhaite montrer que l’on peut recycler le plastique, son bateau le prouve. Il veut aussi témoigner de ce qui arrive, si on ne le fait pas. Le message écologique, retardé pour des problèmes techniques, est porté par un bateau aux réactions incertaines en cas de navigation difficile. Sans parler de l’explorateur qui avoue, lui-même, ne pas avoir le pied marin. (2) Good luck, Mr De Rothschild.

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M.j

(1)”Eco warrior on voyage to “plastic soup” of Pacific”, robin McKie, New Zealand Herald, 13-04-2009 http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10566328

(2)”Voyage of the Plastiki”, “The perils of innovation on the high seas”, Paul Kvinta, National Geographic, October 2008. http://adventure.nationalgeographic.com/2008/10/david-de-rothschild/plastiki-text


Publié le 4 mai 2009 par marlene dans Actualité,Ecosystèmes.,Préjudice écologique
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L’Afrique, du soleil et du vent.

Bonjour,

Les énergies renouvelables, une voie de développement pour l’Afrique ? La question a été posée la semaine dernière à Dakar, lors du troisième salon international des énergies renouvelables et de l’environnement en Afrique. Elle a aussi été abordée à Syracuse, où se tenait à peu près en même temps le « G8 » des ministres de l’environnement. La France y a lancé l’idée d’un « programme d’autonomie énergétique »  pour l’Afrique, basé sur l’exploitation des sources d’énergie propres et accessibles. (1) Sur un continent gavé de soleil, balayé par les vents, où le bois reste le principal combustible abordable, et l’électricité le luxe d’une minorité, la question du renouvelable mérite d’être posée.

Déforestation.

Avant de viser un développement économique à l’échelle continentale et de freiner un réchauffement climatique alimenté par la combustion d’énergies fossiles, il s’agit d’améliorer les conditions d’existence de ces millions d’Africains, privés d’électricité. Sur le continent, seulement 20% de la population bénéficie d’un accès direct à l’électricité. Et sans doute moins de 5% dans les pays les plus défavorisés. En brousse, c’est pire, 2% seulement des habitants sont éclairés par le réseau électrique.(2) Ces estimations ne tiennent pas compte des nombreuses coupures d’électricité dues à des infrastructures vétustes. Et qui continuent de se dégrader, faute d’entretien. L’électricité africaine, principalement alimentée par l’exploitation de ses fleuves, quand ils ne sont pas à sec, est en panne. Dans les familles les plus pauvres, on utilise le bois, les bouses de vaches, et les résidus des récoltes pour s’éclairer, ou pour cuisiner. Conséquences, une déforestation encore très active, une perte de temps à trouver la matière première, et une atmosphère malsaine dans les foyers. D’où l’idée de développer les énergies renouvelables, principalement le solaire et l’éolien, pour éclairer les devoirs des écoliers, éviter les arrêts répétés des frigos, ou alimenter les hôpitaux.

Gaspillage de matière première.

En 2004, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), promoteur d’une vision et d’une stratégie pour la Renaissance de l’Afrique, adopte une déclaration pour les énergies renouvelables. Il s’agit de développer les ressources énergétiques du continent, notamment par le biais d’une coopération régionale. Et de rendre cette énergie accessible au plus grand nombre. Perspective partagée par l’Union Africaine, de nombreux organismes Africains, les grands bailleurs de fonds, et soutenue par des gouvernements occidentaux. Le potentiel existe. L’Afrique est l’un des espaces les plus ensoleillés de la planète, privilège sans doute partagé avec l’Australie et la péninsule arabique. Côté vent, la ressource n’est pas négligeable. Une étude commandée par la Banque africaine de développement (BAD) estime qu’une quinzaine de pays, de l’Afrique du Nord au Cap Vert, en passant par la Mauritanie, en Afrique australe ou orientale, pourraient parier sur l’énergie éolienne. (3) Les quelques projets, qui s’éparpillent sur le continent, témoignent d’un gaspillage de la matière première.

Trop peu de projets.

Au Rwanda, en 2007, le Président Kadame inaugure le « plus grand projet d’énergie solaire en Afrique », résultat d’un partenariat avec l’Allemagne. En 2004, le pays s’est trouvé privé d’électricité, suite à l’assèchement de ses lacs et de ses rivières. Le projet, sans doute insuffisant, y apparaît comme une promesse de temps meilleurs. En Ethiopie, les 5500 habitants d’un petit village profitent de l’électricité d’origine solaire, autre bénéfice d’un partenariat avec l’Allemagne. Au sud-est du Nigeria, la Banque Mondiale étudie les possibilités du solaire pour alimenter des communautés rurales, écartées du réseau national. Dans une petite ville du Burkina Faso, au sud –est de Ouagadougou, des panneaux solaires installés sur le toit d’une clinique éclairent le bâtiment depuis deux décennies. A Madagascar, le photovoltaïque est une solution envisagée par le gouvernement et des ONG, pour alimenter des hôpitaux de campagnes soumis à de nombreuses coupures d’électricité. Un grand parc éolien devrait être érigé en Ethiopie pour éclairer plus de cinq millions de citoyens. La Namibie, en manque d’électricité et tributaire de ses voisins, l’Afrique du Sud, la Zambie, le Zimbabwe, mise sur la force des vents et sur un partenariat néerlandais. Le Maroc, mais surtout la Tunisie épaulée par l’Espagne, comptent de plus en plus sur l’éolien pour réduire leur facture d’électricité. (4)

Financement.

Cette liste, même incomplète, signale que tout reste à faire. Le problème, le financement. La hausse des prix des carburants fossiles et la déforestation n’y changent pas grand-chose. L’énergie solaire reste coûteuse, donc inaccessible à une majorité d’Africains. Investir dans un système solaire revient à payer une facture d’électricité longue de 20 ans. (5) Sans être sûr que le matériel durera aussi longtemps. Solution pour les grands travaux, un partenariat avec des acteurs occidentaux et des bailleurs de fonds, avec des remboursements souvent difficiles à honorer. A plus petite échelle, un coup de pouce aux particuliers. Le Ghana et le Burkina Faso ont adopté une fiscalité incitative et mis en place un dispositif de micro-crédits pour aider leurs citoyens à s’équiper en photovoltaïque. L’équipement est remboursable en 24 ou 36 mois.(6) Autre solution, baisser les taxes à l’importation, une pratique expérimentée au Kenya par African Energy, une société installée aux Etats-Unis qui vend des panneaux aux PME africaines.(6) Le PNUE (Programme des Nations Unies pur l’Environnement) parie sur le micro-crédit. En Inde, le PNUE a tenté de convaincre les banquiers locaux de financer de petites installations solaires, histoire d’alimenter quelques ampoules. Résultat, de meilleures notes pour les élèves, des ateliers de couture productifs, et des épiceries plus attractives. (7)

« Desertec » et le four solaire.

Dans un contexte de réchauffement climatique propice aux énergies propres, un grand projet germe dans la tête des Occidentaux, « Désertec ». Il s’agit d’exploiter les ressources énergétiques du Sahara, en débordant un peu sur le Moyen Orient. En clair, tapisser les déserts de panneaux solaires et canaliser la ressource éolienne pour approvisionner une Europe, engagée à réduire des émissions de gaz à effet de serre. Et doter du même coup ces régions d’une source d’énergie propre, et d’une technologie de pointe. « Désertec », un objectif 2050. Moins ambitieux, le four solaire qui cuit les aliments avec les rayons du soleil. Une invention qui date d’une vingtaine d’années, et qui aurait bien besoin d’un petit coup de pouce.

MJ.

Un universitaire camerounais évoque les coupures d’électricité dans son pays. L’énergie solaire, un truc pour les touristes…..Petit problème, le son ne marche pas à tous les coups…Comme l’électricité sur le continent africain…

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(1) “Le dialogue Nord-Sud progresse sur le climat”, Brigitte Perucca, Le Monde, 24-04-09.

(2) « L’énergie, clé de la prospérité en Afrique », Analyse et perspectives de la problématique de l’énergie sur le Continent , Itai Madamombe, Afrique Renouveau http://www.afrik.com/article8172.html

(3) « Tunisie : l’énergie éolienne a le vent en poupe. », Féthi Djebali, Youad Ben Rejeb, 23-12-2008. http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=5049

(4) Sources diverses.

(5) »L’énergie Solaire est-elle une solution alternative pour l’Afrique ? Le prix des panneaux continue de baisser », 26/09/2004, http://www.grioo.com/info3123.html

(6) « Solaire : l’Afrique en aura besoin pour se développer », Bati Depot, 14-11-08

http://www.bati-depot.fr/actualite/solaire-l-avenir-de-l-afrique-1602.html

(7) « Afrique: L’énergie solaire offre des solutions pour les zones rurales les plus pauvres », United Nations (New York), 30 Avril 2007, http://fr.allafrica.com/stories/200704301232.html



Publié le 29 avril 2009 par marlene dans Actualité,Afrique - Environnement.,énergie
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