Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les maux de la ville.

Bonjour,

Quand plus de la moitié de l’humanité réside en ville, comment financer des logements abordables dans un contexte de crise financière et climatique ? La question était posée aux représentants d’une soixantaine de pays, réunis du 30 mars au 3 avril dernier à Nairobi, par le conseil d’administration d’ONU-Habitat. Cet organe des Nations Unies pour les établissements humains accompagne les pays, notamment les plus démunis, pour fabriquer des conditions urbaines plus décentes. Chaque mois, les villes des pays en voie de développement accueillent cinq millions de nouveaux habitants.

Inégalités et droit au logement.

La question posée à Nairobi fait écho au dernier rapport ONU-Habitat sur « l’état de villes dans le monde ». (1) Publié en octobre dernier, ce document, intitulé « Villes harmonieuses », mesure la « température urbaine » à l’aide de quelques paramètres, répartition spatiale, évolution de la taille des villes, harmonie et égalité sociale, et relation entre développement urbain et protection de l’environnement. Cette cartographie mondiale révèle une urbanisation à deux vitesses. Urbanisation galopante dans les pays du sud, où la pauvreté des campagnes rend la ville attractive. Croissance modérée et villes en déclin dans les pays développés, notamment en Europe. Les pays en voie développement participent à 95% de l’urbanisation mondiale. C’est en Afrique que les villes gonflent et se bricolent le plus vite. Niamey (Niger), Dar Es Salam (Tanzanie), ou Lomé (Togo) enflent de 4% par an. D’ici à 2050, la moitié de la population africaine sera citadine. Près des deux-tiers en Asie. Cette urbanisation anarchique fabrique des conditions de vie difficiles. A l’échelle mondiale, un citadin sur trois habite un bidonville. En Afrique subsaharienne, plus de la moitié. Le rapport note que la situation sociale est explosive dans de nombreuses villes d’Amérique du Sud, Bogota (Colombie) et Sao Paulo (Brésil) en tête. Et d’Afrique, Johannesburg et le Cap ( Afrique du Sud). Mais les tensions urbaines ne sont pas réservées aux pays pauvres. Les grandes cités des Etats-Unis présentent des niveaux d’inégalité aussi alarmants qu’Abidjan (Côte d’Ivoire), Nairobi (Kenya), ou Maputo( Mozambique). « L’accès au logement est un défi pour tous les pays, qu’ils soient développés ou en développement. » déclare Anne Tibaïjuka, directrice générale d’ONU-habitat. (2)

Villes et crise climatique.

Selon l’ONU-Habitat, la crise climatique pourrait accentuer les pressions urbaines. Les cités construites dans les zones côtières, plus de 3351 selon le rapport, sont particulièrement exposées aux inondations. Les 13 millions d’habitants de Dhaka, au Bengladesh, connaissent bien ce problème. Calcutta en Inde, est également en première ligne. A Alexandrie, en Egypte, une élévation du niveau marin ferait fuir environ deux millions d’habitants. Lagos (Nigeria) , 10 millions d’habitants, apparaît également très exposée. Si l’Asie reste le continent le plus menacé par les conséquences du réchauffement climatique, l’Afrique apparaît la plus démunie pour affronter les intempéries. Pour ONU-Habitat, les effets des changements climatiques devraient jeter plus de 380 millions de personnes à la rue, la plupart issus des pays en voie de développement.

Sao Paulo et San Diego.

On apprend encore que si la ville est un producteur actif de gaz à effet de serre (GES), elle peut aussi corriger ses défauts. La ville et ses activités génèrent aujourd’hui 80% du dioxyde de carbone émis sur la terre, sans parler des autres rejets. Mais toutes les cités de la planète ne contribuent pas au réchauffement de la même façon. Si les villes riches sont, en principe, plus polluantes – industries, transports, et niveau de vie de ses habitants -, une meilleure gestion urbaine peut changer la donne. Le rapport cite l’exemple de la mégalopole brésilienne Sao Paulo, plus de 20 millions d’habitants pour environ 249 000 km², qui produit le dixième des émissions de San Diego en Californie, 1,3 millions d’habitants pour environ 164 km². Ce qui indique que le mode de vie urbain, une ville plus compacte et mieux desservie par les transports en communs, peut vraiment jouer sur les émissions de GES. D’où l’importance de développer une stratégie urbaine.

Bangkok

Le message d’ONU-Habitat est d’ailleurs « l’intervention ». Aider les pays à élaborer une politique du logement et de la ville. A Bangkok (Thaïlande), La Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) et ONU-Habitat ont mis en ligne des guides pour aider les dirigeants à gérer la croissance sauvage des bidonvilles. Une sorte de mode d’emploi pour soulager la misère des ghettos urbains, condition d’une stabilité sociale. Le Népal, le Cambodge, et l’Indonésie sont également ciblés. Selon le rapport de l’ONU-habitat, Bangkok, probablement 12 millions d’habitants, serait en passe de devenir une « ville harmonieuse ». Une invitation à repenser la ville et ses inégalités, à Abidjan, à Lagos, ou à Chicago.

M.J

Le bidonville de Mumbai (Inde)

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(1) http://www.unhabitat.org/pmss/getPage.asp?page=bookView&book=2562

(2) « Conférence de presse sur le « Rapport sur la situation des villes dans le monde 2008-2009 : Villes harmonieuses » <!– /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent: » »; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family: »Times New Roman »; mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;} a:link, span.MsoHyperlink {color:blue; text-decoration:underline; text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed {color:purple; text-decoration:underline; text-underline:single;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} –> http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/Conf081027-HABITAT.doc.htm


Publié le 10 avril 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Developpement,Ville
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Chine: le recyclage en crise.

Bonjour,

La crise économique mondiale fait des ravages dans l’industrie du recyclage. Car le recyclage est une industrie, le déchet est sa matière première. La Chine, principal importateur mondial de déchets, refuse aujourd’hui des cargaisons en provenance des Etats-Unis ou d’Europe.(1) Les prix ont dégringolé.

Des cannettes de soda, des emballages de sauce soja, des bouteilles d’huile à frire, des vieux journaux, du carton, du plastique, du polystyrène, ou des poutres en acier, les poubelles de l’Occident alimentent l’industrie du recyclage. Le contenu de la décharge occidentale voyage sur les mers du globe, à bord de porte-conteneurs, en direction de l’Inde, ou plus probablement de Chine. La Chine est le principal importateur mondial de déchets. En dix ans, de 1990 à 2000, sa consommation de vieux papiers destinés à fabriquer les emballages de ses produits exportés, a été pratiquement multipliée par 10. (2) En 2008, le géant asiatique a importé près de 12 millions de tonnes de vieux cartons et de vieux papiers, en provenance des Etats-Unis. (1) Ce business, rentable pour le pays exportateur qui s’économise un recyclage, et pour le pays importateur qui fait le plein de matières premières bon marché en faisant tourner une économie, a connu un mois d’octobre 2008 difficile. Les prix des montagnes de papiers, des vieux rails de chemin de fer, ou des canettes de soda vides ont dégringolé. Beaucoup de bateaux sont en attente dans le port de Hong-Kong.

La tonne de débris de cuivre vaut actuellement 3.000 USD, contre 8.000 en 2007. Le prix de l’étain a suivi une courbe semblable. Le papier a perdu 80% de sa valeur. Et le polystyrène recyclé se vend moitié prix sur le marché. Les organisations américaines estiment que les cargaisons embarquées à destination des pays recycleurs, plus de 150 au total, ne vaudraient plus que la moitié, voire le tiers, de leur cotation avant la crise. (1) C’est toute l’industrie du recyclage qui prend une claque. Et c’est aussi les revenus des millions de petits recycleurs chinois qui baissent. A Dongxiaokou, ville-poubelle de la banlieue nord de Beijing, les 700 familles employées à donner une seconde vie aux arrivages gagnent beaucoup moins d’argent. Certaines commencent à rentrer chez elles, à la campagne.(4) Autre victime, l’environnement qui récupère tout ce qui était recyclé avant la crise. Une occasion pour les pays exportateurs de s’interroger sur les vertus d’un recyclage mieux partagé.

M.J

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(1) China‘s big recycling market is sagging, The New York Times, 2009-03-20

http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2009-03/20/content_7601590.htm

(2) « Le Développement durable/ produire pour tous, protéger la planète », Loïc Chauveau, Petite Encyclopédie Larousse, 2006, pp46-47.

(3)« In China, hard times at the Scrap Heap”, Austin Ramzy, Time, Nov. 20, 2008, http://www.time.com/time/world/article/0,8599,1860294,00.html


Publié le 31 mars 2009 par marlene dans Actualité,Chine,déchets
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Des « e-déchets » mieux traités chez les autres…

Bonjour,

Les « e-déchets »  sont mieux traités chez les autres. C’est pour cela que le monde occidental, Europe et Etats-Unis en tête, envoie ses vieux frigos, ses imprimantes en fin de vie, ou ses ordinateurs devenus obsolètes, vers les pays en voie de développement. Chaque année, des millions de tonnes de déchets électroniques, chiffres en hausse , sont débarqués en Chine, en Inde, ou en Afrique. Et c’est souvent sous prétexte d’une aide à l’informatisation que les Africains récupèrent des ordinateurs, juste bons à ouvrir pour en récupérer les composants. La question du « recyclage » des « e-déchets » est au cœur de ce drôle d’échange « Nord-Sud ».

Quand les « e-déchets » prennent le bateau….

Dans un monde qui consomme de plus en plus d’ordinateurs et de téléphones portables, à durée de vie de plus en plus courte, le tas de « e-déchets » gonfle à vue d’œil. D’après Greenpeace, chaque année, 20 à 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits dans le monde. Un volume qui augmente de 3 à 5% par an. Pour se faire une idée plus précise, chaque jour, 350.000 téléphones cellulaires et 130.000 ordinateurs sont jetés à la poubelle aux Etats-Unis. (1) De l’autre côté de l’Océan, l’Europe produit environ 8,7 millions de tonnes de « e-déchets ».(PNUE) L’Asie alimente aussi la décharge, 12 millions de tonnes par an. (Greenpeace) L’Inde, pays récepteur, est aussi producteur, 150.000 tonnes par an. (Toxics Alert) Côté recyclage, c’est plus flou. Aux Etats-Unis, une grosse partie du matériel électronique usagé, peut-être 80%, s’exporte par bateau.(1) En Europe, 70% de ces déchets bien encombrants disparaissent dans la nature. Ils s’accumulent plus probablement dans un train, ou s’entassent dans des conteneurs chargés sur un bateau, à destination d’un port africain. (2)

Le ventre empoisonné des ordinateurs.

Après avoir longtemps été expédiées en Chine, en Inde, au Pakistan, en Russie, les cargaisons de « e-déchets » accostent aussi dans les villes portuaires du continent africain, Lagos, Nairobi, Accra, Cotonou, ou Lome. Chaque mois, 500 conteneurs de matériel informatique sont débarqués au Nigéria. (BAN) Au Kenya, on en dénombre une cinquantaine par an, principalement en provenance des Etats-Unis et de Grande Bretagne. (3) Le Ghana est également devenu une destination de choix pour l’informatique déclassée par les Américains et les Européens. (4) En Afrique, où les ordinateurs sont en principe promis à un seconde vie, dans les écoles, les hôpitaux, ou les cybercafés, le matériel débarqué est souvent bon pour la casse. Selon le PNUE, 25% à 75% des ordinateurs qui arrivent chaque mois dans le port de Lagos sont inutilisables. Alors, pour récupérer les composants et les quelques bouts de cuivre qu’ils iront vendre, les pauvres de Lagos, de Nairobi, ou d’Accra désossent ces carcasses à mains nues, et à visage découvert. Ils ne savent pas que ces déchets électroniques contiennent du plomb, du mercure, ou du cadmium. Ils ne savent pas non plus que le plastique brûlé, utilisé pour isoler les fils électriques, libère des substances très nocives. Le paysage encaisse aussi.

Une législation internationale impuissante.

Ce recyclage, bon marché pour les fabricants et les utilisateurs, est aussi le lot de Delhi, de Karashi, et de nombre de petites villes indiennes ou chinoises, improvisées en dépotoirs. La ville de Guiyu , en Chine, est même devenue une plate-forme logistique pour le retraitement des déchets. Des paysans y brûlent des circuits sur des feux de charbon pour récupérer du plomb, pendant que d’autres utilisent de l’acide pour extraire de petits bouts d’or. « Vous voyez des femmes assises brûler des adaptateurs d’ordinateurs portables, avec des rivières de cendres qui dégoulinent des maisons », commente Jim Puckett, fondateur du BAN. (1)Le Basel Action Network est une organisation qui dénonce ces flux de marchandises empoisonnées, pourtant règlementés par la juridiction internationale. La Convention de Bâle, en vigueur depuis 1992, interdit tout échange de déchets contenant des matières toxiques. Chaque pays doit, en principe, traiter sa production sur son sol. Parenthèse, les Etats-Unis n’ont pas signé la Convention. En 2006, la Conférence de Nairobi, qui fait le point sur le transit des déchets dangereux, constate que la Convention de Bâle ne fonctionne pas. A l’échelle européenne, deux textes règlementent le cycle des « e-déchets » (DEEE et ROHF) De son côté, Greenpeace publie un état des lieux trimestriel de la politique de recyclage des entreprises. Pas brillant. Au dernier classement (2008), Nokia qui a implanté 5000 points de collecte de cellulaires usagés à travers 124 pays, arrive en tête. Sony, qui doit recycler la moitié de ses portables et de ses TV, surtout dans les pays riches, peut mieux faire. En bas de liste, Nintendo, avec un zéro pointé en matière de « e-waste. »

M.J

Electronic Waste, Chine et Inde.

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(1) “E-Waste Not”, by Bryan Walsh, Time

http://www.ban.org/ban_news/2009/090108_ewaste_not.html

(2) « Novethic/ Recyclage ordinateurs : le cadeau empoisonné. »

http://www.novethic.fr/novethic/v3/article.jsp?id=117862

(3) http://www.contaminations-chimiques.info/?2007/11/06/168-vu-du-kenya-nos-dechets-electroniques-detruisent-la-sante-de-centaines-d-enfants

(4) http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/le-ghana-poubelle-pour-les-e-dechets-25740


Publié le 26 mars 2009 par marlene dans Actualité,déchets,Préjudice écologique,Santé.
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Masdar, ghetto écologique.

Bonjour,

Zéro carbone, zéro déchet, et pas de voiture. Masdar, la cité écologique modèle, va surgir du désert d’Abu Dhabi, dans les Emirats Arabes Unis. La construction de cette ville compacte de 6 km², isolée de la chaleur et des vents du désert par des murs d’enceinte, une évocation des villes arabes, vient d’être annoncée. La cité, qui exclut les énergies fossiles, n’émettra pas de CO².  Masdar parie sur le renouvelable, une grosse centrale voltaïque assortie d’un gigantesque parc d’éoliennes, pour fonctionner en autarcie. Cette orientation énergétique, qui mise sans risque sur l’ensoleillement et le vent, peut surprendre dans un pays qui possède 10% des réserves mondiales de pétrole. Justement. La question énergétique, qui sous-tend l’augmentation de la demande et l’épuisement annoncé des réserves, est au cœur du projet. Masdar veut montrer au monde entier que le 100% renouvelable peut être une solution d’avenir. Et pour souligner sa démonstration, la ville bannit la voiture. Un réseau de transports électriques automatisé, avec des arrêts distants de 200 mètres, permettra le déplacement des habitants pressés. Les autres marcheront au gré des rues étroites et ombragées, autre rappel de la ville arabe, et de ses contraintes climatiques.

La cité, présentée sans déchet, développera le recyclable. L’eau, produite par une unité de désalinisation alimentée par le solaire, sera économisée, et recyclée. Les eaux usées devraient servir à arroser les espaces publics, les cultures alimentaires, et celles destinées aux agro- carburants. Qui font aussi partie du package environnemental. Un réseau routier et ferroviaire permettra de relier le centre d’Abu Dhabi, et l’aéroport international. Il faut bien accueillir les nouveaux habitants. Environ 50.000 sont attendus en 2015, à l’issue d’un projet annoncé en 2006, et conçu par le cabinet britannique Partners and Fosters. Le concept, qui répond à la fois au réchauffement climatique et à la course aux énergies, annonce peut-être un nouveau type d’urbanisme. Le ghetto écologique à 22 milliards de dollars.

M.J

http://www.dailymotion.com/video/x2zeod

Sources : Masdar / Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Masdar

Site Masdar / Home: http://www.masdaruae.com/en/home/index.aspx

Fosters and Partners/ Masdar Development : http://www.fosterandpartners.com/Projects/1515/Default.aspx


Publié le 12 mars 2009 par marlene dans Actualité,énergie,Urbanisation
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Clim’City, ou l’éducation environnementale.

Bonjour,

Se prendre pour Superman, version écolo, pour contenir le réchauffement à un niveau acceptable pour la planète, et diviser par eux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2058, c’est possible. Mais c’est virtuel. « Clim City » est un jeu interactif proposé par Cap Sciences, le centre culturel scientifique d’Aquitaine. Il reconstitue un environnement, pollué et gourmand en énergie, que vous devez rendre plus propre. Il s’agit de multiplier les bonnes décisions pour réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2008, diminuer la consommation d’énergie de 40%, et développer le renouvelable jusqu’à 60%. C’est facile. Il suffit d’un « clic » sur l’un des paysages virtuels pour accéder au diagnostic environnemental, et aux solutions proposées. L’habitat, source importante de consommation d’énergie à Clim’City, doit être isolé et coiffé de panneaux photovoltaïques, c’est mieux pour le bilan, et pour le score. Les transports s’y déclinent plutôt en « commun ».Les industries,  énergivores, grosses productrices de gaz à effet de serre et de rejets polluants, doivent être réorganisées, efficacité énergétique, avec options renouvelables, ou gestion des émissions. Avec, à terme, un fonctionnement sur le mode des écosystèmes, où rien ne se perd, tout se recycle, et tout s’échange. Il va également falloir remplacer les turbines du barrage hydroélectriques, pour améliorer leur efficacité. Et trouver un nouveau site pour installer une micro-centrale. A Clim’City, l’hydroélectricité est une source d’énergie appréciée, mais on manque de place. Autre conseil, convertir la station de ski, privée de neige par le réchauffement, en un parc de tourisme vert. Echéance 2058, vous avez donc 50 ans pour composer un plan climat compatible avec les maux de la planète. Et pas besoin de tout recommencer, vous pouvez sauvegarder la partie.

Ce jeu éducatif est accessible, via internet. Cap Sciences devrait le distribuer, version DVD, dans les établissements scolaires de la région. Il fait aussi l’objet d’un concours, organisé par Cap Sciences et Mountain Riders, inscriptions jusqu’au 29 mars.

M.j


Publié le 10 mars 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Développement durable
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Plus d’un « Grenelle » pour les océans…

Bonjour,

Quelques nouvelles des océans. Les émissions de gaz à effet de serre, qui modifient le climat terrestre et favorisent un réchauffement des eaux, entraînent encore une acidification inquiétante des océans. C’est le constat d’océanographes, réunis fin janvier à Monaco. Les océans, qui représentent plus de 70% de la surface terrestre, régulent le climat et absorbent environ le tiers des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui permet certainement d’atténuer les excès climatiques. Mais face à la croissance des émissions de gaz à effet de serre, les océans saturent. Il y a formation d’acide carbonique, associé à une diminution du PH des eaux, qui deviennent plus acides. Les concentrations de carbonate diminuent. Depuis le début de l’ère industrielle, l’acidification des océans aurait augmenté de 30%. Les scientifiques s’attendent à des valeurs inégalées depuis 20 millions d’années. (1) Les recherches effectuées sur l’accumulation de CO² dans l’océan, amorcées à la fin des années 90, sont encore trop récentes pour tirer des conclusions. Restent quelques probabilités. Cette concentration de CO² est appelée à suivre la courbe inquiétante des rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. D’autre part, l’acidification du milieu marin devrait affecter la croissance d’organismes à squelettes calcaires, algues, crustacés, mollusques, ou coraux, qui utilisent le carbonate de calcium comme matière première. Pour tenter de freiner ce processus qui menace directement la biodiversité marine, et risque de bousculer l’équilibre alimentaire mondial, plus de 150 scientifiques présents sur le rocher ont lancé « L’appel de Monaco ».Une nouvelle invitation à limiter les rejets de GES.

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Pauvres coraux.

Les coraux, justement on en parle. L’ICRI ( L’ Initiative Internationale pour les Coraux) et son correspondant français, l’IFRECOR, viennent de publier l’état de santé des récifs coralliens, bilan 2008. (2) Un chiffre, 19% des coraux ont déjà disparu des fonds marins. Et une prévision, 54% du patrimoine mondial est plus ou moins menacé, sous la pression conjuguée des activités humaines et des modifications climatiques. Surpêche, pollutions d’origine agricole et industrielle, modification des systèmes côtiers, accélèrent le blanchissement des coraux. C’est à dire une mort annoncée. Le réchauffement des océans et l’acidification croissante du milieu marin contribuent encore à la disparition des récifs. D’ici une à deux décennies, 15% des écosystèmes coralliens, notamment en Asie du Sud- Est et dans la Mer des Caraïbes, pourraient être anéantis. Le rapport rappelle que la seule hausse des températures de l’eau, particulièrement sensible dans l’Océan indien en 1998, a entraîné un blanchissement massif des coraux. En 2005, année très chaude, année de tempêtes et d’ouragans, les récifs des Caraïbes ont été décîmés. Si les scientifiques s’alarment de la disparition des coraux, c’est qu’ils occupent une place importante dans le catalogue de la biodiversité, et qu’ils rendent de sacrés services à l’humanité. IIs constituent un « supermarché » pour environ 30 millions de personnes, qui dépendent d’eux pour leur nourriture , et donc leur survie (UNESCO, 2008). Ils adoucissent les effets des cyclones et des tsunamis. Toujours selon l’UNESCO, les systèmes coralliens, qui nourrissent, protègent, renouvellent leurs ressources, ou stimulent le tourisme, font vivre 500 millions de personnes sur la planète. Quand ils sont en bonne santé.

Surpêche et réchauffement climatique.

Plus récemment, la FAO dénonce les excès de la pêche, dans un contexte de réchauffement climatique. Dans un rapport publié le 2 mars, (3) l’Agence de L’ONU pour l’alimentation et l’agriculture invite à développer des pratiques de  pêche « responsables ». Alors que les mers sont pillées par ceux qui les exploitent, environ 30% des stocks halieutiques sont tendus ou épuisés, la FAO s’inquiète des conséquences d’un réchauffement des eaux qui confisquerait encore une partie de la ressource. La FAO note que l’élévation des températures des océans a déjà bousculé la répartition des espèces. Certains poissons tropicaux auraient commencé à migrer en direction des pôles, vers des eaux plus fraîches. Et faute de stock, les populations pauvres, qui dépendent de la pêche pour leur survie, risquent de souffrir un peu plus. Deux semaines plus tôt, la FAO s’était penchée sur les abus de la pêche à la crevette, source de revenus et d’emplois “pour des millions de ménages vulnérables »

Jean Louis Borloo, le Ministre de l’Ecologie, semble avoir entendu l’appel de l’océan. Il vient de lancer le « Grenelle de la Mer » . La France, qui dispose du second espace maritime mondial, 11 millions de km², étire ses côtes, grâce aux DOM-TOM, sur trois océans, Atlantique, Indien, et Pacifique. Déjà, les récifs coralliens de la Polynésie française ont pris un sacré coup de chaud. http://www.ifrecor.pf/article.php3?id_article=132

M.J

(1) EPOCA, l’acidification des océans et ses conséquences sur les écosystèmes, CNRS

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1345.htm

(2) Rapport ICRI : http://www.icriforum.org/gcrmn/2008/Status%20of%20Coral%20Reefs%20of%20the%20World%202008.pdf

(3) Accès rapport FAO. http://www.fao.org/docrep/011/i0250f/i0250f00.htm


Publié le 3 mars 2009 par marlene dans Actualité,Ecosystèmes.,Grenelle.
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La Chine et ses sécheresses.

Bonjour, depuis trois mois la sécheresse s’est installée sur le centre et l’est du territoire chinois. Les quelques pluies tombées cette semaine sur quatre provinces n’y changent pas grand-chose. Il n’a pas plu depuis novembre dernier, quatre millions de personnes sont confrontées à une pénurie d’eau potable, deux millions de têtes de bétail ont soif, et plus de dix millions d’hectares de céréales d’hiver se désolent sur des sols gelés. Les nappes phréatiques ne se renouvellent pas. Cette sécheresse hivernale, tendance saisonnière jusqu’en mars, prend des allures de catastrophe naturelle. Les Autorités chinoises craignent pour le stock alimentaire annuel et l’approvisionnement en eau de Beijing. Elles redoutent la colère des migrants. Après les inondations, la sécheresse est l’autre grand fléau de la Chine.

Les provinces du Henan, de l’Anhui , et de Shandong, zones les plus touchées par une sécheresse plus étendue, productrices de céréales d’hiver, n’ont pas été arrosées depuis plus de 100 jours. (1) Selon le Ministre de l’agriculture, la récolte des provinces du Henan et de l’Anhui, effectuée en mai, pourrait diminuer de 20%. Sur l’ensemble des terres cultivables affectées par le manque d’eau, la baisse de la production céréalière d’hiver pourrait dépasser les 40% Il n’est pas non plus tombé de pluies à Beijing depuis plus de 100 jours, une première depuis 38 ans dans une ville pourtant connue pour son climat aride. (2) La province du Hebei, située à l’Est du pays, qui entoure Beijing et qui l’approvisionne en eau depuis 2008, est elle aussi soumise à un régime sec.

Cette sécheresse signale peut-être les effets du réchauffement climatique. Mais cette Chine qui manque d’eau paie aussi l’addition d’une croissance économique anarchique, d’une mauvaise gestion de la ressource, d’un gaspillage industriel et agricole. Les nappes phréatiques du nord du pays sont surexploitées. L’irrigation, pratiquée à grande échelle avec des méthodes inadaptées, souvent par inondation, entraîne de gros gaspillages. En cette période de sécheresse, le gouvernement a débloqué des fonds pour l’irrigation. (3) Outre la perspective d’une crise alimentaire, le gouvernement chinois veut rassurer les millions de migrants qui ont perdu leur job dans le BTP et l’industrie, pour cause de ralentissement économique. Les provinces du Henan et de l’Anhui, pauvres et très touchées par la sécheresse, sont notamment de gros foyers d’émigration. Ces bataillons de chômeurs, rentrés cultiver la terre en attendant une reprise économique, sont encore lâchés par la météo. Il y a grand risque d’instabilité sociale. Le Ministère de l’Agriculture prétend que 40% des terres céréalières affectées par la sécheresse ont été irriguées. D’autres fermiers ont attendu la Fête de la Lanterne, le quinzième jour du calendrier lunaire, pour puiser dans les réserves. (3)

« Sécheresse historique » annoncent les Autorités (2), certainement. En 2006, la province du Sichuan, dans le sud ouest du pays, en a connu une autre, sévère, suivie de pluies torrentielles. Pendant l’hiver 2007-2008, plus de 11 millions d’hectares dans le Nord du pays n’ont pas reçu de pluies. Plus de deux millions de personnes ont été partiellement privées d’eau potable. En mars de la même année, sur l’ensemble du territoire, près de 20 millions d’hectares de terres cultivables étaient desséchées. (4) Et le désert, qui représente le tiers du territoire chinois, progresse régulièrement. La Chine n’a pas fini de se battre avec sa géographie.

M.J

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(1) « Rains offers little respite in China drought », Jaime Florcruz, CNN, 10-02-2009 http://www.cnn.com/2009/WORLD/asiapcf/02/10/china.drought/

(2)”China declares an emergency amid worst drought in 50 years”, Jane Macartney, Timesonline, 5-02-2009. http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/asia/article5665232.ece

(3)”China declares emergency as drought bites”, Lucy Hornby, Reuters, Sciam, 5-02-2009.

(4) » Ni la sécheresse ni les inondations au Sichuan n’ont été causées par le projet des Trois Gorges en Chine », Agence de presse Xinhua, 07-24-207 -”La neige et la sécheresse affectent un sixième des terres cultivables en Chine”, Beijing Information, 25-02- 2008 – « China drought leaves 670.000 without drinking water », Reuters, 13-04-2008.


Publié le 12 février 2009 par marlene dans Actualité,Chine,Désertification.
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Gaz de pauvres et gaz de riches.

Bonjour,

« Par ces temps qui courent, habiter Dakar ou sa banlieue ne change rien. Partout on souffre du manque de gaz. Les femmes éprouvent d’énormes difficultés pour faire bouillir la marmite. », écrit le Soleil le 2 février dernier. Le quotidien sénégalais rapporte que, depuis quelques jours, la capitale manque de gaz et de charbon de bois. Problèmes d’approvisionnement. Les Sénégalaises courent les boutiques du voisinage pour trouver l’improbable bouteille de butane qui permettra de faire à nouveau frémir la marmite. Faute de combustible, les gosses filent à l’école le ventre vide. En attendant un retour à la normale, annoncé pour bientôt.

Difficultés d’approvisionnement et de stockage des hydrocarbures, envolée des prix du pétrole, mauvais réseau d’électricité, pannes à répétition quand l’accès existe, la « sécurité énergétique » des Sénégalais est une équation à multiples inconnues. Côté des ménages et du fourneau, c’est biomasse ou butane. Déforestation ou gaz. Pour empêcher que le bois alimente le feu de la marmite, en brousse et en ville, le gouvernement sénégalais développe depuis longtemps une politique de « butanisation ». Dès 1974, il détaxe les importations d’équipements. A partir de 1987, il décide de subventionner le combustible, conditionné en bouteilles de 2,7 kg, et 6 kg. Avec pour conséquence une entrée en force des bouteilles de butane dans les cuisines sénégalaises. La consommation augmente de plus de 500% entre 1987 et 1998. Cette transition « butane », qui a particulièrement bien marché en ville, a eu moins de succès en brousse. Problèmes d’approvisionnement, manque d’argent, ou habitude de vie, les ruraux ont continué à faire des feux de bois. Reste une « démocratisation » de la bouteille de gaz plutôt positive. Mais la subvention « butane », dopée par la hausse de la consommation et celle des prix des produits pétroliers,  coûte cher au gouvernement sénégalais. Il décide alors de couper progressivement cette aide. (1) En 2008, il annonce la fin des subventions sur les bouteilles de butane. Ses arguments, l’évasion des bouteilles sénégalaises vers des pays frontaliers, où, non subventionnées elles sont vendues plus chères. Un petit trafic, source de revenus. Autre raison officielle, cette aide de l’Etat n’aurait pas introduit cette source d’énergie dans les foyers les plus pauvres.  L’annonce de la suppression du programme de « butanisation  » est une mauvaise nouvelle pour beaucoup de Sénégalais.

Début décembre 2008, même scénario à Bamako, les Maliens s’épuisent à trouver une bouteille de gaz chez les revendeurs. Le gouvernement malien, engagé dans une politique de « butanisation » similaire à celle du Sénégal, plus de butane moins de bois, peine à payer ses fournisseurs. D’où une rupture périodique de l’approvisionnement, un feuilleton à répétition. Voilà, c’est l’occasion d’avoir une pensée pour les fumeurs – dont je suis – qui peuvent se restaurer, ou boire un verre, en plein hiver, dans la douceur d’une terrasse réchauffée par des braseros électriques, ou par des appareils à gaz. Yves Cochet, député Vert à l’origine d’un projet de loi visant à interdire les terrasses chauffées, explique que « chauffer la rue » est « symbolique » d’un « gaspillage occidental bête ». C’est le moins que l’on puisse dire.

M.J

(1) ENDA (Energie, Environnement, Développement), Débat sur la sécurité énergétique du Sénégal), Concept Note, décembre 2007.- « Rapport gaz butane –« Etude portant sur les coûts d’approvisionnement, de conditionnement, de transport et de distribution du gaz butane au Sénégal », Janvier 1999, Bureau d’Etudes Sow et Sagna, pour le Ministère de l’Environnement et le Ministère de l’energie. http://www.riaed.net/IMG/pdf/Version_rapport_gaz_butane_avec_resume_et_page_de_garde.pdf


Publié le 4 février 2009 par marlene dans Actualité,Afrique,énergie
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L’Australie suffoque.

Bonjour,

C’est l’été dans l’autre hémisphère, et le sud du continent australien suffoque. La semaine dernière, le bureau météo annonçait des records de température. Dans le Victoria, le mercure est monté à 43°C, avec un pic de 44°C à Melbourne, jeudi. Le baromètre affichait 45°C à Adelaïde qui vient de passer une semaine au dessus des 40°C, une première depuis 1808. Cette vague de chaleur a provoqué le chaos. Les rails des lignes ferroviaires se sont dilatées, des trains ont été annulés. Les climatiseurs ont provoqué une surcharge du réseau électrique, plus de 140.000 habitations ont été privées de courant. A Melbourne, les matches extérieurs de l’Open de Tennis ont été suspendus. Les parcs et les jardins ont été fermés. Certains arbres commencent à perdre dangereusement leurs feuilles. C’est la canicule la plus intense depuis un siècle.(1)

« La vague de chaleur qui sévit en Australie du Sud prouve l’exactitude des prévisions des scientifiques concernant le réchauffement climatique », a déclaré Penny Wong, le Ministre du Changement Climatique.(2)  Et de préciser: « Il est évident que nos observations demanderaient plus d’une semaine ou deux pour en tirer des conclusions, mais nous savons que les onze années les plus chaudes se sont produites les douze dernières années. »(2) Le sud australien a, de plus, été moins arrosé que d’habitude. Et Madame Wong de relire dans cette envolée des températures les signes d’un changement de climat.

L’Australie, qui vit sous un régime chaud et aride, encore accablée par plusieurs années de sécheresses, apparaît très vulnérable à un changement de climat qui conjuguerait hausse des températures et baisse de la pluviosité. Après John Howard, qui pactisait avec Bush pour nier le réchauffement climatique et refuser les engagements de Kyoto, on passe à l’ère Kevin Rudd qui nomme un Ministre du Changement Climatique, qui confirme les prédictions du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) C’est un vrai changement de cap. Reste quand même à valider le modèle de prévision climatique de Madame Wong, mais c’est presque un détail compte -tenu de l’écho fait au réchauffement. (1)

M.j

En Australie, chaleur et sécheresse annoncent aussi des vagues d’incendies.

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(1) »Australia swelters in searing heat »,  International Herald Tribune /Reuters, 29-01-2009 – « Residents of south eastern Australia are being warned to expect the worst heatwawe in a century », BBC News, 28-01-2009

(2) »Heatwaves shows climate scientists are wright, Wong says », Canberra Times, 29-01-2009


Publié le 31 janvier 2009 par marlene dans Actualité,Climat
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Obama, une transition presque verte.

Bonjour,


Publié le 28 janvier 2009 par marlene dans Actualité,biocarburants,OGM,USA
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