Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les forêts au menu de la FAO…

 

Bonjour,

Quelques millions de personnes dans le monde vivent, directement ou indirectement, de la forêt. Ils en consomment les fruits, les noix, les champignons, les insectes, les feuilles, ou le miel produit par les abeilles. Ils en commercialisent les aliments. Ils y travaillent ou tirent bénéfice de l’exploitation de ces écosystèmes. Lors d’une conférence internationale qui s’est tenue à la mi-mai, la FAO – l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture – place la forêt au cœur d’une stratégie mondiale de sécurité alimentaire. Ces écosystèmes, qui nourrissent et emploient une partie de l’humanité, pourraient nous rapprocher un peu plus des Objectifs du Millénaire qui visent à réduire de moitié la pauvreté et la faim dans le monde à l’horizon 2015. Pour servir cette vision, la FAO définit quelques priorités. Au plus près du terrain, il s’agit d’encourager les petits exploitants qui tirent profit des arbres et des systèmes forestiers, de soutenir ces initiatives par le micro-crédit. Pour cela, il faut améliorer l’accès aux arbres et aux terres, en sécurisant les systèmes fonciers. La FAO veut remodeler une forêt productive, un espace fertile aux ressources en eau et aux sols préservés. Cette forêt qui fonctionne est aussi un régulateur climatique, paramètre important de la production alimentaire. Près des côtes, les zones humides boisées et les systèmes de mangrove, qui protègent des inondations, sécurisent l’accès à la nourriture. La mangrove, qui apporte de l’eau douce aux forêts et aux populations, pèse dans cette stratégie. Enfin, des forêts en bonne santé conditionnent la qualité d’une pêche fluviale et côtière. (1)

 

Une vidéo de la FAO nous emmène dans les forêts d’Afrique centrale, où le gibier représente 30 à 80% de la consommation de protéines des ménages ruraux. Le commerce de cette viande de brousse est aussi un moyen de gagner de l’argent. Ici, la forêt est source de protéines apportées par la viande de gibier et les insectes, de vitamines contenues dans les feuilles, d’énergie produite par le bois qui sert à cuisiner, et de revenus. Près de 90% de ceux qui font commerce de produits forestiers sont des femmes. Elles utilisent leurs gains pour payer les frais scolaires des enfants, pour acheter des aliments de base et des médicaments. Certaines profitent des ressources de la forêt pour développer un petit business. Au Cameroun, le négoce des cinq principaux produits forestiers non ligneux génère 34 milliards de dollars, et emploie, directement et indirectement, plus de 300.000 personnes…

M.J


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(1) « La contribution des forêts à la sécurité alimentaire et à la nutrition mérite plus d’attention ». La Conférence sur les forêts pour la nutrition appelle à sécuriser les régimes fonciers pour les petits exploitants. FAO. Rome, 16 mai 2013. http://www.fao.org/news/story/fr/item/176247/icode/

« Les forêts au service de la nutrition et de la sécurité alimentaire », http://www.fao.org/docrep/014/i2011f/i2011f00.pdf

 

 

 


Publié le 21 mai 2013 par marlene dans Afrique,Alimentation,faim,FAO,Objectifs du Millénaire.
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Bambou, l’arbre magique de la forêt africaine…

Bonjour,

C’est une plante qui pousse rapidement, et même très vite, qui peut-être récoltée chaque année sans gêner la génération suivante, qui réduit l’érosion des sols, qui nécessite peu d’eau, qui génère une petite économie et des emplois, et qui peut lutter contre la déforestation. C’est une graminée de haute taille qui se prend pour un arbre. Longtemps associé à l’Asie, le continent le mieux doté avec 65% des ressources mondiales, et à la Chine où il nourrit les pandas, le bambou essaime sous les latitudes tropicales, subtropicales, et tempérées. On le trouve en Amérique du Sud, en Equateur, au Mexique, au Brésil, au Chili, et en Colombie. (1)Traditionnellement connu comme l’arbre du pauvre, il est désormais promu matériau high-tech, et rivalise avec des bois traditionnels. Il habille l’habitat individuel et l’architecture innovante,  il se déroule en parquet et en terrasse, il se convertit en meuble, et ses fibres se transforment en textile.  Si la commercialisation de ce bois, issus de plantations et de forêts naturelles, a longtemps été marginale, les acteurs du développement lui assurent aujourd’hui un certain succès. En Afrique, où le bambou couvre 2,7 millions d’hectares et essaime sur 6 pays – Ethiopie, Kenya, Nigeria, Ouganda, République de Tanzanie, et Zimbabwe -, il est désormais perçu comme un instrument de lutte contre la pauvreté. C’est en Ethiopie, pays rongé par la déforestation, que l’INBAR – International Network for Bamboo and Rattan -, teste les possibilités de la graminée.

 

Freiner la déforestation.

La déforestation, cause majeure des famines en Ethiopie, accompagne l’histoire du pays. Il y a un siècle, les forêts couvrent encore près du tiers de la superficie du pays. Dans les années 2000, elles se réduisent à moins de 4% du territoire.  Vers le milieu des années 2000, la FAO estime que 20.000 hectares de forêts disparaissent chaque année, quelques lambeaux situés dans des endroits isolés sont épargnés. La culture du café, la croissance démographique et la quête de terres agricoles ont contribué à ce processus de déforestation. Mais en Ethiopie, comme sur le reste du continent, où le bois constitue l’une des principales sources d’énergie des ménages – la seule dans les campagnes éthiopiennes -, les arbres continuent de tomber. (FAO 1999) Et bien que la consommation d’énergie d’un Ethiopien soit l’une des plus faibles au monde, la démographie nourrit la demande. A la fin des années 90, il devient urgent pour le pays de reboiser. En 2007, 700 millions d’arbres sont plantés, un record, sans pour autant stopper la déforestation. (UNEP 2007). Il y a eu d’autres tentatives de reboisement. A la fin du XIX° siècle, le pays introduit l’eucalyptus, un arbre dont la croissance rapide doit compenser la forêt perdue. Au début du XX° siècle, le pays souhaite se débarrasser de cette espèce venue d’Australie, qui demande beaucoup d’eau et épuise les sols. Sans succès. Un siècle plus tard, le bambou étale ses qualités environnementales. Il pousse sur des sols inhospitaliers ; son système de racines limite l’érosion des sols ; il restaure des terrains  appauvris ou pollués ; son feuillage favorise l’infiltration des eaux. Son rythme de croissance, de 50cm à un mètre par jour pour certaines espèces, et sa facilité à se reconstituer en font une ressource presque « renouvelable ». Il ne lui faut que 3 à 7 ans pour atteindre sa maturité, contre quelques décennies pour la plupart des essences. Il absorbe de grandes quantités de CO², et libère 30% d’oxygène de plus que les arbres. Avec une surface discontinue estimée autour des 850.000 hectares  – contre 1,5 millions dans les années 60 -, l’Ethiopie dispose de la plus importante forêt de bambous du continent africain. (1) L’INBAR, qui développe l’activité mondiale du bambou et incite à une gestion durable des ressources, lance un projet de quatre ans, (2009-2013), financé par la Commission européenne.  Il s’agit d’un échange «Sud-Sud », technologie chinoise au bénéfice des campagnes d’Ethiopie et du Ghana. Ce programme vise à faire reculer l’usage du bois traditionnel, source d’énergie des ménages, au profit du bambou. Les villageois, initiés à fabriquer du charbon de bois dans des fours qu’ils fabriquent, pourront le revendre aux consommateurs citadins. Aux femmes le commerce du bambou, utilisé comme bois à brûler. Ce programme, qui fournit des plants de bambous, initie les villageois à cette activité forestière. (2) (3) (4)

 

« Zengana Boat »

En Ethiopie, le bambou nourrit d’autres initiatives. African Bamboo , une entreprise spécialisée dans  la gestion forestière et la bio-énergie créée en 2012, pont entre les Pays-Bas et l’Ethiopie, compte développer la fabrication de meubles, de panneaux compressés, et de terrasses extérieures destinés à l’exportation. Et produire des briquettes de charbon pour le marché intérieur. L’entreprise compte déjà plus de 150 emplois permanents. Le continent regarde. Le 15 mars dernier, les dirigeants d’une douzaine de pays africains  se sont réunis à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie, pour envisager le potentiel du bambou. A cette occasion, Ato Sileshi Getahun, Ministre d’Etat en charge de l’agriculture et à la tête du Conseil de l’INBAR, a déclaré : »Le bambou est considéré comme la plus importante stratégie à forte croissance pour reboiser les régions montagneuses dégradées du pays ». (4) Plus modestement, à Chewsa Kebele, dans la région d’Amhara au Nord de l’Ethiopie , quelques jeunes gens promènent les touristes sur le lac Zengana, à bord d’embarcations circulaires  d’inspiration asiatique, projet emmené par l’INBAR. Achamyeleh, un jeune garçon de 25 ans, est l’un de ces petits entrepreneurs : »Je pensais bien commencer un petit business, mais les bateaux en bois et en métal sont trop chers.(…) Quand j’ai entendu que l’on pouvait fabriquer un bateau en bambou en deux jours seulement pour transporter plus de deux personnes, il fallait que je voie par moi-même. En une saison, le bateau est remboursé, et je projette d’en construire d’autres.» (5) Le « Zengana Boat » navigue désormais sur d’autres lacs de la région du Grand Rift Oriental africain, de Madagascar, et du Mozambique.

 

M.J

 

 

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(1) 2. Extent and characteristics of bamboo resources, Global Forest Resources Assessment 2005, FAO 2005 ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/010/a1243e/a1243e03.pdf

(2) “Ethiopia Leads the Bamboo Revolution”, Ed McKenna, IPS, Addis-Ababa, 08-03-2013 http://www.ipsnews.net/2013/04/expanding-ethiopias-bamboo-sector/

(3)“In Africa’s Vanishing Forests, the Benefits of Bamboo”, Tina Rosemberg, Opinionator, blog NewYork Times, 13-03-2012 http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/03/13/in-africas-vanishing-forests-the-benefits-of-bamboo/

(4) African Bamboo Workshop , INBAR, 27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/african-bamboo-workshop/

(5) Bamboo Boats Float on Rural African Markets, INBAR,  27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/bamboo-boats-float-on-new-rural-markets-in-africa/

 

 


Publié le 12 avril 2013 par marlene dans Afrique,déforestation,Développement durable,énergie
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Le mystérieux voyage des Aborigènes.

Bonjour,

Entre l’arrivée des Aborigènes, il y a au moins 40.000 ans, et celle des Européens, à la fin du XIX° siècle, l’Australie a sans doute connu d’autres visites. Une étude menée par une équipe d’anthropologues de l’Université de Leipzig, en Allemagne, vient bousculer l’idée d’une île-continent, solitaire et ignorée depuis son peuplement initial. (1) Irina Pugach et ses collègues ont mis en évidence la présence d’un gène substantiel reliant des populations indiennes et australiennes, dont l’origine remonterait à 4000 ans. Au cours de l’Holocène, ou plus précisément, vers 4230, un gène aurait voyagé entre le sous-continent indien et le continent austral. Cette migration se serait accompagnée d’un changement de nourriture et de technologie. C’est à cette période que seraient apparues des flèches en pierre. C’est aussi à cette période que seraient arrivés les dingos , désormais inscrits dans la mémoire fossile du territoire. Les auteurs, qui soulignent la concomitance entre l’afflux de gènes en provenance d’Inde et l’évolution qui s’opère en Australie, formulent  l’hypothèse d’une relation entre ce moment migratoire et l’évolution en cours. Plus près des origines du peuplement, les anthropologues ont  mis en évidence une origine commune entre les populations d’Australie, de Nouvelle Guinée, et les Mamanwa, une population noire des Philippines. Groupes qui se seraient séparés il y a environ 35.000 ans. Cette hypothèse suggère une migration ancienne par une route Sud, en provenance du continent africain. Alors que les autres populations seraient arrivées plus tardivement, lors d’une migration dispersée. Cette analyse révèlerait encore que populations d’Australie et de Nouvelle Guinée se seraient quittées assez tôt dans l’histoire de Sahul. Et non pas, comme le suppose une autre hypothèse, il y a 8000 ans, quand l’élévation du niveau de la mer isole définitivement Australie et Nouvelle Guinée. Le Sahul, territoire qui unit Tasmanie, Australie, et Nouvelle Guinée, aurait été la porte du  peuplement originel aborigène. (1)

 

Entre Sahul et Sunda     

L’Australie, qui connait un peuplement continu depuis plus de 40 000 ans, serait l’un des premiers berceaux de l’humanité. Antériorité partagée avec l’Afrique. Puis, les hypothèses se croisent. Avant les années 1950, on suppose que les Aborigènes arrivent seulement il y a 10.000 ans. Quelques années plus tard, le carbone 14 aide les scientifiques à remonter le curseur de l’histoire jusqu’à au moins 40.000 ans. Les côtes du territoire australien sont alors accessibles, et le carbone 14 ne peut guère en dire plus. Mais l’hypothèse d’une colonisation vieille d’au moins au moins 40.000 ans, datation flexible, est retenue. (2) Concernant la genèse du peuplement, deux théories s’opposent dès la fin du XIX° siècle. La première propose multiples origines au peuple aborigène. La seconde retient une population souche, avant essaimage. Dans les années 60, l’anthropologie énonce une triple origine, c’est la théorie du  « Trihybride ». Balayée plus tard par d’autres études. La linguistique, qui établit une parenté entre l’extraordinaire diversité des langues et langages aborigènes, renforce l’idée d’une population « souche ». Michel Charleux, ethnologue de la Préhistoire qui écrit sur l’origine du peuplement aborigène dans l’ouvrage « Australie Noire »  – éditions Autrement 1989 -, déplace – avec d’autres chercheurs – le berceau aborigène en Asie du Sud- Est.(3) Si la mer reste un obstacle qui sépare le Sahul – Tasmanie, Australie, Nouvelle Guinée  – du Sunda – le  Sud-Est asiatique dont seraient originaires les Aborigènes – l’aventure n’apparaît  pas impossible. Ils ont pu, grâce à des embarcations, franchir cette distance finalement pas si longue. Michel Charleux, qui s’appuie sur les travaux antérieurs, retient l’hypothèse d’un peuplement remontant à environ 55.000 ans, alors que les eaux sont basses. Pendant 10.000 ans, ce noyau initial de cueilleurs-chasseurs, doucement gonflé par la démographie, en quête de nouveaux territoires et de plus gros gibiers, qui développe technologies et connaissance des milieux, essaime sur le territoire australien. La terre est immense, le peuplement diffus, mais la colonisation progresse. Les fouilles montrent qu’il y a 20.000 ans, les Aborigènes pratiquent l’ensemble du territoire australien. Cet article, qui rappelle la difficulté du terrain et des recherches, balaie les hypothèses d’un  peuplement initial à partir de la Mélanésie et de la Polynésie, « colonisées tardivement ». (3) Mais il annonce clairement : « Une origine africaine est inconcevable, reste l’hypothèse d’un peuplement asiatique. » (3)

 

Doutes.

Des chercheurs australiens commentent les résultats obtenus par l’équipe de Leipzig dans Australian Geographic. Jeremy Austin, Professeur associé à l’Université d’Adelaïde, salue l’idée de relations commerciales et migratoires anciennes entre l’Australie et l’Asie, hypothèse antérieure avalisée par l’étude. Plus critique, il remet en cause l’origine des Dingos, originaires selon lui, du Sud Est asiatique insulaire. Et non de l’Inde. La relation entre une migration indienne génétiquement prouvée, l’arrivée de nouvelles technologies, et l’apparition des dingos, reste cependant à fouiller. Joe Dortch, enseignant à l’Université de Perth  -Western Australia -, s’interroge, lui, sur la nature des relations entre Indiens et Australiens, mouvement migratoire ou contact occasionnel ? Il doute : « Il n’est pas possible de dire comment la relation avec l’Inde a surgi. » L’article pointe un autre point sensible: un échantillonnage génétique sur un vaste espace du Territoire Nord, peut-être pas représentatif d’autres populations aborigènes. (5). L’origine des Aborigènes d’Australie, noyau initial enrichi d’autres populations, reste une énigme plus ou moins résolue…

 

 

M.J

 

 

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(1) Publication originale:

Irina Pugach, Frederick Del?n, Ellen Gunnarsdóttir, Manfred Kayser, Mark Stoneking

Genome-wide data substantiates Holocene gene ?ow from India to Australia

PNAS, Online Early Edition, January 2013

Résumé: http://www.mpg.de/6818105/Holocene-gene-flow_India-Australia

(2) Wikipedia Australian Archeology, http://en.wikipedia.org/wiki/Australian_archaeology Préhistory of Australia Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Prehistory_of_Australia

(3) » Australie noire »,   Les Aborigènes, un peuple d’intellectuels, Sylvie Girardet, Claire Merleau Ponty, Anne Tardy (Dir), Monde, Mars 1989 « 40 000 ans déjà », Michel Charleux, p70 à 73.

(4)Northern Australian aboriginals may have had contact with Indian migrants 4000 years ago, says study.”, Alice McRae with AAP, 15-01-2013. http://www.australiangeographic.com.au/journal/aboriginal-genetic-study-suggests-indian-migration.htm


Publié le 22 janvier 2013 par marlene dans Afrique,Asie du Sud-Est.,Australie aborigène.,Inde,Migrations.
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Les jeunes de Thiaroye-sur-Mer.

Bonjour,

A Thiaroye-sur-Mer, un village de pêcheurs enclavé dans la presqu’île du Cap Vert, et la banlieue de Dakar, la mortalité des jeunes adultes atteints par la maladie de l’exil est depuis longtemps inacceptable. Dans cette communauté d’environ 50.000 habitants, bien plus de 150 jeunes hommes, entassés dans des pirogues naviguant en direction des côtes et du rêve européens, sont morts noyés. Le carnet noir du village mentionne encore plus de 80 orphelins, laissés par ces migrants malchanceux. Et près de 400 mineurs seraient détenus dans des prisons espagnoles, une estimation qui monte à mesure des départs vers l’Europe, et qui baisse à mesure des renvois vers le continent africain.(1) La fermeture des frontières européennes et les accords passés avec les pays du Maghreb ont modifié les stratégies migratoires, beaucoup d’Africains sont désormais contraints à l’illégalité. Ces changements ont encore limité les routes migratoires. Le chemin vers une  vie meilleure en Espagne, en Italie, ou en France, passe par une longue traversée du Sahara, ou par un voyage risqué sur l’Atlantique à bord d’une embarcation surchargée. Au milieu des années 2000, les passeurs auraient débarqué près de 30.000 Sénégalais sur les côtes des Canaries, salle d’attente pour l’Europe.(2) Comme d’autres Sénégalais, les jeunes de Thiaroye n’ont plus d’avenir dans la pêche, moins de ressource à proximité des côtes,  des chalutiers européens qui pillent les eaux du large. Alors, ils partent, à l’aveugle, à l’aventure. Les mères vendent leurs bijoux ou empruntent de l’argent pour payer le passeur, lui aussi mis au chômage par le déclin de la pêche. Un passage coùterait  entre 400 et 750 euros, au bénéfice du passeur, de l’intermédiaire, ou de l’armateur, qui sait. (3)(4) A Thiaroye-sur-Mer, les femmes, qui représentent plus de 60% de la population du village, dont certaines ont perdu un fils, un frère,  ou un mari en mer, ont fini par se révolter.(1)

 

En 2007, emmenées par Yayi Bayam Diouf dont le fils disparaît au cours de l’un de ces voyages vers l’Europe, les femmes de Thiaroye-sur-Mer fondent le COFLEC, le Collectif des femmes pour la lutte contre l’émigration clandestine. Ce collectif, qui informe sur  les risques de la traversée, a libéré la parole sur l’émigration illégale. Mais pour retenir les jeunes à Thiaroye, le COFLEC a surtout misé sur le développement de l’économie locale. Le collectif s’est lancé dans la transformation de produits de la mer, poisson fumé, poisson et crevettes séchés, destinés à la vente.  Le mil, et ses brisures,  le maïs, le niébé permettent de cuisiner des couscous, eux aussi vendus. Les femmes préparent des jus de fruits, mangue, citron, orange, du bissap, ou des confitures. Elles utilisent de l’huile de palme, du beurre de karité, ou d’autres essences pour fabriquer des savons. Au total 30 tonnes de produits, estimation de la présidente du COFLEC, sont vendus chaque année sur les marchés sénégalais, exportés dans le voisinage africain, Mali,  Burkina Faso, Côte d’Ivoire, et présentés sur certains marchés, en France, en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis. Ce commerce, qui a permis de créer une centaine d’emplois, rapporterait chaque année environ 24 millions de FCFA, soit un peu plus de 35.000 euros. Le collectif, qui encadre et forme des femmes et des jeunes filles, investit une dizaine de millions de FCFA, environ 6500 euros chaque année dans le micro-crédit. Une partie des revenus sert encore à aider les jeunes dont le projet migratoire a échoué, rentrés au village. Et pour rappeler aux habitants de Thiaroye-sur-mer l’époque prospère des eaux poissonneuses, des nombreuses embarcations lancées en mer sans moteur, des pêcheurs migrants venus de cités voisines, et du plein emploi, le COFLEC a acheté deux pirogues. Une manière d’inviter une cinquantaine d’anciens passeurs à se remettre à la pêche. (3)(4)(1)

 

« La pirogue », film présenté dans la section Un certain regard au festival de Cannes 2012, raconte les illusions des candidats à l’exil, la peur, la tragédie, et esquisse le portrait d’un passeur. Lors d’un entretien destiné à la promotion du film, Moussa Touré, le réalisateur, évoque ce personnage, « un type cynique, mais qui cherche, comme les autres, à survivre… » : « Quand on est dans une situation extrême, tout le monde est sur un pied d’égalité. C’est comme en période de guerre ou de grande détresse : on fait ce qu’on peut pour s’en sortir. Le passeur se comporte de la même manière que l’État sénégalais : au lieu d’essayer de faire travailler les jeunes, il préfère les regarder partir et empocher de l’argent – tout comme notre gouvernement a touché de l’argent de l’Espagne pour que les jeunes restent au pays. En Afrique, certaines personnes exploitent les situations désespérées, en particulier chez les jeunes, car ils sont pleins d’espoir, mais aussi plus vulnérables. »(5)

 

M.J

 

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(1)Historique du village de Thiaroye-sur-Mer, Site COFLEC http://www.coflec.org/

(2) « Les pêcheurs et l’émigration au Sénégal », Altermonde, N°13 -Mars 2008 http://altermondes.org/spip.php?article583

(3) “Agricultural Activity to Slow Clandestine Emigration from Senegal”, Souleymane Gano, IPS,10-09-2012, http://www.ipsnews.net/2012/09/agricultural-activity-to-slow-clandestine-emigration-from-senegal/

(4) « A Thiaroye-sur-Mer, embarcadère pour l’enfer », Leïla Slimani, Jeune Afrique, 21-04-2009 http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2519p032-033.xml0/

(5)La pirogue, un film de Moussa Touré, Sélection officielle Un certain regard, festival de Cannes,  http://www.festival-cannes.fr/assets/Image/Direct/045621.PDF

 


Publié le 13 septembre 2012 par marlene dans Afrique,Migrations.,Pêche.
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Les mini stories des « Trolley pushers » de Jo’burg.

Bonjour,

« Trolley pushers » est un travail de photographe qui raconte l’histoire d’une petite humanité qui déambule dans les rues de Johannesburg en poussant de vieux chariots de supermarché pour collecter des bouts de  plastique, de la ferraille, du carton, tout ce qui peut être revendu à un professionnel du recyclage pour quelques Rands, l’équivalent de quelques euros. Pendant que d’autres « Trolley pushers » louent leurs jambes et leur mini-utilitaire pour transporter des paquets trop lourds, d’une station de taxi à une autre. Johannesburg,  Jo’burg, métropole sud-africaine d’un peu plus de 10 millions d’habitants dans sa définition la plus large, est l’une des places mondiales de l’économie informelle, un royaume de la débrouille où toute chance est bonne à saisir pour quelques pièces. Madoda Mkoben, a suivi le monde de la récup urbaine pendant une dizaine d’années. Ses photos racontent la précarité, la clandestinité, mais aussi l’amitié. Un extrait de son travail est mis en ligne par IPS Africa. Un autre site, édité par un collectif d’architectes, the South African Informal City, raconte l’histoire de Paul. Une mini  success story, ici tout est « mini », dans le business du recyclage informel. Mais pour commencer l’histoire, il faut d’abord un chariot, d’occase, volé dans un supermarché, d’où l’illégalité de l’exploitation et les descentes de police. Il coûte environ 50 Rands, environ 5 Euros. C’est derrière lui que Paul trace les rues de Jo’burg pour collecter tout ce qu’il va pouvoir revendre à une centrale d’achat. C’est elle qui fixe le prix des matériaux. Pas de chance, Paul qui habite le centre de Johannesburg doit se lever plus tôt que ses collègues de banlieue, il doit beaucoup marcher pour repérer avant les autres quelques déchets à recycler. Des banlieues comme Yeoville et Kensington sont déjà très courues par les recycleurs. Mais compensation, Paul vit à côté de trois centres de stockage, qui lui achètent sa collecte. Paul, qui trie et stocke ses matériaux, les vend toutes les deux semaines. Quand il a accumulé suffisamment d’articles pour valoriser sa transaction. Les  bonnes semaines, il gagne plus de 1000 Rands,  près de 100 euros, mais la moyenne tourne autour des 800 à 900 Rands. Pour accumuler plus de 1000 Rands, Paul marche et pousse 600 kilos de déchets pendant 5 jours. Les bénéfices de ce mini business lui permettent de loger sa femme et son bébé dans une petite chambre, 2 mètres sur 2, pas d’eau, pas d’électricité. Il met de l’argent de côté, environ  1000 Rands par mois, et envoie l’équivalent à sa famille restée au Lesotho. Mais tous les pousseurs de chariots n’ont pas la même veine. Certains recycleurs gagnent à peine de quoi se payer le prochain repas. D’autres, les porteurs de bagages payés à la course, n’obtiennent que rarement le prix demandé. Difficile de se plaindre à la police quand on exerce dans l’illégalité.

« Immigrés ».

Les  « trolley pushers » de Johannesburg racontent encore une histoire d’immigration en Afrique du Sud. Ismail Farouk, artiste-géographe-urbaniste, qui vit travaille à Johannesburg,  s’intéresse à leur sort. En 2010, il dénonce sur son blog les descentes de police et  les tracasseries dont sont victimes ces travailleurs venus du Mozambique, ou du Zimbabwe. Prétexte, ils travaillent avec des chariots volés. Volés et revendus par un réseau de jeunes, également originaires du Zimbabwe. La police confisque l’outil de travail, fixe l’amende à 300 Rands, environ 30 euros, et les jette en prison. En 2008, les raids de la police se multiplient, les séjours en prison aussi. Les pushers, étrangers, sans papiers, sont une proie facile. Ismail Farouk rappelle que si l’activité est illégale, elle n’est pas dangereuse, et connue de tout le monde.  Certains « Trolley pushers » arpentent les rues depuis 2001. Pour les tirer de la clandestinité, les Autorités proposent de leur louer des trolleys, 20 Rands par jour, d’une capacité moindre que ceux dérobés sur les parkings des supermarchés. « Trop cher » réagissent les pousseurs, pas très contents de ce racket officiel. En 2008, les « Trolley pushers» se mobilisent pour obtenir des représentants, première étape vers une régularisation de la profession. La même année, Ismail Farouk initie « Trolleyworks », une manifestation artistique et urbaine, pluridisciplinaire, qui doit attirer l’attention du public sur la condition des « Trolley pushers ». Des caméras sont installées dans les chariots pour saisir le quotidien de ces travailleurs immigrés. Un trolley plus facile à manier, plus coloré, est réalisé. Ismaël Farouk  remporte la Sylt Quelle Cultural Award for Southern Africa 2008, En mai 2009, seconde phase du projet, le Goethe Institut de Johannesburg invite les visiteurs à parcourir le territoire des « trolley pushers », géographie d’une activité informelle et circulatoire dans la métropole. Ismail Farouk explique son intention: »Nous espérons exposer les gens aux contradictions de la grande ville et nous tentons de les sensibiliser au besoin de marcher dans le centre de Johannesbourg. Marcher à Johannesbourg est intimement lié à la classe sociale, à l’appartenance ethnique, au crime, à la peur, et à la paranoïa. » (1)

M.J

 

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(1)”Porters and Performers , Story by Anthea Buys for the Mail & Guardian, 07-02-2010, http://www.mg.co.za/article/2009-05-29-porters-and-performers

 


Publié le 2 mai 2012 par marlene dans Afrique,Migrations.,photographie,Recyclage,Ville
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La terre des Africains dédiée aux carburants.

Bonjour,

L’Afrique serait une réserve de terres agricoles lorgnée par des investisseurs, le plus souvent étrangers au continent , pour y développer une agriculture d’’exportation, ou, plus scandaleusement, des plantations destinées à produire des carburants. Ce n’est pas un scoop, mais une étude des Amis de la Terre , publiée en 2010, et intitulée : « Afrique : terre(s) de toutes les convoitises. (1)   Avec un constat qui précise le rapport de force : « Les agrocarburants font concurrence aux cultures vivrières pour les terres arables, et les firmes qui veulent développer les agrocarburants font concurrence aux paysans pour l’accès à la terre. » (p4/36). La crise alimentaire de 2008, et les émeutes de la faim consécutives, éclairent encore cette rivalité entre nourriture et énergie. « L’utilisation d’une partie des récoltes pour la production d’agrocarburants a été un facteur majeur d’augmentation du prix de la nourriture » lit-on à la même page. Sur le continent africain, près du tiers des terres faisant l’objet d’une transaction, soit 5 millions d’hectares, sont destinés à la production de carburants d’origine végétale.

Riziculteurs de Tanzanie.

Une carte, esquissée à partir d’une dizaine d’exemples fouillés par l’organisation, quantifie une partie du  problème. (p6/36) En Sierra Leone, 26.000 hectares sont destinés à la canne à sucre. Au Ghana, plus de 700.000 hectares ont été confisqués aux Ghanéens. Au Benin, 300.000 à 400.000 hectares de zones humides, dans le Sud du pays, sont appelées à  se couvrir de palmiers à huile. Au Nigeria, 100.000 hectares saisis ; au  Cameroun, un bail de 60 ans pour près de 60.000 hectares de palmiers à huile ; en Angola, plus de 500.000 hectares de terres vouées aux agrocarburants. En Ethiopie, 700.000 hectares sont réservés à la canne à sucre, et 23 millions d’hectares bientôt couverts de plants de jatropha.  Au Kenya, 500.000 hectares sont destinés aux entrepreneurs. En Tanzanie, un millier de petits riziculteurs ont été obligés de céder leurs terres aux planteurs de canne à sucre. Au Mozambique, près de 5 millions d’hectares, soit 1/7° des terres arables du pays, sont dans la ligne de mire d’investisseurs. Attirés par des terres bon marché, ils sont Européens, Suisse, Italie, Royaume-Uni, Norvège, France, Espagne, Belgique, ou Portugal. D’autres investisseurs, venus d’Israël,  du Canada, du  Japon, ou du Brésil, laboratoire mondial des agrocarburants, ont encore flairé le bon plan. Addax Bioenergy, des Suisses au Mozambique ; Jatropha  Africa, des britanniques au Ghana ; Compagnie Franco-camerounaise, la carte détaille les intérêts fonciers. (p3/6) A la question « Qui ? », le rapport répond «…des PME – souvent des start-up  ayant identifié des perspectives commerciales dans les agrocarburants ». Avec l’intention claironnée de développer l’économie, locale et nationale, et de créer des emplois, notamment dans les zones rurales. Argument qui réjouit  le pays d’accueil, sans trop d’effets sur le terrain. Quelques économies continentales, Afrique du Sud, Cameroun, Angola, s’intéressent aussi à la filière des carburants, via des entreprises d’Etat et des sociétés d’investissements privés. En 2006, une quinzaine de pays africains, dont le Benin, le Ghana, le Sénégal, et le Mali ont crée une « OPEP verte », l’Association panafricaine des non producteurs de Pétrole (PANPP). La canne à sucre, le sorgho sucrier, le manioc, qui contribuent à l’alimentation des Africains, produisent de l’éthanol. Le palmier à huile, le soja, l’arachide, et le jatropha – plante non comestible qui s’adapte aux sols ingrats – sont utilisés pour le biodiesel.   Si l’intention générale est de produire des carburants alternatifs pour parer la hausse du prix du pétrole et anticiper une pénurie annoncée, il existe aussi des stratégies alimentaires. L’Arabie Saoudite projette d’investir des terres agricoles en Ethiopie, au Soudan, ou en Egypte,  pour y constituer des réserves de céréales.  La Corée du Sud partage cette ambition. En 2008, la société Daewoo Logistic convoite plus d’un million d’hectares de terres arables à Madagascar. Le projet s’ébruite, les Malgaches s’énervent, le gouvernement démissionne. La transaction est annulée.

Eau fraîche, canne à sucre, et jatropha.

« Les répercussions », Chapitre 5 du rapport. Une vision occidentale qui évacue les pratiques rurales des sociétés africaines, et tente de tirer profit de ressources, déjà rares. Si la disponibilité des terres africaines semble sans mesure, 800 millions d’hectares dont seul le quart serait mis en culture, leur vocation échappe parfois aux investisseurs.  La  tradition agricole, qui joue sur l’alternance, cultures-pâturages-jachères, vise à ne pas épuiser les sols. Cette mise en valeur, qui demande probablement plus d’espace disponible que supposé, serait contrariée par une extension des cultures énergétiques. Autre  malentendu souligné dans le rapport, celui des « terres marginales », utilisées pour faire paître les troupeaux, pour collecter du bois et des plantes médicinales, ou pour entretenir un petit jardin. Ces « terres marginales », à vocation communautaire et sans titre de propriété individuel, sont souvent avalées par de gros projets d’agrocarburants. C’est souvent le cas du jatropha, présenté comme une culture qui ne concurrence pas l’agriculture vivrière. Dans le Nord du Ghana,  Biofuel Africa,  intérêts norvégiens, projette  « la plus grande plantation de jatropha au monde » (p20/36), 38.000 hectares convertis. Or une partie de ces terres était mise en valeur par des villageois qui y cultivaient du maïs et du riz. Au Ghana, au Nigeria, en Tanzanie, la compétition pour les terres tourne au profit des agro-industriels.  Et grande est la tentation de planter du jatropha ou du sorgho sucrier, pourtant promis aux sols ingrats, sur des terres plus riches, dotées en eau fraîche. Si la canne à sucre a besoin d’être irriguée pour pousser, le jatropha a besoin d’eau pour démarrer. Il faut 4000 litres d’eau pour produire un litre d’éthanol à base de maïs et de canne à sucre. Et un peu plus de 9000 pour un litre de biodiesel à base de soja. Au Kenya , où les sécheresses consécutives diminuent les récoltes – un kenyan sur 10 se nourrit grâce à l’aide alimentaire -, le gouvernement autorise le Qatar à cultiver des plantes horticoles dans la région du delta du fleuve Tana, une zone agro-pastorale dédiée aux pâturages communautaires. Là, ou de précédents projets de canne à sucre avaient échoué.

« Les ressources les plus précieuses de l’Afrique – sa biodiversité, ses terres, ses habitants – sont exploitées pour exporter du carburant vers des pays énergivores comme l’Union Européenne, les Etats-Unis, la Chine, et l’Inde. », résume le Réseau africain de Biodiversité. » (p24/36) En Tanzanie, à Madagascar,  au Ghana, où au Sénégal, le ton monte contre les voleurs de terres.

M.J.

L’Indien Ram Karuturi rachète 300.000 hectares de terres agricoles dans l’Ouest de l’Ethiopie pour y produire du riz, beaucoup de riz, et développer des pépinières de palmiers à huile…Avant de partir conquérir d’autres terres au Soudan. … Planète à vendre ( Agoravox , un documentaire diffusé sur ARTE le 19 avril 2011.

 

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(1) : « Afrique : terre(s) de toutes les convoitises. Ampleur et conséquences de l’accaparement des terres pour produire des agrocarburants. Rapport. Les Amis de la Terre Afrique et les Amis de la Terre Europe, juin 2010. http://www.foeeurope.org/agrofuels/FoEE_Africa_up_for_grabs_2010_FRENCH.pdf


Publié le 12 janvier 2012 par marlene dans Afrique,biocarburants,crise alimentaire
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Wangari Maathai, « Dame Forêt ».

Bonjour,

Wangari  Maathai vient de s’éteindre. Wangari  Maathai, citoyenne du Kenya, a consacré sa vie au « Green Belt Movement ». Cette initiative, lancée en 1977, vise à émanciper les femmes du Kenya en leur donnant pour mission de planter des arbres. Wangari  Maathai, rare femme africaine à obtenir un doctorat – en biologie – au début des années 70, place l’arbre au cœur du développement des campagnes de son pays. Il s’agit de reboiser les paysages afin de freiner la désertification,  et de permettre aux sols de produire à nouveau. Cette vision, qui sous-tend celle de la sécurité alimentaire, place les femmes au premier plan. Elles sont formées à développer des pépinières, à gérer, à protéger les forêts, ou à produire du miel. L’idée est aussi de les tirer hors de la pauvreté. L’initiative de Wangari  Maathai répond à un déboisement, ancien et toujours actif. Entre 1990 et 2010, le Kenya aurait perdu 6,5% de son couvert forestier. (1)De l’autre côté de ce front de déforestation, après plus de trois décennies de sensibilisation et de travail de terrain, le « Green Belt Movement » a permis de planter plus de 30 millions d’arbres sur le territoire kényan. Près de 900000 femmes, estimation du  PNUE – le Programme des Nations Unies pour l’Environnement – auraient travaillé dans les pépinières et sur les plantations. (2)  Et dans un pays où la déforestation conditionne aussi l’accès à l’eau, le « Green Belt Movement » a déjà reverdi le Mont Kenya, la région des Aberdares, et le  Mau Complex, la forêt de montagne la plus étendue d’Afrique de l’Est, avant d’attaquer le Mont Elgon et les Cherengani Hills. Le Mont Kenya  est sans doute le premier de ces  cinq “châteaux d’eau” qui approvisionnent plus de 90% de la population kényane en eau. (3)

 

Depuis 1986, le « Green Belt Movement » a inspiré d’autres pays d’Afrique. En Tanzanie, en  Ouganda, au Malawi, au Lesotho, en Ethiopia, ou au Zimbabwe, on a misé sur les arbres, avec plus ou moins de succès, pour restaurer les terres. Cette vision du développement, qui articule « environnement », « démocratie », et « paix » mise sur les paysages et leurs ressources pour adoucir la vie des Africains. (4) Car Wangari  Maathai se préoccupe aussi de l’Afrique. Elle est d’ailleurs l’une des voix du Jubilee 2000  Africa Campaign. Ce mouvement, porté par une quarantaine de pays, demandait aux Nations riches d’annuler, pour l’an 2000,  la dette qui pèse sur les plus pauvres. Activiste dans son pays, Wangari  Maathai fait campagne contre l’appropriation abusive des terres. Elle dénonce l’attribution illégale des parcelles forestières.(2)  En 1997, celle qui défend la place des femmes dans la société kényane, échoue à la présidentielle face à Daniel erap Moi. Ses nombreuses interventions contre le régime répressif de Moi lui valent harcèlements, brimades, et quelques séjours en prison. En 2002, le Kenya change de Président. Wangari  Maathai, élue au Parlement, devient  Ministre adjoint pour l’environnement et les ressources naturelles. En 2004, le Prix Nobel de la Paix récompense son combat écologiste, féministe, et humaniste: « Lorsque nous plantons des arbres, nous plantons les graines de la paix et de l’espérance. » (2)

M.J

 

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(1) Kenya Forest Information and Data, réactualisé en 2011, http://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Kenya.htm

 

(2) « Lauréate du Prix Nobel de la Paix 2004, le Professeur Wangari Maathai », PNUE http://www.unep.org/billiontreecampaign/french/Statements/wangari.asp

 

(3) Green Belt Movement  Tree planting Programme http://greenbeltmovement.org/w.php?id=13

 

(4) Green Belt Movement , GBM International http://greenbeltmovement.org/w.php?id=21


Publié le 30 septembre 2011 par marlene dans Actualité,Afrique,déforestation
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Agriculture: les promesses de la petite école « bio ».

Bonjour,

L’agriculture « bio » pourrait-elle adoucir le problème de la faim dans le monde ? Probablement, argumentent les Nations Unies au fil d’un double rapport.(1) Cette agriculture, plus vraiment traditionnelle, améliorée et débarrassée de produits chimiques, fertilisants et pesticides, permettrait à beaucoup de paysans du monde en développement de doubler leur production de nourriture en une petite dizaine d’années. Cette proposition colle au profil d’agriculteurs, qui travaillent sur des petites structures, faciles à réformer. Elle répond aussi au contexte toujours alarmant de la faim dans le monde. Au cours des 10 dernières années, les progrès pour réduire le nombre d’affamés ont été lents, et inégaux, à l’échelle de la planète. Avec un zoom sur l’Afrique sub-sahélienne, où la faim a progressé de 20% depuis 1990.Au début des années 2000, 33% de la population du Kenya manque encore de nourriture, 19% en Ouganda, jusqu’à 44% en Tanzanie. Cette agriculture «soft», qui décline les lois du Développement durable – « capital naturel », nourriture, bois, eau ; « capital social », le travailler ensemble ; « capital humain », valoriser le savoir de chacun ; « capital financier », se tirer hors de la pauvreté – entend bien montrer qu’elle peut aussi faire grimper la productivité. Expérimentée dans plus d’une cinquantaine de pays, elle a prouvé que les récoltes, issues de semences traditionnelles et protégées avec des méthodes naturelles, pouvaient augmenter leur rendement de 80%, en moyenne. Quelques petits ilôts d’agriculture « bio », développés sur le continent africain, présentent des récoltes augmentées de 116%, en moyenne. Jusqu’à 128% en Afrique de l’Est. Avec des disparités, +179% au Kenya, + 67% en Tanzanie, et +54% en Ouganda. Ces chiffres, issus de projets très encadrés, promettent plus de nourriture dans les pays où l’on en manque. C’est vrai en Afrique sub-sahélienne, en Amérique du Sud, et en Asie. (1) (2)

Rendements prometteurs et petites surfaces.

Retour au Kenya où un projet conduit par le SACDEP (Sustainable Agriculture Community Development Programme) a initié 30.000 petits fermiers à l’agriculture durable. Avant de concentrer son action sur 4500 exploitants installés à l’Est et au Centre du pays. Ces pionniers ont été formés à quelques règles : mauvaises herbes, maladies, et parasites combattus avec des défenses naturelles – Par exemple, des plantes qui attrapent ou repoussent les insectes -; respect des sols pour regagner en fertilité; gestion optimale de l’eau ; et reproduction des semences. Quatre années plus tard, la SACDEP rapporte une productivité augmentée de 50%. Suffisamment pour se nourrir, avec un petit supplément destiné à la vente. L’Ethiopie, en proie à de graves problèmes de malnutrition, a amélioré de 70% l’accès à la nourriture dans le cadre de projets agricoles « bio ». En Ouganda, qui exporte une partie de sa production, ananas, gingembre, ou vanille, le « bio » a permis de pratiquement doubler l’accès à la nourriture. Mais attention, si ce type d’agriculture progresse depuis 2003, il ne représente que 2% du paysage agricole de l’Ouganda. A l’échelle de l’Afrique, les terres qui bénéficient d’une gestion certifiée « bio » rampent entre 1 et 3%  des surfaces cultivées. Au Malawi, autre petit terrain d’expérimentation, les rendements ont été multipliés par 2. Le problème, c’est de diffuser ces méthodes agricoles « soft ». Quelques formations supérieures existent en Afrique du Sud, trop peu sur le reste du continent. Alors ONG dépêchent experts, techniciens, ou fermiers sur le terrain,  qui en formeront d’autres, à des techniques souvent simples. Dommage, l’engagement des gouvernements fait souvent défaut. L’apprentissage et à la mise en œuvre de cette mutation agricole, même à petite échelle, demandent du temps. Au Kenya, la SACDEP a mis une petite quinzaine d’années pour développer son programme.(1)

Lomadef et Monsanto.

« La progression de systèmes d’agriculture biologique produira des gagnants et des perdants. Car ce modèle d’exploitation fermière laisse peu de place aux produits chimiques. Pas sûr que les producteurs acceptent de perdre ces parts de marché. » présage encore le rapport.(3) Justement. Un article paru dans Libération en février dernier raconte comment le Malawi – pourtant terrain  d’expérimentation « bio » – est convoité par Monsanto, grosse enseigne de l’agro-alimentaire américain.(4) Selon Libération, l’entreprise a déjà introduit des semences hybrides, « sélectionnées artificiellement », programmées pour être inutilisables l’année suivante. D’ailleurs au Malawi, les 2/3 des agriculteurs fonctionnent déjà aux semences hybrides. Monsanto et Seedco – une production de la fondation Gates, liée à Monsanto – se partagent déjà les champs. Ces semences, introduites après une sécheresse , offertes avant de devenir payantes – une rente pour les fournisseurs -, ont déjà fait une démonstration rapide et efficace: « Ma vie a été transformée grâce au hybrides,  (…) Je n’ai pas beaucoup d’argent, mais plus personne n’a faim dans mon foyer. ».(4) Au Malawi, où la situation alimentaire reste très tendue, notamment dans le sud du pays, la ferme LOMADEF (Lipangwe Organic Manure Demonstration Farm), initie 500 familles à améliorer leurs récoltes. Pendant ce temps, Monsanto  pense déjà OGM dans un pays, affamé et gros consommateur de maïs.

M.J

LOMADEF en vidéo….

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(1) Accès rapports :http://www.unep-unctad.org/cbtf/

-Organic Agriculture and Food Security in Africa, Sept 2008. UNCTAD/DITC/TED/2007/15

-Best Practices for Organic Policy. What developing country Governments can do to promote the organic agriculture sector, February 2008. UNCTAD/DITC/TED/2007/3

(2) “Is eco-farming the solution?”, Alister Doyle, IOL Scitech, AFP, 09-03-2011http://www.iol.co.za/scitech/science/environment/is-eco-farming-the-solution-1.1038558

(3) Organic Agriculture and Food Security in Africa, Sept 2008. UNCTAD/DITC/TED/2007/15, p 36

(4)« Malawi, les champs captifs de Monsanto », Sophie Bouillon, Terre, Libération, 25-02-2011 http://www.liberation.fr/terre/01012322088-reperes


Publié le 16 mars 2011 par marlene dans Afrique,Agriculture.,crise alimentaire,OGM
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Forêts d’Ethiopie.

Bonjour,

Les forêts, 31% de la superficie du globe – dont plus du tiers en forêts primaires -, abritent 80% de la biodiversité terrestre, et hébergent 300 millions d’humains. L’ONU décide que 2011 sera l’année des forêts. Lancement officiel lors de la 9° cession du Forum des Nations Unies sur les Forêts ( FNDF), qui se déroule du 24 janvier au 4 février. L’occasion d’un zoom sur la situation en Ethiopie, où le couvert forestier a particulièrement été malmené. En attendant que le reboisement annoncé oxygène à nouveau le pays.

Démographie et pauvreté.

En Ethiopie, la couverture forestière représenterait moins de 4%, d’un territoire étendu  sur environ 1 million km². (1)  Vers 2008, les forêts éthiopiennes continuaient de diminuer au rythme de plus de 140.000 hectares par an. (2) (3) En un siècle, le pays aurait perdu plus du tiers de son poumon vert. La démographie, la mise en valeur du pays, les crises politiques, et la pauvreté expliquent une déforestation ancienne. Des années 50 au milieu des années 70, la population augmente, l’agriculture se modernise, des communautés rurales s’éparpillent, et l’on construit des routes. Conséquence, la forêt recule. Une redistribution aléatoire des terres participe au processus. Après 1974, et la Révolution éthiopienne, les populations colonisent un peu plus les forêts, tandis que les plantations de café s’installent à la place des arbres. Aujourd’hui, l’industrie du bois, l’agriculture, l’élevage, l’exploitation du pétrole, le développement des villes et des villages continuent de faire tomber des arbres. Une déforestation qui tient surtout en deux mots, démographie et pauvreté. Une population qui dépasse sans doute les 80 millions d’habitants (2010), grosse démographie du continent, a besoin de terres pour se nourrir. Conséquence, l’agriculture s’installe à la place des forêts. Les sécheresses répétitives handicapent encore cette économie agricole. Et syndrome de pays pauvre,  où la moitié de la population survit, le bois est le principal combustible des ménages, qui s’en servent pour cuisiner. Il constitue aussi un matériau de construction bon marché, facile à exploiter. Esquisse d’une déforestation que le gouvernement s’empresse à inverser.

Sensibilisation et revenus.

Depuis une décennie, les Autorités orchestrent un reboisement à grande échelle qui mobilise citoyens, agriculteurs, coopératives agricoles, ou organisations gouvernementale. Tout le monde, ou presque, se met à planter des arbres. Une activité qui aurait augmenté le couvert forestier de 4% en 2005.(1) (2) Et de 9% en 2010. (1) (3) On parle d’un à deux milliards de jeunes plants mis en terre. (3) En 2007, le gouvernement adopte sa première politique forestière. Initiative qui s’accompagne d’un travail de sensibilisation auprès des citoyens, qui commencent à s’intéresser aux arbres. Dans le Nord du pays, à Tigray et Amhara, deux régions où les forêts ont été agressées par l’agriculture et les guerres civiles, la situation s’améliorerait. Mais ces efforts de reboisement sont loin de convaincre tout le monde. Un article intitulé « Ethiopie : Restaurer le couvert forestier », daté de septembre 2010, cite l’USAID, une agence de développement américaine très présente sur le terrain: «L’état des ressources forestières doit être considéré comme étant en danger». (3) Crainte exprimée ailleurs dans l’article. Un représentant de la société civile, engagé dans la récupération des terres communautaires et la biodiversité, confirme : «La tendance en Ethiopie est toujours vers la déforestation ». (3) Même si l’intérêt pour la conservation des forêts progresse dans le pays, tendance relevée par d’autres observateurs, la motivation essentielle pourrait être formulée par un paysan éthiopien: « Je comprends que la plantation d’arbres aide à maintenir l’équilibre écologique, mais je le fais pour gagner un revenu supplémentaire afin de couvrir le coût croissant des engrais ». (3)

M.J

Le Biogaz, une alternative au bois….

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(1) Household forest values under varying management regimes in rural Ethiopia, EFD (Environment For Development) http://www.efdinitiative.org/research/projects/project-repository/household-forest-values-under-varying-management-regimes-in-rural-ethiopia

(2) Ethiopia Forest Information and Data, Mongabay http://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Ethiopia.htm

http://rainforests.mongabay.com/20ethiopia.htm

(3) L’Ethiopie est, avec le Nigeria et l’Egypte, l’un des pays les plus peuplés du continent africain.

(4) « Ethiopie: Restaurer le couvert forestier », Omer Redi , All Africa, 23-10-2010 »http://fr.allafrica.com/stories/201009230936.html

(5) Déforestation en Ethiopie, Wikipedia. http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9forestation_en_%C3%89thiopie


Publié le 31 janvier 2011 par marlene dans Afrique,déforestation
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WorldWatch Institute: une agriculture formule « locale ».

Bonjour,

Pour adoucir la faim dans le monde et freiner les effets du réchauffement climatique, problème global, il faut penser local. C’est la proposition du WorldWatch Institute, un centre de recherche basé à Washington qui articule environnement et économie. Dans son rapport annuel, « State of the World 2011 – Innovations that Nourish the Planet », l’organisation propose quelques pistes pour une nouvelle agriculture mondiale. (1) Elle invite à bousculer la relation « production-consommation », à miser sur l’école pour nourrir les enfants et éduquer de futurs agriculteurs, et incite à éviter le gaspillage. Quelques formules simples testées dans plus d’une vingtaine de pays africains, où l’agriculture est la clé du développement.

Repenser la production. Au lieu de vouloir produire plus de nourriture pour répondre à une démographie en hausse – plus de 2 milliards de personnes supplémentaires dans moins de 40 ans -, le rapport propose l’autosuffisance alimentaire. Il s’agit de revoir la relation « consommation-production », formulée à grande échelle, pour privilégier une petite agriculture locale. Sans négliger l’élevage domestique. Cette proposition, qui remet en cause les grands programmes de lutte contre la faim, mise sur une agriculture de qualité, condition d’une meilleure santé pour les consommateurs, et réputée plus douce pour l’environnement. Près d’un demi-siècle après la Révolution Verte, et 900 millions de personnes dans une situation de malnutrition, le texte invite les gouvernements, les décideurs internationaux, et les fondations à revoir leur façon d’accompagner le développement agricole. Il les incite à miser sur la qualité, plutôt que la quantité. L’école est au cœur de cette stratégie écrite pour le terrain. L’école, qui  fournit des repas aux enfants, permet de remplir les ventres au moins une fois par jour. L’école, qui éduque, enseigne la nutrition et initie à l’agriculture locale, en attendant de s’exercer dans les champs. Cette école, où l’on apprend à mieux manger en valorisant les produits locaux, a fait ses preuves dans nombre de pays africains. L’initiative « de la ferme à la cantine » marche aussi aux Etats-Unis, et en Europe. Dans un monde développé où 40% de la nourriture produite n’arrive jamais dans l’assiette, le rapport lance une chasse au gaspillage. L’avantage est clair, économiser des efforts, de l’argent, et des aliments. Et si l’on décline la leçon, il s’agit aussi d’économiser l’argent de l’aide au développement pour lui donner une chance d’atteindre sa cible, l’agriculteur africain. (1) (2)

Ce rapport s’appuie sur un travail de terrain , qui décline les solutions en fonction des contextes. Exemples. En Gambie, environ 6000 femmes sont impliquées dans la récolte d’huîtres, source de protéines bon marché. Cette activité associative, incitée par le gouvernement,  ménage la ressource et l’environnement après trente années d’une  sur- exploitation qui a laissé des traces. Source de revenus pour les femmes, l’activité cherche des financements pour se développer. A Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, capitale du Kenya, plus d’un millier de femmes entretient des « jardins verticaux », improvisés dans des sacs gonflés de terre. Cette solution,  source de nourriture pour la famille et pour la communauté, facile à mettre en place, à entretenir, est une réponse locale au défi alimentaire urbain. Un tiers des Africains vivent actuellement en ville, proportion qui devrait doubler en 2050. En Afrique du Sud et au Kenya, les éleveurs préservent un bétail local qui supporte chaleur et sécheresse, deux atouts pour supporter un climat plus extrême. En Ouganda, un programme scolaire développe la culture de légumes locaux, informe sur leurs qualités nutritionnelles, et enseigne aux enfants la façon de les cuisiner. Conserver les traditions culinaires tout en formant de futurs agriculteurs à l’autosuffisance. Sur le continent africain, où l’agriculture se compte en millions de bras, plus de 700 millions d’agriculteurs dont 15 à 25 millions d’éleveurs qui travaillent dans des contextes géo- climatiques différents, difficile de proposer une formule unique. Le rapport propose une méthodologie souple, entre agriculture traditionnelle et agriculture bio, avec des innovations techniques, des plants plus résistants au climat qui évolue, ou une irrigation plus économe en eau. Le rapport du Worldwatch Institute est une boîte à outils, destinée aux décideurs. (1) (2)

Ce rapport tomberait dans un contexte favorable, signalé par des initiatives pour combattre la pauvreté et la faim dans le monde,  le « Obama administration’s Feed the Future program” ,  le “Global Agriculture and Food Security Program” (GAFSP), le “United Nations World Food Programme” (WFP), la FAO, ou le “Comprehensive Africa Agriculture Development Programme » (CAADP). Mais cette vision de l’agriculture tombe aussi dans un contexte de crise financière. D’ailleurs, depuis les années 80 où l’agriculture absorbe plus de 16% de l’aide au développement, cette part n’a cessé de diminuer. Elle se traîne aujourd’hui autour des 4-5%.

M.J

Nourishing the planet in South Africa:

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(1) Worldwatch Institute’s State of the World 2011 Shows Agricultural Innovation Is Key to Reducing Poverty, Stabilizing Climate, by admin 12-01- 2011 –Résumé – http://www.worldwatch.org/sow11/press-release

“Nourishing the Planet” – Evaluating Environmentally Sustainable Solutions to Reduce Global Hunger and Rural Poverty, http://www.worldwatch.org/nourishingtheplanet

(2) “World hunger best cured by small-scale agriculture: report”, Nidhi Prakash, Guardian Co Uk, 13-01-2010, http://www.guardian.co.uk/environment/2011/jan/13/world-hunger-small-scale-agriculture

Et plus sur: Nourishing the Planet Blog: http://blogs.worldwatch.org/nourishingtheplanet/


Publié le 18 janvier 2011 par marlene dans Actualité,Afrique,crise alimentaire
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