Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Hippo Water Roller »: une petite idée qui roule facile.

Bonjour,

Dans certaines campagnes d’Afrique du Sud, il arrive de croiser un drôle d’animal muni d’un long cou et équipé d’un réservoir, poursuivi par une femme qui l’oblige à parcourir des pistes accidentées, ou à franchir des obstacles difficiles. Cet animal de brousse,  étrange et domestiqué,  s’appelle un Hippo Water Roller, présentation en images Sa mission, transporter de l’eau, jusqu’à 90 litres en une seule fois, pour une charge voisine de 10 kg. Soit l’équivalent de cinq seaux de 20 kg chacun, un fardeau porté sur la tête.  Il allège la sacrément la tâche des femmes habituées à parcourir plusieurs kilomètres pour se ravitailler au point d’eau le plus proche, avec souvent plusieurs aller- retours par jour. Il leur évite aussi une accumulation de seaux d’eau qui se compte en années, et qui finit par peser sur la colonne vertébrale. Malgré de gros efforts après l’Apartheid pour développer une politique de l’eau, de nombreuses régions rurales d’Afrique du Sud restent oubliées. (1) Dans les campagnes pauvres, environ 7 millions de personnes, et sans doute plus, ne disposent pas d’une source d’eau  à proximité. Ce qui signifie aussi que quelques millions de femmes et d’enfants marchent beaucoup pour rapporter l’eau nécessaire au ménage.(2) (3) Une corvée fatigante, qui ne permet pas toujours de satisfaire les besoins journaliers. C’est dans ce contexte de pénurie et d’asservissement que Pettie Petzer et Johan Joner, deux ingénieurs sud-africains, imaginent au début des années 90 une autre façon de transporter l’eau. Ils l’appellent alors « Aqua Roller ».  Le corps, fabriqué en polyéthylène, sert à la fois de roue et de réservoir. Il est surmonté d’une poignée de fer qui permet de le tirer, ou de le pousser, selon les difficultés du terrain. Poussé en territoire miné, il peut aussi sauver des vies. Cet « hippopotame » tout-terrain, évocation du « cheval du fleuve » en Grec ancien, s’est fait un nom dans le monde du design. En 1992, le «Cullinan Design Award ; en 1997 le « Design For Development Award »; et en 2005 le « Index Design To Improve Life Award ».(1) En 2010, près de 30.000 rollers ont été distribués, en Afrique du Sud surtout, mais aussi e Namibie, ou dans le Nord de la Somalie, via le PAM, le programme alimentaire mondial. Une enquête révèle que chaque roller facilite la vie de 7 personnes, plus tous ceux qui bénéficient d’une eau plus légère. Le projet est introduit par IMBUVU, « Hippo » en langue Zoulou, une organisation qui travaille à alléger la pauvreté avec des solutions simples.(4) Il est ensuite porté par INFOTECH, une entreprise spécialisée en technologies de l’information, qui reconnaît l’utilité sociale de l’invention, et collecte des fonds. Le Hyppo Water Roller, trop cher pour un paysan sud-africain, est financé par des donateurs. Aux Etats-Unis, la  Hippo Water International, une ONG, s’en charge. (1) Toujours au Etats-Unis, Emily Pilloton, designer industriel, assure la promotion du roller, via sa Fast Company. Elle en a acheté 75 pour un village d’Afrique du Sud. C’est aussi elle qui remarque les dysfonctionnements d’un marché qui ne demande pourtant qu’à grandir. Une production peu efficace, 75 rollers utilisables pour 120 fabriqués. Un coût de transport trop élevé, des roues volumineuses qui voyagent à vide. (5) Et, sur le terrain, des containers détériorés, rafistolés avec des sacs plastiques. Quelques fausses notes pour une technologie simple, qui porte une petite révolution sociale. Question de moyens.

M.J

What does an idea look like ?

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(1)Hippo Water Roller, Wikipedia. http://en.wikipedia.org/wiki/Hippo_water_roller – Hippo Water Roller Project, http://www.hipporoller.org/

(2)« In rural South Africa, ‘hippos’ carry the load -A new invention has made the difficult task of transporting water a little easier. », Nicole Itano, The Christian Science Monitor, 05-04-2002. http://www.csmonitor.com/2002/0405/p07s01-woaf.html

(3)Water supply and sanitation in South Africa, Wikipedia.http://en.wikipedia.org/wiki/Water_supply_and_sanitation_in_South_Africa

(4) “Imvubu’s  Hippo Water Roller – Facilitate Water Access in Rural African Communities”, RotoWorld, Magazine For the Rotational Moulding and Plastic Design Industries, Volume VI, Issue 1- 2010
http://www.moldingraphics.com/pdf/Hippo%20Roller.pdf

(5) Fast Company – Hippo Roller / Blog http://www.fastcompany.com/blog/alissa-walker/designerati/project-hs-hippo-roller


Publié le 7 décembre 2010 par marlene dans Afrique,eau
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« Gando Primary School »: une école communautaire.

Bonjour,

Après la « Handmade school » du Bengladesh, une autre école, nouvel exemple d’architecture « sociale » qui conjugue « durabilité » et « communautarisme ». L’histoire commence à Gando, au Burkina Faso , une bourgade de 2500 habitants située à 200 kilomètres de la capitale, Ouagadougou. Elle raconte l’itinéraire d’un enfant du village, Francis Kéré, parti étudier l’architecture en Allemagne. Quand il apprend que les murs de l’école de son enfance commencent à se lézarder, il décide d’en dessiner une nouvelle. (1) Au Burkina-Faso, pays où l’éducation reste un défi, chaque école est importante. L’UNICEF, qui rapporte une scolarisation en hausse, 60% des enfants  contre 45% en 2001-2002, incite à poursuivre l’effort.  Depuis quelques années, les Autorités développent un plan pour atteindre une fréquentation de 70%…à l’horizon 2010. (2)  En Allemagne, Francis Kéré collecte des fonds par le biais d’une association « Bricks for the Gando school », ou « Des briques pour l’école de Gando». Il reçoit le soutien du gouvernement du Burkina-Faso pour entraîner des maçons à la technique des briques de terre compressées. Ce matériau traditionnel, revalorisé car facile à fabriquer localement et à assembler, sera la base du bâtiment. Francis Kéré, qui se souvient de la chaleur insupportable de la classe de son enfance, connaît les contraintes climatiques. Il sait aussi qu’au Burkina-Faso, qui importe toute son énergie, la climatisation est un luxe. Le plan révèle trois salles de classes en alignement, continuité cassée par des espaces extérieurs couverts, ouverts sur l’espace environnant. Les sols en terre battue, les murs, les plafonds, et le toit sont conçus pour rafraîchir l’intérieur de l’école. L’édifice est coiffé d’une large tôle ondulée, destinée à protéger les murs de la chaleur et de la pluie. Un couloir d’air est aménagé entre le plafond et le toit pour favoriser la fraîcheur. Francis Kéré, encore étudiant à l’époque, termine la construction en 2001.(1) Le projet, porté par une « forte tradition de solidarité communautaire », (3) a rassemblé les gens autour d’une idée simple, construire une école pour leurs enfants. Tous les ouvriers, formés aux techniques de construction, sont originaires du village. Les Autorités locales, qui ont financé une équipe d’enseignants,  qui ont permis aux jeunes de s’initier à ces pratiques architecturales, ont joué le jeu. Des logements pour les instituteurs, extension de l’école primaire, signalent une dynamique communautaire qui fonctionne. Des plans existent  pour une librairie, une maison pour les femmes. Cette expérience a été imitée par deux villages voisins, qui ont construit leur école. En 2007, Francis Kéré réalise un établissement secondaire à Dano, une autre bourgade du Burkina-Faso. Conception architecturale similaire: dessiner en fonction du climat avec un coût de construction très serré, tirer parti des matériaux locaux, simplifier la technologie occidentale. Et même préoccupation sociale : initier les communautés à cette « architecture de brousse » pour en faire des bâtisseurs indépendants. (4)

M.J

Une réalisation exposée au MoMa. (5)

Et présentée en vidéo…

http://www.dailymotion.com/video/x9vqjp


(1) « Gando primary school », Afritecture, 18-05-2009 http://www.afritecture.org/architecture/gando-primary-school

(2) “Relever le taux de scolarisation au Burkina Faso », UNICEF/ Education Burkina-Fasohttp://www.unicef.org/bfa/french/education_1095.html

(3) Grando Primary School, Gando, Burkina Fasohttp://www.akdn.org/photos_show.asp?Sid=3

(4) World Architecture community,  http://www.worldarchitecture.org/world-architects/?worldarchitects=architectdetail&country=Burkina%20Faso&no=6555

(5) « Small Scale, Big Change: New Architectures of Social Engagement” – MoMa

October 3, 2010–January 3, 2011


Publié le 19 novembre 2010 par marlene dans Afrique,Architecure.,Développement durable
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Désertification: les ressources du Sahel.

Bonjour,

« Il n’y a plus de brousse, il n’y a plus de bêtes sauvages, les gens sont devenus nombreux, les pluies ont diminué, la terre est fatiguée ». Constat d’un paysan sahélien. (1) La désertification des terres, thème mondial de la décennie 2010-2020, met en relation « aridité » et « pauvreté ». « Le Million d’oubliés », une publication des Nations Unies, et de l’UNCCD, l’organisme qui combat la désertification, souligne que dans certaines régions le bien être des populations, l’alphabétisation des femmes et la survie des enfants, décline quand l’aridité augmente. Au Ghana, qui a  divisé par deux la grande pauvreté et la faim, très en avance sur le calendrier des Objectifs du Millénaire, des poches de misère résistent dans les régions les plus arides du pays. Mais ces paysages privés d’arbres, aux sols enfouis sous une épaisse croûte stérile, qui n’ont rien à offrir, ni aux gens, ni au bétail, sont aussi un cliché. Une étude sur le Sahel, synthèse de plusieurs projets de restauration de terres dégradées dans quatre pays, Niger, Burkina Faso, Mali, et Sénégal, révèle des paysages reverdis après plusieurs années d’efforts,  un peu de savoir-faire, et quelques moyens. (1) La désertification n’est pas toujours irréversible. On ne le dit pas assez.

Zaï, cordon pierreux, et demi-lune.

Le Sahel, vaste frange située au Sud du Sahara,  traverse l’Afrique d’Ouest en Est, du sud de la Mauritanie au sud du Soudan. Les sécheresses successives des décennies 70 et 80, combinées à une démographie galopante –  la population double tous les vingt ans en moyenne -, ont épuisé les sols. C’est pourtant dans ce contexte désolé que l’action conjuguée des gouvernements, des bailleurs de fonds, des ONG, sans oublier l’implication des agriculteurs, a contribué à reconstituer quelques oasis productifs. Au Niger, entre 1985 et 2005, plus de 250.000 hectares de terres auraient été réhabilitées. Sur le Plateau central du Burina Faso, l’étude estime que 300.000 hectares de terres ont retrouvé leur fonction nourricière. Au Sénégal, dans une région épuisée par une longue tradition de culture d’arachides, plus de 200 hectares ont été restaurés. A l’échelle d’un village. La stratégie globale de ces projets, réhabilitation de terres dégradées, optimisation de la ressource en eau, recharge des nappes phréatiques, vise à augmenter le potentiel agricole d’une population qui continue de gonfler. Des techniques, simples à développer avec quelques moyens et un suivi, répondent à chaque contexte. Au Mali et au Burkina-Faso, on a privilégié la culture Zaï. Dans un trou, au diamètre et à profondeur variables, on ajoute du compost que l’on recouvre d’une fine couche de terre après les pluies, avant d’y placer la graine. Cette pratique, qui collecte les eaux de pluies et de ruissellement, qui protège la plante des intempéries, augmente les rendements, et réactive les propriétés du sol. Les cordons pierreux, de petits murets d’une vingtaine de centimètres de haut qui longent les sillons et accompagnent les pentes du terrain, permettent de retenir l’eau. La demi-lune, autre élément de ce dispositif, dessine un demi cercle, dont le creux récupère l’eau captée par les bras de l’ouvrage. Ces techniques, et quelques autres, sont les outils de ce que Inter-réseaux Développement rural, un organisme attentif à ces réalisations, appelle : « Une révolution silencieuse de l’agriculture du Sahel ».

Multiplication d’arbres au Niger.

Au Niger, la restauration des terres dégradées et une meilleure pratique agricole ont fait grimper les rendements, avec des résultats variables selon les régions. Dans la zone de Keita, la récolte de céréales a augmenté de 20%. Les paysans rapportent que les techniques du Zaï et de la demi-lune ont permis de produire jusqu’à 4 fois plus de mil. Au Burkina Faso, la collecte des eaux a permis des rendements de 30% à 100% supérieurs, selon les techniques utilisées. Depuis les années 80, la mise en valeur des terres a favorisé les cultures maraîchères, destinées aux marchés urbains. Au Niger et  au Burkina Faso surtout, grâce à une meilleure maîtrise de l’eau. Mais aussi au Sénégal, en fixant les dunes côtières des Niayes, la région qui va de Dakar à Saint Louis, afin de protéger les cuvettes maraîchères qui représentent 80% de la production du pays. Malgré une déforestation dominante à l’échelle régionale, des espaces de reboisement sont apparus. Au Mali, où les agriculteurs ont commencé à protéger la régénération spontanée de leurs arbres, après 1994, et l’application d’une nouvelle législation. Reconnus propriétaires des arbres plantés dans leurs champs, ils en ont interdit l’accès aux bûcherons. Au Niger et au Mali, il a d’ailleurs été constaté qu’il était, à la fois, moins cher et plus efficace, d’inciter à la régénération des arbres, plutôt que d’en planter. Ce qui n’est pas forcément vrai ailleurs. Mais, enseignement de cette étude, les agriculteurs entretiennent mieux leurs arbres, quand ils en ont la responsabilité. En attendant la Grande Muraille verte , ce mur végétal qui doit relier Dakar à Djibouti pour faire barrière au désert, vaste chantier continental, chaque projet de reboisement compte. L’une des grandes réussites de la région, le développement spectaculaire des systèmes agro -forestiers du Niger. Dans certaines zones, entre 1975 et 2005, il y a quinze à vingt fois plus d’arbres. Plus de cinq millions d’hectares sont passés au vert. L’étude salue ce renouveau: « Il s’agit de la plus grande transformation de l’environnement au Sahel, sinon en Afrique.»

Ces initiatives, fragments d’un paysage exposé au changement climatique, visent à stimuler l’agriculture locale, et lutter contre la pauvreté. Il s’agit aussi de développer les villages pour freiner l’exode des jeunes vers des grandes villes, déjà saturées. Dans les zones densément peuplées, la croissance démographique, qui induit une saturation foncière, impose une limite à ces projets. Reste un arsenal de techniques, héritées des grandes sécheresses, qui permettent de s’adapter à des pluies capricieuses, des vents de poussières malvenus, ou des températures plus élevées. « Dans les débats autour de la question de l’adaptation aux changements climatiques au Sahel, il est important de ne pas réinventer la roue et de bâtir sur ces acquis. », avertissent les rédacteurs de cette étude sur le Sahel. (1)

M.J

Comabattre la désertification au Mali

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Pour fouiller le dossier:

(1) « La transformation silencieuse de l’environnement et des systèmes de production au Sahel. Impact des investissements publics et privés dans la gestion des ressources naturelles. », Edwige Botoni, Chris Reij, mai 2009. Etude soutenue par le Centre For International Cooperation (CIS), Vrije Universiteit Amsterdam, et le Comité Permanent Inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le  Sahel.

http://www.agrhymet.ne/PDF/etude%20sahel.pdf


Publié le 30 septembre 2010 par marlene dans Afrique,Agriculture.,Désertification.
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L’homme qui rêvait de blanchir la montagne.

Bonjour,

L’homme qui rêvait de blanchir la montagne s’appelle Eduardo Gold. Ce Péruvien d’une cinquantaine d’années, qui voit son glacier andin reculer d’année en année, va tenter de le reconstituer en le badigeonnant de blanc. L’idée est simple. Recouvrir les hauteurs du Chalon Sombrero, un sommet perché à  4756 mètres, d’une mixture à base de citron, de blanc d’œufs, et d’eau, pour recréer une surface blanche, et augmenter l’albedo.  Quand le soleil est réfléchi sur une surface blanche, ou claire, son énergie est renvoyée dans l’atmosphère, puis dans l’espace, sans réchauffer la surface de la terre. Ainsi, le sommet de Chalon Sombrero, recouvert de blanc, bénéficierait d’un micro- climat, plus froid, qui lui permettrait de recouvrer une partie de ses glaces. Idée loufoque selon les uns, idée géniale selon les autres, mais pourquoi ne pas essayer ?  La Banque Mondiale qui mène l’opération «  Cent idées pour sauver la planète », a retenu, parmi d’autres, le projet de ce glaciologue autodidacte. Et lui a attribué une enveloppe de 200.000 dollars pour éclairer son sommet. (1)

Le Pérou, qui concentre 70% des glaciers de l’espace tropical, est l’un des pays les plus exposés au changement climatique. Un rapport sur ses effets, publié en 2007 par Les Amis de la Terre, documenté par le GIEC (2007), rapporte un recul des glaciers plus alarmant au Pérou que dans les autres pays andins.(2) Au cours des 35 dernières années, ils auraient perdu environ le quart de leur surface. Or ces glaces, qui sont des réservoirs d’eau potable pour les communautés andines et les importantes populations côtières, qui permettent de produire de l’hydro-électricité, et qui irriguent l’agriculture, sont vitales pour le pays.(2) Les habitants de Lipaca, le village que surplombe le Chalon Sombrero, qui dépendent des eaux de son glacier, remarquent son retrait progressif depuis une bonne quinzaine d’années. Et quand moins d’eau signifie moins de pâturages, ils s’inquiètent pour leurs troupeaux, principale activité de la bourgade andine. Pour contrer les effets d’un changement de climat, également observé par des variations de température, quelques villageois, armés de gobelets remplis de cette mixture naturelle utilisée par les Anciens, blanchissent les rochers qui entourent les sommets du Chalon Sombrero pour redonner vigueur à son glacier.

Le problème, c’est qu’il a fallu deux semaines pour couvrir deux hectares. Et qu’il en faudra encore beaucoup pour badigeonner les 70 hectares environnants, à moins d’y employer tout le village. C’est peut-être ici, confinée sur ce petit bout de territoire andin qui lui a donné naissance, que l’idée révèle ses limites. Thomas Condom, glaciologue français impliqué depuis une quinzaine d’année dans l’évolution de ces glaciers tropicaux, interrogé par BBC News, contextualise l’idée d’Eduardo Gold : « L’impact sera nécessairement local, il ne renversera pas ou ne stoppera pas un phénomène observé à l’échelle d’une région entière. Il serait très difficile de reproduire l’expérience à grande échelle dans les Andes. » (1)

L’histoire, en vidéo

M.J

(1) Can painting a mountain restore a glacier?, By Dan Collyns
BBC News, Ayacucho, 17-06-2010.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/world/latin_america/10333304.stm

(2) « Climate Testimonies », Les Amis de la Terre International, Novembre 2007, Pérou, p 24 à 27. http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimonies/


Publié le 1 juillet 2010 par marlene dans Afrique,Climat,Comprendre,Développement durable,eau,Non classé,Préjudice écologique,Urbanisation
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Le Nil, une ressource disputée.

Bonjour,

Sept pays d’Afrique orientale souhaiteraient profiter des eaux du Nil pour se développer. Réunis mi-mai à Entebbe, en Ouganda, L’Ethiopie, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, la République démocratique du Congo, le Rwanda,  et le Burundi, réclament un partage plus équitable des eaux du fleuve. L’Egypte et le Soudan, déserts irrigués par le Nil, rejettent un  processus qui remettrait en cause un accès historique privilégié au plus long fleuve d’Afrique.

Un Nord arrosé, un Sud aride.

Le Nil, qui a porté l’Islam sur le continent africain, et qui bien plus tard, a permis à l’Angleterre de repousser les frontières de son Empire colonial sur les marges orientales, s’étend sur plus de 6800 km. C’est l’un des plus longs fleuves du monde. Son bassin, qui occupe plus de 3 millions de km², environ 10% du continent africain. Il traverse dix pays :le Burundi, la République démocratique du Congo, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, l’Ouganda et la Tanzanie. Le fleuve naît à Khartoum, de la confluence du Nil Blanc, venu du Lac Victoria – partagé par l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie – et du Nil Bleu,  qui prend sa source dans le Lac Tana, dans les hauts – plateaux éthiopiens.  C’est aussi le Nil Bleu qui contribue à 70% du débit annuel du fleuve. D’ailleurs, le Nil est principalement alimenté par les pays situés en amont, sur un territoire qui couvre 20% seulement de son bassin. Puis il s’écoule vers un nord plus aride, où l’apport en eau est minimal, et l’évaporation intense. Cette différenciation Nord-Sud, un Sud qui nourrit le fleuve et un nord aride, est soulignée par le régime des pluies. Les pluies tropicales abondantes de la région des Grands Lacs et du sud-ouest éthiopien contrastent avec les faibles précipitations relevées en Egypte et au Soudan. Il tombe entre 900 et 1500-1900 mm de pluies par an au Burundi, au Congo, et au Rwanda. La moyenne égyptienne hésite entre zéro et 120 mm par an. Celle du Soudan part aussi de zéro, mais peut grimper à1610 annuels.  Autre différence, le Nil n’a pas la même importance pour tous les pays qui partagent son bassin. En République démocratique du Congo, le fleuve ne représente qu’une petite part des ressources totales du pays. A l’opposé, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan, et l’Egypte dépendent du Nil pour leur approvisionnement. Au Burundi et au Rwanda, l’eau se renouvelle à l’intérieur des frontières. En Egypte et au Soudan, l’eau provient surtout de l’extérieur. (1) C’est sans doute pourquoi ces deux grands pays, désertiques et dépendants, défendent un accès privilégié au Nil, accordé par le colonisateur britannique en 1929.

Développement et démographies.

Le traité de 1959, qui prolonge et modifie celui de 1929, sert les projections égyptiennes. Le texte de 1959 alloue 75,7% du débit du Nil, 55,5 milliards de m3, à l’Egypte. Le Soudan, qui réclamait plus, obtient 24,3%, 18,5 milliards de m3. De plus, le Caire dispose d’un droit de veto sur les aménagements susceptibles de réduire le débit du fleuve. Les pays situés en amont ont toujours contesté la validité d’un traité pour lequel ils n’ont pas été consultés, Ethiopie en tête. (2)L’Ethiopie, en crise avec l’Egypte depuis la Seconde Guerre mondiale, prétend que la contribution de son territoire aux eaux du Nil – plus des deux tiers du débit exploité par l’Egypte et le Soudan – devrait lui autoriser un  meilleur accès. Les pays situés en amont,  où la démographie explose et les forêts reculent, comptent aujourd’hui sur le Nil pour développer des projets d’irrigation, et construire des barrages hydro-électriques. (3)  L’Ethiopie ambitionne déjà d’exporter de l’électricité. En aval, l’Egypte plus développée, est également confrontée à une démographie galopante. Sa population de 80 millions d’habitants, qui pourrait doubler d’ici le milieu du siècle, manquera d’eau. (4)

M.J

Nil / Population / UNEP

(1) « Water sharing in the Nile River Valley», Diana Rizzolio, UNEP/DEWA/GRID-Geneva-DR-January-June 1999- January-June 2000 http://www.grid.unep.ch/activities/sustainable/nile/nilereport.pdf

(2) » Les enjeux actuels du partage du Nil entre craintes égyptiennes et rancœur éthiopienne », Frédéric Lasserre, Département de Géographie, Université de Laval, 2003, http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2003/lasserre2/article.htm

(3) « Région des Grands Lacs africains : collapse Nature-société pronostique. »Alain Cazenave-Piarrot. [email protected]

Publié le lundi 8 février 2010

http://geographica.danslamarge.com/REGION-DES-GRANDS-LACS-AFRICAINS.html

(4) « Démographie Egypte : un défi majeur », GéoPopulation, Informations, données, classements, statistiques et cartes sur les pays du monde

http://www.geopopulation.com/20080610/demographie-egypte-defi-majeur/


Publié le 25 mai 2010 par marlene dans Afrique,Developpement,eau,Préjudice écologique,Urbanisation

« La laiterie du Berger », la petite entreprise de « Baba ».

Bonjour,

“ La laiterie du Berger” est une petite entreprise familiale qui a réussi le pari d’exister au Sénégal, un pays où le négoce du lait est compliqué, un pays qui importe plus de la moitié de sa consommation. Ce petit projet de développement, économique et humain, porte peut-être l’espoir, même lointain, d’une vraie production nationale.

Production locale, packaging européen.

« La particularité de la Laiterie du Berger est qu’elle achète son lait sur place, auprès des éleveurs locaux alors que les autres travaillent à partir de lait en poudre importé. », explique Bagoré Bathily, le directeur, sur le site de l’Agence française de Développement (AFD), partenaire financier du projet. (1) Le lait frais est collecté, matin et soir, dans le village de Ronkh, près de Richard Toll, dans le Nord du Sénégal, à la frontière de la Mauritanie. Une politique d’insémination a dopé la production. Mais, l’une des prouesses du projet a sans doute été d’impliquer des éleveurs peuhls, semi-nomades, habitués à un petit élevage transhumant, dans une collecte de lait efficace. La transformation, lait frais pasteurisé, lait caillé, ou yaourt, est réalisée dans une usine située à proximité. Suivi vétérinaire des bêtes, collecte sous contrôle, ou conditionnement des produits, la chaîne de l’hygiène est respectée. La production, packaging européanisé, est ensuite acheminée vers Dakar, une métropole habituée au lait en poudre importé de France et de l’Union européenne, consommé en boisson diluée et en yaourt. Faute de pouvoir bousculer les habitudes alimentaires de tous les Dakarois, question d’échelle et question de prix, la Laiterie du Berger satisfait une clientèle plutôt aisée, soucieuse de consommer local. L’entreprise, qui peut transformer jusqu’à 10.000 litres de lait frais par jour, emploie une cinquantaine de personnes, et implique 600 éleveurs, chiffres de l’AFD. L’élevage, envisagé comme une épargne, un vache c’est de l’argent, ou signe de prestige social, est aussi devenu source de revenus : « Avant, j’étais obligé de vendre mes vaches pour subvenir à mes besoins. Aujourd’hui, c’est la vente du lait qui me le permet. » (1) L’histoire de cette petite laiterie industrielle raconte qu’il est possible de tirer parti de l’élevage local pour réduire la dépendance alimentaire.

Elevage dispersé.

Avec plus de trois millions de têtes de bétail, chiffres de 2005, l’élevage sénégalais affiche un potentiel. (2) La production locale, estimée autour des 120 millions de litres de lait par an, un peu moins du tiers de la consommation actuelle, empêchée par contraintes géographiques, climatiques, ou culturelles, pourrait sans doute faire mieux. .(3) Dans une communication sur le sujet, Awa Diallo – à la tête d’une structure qui regroupe 20.000 femmes engagées dans l’élevage, le DINFEL – liste les difficultés d’une filière locale, essentiellement nourrie par un élevage extensif basé sur la transhumance. Au Sénégal, la production est faible, irrégulière car tributaire des saisons et des pâturages. Les troupeaux sont éclatés dans la zone sylvo-pastorale du Nord-Est, le Ferlo, dans le Bassin arachidier, et au Sud. Ils sont éparpillés au gré des villages, des campements d’éleveurs, ou séparés par la transhumance. Le lait est difficilement collecté au bout de routes pas toujours praticables. Autre contrainte, le climat, qui altère vite une production qui manque de camions frigorifiques. Et handicap de taille, un bétail génétiquement peu performant pour le lait. Même si le secteur se modernise, la Zone des Niayes où de petites entreprises visent le marché dakarois, quelques villages du bassin arachidier orientés vers un élevage plus intensif et la sélection des bêtes, une filière de lait reste à mettre en place à l’échelle nationale. Quelques précurseurs ont essayé, l’Union des Coopératives de Saint Louis dans les années 70, le GIE Coplait des Niayes dans les années 80, ou plus récemment, Nestlé, implanté dans la zone sylvo-pastorale, avec une dizaine de centres de collecte équipés de réservoirs et de frigos. Mais, faute d’une production suffisante et régulière, ou vaincus par la concurrence de la poudre de lait importé, tous ont jeté l’éponge.(4)

Politique fiscale, ou insémination.

En 2008, c’est la crise alimentaire. L’envolée du prix du lait importé fait naître quelques espoirs chez les professionnels sénégalais. La production locale, débarrassée de sa concurrente étrangère pourrait, enfin, devenir compétitive Avec un petit coup de pouce de l’Etat. Manque de chance, le gouvernement sénégalais détaxe les importations, cadeau fait au lobby laitier, mais condition d’un lait accessible au plus grand nombre dans les boutiques de quartiers. Entre 2008 et 2010, la facture de produits laitiers achetés en Europe hésite entre 40 et 50 milliards de CFA, soit 60 à 80 millions d’Euros.(3)(5). Pendant ce temps, les taxes continuent de plomber les laiteries locales. Un article publié par Le soir de Bamako, daté de novembre 2008, détaille les amertumes de la filière sénégalaise. (3) S’il est question des charges infligées aux petits industriels locaux, handicap pour développer la filière, il est aussi question d’espoir et d’indépendance alimentaire. « Nous sommes en mesure de couvrir, en moins de dix ans, les besoins du pays en lait, si la volonté politique se manifeste. », optimise Bagoré Bathily. « Moins de dix ans », espoir repris par Awa Diallo, la Présidente du DINFEL, qui attend que le gouvernement « mette en place un véritable programme de développement laitier ». Côté gouvernement, Malick Faye, alors Directeur au Ministère de l’élevage, partage aussi cet espoir, « une dizaine d’années »…« si le rythme actuel de l’insémination artificielle suit son cours, la facture des importations de lait devrait progressivement connaître une forte baisse, sans même l’intervention de l’Etat. »  Heureusement, Bagoré Bathily, entrepreneur, endetté, est aussi vétérinaire.

M.J

« Baba » évoque son projet….

http://www.dailymotion.com/video/x9j1p3

(1) « La laiterie du Berger : Appuyer une PME et développer la production locale de lait. » Agence française de Développement, http://www.afd.fr/jahia/Jahia/lang/fr/home/Portail-Projets/pid/11101

(2) «Aperçu de l’agriculture sénégalaise », http://www.au-senegal.com/L-agriculture-senegalaise.html

(3) « Importations de lait au Sénégal : Les producteurs nationaux “boivent la tasse », Oumar Diawara, Le Soir de Bamako, 21-11-2008. http://www.malijet.com/actualite_economique_du_mali/importation_de_lait_au_senegal_les_producteurs_nationaux_boivent.html

(4) « La filière lait au Sénégal : enjeux et perspectives »- Communication présentée par Madame Awa Diallo, Présidente du Directoire National des femmes en élevage du Sénégal à l’occasion de la Table Ronde de New Delhi sur le lait., 4-08-2009- Document WORD.

(5) Sénégal-business. Production laitière: une politique nationale pour réduire les importations. http://senegal-business.com/2010/04/production-laitiere-une-politique-nationale-pour-reduire-les-importations/


Publié le 7 avril 2010 par marlene dans Afrique,Agriculture.,crise alimentaire
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Une déforestation surestimée ? L’exemple de l’Afrique de l’Ouest.

Bonjour,

Le dernier blog évoquait la déforestation en Afrique. L’Ouest du continent serait particulièrement touché. Les populations, en quête de combustible pour la cuisine, accessible et bon marché, ou de terres agricoles pour se nourrir, n’épargneraient guère l’environnement forestier. Si les méthodes actuelles d’observation permettent de caractériser les formes et le rythme de la disparition des forêts dans la sous – région, deux chercheurs britanniques remettent en question les évaluations antérieures. Une relecture intéressante.

Dans un article qui synthétise une recherche plus documentée en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, au Libéria, au Ghana, au Togo et au Bénin, James Fairhead et Melissa Leach affirment : «  la thèse que nous soutenons est que les estimations récentes ont considérablement exagéré l’ampleur du déclin des forêts depuis 1900. La surface perdue au cours de cette période atteint vraisemblablement un tiers seulement des chiffres qui circulent actuellement dans les études scientifiques internationales. » Si les estimations de la dernière décennie, servies par de nombreuses  sources d’informations, dont la télédétection, sont fiables,  les évaluations antérieures le seraient moins. Selon James Fairhead et Melissa Leach, l’historique du couvert forestier n’aurait pas été assez fouillé. Nombre d’auteurs seraient partis de suppositions sur la nature et l’étendue de la forêt dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest. L’analyse serait encore contrariée par un problème de définition de la forêt, qui peut faire varier l’étendue des surfaces altérées.  Elles peuvent être constituées par un «couvert végétal dominé par des arbres, sans sous- étage d’herbe ou de végétation adventice et n’ayant pas été cultivé récemment», où s’étendre au gré d’une nouvelle définition. Ce qui complique les comparaisons historiques, et fausse l’évolution de la déforestation. D’autre part, il serait probable que ces estimations soient parties de forêts très étendues dans les années 1900-1920, car moins soumises aux pressions des populations agricoles. Ce point de départ, faisant référence à un couvert forestier optimal et exceptionnel,  amplifierait encore l’ampleur du déboisement au cours du siècle. Les chercheurs britanniques, qui ont concentré leur étude sur l’Afrique de l’Ouest, s’inquiètent d’une surévaluation généralisée de la déforestation, estimée avec les mêmes méthodes. Cette lecture erronée de l’utilisation des forêts brouille l’histoire des fluctuations climatiques antérieures, et celle d’une mise en valeur des terres adaptée à ces changements : « En Afrique de l’Ouest en particulier, ceux qui ont soutenu la thèse du déboisement continu et irréversible ont totalement occulté l’expansion considérable de la zone sous forêt qui semble s’être vérifiée au cours des siècles récents. » Cette surestimation de la déforestation déforme les « modèles climatiques régionaux et mondiaux ». Elle interprète encore l’histoire compliquée de la répartition des terres, et celle d’une agriculture traditionnelle qui a valorisé son environnement. Enfin, et surtout, « l’exagération des taux de déboisement ont souvent injustement soutenu des politiques environnementales draconiennes qui appauvrissent encore plus les populations dans une région déjà défavorisée. »

Cet article intitulé « Réexamen de l’étendue de la déforestation en Afrique de l’Ouest au XXe siècle », par J. Fairhead et M. Leach, est paru dans la revue Unasylva, No: 192, 1998   W7126/F. Il est mis en ligne par la FAO http://www.fao.org/docrep/w7126f/w7126f06.htm

M.J


Publié le 21 janvier 2010 par marlene dans Afrique,déforestation
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Déforestation: la FAO relève des percées dans les forêts d’Afrique.

Bonjour,

La presse africaine titre sur la déforestation du continent. (1) Plus de quatre millions d’hectares de forêts auraient disparu chaque année entre 2000 et 2005, précise la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture qui vient de mettre en ligne son rapport annuel : « Situation des forêts du monde en 2009 ». Les forêts africaines couvrent 645 millions d’hectares, environ le tiers de la superficie du continent. Au centre, le massif du Bassin du Congo constitue le second poumon de la planète. Partout, la petite agriculture, la multiplication des cultures itinérantes qui grignotent plus souvent des fronts intacts, font  reculer la forêt. Le développement de cultures industrielles, qui a besoin d’espace, pourrait devenir le principal ennemi du couvert forestier. La demande en combustibles, bois et charbon de bois, nourrit encore la déforestation d’un continent en développement, où l’énergie est chère. Le rapport met en relation la forêt et les pressions conjuguées qui se développent sur le continent Africain. La population, en passe de dépasser le milliard. L’urbanisation, dans 10 ans près de la moitié des Africains vivra en ville. Et la pauvreté, aggravée par la démographie, mais soulagée par une agriculture qui gagne sur la forêt. Le rapport prédit qu’en Afrique du Nord, de meilleures conditions d’existence laisseront une chance aux arbres, et favoriseront peut-être le reboisement. En Afrique de l’Est et en Afrique Australe, les densités de populations devraient encore faire reculer la forêt. En Afrique de l’Ouest « la poussée croissante et rapide de la demande de bois de feu en milieu urbain et l’augmentation de la demande de terres agricoles tendront à se traduire par une perte continue du couvert forestier ». (2) Selon l’Atlas de l’Intégration régionale en Afrique de l’Ouest, les forêts de la sous- région seraient particulièrement malmenées. Entre 1990 et 2005, la déforestation aurait avalé 1,2 millions d’hectares par an: « Cette diminution s’est traduite par une fragmentation du couvert, notamment dans la zone humide : passage d’une forêt fermée à une forêt ouverte puis à des espaces boisés. Selon les estimations de la FAO, plus de 10 % des forêts fermées ont été transformées en forêts ouvertes entre 1980 et 2000 et entre 3 et 7 % des forêts fragmentées sont devenues des espaces boisés au cours de cette même période. » (3). En matière de déforestation, s’il est question de superficie, il est aussi question de définition. Prochain blog.

M.J

(1) Afrique: « L’Afrique a perdu 4 millions d’hectares de forêts par an entre 2000 et 2005 (FAO) », Agence de Presse Sénégalaise (Dakar) 6 -01-2010, http://fr.allafrica.com/stories/201001070239.html -« Congo-Brazzaville: Des forêts artificielles détruites non loin des villes. »Arsène Séverin, IPS, 8-01-2010 http://fr.allafrica.com/stories/201001080530.html

(2) »Situation des forêts du monde 2009″-Accès rapport FAO – Format PDF http://www.fao.org/docrep/011/i0350f/i0350f00.HTM

(3) Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Les évolutions du milieu : dynamiques foncières. http://www.atlas-ouestafrique.org/spip.php?article159


Publié le 19 janvier 2010 par marlene dans Afrique,déforestation
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Opération « pluies » au Mali

Bonjour,

Opération  «pluies » pour soulager le Mali de la sécheresse. Comme beaucoup de pays d’Afrique, le Mali envoie des avions pour ensemencer les nuages, et redonner un peu de vie à ses cultures qui se désolent sur des sols arides. Une histoire qui remonte aux sécheresses des années 1970. Depuis, les pluies ont diminué de 20% sur ce territoire d’Afrique sub-saharienne. Les saisons sans pluie sont devenues plus longues, les nappes souterraines se sont épuisées. Ce changement de régime météo, qui bouleverse le rythme des cultures, affecte les agriculteurs qui ne savent plus trop bien quand commencer à planter, faute de précipitations assurées. A Ségou, Mopti, ou Koulikoro, dans le Delta Intérieur du Fleuve Niger, une zone semi-aride grignotée par le désert et en partie privée des eaux d’un fleuve moins généreux,  le calendrier des pluies est particulièrement important pour les réserves en nourriture. En attendant ces précipitations, qui ne viendront peut-être pas, le gouvernement du Mali a programmé quelques vols d’ensemencements pour titiller les nuages. Cette technologie, née aux Etats-Unis, vise à déverser dans le nuage des sels d’iodure d’argent, ou du chlorure de sodium, pour agglomérer les gouttelettes d’eau. Plus lourdes, elles finissent par tomber. Mi-octobre, des avions se sont envolés pour faire tomber la pluie dans les régions de Ségou, Mopti, et Kelikouro. (1) Cette intervention, appelée « Opération Sanji », a été lancée au cours de l’été 2006.

Programme « Sanji »

Depuis 2005, Bamako développe le  programme « Sanji » pour ensemencer les nuages sur l’ensemble du territoire malien. Il est prévu pour cinq ans. Il se double de « l’opération Sanji », une initiative de 14 mois pour arroser les zones de Mopti, de Ségou, de Kayes, et de Koulikoro, régions céréalières tributaires des pluies. Après plusieurs séries d’interventions, les résultats seraient encourageants. Les précipitations provoquées dans cette partie du Delta Intérieur du Niger auraient  permis d’allonger la saison de maturation des cultures, ce qui aurait dopé les récoltes. Les productions de millet, de sorgho, d’arachide, et de coton, auraient augmenté de 50%. (1) Au Mali, où 4% des terres seulement sont irriguées – données de la FAO – on compte désormais sur les avions pour stimuler l’agriculture locale. Depuis 2007, plus de 300 vols d’ensemencement ont été organisés. En septembre dernier, le Mali a acheté deux nouveaux appareils pour un montant de 7,4 milliards de Fcfa. C’est à dire beaucoup d’argent.  Entre 2006 et 2010, le Mali doit consacrer plus de 30 millions de dollars, conseillers américain et fonds propres, à ce programme de pluies artificielles. (1) Quand on sait – données de la FAO – que la terre profite de moins de 30% des apports en eau – le reste se perd par évaporation, par ruissellement, ou par infiltration – cela s’appelle voler au secours de son agriculture.

M.J.

(1) « Afrique: De la neige artificielle dans le désert pour stimuler la pluie », 15 Octobre 2009

http://fr.allafrica.com/stories/200910160551.html

(2) Revue de Pressedu 14 au 25 août 2006 , « Pluies artifielles : Le Mali, depuis le 24 juillet dernier, a lancé le programme « opération Sanji »… http://www.afribone.com/article.php3?id_article=4325


Publié le 21 octobre 2009 par marlene dans Afrique,Climat,Désertification.
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L’Afrique, piège à carbone ?

Bonjour,

Ouagadougou vient d’accueillir le Forum mondial sur le développement durable. Au menu de cette rencontre dans la capitale du Burkina Faso, « le changement climatique : quelles opportunités pour un développement durable ? ». L’Afrique, continent prétendu « le moins pollueur » et le plus exposé aux excès du climat, prépare Copenhague. Lors de cette prochaine cette rencontre internationale qui décidera d’un nouveau Kyoto, l’Afrique parlera d’une seule voix pour rappeler le principe du « pollueur-payeur ». En attendant, un organisme s’intéresse au bilan carbone du continent…

Revendications africaines.

A Ouagadougou, six dirigeants africains, emmenés par Jean Ping, le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA), ont décidé d’une position commune pour défendre les intérêts du continent à Copenhague. (1) L’Afrique souhaite des compensations pour les catastrophes naturelles causées par la crise climatique – même si cette relation n’est pas toujours facile à établir. Elle demande aux gros pollueurs de la planète de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40% – par rapport à 1990 – d’ici à 10 ans. Elle veut que les pays industrialisés l’aident  à s’adapter aux changements climatiques, notamment grâce aux transferts de technologie. Elle réclame encore des fonds pour faire face à un changement de climat, et d’environnement, qui ne manqueront pas de s’articuler à la pauvreté. Même si le Ministre de l’Environnement du Burkina-Faso, Salifou Sawadogo, chiffre les besoins du continent à 44 milliards d’Euros, le montant de l’aide  reste difficile à évaluer.( 2) D’autre part, l’Afrique, tenue à l’écart du Mécanisme de Développement Propre (MDP) , aimerait bien en bénéficier davantage. (3) Jean Ping, qui s’exprime au nom des dirigeants africains, espère que les pays industrialisés proposeront un nouveau fonds international pour aider les pays pauvres. (2)

Les mystères du carbone africain.

Argument qui porte les revendications, l’Afrique serait un « petit pollueur ». A l’échelle planétaire, l’Afrique n’émettrait que 2% des GES, et un peu moins de 4% selon d’autres sources. (4)(5) Avec ses trente millions d’habitants, l’Etat du Texas, aux Etats-Unis, produirait plus de GES que le milliard d’Africains. (2) Estimations difficiles à apprécier. De son côté, CarboAfrica tente de percer les mystères du carbone sur le continent, au fil de ses écosystèmes, forêts, savanes, ou déserts. CarboAfrica est un organisme composé d’une quinzaine de structures de recherche, qui mélange l’Afrique et l’Europe, et associe la FAO. Il mesure les émissions de GES de l’Afrique sub-saharienne, et tente d’identifier leurs sources. Après quelques études de terrain, CarboAfrica précise que les émissions de GES de l’Afrique ne seraient  pas dues aux carburants fossiles – moins de 4% du total -, mais proviendraient de sources naturelles. La déforestation participerait à 17% des émissions de carbone du continent. Les incendies en provoqueraient 40%. Autre piste, l’Afrique influencerait considérablement les variations de CO² dans l’atmosphère, selon les saisons et les années. De fait, l’Afrique jouerait un rôle important dans le système climatique mondial. Mais plus étonnant, son bilan carbone. Ses étendues de forêts et de savanes, qui capturent le carbone par photosynthèse, joueraient un rôle plus important que la déforestation et les incendies de forêts, qui eux, en libèrent. Le continent africain, qui serait un piège à carbone, contribuerait  à atténuer les effets du réchauffement climatique. En attendant des conclusions plus documentées, enquête sur le terrain… (6)

M.J

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(1)Présidents du Bénin, du Burkina-Faso, de la République centrafricaine, du Congo, du Mali, et du Togo.

(2) « Africa wants polluters to pay for climate change”, AFP, 12-10-2009 http://www.kbc.co.ke/story.asp?ID=60364

(3) MDP: Mécanisme du Protocole de Kyoto qui permet à un pays industrialisé de financer un projet dans un pays en développement, afin de l’aider à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce projet – reforestation, énergies renouvelables….- doit l’engager sur la voie d’un « développement propre ». En contre – partie, le pays investisseur bénéficie de crédits d’émissions qui l’aident à tenir ses engagements chiffrés de réduction de GES.

(4) « L’Afrique émet 2% de GES au niveau mondial « , Observatoire du Sahara et du Sahel, http://www.oss-online.org/index.php/fr/global-world/global-world/l-afrique-emet-2-de-ges-au-niveau-mondial.html

(5) « Afrique: Djibo Kâ se prononce sur le Sommet de Copenhague – ‘L’Afrique va parler d’une seule et unique voix », Mamadou Sarr, Walfadjiri, 14-102009 http://fr.allafrica.com/stories/200910140698.html,

(6) « Le rôle de l’Afrique dans la réduction des gaz à effet de serre », FAO, 25-11-2008 http://www.fao.org/news/story/fr/item/8664/icode/


Publié le 16 octobre 2009 par marlene dans Afrique,Climat,Copenhague
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