Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Appropriate Proportion »

Bonjour,

Sur l’île de Naoshima, dans la Mer Intérieure du Japon, Hiroshi Sugimoto, photographe et architecte japonais, a imaginé et reconstruit un petit temple Shinto , le Go-Ho Shrine. Ce sanctuaire s’intègre dans le Art House Project, un projet artistique de rénovation de l’habitat ancien lancé en 1998. Depuis le début des années 90,  Naoshima est offerte à un ensemble de projets d’art contemporain installés pour réveiller l’une des îles endormies  de la Mer de Seto. Et y attirer des visiteurs. Invité à recréer l’atmosphère particulière d’un temple de la période Muromachi (1358 -1573), quand les Shoguns de la famille Ashikaga installaient un gouvernement militaire à Kyoto, Hiroshi Sugimoto découvre une structure très dégradée par le temps. Il veut lui redonner vie sans reproduire tout à fait la typologie architecturale des sanctuaires Shinto. Il s’intéresse à une période antérieure aux premiers temples, quand la foi animiste s’exprime dans un coin de nature doté d’une atmosphère particulière, à proximité d’un arbre géant, d’une chute d’eau, ou d’un rocher. Selon l’histoire sacrée, les divinités ne s’y manifestent que lorsque les humains ont purifié le lieu, afin de les y accueillir. Hiroshi Sugimoto imagine le Go-Ho Shrine à partir d’un immense rocher, fréquenté par un kami local. Les environs de Naoshima comptent un grand nombre de carrières, certaines exploitées depuis le Moyen Âge.  Le rocher de Sugimoto, fragment d’un bloc plus important, pèse 24 tonnes et révèle une petite empreinte humaine. Il faut l’acheminer sur le site de Go-Ho Shrine, pour en composer la structure. Le temple s’articule autour de trois éléments, le hall des prières, le sanctuaire principal, et la chambre rocheuse, souterraine. Depuis cette chambre, un passage tapissé de bétons’ouvre sur le paysage environnant, avec vue sur la mer en quittant le temple. La composition architecturale est traversée d’un escalier de verre posé sur linteau de roche, un « escalier de lumière » qui relie l’espace terrestre à l’espace céleste. L’oeuvre, livrée en 2002, s’intitule « Appropriate proportion ».

M.J

Naoshima, salle d’art contemporain…

 

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Hiroshi Sugimoto / Official Website http://www.sugimotohiroshi.com/

Hiroshi Sugimoto, Kerry Brougher and Pia Müller-Tamm, Catague designed by Takaaki Matsumoto, ed. Hatje Cantz, 2010 – “Appropriate Proportion”, 2002, p254 à 271.


Publié le 28 mai 2012 par marlene dans Architecure.,Japon
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Mike Reynolds dessine des îles au Nouveau Mexique.

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Bonjour,

Imaginez une maison conçue comme une île plantée en plein désert du Nouveau Mexique , un habitat qui produit électricité, chauffage, et eau, avec la possibilité d’un jardin. Le « Hybrid Earthship », vaisseau terrestre amarré dans la petite ville de Taos, est l’œuvre de Mike Reynolds, précurseur malmené de bâtiments autosuffisants, assemblés avec des matériaux de récupération, et faits pour durer. Le premier « Earthship », construit au Nouveau Mexique en 1988, est toujours là.

Une architecture libérée des réseaux.

Reynolds, c’est l’homme  à la moto sur la vidéo, un pionnier de la récup, formé à l’architecture à la fin des années 60. En 1972, il réalise la « Thumb House », une maison aux murs assemblés de canettes de bière en aluminium, maintenus par des joints de mortier. Environnementaliste avant l’heure, il cultive son jardin au Nouveau Mexique, où il conçoit le « Earthship », première version d’une architecture libérée des réseaux, eau, électricité, eaux usées. Imaginé dans une logique de survie, pas besoin d’aller faire ses courses ailleurs,  le site peut nourrir une famille de quatre personnes. Pendant 25 ans, Reynolds multiplie les constructions indépendantes, créant une communauté qui refuse le rêve américain, version pavillonnaire. Mais ce « Home Sweet Home », qui séduit une clientèle de radicaux écolos, ne colle pas aux normes de construction édictées par l’architecture officielle. Engagé contre une administration qui tarde à assouplir les normes du bâtiment, Reynolds renonce à son métier en 1990. En 1997, les communautés édifiées sur le principe d’une indépendance énergétique sont fermées. Reynolds doute, déprime, puis s’exile aux Iles Nicobar, dévastées par le tsunami. Il sait construire  en milieu hostile, il aide les populations à se reloger. Dans l’Océan indien, la « Earthship », bricolée avec des matériaux de fortune, devient habitat subtropical. En 2007, auréolé par son engagement humanitaire, Reynolds récupère sa licence d’architecte. Enfin, la législation du Nouveau Mexique s’ajuste aux règles d’une architecture plus durable. Les temps ont changé, la crise climatique plaide pour un habitat éco- responsable.

« Biotecture »

La “Hybrid Earthship”, fantaisie en partie enterrée dans le désert du Mexique et ouverte au soleil, exprime cette architecture qui se combine à la biologie pour forger le concept de « biotecture », production de la Maison Reynolds. Le modèle, qui s’adapte à d’autres tropiques, obéit à quelques principes. L’électricité, le chauffage, la climatisation  sont d’origine solaire ou éolienne. L’eau est récupérée. Des cellules végétales permettent de traiter les rejets.  Les eaux sont recyclées, sauf pour la consommation,  filtrage renforcé pour les toilettes. Et, conception insulaire, production de nourriture sur le site. Côté construction, c’est du béton.  Des murs porteurs  faits de briques circulaires à armature métallique, fabriqués avec des pneus recyclés remplis de terre. Des cloisons internes plus fantaisistes, qui mêlent boites d’aluminium, bouteilles de verre , et plastiques. Cet habitat autosuffisant, conçu avec des matériaux naturels ou recyclés, est aujourd’hui complètement dans l’air du temps. Son concepteur n’est plus en dissidence depuis longtemps. En 2006, Mike Reynolds est consacré « Eco-hero » par le New York Times. En 2007, un documentaire, « Garbage Warrior , ou le « Guerrier des poubelles », éclaire la vie et l’œuvre de l’architecte. Quelques centaines d’Earthships construits au Nouveau Mexique, dont le « Phoenix », l’une des dernières conceptions, quelques échantillons disséminés en Europe, Angleterre, Ecosse, France, et quelques projets pensés pour le continent africain. Pour coller un peu plus à une époque qui a vu basculer une partie de la société américaine dans la dette immobilière, Reynolds veut des maisons abordables. Sans facture d’électricité, sans facture d’eau, et sans crédit, ou presque.

M.J

Video, version longue …

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Sources :

« GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Michael Reynolds”, “Hybrid Earthship”, Taos, New Mexico, USA, 2003,  pp 300-304

Earthship/ site: http://earthship.com/

Wikipedia / Mike Reynolds Architect http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Mike_Reynolds_%28architect%29&printable=yes

Wikipedia / Earthship http://en.wikipedia.org/wiki/Earthship

“Living Outside the Box: Michael Reynolds and Earthships”, Melissa Baldridge, Greenspot, http://greenspotglobal.com/blog/?p=62

“Book Review: Michael Reynold’s Earthship” , Sarah Ganly, The Examiner, 28-08-2010 http://www.examiner.com/green-living-in-new-york/book-review-michael-reynold-s-earthship


Publié le 26 janvier 2011 par marlene dans Architecure.,Développement durable,energies alternatives
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« UFO houses », une cité balnéaire fantôme.

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Bonjour,

Les maisons UFO de San Zhi ont été dessinées par Matti Suuronen, un architecte danois qui, porté par l’optimisme de la fin des années 60, imagine des bungalows de vacances légers, lumineux, composés de matériaux bon marché, prêts à poser aux quatre coins du globe. Tente ans plus tard, ces modules aux allures de soucoupe volante n’ont sans doute pas résisté à la valse des démolisseuses, dépêchées par le gouvernement de Taïwan en janvier 2009. Dommage pour ces maisons de vacances en béton, en plastique, et en couleur,  situées sur la côte septentrionale, au Nord de la ville de Taïpei. Ce complexe hôtelier, destiné à accueillir les officiers de l’armée américaine en poste en Asie du Sud-Est, n’aura connu que fantômes et photographes. La construction commence en 1978. Deux ans plus tard, la société Hung Kuo, propriétaire des terrains et maître d’œuvre, connaît des difficultés financières. Le projet est abandonné. Les ennuis d’argent n’expliquent pas tout. De nombreux accidents de la route, mortels, se produisent à proximité du chantier. La rumeur interprète. On se demande si ces accidents ne sont pas la conséquence d’un aménagement hâtif des lieux. Pour élargir la voie qui mène aux habitations, il a fallu sacrifier la sculpture d’un dragon chinois. Et pour ne pas arranger les choses, le site choisi accueillerait des dépouilles de soldats hollandais. Un article du Taïpei Times évoque 20.000 squelettes découverts au début des travaux. L’endroit aurait encore été le théâtre de plusieurs meurtres. Des fantômes auraient été régulièrement aperçus à proximité des bâtiments. Architecture futuriste datée, atmosphère mystérieuse, et vue imprenable sur la Mer de Chine orientale, les photographes se sont bousculés sur le site des maisons UFO. L’endroit aurait même été le décor d’un film. Interrogé par le Taïpei Times à l’occasion de l’annonce de la démolition des bâtiments, Monsieur Lin, l’un des concepteurs du projet, alors dirigeant de l’entreprise de design qui sous-traite, tranche : « Il est traditionnel dans tous les métiers de la construction d’apaiser les esprits présents sur le site, avant de commencer à travailler. Cela n’a rien à voir avec des histoires de fantôme.”(1) Le projet, repris par un fabricant de bière locale et l’entreprise Hung Kuo, a failli redémarrer en 1989. Les associés ne se sont pas entendus. Il y a un an, le Gouvernement de Taïwan, qui n’est pas propriétaire du site, a quand même décidé la destruction du village de vacances.  Un autre site touristique, ses hôtels et ses plages, y est programmé. Sur l’image satellite, on jurerait pourtant que les maisons UFO de San Zhi sont encore là. Peut-être une cité balnéaire fantôme... (1) (2) (3)

M.J

(1) “Taipei County looks to rebuild site of weird UFO houses”, Jimmy Chuang, Taïpei Times, 29-01-2009 http://www.taipeitimes.com/News/taiwan/archives/2009/01/29/2003434810

(2) Sanzhi UFO Houses, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Sanzhi_UFO_houses

(3) Abandoned Future City, San Zhi, Taiwan, Trend Hunter, http://www.trendhunter.com/trends/abandoned-future-city-san-zhi-taiwan


Publié le 10 décembre 2010 par marlene dans Architecure.
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Agriculture tendance verticale.

Bonjour,

Chris Jacobs a dessiné une tour ultramoderne de trente étages qui produirait des plantes, des fruits, des légumes, et l’imagine plantée dans le quartier de Harlem, à  New-York, pour approvisionner ses habitants en produits frais. (1) C’est l’un des projets de technologie verte développé pour la « Vertical Farm », un concept qui envisage des espaces de production agricole au cœur des paysages urbains. Préoccupation démographique, il faudra bien nourrir une population citadine qui devrait représenter 70% d’une population mondiale augmentée de plus de deux milliards de personnes en 2050 . Et préoccupation « durable », concevoir une agriculture de proximité, détachée des caprices du temps et des ressources naturelles.  Sur le papier, les fermes verticales multiplient les avantages. Elles permettent de produire une agriculture en boucle, 24h/24, 365 jours par an, sans se soucier des sécheresses, des inondations, de toutes les intempéries qui perturbent le cycle des végétaux exposés aux saisons. La productivité y est bien meilleure qu’en plein champ, sans pesticide, sans fertilisant, et sans herbicide. Avec la possibilité de récupérer les déchets pour fabriquer du compost. Une utilisation efficace des pluies réduit la consommation d’eau, gros défaut de l’agriculture traditionnelle. Argument majeur de cette serre urbaine, la proximité. Pas de transport, moins d’énergies fossiles. Pas de stockage, moins de pertes. Sans compter l’opportunité de créer une petite économie locale, avec des emplois. Le concept de « Vertical Farm » » occupe architectes et scientifiques qui planchent sur les possibilités de cette agriculture, à haute technologie. L’un des promoteurs de l’idée s’appelle Dickson Despommier, professeur de microbiologie à l’Université de Colombia. Dans son dernier ouvrage, « The Vertical Farm – Feeding the World in the 21th Century », il décrit l’entreprise idéale, complexe de buildings construits à proximité les uns des autres, décomposée en espaces spécifiques. Dans une première tour, la production de nourriture, des bureaux pour la gestion, un centre de contrôle séparé pour diriger les installations, une pépinière pour sélectionner et faire germer les graines, un laboratoire sanitaire pour la nourriture et les plantes. Un autre building pour loger les employés, un centre éco- touristique pour sensibiliser et informer le public, un marché bio, et peut-être un restaurant. L’aquaculture et l’élevage de volailles seraient  pratiqués dans des bâtiments différents,  éloignés de la « ferme principale » pour ne pas contaminer les plantes. En attendant ce « complexe agricole », il s’agit d’exploiter les espaces urbains abandonnés, immeubles et parcelles désertés au cœur des villes.(2) C’est aussi l’idée de Chris Jacobs, qui en attendant de construire son « gratte-vert », envisage deux étages sur le toit d’un immeuble habité. (1) Pour alimenter le concept de « Vertical Farm », Dickson Despommier propose de lancer plusieurs expériences simultanées, créant une compétition pour les meilleures idées et les perspectives les plus « durables ». Incheon, Abu Dhabi, Dongtan, Shangaï, Beijing, New-York, Los Angeles, Chicago, Toronto, Paris, ou Bengalore,  s’intéressent à cette agriculture qui propose aussi de laisser respirer les écosystèmes.(3)

M.J

Dickson Despommier sur Youtube…

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(1) « GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Vertical Farm” – Harlem- New-York – USA- pp 198-199

(2) Book Review: »The Vertical Farm » by Dickson Despommier – Begin The Revolution », The examiner / Chicago, 24-10-2010 http://www.examiner.com/culture-events-in-chicago/book-review-the-vertical-farm-by-dickson-despommier-begin-the-revolution-review-1

(3) Vertical Farming Wikipedia – http://en.wikipedia.org/wiki/Vertical_farming


Publié le 23 novembre 2010 par marlene dans Agriculture.,Architecure.,crise alimentaire,Développement durable
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« Gando Primary School »: une école communautaire.

Bonjour,

Après la « Handmade school » du Bengladesh, une autre école, nouvel exemple d’architecture « sociale » qui conjugue « durabilité » et « communautarisme ». L’histoire commence à Gando, au Burkina Faso , une bourgade de 2500 habitants située à 200 kilomètres de la capitale, Ouagadougou. Elle raconte l’itinéraire d’un enfant du village, Francis Kéré, parti étudier l’architecture en Allemagne. Quand il apprend que les murs de l’école de son enfance commencent à se lézarder, il décide d’en dessiner une nouvelle. (1) Au Burkina-Faso, pays où l’éducation reste un défi, chaque école est importante. L’UNICEF, qui rapporte une scolarisation en hausse, 60% des enfants  contre 45% en 2001-2002, incite à poursuivre l’effort.  Depuis quelques années, les Autorités développent un plan pour atteindre une fréquentation de 70%…à l’horizon 2010. (2)  En Allemagne, Francis Kéré collecte des fonds par le biais d’une association « Bricks for the Gando school », ou « Des briques pour l’école de Gando». Il reçoit le soutien du gouvernement du Burkina-Faso pour entraîner des maçons à la technique des briques de terre compressées. Ce matériau traditionnel, revalorisé car facile à fabriquer localement et à assembler, sera la base du bâtiment. Francis Kéré, qui se souvient de la chaleur insupportable de la classe de son enfance, connaît les contraintes climatiques. Il sait aussi qu’au Burkina-Faso, qui importe toute son énergie, la climatisation est un luxe. Le plan révèle trois salles de classes en alignement, continuité cassée par des espaces extérieurs couverts, ouverts sur l’espace environnant. Les sols en terre battue, les murs, les plafonds, et le toit sont conçus pour rafraîchir l’intérieur de l’école. L’édifice est coiffé d’une large tôle ondulée, destinée à protéger les murs de la chaleur et de la pluie. Un couloir d’air est aménagé entre le plafond et le toit pour favoriser la fraîcheur. Francis Kéré, encore étudiant à l’époque, termine la construction en 2001.(1) Le projet, porté par une « forte tradition de solidarité communautaire », (3) a rassemblé les gens autour d’une idée simple, construire une école pour leurs enfants. Tous les ouvriers, formés aux techniques de construction, sont originaires du village. Les Autorités locales, qui ont financé une équipe d’enseignants,  qui ont permis aux jeunes de s’initier à ces pratiques architecturales, ont joué le jeu. Des logements pour les instituteurs, extension de l’école primaire, signalent une dynamique communautaire qui fonctionne. Des plans existent  pour une librairie, une maison pour les femmes. Cette expérience a été imitée par deux villages voisins, qui ont construit leur école. En 2007, Francis Kéré réalise un établissement secondaire à Dano, une autre bourgade du Burkina-Faso. Conception architecturale similaire: dessiner en fonction du climat avec un coût de construction très serré, tirer parti des matériaux locaux, simplifier la technologie occidentale. Et même préoccupation sociale : initier les communautés à cette « architecture de brousse » pour en faire des bâtisseurs indépendants. (4)

M.J

Une réalisation exposée au MoMa. (5)

Et présentée en vidéo…

http://www.dailymotion.com/video/x9vqjp


(1) « Gando primary school », Afritecture, 18-05-2009 http://www.afritecture.org/architecture/gando-primary-school

(2) “Relever le taux de scolarisation au Burkina Faso », UNICEF/ Education Burkina-Fasohttp://www.unicef.org/bfa/french/education_1095.html

(3) Grando Primary School, Gando, Burkina Fasohttp://www.akdn.org/photos_show.asp?Sid=3

(4) World Architecture community,  http://www.worldarchitecture.org/world-architects/?worldarchitects=architectdetail&country=Burkina%20Faso&no=6555

(5) « Small Scale, Big Change: New Architectures of Social Engagement” – MoMa

October 3, 2010–January 3, 2011


Publié le 19 novembre 2010 par marlene dans Afrique,Architecure.,Développement durable
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La « Handmade school »: une architecture appelée à faire école.

Bonjour,

Plus d’une vingtaine de paysans ont travaillé la boue avec un attelage de boeufs, ils l’ont mélangée avec d’autres matériaux  pour obtenir une pâte résistante, ils ont transporté des briques fabriquées localement, ils ont encore soulevé plus de 12.000 lattes de bambous pour construire la « Handmade school ». Ce bâtiment, destiné aux enfants de la communauté de Rudrapur,  dans le Nord du Bangladesh, a été imaginé par deux architectes allemands. Anna Heringer et Erike Roswag ont dialogué avec les habitants pour mieux connaître leur culture et leurs aspirations, ils ont tiré profit des matériaux locaux, ils ont amélioré les méthodes de construction traditionnelles, pour créer une architecture simple et lumineuse, réponse « durable » aux besoins d’une communauté qui sait l’importance de l’école. Le Bengladesh est un pays pauvre, 54% des adultes y sont alphabétisés, et la fréquentation du cycle primaire dépasse les 80% pour la période 2003-2008. (1) Dans certaines régions, un programme de la Banque mondiale, encourage la scolarisation de filles. Plus de la moitié d’entre-elles quittent le secondaire avec leur certificat. (2) La « Handmade School », d’une capacité de 168 élèves, a été construite pour l’Institut moderne d’éducation et de formation (METI) et l’ONG associée, Dipshikha. Le plan est simple, une construction rectangulaire dotée d’un étage. Les murs du rez-de-chaussée, recette locale revisitée, sont un mélange de limon, de paille, de branches de bambous, et de cordes de nylon. Trois salles et six cavernes y sont installées. Les classes sont accessibles par des portes tendues de saris de couleurs vives, joyeux contraste avec les murs de terre. L’étage supérieur, divisé en deux, s’élève vers un plafond de bambous, encore rehaussé de tissus vifs. L’extérieur de l’étage est recouvert de bambous. Disposées en armature, d’autres lattes supportent un toit en tôle ondulée, nouveau matériau d’une palette simple. Ce toit élargi, qui donne de l’ombre et repousse les eaux de pluies un peu plus loin, est une réponse au climat local. Cette réalisation, au budget très serré, 25.000 euros, a été citée en 2007 par le Prix Aga Kahn d’architecture. Son jury l’a qualifiée de « Belle, chargée de sens, et humaine ».(3) La « Handmade school » est actuellement présentée au MoMa de New-York, dans le cadre d’une exposition qui détaille onze projets, répartis sur cinq continents.  (3) Avec une particularité commune, celle de coller aux besoins de communautés privées de moyens, tout en déclinant le concept de « durabilité » en fonction des contextes locaux. Au-delà d’une solution pratique à un besoin identifié, cette architecture « sociale » est appelée à inspirer les communautés : « Etre Bengali nous remplit de fierté quand nous voyons que nous avons tant de matériaux « uniques » et de contextes à exploiter… », écrit un étudiant en architecture sur le site de Anna Heringer. (4)

M.J

« La Handmade school », exposée au au Moma…

(1)UNICEF

(2) IDA/ World Bank – http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/NEWSFRENCH/0,,contentMDK:21237309~pagePK:64257043~piPK:437376~theSitePK:1074931,00.html

(3)« Small Scale, Big Change: New Architectures of Social Engagement » – MoMa October 3, 2010–January 3, 2011

(4) METI – Handmade School in Rudrapur

http://www.anna-heringer.com/index.php?id=31


Publié le 16 novembre 2010 par marlene dans Architecure.,Développement durable
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« Perfumed Jungle », essence d’architecture verte.

Bonjour,

En feuilletant « GREEN – Architecture Now», un gros bouquin qui illustre les déclinaisons de l’architecture verte dans le monde, maisons individuelles ou projets plus ambitieux, je me suis arrêtée sur « Perfumed Jungle ». C’est une proposition architecturale étonnante qui métamorphose le front de mer de et le quartier des affaires de l’île principale de Hong-Kong. Un gigantesque projet qui oxygène et souligne un paysage urbain planté de buildings. « Hong- Kong », assise au bord de la Mer de Chine méridionale, à l’embouchure de la rivière des perles, signifie « Port aux Parfums », un nom qui évoque le temps où les arbres parfumés abondaient dans la ville. L’équipe de « Vincent Callebaut Architecture » , à l’origine de cette vision architecturale, a repris l’évocation pour imaginer une « Jungle parfumée» dans une ville soumise à de fortes contraintes environnementales, et humaines. Hong- Kong, composée de trois îles aux paysages escarpés, oppressée par un climat subtropical, est encore étouffée par une  pollution qui la plonge souvent dans un brouillard gris. La cité, qui concentre un peu plus de 7 millions d’habitants sur 1/5° de son territoire, le reste est trop montagneux pour construire, présente des densités de 30.000 habitants au km², parmi les  plus élevées au monde. (2) « Perfumed Jungle », qui propose un ensemble de tours aérées et rebondies, offertes à une végétation abondante, qui décline une topographie aquatique en bord de mer, doit modérer la pollution, tout en inversant l’empreinte écologique du quartier. Les tours, jardins verticaux plongés en Mer de Chine, constituent des habitats pour la flore, la faune, et les hommes. Grâce au processus de photosynthèse, leur végétation doit purifier l’atmosphère. Chaque élément, autosuffisant, doit produire plus d’énergie et de biodiversité qu’il en consomme. Au bas des tours, l’espace aquatique, maillage de piscines, de marinas, de nouveaux quais, ou lagons d’épuration biologique, doit constituer une réserve d’eau pour le quartier, un espace de vie pour les espèces locales. Sa géographie, en cascade,  rappelle les paysages de rizières. L’ensemble, aux fonctions écosystémiques, donne vie à l’architecture. Cette proposition urbaine a été imaginée pour l’une des villes les plus prospères de la planète, qui n’a pas encore signé, et qui peine à développer un plan de logements sociaux

Visite du projet sur le site de Vincent Callebaut

M.J

(1) « GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Perfumed Jungle” – Hong-Kong, China, 2007, pp 100-105

(2) Géographie de Hong-Kong, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ographie_de_Hong_Kong


Publié le 12 novembre 2010 par marlene dans Architecure.,Biodiversité,Chine,Urbanisation
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Kawamata, la possibilité des passages.

Bonjour,

La “passerelle” est une idée qui s’accroche à l’oeuvre de Tadashi Kawamata, artiste japonais qui invite le visiteur à reconsidérer les possibilités des paysages investis par ses créations de bois. En 1996,  à Barcelone, il installe une passerelle qui mène du Musée d’Art contemporain aux immeubles délabrés de la vieille ville. En 2000, invité du festival « Passavent » à Evreux, il imagine une construction circulaire surélevée qui relie quatre monuments épargnés par la Seconde Guerre Mondiale, autre point de vue sur le paysage urbain. De 2007 à 2009, à Lavaux-Sur-Loire, il met en œuvre la construction d’un long chemin de bois qui s’élève au dessus des marécages et des roseaux pour rejoindre une plate – forme surmontée d’une tour, avec vue sur le fleuve. Kawamata rend aux habitants du port de Lavaux un cours d’eau qui s’est, depuis longtemps, retiré du village. A l’automne 2009, à Bordeaux, invité du festival « Evento », il construit une nouvelle passerelle qui part de la Place des Quinconces, enjambe les trams et les voitures, pour finir au dessus de la Garonne. Ce pont offre une perspective nouvelle sur le paysage fluvial. Pour réaliser ses chemins, Kawamata utilise le bois brut, des essences locales. Il se soucie peu d’assembler parfaitement les planches. Ses créations sont appelées à disparaître. Ou à être recyclées.

Passerelle entre deux espaces, et passerelle entre passé et présent, Evreux, Lavaux-Sur-Loire. A Paris, en 1997, à la Chapelle Saint Louis de la Pitié Salpetrière, il empile les chaises et les bancs d’Eglise, un « Passage des chaises » qui invite le regard à s’élever vers la coupole, en évoquant l’histoire de tous ceux qui sont passés par là. A Saint Thélo, en Bretagne, il réalise « Mémoire en demeure ». Ce projet, conduit pendant trois étés successifs, de 2004 à 2006,  réhabilite trois maisons de tisserands, héritage d’une tradition du lin aujourd’hui disparue. En 2008, à Versailles, il bouscule l’architecture classique de la Maréchalerie en lui greffant une accumulation de cagettes de fruits et de légumes, construction éphémère et fragile.  Passerelle entre l’univers paisible de l’enfance et le monde pressé des adultes, les cabanes. En 2008, à New York, il installe quelques petites constructions de bois dans les arbres du Madison Square Park, invitation à une pause dans le tumulte de la vie urbaine. L’année suivante, il récidive à Berlin. Puis, en ce moment, sur la façade du centre Georges Pompidou, à Paris. Passerelle entre deux univers sociaux, deux réalités urbaines. Dans les années 90, à Tokyo, Chicago, Montréal, ou New – York, il bricole des abris de fortune, bois et carton, qu’il intègre dans le paysage urbain pour souligner la précarité des sans- abris. A Huston, à Ottawa, cité prospères, il pose des favellas au pied des gratte-ciels. La démarche artistique de Kawamata puise dans les relations sociales. Il passe du temps sur le terrain de ses interventions, s’entretient avec les habitants, les invite à participer, ou s’entoure d’étudiants pour réaliser des chantiers souvent longs à finaliser. Il travaille souvent sur le mode « Work in progress ».

En 1982, Tadashi Kawamata, diplômé de l’université des  Beaux Arts de Tokyo, est sélectionné pour la Biennale de Venise. C’est un jeune artiste de 28 ans. Il a déjà exploré quelques possibilités de la capitale japonaise, assise sur une zone sismique, soumise à l’éphémère, et toujours en construction. Au fil des villes, Barcelone, Berlin, Paris, Rome, Montréal, New-York, Tokyo, Toronto, il enrichit le long catalogue de ses interventions environnementales. En 2005, il quitte Tokyo pour enseigner à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. En février 2008, le Musée d’Art contemporain de Tokyo  lui ouvre ses galeries pour une exposition/ rétrospective intitulée : « Tadashi Kawamata : Walkway ». « Passage pour piéton ». A cette occasion, il confie au Japan Times : « J’ai étudié la peinture à l’huile, mais je n’ai jamais vraiment été intéressé par la peinture. J’aimais juste me tenir debout devant une toile dans un atelier. (…) Les gens observaient les modèles, puis regardaient la toile, puis revenaient, ils se déplaçaient constamment entre les toiles. J’étais vraiment intéressé par le passage entre ces « murs » et ce mouvement constant. C’était plus intéressant que n’importe quelle peinture. » (1)

M.J

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(1) Tadashi Kawamata , ”Human reeds swaying in a museum maze”, Donald Eubank, 28-02-2008. Japan Times. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/fa20080228a2.html


Publié le 13 avril 2010 par marlene dans Architecure.,Art,Ville
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Rougerie, sur les traces de Jules Verne.

Bonjour,

Difficile d’évoquer la conquête de l’eau – voir blogs précédents – sans parler de Jacques Rougerie. Inspiré par les profondeurs, influencé par le monde de Jules Verne et les voyages de quelques grands explorateurs, Théodore Monod, Paul Emile Victor, ou Jacques-Yves Cousteau, assisté par une équipe pluridisciplinaire, cet architecte français compose pour l’univers aquatique.(1) Il a réalisé nombre de projets pour l’espace littoral. Il imagine des structures pour habiter sous les mers. Il conçoit des engins pour étudier l’environnement sous-marin. Comme d’autres architectes dans les années 60, Rougerie réhabilite l’idée que la mer n’est plus un territoire « impénétrable », mais une entité à explorer, un «sixième continent » destiné à être habité.   Un autre lieu de vie. (2) En 1974, le magazine Architecture d’Aujourd’hui résume son projet : « Habiter la mer ». Dans les années 70, le projet Thalassopolis est l’occasion d’une réflexion sur la mutation de l’homme, conséquence d’une intégration au milieu aquatique. Déjà, il développe une vision environnementale. L’habitat marin, qui lie l’homme à la mer, implique connaissance et respect de ce milieu.  Son agence d’architecture reste fidèle à cet engagement : « A l’heure où la compatibilité des technologies et de l’environnement se pose comme l’un des grands défis du 21e siècle, l’agence Jacques Rougerie pose comme préalable et ligne d’équilibre essentiels au travail de son équipe la nécessaire approche sociologique, environnementale et écologique de tous ses projets architecturaux. » (3)

Quand Jacques Rougerie imagine l’espace littoral, il dessine des ports de plaisance, Marseille, Saint-Denis de la Réunion. Il conçoit un auditorium flottant pour la baie de Tokyo. Il détourne une plate-forme off-shore à Okinawa, île japonaise du Pacifique, qui devient centre culturel avec des galeries sous-marines et un théâtre, hôtel et thalassothérapie. Ce projet s’appelle Aquapolis. Le nom de Rougerie reste associé à l’aménagement portuaire de Brest, Océanopolis I en 1990, et Océaopolis II, dix ans plus tard. Au final, un complexe dédié à la mer, des côtes tempérées de Bretagne aux glaces du Pôle, en passant par les mers colorées de l’espace tropical. Des aquariums témoignent de la diversité de la faune marine. En Corse, à Porticcio, il réalise un village classe de mer, un centre sportif pour initier les enfants à l’univers sous-marin. Et quand Rougerie travaille « entre-deux-eaux », il conçoit le Musée sous-marin d’Alexandrie, une invitation à découvrir le patrimoine archéologique englouti d’Alexandrie, via un tunnel immergé. En lien, une vidéo sur l’itinéraire du projet.

Puis, Jacques Rougerie nous entraîne carrément dans les profondeurs marines. Pour la NASA, il imagine un village immergé à 20 ou 30 mètres de profondeur, un projet pour les Îles Vierges. Ce campement sous-marin, conçu pour un séjour long, pourra accueillir jusqu’à 250 personnes venues étudier les profondeurs. Les astronautes pourront s’y entraîner. Autre projet d’habitat, toujours aux Îles Vierges, une ferme sous la mer conçue pour paysans du futur, commande de l’Université d’Hawaï. En 1977, Galathée inaugure une série de projets d’abris sous la mer. Cette structure de 56m3, conçue pour 4 à 7 personnes, maintenue entre deux eaux, s’ouvre sur l’univers aquatique grâce à un grand hublot. Aquabulle, Hippocampe, d’autres refuges suivront, jusqu’à Seaspace. Entre habitat et observation scientifique, Seaspace est une maison sous-marine adaptée à plusieurs profondeurs, dont les conditions de séjour qui rappellent celles de l’espace. Puis, viennent les vaisseaux. Le projet Seaorbiter, mené en collaboration avec l’océanographe Jacques Piccard et l’astronaute Jean Loup Chrétien, est une structure verticale semi-submersible – 51 mètres de haut et 24 mètres de large – prévue pour accueillir 18 scientifiques. Ici encore, des conditions de vie proches de la vie spatiale. Jacques Rougerie, qui explore l’univers marin, révèle une forte inclinaison pour le monde spatial, encore un clin d’œil à Jules Verne.

Rougerie, une production hallucinante, le mieux c’est d’aller voir son site.

M.J

(1) »Jacques Rougerie : habiter la mer », Danielle Birck, RFI, 13-03-2008, http://www.rfi.fr/francefr/articles/099/article_63548.asp

(2) « Marine and Underwater Cities – 1960-1975 », Peter Raisbeck, Department of Architecture, University of Melbourne. From: Additions to architectural history. XIXth Conference of the Society of Architectural Historians, Australia and New Zealand, Brisbane- SAHANZ – 2002.

http://www.hydrosight.com/pdf/other/underwater_cities.pdf

(3) Jacques Rougerie – Architecte. http://www.rougerie.com/12.html


Publié le 25 septembre 2008 par marlene dans Architecure.,eau
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