Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Capannori, un label pour le « Zero Waste ».

 

Bonjour,

 

En 2007, la petite ville de Capannori en Toscane , une région située au Centre-Ouest de l’Italie, choisit l’option « Zero Waste ». « Zéro Déchet ». Cette stratégie, qui secoue le concept d’une poubelle bonne à tout recevoir, vise à éliminer la production de déchets superflus, et à recycler ceux qui s’accrochent à notre quotidien. Depuis 6 ans, et le début de cet engagement, la communauté de Capannori, environ 46.000 âmes, a réduit de 30% sa production annuelle de déchets. Elle recycle 82% des rejets de ses habitants. La population, convertie à cette transition écologique et impliquée dans le processus, a permis cette petite « révolution des poubelles ». Tout commence en 1997, un projet d’usine d’incinération, prévu en périphérie de Capannori, commence à fabriquer une assemblée de contestataires. Rossano Ercoloni, instituteur de métier et sensible aux options écologiques, est un résistant engagé. Il réunit ses concitoyens, les informe sur les désagréments et les risques liés au processus d’incinération. Mais Rossano Ercoloni voit aussi plus loin. Depuis 2007, la ville, en avance un calendrier qui prévoyait 70% de déchets recyclés en 2015, vise  le « Zéro Waste » à l’horizon 2020. (1) (2) (3)

 

Ojectif éthique.

 

 « Zero Waste » est une vision qui développe une stratégie et des moyens pour éliminer les déchets. L’élimination plutôt que la gestion. Cette réflexion  considère que les résidus produits par nos sociétés signalent l’inefficacité de notre système de production. Ils témoignent aussi d’un manque de solidarité vis-à-vis des générations à venir. Ce sont elles  qui devront gérer les conséquences environnementales de l’accumulation de nos rejets. L’alternative « Zero Waste » nous propose de repenser nos sociétés, et leur fonctionnement. Elle ambitionne de faire disparaître les déchets superflus. Et donner une seconde vie aux autres : réutiliser, réparer,  recycler, ou convertir en compost, une transformation qui permettra de les introduire à nouveau dans le système. Et tout ce qui ne peut pas être réparé, recyclé, ou réduit en compost, doit être à nouveau conçu et remplacé pour pénétrer sur le marché, ou interdit. (4)  Sur le site Zero Waste International Alliance, la définition qui fait autorité ajoute une dimension vertueuse au projet : « Zéro déchet est un objectif éthique, économique, efficace et visionnaire, pour guider les gens vers un changement de mode de vie et des pratiques qui imitent les cycles naturels durables, où tous les matériaux mis au rebut sont destinées à devenir des ressources à utiliser par d’autres. ». Elle insiste sur les bénéfices de cette pratique : « La mise en œuvre du Zéro Déchet permettra d’éliminer tous les rejets dans le sol, l’eau ou l’air qui sont une menace pour la planète, l’humanité, le règne animal ou végétal ».

 

Réduire les déchets qui résistent.

 

Les rues de Capannori, désormais débarrassées de leurs vieilles poubelles, obéissent à une collecte des ordures au porte-à-porte. Chaque famille reçoit containers et sacs plastiques de différentes couleurs,  afin de séparer et trier les déchets. Et si l’on se trompe de bac ou de sac, celui au contenu inapproprié qui reste sur le bord du trottoir, on se fait expliquer à nouveau. Mais cela n’arrive plus. Entre 2004 et 2007, cette formule de tri sélectif a permis de recycler près de 257.000 tonnes de déchets. La quantité de déchets résiduels, ceux qui résistent au tri, a été réduite de 10.000 tonnes. La collecte de papiers usagés, puis recyclés, aurait épargné quelques milliers d’arbres, économisé près de 3 millions de litres d’eau, et évité plus de 900 tonnes de rejets de CO². Le gain financier de cette collecte sélective – estimé pour l’année 2007 sur la base du coût moyen d’une tonne de déchets non triés dans la province de Lucca – s’élèverait à plus de 2 millions d’Euros. Ce système de ramassage a encore permis de créer une trentaine d’emplois. Et le fait de dispenser la ville d’une infrastructure classique a encore fait baisser les taxes sur les ordures ménagères. (5) La distribution de sacs gris, destinés aux déchets non recyclables, dotés d’un système de reconnaissance et de pesage, devrait permettre de taxer chaque famille, en fonction du volume annuel produit. Une incitation à réduire un peu plus. Nouvel objectif de ce « Zero Waste », analyser les déchets non recyclés, les 18% restants, pour en connaître la cause, et minimiser leur empreinte. Une partie de la réponse pourrait se trouver en amont, dans une chaine de production encore très accroc aux plastiques et aux emballages. Et pour éviter le superflu, Capannori est en guerre contre l’eau achetée au supermarché, et les bouteilles plastique qu’elle suppose. La municipalité, qui fait campagne pour l’eau distribuée dans la ville, a fait restaurer et purifier une quinzaine de fontaines publiques. Dans les écoles et les administrations, on boit désormais de l’eau du robinet. (1)

 

L’exemple du Sud.

 

Capannori a fait école . En Italie, 123 municipalités ont engagé plus de 3 millions d’habitants dans une stratégie « Zéro Waste ». Le modèle est imité dans une centaine de villes espagnoles, au Pays basque et en Catalogne. En 2002, les décharges de la province basque de Guipuzcoa débordent, les Autorités proposent deux incinérateurs. Trois villes, Usurbill, puis Hernani et Oiartzun, adoptent le « Zero Waste ». La collecte au porte-à-porte de ces déchets urbains triés dépasse aujourd’hui  70% du total. Dans les pays de l’Union européenne, environ 40% des rejets ont droit à une seconde vie, environ 40% finissent à la décharge, et le reste est détruit par incinération. L’Europe, dont les structures soutiennent assez mollement le recyclage au profit de l’incinération, s’est cependant engagée à reconvertir la moitié des déchets municipaux solides en 2020. En avril dernier, Rossano Ercoloni a reçu le Goldman Environmental Prize, prestigieux prix d’environnement, pour sa vision éclairée de la gestion des déchets, et son travail de terrain. En 2013, il préside le mouvement Zero Waste Europe.

 

M.J

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

(1) “Pioneering Italian Town Leads Europe in Waste Recycling”,Silvia Giannelli, IPS,17-05-2013 http://www.ipsnews.net/2013/05/pioneering-italian-town-leads-europe-in-waste-recycling/

(2) « Rossano Ercolini, president of Zero Waste Europe 2013 wins the Green Nobel award », Zero Waste Europe,  Posted on 04/15/2013 http://www.zerowasteeurope.eu/2013/04/rossano-ercolini-president-of-zero-waste-europe-2013-wins-the-green-nobel-award/

(3) “Capannori :the first Italian “Zero waste” municipality”, WASMAN, Newsletter N.7- March 2011 http://www.wasman.eu/media/uploads/newsletters/7th_wasman_newsletter.pdf

(4)« Principles ZW Europe », Posted on 05/08/2009 http://www.zerowasteeurope.eu/about/principles-zw-europe/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié le 13 juin 2013 par marlene dans déchets,pollution.,Préjudice écologique,Recyclage
Tags :: , , , , ,

Teshima, des poussières noires au béton blanc.

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Bonjour,

Encerclée par les îles principales de Honshû au Nord, de Shikoku au Sud, et de Kyûshû à l’Ouest, la  Mer intérieure du Japon a les allures tranquilles d’un immense lac. On y dénombre plus  de 3000 îles, petites ou grandes, solitaires ou groupées, la plupart plantées de pins  plongent leurs verts mousseux dans les bleus subtiles d’une Mer intérieure qui n’en est pas vraiment une. La Mer intérieure de Seto, son vrai nom, communique en réalité avec l’océan Pacifique. A L’est de ce paysage insulaire, entre l’île de Shodoshima, plus imposante,  et la petite Naoshima, un autre petit bout de terre d’une quinzaine de km², Teshima.  Au guidon d’un vélo  électrique loué près du débarcadère, on en fait le tour en moins d’une heure. Trois lignes de ferry mènent à Teshima, celui qui vient de Shodoshima accoste toutes les deux heures dans le petit port le plus proche. Teshima, un peu plus de 1500 habitants au début des années 2000, sans doute encore un peu plus de 1000 aujourd’hui, des pêcheurs et des paysans, souffre des mêmes maux que ses voisines insulaires. La  population vieillit ou s’exile, l’économie se traîne. Ceux qui restent envisagent avec curiosité ces  jeunes branchés, lainage sobre, Wayfarer, et chaussures Repetto, venus admirer l’une des perles architecturale de l’art contemporain, En 2010, Teshima est l’une des sept îles retenues pour le Setouchi Art Festival, une manifestation censée la tirer de son ennui.  Depuis, Teshima est devenue célèbre. Mais sa renommée est bien antérieure à sa  reconversion artistique. (1)(2)(3)

 « Island of waste ».

Dans les années 80, Teshima est connue comme le pire exemple de décharge industrielle illégale au Japon. On l’appelle « Island of waste », l’île aux déchets. En 1975, une société de retraitement des rejets industriels s’installe sur la côte Ouest de l’île.  Très vite, les insulaires s’opposent à cette activité qui pollue. D’ailleurs, la Préfecture de Kagawa ne donne pas son aval. En 1978, la société qui prétend recycler seulement des substances non dangereuses, renouvelle sa demande d’autorisation auprès de l’administration. Qui finalement accepte. En réalité, des quantités astronomiques de poussières nocives et d’huiles usagées sont déversées dans la nature, brûlées en plein air au lieu d’être retraitées.  La police préfectorale enquête. La société, qui cesse son activité, laisse des collines de déchets toxiques derrière elle. Au début des années 90, une analyse y révèle la présence de cadmium, de plomb, d’arsenic, de mercure, de PCB, ou de dioxines. Une formule chimique très enrichie qui s’est invitée dans le sol et la nappe d’eau souterraine de cette partie de l’île. Aujourd’hui, Teshima raconte l’histoire de ce  Japon en plein boom économique, rapidement dépassé par la profusion de ses déchets, industriels et urbains, et qui ne sait qu’en faire. La tentation est grande de les stocker dans des îles dépeuplées, situées à proximité des sites de production. La côte de la Mer Intérieure, où se sont développées Osaka, Kobe, ou Hiroshima, est l’une des plus industrialisées de ce  Japon.  En 2000, l’affaire de Teshima était en cours de règlement. Un mur étanche devait protéger l’océan des eaux polluées produites par la décharge. Les 600.000 tonnes de déchets devaient être recyclées dans la composition de ciment, sur l’île de Naoshima, l’autre site couru de l’art contemporain dans la Mer Intérieure de Seto. (4) (5)

Coquillage de béton blanc.

Posé come une goutte d’eau à proximité des rizières en terrasses, le Teshima Art Museum indique un changement dans le paysage insulaire. Radical, mais en douceur. Le bâtiment, un coquillage de béton blanc inséré dans le sommet d’une colline verte, voisine avec la mer qui se montre en chemin.  Pour pénétrer dans la structure, assez grande, environ 40 mètres sur 60, il faut chausser de petits chaussons gris. Sur les points les plus élevés du bâtiment, deux ouvertures sur le paysage invitent l’air, la lumière, et les bruits extérieurs. Sur le sol de béton poli et traité, qui explique les petits chaussons, des gouttes d’eau perlent par de petits trous. Portées par la topographie du sol,  elles se mélangent pour former une tâche plus importante, qui coulera doucement pour s’échapper par un autre orifice, percé dans le béton. Cette fontaine perpétuelle rythme le temps qui passe. L’œuvre, qui résulte d’une collaboration entre l’artiste Rei Nato et l’architecte Ryue Nishizawa, fait écho à ce paysage insulaire, baigné par la mer et douché par les pluies. C’est pour profiter de cette expérience sensorielle inédite que les petits Japonais branchés débarquent sur l’île de Teshima.  (6)

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

Un peu plus loin, de l’autre côté du petit port qui accueille le ferry de Shodoshima , un pavillon de bois assis sur une plage. Christian Boltanski y expose « Les archives du cœur », une compilation de battements de cœur enregistrés  en France, en Tasmanie, en Allemagne, en Corée, ou au Japon. Dans un laboratoire sonore, installé face à la mer, il faut mettre un casque pour écouter des cœurs qui battent encore, ou peut-être plus. Battements réguliers ou arythmies, étrange compilation.  Boltanski archive ici la petite musique intime d’une partie de l’humanité. Vous, si vous souhaitez l’enregistrement de votre rythme cardiaque. A côté, dans une pièce noire, une ampoule clignote au rythme assourdissant d’un cœur en mouvement. (7)

 

M.J

 

(1)Seto Inland Sea, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Seto_Inland_Sea

(2) Teshima Island, Japan-guide.com, http://www.japan-guide.com/e/e5440.html

(3)Inland Sea of Japan, factanddetails.com, http://factsanddetails.com/japan.php?itemid=963&catid=25&subcatid=171

(4)The Teshima Island Industrial case and its process towards  resolution, Hiroshi Takatsuki, 10-06-2002, Special Feature: Conference Report, Integrated Management for Hazardous Waste.    http://www.bvsde.paho.org/bvsacd/cd43/isla.pdf

(5) “Teshima Island waste dispute nears end”  , The Japan Times Online, 27-05-2000 http://www.japantimes.co.jp/text/nn20000527b6.html

(6) Teshima Art Museum, Benesse Art Site Naoshima, http://www.benesse-artsite.jp/en/teshima-artmuseum/index.html

(7)”Les archives du coueur”, Benesse Art Site Naoshima  http://www.benesse-artsite.jp/en/boltanski/index.html


Publié le 24 avril 2012 par marlene dans Art,Japon,Préjudice écologique
Tags :: , ,

Bougainville, des femmes sans concessions.

Bonjour,

Politiquement toujours attaché  à la Papouasie -Nouvelle Guinée, distant d’un millier de kilomètres au nord, l’archipel de Bougainville  s’étire vers le Sud et les îles Salomon, son voisin culturel. Vingt kilomètres séparent ces deux îles qui appartiennent à l’ensemble mélanésien. Bougainville se compose de deux grandes terres pratiquement collées, prolongées par un chapelet d’îlots  et d’atolls dispersés dans la mer des Salomon. Comme la plupart des petits territoires du Pacifique Sud, Bougainville a vu défiler les drapeaux. L’île est britannique jusqu’en 1898, vendue à l’Allemagne, occupée par l’Australie pendant la Première Guerre Mondiale, envahie par les Japonais en 1942, puis récupérée par les Forces Alliées qui la confient à l’Australie. En 1975, elle devient partie de la Papouasie Nouvelle-Guinée, qui s’émancipe de l’Australie. Cette histoire mouvementée a bousculé une communauté d’une vingtaine de groupes, chacun sa langue, chacun ses traditions. Aujourd’hui, les 200.000 à 300.000 habitants estimés échangent dans une trentaine de dialectes. (1) Particularité régionale, Bougainville est structurée par une société matrilinéaire. La parenté, la descendance, et l’héritage sont déterminés par les lignées féminines. A Bougainville, les femmes sont propriétaires des terres. Elles participent autant que les hommes à l’administration de l’île. A la maison, elles éduquent les enfants, produisent la nourriture, et transmettent les valeurs traditionnelles. Côté géographie, Bougainville est une terre volcanique, recouverte d’une terre riche où poussent la patate douce, l’arbre à cacao, et les cocotiers. L’archipel compte deux volcans endormis, et une immense mine de cuivre à ciel ouvert. La mine de Panguna. Après une pause d’une vingtaine d’années, on parle d’exploiter à nouveau ces gisements qui ont souillé la terre, l’eau, et qui ont mis l’île à feu et à sang. (2) (3)

Cuivre, mercure, plomb, et zinc.

En 1969, l’Australie, qui administre encore l’archipel, convoite un vaste gisement de cuivre dans la région de Panguna. Un accord est signé entre le Gouvernement australien et la Compagnie minière Rio Tinto Australia. Les habitants de Bougainville sont écartés des décisions. Les propriétaires des terres occupées par la mine sont contraints d’abandonner la gestion de leurs terres ancestrales. Ils commencent à se mobiliser, et réclament l’indépendance de l’île. L’activité minière, aux mains « d’étrangers » qui imposent le blocus de l’île, annonce dix années de guerre civile. Le conflit, qui tue au moins 10.000 personnes, déstructure cette société insulaire, et détruit les infrastructures. Des atrocités sont commises. Des villages sont brûlés. Les femmes et les enfants sont aux premières loges du gâchis. (2) A la fin des années 80, les souillures environnementales, terres dévastées sur un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de la mine, rejets de métaux toxiques dans les cours d’eau, mercure, plomb, zinc, alimentent à nouveau l’aspiration indépendantiste de l’archipel. En 1989, l’Armée Révolutionnaire  de Bougainville lance une insurrection. La mine de Panguna est fermée. Les forces militaires de Papouasie- Nouvelle Guinée se retirent. L’Armée Révolutionnaire proclame l’indépendance. Le processus de paix, porté par le Conseil des Anciens, les femmes, les associations de jeunes, les Eglises et les ONG, s’étire sur une autre décennie. En 2000, le principe d’une indépendance, via une période d’autonomie, est officiellement adopté. Cinq ans plus tard, Bougainville se dote d’un premier gouvernement autonome. Si l’indépendance se fait attendre, la paix est revenue sur l’île, où les écoles fonctionnent à nouveau. (2) (3)

Cacao, Coprah, et 10 milliards de Kina

Torturées, réduites au silence, ou abandonnées par leur mari, les femmes de Bougainville n’ont rien oublié d’un conflit, attisé par la convoitise des richesses minières , cuivre, argent et or, qui ont profité à d’autres.  Le gouvernement de Papouasie- Nouvelle Guinée a reçu 20% des profits d’une mine exploitée par Bougainville Copper Ltd (BCL), British Multinational, et Rio Tinto. Les insulaires, employés à extraire les minerais, ont dû se contenter de 0,5% à 1,25% des bénéfices. (1)(4) En 1989, les propriétaires des terres exploitées ont réclamé 10 milliards de Kina – la monnaie locale – en dédommagement des dégâts, et du préjudice moral. Refusés par le Gouvernement de Papouasie – Nouvelle Guinée. Vingt ans plus tard, la réouverture de la mine de Panguna pourrait promettre un développement à une île portée par l’aide internationale, où beaucoup de villages manquent d’électricité, et de services médicaux. Certains insulaires le pensent. Une revue minière, se basant sur une étude récente, prétend qu’il reste encore beaucoup de cuivre et d’or à exploiter.(4) Pour beaucoup d’autres, sans doute une  grosse majorité, l’eau des rivières, désertée par les poissons, toujours impropre à la consommation, contrarie cette perspective. D’ailleurs, les femmes de Panguna, plus soucieuses de paix, d’harmonie sociale, et d’environnement, ont une autre vision du développement. L’une d’elle, Patricia Tapakau, à la tête de « Panguna Women in Mining », une organisation qui regroupe les femmes de 13 villages souillés par l’exploitation minière, confie à IPS « Nous souhaitons nous développer en tenant compte de nos erreurs, pas en les répétant. ».(1) Elles misent sur un développement plus doux, basé sur le cacao, l’huile de Coprah, ou le tourisme. Sans oublier les 10 milliards de Kina de compensation pour les dommages causés par l’activité minière, jamais versés par le gouvernement de Papouasie- Nouvelle Guinée.

M.J

 

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

(1) ”Women Call the Shots on Mega Copper Mine”, Catherine Wilson, IPS,  Papua New Guinea, 17-10-2011 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=105480

(2) War Resister’s International, Peace in Bougainville and the Work of the Leitana Nehan Women’s Development Agency01-01- 2001 — warresisters , Kris Hakenahttp://wri-irg.org/nonviolence/nvse08-en.htm

(3) Wikipedia, History of Bougainville; http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Bougainville

(4) “Panguna still has plenty of copper”, Mining Journal Online, 11-02-2009 http://www.mining-journal.com/exploration–and–development/panguna-still-has-plenty-of-copper


Publié le 4 novembre 2011 par marlene dans Exploitation minière,Préjudice écologique
Tags :: , , , , ,

Les Mayas, victimes de désordres environnementaux.

Bonjour,

La chute de la civilisation Maya résulterait d’une dégradation environnementale majeure, conséquence d’une déforestation antérieure. Le système agricole, très sollicité par des populations nombreuses, peut-être un million de personnes vers la fin du premier siècle, n’aurait pas résisté à ce déséquilibre. Après avoir rayonné pendant la période classique – de 250 à 900 après JC -, la civilisation Maya qui se développe en Mesoamérique, s’éteint  avant le premier millénaire. « C’était un effondrement et non un recul, car le second est temporaire alors que le premier caractérise un déclin sur le long terme et la disparition du système économique et social qui structure un Etat, comme cela s’est passé dans cette région. » (1) commente Richard Hansen, anthropologue, spécialiste de civilisation Maya à l’Université de l’Idaho, lors de l’ouverture du 3° Congrès International sur la Culture Maya, au Mexique. Richard Hansen dirige le projet bassin du Mirador, un chantier archéologique et écologique, difficile à atteindre dans le nord du Guatemala. Plus d’une vingtaine de cités, des pyramides, et un complexe de temples se dissimulent dans une forêt tropicale humide de plus de 2000 km². (1) (2)

Du bois pour les édifices.

Pour Hansen, la chute de certaines villes à la fin de la période pré-classique – qui court de 1000 avant JC jusqu’à  l’an 150 de notre ère -, parmi lesquelles Tintal  Nakbe, Wakna,  résulterait d’une sur-exploitation des ressources. Tintal, gros centre urbain de ce premier temps de l’histoire Maya, témoigne d’une civilisation pionnière qui dispose de terrains pour jouer à la balle, élève des pyramides de plus de 50 mètres de haut, et construit une route de 40 km de long, la reliant à Mirador, la principale ville. Au tournant de l’ère chrétienne, Mirador compte environ 200.000 habitants. Lors de la période classique, Palenque, Copan, et Tikal périclitent à leur tour, elles aussi emportées par un déséquilibre environnemental majeur. Pour Richard Hansen, l’érosion massive, consécutive à une déforestation soutenue à l’époque pré-classique, expliqueraient la fin du système Maya. Pas seulement, mais surtout. Le bois est alors une source d’énergie. Il est aussi abondamment utilisé pour confectionner le stuc, plaqué sur les édifices qui se multiplient à l’époque pré-classique. Les besoins en bois vert, nécessaire à la confection de ce stuc, auraient été l’un des facteurs majeurs de cette déforestation, « bombe à retardement » qui précipite le déclin. Le Bassin d’El Mirador, c’est aussi une petite énigme environnementale. L’ensemble s’est développé sans eau, c’est-à-dire sans rivière, sans source, et sans nappe souterraine. A la fin de l’époque pré-classique, vers 100 avant J.C, plus de 100.000 habitants vivent pourtant dans cette zone. (2)Pour satisfaire les besoins, les pluies, abondantes, étaient recueillies dans des citernes. Dans un article paru dans le Monde en 2009, Richard Hansen évoque aussi  la « théorie de la boue ». Les boues collectées dans cette zone de marécages auraient permis de fertiliser les cultures. Sans avoir besoin de détruire la forêt pour récupérer des terres, ni d’épuiser les sols en enchaînant les semences. Malgré tout, l’équilibre environnemental, d’El Mirador n’aurait  pas résisté une civilisation qui voyait un peu trop grand. (3)

Sécheresse.

Quelques années auparavant, un article de Nature, daté de juin 1995, relie la chute de la civilisation Maya à un changement climatique. Cette hypothèse, d’abord envisagée à l’échelle de la Mésoamérique, est difficile à prouver. Les efforts pour reconstituer les humeurs du ciel au cours des trois derniers millénaires ne permettent pas de différencier les changements dus à l’évolution naturelle des cycles climatiques, de ceux provoqués par l’homme. La déforestation, qui a modifié la végétation régionale, brouille la lecture. Mais l’analyse de sédiments recueillis dans le Lac Chichancanab, au Mexique, finit par raconter la carte climatique de cette partie centrale de la péninsule du Yucatan, pendant la période Holocène. L’intervalle compris entre 800 et 1000 de notre ère, qui coïncide avec la fin de la civilisation Maya à l’époque classique, aurait été particulièrement sec. Il y aurait donc une relation, très probable, entre le déclin des Mayas et le climat. (4)

NASA / Site Maya / Guatemala

Sécheresse et déforestation.

La NASA, l’agence spatiale américaine, s’est aussi intéressée au territoire Maya. En 2006,  elle cartographie une zone du Guatemala qui révèle l’héritage architectural de cette civilisation. Photo ci-dessus. En jaunâtre, la forêt qui recouvre les ruines Maya. En rouge, la forêt environnante. En  bleu-vert, la petite végétation clairsemée. Ces sites, enfouis sous un couvert tropical très dense, pas toujours faciles à repérer sur le terrain, sont révélés par image satellite. Décodage. Les Mayas construisaient leurs temples avec des matériaux calcaires. En se détériorant, ces édifices ont modifié la composition des sols. Quelques plantes humides se sont développées alentour, d’autres ont disparu, ou se sont décolorées. La lecture satellite permet de repérer les traces de ruines calcaires, qui apparaissent en couleur jaunâtre. Pour Tom Sever, alors archéologue à la NASA, spécialiste de repérage « remote-sensing », sans contact avec le terrain, le déclin des populations Maya, résulte d’une combinaison de facteurs climatiques, la sécheresse, et anthropologiques, la déforestation. Et Sever d’ajouter : « Comprendre comment les Mayas ont affecté leur environnement pourrait aider l’homme actuel à faire des choix plus éclairés concernant la gestion des forêts tropicales humides. » (4) Conseil d’actualité, qui peut s’appliquer à d’autres désordres environnementaux.

M.J

(1) “Mayan civilisation collapse blamed on environmental damage”, Zee News, 16-03-2011, http://www.zeenews.com/news693602.html

(2) « El Mirador », Authentic Maya, 2009, http://www.authenticmaya.com/mirador1.htm

(3) « El Mirador, mère des cités mayas », Joëlle Stolz, Le Monde, 13.02.2009

(4) “Possible role of climate in the collapse of Classic Maya civilization”, David A. Hodell*, Jason H. Curtis* & Mark  Brenner†, Nature 375, 391 – 394 (01 June 1995); doi:10.1038/375391a0, http://www.nature.com/nature/journal/v375/n6530/abs/375391a0.html

(5)Maya Ruins, Earth Observatory, NASA, 18-02-2006 http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=6293


Publié le 22 mars 2011 par marlene dans Climat,déforestation,Histoire.,Préjudice écologique
Tags :: , , , ,

L’homme qui rêvait de blanchir la montagne.

Bonjour,

L’homme qui rêvait de blanchir la montagne s’appelle Eduardo Gold. Ce Péruvien d’une cinquantaine d’années, qui voit son glacier andin reculer d’année en année, va tenter de le reconstituer en le badigeonnant de blanc. L’idée est simple. Recouvrir les hauteurs du Chalon Sombrero, un sommet perché à  4756 mètres, d’une mixture à base de citron, de blanc d’œufs, et d’eau, pour recréer une surface blanche, et augmenter l’albedo.  Quand le soleil est réfléchi sur une surface blanche, ou claire, son énergie est renvoyée dans l’atmosphère, puis dans l’espace, sans réchauffer la surface de la terre. Ainsi, le sommet de Chalon Sombrero, recouvert de blanc, bénéficierait d’un micro- climat, plus froid, qui lui permettrait de recouvrer une partie de ses glaces. Idée loufoque selon les uns, idée géniale selon les autres, mais pourquoi ne pas essayer ?  La Banque Mondiale qui mène l’opération «  Cent idées pour sauver la planète », a retenu, parmi d’autres, le projet de ce glaciologue autodidacte. Et lui a attribué une enveloppe de 200.000 dollars pour éclairer son sommet. (1)

Le Pérou, qui concentre 70% des glaciers de l’espace tropical, est l’un des pays les plus exposés au changement climatique. Un rapport sur ses effets, publié en 2007 par Les Amis de la Terre, documenté par le GIEC (2007), rapporte un recul des glaciers plus alarmant au Pérou que dans les autres pays andins.(2) Au cours des 35 dernières années, ils auraient perdu environ le quart de leur surface. Or ces glaces, qui sont des réservoirs d’eau potable pour les communautés andines et les importantes populations côtières, qui permettent de produire de l’hydro-électricité, et qui irriguent l’agriculture, sont vitales pour le pays.(2) Les habitants de Lipaca, le village que surplombe le Chalon Sombrero, qui dépendent des eaux de son glacier, remarquent son retrait progressif depuis une bonne quinzaine d’années. Et quand moins d’eau signifie moins de pâturages, ils s’inquiètent pour leurs troupeaux, principale activité de la bourgade andine. Pour contrer les effets d’un changement de climat, également observé par des variations de température, quelques villageois, armés de gobelets remplis de cette mixture naturelle utilisée par les Anciens, blanchissent les rochers qui entourent les sommets du Chalon Sombrero pour redonner vigueur à son glacier.

Le problème, c’est qu’il a fallu deux semaines pour couvrir deux hectares. Et qu’il en faudra encore beaucoup pour badigeonner les 70 hectares environnants, à moins d’y employer tout le village. C’est peut-être ici, confinée sur ce petit bout de territoire andin qui lui a donné naissance, que l’idée révèle ses limites. Thomas Condom, glaciologue français impliqué depuis une quinzaine d’année dans l’évolution de ces glaciers tropicaux, interrogé par BBC News, contextualise l’idée d’Eduardo Gold : « L’impact sera nécessairement local, il ne renversera pas ou ne stoppera pas un phénomène observé à l’échelle d’une région entière. Il serait très difficile de reproduire l’expérience à grande échelle dans les Andes. » (1)

L’histoire, en vidéo

M.J

(1) Can painting a mountain restore a glacier?, By Dan Collyns
BBC News, Ayacucho, 17-06-2010.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/world/latin_america/10333304.stm

(2) « Climate Testimonies », Les Amis de la Terre International, Novembre 2007, Pérou, p 24 à 27. http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimonies/


Publié le 1 juillet 2010 par marlene dans Afrique,Climat,Comprendre,Développement durable,eau,Non classé,Préjudice écologique,Urbanisation
Tags :: , ,

Quand la Chine convoite les eaux du Tibet.

Bonjour,

Le Yarlung Zangbo, qui prend sa source dans les montagnes de l’Himalaya, à 5000 mètres d’altitude, est un fleuve majeur partagé par le Tibet – et la Chine -, l’Inde, et le Bengladesh. Il s’appelle Yarlung Tsangpo quand il traverse le Sud-Est du Tibet. Puis il tourne et pénètre en Inde par une vallée très profonde, où il devient le Brahmapoutre, et irrigue la vallée fertile de l’Assam. Au Bengladesh, où il s’appelle Yamuna, il s’achemine vers le Golfe du Bengale, via le delta du Gange Brahmapoutre. Au Tibet, dans l’extrémité orientale de l’Himalaya, le fleuve a creusé l’une des gorges les plus impressionnantes au monde, le canyon du Yarlung Zangbo, en chinois. Avec plus de 500 km de long et une profondeur moyenne de 2200 mètres, il détrône le canyon du Colorado.(1) Ce fleuve, très fréquenté par les touristes et les néo-explorateurs, a été surnommé « L’Everest  des rivières », en raison de sa difficulté d’accès. (2) C’est ici, en territoire tibétain, dans la région du Great Bend, quand le fleuve effectue un brusque méandre avant de pénétrer en territoire indien, dans une gorge où il plonge de 2500 mètres sur environ 200 kilomètres, que la Chine a décidé de construire un giga barrage. Le projet, situé près de la ville de Metog, préparé de longue date, longtemps tenu secret, techniquement difficile à réaliser, doit tirer parti de l’un des meilleurs sites du monde pour son potentiel hydro-électrique. La future centrale, d’une capacité annoncée de 38 gigawatt, soit un peu plus du double de celle du barrage des Trois Gorges, installée dans les paysages accidentés et instables du Tibet, sera raccordée au territoire chinois. Les prouesses techniques déployées pour dompter la géographie himalayenne en disent long sur les besoins en électricité de la Chine. Pour les Tibétains, raccordés il y a peu de temps au  réseau électrique, pour ceux qui le sont, la vallée du Yarlung Tsangpo accompagne leur civilisation. Un peu comme le Nil pour les Egyptiens. Le fleuve a donné son nom à la première dynastie de rois tibétains. La vallée est dotée de nombreux sites sacrés, de lieux de méditation, et de monastères. Le Yarlung Tsangpo est omniprésent dans l’imagerie tibétaine. La région du Great Bend, Pema Koe, qui territorialise le bouddhisme, est un espace sacré pour les Tibétains, et pour les milliers de croyants répartis à travers le monde. La région est aussi un trésor de biodiversité. Difficile d’accès pour les botanistes, on y dénombre cependant quelques 3 700 espèces de plantes. Mais la zone, assise sur l’Himalaya et le plateau tibétain, à la rencontre de deux plaques tectoniques, serait aussi soumise à un risque sismique, argument des opposants, mais jusqu’alors minime. Mais selon un autre spécialiste, le risque se précise si l’on met en parallèle l’immense retenue d’eau du barrage, avec les explosions nucléaires destinées à creuser des tunnels sous l’Himalaya. (2) Plus embêtant encore, le projet risque de priver d’eau des millions de personnes, riveraines du Brahmapoutre en Inde, et de la Yamuna au Bengladesh. Car il est aussi question de détourner l’eau, sur des milliers de kilomètres à travers les plateaux tibétains, pour arroser les régions assoiffées du Nord- Ouest de la Chine, dans les provinces du Xinjiang et du Gansu.(2) Reste que le barrage rendrait l’Inde et le Bengladesh dépendants de la Chine pour l’eau pendant la saison sèche, et pour contenir les inondations pendant la saison des pluies. Sans compter que le barrage retiendrait les sédiments qui valorisent les sols en aval. Dès 2003, l’Inde s’inquiète du projet. En avril dernier, la presse indienne rapporte l’aveu des Chinois. Le projet est bel et bien en route. Dans un contexte où le tracé frontalier qui sépare la Chine et l’Inde sur les hauteurs himalayennes fait l’objet d’une discorde, la question de l’eau pourrait aggraver les tensions entre deux pays. Ils n’ont pas d’accord sur les partages de l’eau. (3). Mais selon le Guardian, l’Inde et la Chine se seraient entendues pour s’informer mutuellement des projets d’aménagement sur le « Tsangpo -Brahmapoutre». (4) Les Chinois, qui se vantent de maîtriser les contraintes techniques du barrage, devraient commencer une construction, déjà bien balisée. Une route qui mène au site, perchée sur les hauteurs, rappelle que techniquement rien n’est impossible. Le Tibet, dont les eaux abondantes irriguent le Sud et le Sud-Est asiatique, serait le nouveau réservoir de la Chine. On parle d’’autres projets, plus modestes, en cours et à venir. (1) En 2005, Li Ling, un ancien officier de l’Armée chinoise de Libération du peuple publie un livre intitulé: « How Tibet’s Water Can Save China ». (1)

M.J

Une video indienne qui prétend apporter des preuves de la construction d’un barrage, côté (tibétain) chinois du Brahmapoutre. En langue indienne, pour l’ambiance…

Image de prévisualisation YouTube

(1) “Damming Tibet’s Yarlung Tsangpo-Brahmaputra and other South Asian rivers », The Tibetan Plateau blog,  24-05- 2010 http://tibetanplateau.blogspot.com/2010/05/damming-tibets-yarlung-tsangpo.html

(2)”Tsangpo River Project”, Candle for Tibet, posted by Maryse, 03-01-2009 http://candle4tibet.ning.com/profiles/blogs/tsangpo-river-project

(3) « China admits to Brahmaputra project”, IST,Indrani Bagchi,TNN, The Economic Times, 22-04-2010.

http://economictimes.indiatimes.com/news/politics/nation/China-admits-to-Brahmaputra-project/articleshow/5842624.cms

(4) “Chinese engineers propose world’s biggest hydro-electric project in Tibet”, Jonathan Watts, Asia environment correspondent, The Guardian, 24-05-2010. http://www.guardian.co.uk/environment/2010/may/24/chinese-hydroengineers-propose-tibet-dam


Publié le 31 mai 2010 par marlene dans Barrages,Chine,eau,énergie,Préjudice écologique

Le Nil, une ressource disputée.

Bonjour,

Sept pays d’Afrique orientale souhaiteraient profiter des eaux du Nil pour se développer. Réunis mi-mai à Entebbe, en Ouganda, L’Ethiopie, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, la République démocratique du Congo, le Rwanda,  et le Burundi, réclament un partage plus équitable des eaux du fleuve. L’Egypte et le Soudan, déserts irrigués par le Nil, rejettent un  processus qui remettrait en cause un accès historique privilégié au plus long fleuve d’Afrique.

Un Nord arrosé, un Sud aride.

Le Nil, qui a porté l’Islam sur le continent africain, et qui bien plus tard, a permis à l’Angleterre de repousser les frontières de son Empire colonial sur les marges orientales, s’étend sur plus de 6800 km. C’est l’un des plus longs fleuves du monde. Son bassin, qui occupe plus de 3 millions de km², environ 10% du continent africain. Il traverse dix pays :le Burundi, la République démocratique du Congo, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, l’Ouganda et la Tanzanie. Le fleuve naît à Khartoum, de la confluence du Nil Blanc, venu du Lac Victoria – partagé par l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie – et du Nil Bleu,  qui prend sa source dans le Lac Tana, dans les hauts – plateaux éthiopiens.  C’est aussi le Nil Bleu qui contribue à 70% du débit annuel du fleuve. D’ailleurs, le Nil est principalement alimenté par les pays situés en amont, sur un territoire qui couvre 20% seulement de son bassin. Puis il s’écoule vers un nord plus aride, où l’apport en eau est minimal, et l’évaporation intense. Cette différenciation Nord-Sud, un Sud qui nourrit le fleuve et un nord aride, est soulignée par le régime des pluies. Les pluies tropicales abondantes de la région des Grands Lacs et du sud-ouest éthiopien contrastent avec les faibles précipitations relevées en Egypte et au Soudan. Il tombe entre 900 et 1500-1900 mm de pluies par an au Burundi, au Congo, et au Rwanda. La moyenne égyptienne hésite entre zéro et 120 mm par an. Celle du Soudan part aussi de zéro, mais peut grimper à1610 annuels.  Autre différence, le Nil n’a pas la même importance pour tous les pays qui partagent son bassin. En République démocratique du Congo, le fleuve ne représente qu’une petite part des ressources totales du pays. A l’opposé, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan, et l’Egypte dépendent du Nil pour leur approvisionnement. Au Burundi et au Rwanda, l’eau se renouvelle à l’intérieur des frontières. En Egypte et au Soudan, l’eau provient surtout de l’extérieur. (1) C’est sans doute pourquoi ces deux grands pays, désertiques et dépendants, défendent un accès privilégié au Nil, accordé par le colonisateur britannique en 1929.

Développement et démographies.

Le traité de 1959, qui prolonge et modifie celui de 1929, sert les projections égyptiennes. Le texte de 1959 alloue 75,7% du débit du Nil, 55,5 milliards de m3, à l’Egypte. Le Soudan, qui réclamait plus, obtient 24,3%, 18,5 milliards de m3. De plus, le Caire dispose d’un droit de veto sur les aménagements susceptibles de réduire le débit du fleuve. Les pays situés en amont ont toujours contesté la validité d’un traité pour lequel ils n’ont pas été consultés, Ethiopie en tête. (2)L’Ethiopie, en crise avec l’Egypte depuis la Seconde Guerre mondiale, prétend que la contribution de son territoire aux eaux du Nil – plus des deux tiers du débit exploité par l’Egypte et le Soudan – devrait lui autoriser un  meilleur accès. Les pays situés en amont,  où la démographie explose et les forêts reculent, comptent aujourd’hui sur le Nil pour développer des projets d’irrigation, et construire des barrages hydro-électriques. (3)  L’Ethiopie ambitionne déjà d’exporter de l’électricité. En aval, l’Egypte plus développée, est également confrontée à une démographie galopante. Sa population de 80 millions d’habitants, qui pourrait doubler d’ici le milieu du siècle, manquera d’eau. (4)

M.J

Nil / Population / UNEP

(1) « Water sharing in the Nile River Valley», Diana Rizzolio, UNEP/DEWA/GRID-Geneva-DR-January-June 1999- January-June 2000 http://www.grid.unep.ch/activities/sustainable/nile/nilereport.pdf

(2) » Les enjeux actuels du partage du Nil entre craintes égyptiennes et rancœur éthiopienne », Frédéric Lasserre, Département de Géographie, Université de Laval, 2003, http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2003/lasserre2/article.htm

(3) « Région des Grands Lacs africains : collapse Nature-société pronostique. »Alain Cazenave-Piarrot. [email protected]

Publié le lundi 8 février 2010

http://geographica.danslamarge.com/REGION-DES-GRANDS-LACS-AFRICAINS.html

(4) « Démographie Egypte : un défi majeur », GéoPopulation, Informations, données, classements, statistiques et cartes sur les pays du monde

http://www.geopopulation.com/20080610/demographie-egypte-defi-majeur/


Publié le 25 mai 2010 par marlene dans Afrique,Developpement,eau,Préjudice écologique,Urbanisation

L’or noir, un mauvais filon pour le delta du Mississipi.

Bonjour,

La nappe de pétrole, qui s’échappe d’un forage off-shore planté dans le Golfe du Mexique, s’approche des marais du delta du Mississipi. Cette marée noire risque de fragiliser l’équilibre de zones humides, déjà malmenées par plus d’un siècle d’exploitation pétrolière.

Les bayous, au cœur du système deltaïque.

La côte de la Louisiane s’ouvre sur un système deltaïque, formé par un manteau de sédiments drainés par le Mississipi et les fleuves associés, le Missouri, l’Arkansas, l’Ohio. Ce delta, qui a récupéré des matériaux en provenance de tout le pays, s’est déplacé plusieurs fois  au cours d’une histoire longue d’au moins un million d’années. C’est un système littoral complexe, la plus vaste zone humide littorale des Etats-Unis, un mélange d’eaux douces et d’eaux salées.  La Louisiane compte environ 6600 km² de zones humides alimentées par les marées, et environ 3560 km² dominées par l’eau douce. (1) Cette diversité produit  des paysages de mangroves, baignées d’eaux salées et d’eaux douces, de lagunes, et de marais. C’est ici que se multiplient les bayous , des marais installés dans les méandres abandonnés du Mississipi, et de ses affluents. Cet écosystème, dominé par les eaux douces, constitué de sédiments meubles, ancré et oxygéné par un système racinaire, abrite des dauphins, des lamantins, des alligators, des hérons, des aigrettes, des écrevisses et des crevettes. Les oiseaux y font escale, les poissons viennent y pondre, les crabes et les crevettes y naissent. Les Bayous, ce sont des milliers de kilomètres de voies navigables qui  s’écoulent très lentement vers la mer à marée basse, et remontent à marée haute. Les Bayous, qui par extension désignent l’ensemble des paysages marécageux du Sud de la Louisiane, s’offrent aujourd’hui à la nappe de pétrole. Sale temps pour les hérons et les oiseaux migrateurs.

Image de prévisualisation YouTube

Les stigmates du pétrole.

Il y a trois ans, Robinson Fulweiler, océanographe et spécialiste des milieux côtiers, est en mission dans les paysages deltaïques du Mississipi. Elle remarque : « La présence humaine interrompt la beauté naturelle et l’immensité  du littoral de la Louisiane. Au-delà des marécages et à l’extérieur des bayous, les plate- formes pétrolières semblent partout signaler les oléoducs souterrains. »(1) En 2006, Rodolphe De Koninck, géographe canadien, annonce 44 000 km d’oléoducs déployés à travers l’Etat, sans compter les 5500 km de gazoducs. L’industrie du pétrole, qui fait irruption dans le delta du Mississipi au début du siècle dernier, se développe surtout dans l’immédiat après-guerre. C’est aussi le temps des forages off-shore. Toujours en 2006, le géographe comptabilise 180.000 forages, en terre et en mer, fermés ou actifs. (2)Le pétrole, qui porte la Louisiane, 10% des réserves américaines connues, 3° producteur du pays, et 80.000 emplois en 2007, a laissé des stigmates dans le delta et aux alentours. (3) (2) Les installations pétrolières et les raffineries font désormais partie du paysage. L’extraction des hydrocarbures a contribué à affaisser les sols meubles de la plaine deltaïque. Le pétrole et l’aménagement du fleuve ont encore bouleversé les écosystèmes. La faune et la flore déclinent, les marais s’assèchent. Une dégradation qui nuit à la pêche, l’autre grande industrie de la Louisiane, qui fournit le quart des fruits de mer américains. C’est aussi le plus gros producteur de crevettes et d’huîtres du pays. (2) (3) Bien avant que la nappe d’huile se profile près de ce système côtier, l’eau salée envahissait des milieux plus à l’aise dans l’eau douce, les terres diminuaient, et des zones humides étaient définitivement inondées. .Depuis le début des années 30, on estime que la Louisiane a perdu environ 5000 km² de zones humides. On parle de l’équivalent d’un terrain de tennis qui disparaîtrait toutes les 15 minutes. (1)

Les pêcheurs, au chômage, multiplient les barrières flottantes à l’entrée des marais pour empêcher la nappe de les pénétrer. Ils veulent protéger leur environnement, qui est aussi leur gagne-pain. Dans la presse, certains témoignent de la colère. Mais dans un pays addict au pétrole, dans une région qui en vit, il se dégage aussi un certain fatalisme : « C’est comme les ouragans, (…) nous sommes habitués à ce qu’ils nous touchent, puis nous nettoyons, et la vie continue. » (4)

M.J

(1) United States Geological Survey (USGS) and the Louisiana Department of Fish and Wildlife (LDWF) Louisiana, d’après « The Louisiana Wetlands: An Introduction -Science Tales from the Red Stick. », Robinson Fulweiler, December 2007. http://www.thenakedscientists.com/HTML/articles/article/thelouisianawetlandsanintroduction/

(2) » Le delta du Mississippi : une lutte à finir entre l’homme et la nature » Rodolphe De Koninck, Herodote, N°121 – Menaces sur les deltas, (deuxième trimestre 2006), pp33-36 http://www.herodote.org/spip.php?article223

(3) Gouvernement de Louisiane. http://doa.louisiana.gov/about_economy.htm

(4) “Oil spill’s human impact: Oil and fish define south Louisiana’s working life”, Bill Sasser,  Venice, Louisiana, The Christian Science Monitor, 01-05-2010http://www.csmonitor.com/USA/2010/0501/Oil-spill-s-human-impact-Oil-and-fish-define-south-Louisiana-s-working-life


Publié le 5 mai 2010 par marlene dans Actualité,Préjudice écologique,USA
Tags :: , , ,

Les « e-déchets », une « e-opportunité » pour le Sud ?

Bonjour,

La géographie de la production de déchets électroniques est en train de glisser vers le « Sud », et les pays émergents. Si les Etats-Unis, qui accumulent chaque année 3 millions de tonnes de « e-déchets », cellulaires, ordinateurs, imprimantes, ou frigidaires, restent les leaders de la pollution électronique planétaire, ils sont aujourd’hui talonnés par la Chine. Les Chinois, qui récupèrent toujours l’électronique obsolète des pays riches pour la recycler, se débarrassent chaque année de  2,3 millions de tonnes de « e-déchets », production maison. Hausse du niveau de vie, et accès à la consommation expliquent. Et ce n’est pas fini. Un rapport de l’ONU,  publié fin février, multiplie par 7 le nombre de téléphones mobiles qui seront jetés en 2020 en Chine, estimation rapport à  2007. En Inde, pour la même période, le nombre de portables abandonnés sera multiplié par 18. D’ici à une dizaine d’années, en Inde, en Chine, et en Afrique du Sud, l’ONU prévoit que le nombre d’ordinateurs hors d’usage augmentera de 400 à 500%. En Colombie, au  Kenya, on consomme de plus en plus d’électronique, frigos, télés, PC, imprimantes, cellulaires, appelée à finir à la benne, aujourd’hui ou plus tard. Le Brésil, le Mexique, et le Sénégal, produisent déjà plus d’ordinateurs usagés par habitant que les onze pays émergents, visés par cette étude. (1)

Un recyclage anarchique.

Contribution des pays émergents et  augmentation attendue du volume de « e-déchets », une accumulation qui pèse sur la question du recyclage. Les « e-dechets » voyagent traditionnellement des pays du Nord vers ceux du Sud, la Chine, l’Inde, le continent africain, ou l’Indonésie. A l’issue d’un périple, souvent illégal, les machines sont désossées par une armée de travailleurs pauvres. Ils travaillent sans protection, en plein air, pour récupérer dans le ventre d’un ordinateur aux performances dépassées, ou dans celui d’une télévision déchue par la génération des « écrans plats » tout ce qui peut se vendre, plastique, cuivre, ou débris d’or. Les recycleurs, exposés à des gaz, des solutions acides, ou des fumées toxiques, libèrent  aussi du mercure ou du plomb, qui finit dans le paysage environnant. En Chine, la rivière Lianjiang, située à proximité d’un centre de recyclage, présentait en 2005 des taux de plomb 2400 fois plus élevés que ceux admis par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). (2) Dans ce rapport intitulé « Recycler – Du déchet électronique à la ressource », l’ONU propose d’organiser une filière du tri, moins agressive, et source d’emplois pour les pays émergents.

Une « e -opportunité » ?

« Il faut que les déchets de l’un deviennent les matières premières de l’autre », simplifie Konrad Osterwalder, sous – secrétaire général de l’ONU. Plus compliqué, il s’agit de structurer et de formaliser l’activité du tri pour adoucir les conditions de travail des recycleurs, et épargner leur lieu de vie. Il s’agit aussi de récupérer un certain nombre de matières premières pour les réutiliser. Une façon de limiter l’extraction minière, et son impact environnemental. Ce recyclage « encadré » serait une étape intermédiaire vers une « économie verte », créatrice d’emplois réguliers et plus décents. Plus facile à dire qu’à faire car le bricolage d’ordinateurs et de portables hors d’usage est une activité souvent informelle, éclatée, et anarchique. La Chine, principale destination du « e-waste » en provenance des pays développés malgré l’interdiction d’importation, leader du dépeçage informel, est le mauvais élève du groupe. Les « e-déchets » y sont souvent brûlés pour un gain mineur, comparé à la pollution produite. A l’inverse, le Brésil, la Colombie, le Mexique, le Maroc, et l’Afrique du Sud, où le secteur informel est limité, présenteraient un terrain intéressant pour développer un recyclage propre. Mais pas si simple d’exporter des capitaux, des technologies, et des savoirs, pour organiser un tri dans des pays habitués à une « récup » de survie. D’ailleurs, le rapport propose que certaines opérations délicates, traitements de circuits électroniques ou de batteries, soient effectuées dans les pays riches, qui maîtrisent ce savoir-faire. C’est aussi une bonne idée de déplacer la géographie du traitement de certains « e-déchets » vers le « Nord », et les pays riches.

M.J

Image de prévisualisation YouTube

(1) Chine, Inde, Afrique du Sud, Ouganda, Sénégal, Kenya, Maroc, Brésil, Colombie, Mexique, Pérou.

(2) « Les déchets électroniques, la face cachée de l’ascension des technologies de l’information et des communications. » PNUE, GRID Europe, Janvier 2005 http://www.grid.unep.ch/product/publication/download/ew_ewaste.fr.pdf


Publié le 9 mars 2010 par marlene dans déchets,Préjudice écologique,Santé.
Tags :: , ,

Chine: une agriculture qui pollue.

Bonjour,

L’agriculture empoisonne l’eau en Chine. C’est le constat d’une première étude nationale sur les sources de pollution, communiquée il y a quelques jours par Pékin. Les  fertilisants et les pesticides utilisés pour doper et protéger les cultures seraient plus néfastes pour l’environnement que les rejets industriels. (1) Le développement d’une agriculture productive, amorcé dans les années 80, s’est accompagné d’une utilisation massive, et anarchique, de produits chimiques, destinés à accroître les rendements. Beaucoup de paysans, notamment dans le Sud du pays, utilisent ces additifs pour valoriser des lopins de terre d’environ un demi-hectare. Ces mauvaises pratiques agricoles se déclinent à l’échelle d’un immense territoire, encore largement rural. La terre, qui employait 80% de la population chinoise dans les années 60, occupe aujourd’hui environ 40% des actifs. (2)(3) Cette agriculture, vieille de 5000 ans, empêchée par un certain nombre de contraintes naturelles, reliefs, climats, avancée des déserts, installée dans la partie Est du territoire,a pour mission de nourrir une population qui dépasse largement le milliard.(2) Une tâche énorme dont elle ne peut s’acquitter sans la mécanisation des exploitations, ni sans ces engrais et ces pesticides qui gonflent la production. Cette étude environnementale, menée pendant deux années, montre que trois décennies de mauvaises pratiques agricoles ont laissé des traces dans l’environnement, et notamment dans l’eau. Elle révèle que près de la moitié de la quantité de DCO – demande chimique en oxygène, marqueur du degré de pollution des eaux – provient de l’agriculture. On lui attribue encore 67% des rejets de phosphates et 57% des nitrates . (1) L’agriculture participerait donc activement à une pollution qui souille 95% des nappes phréatiques, et 70% des lacs et des rivières, estimations antérieures à l’étude.(4) Les industriels de la chimie, qui poussent les agriculteurs à la consommation – exemple, CNOOC , leader des fertilisants chargés en nitrates –, contribuent à ce gâchis. La multiplication de troupeaux et des fermes aquacoles, viande et poisson désormais au menu d’une civilisation habituée aux céréales, pèsent encore sur l’environnement. Une autre étude, parue quelques jours plus tard dans la revue Science, montre que l’usage croissant de fertilisants à base de nitrates entraîne une acidification des sols. Ce qui, à terme, pourrait ruiner des terres qui n’auront même plus besoin d’engrais puisque rien n’y poussera. (5)

L’agriculture « bio »? En 1990, les Autorités lancent le programme « Green Food », « garanti » avec moins d’engrais et de pesticides, mais non validé en Europe.  En 2005, le « bio » devient plus « bio », deux millions d’hectares sont plantés, 1400 structures agricoles sont certifiées. On  prédit de beaux jours au « bio » chinois, mais avec 0,02% de la production agricole – dont la moitié est exportée –, il reste à l’état d’échantillon. (6) (7)

M.J.

Image de prévisualisation YouTube


(1)“Chinese farms cause more pollution than factories, says official survey”, Jonathan Watts, The Guardian, 9-02-2010, http://www.guardian.co.uk/environment/2010/feb/09/china-farms-pollution

(2) »L’Agriculture en Chine », Wikipedia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_en_Chine

(3)” Economie de la République populaire de Chine”, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_la_R%C3%A9publique_populaire_de_Chine

(4) « En Chine, la guerre de l’eau aura bien lieu »,  Frédéric Koller, Université de Laval, in Le Temps, Genève, 06-01-2006 http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/eh/F/cause/lectures/chine__la_guerre_de_l%27eau.htm

(5) In « Chinese farming practices are acidifying soil.”, Jeremy Hance, mongabay.com
11-02- 2010
http://news.mongabay.com/2010/0211-hance_acidsoils.html

(6) « Agriculture chinoise : utilisation massive de pesticides et développement du bio »,Vannina Pomonti de Pékin (Chine), Novethic,15/01/2007http://www.google.fr/search?hl=fr&client=firefox-a&channel=s&rls=org.mozilla%3Afr%3Aofficial&hs=WI1&q=pesticides+agriculture+chine&btnG=Rechercher&meta=&aq=f&oq « Le bio “made in China”, Le Courrier : Quotidien Suisse Indépendant,  18-07-2006. http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=41838


Publié le 17 février 2010 par marlene dans Agriculture.,Chine,eau,Préjudice écologique
Tags :: , , ,