Environnement
Un blog sur la géo-environnement

L’UNEP veut épurer les océans.

Image de prévisualisation YouTube

Bonjour,

L’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’Environnement ) lance une campagne contre les objets flottants qui empoisonnent la vie des mers. Dans un rapport intitulé «Déchets marins: un défi mondial» (1), le PNUE et Ocean Conservancy révèlent les principales sources de pollution marine, assortie d’une géographie des mers souillées par les rejets de notre civilisation. Principale accusée par l’ONU, la poche plastique : « Les sacs en plastique qui étranglent la vie marine, devraient être interdits ou éliminés rapidement partout dans le monde. Il y a justification « zéro » pour continuer à les fabriquer, où que ce soit », a martelé Achim Steiner, directeur du Programme d’Environnement de l’ONU. (2)

Plastique et cigarettes.

Les plastiques, sacs et bouteilles de boissons, représentent plus de 80% des déchets collectés sur l’espace maritime balayé par le rapport du PNUE. (3) Avec des conséquences sur la vie marine. Les débris plastique, qui se fragmentent en cours de voyage, sont consommés par des espèces situées au bas de la chaîne alimentaire. Le plastique collecte des composants toxiques, aborbés par d’autres organismes. Des mammifères marins, des oiseaux, des poissons et des tortues le confondent souvent avec leur nourriture. Et il n’est pas rare qu’une tortue marine prenne une poche flottante pour une méduse. En Mer du Nord, une enquête menée sur cinq ans a montré que 95% des oiseaux marins avaient du plastique dans l’estomac. En Atlantique du Nord-Est, d’autres études, ont mis en évidence des bouts de plastique, datés des années 60, dans le plancton marin. Sansparler des apports plus récents. Une partie de la production mondiale de plastique, estimée à 225 millions de tonnes par an, continue sa vie dans les mers et les océans de la planète. Les plastiques partagent la palme de la pollution marine avec les déchets liés aux cigarettes. Filtres, paquets de cigarettes, et bouts de cigares, la Méditerranée est devenue un bureau de tabac flottant, 40% des déchets marins. En Equateur, c’est pire, les fumeurs occasionnent plus de la moitié de la pollution côtière.

Tourisme et courants marins.

Le rapport du PNUE épingle encore le tourisme, responsable de plus de 75% de la pollution estivale en Méditerranée. En Mer baltique, au Japon et en Corée, les activités récréatives occasionnent environ la moitié des déchets marins. En Jordanie, elles provoquent plus des deux tiers des déchets littoraux, contre 30% pour la navigation et l’économie portuaire, et seulement 3¨% pour l’industrie de la pêche. En Thaïlande, les plages sales nuisent à un tourisme qui compte beaucoup pour le pays. Le rapport souligne que les déchets échoués sur le rivage ne sont pas une fatalité. Maurice et les Seychelles, destinations très touristiques bien gérées, offrent des plages propres. Mais, il reste difficile de se battre contre les courants marins qui font voyager les détritus. La côte Est de l’île de Mahé, aux Seychelles, n’a pas été épargnée par une arrivée de déchets emmenés par la mousson du Sud-Est. De même que les ordures mises à l’eau sur la côte Ouest de l’Australie dérivent fréquemment juqu’à la côte Est de l’Afrique du Sud.

Questions de coûts.

Urbanisation galopante, boom industriel et portuaire, récupération de navires bons pour la casse, ou navigation irrespectueuse, la mer souffre des activités humaines. En Australie, les villes seraient responsables d’une grande partie des détritus échoués sur la plage. En Asie du Sud-Est, près d’un milliard d’individus vit près des côtes, et y laisse des traces durables. Les rivages de la mer Caspienne portent les stigmates de l’industrie pétrolière et de l’immobilier, notamment en Iran et en Azerbaïdjan. Dans le Sud asiatique, le démantèlement des gros navires multiplie les débris et les fragments de métaux sur l’espace littoral. En Inde, dans la région de Gujarat, la casse des navires s’étend sur 10 kilomètres de plage. Les eaux y recueillent de gros éclats de peinture, des bouts d’acier, et tout un tas de rejets non dégradables, tous prêts pour une croisière en mer. Le trafic maritime contribue à cette pollution généralisée des mers. Il est moins coûteux de se débarrasser des déchets en mer que de payer les services d’une décharge aménagée sur la terre ferme. Pour éviter cette pollution au large, certains ports de la Baltique offrent la prise en charge des poubelles des navires. Un calcul intéressant, pour l’environnement marin, et pour le budget des territoires côtiers. La municipalité de Ventanillas, au Pérou, a calculé que le nettoyage de sa frange côtière lui coûterait deux fois le budget annuel destiné à l’entretien des places publiques et des jardins. Effet dissuasif, en 1993, le navire de croisière Regal Princess , qui naviguait dans les eaux américaines, a pris une amende de 500.000 US $ pour avoir jeté par-dessus bord vingt sacs d’ordures….

Bannir le plastique et recycler.

Pour Achim Steiner, «Les détritus marins sont symptomatiques d’un plus grand malaise : le gaspillage et la mauvaise gestion des ressources naturelles. Les sacs plastique, les bouteilles, et les autres débris qui s’accumulent dans les océans et les mers pourraient presque disparaître par la réduction des déchets, ou le recyclage. » (4) La Chine et l’Irlande agissent pour freiner l’usage des sacs plastique. Aux Etats-Unis, San Francisco les a bannis. Los Angeles s’y prépare. Washington propose de les taxer, quand New-York et Philadelphie s’y refusent.(2) Les Philippines, qui ont entendu l’appel de l’UNEP, se disent prêts à troquer les sacs plastiques contre des solutions plus écologiques.(5) En Afrique de l’Est, on choisit le recyclage, qui crée quelques emplois….

Image de prévisualisation YouTube

M.j

(1)Rapport UNEP/ PDF : http://www.unep.org/regionalseas/marinelitter/publications/docs/Marine_Litter_A_Global_Challenge.pdf

(2) « U.N. environmental chief urges global ban on plastic bags, Grace Chung”, Miami Herald / associated Press, 08-06-09http://www.miamiherald.com/news/politics/AP/story/1088116.html

(3) Mer Baltique, Mer Caspienne, Mer Noire, Mer Méditerranée, Caraïbes, Atlantique Nord, littoraux asiatiques, Est et Sud, Afrique de l’Est, Golfe d’Aden, Océan Indien, Pacifique, Nord-Ouest et Sud.

(4) Dossier de presse : http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=589&ArticleID=6214&l=en

(5)” Green group urges ban on use of plastic bags – Echoes UN call to reverse marine pollution”, Alcuin Papa, Philippine Daily Inquirer, 06-11-2009 http://newsinfo.inquirer.net/breakingnews/nation/view/20090611-209895/Green-group-urges-ban-on-use-of-plastic-bags


Publié le 16 juin 2009 par marlene dans Actualité,Préjudice écologique
Tags :: , ,

BAD barrages.

Bonjour,

La Banque asiatique de développement (BAD) s’inquiète des conséquences de la crise financière pour l’économie des pays asiatiques. Elle s’engage à tripler son capital pour financer des infrastructures, afin de booster les économies locales, et réduire la pauvreté. Cette réponse à la crise, défendue à Bali début mai, lors de la réunion annuelle de la BAD, rencontre un front d’opposition. Des ONG internationales, surtout originaires du voisinage asiatique, et des organisations locales, association de fermiers et de femmes, environnementalistes et anti-dettes, syndicats de mineurs et de pêcheurs, ne partagent pas cette vision du développement. (1) Pour ce front de résistance qui a fait le déplacement jusqu’à Bali, les grands travaux alimentent la dette des pays engagés. Ils bouleversent l’environnement et déplacent les populations concernées par ces projets, sans vraiment répondre à leurs besoins. Le barrage du West-Seti – une région située au Nord-Ouest du Népal – illustre l’inclinaison de la BAD à financer de gros travaux inadaptés.(2)

De l’électricité destinée à l’Inde.

Avec un système fluvial aux débits rapides, le Népal est un peu l’Eldorado pour les barrages. 90% de l’électricité népalaise vient de ses ressources hydriques. Le gouvernement veut aussi exploiter ce potentiel pour alimenter ses puissants voisins gourmands en énergie, l’Inde ou la Chine. Il cherche des investisseurs pour financer ces gros travaux. La BAD, la China Exim Bank, l’une des banques chinoises impliquées, et quelques investisseurs privés, misent sur un ouvrage qui ne fait pas l’unanimité. La société civile népalaise, appuyée par un réseau international, s’oppose à un ouvrage qui devrait avaler plus de 2300 ha de terres cultivables, de forêts, de prairies, bouleverser les écosystèmes, et déplacer plus de 10.000 personnes, dont la plupart re-installées hors de leurs terres d’origine. Le bénéfice sera pour l’Inde, qui devrait importer 90% de l’électricité produite par le barrage du West-Seti. Les impacts négatifs du projet ne sont pas pris en compte par le gouvernement népalais, qui a donné son feu vert. La BAD semble également ignorer les conséquences environnementales et humaines de cet aménagement, pourtant peu conformes aux recommandations de la Commission mondiale sur les Barrages, un organisme de contrôle indépendant. (3) A Bali, le NGO Forum on ADB, une organisation qui pousse la BAD à devenir plus vertueuse, a dénoncé : « La banque collectionne les antécédents de grandes infrastructures qui déplacent massivement des populations pauvres, détruisent les forêts et les systèmes fluviaux dont ces communautés dépendent ». (2)

Le prix du kilo de poissons.

Selon International River Network, une ONG américaine qui protège les bassins fluviaux et les populations asociées, le Népal a déjà connu un précédent avec le barrage d’Arun III. En 1995, la Banque mondiale s’était retirée d’un projet qui ne répondait pas aux besoins énergétiques d’un pays pauvre. Et dont les populations, isolées, avaient peu de chance de bénéficier du réseau électrique. En Asie du sud-Est, International River s’intéresse au bassin du Mékong, source de vie et de protéines pour 60 millions de personnes. Et espace convoité pour les bâtisseurs de barrages. La BAD y porte le développement du réseau électrique. La Chine, le Laos, le Vietnam, le Cambodge, ou le Myanmar (Birmanie) projettent une série d’aménagements sur le cours principal du Mékong, et ses affluents, au risque de bouleverser les paysages et leurs équilibres, sans grand profit pour les populations. En Chine, la cascade d’ouvrages installés sur le Haut-Mekong, dans la province du Yunnan, a perturbé les rythmes du fleuve, avec des conséquences sur la réserve halieutique, et 20 millions de personnes. (4) Au Laos, le projet hydro-électrique de Theun-Hinboun, porté par l’ADB, a paupérisé 30.000 personnes, les privant d’une source de revenus. (5) En 2008, l’organisation américaine pointe le mauvais rapport « coûts-bénéfices » des barrages de Kamchay et de Stung Atay, au Cambodge. Sous prétexte d’apporter de l’électricité à un pays qui en manque, les deux ouvrages vont déraciner des populations et inonder des forêts protégées. Les Chinois, qui profitent de l’intérêt des autorités cambodgiennes pour l’hydro-électricité, ont largement financé des projets, aux études d’impact incertaines.(6) De son côté, la BAD mise sur un Cambodge « importateur d’électricité », avant de devenir « exportateur ». (7) Au Vietnam, la BAD a prêté 196 millions de dollars pour développer un projet hydro-électrique dans le centre du pays, communautés déplacées et inquiétudes pour la reproduction des poissons. (8) Sur le Forum de discussion de Khmer-network, on peut lire : « Savez –vous ce que coûte un kg de poissons quand il n’y en a plus ? » (7)

Une résistance locale, des réseaux transnationaux.

En Asie, ou ailleurs, les grands barrages témoignent de conflits d’intérêts qui opposent bailleurs de fonds, décideurs, et bâtisseurs, aux populations malmenées par ces grands travaux. Les premiers s’accrochent à une vision du « développement » qui passe par la maîtrise des fleuves, le béton, et l’électricité. Sans oublier leurs intérêts financiers. Les autres aspirent à préserver un milieu qui les accueille et les nourrit depuis des générations. La résistance locale à ces grands travaux, qui a émergé dans les années 80, est aujourd’hui portée par une opposition transnationale, qui via les réseaux et internet, se fait de plus en plus entendre. Ils étaient environ un millier à Bali.(1)

M.J

Exemple au Myanmar…

Image de prévisualisation YouTube

(1) Indonesian Indian Farmer (SPI), Women’s Union, Friends of the Earth Indonesia (WALHI), Anti-Debt Coalition, People’s Coalition for Fisheries Justice, mining Advocacy Network…« NGOs plan protest at ADB’s Bali meeting”, The Jakarta Post,May 12, 2009, http://www.thejakartapost.com/news/2009/04/15/ngos-plan-protest-adb%E2%80%99s-bali-meeting.html

(2) « ADB head : Asia must tackle poverty, climate change”, Stephen Wright, Associated Press, 05-04-2009. http://www.syracuse.com/newsflash/index.ssf?/base/business-5/1241425437317650.xml&storylist=new_topstories

(3) International River Network, http://internationalrivers.org/en/south-asia

(4) New Scientist, mai 2004.

(5) International Rivers http://www.internationalrivers.org/en/southeast-asia/laos/theun-hinboun

(6) AFP, 29 Janvier 2008, http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(7) http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(8) Romandie News / AFP, 27 juin 2008. http://www.romandie.com/infos/news2/080627050428.ob6ow77y.asp


Publié le 19 mai 2009 par marlene dans Actualité,Developpement,eau,Préjudice écologique
Tags :: , ,

Le message écolo du Plastiki.

Bonjour,

David de Rothschild devrait bientôt quitter la baie de San Francisco à bord du Plastiki, un bateau conçu à partir de bouteilles plastique et de matériaux recyclés. Cet « activiste » écolo, représentant de la branche anglaise de la célèbre famille de banquiers, entreprend un voyage à travers le Pacifique pour attirer l’attention sur le « Great Pacific Garbage Patch ». Une « mer intérieure » peuplée de bouts de plastique.

L’espérance de vie d’un bout de plastique…

C’est pour dénoncer cette pollution que l’aventurier a imaginé un catamaran de 20 mètres, un modèle de récup. La coque est remplie de 12000 bouteilles de plastique. La cabine et les cloisons ont été réalisées à partir de matériaux recyclés, principalement des toiles reconstituées à base de plastique. Le design a demandé trois ans de recherches. Quelques retouches ont retardé un départ prévu fin avril, et annoncé pour l’été 2009. Le bateau devrait parcourir 2720 kilomètres, de San Francisco à Sydney, en passant par Hawaï, les îles Bikini, et Vanuatu. De Rothschild, qui invite à bord une équipe de chercheurs, devrait prélever des échantillons d’eau souillée, et réaliser un journal de bord multimédia. Il veut témoigner de l’espérance de vie d’un morceau de plastique, échappé d’une ville de la côte asiatique ou de Californie, porté par les courants et les tourbillons, qui finit sa course dans la spirale du Nord-Pacifique.

La « soupe de plastique »

Ce bassin de déchets flottants, qui se balade entre San Francisco et Hawaï, d’une superficie supérieure à celle de la France, a été découvert il y a une dizaine d’années par l’océanographe Charles Moore. Il témoigne plus tard : «J’étais confronté, aussi loin que se portait mon regard, à la vision d’un bout de plastique. » (1) Pendant une semaine, le bateau de Moore navigue dans cette eau couverte de résidus de la société de consommation, bouchons, bouteilles, emballages, fragments de plastique, ou pneu de camion. Charles Moore rebaptise l’étendue polluée, la « Great Pacific Garbage Patch » devient la « plastic soup », « la soupe de plastique ». Les scientifiques estiment qu’elle contient six fois plus de plastique que de plancton, conséquences écologiques assorties. Les oiseaux de mer et les poissons, qui se trompent forcément de nourriture, ingèrent des bouts de plastique. Ces corps étrangers rejettent aussi des polluants, PCB ou pesticides, qui empoisonnent la chaîne alimentaire. Les populations d’albatros du Nord-Ouest d’Hawaï, sanctuaire national américain, sont encore affectées par cette marée de plastique.

Image de prévisualisation YouTube

David de Rothschild veut refaire le voyage de Kon-Tiki, d’où le nom de son bateau. En 1947, l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl s’était embarqué sur un radeau de rondins pour tenter de rejoindre les îles polynésiennes depuis l’Amérique du Sud. Et vérifier son hypothèse du peuplement de l‘Océanie. Soixante ans plus tard, le jeune navigateur souhaite montrer que l’on peut recycler le plastique, son bateau le prouve. Il veut aussi témoigner de ce qui arrive, si on ne le fait pas. Le message écologique, retardé pour des problèmes techniques, est porté par un bateau aux réactions incertaines en cas de navigation difficile. Sans parler de l’explorateur qui avoue, lui-même, ne pas avoir le pied marin. (2) Good luck, Mr De Rothschild.

Image de prévisualisation YouTube

M.j

(1)”Eco warrior on voyage to “plastic soup” of Pacific”, robin McKie, New Zealand Herald, 13-04-2009 http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10566328

(2)”Voyage of the Plastiki”, “The perils of innovation on the high seas”, Paul Kvinta, National Geographic, October 2008. http://adventure.nationalgeographic.com/2008/10/david-de-rothschild/plastiki-text


Publié le 4 mai 2009 par marlene dans Actualité,Ecosystèmes.,Préjudice écologique
Tags :: , , ,

Des « e-déchets » mieux traités chez les autres…

Bonjour,

Les « e-déchets »  sont mieux traités chez les autres. C’est pour cela que le monde occidental, Europe et Etats-Unis en tête, envoie ses vieux frigos, ses imprimantes en fin de vie, ou ses ordinateurs devenus obsolètes, vers les pays en voie de développement. Chaque année, des millions de tonnes de déchets électroniques, chiffres en hausse , sont débarqués en Chine, en Inde, ou en Afrique. Et c’est souvent sous prétexte d’une aide à l’informatisation que les Africains récupèrent des ordinateurs, juste bons à ouvrir pour en récupérer les composants. La question du « recyclage » des « e-déchets » est au cœur de ce drôle d’échange « Nord-Sud ».

Quand les « e-déchets » prennent le bateau….

Dans un monde qui consomme de plus en plus d’ordinateurs et de téléphones portables, à durée de vie de plus en plus courte, le tas de « e-déchets » gonfle à vue d’œil. D’après Greenpeace, chaque année, 20 à 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits dans le monde. Un volume qui augmente de 3 à 5% par an. Pour se faire une idée plus précise, chaque jour, 350.000 téléphones cellulaires et 130.000 ordinateurs sont jetés à la poubelle aux Etats-Unis. (1) De l’autre côté de l’Océan, l’Europe produit environ 8,7 millions de tonnes de « e-déchets ».(PNUE) L’Asie alimente aussi la décharge, 12 millions de tonnes par an. (Greenpeace) L’Inde, pays récepteur, est aussi producteur, 150.000 tonnes par an. (Toxics Alert) Côté recyclage, c’est plus flou. Aux Etats-Unis, une grosse partie du matériel électronique usagé, peut-être 80%, s’exporte par bateau.(1) En Europe, 70% de ces déchets bien encombrants disparaissent dans la nature. Ils s’accumulent plus probablement dans un train, ou s’entassent dans des conteneurs chargés sur un bateau, à destination d’un port africain. (2)

Le ventre empoisonné des ordinateurs.

Après avoir longtemps été expédiées en Chine, en Inde, au Pakistan, en Russie, les cargaisons de « e-déchets » accostent aussi dans les villes portuaires du continent africain, Lagos, Nairobi, Accra, Cotonou, ou Lome. Chaque mois, 500 conteneurs de matériel informatique sont débarqués au Nigéria. (BAN) Au Kenya, on en dénombre une cinquantaine par an, principalement en provenance des Etats-Unis et de Grande Bretagne. (3) Le Ghana est également devenu une destination de choix pour l’informatique déclassée par les Américains et les Européens. (4) En Afrique, où les ordinateurs sont en principe promis à un seconde vie, dans les écoles, les hôpitaux, ou les cybercafés, le matériel débarqué est souvent bon pour la casse. Selon le PNUE, 25% à 75% des ordinateurs qui arrivent chaque mois dans le port de Lagos sont inutilisables. Alors, pour récupérer les composants et les quelques bouts de cuivre qu’ils iront vendre, les pauvres de Lagos, de Nairobi, ou d’Accra désossent ces carcasses à mains nues, et à visage découvert. Ils ne savent pas que ces déchets électroniques contiennent du plomb, du mercure, ou du cadmium. Ils ne savent pas non plus que le plastique brûlé, utilisé pour isoler les fils électriques, libère des substances très nocives. Le paysage encaisse aussi.

Une législation internationale impuissante.

Ce recyclage, bon marché pour les fabricants et les utilisateurs, est aussi le lot de Delhi, de Karashi, et de nombre de petites villes indiennes ou chinoises, improvisées en dépotoirs. La ville de Guiyu , en Chine, est même devenue une plate-forme logistique pour le retraitement des déchets. Des paysans y brûlent des circuits sur des feux de charbon pour récupérer du plomb, pendant que d’autres utilisent de l’acide pour extraire de petits bouts d’or. « Vous voyez des femmes assises brûler des adaptateurs d’ordinateurs portables, avec des rivières de cendres qui dégoulinent des maisons », commente Jim Puckett, fondateur du BAN. (1)Le Basel Action Network est une organisation qui dénonce ces flux de marchandises empoisonnées, pourtant règlementés par la juridiction internationale. La Convention de Bâle, en vigueur depuis 1992, interdit tout échange de déchets contenant des matières toxiques. Chaque pays doit, en principe, traiter sa production sur son sol. Parenthèse, les Etats-Unis n’ont pas signé la Convention. En 2006, la Conférence de Nairobi, qui fait le point sur le transit des déchets dangereux, constate que la Convention de Bâle ne fonctionne pas. A l’échelle européenne, deux textes règlementent le cycle des « e-déchets » (DEEE et ROHF) De son côté, Greenpeace publie un état des lieux trimestriel de la politique de recyclage des entreprises. Pas brillant. Au dernier classement (2008), Nokia qui a implanté 5000 points de collecte de cellulaires usagés à travers 124 pays, arrive en tête. Sony, qui doit recycler la moitié de ses portables et de ses TV, surtout dans les pays riches, peut mieux faire. En bas de liste, Nintendo, avec un zéro pointé en matière de « e-waste. »

M.J

Electronic Waste, Chine et Inde.

Image de prévisualisation YouTube

(1) “E-Waste Not”, by Bryan Walsh, Time

http://www.ban.org/ban_news/2009/090108_ewaste_not.html

(2) « Novethic/ Recyclage ordinateurs : le cadeau empoisonné. »

http://www.novethic.fr/novethic/v3/article.jsp?id=117862

(3) http://www.contaminations-chimiques.info/?2007/11/06/168-vu-du-kenya-nos-dechets-electroniques-detruisent-la-sante-de-centaines-d-enfants

(4) http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/le-ghana-poubelle-pour-les-e-dechets-25740


Publié le 26 mars 2009 par marlene dans Actualité,déchets,Préjudice écologique,Santé.
Tags :: , ,

En vacances dans le Blayais…

Bonjour,

Premier pépin, Tricastin, 74 kilos d’uranium qui se baladent dans la nature, et un système hydrologique contaminé. Second pépin, Romans-sur-Isère, moins préoccupant semble-t-il, rupture de canalisation, et « épanchement d’uranium » consécutif. Premier pépin, pas tout de suite avoué, rien de grave, classement de type 1 sur l’échelle INES, l’échelle des évènements nucléaires, une « anomalie », pas de quoi remettre en cause « l’industrie la plus surveillée du monde » (1), plaide Anne Lauvergeon, présidente d’AREVA. Qui ajoute : « Si à chaque fois que nous sommes transparents nous provoquons des craintes, il y a un problème. » En vacances près d’une centrale nucléaire, ma famille y réside, cette volonté d’épargner du souci aux populations riveraines me touche. La centrale du Blayais, mise en service en 1986, ne présente pas une fiche « sécurité » impeccable. Inondation inquiétante lors de la grande tempête de 1999, quelques jours avant de connaître la «vérité » , sans doute quelques jours de répit pour des riverains déjà secoués par des vents forts, et deux « incidents génériques du niveau 1 sur l’échelle INES », 2002 et 2003. Le nucléaire, incidents cachés, accidents traumatisants, déchets bien encombrants, et risque de détournement vers le militaire, je n’aime pas beaucoup. C’est un avis.

Avis minoritaire. D’après un sondage IFOP-Le Monde daté du 18 juillet dernier, seulement 33% des Français pensent que l’énergie nucléaire est dangereuse. Et plus de la moitié de la population (53%) serait d’ailleurs plus préoccupée par le réchauffement climatique que par le nucléaire. La peur de l’atome est classée en troisième position, après la pollution des eaux. On y apprend encore que 2/3 des personnes interrogées sont favorables au maintien du nucléaire, qui contribue à l’indépendance énergétique du pays. Mais quand on évoque Tricastin, l’angoisse augmente. Plus de 80% des sondés considèrent que l’incident a eu des conséquences graves.

Côté information, le gouvernement et AREVA disposent d’un petit capital « confiance », environ 30% des personnes interrogées. Si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) reste crédible pour 62% des sondés, les associations de protection de l’environnement semblent les plus fiables, 79% des réponses. Et pendant qu’AREVA reconnaît erreurs, dysfonctionnements, et rétention d’information dans l’affaire de Tricastin, la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) épingle deux filiales d’AREVA. Motif, 770 tonnes de déchets radioactifs enfouis depuis les années 70 dans les environs de Tricastin, et quelques traces d’uranium inquiétantes dans les nappes phréatiques de la région. Pour une industrie très « surveillée » qui fait de la « confiance » son fond de commerce… Allez, encore quelques jours de repos à proximité d’un site jugé « globalement satisfaisant » par l’ASN, rapport 2007. Et classé « perfectible » par l’inspecteur en charge du lieu.

M.J

(1) « Réactions en chaîne après l’incident Tricastin », Vincent Lonchampt, Laure Noualhat, Libération, 19-20 juillet 2008.


Publié le 21 juillet 2008 par marlene dans Non classé,Nucléaire,Préjudice écologique
Tags :: , , , , , ,

Jackpot pour Total.

Bonjour,

Jackpot pour Total. Le groupe pétrolier français engrange un peu plus de 12 milliards d’Euros, profits records pour une entreprise française. C’est bien. Largement de quoi indemniser les parties civiles de l’Erika. Et de quoi soutenir une campagne de communication vantant les engagements de Total en faveur de l’environnement, et des énergies renouvelables. Une image d’entreprise vertueuse qui dissimule mal des profits 100% pétrole, portés par la flambée des cours du brut, et par une hausse de sa production d’hydrocarbures. Ce fond de commerce, basé sur le fossile, nuance l’image d’un groupe préoccupé par l’avenir de la planète. A propos d’image, le groupe aurait sans doute gagné à ne pas faire appel dans l’affaire de l’Erika. Total, qui n’assume pas sa responsabilité dans le naufrage d’un pétrolier fatigué, n’apporte pas beaucoup de crédit à son engagement écologique…

Une page de pub…

M.J


Publié le 14 février 2008 par marlene dans Actualité,Préjudice écologique

Les souillures de la Yamuna.

Bonjour,

Le Yamuna est un long fleuve de 1370 kilomètres, qui prend sa source dans l’Himalaya, coule en direction du sud-est, traverse la ville de Delhi sur 22 kilomètres, avant de se jeter dans le Gange. Environ 57 millions de personnes dépendent de ses eaux, principalement pour irriguer leurs terres agricoles. La Yamuna s’appelle également Jumma, Jamma, ou Yamma selon les dialectes, est l’une des Sept rivières sacrées de l’Inde. C’est aussi l’un des fleuves les plus pollués au monde. Autre caractéristique, Yamuna change d’article selon son statut, fleuve ou rivière….

La poubelle de Delhi.

C’est à Delhi que le fleuve devient un dépotoir. La ville y déverse ses ordures, ses eaux usées, ses carcasses d’animaux, et sa longue liste de détritus. Les logements, légaux ou illégaux, installés sur les berges du fleuve, y ajoutent leurs déchets, et leurs eaux souillées. Les usines de textile, de cuir, de produits pharmaceutiques et chimiques y rejettent les résidus non traités de leur industrie. Le fleuve, apprivoisé entre deux barrages, est soumis à un débit lent pendant neuf mois de l’année. Conséquence, les ordures y stagnent, jusqu’à polluer les nappes phréatiques voisines. Heureusement, l’eau est pompée à l’entrée de la ville, quand la Yamuna n’est pas encore cet immense cloaque, car le fleuve alimente 70% des besoins de Delhi. Les villages situés en aval ont moins de chance, leur eau passe par Delhi.

Les pauvres, désignés coupables.

La faune et la flore n’ont pas résisté à ce désastre écologique qui court depuis une quinzaine d’années, au moins. Dès 1993, les Autorités indiennes lancent le Plan d’action pour la Yamuna. Objectif, nettoyer le fleuve avant 2010, année où Delhi doit organiser les Jeux du Commonwealth. La Cour Suprême demande aux Autorités locales d’interdire aux industries de rejeter leurs effluents polluants dans le fleuve. Les logements illégaux, installés sur le bord du fleuve, doivent disparaître. En 2001, la Mairie de Delhi intervient pour que les déchets soient traités dans de petits centres, avant d’être rejetés. Selon un militant de l’association DelhiGreen, l’initiative, est plutôt heureuse, mais insuffisante. Les sites de retraitement des déchets se révèlent incapables d’absorber la quantité croissante de rejets industriels et ménagers. Pour lui, la municipalité de Delhi aurait préféré imputer la pollution de la Yamuna aux habitants des bidonvilles riverains, pariant que leur évacuation serait la solution à ce désastre sanitaire. (1)

Les riches, pas forcément innocents…

Je suis tombée sur une vidéo, in English, qui développe un avis similaire. En 2000, le Gouvernement indien informe que les 62000 bidonvilles accrochés sur les bords de la Yamuna représentent la principale source de pollution. Or, selon les auteurs de la vidéo, la pollution générée par ces habitats précaires serait inférieure à 1% . Alors, la faute à qui ? Seulement 43% des déchets déversés dans la Yamuna seraient retraités. La vidéo souligne que seulement 55% de la population de Delhi est connectée au réseau de retraitement des eaux résiduaires. Les autres, ceux qui peuvent s’offrir un raccordement, ceux qui peuvent ouvrir le robinet pour se laver les dents, se doucher, rejettent leurs eaux souillées dans la Yamuna. 80% de leurs eaux usées retournent dans le fleuve, sans être traitées. Les pauvres, dont la qualité de vie est liée à l’existence du fleuve, doivent vivre avec la pollution des riches, conclusion de cet exposé…

Un plan sanitaire gourmand…

En attendant, certains ont pris leur calculette. Ce Plan d’Action pour la Yamuna, lancé il y a 14 ans, aurait coûté 18 milliards de roupies (environ 310 millions d’Euros ), pour finalement pas grand chose. Dans un éditorial du Times of India, le calcul est plus précis: « Sachant que la rivière traverse la ville sur 22 kilomètres, un rapide calcul montre que, pour chaque kilomètre, on a dépensé un milliard de roupies (environ 17,3 millions d’Euros) sans qu’il y ait la moindre amélioration. » L’éditorialiste, qui s’interroge sur la destination des subventions allouées pour la Yamuna, remet en question l’aptitude des Autorités à développer un plan sanitaire, accompagné d’un réseau adapté, et efficace. (2)

Pendant ce temps, la France s’engage à surveiller ses rivières polluées aux PCB, des produits chlorés toxiques, soupçonnés d’être cancérigènes. Utilisés dans l’industrie, ils étaient ensuite rejetés et oubliés dans les fleuves et les rivières de France. Une pratique, interdite en 1987, qui a duré plusieurs décennies. Assez de temps pour ces produits s’accumulent au fond des rivières, polluent les sédiments, et les poissons qui y vivent. Et maintenant…Les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture, à l’origine de cette initiative nationale, ne proposent pas de solution miracle pour se débarrasser de ces rejets, et de leurs effets-retard. Le plan prévoit de mesurer cette pollution dans une dizaine de départements, et trois fleuves, le Rhône, la Seine, et la Somme. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, il ne s’agit pas dépolluer, mais de gérer l’héritage…

M.J

(1) « Le Fleuve Yamuna, récit d’un désastre », Nina Roy, 6-02-08, News et informations sur l’Inde -http://www.aujourd’huilinde.com (2) « La Yamuna, rivière sacrée à l’agonie », The Times of India, édito, in Courrier International, 6 février 2008.


Publié le 8 février 2008 par marlene dans eau,Préjudice écologique
Tags :: , , ,

Public Eye récompense AREVA pour son irresponsablilité.

Bonjour,

Cette année, le « Public Eye Global Award » est attribué au groupe français nucléaire AREVA, qui remporte aussi le « Public Eye People’s Award », le prix du public. Pas de quoi se vanter. Cette double récompense, décernée en marge du sommet économique de Davos par la Déclaration de Berne et Pro Natura, désigne AREVA comme le meilleur « pollueur » et « exploiteur » de l’année. Autre entreprise sur le podium, Glencore, un géant des matières premières qui pollue sans scrupule. Mais retour au dossier AREVA, qui exploite de l’uranium au Niger dans des conditions scandaleuses. Almoustapha Alhcen, Président d’Aghirin’man Niger, une association qui dénonce AREVA et demande réparation, témoignait à Davos le 23 janvier dernier. Extraits de son exposé.

Des paysages métamorphosés, un environnement contaminé.

Au début des années 70, AREVA s’implante à Arlit, dans la région d’Agadez, au nord du Niger. Le groupe commence à exploiter deux mines d’uranium, via deux sociétés. La Somaïr, filiale d’AREVA, tire parti d’un premier gisement à ciel ouvert. Quelques kilomètres plus loin, la Cominak, autre création d’AREVA en association avec des Japonais, exploite une mine souterraine. L’uranium est ensuite dirigé vers une usine pour y être est enrichi chimiquement (soufre, acide, soude, carbonate, solvant, sodium, chlorate), avant d’être exporté vers l’Europe. Quatre décennies d’extraction et de traitement du minerai ont complètement ravagé l’environnement. Tout est contaminé, l’air, le sol, et l’eau. Les espaces forestiers ont disparu, les aires d’élevage privées de verdure se sont réduites. Les autruches, les gazelles, les addax, et nombre d’oiseaux, ont pratiquement disparu d’un paysage métamorphosé. Depuis les années 90, de nouvelles maladies sont apparues, pendant que des mineurs mourraient prématurément, dans des conditions suspectes. Les médecins des hôpitaux de la Somaïr et de la Cominak, n’auraient jamais établit le lien entre la santé de certains patients, et leur activité professionnelle. D’ailleurs, jusqu’en 2007, il n’y avait pas de médecin du travail.

Le Niger n’a pas tiré parti de sa ressource.

Le Niger, cinquième producteur mondial d’uranium – après le Canada, l’Australie, le Kazakhstan, la Russie -, n’a pas tiré profit de son unique ressource. En 2007, le pays est classé dernier sur l’échelle du développement humain des Nations Unies. En 2000, Areva achète l’uranium nigérien 31 euros le kilo, en 2006 il en donne 36 euros par kilo, contre environ 150 euros sur le marché mondial. Le groupe nucléaire français, qui envisage d’exploiter le site d’Imouraren, situé à 80 km d’Arlit, l’un des plus grands gisements du monde, proposerait de payer le minerai 14 euros de plus, par kilo. Mais le Niger pense aussi à vendre directement son minerai sur le marché étranger, pour en tirer plus de bénéfices. Et si AREVA continue d’obtenir des permis d’exploration au Niger, il ne devrait plus être en situation de monopole. Chinois, Australiens, Canadiens, ou Indiens, commencent à fouiller le désert nigérien. Cette ouverture à la concurrence, qui pourrait doper l’économie du pays, n’annonce pas forcément des jours meilleurs pour l’environnement.

La résistance commence à s’organiser.

Pendant toutes ces années, AREVA n’a guère rencontré de résistance au Niger. Les associations de défense pour le respect des travailleurs et de l’environnement, n’existaient pas. Depuis 2000, l’association Aghirin’man et d’autres organisations, dont des ONG françaises, se mobilisent pour faire de la pub à AREVA, qui n’aime ni les journalistes, ni les militants. Au passage, le groupe français est accusé de soutenir financièrement la rébellion touareg qui secoue le nord du pays. Un soutien qui a tendu les relations entre les deux pays, sans remettre en question la présence d’AREVA au Niger.

Les conditions d’exploitation des mines au Niger par AREVA….

Public Eye, qui récompense aussi les entreprises responsables, a décerné un prix positif à la société allemande Hess Nature. Hess Nature, qui distribue des textiles biologiques, invite à consommer différemment.

M.J.


Publié le 5 février 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.,Préjudice écologique
Tags :: , ,

Total préjudice.

Bonjour,

Dans le dossier « préjudice écologique », une très bonne nouvelle. Huit ans après le naufrage de l’Erika, et la marée noire associée, le tribunal correctionnel de Paris vient de condamner Total pour « pollution maritime ». C’est bien fait, cela leur apprendra à confier leurs chargements d’hydrocarbures à des épaves flottantes, gérées par une nébuleuse internationale. Ce jugement introduit la notion de « préjudice écologique » dans l’arsenal juridique français.

La société Total est donc reconnue « coupable » de la pollution consécutive au naufrage de l’Erika, au large des côtes bretonnes, en novembre 1999. Une grande première. Jusqu’alors, une société qui faisait transporter ses marchandises pouvait se dissimuler derrière tous les intermédiaires de l’opération, et échapper à ses responsabilités. Egalement condamnés, la RINA, l’organisme italien qui avait contrôlé le bateau, l’armateur, et le gestionnaire. Relaxe pour le commandant indien du bateau. Les quatre condamnés devront verser des amendes, 375 000 Euros pour Total et la RINA, 75 000 pour les deux autres. Ils devront surtout dédommager les parties civiles, principalement l’Etat et la Région, à hauteur de 192 millions d »Euros. Des dommages et intérêts conséquents censés réparer un dommage écologique, pourtant impossible à convertir en Euros.

Cette condamnation, résultat d’une longue mobilisation, introduit le principe de « responsabilité environnementale ». Un avertissement en direction de tous les pollueurs potentiels. Sur le plan de la navigation maritime, ce jugement invite à plus de transparence, et de sécurité. Des compagnies comme Total – champion de France des bénéfices en 2006, avec 12 milliards d’Euros – ont largement les moyens de s’offrir mieux que l’Erika, pour transporter leurs hydrocarbures…

M.J

Un petit souvenir…

L’intitulé de cette vidéo indique la catastrophe de l’Erika…survenue deux ans plus tard…Peut importe, c’est le même sujet..Et pour retrouver l’intégralité du feuilleton judiciaire de l’Erika, les pays de la Loire ont ouvert un site.


Publié le 18 janvier 2008 par marlene dans Actualité,Préjudice écologique
Tags :: , , , ,

Biocarburants, famine, et propagande.

Nicolo dénonce.

Bonjour,

« Biocarburant », « agrocarburant », « or vert », on ne sait plus comment l’appeler. Fabrice Nicolo vient de lui trouver un nouveau nom, « nécrocarburant ».Violent. Comme son livre, « La faim, la bagnole, le blé, et nous » ( Ed. Fayard). Il y dénonce la vaste propagande menée en faveur de ce carburant issu de l’agriculture, une vaste escroquerie. Une escroquerie faite à l’écologie, aux plus pauvres de la planète, et finalement à tout le monde, dans le seul but de maintenir la civilisation de la « bagnole ». « Qui les soutient ? L’agriculture industrielle, les transnationales, et tous ceux qui leur sont soumis… », dénonce Nicolo.

La production de ces plantes destinées aux moteurs, cultures industrielles, engrais et pesticides, n’a rien d’écolo. « Falsification », commente Nicolo. Elles produisent même du protoxyde de carbone, plus dangereux pour l’atmosphère que le dioxyde de carbone. Dans les pays du Sud, Brésil, Malaisie, Indonésie, ou Congo, par exemple, ces cultures s’étalent à la place des forêts primaires. Des millions de km² de forêts tropicales avalés par les plantations de canne à sucre, et de palmier à huile. Soit un peu moins des trois – quarts de la forêt primaire d’Indonésie, second producteur mondial d’huile de palme. Et si on fait le bilan -Paul Crutzen, Prix Nobel de Chimie, l’a fait -, les agrocarburants produisent plus de gaz à effet de serre, que les carburants issus du pétrole.

Et surtout, ces cultures destinées aux moteurs risquent d’aggraver la faim dans le monde. Le boom des agrocarburants, qui dope le prix des céréales et déstabilise le marché alimentaire mondial, est en train de rendre la nourriture inaccessible aux plus pauvres. Un risque pour les 2,7 millions de personnes qui survivent avec moins de deux dollars par jour. Le « nécrocarburant ».

« ..J’ai essayé de comprendre comment une telle machine de guerre se met en place. Là bas au moin, mais ici aussi… » , sur son blog, Fabrice Nicolo dénonce le lobby de l’agrocarburant.

M.J


Publié le 11 octobre 2007 par marlene dans biocarburants,faim,nicolo,Préjudice écologique