Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Le blogueur, le hacker, et le GIEC.

Bonjour,

Avec  l’approbation de Vincent, le boss « duwebpedagogique », je me propose d’aller voir au Japon si j’y suis. Et si l’avion s’y pose, probabilité à peu près certaine, je devrais m’y retrouver du 10 décembre au 6 janvier.

Photographie.

Désolée pour Copenhague, l’évènement qui écrase l’actualité, sans vraiment promettre de meilleurs lendemains. J’ai tenté quelques éclairages, collection très incomplète d’une géographie tourmentée, sur fond de réchauffement climatique. Pas toujours facile d’articuler les deux. C’est un blog, c’est court, peu de temps pour fouiller, pour documenter, pour tout vérifier, pour boucler, c’est une course qui contient les limites de l’exercice. Une course pavée d’inconnues, et de probabilités. Il est probable que les effets de la crise climatique se conjuguent avec un contexte géographique et environnemental pré – existant pour modifier les paysages et malmener les gens qui y habitent. Il est  encore probable que le réchauffement accentue une sécheresse endémique en Afrique sahélienne. Ou  réveille celle qui sommeille  depuis toujours sur le continent  australien. Au Bengladesh, il est plus que probable que l’élévation annoncée du niveau de la mer profite d’une géographie côtière accessible pour noyer une grande partie du territoire. En Inde, les inondations sont probablement plus désastreuses si le lit des rivières, supposé réguler l’écoulement des eaux, est chargé de vase ou encombré de détritus. Mais il n’est pas non plus sûr que ces inondations soient absolument liées à un changement de climat. Les incertitudes, le rôle du soleil, le mouvement des océans, les dynamiques crées par El Nino ou La Nina, l’influence des cycles climatiques repérés depuis longtemps, ajoutent un peu plus de confusion à l’exercice. Les limites sont posées. Il reste une photographie, à un moment donné, d’une géographie, ingrate ou sur-exploitée,  offerte à un climat plus incertain. A l’inverse, il est toujours  possible de retenir des clichés positifs, raconter l’histoire de communautés qui composent avec un environnement épargné.

« Sans équivoque »

Il y a quelques jours, j’ai rencontré quelqu’un, profil «BAC + 10 », de la conversation, de la culture, de l’ouverture, et une certaine lecture du réchauffement, «Le CO² probablement, mais le reste c’est de la pollution atmosphérique», OK, d’ailleurs il avait documenté son sujet. En fouillant sur le net, il était tombé sur une histoire de mails interceptés, qui prouveraient que certains scientifiques auraient dissimulé que les températures chutent depuis dix ans. Le « réchauffement » se transformait en « refroidissement ». Notre « sceptique » concluait : « Le réchauffement : un délire de scientifiques pour affoler le monde.» Je n’ai pas bataillé, chacun son avis. Je suis quand même allée interroger le net. L’histoire: des pirates ont pénétré le système informatique de l’université britannique d’East Anglia, l’une des références de la recherche sur le climat. Ces hackers auraient instrumentalisé une longue série de mails échangés entre scientifiques, treize ans de correspondance, bricolé quelques courbes, pour contredire l’idée que les températures augmentent. Pas très élégant pour le GIEC, le groupe d’experts internationaux qui travaille sur le climat, des centaines de scientifiques à une tête, qui cherche, hésite, contredit, évalue, compile. Une tête qui produit sans doute des erreurs, mais pas de contre-vérité. Le GIEC évoque un réchauffement « sans équivoque », « sans précédent » depuis mille ans,  « d’origine humaine ». Si le climat reste une science rebelle, pas de précédent identique, pas d’expérience possible, et pas de perspectives absolues, il y a probablement du souci à se faire. Il y a bien eu d’autres réchauffements dans l’histoire du climat, mais jamais sur une terre peuplée en milliards d’individus, affamés ou en piste pour consommer. Par les temps qui courent, difficile d’éviter la phrase qui tue.

En attendant, je me propose d’aller vérifier dans un avion, ses sièges « éco » et sa contribution CO², si la terre est ronde. En vol, j’ai toujours l’impression que l’appareil  avance à l’horizontale. Mais, j’ai confiance dans le pilote. Lui, sait que la terre est ronde.

M.J


Publié le 8 décembre 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Copenhague
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Des villes chinoises trop éloignées de Copenhague.

Bonjour,

Après le Brésil et l’Inde, troisième « cliché » avant  Copenhague, la Chine, cet autre grand pays émergent, non soumis aux contraintes de réductions de gaz à effet de serre, édictées par le protocole de Kyoto. Tout est parti d’une phrase lue dans un article de Libération,  intitulé   « Chine, l’inflation des milliardaires »: «Récession ou pas, cet enrichissement n’est pas prêt de s’arrêter car le vaste mouvement d’urbanisation de la Chine ne fait que commencer, et c’est cela qui nourrit la croissance» (1). La démographie, la mobilité des populations, le vacarme des chantiers, l’irrationnel,  cette phrase m’a semblé effrayante. Les chiffres confirmaient. De 1980 à 2005, le nombre de citadins a pratiquent doublé en Chine, il pourrait atteindre le milliard d’ici à une vingtaine d’années. (2) Chaque année dix millions de ruraux se laissent porter vers des villes qui gonflent à vue d’oeil. Et chaque année, il faut convertir 20 milliards de m² supplémentaires en logements pour accueillir ces déracinés. (3) Si cette urbanisation est un indicateur de croissance, elle révèle aussi un cancer environnemental. La construction, qui avale quantité d’eau et de ciment, qui confisque des sols à l’agriculture, est une industrie gourmande en énergie. Selon la Chinese Society for Urban Studies (CSUS), les villes consommeraient plus de 55% de l’énergie nationale, et produiraient une part à peu près équivalente de CO².(4) En Chine, c’est le charbon, grand ami du réchauffement climatique, qui alimente les chantiers et éclaire les logements. Pour la CSUS, qui vient de rendre un rapport sur la « stratégie de développement des éco-cités à faibles émissions », la Chine ne peut pas continuer sur cette voie-là. « Le modèle courant d’extension urbaine arrive à son seuil critique. Il ne répond plus aux nouvelles exigences de l’urbanisme », commente  Wu Yin, vice président du CSUS et universitaire  qui réfléchit à une reconversion du paysage urbain chinois. (4)

« Dessine – moi une cité-modèle. »

En 2005, une délégation chinoise visite Bedzed, une petite communauté urbaine au sud de Londres, engagée sur la voie du « zero energie » et du « no carbone. »Un échantillon remarquable d’ éco – cité. Les Chinois, soucieux de croissance économique mais attentifs au credo environnemental, décident de transposer le modèle. Dongtan, la première grande cité écologique au monde, sera érigée sur l’île de Chongming,  dans l’estuaire du Yangtze,  face à Shangaï, comme pour dissiper l’image d’une métropole clinquante et énergivore. La société britannique de conseil en ingénierie ARUP, qui signe un contrat de plusieurs milliards de dollars avec la Shangaï Industrial Investment Corporation (SIIC) conduit le projet. La première phase doit coïncider avec l’Exposition universelle de Shangaï, en 2010. Cette cité – vitrine, dopée aux renouvelables, solaire et éolien, devrait atteindre l’autonomie énergétique. Les transports en commun, équipés de piles à hydrogène combustible,  et les véhicules particuliers, comptés et alimentés au biocarburant, devraient encore adoucir un environnement dominé par les espaces verts. Petite touche bio, les potagers aménagés en périphérie. Avant le milieu du siècle, ce nouvel ilôt de 86 km² devrait accueillir un demi-million de personnes. Mais ce projet, symbole d’une conversion à l’écologie urbaine, met du temps à démarrer. La crise financière de 2008, qui ne semble pourtant pas arrêter l’autre urbanisation, quelques histoires de corruption, et le choix d’asseoir Dongtan sur d’anciens marais, fondation incertaine, expliqueraient un  retard qui s’éternise. (4)

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En attendant les cités – modèles planifiées, moins gourmandes en énergie,  moins agressives pour l’environnement, il y a urgence à loger ces millions de migrants qui fuient la pauvreté des campagnes pour soutenir l’essor économique du pays. Il est question de stabilité sociale. En annonçant  son intention de réduire son « intensité carbonique » de 40 à 45% d’ici à 2020, et par rapport à 2005, Pékin fait déjà un effort.

M.J

(1) « Chine, l’inflation des milliardaires », Philippe Grangereau, Libération, 26-10-2009. http://www.liberation.fr/economie/0101599263-chine-l-inflation-des-milliardaires

(2) “In China, overambition reins in eco-city plans” , Simon Montlake, The Christian Science Monitor, 23-12-2008, http://features.csmonitor.com/environment/2008/12/23/in-china-overambition-reins-in-eco-city-plans

(3) « La Chine dans le processus de Copenhague: la difficile inclusion d’un grand émergent », Blandine Barreau, Johanne Buba, Centre d’analyse stratégique, Département de la recherche, des Technologies, et du Développement  durable, Juin 2009, Complément 2C. http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/BarreauetBubarapportTirole.pdf

(4) « China maps out low carbon eco-city strategy », Ni Yuanjin , China.org.cn, 23-10-2009 -D’après une enquête de la Chinese Society for Urban Studies (CSUS), octobre 2009.Enquête de 2006, menée sur 287 districts urbains, constitués autour de préfectures. . http://www.china.org.cn/environment/2009-10/23/content_18757609.htm


Publié le 4 décembre 2009 par marlene dans Actualité,Chine,Copenhague,Urbanisation
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L’Inde qui doute, et l’Inde qui promet.

Bonjour,

Sur le chemin de Copenhague, un petit détour par l’Inde, le pays tropical des extrêmes météos où s’abattent canicules, pluies diluviennes, cyclones, ou sécheresses. En septembre dernier, les régions du West Bengale ont connu inondations, tornades, et coulées de boue, un déluge qui a jeté des milliers de personnes dans la rue. Ces inondations, récurrentes en Inde depuis une vingtaine d’années, sont probablement favorisées par des rivières saturées en vase, improvisées en déchetteries, et par une mauvaise gestion du réseau hydrographique. (1)  En août dernier, une grande partie du pays, privée de 30% des précipitations annuelles, a été touchée par une sécheresse tenace. S’il reste difficile d’accrocher avec certitude ces accidents météorologiques au réchauffement climatique, certains chercheurs indiens poussent le doute un peu plus loin. Un article de la BBC-News donne la parole à ces sceptiques. Le Dr RR Kelkar, directeur général du département indien de météorologie, grand observateur des excès du sous-continent, ses moussons, ses cyclones, temporise: « N’est-il pas trop simpliste d’accuser le réchauffement climatique juste parce que des inondations et des sécheresses récentes ont été plus graves? ». (2) Aux scientifiques de s’attaquer à ces questions climatiques et de découvrir comment elles affecteront l’Inde. « Mais », ajoute-t-il, « un des problèmes est que ces évènements sont parfois convertis en histoires effrayantes. » (2) Le Professeur SK Sinha, spécialiste des technologies de l’eau, accuse l’Occident, et en particulier les Etats-Unis, d’instrumentaliser le débat sur le climat: « Ils font les règles. De fait, ils séduisent même les populations des pays en voie de développement pour justifier ou confirmer leurs projections, sans toujours les fonder avec des données et des arguments valables ». (2)

L’avis des fermiers indiens….

http://www.dailymotion.com/video/xb450u

Les glaciers de l’Himalaya.

En Inde, la fonte des glaciers de l’Himalaya, pourtant révélée par le GIEC – le groupe d’experts internationaux chargés d’étudier l’évolution du climat – fait aussi débat. Une enquête parue le 13 novembre dernier dans le journal Science rapporte la discorde. (3) Dans son rapport 2007, le GIEC note que les glaciers « reculent plus rapidement que partout ailleurs dans le monde et, si cette tendance persiste, beaucoup auront disparu d’ici à 2035, ou peut-être avant si la terre continue de se réchauffer à ce rythme.» Ce n’est pas du tout l’avis du glaciologue Vijay Kumar Raina, auteur d’un rapport, commande du Ministère de l’Environnement indien. Pour lui, les mesures effectuées sur une « poignée » de glaciers, quand l’Inde en compte 10.000 ou plus, ne prouvent pas que l’Himalaya serait en train de fondre sous l’action du réchauffement climatique. Au contraire. En compilant des données recueillies ces dernières années, il montre que beaucoup de glaciers de l’Himalaya sont stables, ou avancent, signe de refroidissement. Et ceux qui reculent, signe de réchauffement, ralentissent leur retraite. Rajinder Kumar Ganjoo, un autre glaciologue indien, vole au secours de son collègue : « Si l’élévation des températures était la vraie cause du retrait des glaciers, alors toute l’étendue glacée qui recouvre l’Himalaya disparaîtrait de manière uniforme. » Des chercheurs américains soutiennent la thèse indienne, un glaciologue canadien temporise : «La surprenante stabilité de certains glaciers peut être un phénomène temporaire. La fonte a pu être ralentie par un été inhabituel, avec un ciel plus nuageux, et la possibilité de neiges probablement plus abondantes. » Un chercheur indien, qui a cartographié plus de 1000 glaciers à l’aide d’images satellites, estime que 1/5° de la couverture glacée de  l’Himalaya indien a disparu depuis les années 60. Jairam Ramesh, le Ministre de l’environnement prône  l’observation: « Nous n’avons pas besoin d’écrire l’épitaphe des glaciers, mais nous avons besoin de concentrer les recherches sur les écosystèmes de l’Himalaya puisque la réalité est incroyablement complexe.» (3) En fouillant un peu la question, la disparition des glaciers de l’Himalaya, phénomène admis dans les milieux scientifiques, reste cependant à documenter.  Pas assez de mesures de terrain, trop de glaciers à étudier.

Concessions indiennes.

Entre la ville de New Delhi, menacée par la montée du niveau de la mer consécutive au réchauffement, et les glaciers de l’Himalaya qui ne fondent pas si vite que ça, l’Inde ne souhaite pas renoncer à une croissance économique, portée par le charbon. Pourtant, en vue de Copenhague, le Premier Ministre Manmohan Singh, vient de concéder des objectifs « ambitieux » – sans les chiffrer – de réduction de gaz à effet de serre. A condition que la contribution indienne s’accompagne d’une répartition équitable des efforts entre les pollueurs.(4) Dans un éditorial publié dans la revue « Nature », l’Indien Rajendra K. Pachauri, à la tête du GIEC, se fait l’écho de perspectives inquiétantes. Si on ne fait rien, l’Inde, emmenée par sa croisance économique, pourrait multiplier ses émissions de GES par trois ou quatre, d’ici à 2030. (5)

M.J

(1) « Les ressources en eau de l’Inde. Disponibilité, utilisation et problèmes »Binayak DAS, -06 / 2009 http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7826.html

(2) India’s global warming fears -« Was this caused by global warming?”, Jill McGivering, BBC, 24-11-2009 http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/1037114.stm

(3) « No Sign Yet of Himalayan Meltdown, Indian Report Finds », Pallava Bagla , Science, 13-11-2009, Vol. 326. no. 5955, pp. 924 – 925 -DOI: 10.1126/science.326.5955.924, http://www.sciencemag.org/cgi/content/full/326/5955/924?ijkey=j6WYTxd5PZ8.c&keytype=ref&siteid=sci – Accès payant.

(4) « India ready for emission cuts but with conditions: PM” , The Times Of India, 28-11-2009http://timesofindia.indiatimes.com/india/India-ready-for-emission-cuts-but-with-conditions-PM/articleshow/5278476.cms

(5) « India pushes for common responsibility”, Rajendra K. Pachauri, ? Nature, 461, 22-10-2009http://www.nature.com/nature/journal/v461/n7267/full/4611054a.html


Publié le 1 décembre 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Copenhague,Inde
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Lula place l’Amazonie au coeur de son plan « climat ».

Bonjour,

Luiz Inacio Lula da Silva, engage son pays à diminuer « volontairement » ses émissions de gaz à effet de serre de 39 à 42% d’ici 2020, par rapport à leur niveau de 1990. Objectif chiffré et initiative remarquée, à quelques jours de Copenhague, la Conférence des Nations Unies sur le Climat. Le Brésil, économie émergente, n’est pas soumis aux contraintes du protocole de Kyoto. Le pays de Lula, qui n’a nullement l’intention de ralentir sa machine économique, place la forêt au cœur de son ambition climatique. En 10 ans, le Brésil veut réduire la déforestation de 80% en Amazonie. Il veut la ramener à 40% dans le Cerrado, la savane brésilienne, en contrôlant l’élevage et l’agriculture qui s’installent à sa place. Septième pollueur mondial, entre l’Allemagne et le Japon, le Brésil produit moins de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. (1) Selon le World Ressources Institute, un think tank environnemental, la déforestation de l’Amazonie participerait  aux 2/3 des rejets du pays. (2)

Un récent recul de la déforestation.

L’Amazonie couvre environ 3,7 millions de m² du territoire brésilien, à peu près la  superficie de l’Europe de l’Ouest. Depuis les années 70, 20% de ce manteau forestier aurait disparu, avalé par l’exploitation illégale, principale cause de déboisement. (3) En 2009, le World Ressource Institute rapporte un recul de la déforestation, une première depuis 20 ans, début des premières observations par satellite. Entre août 2008 et juillet 2009, l’abattage illégal d’arbres aurait chuté de 46%. (2) Le World Watch Institute, autre think tank environnemental, confirme cette tendance.(3) Le site  « Déforestation-amazonie », pourtant intéressé par la question, est plus vague.  Le recul de la déforestation en Amazonie brésilienne, qui crédibilise l’annonce du Président Lula, semble difficile à caractériser. La réponse hésite entre volonté politique et contexte international.

Réguler l’exploitation forestière.

Dès 2008, le gouvernement brésilien s’engage à décourager une pratique illégale de la forêt. Les exploitants sont inquiétés. Ils doivent justifier leur activité en présentant un titre valide, condition pour obtenir des crédits de l’Etat, ou un prêt bancaire. Les forestiers indélicats risquent des amendes. Ils peuvent être exclus du négoce du bois, au Brésil et à l’étranger. (3) Le gouvernement multiplie les actions contre les déboiseurs illégaux. En  juin dernier, le gouvernement entreprend de régulariser des titres de propriété en Amazonie. « Une porte ouverte à la déforestation », répondent les écologistes brésiliens qui pointent une faveur accordée aux grands propriétaires. Greenpeace soutient.  Quelles que soient les positions, cette politique de « régularisation » de l’Amazonie brésilienne, immense territoire difficile à contrôler, est un énorme chantier. Environ 4% des terres d’Amazonie seraient exploitées légalement.(4) Faisant écho aux Autorités, des industriels brésiliens s’engagent pour épargner la forêt. Par exemple, la Brazilian Association of Vegetable Oil Industries refuse d’acheter les haricots de soja, produits sur les terres volées aux arbres après 2006 (3) Cette restriction, qui devait s’arrêter cette année, a été reconduite. Le gouvernement négocierait des accords similaires pour limiter l’empreinte des moulins, des abattoirs, et des aciéries implantés en Amazonie. (3) Pour le World Ressource Institute, la crise financière, qui a réduit la demande en viande et en soja  – le bétail et les cultures industrielles sont deux ennemis de la forêt – pourrait contribuer à expliquer cette pause dans l’exploitation anarchique de l’Amazonie. (1) Autre facteur externe, l’exigence occidentale en bois d’origine certifiée, qui laisse la production illégale sur place. (4)

Soja et déforestation…

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L’histoire des changements climatiques.

Reste que Lula a déjà promis 21 milliards de dollars à ses forêts primitives, d’ici à 2021. Ces crédits, qui restent à trouver, doivent s’ajouter aux 100 millions de dollars déjà alloués par la Norvège au fonds de conservation de l’Amazonie. En attendant, la déforestation continue. D’après les données satellites, elle était estimée autour des 7000 km² pour l’année 2008-2009. Un « léger mieux » par rapport à août 2007- juillet 2008, où près de 8150 km² ont disparu. Mais beaucoup moins bien que 2006-2007, avec un déboisement limité à 4.800 km². (3) En attendant une déforestation contenue autour des 20%, contribution du Brésil pour freiner la crise climatique – même si la transaction encore fait débat -, le Président Lula révise l’histoire des changements climatiques : « Il y a forcément une différence considérable entre les pays riches, qui ont une politique industrielle depuis plus de cent cinquante ans, les pays pauvres, qui commencent tout juste à se développer, et les pays émergents. ».(5) En évoquant la question de la « responsabilité », et donc celle de la « répartition des efforts » pour contenir les excès du climat, le Président Lula offre encore un beau sujet de discussion pour Copenhague.

M.J

(1) World Ressources Institute, 2005.

(2)« Brazil Pledges Ambitious Emissions Reductions”, Taryn Fransen, World Ressources Insitute, 11-18-2009 http://www.wri.org/stories/2009/11/brazil-pledges-ambitious-emissions-reductions

(3) “Deforestation Escalates in Brazilian Amazon”, Ben Block, World Watch Institute, 5-09- 2008 http://www.worldwatch.org/node/5877

(4)”En Amazonie, la forêt reprend ses droits », Chantal Rayes, Libération, 30-11-2009 6 D’après l’ONG Imazon

(5) Brésil « Les pays riches devront payer », CAFE RADIOBRAS.GOV.R, in Courrier International, N°994,19-25 novembre 2009, p42


Publié le 25 novembre 2009 par marlene dans Actualité,Brésil,Climat,Copenhague,déforestation
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Climat: « prix spécial » pour la Nouvelle-Zélande.

Bonjour,

A quelques semaines de Copenhague, et douze années après Kyoto, un éditorialiste du Guardian a eu l’idée de faire le point entre les promesses de réduction de gaz à effet de serre (GES) des pays engagés, et les résultats. Son prix spécial, qui récompense une mauvaise foi démontrée, est allé à la Nouvelle-Zélande. (1) Le pays du « long nuage blanc », du Seigneur des anneaux, et des geysers, défendrait une image « marketting-écolo » qui ne collerait pas carrément à la réalité. Examen partiel.

En route pour le « Neutral Climate Network »…

« Nous tirons fierté de notre identité en tant que Nation propre et verte et nous sommes déterminés à agir pour la préserver. Nous avons conscience que pour protéger le climat, il faut que chacun d’entre nous change de comportement. Au début de 2007, j’ai lancé à la Nouvelle Zélande le défi de devenir une nation véritablement durable, voire d’aspirer à être climatiquement neutre. », déclare Madame Helen Clarck, Premier Ministre de la Nouvelle Zélande, lors de la journée de l’environnement 2008, organisée par les Nations Unies.  Déclaration que notre éditorialiste, Fred Pearce, démonte en quelques chiffres. S’intéressant aux émissions de la Nouvelle Zélande depuis 1990, dernières statistiques des Nations Unies, il relève qu’elles ont augmenté de 22%. Soit un bond de  39%, ajoute-t-il, si l’on regarde le seul bilan des carburants. Les émissions de chaque Néo-zélandais seraient de 60% plus élevées que celles d’un Britannique. D’ailleurs, à Bonn, en juin dernier, lors de négociations sur le climat, la Nouvelle Zélande n’a pris aucun engagement. Même le Japon, dont les émissions ont progressé de 9% entre 1990 et 2007, visait un petit « 8% ». La Nouvelle zélande aurait juste promis un lointain « 50%, d’ici à 2050 ». Et pour mieux « tromper son monde », la Nouvelle Zélande s’est engagée dans le « Climate Neutral Network », développé par le programme des Nations Unies pour l’environnement. C’est-à-dire qu’elle fait partie d’un petit groupe de pays, de villes, ou d’entreprises, qui se proposent, via une recomposition de leur système, de tendre vers un fonctionnement « à basses émissions », voire « zéro émission ». Et là, pour notre éditorialiste, c’est le bouquet. En lien, cet article, plutôt drôle, en anglais.

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L’agneau Neo-zélandais.

En y regardant de plus près, le bilan carbone de la Nouvelle Zélande dégage un peu de fumées noires. Gros pollueur, l’agriculture, avec 45 millions de moutons, 10 millions de têtes de bétail, elle occasionne la moitié des émissions du pays. La Nouvelle Zélande, qui compte 4 millions d’habitants, pourrait nourrir 60 millions de personnes. Le leader du kiwi et de l’agneau mise d’ailleurs farouchement sur ses exportations. Les marchés émergents, notamment la Chine, en train de développer une classe moyenne de « mangeurs de viande , représentent une aubaine. Le Ministre du Commerce, également responsable des négociations sur le climat, annonce d’ailleurs la couleur : « Laissez-moi vous dire : je ne suis pas sur le point, au nom du changement climatique, de donner d’une main ce que nous – vous et moi – avons construit, de l’autre main, au nom des intérêts du commerce Néo-zélandais. » (2) En clair, et il le développe au fil d’un long discours, il n’est pas prêt à renoncer aux intérêts commerciaux de la Nouvelle Zélande, pour cause de réchauffement climatique. Et là, s’opère une tentative de calcul sur le « coût CO² » du mouton élevé en Nouvelle Zélande, exposé sur les étals de nos supermarchés la veille de Pâques, 18700 kilomètres plus loin. Surprise. En 2003, une équipe de chercheurs allemands a montré que l’agneau néo-zélandais, élevé dans les pâturages, qui voyage par bateau, congelé, présente une « fiche CO² » bien plus sobre que le mouton allemand, gardé par un berger qui se déplace en voiture, et qui, pendant cinq mois de l’année, se nourrit d’aliments pour bétail importés. « La consommation d’énergie des exploitations allemandes est supérieure à celles de la Nouvelle-Zélande », tranche l’étude. Et le transport n’y change pas chose. (3) Et un Oscar pour l’agneau néo-zélandais.

M.J

(1) “New Zealand was a friend to Middle Earth, but it’s no friend of the earth”, Fred Pearce,

Guardian.co.uk, 12-11-2009 http://www.guardian.co.uk/environment/cif-green/2009/nov/12/new-zealand-greenwash

(2) « Climate change, trade, agriculture.», Tim Groser, Minister of trade, speech, 4-11-2009 http://business.scoop.co.nz/2009/11/04/speech-groser-climate-change-trade-agriculture/

(3)”Combien de litres de kerosene dans nos assiettes”, Pierre Oler, Dominique Perrin, Flilière Ovine et Caprine N°23, janvier 2008. http://www.ficow.be/ficow/website/Upload/Com23.pdf


Publié le 16 novembre 2009 par marlene dans Agriculture.,Climat,Copenhague
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Climat: des arbres difficiles à négocier.

Bonjour,

Les forêts sont-elles une partie de la solution pour atténuer les effets du changement climatique ? Question de bon sens, la dégradation des forêts est la seconde cause majeure des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Question d’argent, la conservation des forêts primitives dans les pays en voie de développement pourrait être source de financements. La perspective de Copenhague réactualise une option qui suscite, aussi, des controverses…

Amazon deforestation

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Regain d’intérêt pour les forêts.

Avalées par l’agriculture, l’élevage, et les cultures industrielles, soja et palmiers à huile, sur – exploitées par les forestiers, les marchands peu scrupuleux, et les populations pauvres, ravagées par les incendies, les forêts tropicales sont particulièrement malmenées. Entre 1990 et 2005, la planète en aurait perdu plus d’un million de km², dont la moitié en Amazonie. Selon les Nations Unies, la déforestation et la dégradation du couvert forestier seraient responsables de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Bien plus que tous les pots d’échappements des voitures qui circulent dans le monde. Mais la forêt, acteur du cycle carbone, porterait aussi une réponse à la crise climatique. La restauration des forêts primitives, et le reboisement d’espaces perdus, permettraient de reconstituer des puits de carbone , destinés à le piéger. L’argument, développé par les Nations Unies et la Banque mondiale, intéresse aussi les pays dotés de forêts. En septembre 2009, leurs représentants sont allés à New-York, au siège des Nations-Unies, pour plaider l’intégration du REDD – Reduce Emission from Deforestation and forest Degradation – aux futurs accords de Copenhague. Après plusieurs décennies de coupes claires et de « laisser-faire », les grands pays forestiers de la planète pourraient avoir intérêt à garder leurs forêts debout. (1) (2)

« Forêts » contre « crédits carbone ».

S’il s’agit de reconstituer des espaces forestiers, il s’agit aussi d’attirer des dollars. Le REDD , Réduction des Emissions résultant du Déboisement et de la Dégradation forestière en Français, production des Nations-Unies, (3) est un plan « anti-déboisement » destiné à préserver les forêts d’Afrique, d’Asie-Pacifique, et d’Amérique du Sud. Il devrait fonctionner grâce à un marché carbone. Cette transaction permettrait aux gros pollueurs de la planète de compenser leurs propres excès en achetant des « crédits-carbone » aux pays qui restaurent  leur couvert forestier. Le programme REDD estime à 30 milliards de dollars annuels les gains de l’échange. (2) Ce mécanisme, qui parie sur la reconstitution de puits à carbone naturels, permettrait encore de réhabiliter un cadre de vie pour les communautés associées. La Banque mondiale estime à 1,2 milliard  le nombre de personnes qui dépendent, à des degrés divers, d’un environnement forestier. S’il s’agit de recomposer les forêts dégradées, il s’agit aussi de freiner l’abattage des arbres. Un cabinet indépendant, mandaté par le REDD, évalue entre 22 et 29 milliards de dollars le financement pour réduire la déforestation d’un quart, d’ici  2015. (2) Projection plus imagée, il faudrait que chaque personne plante deux arbres, chaque année pendant dix ans, pour effacer une décennie de déforestation. (4)

Terrains d’exercice.

En attendant que ce projet – dont les financements restent encore flous – soit intégré à la dynamique climatique décidée à Copenhague, une dizaine de pays, sélectionnés sur les trois continents, sont déjà en piste pour tester la première phase du REDD. Pays pilote, le Vietnam, dont les 10% de couvert primitif contrastent avec une moitié de forêts appauvries, ou en voie de recomposition. Le pays doit recevoir une enveloppe de plus de 4 millions de dollars – don de la Norvège – pour tenter de reconstituer son environnement forestier. Au Brésil, dans l’Etat de l’Amazonas, où se déploie plus d’un million et demi de km² de couvert amazonien, les populations se préparent à échanger une pratique forestière plus responsable, contre des financements. L’Indonésie, qui présente à la fois un fort potentiel et un terrain difficile, développe un projet de conservation sur plus de 4000 km² dans la forêt d’Ulu Masen, dans la province d’Aceh.  Chaque année, près de 3,3 millions de « crédits carbone » devraient récompenser les 100 millions de tonnes de CO² , en principe, gagnés au cours des 30 prochaines années. L’équivalent de 50 millions de vols « Londres-Sydney ». (5) D’ailleurs, en Indonésie, le prix des forêts primitives encore debout serait en train de grimper. (1) Autre terrain d’exercice, le bassin du Congo, où s’élabore encore une stratégie de conservation des forêts.

Un casse-tête d’experts

« Au départ, nous faisons par exemple une photographie du volume du carbone stocké dans la forêt. On verra par la suite, à partir de ces photographies, les activités conduites dans la forêt (agriculture et exploitation forestière). Après cela, on établira un plan de travail et l’on pourra alors déterminer très clairement ce que les populations auront pu conserver comme carbone qui nous sert ici d’unité de mesure. » Extrait d’une mise en œuvre, qui ne s’annonce pas simple, dans le Bassin du Congo.(6) L’une des difficultés de la transaction « forêts contre crédits » reste l’évaluation du gain « carbone ». Autre difficulté, redistribuer – équitablement – les bénéfices de la conservation des forêts. Comment faire en sorte qu’elle arrive sur le terrain, où il n’est pas sûr qu’elle compense une activité de « déboisement », qui profite à beaucoup de monde ?  Sans compter quelques inconnues, exemple au Vietnam. Des chercheurs de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, ont révélé que 40% du couvert forestier regagné entre 1987 et 2006 avait été « avalé » par le voisinage. Pendant que le Vietnam poursuivait une politique offensive de reboisement, le Laos, le Cambodge, et l’Indonésie, continuaient à déboiser. La moitié du bois importé au Vietnam était d’origine illégale.(7) Entre un Brésil qui laisse des troupeaux et ses cultures industrielles s’installer à la place des forêts, une Asie du Sud – Est qui voit ses arbres reculer sous la pression des plantations de palmiers à huile, et une partie de l’Afrique qui grignote ses espace forestiers pour nourrir toujours plus de bouches, la transaction « forêts contre crédits » annonce un vrai casse-tête d’experts.

En attendant un mécanisme REDD mieux huilé, certaines voix – New Carbon Finance, Greenpeace – s’élèvent pour dénoncer ses effets secondaires. Financer la déforestation, via le marché du carbone, en ferait chuter les cours. Ce qui pourrait priver de fonds d’autres initiatives destinées à contenir le réchauffement climatique, plus ciblées. Et si ce mécanisme fonctionnait, il permettrait aux pays riches d’acquérir, à bon prix, des droits à polluer, échangés contre quelques centaines d’hectares de forêts primitives, peut-être encore debout au moment de la transaction…

M.J

(1) « Governments See Dollars in Re-Grown Forests », Voice of America, Luke Hunt, Bangkok, 05-11-2009.http://www.voanews.com/english/2009-11-05-voa10.cfm

(2) Conférence de Presse sur le Programme de l’ONU pour la réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts dans les pays en voie de développement. (UN-REDD), 23-09-2009. http://www.un.org/News/fr-press/docs/2009/Conf090923-Jagdeo.doc.htm

(3) Le projet REDD, présenté en 2008, résulte d’une collaboration entre l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

(4) « Woods are spreading over hills around Yan’an, the city where Chairman Mao lived. Here are the facts about reforestation.”, Alice Fishburn , The Times, 05-11-2009, http://www.timesonline.co.uk/tol/news/science/eureka/article6901277.ece

(5) “Carbon Trading May Reward Indonesians for Saving Rainforest”, Jim Efstathiou Jr, Bloomberg, 07-02-08http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601085&sid=aD1Vb_5uDGlA&refer=europ

(6) “Bassin du Congo : 2,5 milliards de Fcfa pour la conservation du carbone”, Beaugas-Orain Djoyum, Le jour Quotidien, 06-07-2009. http://www.lejourquotidien.info/index.php?option=com_content&task=view&id=5454&Itemid=75

(7) “Vietnam outsources deforestation to neighboring countries », Rhett A. Butler, mongabay.com “, September 02, 2009http://news.mongabay.com/2009/0902-vietnam.html

(8)” Faisons les comptes : les crédits forestiers et leurs effets sur les marchés du carbone », Kate Dooley, Fern/org, Briefing note 06, Juin 2009, 8 p.

http://www.fern.org/media/documents/document_4418_4421.pdf


Publié le 12 novembre 2009 par marlene dans Climat,Copenhague,déforestation
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L’Afrique, piège à carbone ?

Bonjour,

Ouagadougou vient d’accueillir le Forum mondial sur le développement durable. Au menu de cette rencontre dans la capitale du Burkina Faso, « le changement climatique : quelles opportunités pour un développement durable ? ». L’Afrique, continent prétendu « le moins pollueur » et le plus exposé aux excès du climat, prépare Copenhague. Lors de cette prochaine cette rencontre internationale qui décidera d’un nouveau Kyoto, l’Afrique parlera d’une seule voix pour rappeler le principe du « pollueur-payeur ». En attendant, un organisme s’intéresse au bilan carbone du continent…

Revendications africaines.

A Ouagadougou, six dirigeants africains, emmenés par Jean Ping, le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA), ont décidé d’une position commune pour défendre les intérêts du continent à Copenhague. (1) L’Afrique souhaite des compensations pour les catastrophes naturelles causées par la crise climatique – même si cette relation n’est pas toujours facile à établir. Elle demande aux gros pollueurs de la planète de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40% – par rapport à 1990 – d’ici à 10 ans. Elle veut que les pays industrialisés l’aident  à s’adapter aux changements climatiques, notamment grâce aux transferts de technologie. Elle réclame encore des fonds pour faire face à un changement de climat, et d’environnement, qui ne manqueront pas de s’articuler à la pauvreté. Même si le Ministre de l’Environnement du Burkina-Faso, Salifou Sawadogo, chiffre les besoins du continent à 44 milliards d’Euros, le montant de l’aide  reste difficile à évaluer.( 2) D’autre part, l’Afrique, tenue à l’écart du Mécanisme de Développement Propre (MDP) , aimerait bien en bénéficier davantage. (3) Jean Ping, qui s’exprime au nom des dirigeants africains, espère que les pays industrialisés proposeront un nouveau fonds international pour aider les pays pauvres. (2)

Les mystères du carbone africain.

Argument qui porte les revendications, l’Afrique serait un « petit pollueur ». A l’échelle planétaire, l’Afrique n’émettrait que 2% des GES, et un peu moins de 4% selon d’autres sources. (4)(5) Avec ses trente millions d’habitants, l’Etat du Texas, aux Etats-Unis, produirait plus de GES que le milliard d’Africains. (2) Estimations difficiles à apprécier. De son côté, CarboAfrica tente de percer les mystères du carbone sur le continent, au fil de ses écosystèmes, forêts, savanes, ou déserts. CarboAfrica est un organisme composé d’une quinzaine de structures de recherche, qui mélange l’Afrique et l’Europe, et associe la FAO. Il mesure les émissions de GES de l’Afrique sub-saharienne, et tente d’identifier leurs sources. Après quelques études de terrain, CarboAfrica précise que les émissions de GES de l’Afrique ne seraient  pas dues aux carburants fossiles – moins de 4% du total -, mais proviendraient de sources naturelles. La déforestation participerait à 17% des émissions de carbone du continent. Les incendies en provoqueraient 40%. Autre piste, l’Afrique influencerait considérablement les variations de CO² dans l’atmosphère, selon les saisons et les années. De fait, l’Afrique jouerait un rôle important dans le système climatique mondial. Mais plus étonnant, son bilan carbone. Ses étendues de forêts et de savanes, qui capturent le carbone par photosynthèse, joueraient un rôle plus important que la déforestation et les incendies de forêts, qui eux, en libèrent. Le continent africain, qui serait un piège à carbone, contribuerait  à atténuer les effets du réchauffement climatique. En attendant des conclusions plus documentées, enquête sur le terrain… (6)

M.J

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(1)Présidents du Bénin, du Burkina-Faso, de la République centrafricaine, du Congo, du Mali, et du Togo.

(2) « Africa wants polluters to pay for climate change”, AFP, 12-10-2009 http://www.kbc.co.ke/story.asp?ID=60364

(3) MDP: Mécanisme du Protocole de Kyoto qui permet à un pays industrialisé de financer un projet dans un pays en développement, afin de l’aider à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce projet – reforestation, énergies renouvelables….- doit l’engager sur la voie d’un « développement propre ». En contre – partie, le pays investisseur bénéficie de crédits d’émissions qui l’aident à tenir ses engagements chiffrés de réduction de GES.

(4) « L’Afrique émet 2% de GES au niveau mondial « , Observatoire du Sahara et du Sahel, http://www.oss-online.org/index.php/fr/global-world/global-world/l-afrique-emet-2-de-ges-au-niveau-mondial.html

(5) « Afrique: Djibo Kâ se prononce sur le Sommet de Copenhague – ‘L’Afrique va parler d’une seule et unique voix », Mamadou Sarr, Walfadjiri, 14-102009 http://fr.allafrica.com/stories/200910140698.html,

(6) « Le rôle de l’Afrique dans la réduction des gaz à effet de serre », FAO, 25-11-2008 http://www.fao.org/news/story/fr/item/8664/icode/


Publié le 16 octobre 2009 par marlene dans Afrique,Climat,Copenhague
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