Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Vers un monde plus renouvelable.

 

Bonjour,

Entre 2011 et 2012, la demande mondiale en énergies renouvelables a encore augmenté, constat du rapport REN21’s Renewables 2013 Gloabal Statut Report qui pointe les grandes tendances  de l’année écoulée et évalue les investissements. (1) Fin 2011, les renouvelables représentent 19% de l’énergie consommée dans le monde. Un peu plus de 9% de ce total provient de la biomasse traditionnelle, comme le bois ou les végétaux utilisés pour  le chauffage et la cuisine dans les zones rurales de l’espace en développement. Environ 5% de la consommation mondiale d’énergies alternatives provient du renouvelable moderne – petit hydraulique, biomasse moderne , vent, soleil, géothermie, et carburants d’origine végétale -, converti en électricité ou en chaleur. L’hydroélectricité contribue à 3,7% de ce total. Dans un nombre croissant de pays, les renouvelables ont cessé d’être des options pour devenir des solutions énergétiques, soutenues par une politique nationale. Le rapport note que le renouvelable moderne peut se substituer aux fossiles et au nucléaire sur quatre marchés distincts : la production d’électricité, le secteur du chauffage et du refroidissement, le carburant destiné aux transports, et le raccordement au réseau énergétiques des zones rurales privées d’accès. Et, surprise, la 4° source d’énergie mondiale, après le pétrole, le charbon, et le gaz naturel, est la biomasse, qui continue de progresser dans le bâtiment, l’industrie, ou les transports.

Des technologies moins chères.

Au cours de la période 2008-2012, la capacité installée de nombre d’énergies renouvelables a connu une forte croissance, tirée vers le haut par la production d’électricité. Pendant ces cinq années, la capacité du solaire photovoltaïque a progressé à un rythme annuel de 60%, celle du solaire thermique à plus de 40%, et 25% pour l’électricité d’origine éolienne. L’hydroélectricité, la géothermie, et la bioélectricité augmentaient à un rythme plus lent. Dans le même temps, la demande mondiale se faisait plus pressante dans les secteurs du chauffage et du refroidissement, réclamant plus de systèmes solaires thermiques, de pompes à chaleur géothermiques, ou de technologies bioénergétiques. La capacité des capteurs solaires vitrés, destinés à produire de l’eau chaude, a augmenté de 15% chaque année. Les pompes à chaleur puisant dans les eaux souterraines ont progressé de de 20% par an au cours de la période 200-2012. Cet engouement pour les énergies vertes, porté par un contexte de développement alternatif aux énergies fossiles et de crise climatique, s’explique aussi par une réduction des coûts de production. Economies d’échelle, innovations technologiques, et concurrence accrue, les turbines éoliennes et les panneaux photovoltaïques  sont devenus beaucoup plus abordables sur le marché. L’engagement de certains Etats à introduire le renouvelable dans leur mix énergétique favorise encore cette transition. Actuellement, 138 pays s’orientent vers les énergies alternatives, dont les 2/3 dans l’espace en développement.

Chine, Etats-Unis, Allemagne.

Le renouvelable est une solution énergétique qui progresse en Asie, en Amérique du Sud, au Moyen Orient, ou en Afrique. Certains pays, plus riches ou plus visionnaires, dominent le marché. En 2012, la Chine, les Etats-Unis, le Canada, et l’Allemagne sont les leaders mondiaux de la capacité en électricité renouvelable. La Chine, qui accueille environ 1/5° de la capacité mondiale, en tire 20% de son l’électricité, dont 17% est produite par les barrages. En Chine, la production d’électricité d’origine éolienne a progressé plus que celle issue du charbon, et devance le nucléaire pour la première fois. Aux Etats-Unis, plus de 12% de l’électricité  provient d’une source renouvelable. Une tendance en progression, le pays a largement misé sur le vent pour augmenter sa capacité. En Allemagne, 23% de l’électricité consommée est d’origine renouvelable. C’est plus que le nucléaire, le gaz, ou le charbon. L’Allemagne est aussi le 3° marché mondial pour les investissements dans les énergies alternatives. L’Espagne, pourtant bien lancée dans la course aux renouvelables, ralentit le rythme. La crise économique et un changement d’orientation politique expliquent cette tendance.

Réseaux alternatifs.

Dans les pays de l’Union Européenne, un nombre croissant d’entrepreneurs et de consommateurs se tournent désormais vers les énergies renouvelables, notamment pour l’électricité. Le marché allemand est passé de 0,8 millions de consommateurs « d’électricité verte » en 2006 à 4,3 millions en 2011. La demande progresse aussi en Autriche, en Belgique, en Finlande, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse, au Royaume-Uni, mais sans rivaliser avec l’Allemagne. Dans les pays de l’Union européenne, plus de 70% de la capacité électrique ajoutée en 2011 puise dans des sources renouvelables. Aux Etats-Unis, la moitié des consommateurs ont désormais le choix de consommer de l’électricité de source alternative, fournie par un détaillant. En Europe, en Inde, aux Etats-Unis, le nombre d’industriels ou de commerçants exploitant leur propre système « d’électricité verte » est en hausse. Le nombre de communautés et de coopératives, tournées vers ce type de connexion, est lui aussi en augmentation. Les petites unités de production se multiplient, générant un accès à l’électricité dans des endroits oubliés des réseaux. Dans les campagnes du Tiers-Monde, les énergies renouvelables, petite unité solaire, éolienne, ou mini installation hydro-électrique, commencent à s’imposer comme une alternative crédible à un réseau électrique, coûteux, qui n’arrivera sans doute jamais. Dans ces espaces, l’accès à l’énergie est aussi une condition de développement socio-économique.

Afrique.

Après avoir longtemps été associée à l’industrie du pétrole et du gaz, l’Afrique est désormais remarquée pour son potentiel en énergies renouvelables. De vastes terres, au Sud et au Nord du continent, sont regorgent de réserves en énergie solaire. L’Afrique dispose d’un environnement exceptionnel pour l’éolien, et la géothermie. D’après certaines estimations, seul 7% du potentiel hydroélectrique du continent serait exploité.  L’Afrique, très dépendante de la biomasse, et du bois prélevé sur les forêts, s’apprête à développer des pratiques et des technologies plus durables en matière de bioénergies.  Si le marché du renouvelable piétine encore, le contexte change rapidement. La prise de conscience du potentiel africain, la capacité à surmonter les difficultés économiques, la croissance, et une gouvernance plus stables, favorisent l’émergence d’une multitude de solutions renouvelables, à grande échelle. Beaucoup de pays ambitionnent de convertir leurs petites installations électriques hors réseau – héritage d’un programme d’électrification des villages financé par des donateurs – en infrastructures plus ambitieuses. L’Afrique du Nord domine le marché continental de l’éolien ; l’Est du continent, emmené par le Kenya, augmente sa capacité géothermique ; pendant que l’hydro-électricité se développe à toutes les échelles sur le continent. L’Afrique du Sud devrait  se doter 2013 le premier réseau régional d’électricité d’importance, alimenté par le vent et le soleil . Si 2012 est une moins bonne année que 2011 pour les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables – notamment en raison de la chute des prix du solaire et de la frilosité des marchés, aux Etats-Unis et en  Europe -, le Moyen Orient et l’Afrique enregistrent la meilleure croissance régionale, avec une progression de plus de 200% pour les investissements.

 

M.J

 

L’exemple européen…

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(1) REN21’s Renewables Global Status Report (GSR) 2013 – REN21/ Renewable Energy Policy Network for the 21th Century.http://www.ren21.net/Portals/0/documents/Resources/GSR/2013/GSR2013_highres.pdf


Publié le 1 juillet 2013 par marlene dans Climat,Développement durable,energies alternatives
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Maîtres des digues, apprentis des sables.

Bonjour,

Sur la côte hollandaise de Ter-Heidje, tout près de la ville de la Hague, une presqu’île artificielle en forme de croissant s’étire sur une centaine d’hectares à proximité de la plage. D’ici une vingtaine d’années, poussée par les vents et marées, cette île de plus de 21 millions de m3 de sables devrait s’agréger au littoral pour fortifier la plage de plus d’une trentaine d’hectares. Cette dynamique naturelle, qui doit emporter 60% des sédiments vers le Nord et 40% vers le Sud, doit renforcer cette partie de la côte sur une vingtaine de kilomètres. Ce nouveau système de protection côtière s’appelle le « moteur de sable », le Zandmotor. Le sable est dragué au fond de la mer du Nord par des engins spéciaux, à une dizaine de kilomètres des côtes, avant d’être rejeté à proximité de la plage par un système de pipeline. Des bulldozers rassemblent le sable pour fabriquer une île artificielle qui ira engraisser la plage, mètre par mètre. Cette technologie, dernière innovation d’un pays historiquement habitué à maîtriser l’eau, mise sur la nature pour transporter et répartir le sable. (1) (2)

 

Erosion et montée des eaux.

Assis sur un petit territoire ouvert sur 450 km à la Mer du Nord, dont le quart se situe au dessous du niveau de la mer, les Hollandais maîtrisent l’eau depuis des siècles. D’abord pour étendre leur territoire. Depuis le XI° siècle, la démographie, l’agriculture, et l’économie ont porté l’aménagement de polders, ces terres artificielles gagnées sur la mer. Le pays a conquis environ 7000 km². Dans les années 80, l’assèchement des marais et déclin de la biodiversité mettent un frein à l’extension de terres destinées à l’agriculture. Au cours de son histoire, le pays s’est aussi protégé des inondations en développant un système des digues et de canaux. Aujourd’hui, le rempart constitué par le système dunaire, des digues toujours renforcées , des barrières maritimes, et autres protections imaginées par l’homme, préserve les 2/3 du territoire d’inondations régulières. Mais l’érosion des côtes , résultat de l’action conjuguée des courants et des marées, est active.  Et la perspective du réchauffement climatique mobilise les Autorités. La Commission du Delta, qui travaille sur les risques d’inondation dans le pays, prédit une montée des eaux comprise entre 65 cm et 1,3 mètres d’ici 2100. (3) Outre l’élévation du niveau de la mer, le changement climatique pourrait multiplier les risques d’inondation, stimuler l’érosion côtière. (3) (4)

 

Un milliard d’euros.

La perspective du changement climatique, et ses conséquences sur la montée des eaux, rencontre un écho particulier dans ce pays de plus de 16 millions d’habitants. La Randstad, qui réunit les villes d’Utrecht, Amsterdam, La Haye, et Rotterdam,  cœur politique, économique et intellectuel du pays, est particulièrement sensible. Il rassemble près de la moitié des Hollandais, et produit la moitié des richesses du pays. Pour protéger son territoire et ses habitants, le pays développe depuis des années une stratégie d’adaptation à la crise climatique. Les Pays-Bas dont d’ailleurs un modèle de prévention. En janvier 2012, le gouvernement adopte le Delta Act ,  un texte qui garantit à la population qu’à tous les niveaux, le gouvernement collaborera avec les organismes publics et le secteur privé afin de protéger les communautés contre les inondations, et assurer leur approvisionnement en eau potable. Une stratégie nationale d’adaptation devrait renforcer cet acquis. L’institut de recherche Deltares, qui travaille avec  les données fournies par vaste un réseau d’utilisateurs, précise la prévision des crues. Deltares – en partenariat avec une autre entreprise – souhaite utiliser les images  de l’Agence spatiale européenne pour détecter la fragilité du système de digues. Chaque année, le gouvernement consacre environ un milliard d’Euros à l’adaptation climatique. Le gouvernement se donne le temps d’apprécier l’équation « coûts-bénéfices » pour chaque projet, afin  de choisir la solution la moins chère et la plus efficace pour protéger une population qui augmente, et accompagner la mutation économique du pays.(2) (3) (5)

 

Systèmes naturels. 

Le pays, qui entretient et réhausse son rempart contre la mer, remblaie régulièrement ses plages érodées avec du sable, procédé coûteux qui endommage les écosystèmes marins. Achevé en 2011 pour un coût total de 50 millions d’Euros, le moteur de sable pourrait nourrir les plages des Pays-Bas pour un coût réduit de moitié. (2) Ce procédé, qui fabrique des presqu’îles artificielles pour les livrer ensuite à la dynamique des sédiments, travaille avec la nature. Après avoir été les maîtres des digues, les Hollandais misent sur une ingénierie hydraulique qui exploite les systèmes naturels. Et si la quantité de sable nécessaire à protéger les côtes d’une mer plus haute n’est pas suffisante, on augmente la quantité de sable….

 

 

 

M.J

 

 

 

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(1) Zandmotor / sand Engine Project, Seacity 210, Adopting Coastal Cities to Climate Change, http://www.seacityresearchnet.com/archives/tag/sand-engine

 

(2) “To Control Floods, The Dutch, Turn to Nature for Inspiration”, Cheryl Katz, Yale, Environment 360,21-03-2013

 

http://e360.yale.edu/feature/to_control_floods_the_dutch_turn_to_nature_for_inspiration/2621/

 

(3) Polders and dikes of the Netherlands, Matt Rosenberg, About.com Guide, http://geography.about.com/od/specificplacesofinterest/a/dykes.htm &Netherlands maps, http://geography.about.com/od/netherlandsmaps/Netherlands_Maps_.htm

 

(4)Working on the Delta, Delta Programme 2013.  http://www.deltacommissie.com/doc/deltareport_full.pdf

 

(5)“Land and Water Management in the OECD Natural Buffers Against Climate Change”, Antonia Sohns, SGI Sustainable Governance Indicators, 06-16-2013, http://news.sgi-network.org/news/details/1306/natural-buffers-against-climate-change/

 


Publié le 20 juin 2013 par marlene dans Climat,Developpement,Elevation des mers.,Europe,Océns
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Le péril du petit koala dans le bush australien….

 

Bonjour,

 

« Je n’aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n’ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable – les mâles n’arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. […] Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n’y a rien de bon chez eux. Sans parler du fait qu’un jour, un koala a essayé de me jouer un tour pendable. » (1) écrit Kenneth Cook dans son recueil de nouvelles australiennes, le « Koala tueur ». L’auteur, qui tente de décrocher un koala de son arbre, nourrit sa haine au gré d’un duel assez drôle.  Mais triste revers de l’histoire, ou vengeance posthume de Kenneth Cook décédé il y a quelques années, le koala est devenu une espèce menacée de disparition en Australie. Autrefois chassé par les colons Européens pour la qualité de sa fourrure, plus de trois millions de peaux auraient alimenté ce commerce, une partie de l’opinion australienne s’émeut aujourd’hui du déclin des populations de koalas. Il y va aussi de l’image d’un pays qui a fait du koala sa mascotte. L’Australian Koala Foundation (AKF), une ONG qui s’emploie à regonfler les effectifs et à promouvoir son statut d’espèce menacée, estime qu’il reste sans doute moins de 80.000 koalas dans les paysages australiens. Peut-être même moins de 43.000. Au début des années 2000, ces populations comptaient environ 100.000 individus. Perché dans son eucalyptus, qui lui sert à la fois de garde-manger et d’abri, le koala n’est pas toujours facile à compter. (2)

Marsupial et dormeur.

Kenneth Cook a raison, pourtant surnommé « koala bear » par les pionniers, le koala n’est pas un ourson. C’est un marsupial herbivore, espèce endémique de l’Australie, qui descend probablement du wombat, autre marsupial qui vit dans les forêts de mangrove. C’est un mammifère, aux incisives pointées vers l’avant, qui pèse entre 5 et une quinzaine de kilos, selon les sexes, et selon les régions. Il présente une fourrure plus ou moins grise, et plus ou moins épaisse. Le Koala du New South Wales ne ressemble pas tout à fait au koala du Queensland, qui ne ressemble pas tout à fait au koala du Victoria.  Son habitat s’étend du Nord du Queensland jusqu’au Sud-Est de l’Australie du Sud. Il vit dans l’Est du Queensland, se disperse à l’Ouest; dans l’Est du New-South Wales, sur la frange côtière ou dans les plaines de l’Ouest, dans le Victoria, et dans le Sud-Est de l’Australie du Sud. (3) Kangaroo Island, en Australie du Sud, est une extension un peu particulière de cet habitat. Introduit dans les années 1920, le koala y a proliféré, jusqu’à devenir indésirable sur l’île. Partout, le koala vit là où les arbres assurent son existence. Il adore les feuilles d’eucalyptus, pauvres en nutriments, qui lui apportent l’hydratation nécessaire à sa survie mais peu d’énergie. Il en consomme 500 g par jour en moyenne, jusqu’à un kilo pour les plus voraces. Coincé entre deux branches d’arbre, il dort, beaucoup, jusqu’à 20 heures  par jour. Le koala est attaché à son territoire, deux à trois hectares et quelques arbres, qu’il partage avec d’autres.  Certaines études le prétendent aussi solitaire. Chaque année, une femelle peut donner naissance à petit. Il vivra une petite vingtaine d’années en liberté, dans un habitat préservé. (2) (4) (5)

Habitat et climat.

Depuis la fin du XVIII° siècle, et l’arrivée des colons en Australie, l’AKF estime que 80% de l’habitat naturel des koalas a disparu. Ce qui reste s’étend majoritairement sur des propriétés privées. Depuis deux décennies, les sécheresses, les incendies dans le bush, le défrichage des terres agricoles, l’exploitation des forêts, celle des mines, et la croissance des villes australiennes continuent de grignoter l’habitat des koalas. Le réchauffement climatique inquiète particulièrement les spécialistes. La décennie passée, qui a vu son lot de canicules, d’inondations et de cyclones, semble donner un avant- goût de la nature des changements à venir en Australie. Des températures plus élevées, d’autres sécheresses, et d’autres feux de forêts pourraient encore réduire l’espace de vie des koalas. Le koala résiste difficilement à une température supérieure à 37°C. Il craint la déshydratation. Ses déplacements lents le rendent particulièrement vulnérable aux incendies dans le bush. Le changement de climat, qui devrait réduire le stock de nourriture disponible, pourrait affecter la qualité nutritive et hydrique des feuilles consommées. Pendant ce temps, d’autres koalas sont exposés à une mort plus violente. (2) (4) (6)

Voitures et chiens.

Dans le Queensland, les voitures seraient la principale cause du déclin des populations de koalas. La mutation des paysages australiens, qui force les marsupiaux à quitter leur territoire en quête de nourriture, ou d’un compagnon, les pousse aussi à traverser les routes. Dans le Queensland et le New South Wales, les véhicules qui accompagnent l’exploitation minière multiplient l’occasion d’un accident. L’attaque des chiens, sauvages et domestiqués, est une autre cause majeure de mortalité. Selon l’AKF, la route et les chiens provoqueraient la mort d’environ 4000 koalas chaque année. Dans le Queensland, les chiens et les maladies – conjonctivites, sinusites, pneumonies, infection de chlamydia, ou rétrovirus du koala – sont l’autre grande menace, après les accidents de la route. Perte d’habitat, accidents, attaques de chiens, maladies, l’AKF estime que les populations de koalas auraient diminué de 40% dans le Queensland, et d’un tiers dans le New South Wales au cours des deux dernières décennies. (2) (4) (6)

D’espèce parasite à espèce vulnérable.

A Kangaroo Island, la situation est un peu différente. En 2001, l’île compte environ 27.000 koalas, une invasion. Multiples et voraces, ils sont accusés de détruire leur habitat, et les paysages d’une île très fréquentée par les touristes. En 1997, le gouvernement d’Etat initie une vaste campagne de stérilisation, 10.000 koalas sont castrés. Un peu moins de 4000 sont déplacés dans le Sud-Est de l’Etat. En 2011, le Département de l’Environnement révèle que la population de koalas s’est réduite à 13.000 individus au cours de la décennie écoulée. Un rétrovirus – lié au cancer du koala, lymphome ou leucémie -, actif sur les autres populations d’Australie, est détecté sur l’île que l’on pensait épargnée. Hypothèse de recherche, introduit au Nord, le virus se serait lentement déplacé vers le Sud de l’Australie. La maladie évoque l’hécatombe provoquée par le cancer de la bouche chez les diables de Tasmanie. Mais sans véritable menace d’extinction dans cette partie de l’Australie. (7)(8) En 2001, le koala qui abonde à Kangaroo Island est  listé comme l’une des 8 espèces parasites, « pest species », d’Australie sur le rapport environnemental du Commonwealth. (3) Il est aujourd’hui classé « Vulnérable » dans le Queensland et dans le New South Wales, et « Rare » en Australie du Sud. L’AKF a fait pression sur le gouvernement australien pour que le koala obtienne le statut « d’espèce vulnérable menacée d’extinction » en 2012. (2) La même année, il devient « espèce vulnérable » sur la liste rouge de l’IUCN.

M.J

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(1) Le koala tueur et autres histoires du bush, Kenneth Cook, Traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol, Autrement, 2009 – Le Livre de poche, 2011. 

(2) Australian Koala Foundation, About koala, Education resources https://www.savethekoala.com/

(3) The IUCN Red List of Threatened Species, Phascolarctos cinereus, http://www.iucnredlist.org/details/16892/0

(4) Koala, Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Koala

(5) Koala, Dinosoria.com, http://www.dinosoria.com/koala.htm

(6) The Clock Is Ticking on Koala Conservation, Neena Bhandarihttp://www.ipsnews.net/2013/04/the-clock-is-ticking-on-koala-conservation/

(7) « Retrovirus threatens Kangaroo Island koalas » , Catherine Hockley, The Advertiser, 29-09-2011  http://www.theaustralian.com.au/news/breaking-news/retrovirus-threatens-ki-koalas/story-fn3dxity-1226151046413

(8)Spread of koala retrovirus in Australia, Virology blog,  07-11-2012http://www.virology.ws/2012/11/07/spread-of-koala-retrovirus-in-australia/

 

 

 

 

 


Publié le 27 mai 2013 par marlene dans Australie,Biodiversité,Climat,Ecosystèmes.
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Bambou, l’arbre magique de la forêt africaine…

Bonjour,

C’est une plante qui pousse rapidement, et même très vite, qui peut-être récoltée chaque année sans gêner la génération suivante, qui réduit l’érosion des sols, qui nécessite peu d’eau, qui génère une petite économie et des emplois, et qui peut lutter contre la déforestation. C’est une graminée de haute taille qui se prend pour un arbre. Longtemps associé à l’Asie, le continent le mieux doté avec 65% des ressources mondiales, et à la Chine où il nourrit les pandas, le bambou essaime sous les latitudes tropicales, subtropicales, et tempérées. On le trouve en Amérique du Sud, en Equateur, au Mexique, au Brésil, au Chili, et en Colombie. (1)Traditionnellement connu comme l’arbre du pauvre, il est désormais promu matériau high-tech, et rivalise avec des bois traditionnels. Il habille l’habitat individuel et l’architecture innovante,  il se déroule en parquet et en terrasse, il se convertit en meuble, et ses fibres se transforment en textile.  Si la commercialisation de ce bois, issus de plantations et de forêts naturelles, a longtemps été marginale, les acteurs du développement lui assurent aujourd’hui un certain succès. En Afrique, où le bambou couvre 2,7 millions d’hectares et essaime sur 6 pays – Ethiopie, Kenya, Nigeria, Ouganda, République de Tanzanie, et Zimbabwe -, il est désormais perçu comme un instrument de lutte contre la pauvreté. C’est en Ethiopie, pays rongé par la déforestation, que l’INBAR – International Network for Bamboo and Rattan -, teste les possibilités de la graminée.

 

Freiner la déforestation.

La déforestation, cause majeure des famines en Ethiopie, accompagne l’histoire du pays. Il y a un siècle, les forêts couvrent encore près du tiers de la superficie du pays. Dans les années 2000, elles se réduisent à moins de 4% du territoire.  Vers le milieu des années 2000, la FAO estime que 20.000 hectares de forêts disparaissent chaque année, quelques lambeaux situés dans des endroits isolés sont épargnés. La culture du café, la croissance démographique et la quête de terres agricoles ont contribué à ce processus de déforestation. Mais en Ethiopie, comme sur le reste du continent, où le bois constitue l’une des principales sources d’énergie des ménages – la seule dans les campagnes éthiopiennes -, les arbres continuent de tomber. (FAO 1999) Et bien que la consommation d’énergie d’un Ethiopien soit l’une des plus faibles au monde, la démographie nourrit la demande. A la fin des années 90, il devient urgent pour le pays de reboiser. En 2007, 700 millions d’arbres sont plantés, un record, sans pour autant stopper la déforestation. (UNEP 2007). Il y a eu d’autres tentatives de reboisement. A la fin du XIX° siècle, le pays introduit l’eucalyptus, un arbre dont la croissance rapide doit compenser la forêt perdue. Au début du XX° siècle, le pays souhaite se débarrasser de cette espèce venue d’Australie, qui demande beaucoup d’eau et épuise les sols. Sans succès. Un siècle plus tard, le bambou étale ses qualités environnementales. Il pousse sur des sols inhospitaliers ; son système de racines limite l’érosion des sols ; il restaure des terrains  appauvris ou pollués ; son feuillage favorise l’infiltration des eaux. Son rythme de croissance, de 50cm à un mètre par jour pour certaines espèces, et sa facilité à se reconstituer en font une ressource presque « renouvelable ». Il ne lui faut que 3 à 7 ans pour atteindre sa maturité, contre quelques décennies pour la plupart des essences. Il absorbe de grandes quantités de CO², et libère 30% d’oxygène de plus que les arbres. Avec une surface discontinue estimée autour des 850.000 hectares  – contre 1,5 millions dans les années 60 -, l’Ethiopie dispose de la plus importante forêt de bambous du continent africain. (1) L’INBAR, qui développe l’activité mondiale du bambou et incite à une gestion durable des ressources, lance un projet de quatre ans, (2009-2013), financé par la Commission européenne.  Il s’agit d’un échange «Sud-Sud », technologie chinoise au bénéfice des campagnes d’Ethiopie et du Ghana. Ce programme vise à faire reculer l’usage du bois traditionnel, source d’énergie des ménages, au profit du bambou. Les villageois, initiés à fabriquer du charbon de bois dans des fours qu’ils fabriquent, pourront le revendre aux consommateurs citadins. Aux femmes le commerce du bambou, utilisé comme bois à brûler. Ce programme, qui fournit des plants de bambous, initie les villageois à cette activité forestière. (2) (3) (4)

 

« Zengana Boat »

En Ethiopie, le bambou nourrit d’autres initiatives. African Bamboo , une entreprise spécialisée dans  la gestion forestière et la bio-énergie créée en 2012, pont entre les Pays-Bas et l’Ethiopie, compte développer la fabrication de meubles, de panneaux compressés, et de terrasses extérieures destinés à l’exportation. Et produire des briquettes de charbon pour le marché intérieur. L’entreprise compte déjà plus de 150 emplois permanents. Le continent regarde. Le 15 mars dernier, les dirigeants d’une douzaine de pays africains  se sont réunis à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie, pour envisager le potentiel du bambou. A cette occasion, Ato Sileshi Getahun, Ministre d’Etat en charge de l’agriculture et à la tête du Conseil de l’INBAR, a déclaré : »Le bambou est considéré comme la plus importante stratégie à forte croissance pour reboiser les régions montagneuses dégradées du pays ». (4) Plus modestement, à Chewsa Kebele, dans la région d’Amhara au Nord de l’Ethiopie , quelques jeunes gens promènent les touristes sur le lac Zengana, à bord d’embarcations circulaires  d’inspiration asiatique, projet emmené par l’INBAR. Achamyeleh, un jeune garçon de 25 ans, est l’un de ces petits entrepreneurs : »Je pensais bien commencer un petit business, mais les bateaux en bois et en métal sont trop chers.(…) Quand j’ai entendu que l’on pouvait fabriquer un bateau en bambou en deux jours seulement pour transporter plus de deux personnes, il fallait que je voie par moi-même. En une saison, le bateau est remboursé, et je projette d’en construire d’autres.» (5) Le « Zengana Boat » navigue désormais sur d’autres lacs de la région du Grand Rift Oriental africain, de Madagascar, et du Mozambique.

 

M.J

 

 

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(1) 2. Extent and characteristics of bamboo resources, Global Forest Resources Assessment 2005, FAO 2005 ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/010/a1243e/a1243e03.pdf

(2) “Ethiopia Leads the Bamboo Revolution”, Ed McKenna, IPS, Addis-Ababa, 08-03-2013 http://www.ipsnews.net/2013/04/expanding-ethiopias-bamboo-sector/

(3)“In Africa’s Vanishing Forests, the Benefits of Bamboo”, Tina Rosemberg, Opinionator, blog NewYork Times, 13-03-2012 http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/03/13/in-africas-vanishing-forests-the-benefits-of-bamboo/

(4) African Bamboo Workshop , INBAR, 27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/african-bamboo-workshop/

(5) Bamboo Boats Float on Rural African Markets, INBAR,  27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/bamboo-boats-float-on-new-rural-markets-in-africa/

 

 


Publié le 12 avril 2013 par marlene dans Afrique,déforestation,Développement durable,énergie
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« Children are the future of China’s greenpower. »

Bonjour,

Après une course effrénée au développement signalée par une croissance annuelle moyenne de 10% pendant les trois dernières décennies, la Chine respire de plus en plus mal. Au milieu des années 2000, 60% des villes chinoises, dans lesquelles résident les 2/3 tiers de la population urbaine du pays, sont enveloppées d’un nuage de pollution. En 2008, Beijing compte parmi les 10 villes les plus polluées de la planète, classement établi par l’Organisation mondiale de la Santé. Une étude récente sur les principales causes de mortalité dans le monde attribue la mort prématurée d’1,2 millions de Chinois à une mauvaise qualité de l’air en 2010. La relation entre une industrialisation brutale et la dégradation des conditions de vie de la population s’affirme. Pourtant, depuis une décennie déjà, la Chine s’engage sur la voie d’une transition verte. Ce choix d’un développement plus respectueux des hommes et de l’environnement s’est affirmé lors du dernier plan quinquennal (2006-2011). Un rapport publié par le Worldwatch Institute    évalue le potentiel  de conversion de trois secteurs importants de l’économie chinoise, l’énergie, les transports, et les forêts, à l’horizon 2020.

 

Renouvelables.

Dans cette économie soumise au charbon – 70% de l’énergie consommée et 80% des émissions de CO² -, les énergies renouvelables constituent l’option majeure de cette transition verte. La Chine y travaille déjà. En une dizaine d’années, le pays a fortement développé le chauffe-eau solaire. En 2008, cette technologie représente déjà la moitié de renouvelables consommés dans le pays – hors hydroélectricité et biomasse. Les panneaux tournés vers le ciel se multiplient, 31 millions de m² en 2008, auxquels s’ajoutent  42 millions de m² en 2009. Le pays compte alors 177 millions de m² installés, l’objectif 2010 -150 millions de m² – est dépassé.  Aujourd’hui, la Chine exploite 80% de la capacité mondiale de chauffe-eau solaire. Avec un potentiel annuel estimé autour des 2,4 milliards de milliards de tonnes équivalent charbon, l’énergie solaire est d’ailleurs l’un des grands atouts de la Chine. Cette capacité solaire est de taille à modifier le mix énergétique du pays. Les provinces du Xizang, du Qinghai, du Xinjiang, du Gansu, du Ningxia,  situées  à l’Ouest et au Nord du territoire, et la Mongolie Extérieure  sont particulièrement prometteuses. Chaque année entre 2006 et 2011, le secteur a déjà crée plus de 10.000 emplois, directs et indirects. Il pourrait encore en offrir 20.000 annuels entre 2011 et 2020, estime la publication du WWI. Depuis le milieu des années 90, option renforcée en 2006-2011, la Chine  augmente sa capacité éolienne.  En 2010, 378 nouveaux projets éoliens sont conçus. Avec une capacité raccordée au réseau de 31 Gigawatt,  la Chine domine désormais l’éolien mondial, devant les Etats-Unis. Le  pays vise 120 Gigawatt à l’horizon 2020. L’industrie du vent, qui a généré 40.000 emplois directs chaque année entre 2006 et 2010, pourrait encore en créer 34.000 annuels entre 2011 et 2020. Estimation basse.

 

Hybride, métro, et train à grande vitesse.

Au cours de  sa conversion industrielle, la Chine est passée de l’ère de la bicyclette à celle de la voiture. En 2009, le pays devient le plus grand marché automobile du monde, devant le marché états-unien. Environ 170 millions de véhicules y circulent. Et si le rêve automobile continue de séduire les plus aisés, le pays pourrait compter 220 millions de véhicules supplémentaires en 2020. Pour adoucir cette prévision, les Autorités investissent dans des transports moins polluants. Le marché du véhicule hybride, environ 5000 véhicules en circulation mi-2010, pourrait se développer. Avec le soutien du gouvernement, plus de 16 millions de véhicules, hybrides et électriques, pourraient sortir des usines d’ici à 2020. Avec un peu plus d’un million d’emplois induits chaque année. Autre alternative, le rail urbain et interurbain. En 2006, le métro et le train léger ont transporté 1,8 milliards de passagers, deux fois plus qu’en 2001. Shangaï et Beijing en tête. A l’occasion de l’exposition universelle de 2010, le métro de Shangaï  déploie le plus long réseau du monde,devant celui de Londres. Entre 2005 et 2008, les investissements dans le rail urbain doublent. Quelques années plus tôt, la Chine s’est dotée d’une première ligne à grande vitesse. Aujourd’hui, le pays domine le marché mondial du train à grande vitesse. Sur le territoire chinois, 17 lignes sont opérationnelles sur près de 8500 kilomètres, le train rapide le plus cher du monde. Mais la Chine vise 18.000 kilomètres de rail pour 2020. Ces 10.000 kilomètres supplémentaires devraient  générer environ 630.000 emplois annuels pour la période 2011-2020, emplois directs et indirects.

 

4,5 millions d’emplois.

Les forêts chinoises comptent plus de 1800 espèces d’animaux sauvages, 2000 essences d’arbres, et plus de 6000 végétaux. La forêt, habitat pour quelques centaines d’espèces inconnues ailleurs, est au cœur de cette transition écologique. Ces arbres, qui piègent le carbone et rejettent de l’oxygène, contribuent aussi à atténuer les excès de la pollution. A la fin des années 40, le territoire chinois compte peu de forêts. Le pays, qui entreprend un gigantesque effort de plantation, 62 millions d’arbres mis en terre, étend son couvert forestier sur 195 millions d’hectares. Un record mondial. Pendant un demi-siècle, le territoire s’est doté de 3 à 6 millions d’hectares de forêts chaque année.  A l’horizon 2020, la superficie boisée devrait encore augmenter de 10%. Le pays, qui offre un patrimoine de plus de 2000 parcs nationaux,  se tourne aussi vers le tourisme vert. Au total, le secteur forestier – reboisement, entretien des jeunes forêts, tourisme – pourrait représenter plus de 2 millions d’emplois annuels pour la période 2011-2020. Et si l’on fait l’addition, énergie, transports, et forêts permettraient de créer au moins 4,5 millions de « green jobs » en 2020. Si la transition se poursuit à ce rythme, qu’elle se combine avec d’autres niches de l’économie verte encore mal connues des statistiques, la réserve d’emplois sera bien supérieure encore, note le rapport du WWI.

 

“Children are the future of China’s greenpower”

Cette transition verte proclamée connait des contrariétés et des inconnues. Bien que la Chine inonde le monde de sa technologie photovoltaïque, l’électricité solaire attend encore son développement dans le pays. Le marché de l’éolien, qui s’exporte à merveille, peine à reproduire cette performance en interne. La plupart des centrales, solaires et éoliennes, ne sont pas connectées au réseau, dilapidant ainsi les millions de dollars investis. L’électricité produite est encore trop chère. Les efforts engagés depuis deux décennies pour faire avancer la décentralisation génèrent aussi des querelles de pouvoir entre les Autorités provinciales et locales, au risque de gripper cette mécanique verte. L’information nécessaire à cette transition verte, inexistante ou déformée par le système statistique, retarde le processus de transition socio-économique. Il faudra sans doute attendre quelques décennies pour que la première puissance émergente finalise un scénario de transition, qui pourrait faire école dans le monde. « Children are the future of China’s greenpower” promet le rapport.

 

M.J

 

La lointaine province occidentale du Xinjiang est devenue l’un des fronts du développement de l’énergie renouvelable, notamment du solaire. Grâce à des panneaux photovoltaïques, un petit village du désert découvre l’électricité en continu….

 

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“Green Economy and Green Jobs in China:

Current Status and Potentials for 2020” Jiahua Pan, Haibing Ma, and Ying Zhang

L i s a  M a s t n y,  editor, Worldwatch Report 185

Wo r l dwat c h  In s t i t u t e, July 2011. http://www.worldwatch.org/system/files/185%20Green%20China.pdf

 

Summury: http://www.worldwatch.org/bookstore/publication/worldwatch-report-185-green-economy-and-green-jobs-china-current-status-and-po


Publié le 8 avril 2013 par marlene dans Chine,Développement durable,energies alternatives,Pollution atmospérique.
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Les fruits précieux de l’arganier…

 

 

 

Bonjour,

A la table des communautés berbères du Maroc, l’huile d’argan figure au menu depuis des siècles. L’arbre qui produit les noix dont cette huile est extraite, l’arganier, est un épineux endémique du Maroc et de l’Ouest algérien. Son histoire nous fait  voyager pendant plus de deux millions d’années, jusqu’à l’Ere Tertiaire. Aujourd’hui, les Berbères continuent de verser cette huile d’un jaune profond sur les couscous et les tranches de pain – elle est un aliment de base pour 90% de la population de la région d’Essaouira (1) -, pendant que les grands chefs de la cuisine mondiale en intègrent quelques gouttes à leur gastronomie. Les  médecins multiplient les compliments, réduction du cholestérol et des triglycérides contenus dans le sang,  protection contre certains cancers,  prévention des risques cardiovasculaires et du diabète. Depuis des siècles encore, les femmes berbères l’appliquent sur le visage, la peau, et les cheveux. L’huile d’argan, riche en acides gras, en vitamine E, et en antioxydant, empêche le dessèchement de la peau. Dotée de ces vertus gustatives, thérapeutiques, et cosmétiques, l’huile d’argan  part à la conquête d’un monde occidental à la fin de la décennie 1990. Elle devient à la mode. On l’importe en Europe et aux Etats-Unis, où elle fait  l’objet de brevets cosmétiques, elle s’infiltre au Japon. En quelques années, le marché de l’huile d’argan a explosé, les prix aussi. Au Maroc, un litre d’huile  alimentaire coûte environ 25 Euros, le double pour sa version cosmétique, et bien plus cher en produit importé. Tout dépend de la qualité, du packaging, et de la production  de cette région pauvre du Sud-Ouest marocain.(1) (2)

 

Des filles à l’école.

Au Maroc, l’Arganeraie  s’étire sur près de 800.000 hectares, entre les marges Sud du Haut Atlas et celles du Nord de l’Anti-Atlas. La production s’affirme dans les régions d’Agadir, d’Essaouira, de Taroudant, dans la vallée du Souss. A la fin des années 90, cette forêt compte une vingtaine de millions d’arbres, avec des densités plus fortes au Nord d’Agadir qu’aux portes du désert. L’arganier, adapté à cet espace semi-aride, supporte des températures supérieures à 50°C. Chaque arbre porte 10 à 30 kg de fruits pour une production annuelle proche des 4000 tonnes. Une manne pour cette région déshéritée, qui vit d’agriculture et d’agroforesterie. Ici, l’exploitation des arganiers est régulée par une loi sur l’usufruit qui date de 1925. La filière, d’abord éclatée en entreprises familiales, se structure en coopératives. Au début des années 2000, les coopératives marocaines emploient environ 2000 personnes. Chaque structure compte 20 à 60 femmes, dont la plupart travaillent un fruit qu’elles ont cueilli. (1) Puis l’huile est pressée à la main, décantée, filtrée, avant d’être embouteillée. Le processus est long, intense, et gourmand en matière première. Il faut plus d’une dizaine d’heures de travail et  100 kg de fèves pour produire un litre d’huile d’argan. Dans un secteur qui se mécanise, la filière manuelle reste gage de qualité. L’Union des Coopératives des Femmes de l’Arganeraie (UFCA),  qui regroupe une vingtaine de structures, porte une activité qui permet aux femmes de prétendre à un statut familial et social, grâce à un revenu régulier. Au début des années 2000, un travail à temps plein garantit environ 200 euros mensuels, presque une fortune. (1) Une étude publiée en 2011 par  l’Université américaine Cornell souligne les bénéfices de cette activité à forte valeur ajoutée. Avec l’argent de l’argan, la plupart des familles ont désormais accès à la consommation, achètent des chèvres pour augmenter leur troupeaux – ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la forêt d’arganiers -, et  envoient leurs filles au Collège d’Enseignement général. L’enquête révèle que dans les communes couvertes à plus de 65% d’arganiers, le nombre de filles à l’école a augmenté de 10% entre 2000 et 2005.(3)

Gardiens de fruits sur les arbres.

Le bénéfice social de l’argan est nuancé par une dégradation des paysages, amorcée bien avant le succès commercial. Le développement d’une agriculture industrialisée dans la vallée du Souss ; le besoin de  parcelles pour aménager des routes, des infrastructures, construire des bâtiments ; la collecte de bois pour le chauffage et la construction, ont ouvert l’espace forestier. L’étude américaine précise que la partie Sud de la forêt aurait particulirement souffert du développement  de l’agriculture irriguée, au cours des années 80 et 90. (3) En 1998, l’UNESCO  classe l’Arganeraie Réserve de Biosphère. L’ambition est de protéger  ce vaste écosystème forestier qui se déploie entre Haut Atlas et Anti-Atlas. L’arganier, assis sur un système profond de racines, doit  en principe contenir la désertification des sols. Ce territoire est aussi un laboratoire de développement socio-économique de populations, majoritairement berbères. Mais ce dispositif de protection  n’aurait pas tenu ses promesses. L’étude américaine suggère que le boom de l’argan aurait fragilisé la forêt, devenue plus claire dans sa partie Nord. Située à proximité des principaux marchés et plus attractive pour les touristes, cette forêt Nord aurait aussi été plus exploitée. Il n’y a pas eu d’investissement à long terme pour la santé des arbres, et celle de la forêt. Faute d’une stratégie de conservation, le boom de l’argan, qui a rendu la fève précieuse, a surtout suscité des vocations de gardiens de fruits sur l’arbre.

M.J

 

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(1) Potatoes in the Andes, Ethiopian Coffee, Argan Oil from Morocco and Grasscutters in West Africa”  Dieter Nill, Elke Böhnert, August 2006, Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), Division „Agriculture, Fisheries and Food“, Sector Project „Food, People & Biodiversity, Global Facilitation Unit for Underutilized Species (GFU)

http://www.worldartisanguild.com/GTZ_Biological_Diversity_060623.pdf

 

(2) Arganier, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Arganier, Huile d’Argane, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Huile_d%27argane

(3)“Booming markets for Moroccan argan oil appear to benefit some rural households while threatening the endemic argan forest”, Travis J. Lybberta,1, Abdellah Aboudrareb, Deborah Chaloudc, Nicholas Magnand, and Maliha Nashc, Edited by Christopher B. Barrett, Cornell University, Ithaca, NY, http://www.cornell.edu/   and accepted by the Editorial Board June 22, 2011    http://www.pnas.org/content/108/34/13963.full


Publié le 29 mars 2013 par marlene dans Biodiversité,déforestation,Developpement,Monde rural.
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Géant hydraulique, small hydro, et géothermie…

Bonjour,

 

Au Costa Rica, 95%  de l’économie repose sur les énergies renouvelables. L’hydraulique,  environ 80% du mix énergétique, et la géothermie, 12%, font tomber la part du pétrole au dessous des 5%. (1) Deux projets, le barrage  de Diquis, annoncé pour être l’un des plus importants d’Amérique centrale et prévu pour 2016, et le barrage  de Revantazon, planifié pour 2019, devraient gonfler un peu plus la capacité hydraulique du Costa Rica. La Présidente  élue en 2010,  Laura Chinchilla, veut encore développer la géothermie et l’énergie solaire pour tendre vers l’objectif « zéro carbone » à l’horizon 2020. Le Costa Rica est le membre le plus actif des pays d’Amérique centrale – Guatemala, Honduras, El Salvador, et Nicaragua – tous soucieux d’augmenter la part du renouvelable dans le bouquet énergétique. En 2011, elle dépasse les 65%, largement dominée par l’hydro-électricité. Mais la région compte bien développer un  potentiel géothermique,  peut-être moins prometteur au Honduras. (1 )(2)

 

Le géant hydraulique

L’énergie hydraulique , alimentée par l’eau et ses cycles, et la géothermie , qui puise dans la chaleur de la terre, progressent  partout dans le monde. Même si leur part reste modeste.  En 2011, l’hydraulique produit  plus de 15% de l’électricité mondiale. Et moins de 1% pour la géothermie, utilisée aussi pour le chauffage. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’un cheminement  pour se dégager des combustibles fossiles, et conquérir une certaine indépendance énergétique.  D’après une enquête du Worldwatch Institute, la Chine, le Brésil, le Canada, et la Russie mènent la production hydro-électrique, énergie primaire et électricité, avec plus de la moitié de la capacité mondiale en 2011. Le développement récent d’infrastructures  hydrauliques place la Chine en tête, suivie par le Vietnam, Brésil, le Canada. (3) Les barrages et les ouvrages  aménagés sur les grands fleuves du monde, le Colorado en Amérique du Nord, le Yangste en Chine, ou le Parana en Amérique du Sud,  racontent l’épopée de l’hydro-électrique. D’après la World Commission on Dams (2000),  environ 60% des fleuves majeurs sont contrariés par des ouvrages, ou déviés. Un processus qui aurait déplacé entre 40 et 80 millions de personnes dans le monde, et réduit considérablement le cours de certaines rivières, jusqu’à les empêcher d’atteindre la mer. L’hydraulique et ses barrages, qui malmènent  l’environnement et ses équilibres et qui déracinent les hommes, altèrent l’image d’une énergie pourtant réputée  « soft ».

 

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Small Hydro.

Les grands ouvrages, dont l’édification modifie les paysages des bassins-versants, bouleversent l’équilibre des sols. Un déboisement, par exemple, entraine ruissellement, érosion, et appauvrissement. Ces aménagements modifient l’équilibre fluvial, contrarient la migration des poissons, changent la composition chimique de l’eau. Ces constructions bouleversent les habitats voisins, et les espèces qui y sont attachées. Les communautés, dont les territoires sont inondés, sont expulsées. Le barrage des Trois Gorges, l’ouvrage le plus imposant jamais réalisé, a déplacé 1,2 milliards de personnes vivant dans plus 140 villes et 1300 villages. La violence de l’opposition à certains projets donne la mesure des bouleversements environnementaux, socio-économiques, et humains à venir. Dans certains cas, l’héritage architectural des communautés est englouti. Réputés pour produire une énergie « propre », leur construction exige des matériaux, le ciment, le fer, qui eux en consomment. Histoire de taille, ou de mesure, la « petite hydraulique » est réputée plus douce pour l’environnement. Construit au fil de l’eau, sans retenue importante, sans impact néfaste sur l’environnement et la vie qui s’y développe, le petit hydraulique a le vent en poupe. Entre 2005 et 2008, cette niche de l’industrie hydro-électrique  a bondi de presque 30%. Il se développe en Chine, plus de la moitié du marché actuel, en Inde , aux Etats-Unis. Il sert notamment le China Village Electrification Program qui prévoit d’électrifier 10.000 villages, pour alimenter 3,5 millions de ménages. Car autre avantage d’un ouvrage plus léger – aux vertus écologiques parfois discutées -, il permet d’amener l’électricité là où elle manque. (4)(5)

 

La route des volcans.

La géothermie s’inscrit dans la Ceinture de Feu Pacifique , et suit la route des volcans, actifs ou non. En 2010, plus d’une vingtaine de pays valorisent la chaleur de la terre pour produire de l’électricité. La cartographie de la capacité de production (2010), place les Etats-Unis en tête – 28% de la capacité mondiale (3) -, suivies par les Philippines, l’Indonésie, le Mexique, l’Italie, et la Nouvelle Zélande. Le plus grand complexe géothermal au monde, The Geysers, se situe à plus d’une centaine de kilomètres au Nord de San Francisco en Californie, dans les montagnes de Mayacamas  Mais la part d’électricité d’origine géothermique dans la production nationale bouscule la carte. L’Islande, les Philippines, le Salvador prennent la tête – entre 25 et 30% -, suivis par le Kenya et la Nouvelle Zélande  –  autour de 10%.  (6) En Islande, la géothermie alimente encore 90% du chauffage. D’ailleurs, plus de 70 pays ont choisi cette technologie, qui convient parfaitement au chauffage alternatif .(3)  Parmi les pays ciblés pour le développement de  la géothermie, le Chili. Assis sur un axe volcanique, le pays compte plus de 300 sites, avec un potentiel convertible en électricité ou voué à une utilisation directe. Les fluides renfermés dans le sous-sol chilien, situés à moins de 300 mètres de profondeur, peuvent atteindre 150°C, et promettent une exploitation d’une cinquantaine d’années. (7)

 

Le Rift africain.

Sur le continent africain, la Vallée du Grand Rift offre un potentiel énorme à la géothermie. Le Kenya, Djibouti, la Tanzanie exploitent déjà cette ressource. L’Ethiopie étudie sérieusement cette possibilité. La Banque de Développement Ethiopienne, aidée par la Banque mondiale, projette d investir 20 millions de dollars pour amorcer une exploitation, portée par le secteur privé. Cette énergie doit compenser un ralentissement attendu de l’électricité d’origine hydraulique. En cause, des pluies moins abondantes et des sécheresses. Les hauts plateaux d’Ethiopie, qui offrent une eau abondante, ont favorisé le développement de l’hydraulique. L’eau permet de produire plus de 85% de l’électricité du pays. La Banque mondiale aide le Kenya à développer  une alternative à l’hydraulique, afin de renforcer sa capacité électrique. Le gouvernement investit à fond dans la   « géothermie »,  moins soumise au climat de plus en plus aride de l’Afrique orientale. (8) (9)

 

M.J

 

 

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Première vidéo / Source: Alex de Sherbinin (CIESIN) et Bernhard Lehner (Department of Geography, at McGill University). Il a fallu des années pour constituer ce catalogue des barrages. Il représente plus de 5000 réservoirs dans le monde.
http://csdms.colorado.edu/wiki/Movie:…

(1)Finding Sustainable Alternatives to Large Hydropower in Central America CDKN / Climate and Development knowledge network, CDKN Latin America, from World Watch Institute website, 07-08-2012http://cdkn.org/2012/08/finding-sustainable-alternatives-to-large-hydropower-in-central-america/

(2)Le développement des projets d’énergie géothermique en Amérique centrale, mars 2012,Tresor Direction Générale, Publication des Services économiques. http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/337930

(3)« Hydropower and Geothermal Growth Slows », Evan Musolino Revolt, Worldwatch Institute, 02-12-2013, http://blogs.worldwatch.org/revolt/hydropower-and-geothermal-growth-slows-2/

(4)The Hydro Industry’s Proven Authority, HydroWorld.com, small hydro. http://www.hydroworld.com/industry-news/small-hydro.html

(5) Small Hydro, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Small_hydro

(6) Installed Geothermal Electric Capacity (2010) in Wikipedia, Geothermal electricity. http://en.wikipedia.org/wiki/Geothermal_electricity

(7)“Chile has excellent potential for both high and medium temperature geothermal projects.” http://www.hotrockltd.com/irm/content/exploration_chile.html

(8) “World Bank Gives Kenya $118 Million for Geothermal Development”

eBoom Staff , 07-07-2010, http://www.energyboom.com/geothermal/world-bank-gives-kenya-118-million-geothermal-development

(9) « Ethiopia to Develop its Geothermal Energy Potential with a Grant from the World Bank », AtisSun News, 15-02-2013, http://www.atissun.com/blog/18418/ethiopia-to-develop-its-geothermal-energy-potential-with-a-grant-from-the-world-bank/


Publié le 1 mars 2013 par marlene dans Barrages,Climat,Ecosystèmes.,energies alternatives
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So green, Vancouver!

Bonjour,

Vancouver, cité portuaire de l’extrême Sud-Ouest canadien , cultive son image de ville-paysage dans  un environnement urbain réputé pour être l’un des plus accueillants au monde. Assise sur le Delta du fleuve Fraser, elle se réfugie à l’Ouest derrière le Détroit de Georgie et l’île de Vancouver qui la séparent de l’Océan Pacifique. Au Nord, trois montagnes se couvrent de neige en hiver. Mais dans la ville, quelques palmiers témoignent de l’un des climats les plus doux du Canada. Vancouver est une métropole hérissée de buildings,  on y circule beaucoup à vélo, et la nature n’est qu’à quelques minutes de marche. Désignée par le WWF en 2011 comme une ville très engagée contre le réchauffement climatique, elle ambitionne aujourd’hui de devenir la « Greenest City 2020 »,  la cité la plus écolo de la planète. Sur le site dédié à cet engagement, Vancouver détaille un plan d’action inspiré du « One Planet Living », une stratégie destinée à ratatiner l’empreinte écologique. Vancouver, métropole de 600.000 habitants (2011)  qui continue d’attirer de nouveaux arrivants de toutes origines, veut réduire de 33%  son empreinte écologique à l’horizon 2020, par rapport à 2006. « Mais, pendant que nous vivons dans un endroit qui est largement connu comme étant la ville la plus agréable au monde, notre empreinte écologique est trois fois plus importante que ce que la terre peut supporter. », peut-on lire sur la page de présentation du projet.(1)

 

Sobriété, recyclage, et oxygène.

« Greenest City 2020 » s’attaque en priorité au carbone et aux déchets, il valorise  les écosystèmes.  Dix programmes doivent servir cette stratégie globale. La  transition vers une économie verte pendant la décennie 2010-2020 donne le ton: doubler le nombre d’emplois induits et doubler le nombre d’entreprises  en conversion. Vancouver,  déjà tournée vers les énergies renouvelables, souhaite encore réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’un tiers par rapport à 2007. Pointée du doigt, l’énergie consommée par les immeubles, 55%  des émissions de Vancouver. Marche, vélo, métro devront compter pour la moitié des déplacements en 2020. Objectif « Zero waste », ou presque. Vancouver invite ses citoyens à réduire de moitié les déchets voués à la décharge et à l’incinérateur. Le compost –  fertilisant pour une agriculture locale -, la collecte de résidus alimentaires, le recyclage, et la récupération de matériaux de construction serviront cette stratégie. Et carton rouge pour les emballages. Vancouver,  aérée par un  parc de 400 hectares, le Stanley Park , compte intégrer d’autres jardins dans l’espace urbain. Le plan annonce encore 15 000 arbres supplémentaires. Ces efforts doivent contribuer à alléger l’empreinte écologique de la ville, objectif déjà évoqué. La qualité de l’eau potable devra être l’une des meilleures au monde.  En contrepartie, la ville attend de ses citoyens  qu’ils réduisent leur consommation d’eau de 30%. De 320 litres par habitant et par jour en 2006, ils devront se limiter à 214 litres en 2020. L’air de Vancouver sera l’un des meilleurs du club des grandes métropoles, avec plus de véhicules électriques et moins de feux de bois illégaux. Enfin, en dix ans, la ville souhaite doubler la quantité de nourriture produite localement en développant les marchés fermiers, les jardins et les vergers urbains. La nourriture compte pour 49 % de l’empreinte écologique de la ville, on en reparle.(1)

 

« Pas facile d’être vert. »

Dans un blog initulé «What Does a One-Planet City Look Like?” (2), ou à quoi ressemble une ville estampillée « One-Planet ,  publié sur l’un des sites du Worldwatch Institute , Jennie Moore (3),  spécialiste des questions d’environnement à L’Institut de Technologie de Colombie britannique, annonce  d’emblée : « Ce n’est pas facile d’être vert ». Munie de sa calculette à empreinte écologique, elle examine le cas de Vancouver.  Elle additionne les initiatives listées dans le « Greenest City Action Plan » et estime que Vancouver ne pourra réduire son empreinte  écologique  que de 11,5% . Peut-être 23% en y ajoutant quelques mesures supplémentaires. Un peu court pour tendre vers les 33% annoncés, et l’objectif « One Planet Living ». Elle détaille ses calculs. (4)  A Vancouver,  la nourriture contribue donc à la moitié de l’empreinte écologique. La moitié de cette moitié est due à la consommation de viande, de poisson, et de lait. Avec un zéro pointé pour la viande rouge. Les transports, 20% de l’empreinte écologique, dont la moitié  est due aux automobilistes qui voyagent seuls.   Et si l’on ajoute le carburant consommé par les moteurs et les voyages en avion, on arrive à 90% de l’empreinte écologique causée par les transports. Les constructions, 16% de l’empreinte écologique, dont 80% résulte de l’énergie consommée pour le fonctionnement des résidences, des commerces, et des administrations. Les consommables, ce que nous achetons, représentent  12% de l’empreinte écologique de Vancouver. Dont la moitié est due au  papier , suivi par les plastiques, les déchets organiques, les métaux, le verre.  Jennie Moore  rappelle au passage qu’une redistribution égale des services rendus par les écosystèmes de la planète à chacun de ses habitants lui donne l’équivalent d’1,8 hectare.  Au-delà, l’empreinte écologique devient trop conséquente. Or, un habitant des Etats-Unis utilise l’équivalent de 9 hectares,  7 pour un Canadien. Pour coller aux recommandations du « One Planet Living », Jennie Moore estime que ces riches américains  doivent réduire leur consommation d’énergie, de biens, et leur production de déchets de 80%.

 

« Combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? »

Alors ?  Moins de viande rouge, moins de trajets en voiture, de voyages en avion, moins de chauffage à la maison, moins d’électricité, moins d’emplettes ? Oui, mais ce ne sont pas quelques steaks de moins, et une pratique éclairée du co- voiturage qui vont considérablement nous rapprocher du « One Planet Lliving », nuance Jennie Moore, plus catégorique.  « Si « One Planet Living » est le but, une transformation radicale de nos modes de vie doit être envisagée. Et comme nous savons que les individus prisonniers d’un système ne seront pas capables d’opérer des changements spectaculaires si on ne les y incite pas – combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? – cela veut dire que le gouvernement va être amené à jouer un rôle-clé en encourageant les choix individuels de consommation plus durables. » (2) Même loin du compte, difficile de reprocher à Vancouver une stratégie de réduction de son empreinte écologique qui doit bien commencer quelque part.

M.J

 

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(1) Greenest City 2020 Action Plan, City of Vancouver http://vancouver.ca/green-vancouver/greenest-city-2020-action-plan.aspx

(2) «What Does a One-Planet City Look Like?”, Posted by Jennie Moore on March 23 2012, Moving  Toward Sustainable Prosperity. http://blogs.worldwatch.org/sustainableprosperity/oneplanetcity/

(3)Jennie Moore est directrice du Développement Durable et de Gestion Environnementale à l’Institut de Technologie de Colombie Britannique. Elle termine un Doctorat, et travaille sur la façon de faire de Vancouver une « One-Planet’City ».

(4) Vancouver’s Ecological Footprint Based on Consumption Activity (Calculated by Jennie Moore)


Publié le 20 février 2013 par marlene dans Climat,Développement durable,Economie d'énergie,Ecosystèmes.,Urbanisation
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Les promesses du quinoa…

 

Bonjour,

 

Le quinoa est une plante, une herbacée de la famille de la betterave ou de l’épinard, qui pousse dans l’espace andin depuis probablement 7000 ans. Un rapport de la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, s’intéresse à son historique. (1) Vers la fin du XVIII° siècle, la culture est repérée et décrite pour la première fois dans les Andes péruviennes et boliviennes. C’est probablement entre Bolivie et Pérou, à proximité du lac Titicaca, que le Quinoaa commencé à se développer. Les civilisation Inca et Tihuanacu le domestiquent et favorisent sa culture. Les graines nourrissent les habitants des vallées, et des régions plus sèches, plus montagneuses, et plus froides, comme celles de l’Altiplano. Car propriété essentielle du Quinoa, il supporte les climats arides, s’adapte à l’humidité, et se développe sous des températures qui vont de moins 4°C à 38°C. La conquête espagnole, qui introduit l’orge et le blé en Amérique du Sud, marginalise la culture du quinoa. C’est que les Espagnols ne connaissent probablement pas les qualités nutritionnelles du quinoa. C’est une nourriture qui présente un taux élevé de protéines, entre 14 et 22% par graine, une valeur en protéines comparable à celle du lait. Le quinoa offre l’ensemble des acides aminés essentiels à la santé, c’est une fausse céréale bien plus généreuse que le blé, l’orge, ou le soja. Sous la domination espagnole, les populations rurales andines continuent de consommer du quinoa. Dans les années 80, la crise qui secoue les économies de l’espace andin impose un développement qui s’éloigne du modèle traditionnel et privilégie les exportations. Les marchés qui s’ouvrent aux Etats-Unis et en Europe favorisent la production de quinoa. De culture traditionnelle de subsistance des communautés andines, le quinoa devient une culture d’exportation, appréciée des consommateurs de « bio ».

 

Bolivie en tête.

La Bolivie, le Pérou, et l’Equateur dominent un bassin de production qui s’étire du Sud de la Colombie à l’île de Chiloe au Sud du Chili, en passant par le Nord de l’Argentine. En Bolivie, berceau de la production, elle  reste une culture traditionnelle jusque dans les années 70. Le rapport de la FAO esquisse son aire de production. Dans l’Altiplano Sud,  elle se limite aux pentes montagneuses. Dans l’Altiplano Nord-Central, elle est intégrée au système de rotation, avec les pommes de terre et le fourrage. Dans les vallées, elle se présente comme une culture frontière, ou est associée aux légumineuses et au maïs. C’est une agriculture manuelle, principalement destinée à l’autoconsommation. L’ouverture du marché biologique international déplace les cultures des contreforts de l’Altiplano aux plaines, et mécanise la production. Dans la Bolivie des années 80, la culture du quinoa couvre 15.000 hectares. Dans les années 90, elle s’étend sur 40.000 hectares, et se stabilise autour des 35.000 hectares en 2001. (1) En 2012, la surface dédiée au quinoa pourrait avoir doublé pour atteindre les 70.000 hectares. (2) En2009, la FAO estime la production annuelle de la Bolivie à 28.000 tonnes, et 40.000 tonnes pour le Pérou. (1) En 2012, la récolte bolivienne aurait atteint 44.000 tonnes. (2) La Bolivie et le Pérou produisent aujourd’hui environ 90% du quinoa mondial. Mais, faute de données pour le Pérou, la Bolivie reste le principal exportateur mondial de Quinoa. (2) Les Etats-Unis et le Canada absorbent plus de la moitié du marché, et un tiers pour l’Europe. Cette mondialisation aurait tiré les prix du quinoa vers le haut, ils ont doublé entre 2006 et 2011. Avec pour conséquence, une chute de la consommation nationale d’environ 35% au cours de la même période, estimation du Ministère de l’agriculture de Bolivie. (1)

 

Hausse des prix, évolution des goûts.

« Le succès mondial du quinoa crée des difficultés dans le pays », titre le New York Times en mars 2011. (3) L’article rapporte une hausse des prix du quinoa, liée à la demande sur les marchés américains et européens. Avec deux conséquences. Les producteurs de quinoa, qui ont bénéficié de cette envolée, ont vu leur situation sociale s’améliorer. Ils se sont organisés.  Mais cet appétit mondial pour le quinoa, qui tire les prix vers le haut, crée aussi une rupture sociale: « Moins de Boliviens peuvent se l’offrir, obligés de se rabattre vers des produits alimentaires traités moins chers et augmentant les craintes de malnutrition dans un pays qui a longtemps lutté contre. »(3) Un sac d’un kg de quinoa coûte environ 5 fois le prix d’un kg de riz. L’article précise encore que si la mauvaise alimentation baisse au niveau national au cours des dernières années – grâce à une intervention volontariste de l’Etat dans les affaires sociales -,  la malnutrition chronique augmente chez les enfants originaires des régions de production du quinoa. Dont Salinas Garci Mendoza, région de référence. Si le prix du quinoa exclut de fait les plus pauvres, le New York Times signale aussi un changement de goût  chez les jeunes consommateurs boliviens Ils préfèrent désormais le pain blanc, un plat de pâtes ou de riz, plutôt qu’une préparation à base de quinoa, et un coca cola à la place d’une boisson traditionnelle au  quinoa. Cette évolution de la consommation, qui répond aux avances d’une nourriture industrielle, est évoquée dans d’autres articles. Les producteurs de quinoa, moins pauvres, occidentalisent leur régime alimentaire.

 

Tensions et érosion des sols.

Un autre article pointe la relation complexe  entre le développement économique de la Bolivie, et la sécurité alimentaire. Et dans cette relation, qui puise dans le contexte socio-économique et politique du pays, l’amélioration des conditions de vie des producteurs de quinoa ne peut-être ignorée. Pour l’avenir, l’auteur de l’article envisage une solution équilibrée : «  De la même façon qu’ils ont développé  l’industrie du quinoa, les producteurs et les consommateurs boliviens doivent être les catalyseurs pour développer une meilleure sécurité alimentaire, et renforcer la souveraineté. » (4) Selon le rapport de la FAO, la consommation moyenne de quinoa par habitants est de 5 kg par an, l’une des plus élevées au monde. Si elle ne suffit pas à faire reculer la malnutrition, le gouvernement d’ Evo Morales fait des efforts. Les Autorités boliviennes ont commencé à introduire le quinoa dans les petits déjeuners scolaires, et dans le menu des jeunes mères. Si le développement du quinoa a permis de freiner l’émigration vers l’Argentine ou le Chili, un autre article évoque des tensions dans les régions de production. De nombreux propriétaires, qui avaient déserté les campagnes, rentrent récupérer leurs terres afin de tirer bénéfice de cette culture d’exportation. Puis, ils louent leurs terres, s’échappent à nouveau, avant de revenir pour la récolte. Ceux-là ne contribuent  pas aux actions de producteurs, qui se battent pour le maintien d’une certification « bio », ou qui mènent des actions pour éliminer les nuisibles. Autre problème, le quinoa qui déborde de  ses champs traditionnels pour satisfaire la demande mondiale en culture certifiée, s’est développé sur des espaces inadaptés. Cette extension a provoqué une érosion des sols conquis. Le label « bio » exige des fertilisants naturels, comme les excréments d’animaux, devenus plus rares sur l’Altiplano. Il a donc fallu fouiller les sols pour enrichir les cultures en nutriments, quitte  à les appauvrir. Pour satisfaire la demande, les périodes de jachères sont plus courtes. (5)

 

Kenya et Tasmanie.

La FAO déclare 2013, « année internationale du quinoa » . Dans le rapport cité précédemment, l’organisation développe l’idée d’en faire une arme contre la malnutrition dans le monde. Réunie à Santiago du Chili début février 2013, la communauté des Etats d’Amérique latino-américains et caraïbes (CELAC) reconnait l’importance du quinoa pour la sécurité alimentaire, l’éradication de la pauvreté et la faim, grâce à ses valeurs nutritives. (6)  Si la Bolivie et le Pérou concentrent la production mondiale de quinoa, la culture essaime désormais sur tous les continents. Les Etats-Unis,  où le quinoa est  introduit les années 80 dans le Sud du Colorado, l’Equateur, et le Canada, qui le cultive dans les plaines de l’Ontario, produisent 10% du quinoa mondial. En Europe, il pousse en Angleterre, en Suède, au Danemark, aux Pays Bas, en Italie, et en France, dans la région de l’Anjou. Dans l’Himalaya et dans les plaines du Nord de l’Inde, le quinoa  présente de bons rendements. Au Brésil, la culture est expérimentée dans la savane tropicale. Des agriculteurs colombiens l’on testé au Kenya, ou la plante a été introduite  pour réduire la faim et la pauvreté sur le continent africain. Et à l’autre bout du monde et des besoins alimentaires, le quinoa est cultivé dans le Nord de la Tasmanie , pour le plus grand plaisir des Australiens, addicts au « bio ».

M.J

 

 

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(1) “Quinoa: An ancient crop to contribute to world food security”, FAO, Regional Office for Latin America and the Caribbean, July 2011.  http://www.fao.org/alc/file/media/pubs/2011/cultivo_quinua_en.pdf

(2) Quinoa, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Quinoa

(3) “Quinoa’s Global Success Creates Quandary at Home” Simon Romero, Sara Shahriari, The New York Times, 19-03-2011. http://www.nytimes.com/2011/03/20/world/americas/20bolivia.html?_r=0

(4) “Bolivian Quinoa Questions: Production and Food Security”, Emma Banks, The Andean Information Network, 17-05-2011,  http://ain-bolivia.org/2011/05/bolivian-quinoa-questions-production-and-food-security/

(5) “The quinoa story: it’s complicated”, Luigi Guarino, Agricultural Biodiversity Weblog, 28-03-2011, http://agro.biodiver.se/2011/03/the-quinoa-story-its-complicated/

(6) « Naciones de la CELAC señalaron que la quinua es un aliado para la erradicación del n del hambre y la pobreza, Oficina Regional de la FAO para América Latina y el Caribe, Santiago de Chile, 01-02-2013 http://www.rlc.fao.org/en/press/news/naciones-de-la-celac-senalaron-que-la-quinua-es-un-aliado-para-la-erradicacion-del-hambre-y-la-pobreza/

 


Publié le 12 février 2013 par marlene dans Agriculture.,Alimentation,crise alimentaire,Developpement
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Protéger l’eau à sa source: une idée qui chemine…

Bonjour,

New York est une métropole qui a choisi de distribuer une eau naturellement filtrée à près de 9 millions d’habitants, alternative aux coûts et aux nuisances d’une eau artificiellement traitée.  Au début des années 90, la ville, encore en pleine expansion, pèse sur l’environnement et renonce à construire l’unité de filtrage dont elle a besoin pour approvisionner ses citadins. A contre- courant des pratiques du moment, New York décide de valoriser un complexe hydrographique situé à proximité, le système Catskill /Delaware. Situé en amont de la ville, il comprend 6 lignes de partages des eaux, et déroule des paysages de rivières, de zones humides, et de forêts. C’est l’ensemble du système, la forêt, les sols à faible teneur en carbone, et le système d’écoulement, qui fabrique une eau de qualité.  Cette eau naturellement filtrée est ensuite acheminée, via un réseau complexe de réservoirs, d’aqueducs, de tunnels, vers le terminal de distribution. Le processus, qui multiplie les acteurs et les démarches, se concrétise en 1997. La ville développe alors un immense programme de protection de ce complexe de bassins versants, et implique les populations de Catskill et de Delaware. En échange de l’entretien des écosystèmes de ce réservoir naturel, ces communautés agricoles et forestières reçoivent une indemnité annuelle. Aujourd’hui, ce système de distribution d’eau  permet de couvrir 95% des besoins de la ville. Après l’ouragan Sandy, qui balaie le Nord de la côte Est des Etats-Unis en octobre dernier, les New-Yorkais ont manqué d’électricité pendant quelques jours. Pas d’eau potable. Si l’avantage écologique est évident, il est aussi financier. La ville, qui n’a pas construit l’unité de traitement des eaux aurait économisé entre 6 et 8 milliards de dollars. Plus quelques centaines de millions, destinés à l’entretien de la structure. L’idée, sans doute visionnaire dans les années 90, a fait du chemin. (1)(2)

 

L’eau, un frein à la croissance.

Direction la Chine, et la ville de Zhuhai sur la côte Sud. Le gouvernement chinois incite les communautés qui vivent en amont de la ville à travailler la terre sans excès, tout en respectant la ressource en eau. En contrepartie de cette agriculture plus douce, quelques 100.000 personnes, oubliées de la croissance économique, reçoivent l’équivalent d’une assurance santé. Ce programme de mise en valeur de l’eau à sa source est, comme celui de New York,  listé par le récent rapport State of Watershed Payments 2012. (1) Cette publication d’Ecosystem Marketplace – a Forest Trend initiative- dresse un état mondial des projets de restauration des lignes de partage – watershed, en anglais -, et chiffre les investissements consacrés. La Chine, qui dispose de faibles ressources en eau potable par habitant, sans doute l’un des grands pays les moins bien dotés, a bien compris l’enjeu de ce processus de conservation. Selon la Banque mondiale, le déficit et la pollution des eaux de la puissance chinoise absorberaient déjà plus 2% de son PIB. (3) Alors, pour continuer sa course au développement, la Chine investit pour préserver ses ressources en eau. Toujours selon le State of Watershed Payments, en 2011, la Chine concentre 91% des investissements mondiaux dans le secteur. Zhuhai est l’un des 61 projets de restauration des bassins fluviaux développés en Chine, sur un peu plus de 200 à l’échelle mondiale. La Chine talonne les Etats-Unis, 67 projets en cours.(1)

 

Les écosystèmes, piliers d’une nouvelle économie.

En 1996, un petit groupe de décideurs, acteurs de l’industrie forestière, défenseurs de l’environnement, donateurs, s’intéressent de près à la protection des forêts. Trois ans plus tard,n l’équipe renforcée par des chercheurs, des banquiers, et des philanthropes, fonde  Forest Trends, une ONG américaine basée à Washington. Depuis, Forest Trends porte son attention sur la valeur des forêts, dont elle caractérise et chiffre les services rendus dans le but d’inciter à une gestion durable. Forest Trends soutient les projets et les initiatives qui valorisent une économie, basée sur les écosystèmes forestiers. Il y a encore l’intention d’améliorer les conditions d’existence des communautés qui vivent dans le périmètre protégé. Ecosystem Marketplace, création de Forest Trend, fournit une base de données qui contextualise, précise les marchés, et détermine la valeur des services rendus par les écosystèmes. L’information porte, par exemple, sur la qualité de l’eau, la séquestration de carbone, ou sur la biodiversité. Elle est gratuite. Ecosystem Marketplace souhaite faire évoluer les mentalités et placer les écosystèmes au cœur d’une nouvelle économie. D’où  l’idée de leur donner une valeur pour que les services rendus – production d’eau, de nourriture, de combustibles ; régulation des eaux, du climat, pollinisation ; entretien des sols ; bénéfices socio-économiques et culturels…- ne soient plus considérés comme acquis. Cette vision économique, qui parie sur la conservation des espaces pour assurer la continuité des écosystèmes, gagne du terrain. En 2011, 17 milliards de dollars ont été investis dans la valorisation des lignes de partages des eaux. Soit 2 milliards de mieux qu’en 2008. (1) Les analystes d’Ecosystem Marketplace considèrent que les investissements dans les systèmes des  lignes de partage annoncent un renouveau du financement de la conservation des espaces naturels. Sans parler des emplois « verts » créés sur le terrain. (3)

 

 Premiers développements d’une réponse globale?

Dans un monde où 80% des espaces seraient exposés à une menace sur l’approvisionnement en eau potable, les initiatives se multiplient. (3)En Afrique du Sud, le programme Working for Water (wfw) implique des chômeurs de longue durée pour éliminer les espèces invasives, herves à pampas, jacinthes d’eau, ou roseaux géants, qui perturbent les cours d’eau, et posent des problèmes de sédimentation dans le pays. Il s’agit encore de gros eucalyptus dont les racines retiennent d’énormes quantités d’eau. L’eau libérée est  réintroduite dans  la rivière. L’Afrique du Sud économise ainsi beaucoup d’argent, qu’elle aurait dépensé pour assainir les cours d’eau. WfW emploie près de 30.000 personnes. Les fonds viennent du programme de lutte contre la pauvreté développé par le gouvernement, des factures d’eau des ménages, et d’une fondation. En 2009, le pays a consacré plus de 100 millions de dollars à la restauration de ses bassins versants, un espace estimé à 160.000 hectares. A l’échelle mondiale, le financement des projets résulte majoritairement de fonds publics. Le secteur privé, qui n’a pas toujours les moyens d’investir dans de gros travaux, ou qui considère que la gestion de l’eau reste une affaire d’Etat, est encore en retrait. Sur les 200 projets actuellement en cours, l’argent privé n’apparait que dans une cinquantaine de programmes. (4) Beaucoup de ces entreprises fabriquent des boisson. En Ouganda, un brasseur de bière finance la protection des zones humides, afin de préserver la quantité et la qualité de l’eau dont elle a besoin. Un projet analogue se développe en Zambie, financé par en partie par les brasseries zambiennes, sous licence SABMiller. En France, des agriculteurs perçoivent des compensations pour préserver la nappe aquifère, et conserver la pureté de la source Vittel, propriété du groupe Nestlé. Mais il n’est pas toujours question d’argent. En Bolivie, dans la vallée de Santa Cruz,  plus de 500 familles reçoivent des ruches, des plants de fruits, et du fil de fer, qui sert aussi à éloigner le bétail des rivières. Plus économique en Suède, dans une localité à proximité du Fjörd de Gullmar, une petite compagnie d’eau a préféré investir dans la moule bleue  pour filtrer les pollutions au nitrate, plutôt que de se lancer dans les grands travaux d’une unité de traitement des eaux. «  Nous assistons aux premiers développements d’une réponse globale qui pourrait transformer notre façon d’estimer et de gérer les lignes de partage des eaux dans le monde », déclare Michael Jenkins, Président de Forest Trends, lors de la présentation du rapport. (3)

M.J

 

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(1) « Charting New waters – State of Watershed Payments 2012” Ecosystem Marketplace, A Forest Trend Initiative.http://www.forest-trends.org/documents/files/doc_3308.pdf

(2) « New York City »,  Information Center for the Environment (ICE), UC Davies, University of California. http://ice.ucdavis.edu/node/133

(3) “New Study: US$8.17 Billion Spent in 2011 to Safeguard Drinking Water and Regional Supplies by Protecting Watersheds—$2 Billion Above 2008 Levels,” Ecosystem Marketplace, A Forest Trend Initiative, Press Release,

http://www.forest-trends.org/embargoed_water_2013.php

(4)  Global threats to human water security and river biodiversity

C. J. Vo¨ro¨smarty1*, P. B. McIntyre2*{, M. O. Gessner3, D. Dudgeon4, A. Prusevich5, P. Green1, S. Glidden5, S. E. Bunn6,

C. A. Sullivan7, C. Reidy Liermann8 & P. M. Davies9,,  334 | NATURE | VOL 468 | 1 1 NOVEMBER 2010

http://limnology.wisc.edu/personnel/mcintyre/publications/vorosmarty_etal_2010_nature_global_threats.pdf


Publié le 31 janvier 2013 par marlene dans Biodiversité,Chine,eau,Ecosystèmes.,Pollution de l'eau,USA
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