Environnement
Un blog sur la géo-environnement

La Birmanie sinistrée.

Bonjour,

Quelques jours de vacances, à peine, un ordinateur en panne, et la Birmanie en tête. Le cyclone Nargis qui a dévasté la côte Sud de la Birmanie – devenue le Myanmar – et le vaste delta de l’Irrawaddy, est sans doute l’une des pires catastrophes,  naturelles et humaines, de ces dernières années. Près 62.000 morts et disparus selon l’AFP, bilan encore provisoire qui esquisse une partie du désastre une dizaine de jours après la catastrophe. Près de deux millions de personnes, sans-abri, attendent toujours les secours.  Bilan désastreux, les Autorités birmanes auraient tardé à diffuser des bulletins météo alarmants en provenance de l’Inde, 48H00 avant le passage du cyclone. Des informations erronées, sur la route et l’intensité de la tempête tropicale, auraient encore brouillé les alertes météo. Les habitants d’une région qui concentre près de la moitié de la population de Birmane, pourtant habitués à ces manifestations tropicales, n’étaient pas préparés à affronter un tel déchaînement climatique. Au total, près de 5000 km² de terres ont été inondées, et une cinquantaine de localités touchées par les effets du cyclone. Certaines régions du delta de l’Irrawaddy sont détruites à 80%.(1) Des images satellites montrent une géographie modifiée.
 

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La junte détourne l’aide.

Le delta de l’Irrawaddy, situé sur la pointe Ouest, s’ouvre la Mer d’Andaman, et l’Océan Indien. Comme l’ensemble des plaines deltaïques, en Asie et dans le monde, c’est une zone très peuplée. Difficile de trouver des estimations, mais la presse évoque 24 millions de personnes dans la zone touchée par le cyclone.(1) Une autre source estime que 6 millions d’habitants vivent dans la zone de l’embouchure. Et que Rangoon, l’ex-capitale, compte 6,5 millions d’habitants. (2) Peu importe les chiffres, ces zones deltaïques, fertiles et aménagées, attirent de fortes populations, et concentrent les cultures. Le delta de l’Irrawaddy est  le « bol de riz » de la Birmanie. Selon la FAO, la région sinistrée par le cyclone produisait 65% du riz birman. Désastre alimentaire confirmé, 80% de l’aquaculture du pays provient du delta de l’Irrawaddy, et  50% de l’élevage, volailles et porcs. La FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, réclame 10 milliards de dollars US pour assister les communautés d’agriculteurs et de pêcheurs, désoeuvrés par le cyclone Nargis. Cinq des régions les plus sinistrées, Ayeyarwady, Rangoon, Bago, Mon, et Kayin, sont aussi celles qui produisaient les plus grosses quantités de riz et de poissons du pays. La FAO craint pour la sécurité alimentaire du pays. C’es aussi l’avis de l’aide internationale, freinée par la junte militaire. Il y a quelques jours, le Programme alimentaire mondial (PAM) suspendait ses livraisons, après la décision de la junte militaire birmane de saisir deux cargaisons de biscuits énergétiques, destinés à la population.(3) Selon l’ONU, une dizaine de jours après la catastrophe, les opérations de secours n’ont permis de répondre qu’à 10% à 20% des besoins en eau potable, vivres et matériels.(AFP) Déjà, une catastrophe sanitaire se dessine.

Cyclones et climat.

Si le cyclone Katrina, qui a ravagé la Nouvelle Orléans en 2005, a introduit l’idée d’une relation entre la crise climatique et l’activité cyclonique, la question fait débat dans le monde scientifique. Si le nombre de cyclones et de tempêtes tropicales dans les l’ensemble des bassins de la planète est resté stable des années 70 aux années 90, leur intensité aurait augmenté.

« Les mangroves protègent les hommes qui protègent les mangroves. » 

La question de la mangrove, et de la déforestation des zones côtières exposées, est une piste plus certaine. Elle avait déjà été soulevée lors du Tsunami de 2004. Pour nombre d’observateurs, la disparition de la mangrove dans la zone du delta de l’Irrawaddy, aurait accentué le phénomène du cyclone. Ou plutôt, ne l’aurait pas freiné. Une étude réalisée en 2004, après le Tsunami, a révélé que les zones protégées par une mangrove en bonne santé avaient moins souffert, moins de destructions et moins de morts, que les zones offertes aux vagues par la déforestation.(4) En 2005, lors du troisième symposium sur les zones humides asiatiques (Asian Wetlands symposium ), des experts ont montré que la mangrove, rempart aux vagues, avait atténué l’impact du tsunami. Les mangroves, qui freinent l’érosion marine, retiennent aussi les sédiments en colonisant les vasières, ce qui permet, au moins, de stabiliser la ligne de rivage. Et au plus, de l’étendre. (5) « Les mangroves protègent les hommes qui protègent les mangroves ».


Une mangrove malmenée par la déforestation et l’activité de la crevette.

Dans le Delta de l’Irrawaddy, les rizières se sont installées à la place des forêts de mangrove. Il y a longtemps. La Birmanie est alors un gros producteur mondial de riz. Quand la junte militaire s’installe au pouvoir en 1962, le pays arrête les exportations, et les riziculteurs sont obligés de vendre sur le marché intérieur, à un prix plus bas que les cours. Aujourd’hui, la déforestation dans les montagnes du centre, qui dégrade les sols et amorce des processus de sédimentation dans le fleuve Irrawaddy, participe à la disparition de la mangrove du delta. La vase qui s’y dépose fragilise les systèmes de mangroves. Le ravage est tel que la mangrove de Birmanie apparaît comme l’une des plus dégradées de l’Indo – Pacifique. D’autre part, les exploitations industrielles de poissons et de crevettes, destinées à l’exportation, ont colonisé les zones de mangroves. L’activité de la crevette, peu respectueuse des hommes et de l’environnement, s’est rapidement développée depuis une dizaine d’années, notamment sur la zone côtière. Cette activité, conjuguée aux taux de sédimentation, pourrait faire disparaître la mangrove de Birmanie. (6)

« Nous craignons une seconde catastrophe si nous ne sommes pas capables d’apporter une aide rapide et un effort logistique comparable à notre réponse au Tsunami », craint Elisabeth Byrs, porte parole des Nations Unies pour les Affaires humanitaires. L’avertissement est diffusé par The Irrawaddy  News Magazine

 M.J

 

(1) « Birmanie : un million de sinistrés », Jacques Follorou, Olivier Truc, Le Monde, 9 mai 2009- « Quand la Birmanie acceptera-t-elle de l’aide ? », François Meurisse, Libération, 8 mai 2008- (2) »A look at Myanmar’s cyclone-devastated Irrawaddy delta », Associated Press, 6 may 2008-(3) Romandie News – 9 mai 2008- (4) « Magrove loss put Burma at Risk », Mark Kinver, BBC News, O6-05-2008- (5) « De l’importance des liens géographie physique/ géographie humaine pour comprendre les risques de subermersion des deltas surpeuplés », Sylvie Fanchette, Hérodote, N°121, 2° trimestre 2006, p 14- (6) «  Birmanie : la déforestation en amont et la culture de la crevette détruisent les mangroves. », Bulletin du WRM. N°65- Asie/ Décembre 2002/ http://www.wrm.org.uy/bulletinfr/65/Asie.html

 


Publié le 14 mai 2008 par marlene dans Actualité,Climat,déforestation
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« Climats », un blog scientifique sur le changement climatique.

« De nombreux médias véhiculent la terminologie « dérèglement climatique » pour évoquer le changement climatique. Peut être s’agit t’il là, une version climatique du fameux « le temps se détraque » de nos grand-mères ?… », écrit Remy Roca sur un blog , dédié aux changements climatiques.

« Climats, réalités du changement climatique », hébergé par TV5 monde, est un espace animé par une dizaine de chercheurs français, issus du Laboratoire de météorologie dynamique (LMD) de l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL). Il offre une alternative scientifique, et accessible, à un traitement médiatique souvent rapide. Michel Desbois, chef d’équipe, ancien directeur CNRS, spécialiste du climat tropical et de ses effets planétaires, souhaite stimuler les réactions de la communauté scientifique sur les changements climatiques. Sans oublier ses impacts sur l’environnement, et la société. Ces chercheurs veulent également ouvrir les travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) à un public plus large.

Ce site francophone fait écho à «Real Climate », blog imaginé par des scientifiques nord américains.« Real Climate », crée en 2004 pour contrer les nombreux sites des « négationnistes » du changement climatique, est devenu un espace de débats pour les spécialistes du climat. Couronné en 2005 pour sa contribution scientifique sur le web, « Real climate », est un site de référence sur le climat. Une référence qui n’a pas échappé à Michel Desbois.

M.J

Manque de temps pour lire le rapport 2007 du GIEC sur le réchauffement climatique? Un résumé des premiers chapitres…

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Publié le 25 avril 2008 par marlene dans Climat
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Australie: ces quelques ballons pour la planète.

Bonjour,

Réduire la production de CO² à la maison, l’Australie le dit avec des ballons…

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Cette campagne de sensibilisation, lancée par l’Etat du Victoria ( Melboune) a un message simple: « You have the power: save the energy ». Chaque ménagère du Victoria, qui produit en moyenne 240 000 ballons par an ( soit environ 12 tonnes de CO² ) est invitée à en laisser s’échapper le moins possible de son micro-ondes, ou de sa machine à laver. Moins d’énergie, moins d’argent, et moins de CO². Efficace, non ?

Et bon week-end de Pâques.

M.J


Publié le 21 mars 2008 par marlene dans Climat

L’OCDE craint pour l’avenir de la planète.

Bonjour,

Réchauffement climatique et bouleversements environnementaux, on aura été prévenus. Cette fois, c’est l’OCDE ( Organisation de coopération et de développement économique) qui met en garde la communauté internationale. Au fil d’un pavé de 500 pages, l’OCDE examine les effets combinés de la démographie mondiale et de la croissance économique, à l’horizon 2030.

En 2030, la planète comptera 8,2 milliards d’habitants, contre 6,5 milliards aujourd’hui. Si l’économie mondiale continue sa course au rythme actuel, les besoins en matières premières – produits agricoles, minerais, énergies fossiles, bois, et eau – augmenteront de 60% dans les pays développés. Cette demande en matières premières explosera (+160%) chez les nouveaux monstres de l’économie mondiale, Chine, Inde, mais aussi Brésil et Russie.

Pour limiter les dégâts environnementaux et humains, l’OCDE désigne quatre priorités: le climat, la biodiversité, l’eau, la pollution et ses conséquences sur la santé. Et pour donner la mesure du désastre à venir, l’OCDE estime que le nombre de personnes vivant dans des régions déjà soumises à un gros stress hydrique devrait augmenter d’un milliard d’individus. En 20030, environ la moitié de l’humanité vivra dans des régions assoiffées. Autre scénario, la pollution de l’air devrait multiplier ses victimes, et provoquer une explosion du nombre de décès prématurés, dus à l’ozone troposphérique.

Le rapport, qui propose des simulations d’adaptation, invite tous les pays à restructurer leurs économies pour coller aux exigences environnementales, et humaines. Et à limiter les émissions de carbone, ennemi N°1 menacé de lourdes taxes. Lors de la présentation de ce document à Oslo mercredi dernier, Angel Gurria, le Secrétaire général de l’OCDE, a déclaré: « La solution aux grands problèmes d’environnement existent, elles sont applicables et abordables, notamment si on les met en regard de la croissance économique prévue et des coûts et des conséquences de l’inaction. » Des propos qui rappellent la mise en garde de Nicolas Stern, économiste britannique qui s’était livré à un exercice analogue en 2006. Stern avait chiffré le coût économique et humain de l’inaction collective, mais dans un avenir déjà plus lointain…

En lien « Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2030 », résumé du rapport version PDF. Page 2, un tableau des priorités environnementales. Et Jean Louis Borloo commente ce rapport sur RTL…

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M.J


Publié le 7 mars 2008 par marlene dans Actualité,Climat

Tara revient au pays.

Bonjour,

Tara, la Goelette partie explorer les glaces de l’Arctique, est rentrée en France samedi dernier après un voyage extraordinaire de plus d’un an et demi. Accueil triomphal à Lorient, où des milliers de personnes étaient venues saluer les membres de l’expédition scientifique. Un accueil bruyant et enthousiaste, digne du Vendée Globe Challenge…

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La fonte des glaces, qui a occasionné une dérive plus rapide du bateau, a écourté de quelques mois la mission de Tara. Grant Redvers, le chef de l’expédition neo-zélandais qui a passé plus de 20 mois sur le bateau, n’avait pas vu autant de monde depuis longtemps. Son interview était attendue…

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Jean-Claude Gascard, directeur du CNRS et coordinateur scientifique du programme européen Damocles, associé à l’expédition, revient avec un constat : »l’Ocean Arctique est entré dans une mutation profonde et rapide. » Parmi ses premières observations, un retrait majeur de la banquise, observé au cours de l’été 2007. La surface de la glace aurait perdu l’équivalent de trois fois la surface de la France….Il faut bien sûr attendre que toutes les observations scientifiques de l’expédition soient analysées pour obtenir un diagnostic précis de l’évolution du Pôle Nord, malmené par le réchauffement climatique. Lors de son arrivée à Lorient, Jean-Claude Gascard a déclaré: « Ce qui est en train de se passer n’est pas terrifiant.(…) La terre en a vu d’autres dans son histoire. Mais aujourd’hui, nous sommes 6,4 milliards d’individus et cela commence à se faire sentir.. »(1) En lien, les observations de Jean Claude Gascard

M.J

(1) « Les aventuriers de la banquise perdue », Dino Dimeo, Liberation, Lundi 25 février 2008.


Publié le 27 février 2008 par marlene dans Climat

Pour les coraux d’Ishigaki…

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Les coraux de l’Île d’Ishigaki, au sud de l’archipel japonais d’Okinawa.

Bonjour,

2008, l’année des coraux. Initiative lancée le 24 janvier dernier à Washington, par les gouvernements américain et français. Le but est de sensibiliser le public sur la disparition des récifs coralliens, et de susciter des initiatives pour leur préservation. L’ICRI, (Initiative internationale sur les récifs coralliens), créee en 1994, surveille l’évolution de ce patrimoine. Si 10% des récifs coralliens sont dégradés dans le monde, environ 60% sont gravement menacés. Bref, il y a urgence à sauvegarder des écosystèmes qui constituent une ressource et un lieu de vie pour 500 millions de personnes, dans le monde. Et qui en nourrit 30 millions d’autres, plus pauvres.

Un écosystème aux multiples opportunités.

Les coraux, 0,2% du tapis des océans, ont des fonctions écologiques, environnementales, et économiques. Cet écosystème, qui rassemble 25% du monde marin, est une formidable nurserie pour les petits poissons, environ 5000 espèces recencées. Sur le plan environnemental, les coraux adoucissent l’érosion côtière provoquée par les vagues…sans pour autant protéger des Tsunamis, plutôt freinés par les mangroves et la végétation côtière. Les récifs coralliens, qui constituent des réservoirs pour la pêche, offrent des fonds marins remarquables au tourisme, jouent un rôle économique majeur pour certaines régions. Ils représentent encore des sources de protéines pour les communautés riveraines, ils sont utilisés dans la pharmacologie traditionnelle, et l’artisanat. Le corail rouge et rose, pêché depuis 5000 ans pour la bijouterie et la décoration, figure parmi le « top ten » des espèces menacées, établie par le WWF.

Menacés par les hommes…

Si les tempêtes, les ouragans, ou les tremblements de terre favorisent la disparition des récifs coralliens, elle résulte d’abord de l’action des hommes. Un rapport de l’UNESCO, daté de 2004, consécutif au Tsunami qui avait dévasté le sud-est asiatique et le sous-continent indien, pointe déjà cette responsabilité humaine. La plupart des récifs coralliens de la région, relativement épargnés par le tsunami, pouvaient se régénérer assez rapidement, à condition que les Etats limitent la surpêche, l’exploitation anarchique du corail, et la pollution. L’ICRI insiste encore sur cette dégradation d’origine humaine. Les coraux ne résistent pas aux eaux usées, à la pollution industrielle et agricole, aux excédents sédimentaires qui s’accumulent sur les côtes, et à une pêche intensive aux méthodes douteuses. Plus exposés, les récifs coralliens situés près des centres urbains. Pour l’ICRI, l’année 1998, marquée par une progression du blanchiment des coraux, signe de maladie, et par une disparition importante du patrimoine, signale un autre danger majeur. Ces petits squelettes calcaires, issus des polypes, sont extrêmement vulnérables au réchauffement climatique.

Et par le réchauffement climatique.

Le rapport de l’UNESCO, version 2008, qui rapporte une situation dramatique dans les Caraïbes, insiste sur le rôle du réchauffement climatique. L’élévation des températures, les cyclones, et la fréquence des tempêtes seraient responsables du blanchiment de 95% des récifs des Îles Caïman, de la Jamaïque, de Cuba, et des Antilles françaises. L’UNESCO, qui invite à une gestion durable de la ressource, insiste sur l’urgence à contenir la crise climatique. La Grande barrière de corail, qui s’étire sur 200.000 km² au Nord-Est de l’Australie, exemple unique et démesuré d’un paysage de récifs et d’îlôts baignés par la mer à marée haute, est sous haute surveillance. D’après une prévision, d’ailleurs controversée, dans l’hypothèse d’un réchauffement des eaux de 1,5°, la Grande barrière celle pourrait perdre 95% de son corail vivant, d’ici 2050. Mais retour à Ishigaki, où les Japonais cultivent du corail pour préserver leurs atolls.

M.J.


Publié le 30 janvier 2008 par marlene dans Climat,Ecosystèmes.
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Tara, bateau de mauvais augure.

©tara arctic

Bonjour,

Avec quelques mois d’avance sur son carnet de route initial, la goélette Tara est arrivée, jeudi soir, au large des côtes du Spitzberg. Un retour prématuré, porteur de mauvaises nouvelles…

Après 500 jours de dérive au gré des glaces de l’Arctique, le navire scientifique Tara a retrouvé les eaux libres. C’est avec six mois d’avance que la goélette touche les côtes du Spitsberg, l’île principale de l’archipel norvégien du Svalbard, à 500 kilomètres à l’Est du Groenland. La dérive de Tara a été deux fois plus rapide que prévu, preuve tangible d’une fonte des glaces accélérée, et signe d’une modification climatique. Tara a bouclé en seize mois un voyage que le Fram, le navire de l’explorateur norvégien Nansen, avait mis près de trois années a accomplir en 1896.

Ce gros voilier en aluminium de 190 tonnes, qui a servi l’expédition Antartica de Jean Louis Etienne, avant de devenir le Seamaster de Sir Peter Blake, est devenu Tara, sous la direction d’Etienne Bourgois. L’expédition Tara, lancée dans le cadre de la quatrième année polaire (2007-2008), était chargée d’étudier l’impact du réchauffement climatique, dans le cadre du programme scientifique européen Damocles. Si toutes les conclusions scientifiques ne sont par encore connues, le CNRS révèle un quelques « faits remarquables », relatifs à l’évolution de l’Océan glacial Arctique. D’abord et surtout, un « recul spectaculaire » des glaces. Le point de départ de la dérive transpolaire de Tara, qui se trouve en pleine banquise en septembre 2006, est repéré un an plus tard à plus de 400 kilomètres des premières glaces. Entre septembre 2005 et septembre 2007, la banquise aurait perdu plus d’un million de km2. La disparition de la banquise arctique, prévue pour le milieu du siècle, pourrait bien se produire dans une dizaine d’années.

Tara, qui est passé à 160 kilomètres du Pôle Nord géographique, position la plus « nord » jamais atteinte, est aussi une aventure humaine. L’équipe d’une dizaine de personnes, embarquée au début de cette croisière glacée, a été relayée par une quinzaine de scientifiques, de nationalités et d’horizons différents. Grant Redvers, le jeune chef de l’expédition, est le seul a ne pas avoir quitté le navire depuis le départ. Une page du journal de bord, datée du 24 janvier dernier, raconte le retour à la terre ferme. Quand les conditions météo seront plus clémentes, au printemps prochain, Tara fera route vers Lorient…

Petite animation géographique….

M.J.


Publié le 27 janvier 2008 par marlene dans Climat
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L’Europe accouche d’un plan climat.

Bonjour,

L’Europe s’engage en faveur du climat, et adopte le « paquet de mesures le plus complet du monde ». L’expression est de Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020, par rapport à 1990. Et de parvenir à 20% d’énergies renouvelables dans la consommation totale. Les pays les plus riches devront soulager les autres.

Réformer le système de quotas d’émission.

Le système d’échange des quotas d’émissions de gaz à effet de serre, principal instrument européen pour lutter contre le réchauffement, sera réformé. Depuis 2005, les industriels européens peuvent acheter des « droits à polluer ». A partir de 2013, cette mesure sera étendue à d’autres industries polluantes ( électricité, aviation, aluminium, chimie..). Ces « droits à polluer », jusque là gratuits, seront progressivement vendus aux enchères. Et pour coller aux objectifs de réduction de gaz à effet de serre, ces quotas d’émissions seront révisés à la baisse. Les industriels, qui craignent la concurrence de la Chine ou de l’Inde, peu soucieuses du climat, évoquent de possibles délocalisations vers des espaces de production meilleur marché. Argument repris par des pays comme l’Allemagne, la Belgique, ou la France. Il est donc possible que les « droits à polluer » restent gratuits. Ou qu’une « taxe carbone », chère à la France, majore le prix de produits en provenance de Chine ou des Etats-Unis, qui ne respectent pas les engagements de Kyoto.

Renouvelable et agrocarburants.

Autre objectif, orienter l’Europe vers le renouvelable, éolien, solaire, biomasse, pour atteindre 20% de la consommation d’énergie en 2020, contre 8% aujour’hui. Pour ne pas contrarier le développement des nouveaux membres d’Europe orientale, cette conversion dépendra de la richesse des Etats. La France devra passer de 10,3% d’énergie propre en 2005 à 23 % en 2020, l’Allemagne de 5,8% à 18%, la Suède de 39% à 49%, et la Pologne de 7% à 15%.(1) Le nucléaire, refusé avec l’étiquette « renouvelable », pourrait contribuer à cet effort énergétique. Les agrocarburants, dont la production sera soumise à des exigences « durables »(!!!), devront représenter 10% de la consommation européenne.

Vers une économie pauvre en carbone.

Les pays riches sont donc invités à réduire leurs émissions pendant la décennie à venir, 15% pour la France, l’Allemagne, et la Belgique, 17% pour la Suède, et 20% pour le Danemark. (1)Tandis que les plus pauvres sont autorisés à les augmenter pour combler leur retard avec les économies occidentales, 9% pour la République Tchèque, 14% pour la Pologne, et 20% pour la Bulgarie et la Roumanie, mais pas plus. (1) Cette « solidarité européenne » dissimule mal les rivalités qui se sont exprimées pour formuler ce plan, gouvernements, industriels, syndicats, sans oublier l’avis  persuasif des lobbies. Il y a prétexte à affrontements. L’ Europe, qui souhaite devenir un modèle mondial de lutte contre le réchauffement, se prépare à une petite révolution économique, « pauvre en carbone ». Le Parlement européen et le Conseil des Ministres devront adopter la stratégie définitive. Peut – être avant la fin de l’année, si le climat s’y prête…

M.J

« L’Europe en tête contre le réchauffement climatique », un peu de pub, la vidéo à l’avantage d’expliquer le mécanisme des quotas…

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(1) »Bruxelles présente un plan « historique » de réduction des émissions de gaz à effet de serre. », Christian Spillman, AFP, 23 janvier 2008.


Publié le 24 janvier 2008 par marlene dans Actualité,Climat
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Arte en Antarctique.


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Bonjour, et belle année 2008.

Ce soir, 20H40, Arte programme « Mission Antarctique », un documentaire signé Jean Lemire et Caroline Underwood. Ce film, qui a nécessité plus d’un an de tournage dans l’océan austral, vous invite sur le SEDNA IV, un trois-mâts de 51 mètres. A bord, une équipe de chercheurs et de cinéastes, en quête des signes du réchauffement sur le dernier continent vierge de la planète. La caméra filme des paysages sauvages et isolés,  avant de faire escale dans des espaces glacés et figés par l’hiver. Elle révèle les secrets de l’océan Antarctique, et de la banquise. Elle s’attarde sur une faune extraordinaire et pleine d’énergie, qui tient le rôle principal de ce reportage. Ce voyage en Antarctique distille un message clair. Cet univers exceptionnel, plus exposé au réchauffement que le reste de la planète, commence à révéler les signes d’un changement.Une façon de souligner que ce continent blanc, immense écosystème et grand régulateur de la machine climatique, est un patrimoine essentiel. Introduction à une expédition, inspirée des grandes odyssées du siècle dernier.

Documentaire suivi, à 22H40, du magazine de Jean Christophe Victor, « Le dessous des Cartes », qui interroge les glaces de l’Antarctique. En attendant, « Comment ça va madame la banquise », Jean Christophe Victor, qui est aussi le fils de Paul- Emile Victor, rappelle les enjeux de l’ouverture du passage du Nord -Ouest, dans l’océan Arctique.

M.j.


Publié le 2 janvier 2008 par marlene dans Climat
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Polémique scientifique sur le climat.

Bonjour, lu hier dans Libération un article qui rapporte une polémique sur le climat, dans les milieux scientifiques français. Des membres de l’Académie des sciences, copains de Claude Allègre, auraient fourni des analyses, subjectives et partielles, de certaines données climatiques pour minimiser le rôle des gaz à effet de serre dans le réchauffement. Indélicatesse scientifique dénoncée, et démontrée, par un spécialiste du climat. Cette instrumentalisation de données scientifiques est prétexte à questions, éthiques et politiques.

En lien: « Le coup de colère du climatogue » .

M.J


Publié le 20 décembre 2007 par marlene dans Actualité,Climat
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