Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Des Américains à Bali.

Bonjour,

Un petit retour sur Bali. Et sur les positions américaines.

Bush et Bali.

La conférence de Bali sur le climat devait donc formuler une feuille de route pour préparer l’après Kyoto. Kyoto, qui expire en 2012, reste le seul instrument international pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement. A Bali, un projet de texte incitait les pays industrialisés à réduire leurs rejets de 25% à 40%, d’ici 2020. Calcul fait en référence aux émissions de 1990. L’administration Bush, la voix officielle des Etats-Unis à Bali, a évidemment rejeté cette proposition chiffrée. Bush, qui a longtemps nié la relation entre les gaz à effet de serre et le climat, commence à réviser ses positions, sans lâcher le morceau. Les intérêts pétroliers, industriels, et financiers, passent toujours avant la crise climatique. A Bali, si les représentants de Bush ont refusé de valider des objectifs dictés, c’est qu’ils prétextent encore que cette restriction doit concerner tout le monde, pays industrialisés et pays en voie de développement. Sous- entendu, l’Inde et la Chine, grosses économies et gros pollueurs, doivent aussi agir pour limiter leurs émissions. Le texte final, qui engage aussi les pays en voie de développement, et qui avait sans doute besoin de l’approbation américaine pour faire autorité, reflète les exigences de la superpuissance. Pas de programme contraignant, seulement des « actions », et des « engagements », pour réduire les émissions de gaz effet de serre. C’est encore gagné. Dix ans après Kyoto, les Etats-Unis restent la seule puissance occidentale en dehors du Traité. Petite avancée, en signant le texte de Bali, les Etats-Unis ont reconnu le rôle de l’ONU dans la gestion de la crise climatique.

Gore, Kerry, Schwarzenneger, Clinton, et les autres.

A Bali, d’autres Américains sont venus faire entendre une voix différente de celle de l’administration Bush. Al Gore, qui faute d’être devenu un Président démocrate, a beaucoup fait progresser les consciences sur le réchauffement. Son film, « Une vérité qui dérange », démonstration très soulignée sur les causes et les effets de la crise climatique, a fait le tour de la planète. Al Gore, venu recevoir son Prix Nobel de la Paix à Oslo le 10 décembre dernier, récompense partagée avec le GIEC, déclarait: « Les Etats-Unis et la Chine doivent réduire leurs émissions sous peine de torpiller les efforts internationaux contre le réchauffement climatique. » (1) Avant de se rendre à Bali, quelques minutes de son intervention , in English:

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Autre personnalité présente à Bali, John Kerry, sénateur démocrate, candidat aux Présidentielles de 2004. Kerry a prédit qu’une Amérique démocrate ne s’opposerait plus aux contraintes de la lutte contre la crise climatique. Et de nuancer: « Les Etats – Unis auront un rôle moteur. Mais ils ne s’engageront sur des objectifs contraignants qu’à la condition que les pays émergents soient aussi concernés ». (1) Egalement présent en Indonésie, Arnold Schwarzenneger, le Gouverneur de Californie. Dernier succès, il vient faire signer un accord à neuf Etats du Middle West pour les inciter à réduire leurs émissions polluantes. Plus « people », Brad Pitt et George Clooney, étaient aussi attendus à Bali. Aux Etats-Unis, Hillary Clinton, en course pour l’investiture démocrate, dénonce les positions de Georges Bush. Si elle est élue, elle annonce une Présidence « écologique ». Elle souhaite impulser un nouveau Traité international pour remplacer Kyoto. Dans un récent discours, elle a proposé de développer les énergies  » propres », et de détourner une partie des bénéfices pétroliers au profit des sources alternatives. En attendant les élections, cette autre Amérique dispose déjà d’un territoire. Une vingtaine d’Etats, et 300 villes, se sont engagés à remplir les conditions du Protocole de Kyoto.

M.J

(1) « Cette Amérique qui veut faire plier Bush sur le climat », Tribune de Genève, Philippe Dumartheray, 11 décembre 2007.


Publié le 19 décembre 2007 par marlene dans Actualité,Climat
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Bali, et après…

Bonjour,

Introduction, une vidéo pour rappeler les enjeux de la conférence de Bali sur le climat:

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Bali qui commence par une bonne nouvelle, la ratification du traité de Kyoto par l’Australie. Et Bali qui se termine par un accord difficilement acquis. La communauté internationale, pourtant invitée à une réaction urgente pour contenir la crise climatique, n’a pas pu décider d’une stratégie précise pour réduire les gaz à effet de serre. Le texte adopté à Bali renonce aux objectifs chiffrés, il ne s’engage pas sur un calendrier précis. Seul rappel de l’urgence à agir, une note en bas de pages du préambule qui mentionne le dernier rapport du GIEC sur l’évolution du climat. Dans cette dernière synthèse, le groupe d’experts internationaux propose aux pays développés de réduire leurs émissions de 25% à 40% d’ici 2040, par rapport à 1990. Ce contrôle des émissions devrait limiter le réchauffement à 2°C au milieu du siècle, limite au delà de laquelle le climat pourrait s’emballer. Le rapport 2007 du GIEC invite encore à une réduction de 50% des émissions globales, d’ici 2050. Le texte adopté à Bali, qui se réfère aux avertissements du GIEC, n’a donc pas clairement formulé les recommandations des scientifiques. Bali, supposé préparer l’après – Kyoto qui expire en 2012, précise cependant que les négociations sur le climat devront s’ouvrir « dès que possible et pas plus tard qu’avril 2008 ». En 2009, la conférence de Copenhague devrait finaliser un autre plan de lutte contre le réchauffement climatique. Un vrai après – Kyoto.

Malgré des négociations difficiles, Bali semble cependant avoir impulsé un « processus global ». Pays développés et pays en voie de développement devraient s’impliquer pour freiner les effets de la crise climatique. Un effort sans contrainte sur les moyens à développer, un compromis difficilement acquis. Les Etats – Unis, soucieux d’associer les pays en voie de développement dans la lutte contre le réchauffement climatique, toujours opposés à une stratégie directive en matière de réduction de gaz à effet de serre, ont fini par accepter un accord qui ne les engage pas à grand chose. Les pays émergents, Chine et Inde en tête, ont multiplié les interventions pour dénoncer la timidité de l’engagement occidental, et pour réclamer des aides. Parmi les points positifs d’une conférence qui n’a pas décidé de grand chose, la prise en compte de la déforestation et de la dégradation des terres, 20% des émissions mondiales.

M.J.


Publié le 17 décembre 2007 par marlene dans Climat
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Après Kyoto, Bali.

Bali.

Bonjour,

Bali, c’est parti! Depuis ce matin, l’Indonésie accueille la Conférence de l’ONU sur le climat. Deux semaines de négociations pour décider de l’après- Kyoto, qui expire en 2012. Deux semaines de discussions pour convenir d’une stratégie, commune et efficace, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et limiter les effets du réchauffement. Et première bonne nouvelle, l’Australie de Kevin Rudd, nouveau premier Ministre, adhère au protocole de Kyoto.


Le Protocole de Kyoto, crée en 1997, devient effectif en 2005, après l’adhésion de la Russie. Il engage les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5% entre 2008 et 2012, par rapport à 1990. Les Etats – Unis, pourtant signataires de Kyoto, ont toujours refusé de se soumettre à ses objectifs, par souci de leurs intérêts industriels et pétroliers. Ce refus, nuancé par l’activisme de nombreux élus américains engagés localement en faveur du climat, isole les Etats -Unis, fraîchement lâchés par l’Australie. Le Canada, qui avait pourtant choisi de ratifier le traité, n’a pas mis beaucoup d’enthousiasme à honorer ses engagements. Georges Bush, qui refuse toujours les contraintes en matière de réduction de gaz à effet de serre, donne l’impression de lâcher un peu.
L’Union Européenne, qui a ratifié Kyoto en 2002, n’a pas accompli de miracle. Pour coller à ses engagements, elle doit encore réduire ses émissions de 8%, par rapport à 1990 et d’ici 2012. C’est à dire qu’il va lui falloir être imaginative et efficace pour arriver à une réduction de 20% d’ici 2020, comme elle s’y est engagée en mars dernier. Bon point pour l’Europe, la motivation des Allemands, et un enthousiasme affiché.

Les pays en voie de développement, qui n’ont guère participé à l’accumulation de CO² dans l’atmosphère, qui doivent surtout rattraper leur retard économique, échappent aux engagements de Kyoto. Un privilège contestable qui accompagne le développement de la Chine et l’Inde, signataires de Kyoto. La Chine, qui tourne au charbon pour servir son boom économique, est en passe de devenir le plus gros pollueur de la planète. Dans cette course à la pollution, l’Inde n’est plus très loin derrière. Pendant ce temps, le Brésil et l’Indonésie sacrifient leurs forêts primaires, pièges à carbone, à l’exploitation et aux cultures industrielles.

L’une des grandes inconnues de Bali reste la motivation de ces grandes puissances pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Le dernier rapport du PNUD suggère qu’après 2020, les pays en voie de développement devraient réduire leurs rejets de 20%, par rapport à 1990 et d’ici 2050. Le Brésil et l’Indonésie ont déjà proposé que les forêts tropicales, épargnées par la déforestation, figurent dans ce nouveau contrat climatique. La Chine, officiellement préoccupée par les questions d’environnement et de climat, promet une sobriété énergétique. L’Inde refuse tout engagement.

Peu avant l’ouverture de la conférence de Bali, Yves de Boer, responsable de la Convention Climat de l’ONU, soumettait le succès de Bali à trois conditions: « Une décision pour lancer les négociations, un calendrier pour ces négociations, et une date en 2009 pour conclure. »(1) C’était sans doute tenir compte du climat de Bali, 28°C, humidité insupportable, atmosphère suffocante…

M.J

(1) AFP/ Le Monde, 17 -11 -2007.


Publié le 3 décembre 2007 par marlene dans Actualité,Climat

L’Australie rejoint Kyoto.

Hello,

Avec l’élection de Kevin Rudd, samedi dernier, l’Australie change de camp pour rejoindre celui de Kyoto. La signature du protocole de Kyoto est l’un des premiers engagements politiques du nouveau Premier Ministre travailliste, successeur du libéral John Howard, un « climate sceptic », un copain de Georges Bush. L’Australie, petite population mais grosse production de gaz à effet de serre par habitant, était encore le seul pays industrialisé à résister à Kyoto, aux côtés des Etats- Unis. Donc, c’est plutôt une bonne nouvelle.

Exit John Howard, le « climate sceptic ».

Exit John Howard, celui qui a toujours refusé de ratifier Kyoto sous prétexte que la Chine et l’Inde, gros pollueurs, ne participaient pas à l’effort international pour réduire les gaz à effet de serre. John Howard, qui misait sur l’efficience énergétique et la technologie, pour limiter les rejets polluants de son pays. John Howard qui défendait aussi l’industrie d’une économie libérale, et sa production de charbon, dont une grosse partie est exportée. John Howard, qui proposait encore le nucléaire comme une énergie propre – le pays dispose d’un quart des réserves mondiales d’uranium – à une population, largement opposée à l’atome. Parenthèse, il faut se souvenir de la réaction des Australiens quand Chirac, nouveau résident à l’Elysée, décide de reprendre les essais nucléaires à Mururoa. Aujourd’hui les Australiens, qui subissent sécheresse sur sécheresse depuis six ans, ont décidé de changer de « leader climatique ». Kevin Rudd a été élu avec plus de 53% des suffrages.

Kevin Rudd, CV impeccable, veut demander pardon aux Aborigènes.

Kevin Rudd, 50 ans, originaire du Queensland, CV impeccable, a étudié la civilisation chinoise à l’université, parle le mandarin, un poste de diplomate en Suède, puis en Chine dans les années 80, leader du Labour depuis décembre 2006 – Parti travailliste, la gauche australienne-, incarne le changement. D’abord sur le climat, où il répond à une opinion australienne de plus en plus inquiète du réchauffement climatique. Une dizaine de jours avant les élections, 150 000 personnes sont descendues dans la rue pour réclamer un engagement destiné à réduire les gaz à effet de serre de 30%, d’ici à 2020. Kevin Rudd, qui ne fera sans doute pas de miracle, a cependant promis une réduction des émissions de 60% d’ici 2050. (1) Changement encore, sur le plan international. Non content de lâcher Bush sur la question du climat, le nouveau Premier ministre veut rapatrier les 1500 soldats australiens, partis prêter main forte au GI’s américains, en Irak. L’Australie, qui ne rompt pas avec les Etats-Unis, est en train de prendre quelques distances. Autre évolution, la question aborigène. Au nom de l’Australie, Kevin Rudd devrait présenter ses excuses aux Aborigènes. Ce pardon s’adresse au Peuple aborigène, et à ses milliers d’enfants arrachés à leur famille pendant plus d’un siècle, pour être confiés à des institutions, ou à des familles européennes. Une politique d’assimilation qui s’achève dans les années 60.

« Le Géant Vert ».

La question aborigène et l’écologie introduisent autre carrure du Labour australien, Peter Garett. Peter Garett, c’est le « Géant vert », un type immense doublé d’un écolo. Peter Garett, c’est aussi le leader et la voix de Midnight Oil, un groupe de rock qui milite pour l’écologie, et les minorités. « Beds are burning », chanson dédiée aux Aborigènes, fait un tabac sur la scène internationale à la fin des années 80. Quand Peter Garett lâche le micro, en 2002, il s’est déjà taillé une belle réputation d’écolo. Après le refus des mines d’uranium, le soutien au Tibet, en passant par l’opposition au nucléaire et à Chirac qui relance les essais dans le Pacifique, il intègre Greenpeace. En 2004, il rejoint le Labour, et devient député. La même année, Midnight Oil remonte sur les planches pour un concert, en faveur des victimes du Tsunami. Puis Peter Garett, entre au cabinet fantôme du Labour – un gouvernement factice, spécialité des pays anglo-saxons, qui fait de la politique sans pouvoir de décision -, en charge de la culture, et la question aborigène. Entre-temps, Peter Garett, qui a approuvé la construction d’une grosse usine de pâte à papier en Tasmanie, l’île située au Sud de l’Australie, s’est mis quelques écolos à dos. (1) Mais, c’est aussi Peter Garett qui aimerait bousculer le Labour, et Kevin Rudd, pour aller beaucoup plus loin en matière d’environnement. (2)

M.J

Allez, un peu de musique pour se distraire...

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(1) « Le réchauffement s’impose dans l’élection australienne », Marie – Morganne Le Moël, Le Monde 23-11-07 (2) Julian Glover, The Guardian, Friday, November 23, 2007 -http://www.guardian.co.uk/environment/2007/nov/23/climatechange.australia


Publié le 27 novembre 2007 par marlene dans Climat

Climat: le GIEC alarme avant Bali.

Bonjour,

Le rapport du GIEC, rendu public samedi à Valence en Espagne, souligne le rôle des hommes dans le changement de climat. Ce résumé d’une vingtaine de pages, synthèse d’un énorme travail scientifique, insiste sur les conclusions alarmantes des précédents rapports, et en rajoute une couche. Le GIEC met en garde les décideurs de la planète contre les conséquences « soudaines » et « irréversibles » du réchauffement climatique. Un message relayé par Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU: « Maintenant, je crois qu’on est au bord de la catastrophe si l’on n’agit pas ».(1)

Le rapport prédit une augmentation des températures moyennes de 1,8°C à 4°C, d’ici 2015. Avec un risque maximal de 6,4°C, prévision très pessimiste. En un siècle, la terre s’est déjà réchauffée de 0,7°C. Multiplication des canicules, des sécheresses, des inondations, intensification des famines et des migrations, aucune zone de la planète ne sera épargnée. Le rapport souligne encore une élévation du niveau des mers, consécutive à la fonte des glaces. Difficile à estimer avec exactitude pour la fin du siècle, entre 0,18 m et 0,59 m depuis 1990, elle est en tout cas déjà effective. Rajendra Pachauri, le Président du GIEC, a insisté sur l’exposition dramatique des états insulaires et des zones de deltas, très peuplées. Le cas d’un Bengladesh, particulièrement vulnérable, récemment ravagé par un cyclone, illustre déjà la prédiction.

A deux semaines de la Conférence de Bali sur le climat, le GIEC conclut qu’il existe des « moyens bien réels et abordables pour combattre le changement climatique. » (1) Une invitation aux Etats de la planète- notamment les plus gros pollueurs, Etats-Unis, Chine, et Inde – à décider de mesures très contraignantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour l’après Kyoto, et l’après 2012. L’année 2015 est considérée comme une « année- limite » pour diminuer les émissions, faute de quoi les catastrophes tant de fois annoncées finiraient bien par arriver…

M.J

En vidéo, l’évolution du climat de 1885 à 2005 ( températures de surface). En rouge sombre, le plus fort réchauffement. En bleu sombre, le refroidissement le plus marqué.

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(1) »Climat: pour Ban Ki-Moon, l’humanité est au bord de la catastrophe », Le Monde, 17-11-07.


Publié le 19 novembre 2007 par marlene dans Climat

Réchauffement: des incertitudes, mais pas de doute.

Bonjour,

Concernant le réchauffement climatique, beaucoup de questions résistent encore aux scientifiques. C’est le message d’une enquête de Libération (13 novembre 2007) qui interroge: « L’Océan Arctique sera-t- il vide de glaces l’été en 2050 ou en 2080 ? La mousson africaine montera-t-elle plus au nord, ou se rétractera-t-elle plus au sud? Les cyclones tropicaux seront- ils plus nombreux et intenses, ou le seront- ils moins ? Le niveau des océans ne va-t-il s’élever que d’un demi-mètre, ou plus d’ici à la fin du siècle? ». Les scientifiques ont du mal à caractériser avec précision l’évolution du climat, son calendrier, et ses conséquences terrestres. « Ils ne savent pas tout », commente Pascale Braconnot, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (Université Versailles-Saint-Quentin). Si un certain nombre d’incertitudes entourent l’évolution d’un climat, finalement difficile à interroger, reste une certitude, le réchauffement bien en cours. En lien « Des temps incertains », l’enquête de Libé qui montre la complexité des modèles, et des prévisions.

Pendant ce temps, le GIEC, réuni à Valence cette semaine, rend la synthèse de son dernier rapport, quatrième édition. Vingt cinq pages pour résumer les les 2500 pages des trois volumes parus depuis janvier. Un difficile exercice de synthèse pour décrire l’évolution du réchauffement climatique, destiné aux décideurs de la planète. Cette feuille de route devrait influencer les décisions politiques, liées au réchauffement, pour les cinq ans à venir. Ce document servira encore de référence à la Conférence des Nations Unies de Bali, en décembre prochain, pour décider des engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre après 2012, fin de la première phase de Kyoto. Conséquences d’un réchauffement déjà perceptible, le retrait des glaciers, une diminution de la couverture neigeuse dans l’espace alpin, une fragilité des glaces d’été en Arctique, ou la fonte du Permafrost. Mais, certains reprochent au GIEC de fournir un rapport, privé des données recueillies après la fin des travaux, soit depuis un an. Une perte d’informations qui pourrait adoucir les conséquences du réchauffement dans le document final. Le chercheur britannique, James Lovelock, commente « Même les pires prédictions du GIEC sous-estiment la sévérité du changement climatique »(1). Désaccords d’experts qui ne remettent pas en cause une certitude: « L’activité humaine émettrice de gaz à effet de serre est clairement responsable des augmentations de températures déjà constatées. », conclut le GIEC. (1)

Pour poser autrement la question du réchauffement climatique, je vous invite à aller voir « Un jour sur terre ». C’est un film qui nous emmène du printemps dans l’océan arctique, jusqu’à l’hiver en Antarctique. Un voyage à travers les saisons, et les grands écosystèmes de la planète. Images magnifiées par les nouvelles technologies, beaucoup de moyens et cinq ans de tournage pour souligner la fragilité des équilibres naturels. Loin du calendrier et de l’intensité des bouleversements climatiques à venir, ce film témoigne de ce que nous risquons de perdre.

M.J

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Pour en savoir un peu plus sur le film…

(1) « Les experts du climat réunis à Valence pour conclure le rapport qui servira de base à l’après-Kyoto », Le Monde, 12-11-07


Publié le 16 novembre 2007 par marlene dans Climat,Non classé

L’ONU prédit un avenir sombre pour la planète.

PNUE- GEO-4

Bonjour,

Pause sur le Grenelle de l’environnement, engagement hexagonal en faveur de la planète, qui ne remet ni en cause le nucléaire, j’insiste, ni le dogme d’une croissance formulée dans un contexte d’après- guerre, éloigné de l’urgence climatique, et environnementale du moment. Pour creuser le sujet, en lien, Grenellorama, le blog de l’Alliance pour la Planète. Le sujet du jour, encore de mauvaises nouvelles, cette fois c’est l’ONU qui prévient.

Changement climatique, disparition des espèces, et famines annoncées pour une population mondiale croissante, mettent l’humanité en danger. Vingt ans après le rapport Brundtland, intitulé  » Notre futur commun », le Global Environment Outlook (GOE-4) publie « L’environnement pour le développement ». Ce rapport, dernière version d’une série du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), dresse un état des lieux de l’atmosphère, de la terre, de l’eau, et de la biodiversité. Il signale les changements intervenus depuis 1987, et le rapport Brundtland. Et définit des actions prioritaires.

Depuis vingt ans, il y a quand même quelques bonnes nouvelles. On a réduit de 95% la production de produits chimiques, dangereux pour la couche d’ozone. Un traité de réduction des gaz à effet de serre, Kyoto, a été instauré. On a développé un marché du carbone, « innovant ». On a favorisé l’extension des zones terrestres protégées, qui couvrent aujourd’hui 12% de la planète. Et on a développé des outils pour préserver la biodiversité, ou pour lutter contre la désertification. Pas suffisant. Selon le GEO-4, « Aucun des problèmes majeurs soulevés dans Notre futur commun ne connaît de prévisions d’évolution favorables. »

Côté réchauffement climatique, la menace est telle que d’importantes réductions de GES sont impérieuses, d’ici le milieu du siècle. D’où la nécessité de bien négocier l’après – Kyoto, et d’y associer les grandes puissances émergentes (Chine, et l’Inde..), jusqu’alors exemptées. Autre avertissement, nous vivons au dessus de nos moyens. Le rapport population – ressources n’est plus viable. L’empreinte humaine est de 21,9 hectares par personne, pour une capacité moyenne de seulement 15,7 ha/personne. Epuisée également, la ressource halieutique. Les océans ont été sur-exploités, sans tenir compte du cycle de reproduction des poissons. Parmi les crises annoncées, l’eau, et l’agriculture. D’après le rapport, l’irrigation absorbe déjà 70% de l’eau disponible. Une consommation peu compatible avec une multiplication par 2 de la production alimentaire d’ici 2050, objectif annoncé du Millénaire. Dans le même temps, la ressource en eau douce diminue. Or, la consommation devrait augmenter de 50% dans les pays en voie de développement, et de 18% dans les pays développés. Alerte encore sur la biodiversité. L’extinction actuelle des espèces se produit 100 fois plus rapidement, que le rythme des changements indiqués par les fossiles. Et plus de la moitié des 6000 langues parlées dans le monde seraient en danger, la plupart devraient s’éteindre avec ce siècle.

« L’objectif n’est pas de présenter un scénario catastrophe, mais un appel urgent à l’action », précise le GEO-4. Selon le rapport, le seule façon de régler les problèmes les plus graves – qui peuvent encore l’être – est de mettre l’environnement au coeur du processus de décision: « ..l’environnement pour le développement, et non un développement obtenu au détriment de l’environnement ». Un avertissement qui a de plus en plus d’échos, même au Grenelle, reste à décider la nouvelle société qui va avec.

M.J.


Publié le 29 octobre 2007 par marlene dans Climat,faim

Cinq minutes pour la planète.

Cinq minutes de répit.

Bonjour,

Cinq minutes pour la planète, cinq petites minutes de répit. Le collectif écologique « Alliance pour la planète » demande aux français de couper les lumières ce soir, entre 19H55 et 20H00. Les lumières, et tout ce qui consomme de l’électricité, même le frigo. Les bureaux sont invités à l’exercice. A Paris, la Tour Eiffel et la statue de la Nation resteront cinq petites minutes dans l’obscurité. Avec l’automne qui s’installe, la tranche 19-20 heures est la plus gourmande en énergie. Les bureaux et les ordinateurs sont encore en activité, on monte le chauffage, on prend des douches, et on prépare le dîner.

Une coupure symbolique pour rappeler que les économies d’énergie restent un moyen efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais le bénéfice dépasse le symbole. Le dernier « Cinq minutes pour la planète », en février 2007, avait permis de faire chuter la consommation d’électricité de 1%, ou de 800 mégawatt. Soit l’ équivalent de la consommation électrique de la ville de Marseille. Mais à quelques jours du Grenelle, c’est sans doute le symbole d’une planète fragile qui prime.

Samedi dernier, les villes de Los Angeles et de San Francisco ont également été invitées à interrompre leurs activités électriques. Une heure sans courant, pour sensibiliser l’opinion aux économies d’énergie. Pendant une heure, la Golden Gate et l’aéroport de Los Angeles sont restés plongés dans le noir, rapporte Libération (22-10-2007). L’extinction des feux dans une mégalopole de plusieurs millions d’habitants, pendant une heure, permettrait d’éclairer, télévision comprise, 2500 maisons, pendant un an.

Donc, ce soir, cinq petites minutes dans le noir. Et une pensée pour tous les habitants des pays émergents, qui passent plusieurs heures par jour, sans électricité.

M.J.


Publié le 23 octobre 2007 par marlene dans Climat

Al Gore et le GIEC, Nobel de la Paix 2007.

Bonjour,

Al Gore, l’ex – vice Président américain, et le GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, se partagent le Prix Nobel de la Paix, 2007. A Oslo, Ole Danbolt Mjoes, Président du comité Nobel norvégien a salué  » leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l’homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements ». Ils ont contribué à imposer le climat aux décideurs, et à l’opinion.

Al Gore, candidat malheureux à la Maison Blanche lors des élections américaines de 2000, a largement contribué à bousculer les consciences avec son livre, et son documentaire, « Une vérité qui dérange. » Dans ce film, il s’empare du « réchauffement climatique », sujet difficile et peu accrocheur, pour en parler simplement, parfois avec humour. Ce document choc prédit une catastrophe sans précédent, si l’on ne fait rien pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. « Une vérité qui dérange », qui a fait froid dans le dos à de nombreux spectateurs, a été primée aux Oscars. Et Al Gore a encore été consacré comme l’une des 100 personnalités mondiales les plus influentes, par le magazine Time.

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GIEC, le sigle dissimule un bataillon de scientifiques qui collecte, analyse, valide, et synthétise les travaux de milliers de chercheurs internationaux qui planchent sur l’évolution du climat. Leurs rapports, qui se sont consolidés au fil des années et des recherches, ont éveillé les décideurs, et l’opinion, sur la gravité de la crise climatique. Le GIEC prédit une hausse des températures moyennes comprises entre 1,8°C et 4°C, à l’horizon 2100. Un réchauffement à la responsabilité humaine, « très probable ». La qualité et l’indépendance des positions du GIEC, sont acquises. Sauf pour George Bush et ses amis, politiques, pétroliers, et industriels.

Un Nobel partagé, mais une préoccupation unique, le climat. Ce Nobel pourrait être un message destiné aux participants de la Conférence de Bali. A quelques semaines de cette nouvelle réunion internationale sur les changements climatiques, qui doit décider de l’après Kyoto, et de l’après 2012, il y a urgence à rappeler qu’il y a urgence…

M.J


Publié le 12 octobre 2007 par marlene dans Climat

Ces îles glacées qui voyagent.

Bonjour,

La géographie arctique est une géographie qui bouge. Il y a quelques jours, je vous parlais de Churchill, petit port canadien accroché au Nord du continent américain, et jusque là, pratiquement immobilisé par les glaces de l’Arctique. Des glaces qui fondent, une opportunité pour Churchill qui se rêve déjà en grand port commercial, escale obligée sur le fameux passage du Nord – Ouest, qui relie le Groënland à l’Alaska, l’Atlantique au Pacifique. Je ne vous ai pas parlé des convoitises géopolitiques, et minières, qui accompagnent cette probable opportunité géographique.

On reste au Canada, direction l’archipel Arctique, le Nuvanut, et la grande île d’Ellesmere, encore un cas de géographie qui ne tient plus en place. L’histoire commence il y a plus de 4500 ans, quand le plateau d’Ayles s’accroche à l’immensité glacée d’Ellesmere. L’histoire s’accélère en août 2005. En moins d’une heure, une large fente déchire le plateau de glace d’Ayles, libérant une grande partie de cette croûte de glace. Une séparation brutale qui a enrichi l’Arctique d’une nouvelle île, 66 km² pour 40 kilomètres d’épaisseur, une belle portion de glace. Une rupture qui fait date dans l’histoire du réchauffement de l’Arctique. D’après le GIEC, depuis plus d’un siècle, les températures moyennes de l’Arctique auraient augmenté pratiquement deux fois plus, que dans les autres régions du globe. D’ailleurs, toujours depuis un siècle, le Canada polaire aurait perdu 90% de ses plateaux de glace.

Pendant deux années, l’ïle d’Ayles dérive vers le Sud – Est, quelques glaçons en moins. On l’attendait récemment du côté des îles Reine Elisabeth, passage vers la Mer de Beaufort. Inquiétudes sur les navires, et les plate – formes pétrolières. Et finalement, le 4 septembre dernier, réchauffée par les eaux, Ayles se fracture encore, après un périple de 470 kilomètres au Sud. Mi – septembre, une partie de l’île regarde vers la baie norvégienne, pendant que l’autre hésite pour le Détroit de Penny. Et fin septembre, l’île d’Amund Ringnes sépare définitivement les gros glaçons. Le premier continue son voyage vers le Détroit de Massy. Le second profite d’une température de -15°C, dans le Détroit de Hassel. Ou l’inverse.

M.J

Je vous propose de retrouver cette histoire, sur son site canadien. Un road book avec de belles images satellite…

Le voyage d’Ayles..


Publié le 9 octobre 2007 par marlene dans Climat