Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Climat: le « Wake up » citoyen.

Bonjour,

Les citoyens du monde se mobilisent pour le climat. Une façon d’interpeller les dirigeants pour qu’ils prennent la mesure de la crise. Et qu’ils réagissent en prenant des engagements forts à la Conférence des Nations Unies qui aura lieu à Copenhague, du 7 au 18 décembre prochain. Il reste moins de cent jours.

Il y a d’abord eu le 21 septembre, une initiative d’Avaaz et des partenaires de la TckTckTck Campaign . Dans plus de 130 pays, des milliers de personnes ont fait entendre leur voix en créant plus de 2600 évènements. Les lignes des dirigeants ont été bombardées de coups de téléphone.

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Une semaine plus tard, les citoyens d’une quarantaine de pays étaient réunis pour débattre du réchauffement climatique. Cette consultation citoyenne, calquée sur le modèle de la Conférence de Copenhague, a été imaginée par le Danish Board of Technology , un organisme très impliqué sur la question duclimat. En Chine, en Inde, en Ouganda, en Indonésie, en Bolivie, en Russie ou aux Etats-Unis, cent citoyens, de tous âges, sélectionnés pour illustrer la diversité de la population, ont planché sur des grandes questions qui animeront Copenhague. Les citoyens ont été invités à se prononcer sur les conséquences du changement climatique, l’urgence à réagir, les objectifs à réaliser en matière de réduction des émissions de CO², le financement, ou l’adaptation à la crise. En France, c’est la Cité des sciences de la Villette qui a initié les débats. Les résultats de cette consultation mondiale, appelée le « World Wide Views on Global Warming », seront disponibles sur le site.

Les premiers résultats montrent qu’il y a  urgence pour 90% des participants à ces mini-forums, pays riches et pays pauvres confondus. Une majorité de citoyens réclame une réduction des gaz à effet de serre comprise entre 25 et 40%. Un effort est demandé aux économies émergentes et polluantes, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, ou Afrique du Sud. Et les pays pauvres sont invités à participer, à la mesure de leurs moyens, à la lutte contre le réchauffement climatique. Au-delà de la diversité des intervenants, une conscience citoyenne planétaire sur le climat semble se dessiner. A Copenhague, les dirigeants ne pourront plus tout à fait l’ignorer.

M.J.


Publié le 29 septembre 2009 par marlene dans Actualité,Climat
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New-York et la menace des eaux.

Bonjour,

New-York,  et ses huit millions d’habitants, seraient plus exposés à une élévation rapide du niveau de la mer que la plupart des grandes métropoles portuaires du monde. L’eau s’y élève plus vite qu’ailleurs. La vulnérabilité et la sécurité de la « Big Apple » étaient au menu du « H209 Water Forum », une conférence internationale sur les villes côtières, et le changement climatique, qui s’est tenue à New-York les 9 et 10 septembre. Egalement discuté, le coût faramineux  d’infrastructures pour protéger la ville. De gros investissements nécessaires, mais basés sur des hypothèses climatiques, qui embarrassent certains décideurs.

Une montée des eaux plus élevée et plus rapide.

New-York et ses 900 kilomètres de côtes pourraient voir la mer s’élever assez rapidement au cours de ce siècle. En cause, les dynamiques du réchauffement climatique. D’abord, l’augmentation du volume des océans causée par la hausse des températures. Puis la fonte des glaciers de montagne et de fragments de calotte glaciaire. La perte de glaces au Groenland et en Antarctique, phénomène avéré par de récentes études, pourrait d’ailleurs précipiter cette modification du niveau marin. D’autres facteurs, le pompage des eaux souterraines, l’aménagement de réservoirs, le drainage des zones humides, ou la déforestation, participent à cette montée des mers .(2)(3) Autre élément, le niveau des océans n’est pas uniforme. Par exemple, l’Atlantique Nord, aux eaux plus froides, plus denses, et plus salées,  est d’une soixantaine de centimètres plus bas que le Pacifique Nord. L’élévation du niveau des océans ne présente pas non plus une dynamique uniforme.  En mars dernier, une étude envisageait une élévation du niveau de l’eau beaucoup plus rapide le long de la côte du Nord-Est des Etats-Unis. En cause, une circulation ralentie des eaux de l’Atlantique Nord.(4) D’autres études, basées sur des projections de fonte des glaciers du Groenland, annoncent une perturbation sensible des courants. Conséquence attendue, le niveau de la mer le long des côtes de New York pourrait être de 50 cm plus élevé qu’ailleurs. Une montée des eaux plus rapide aussi. (1) La côte Nord-Est, et la ville de New-York, sont encore exposées à de violentes tempêtes, avec risques d’inondations associés, qui pourraient s’amplifier avec le réchauffement climatique. Mais, un accident météorologique, pas forcément lié au changement de climat, peut intervenir à tout moment. (4)

Une métropole exposée.

New-York est une métropole exposée. Une grande partie de cité s’étale à moins de 50 cm au dessus du niveau de la mer. Et une dizaine de centimètres seulement, pour certaines parties de Manhattan. Dans le cas d’une montée des eaux d’une cinquantaine de centimètres, hypothèse la plus souvent retenue, les berges du bas Manhattan seraient inondées une vingtaine de fois par an, « un petit Venise ». (1) Et surtout, le cœur de la « Big Apple », la partie enterrée de la ville, se situe au dessous du niveau de la mer. Le New-York underground est un endroit stratégique qui concentre les réseaux de communication, de fibres optiques, d’eau, d’électricité, d’assainissement des eaux, sans oublier le métro. Des inondations y seraient désastreuses. D’autre part, les déluges causés par des tempêtes pourraient paralyser le réseau de communication côtier, routes, autoroutes, tunnels, et industries.

Hypothèses climatiques et investissements.

Au « Waterforum » de New-York, les hypothèses et les scéanarii climatiques, enrichis de nouvelles projections sur la fonte des glaces, ont été mis en parallèle avec le coût de la prévention. « On ne peut pas prendre des décisions qui coûtent des milliards de dollars sur la seule base d’hypothèses. », déclare Rohit Aggarwala, directeur de l’aménagement et de l’environnement de la ville,  dans le Wall Street Journal (1) Les aménageurs, qui planchent sur le long terme, cherchent un équilibre entre le coût d’infrastructures destinées à stopper les inondations, et les incertitudes liées aux projections climatiques. A New-York, il faudrait protéger le district financier, le port, le réseau électrique, et le métro, avec un système de barrières comme celui qui défend Londres, Rotterdam, ou Saint Petersburg. Une quarantaine de métropoles dans le monde, Amsterdam, Tokyo, Shanghai, ont déjà investi dans la protection. Mais, les chiffres font peur. A Venise, les ingénieurs édifient une barrière de 7 milliards de dollars pour éviter les effets des marées hautes qui produisent une centaine d’inondations par an. A la Nouvelle Orléans, un ouvrage de 700 millions de dollars devrait adoucir les inondations dues aux cyclones. (1) Mais,  puisque l’on parle d’argent, que coûterait une inondation de l’underground new-yorkais ?

Protéger New-York n’est pas un problème technique. Un article de la Cité des Sciences évoque un problème politique. Une répartition des responsabilités entre les municipalités, les Etats, et le gouvernement fédéral, contribuerait à freiner les décisions. Peut-être pas seulement. Le Wall Street Journal  rapporte la position de Rohit Aggarwala : « Si nous devons fermer la bourse pour un jour parce que l’eau y coule, ce ne sera pas sans précédent. Une grosse tempête de neige peut provoquer cela. La vraie question est notre rapidité à tout remettre en ordre. » (1)

M.J.


Le métro de New-York inondé, printemps 2007.

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(1) « New York City Braces for Risk of Higher Seas “,  Robert Lee Holtz, The Wall Street Journal, Science Journal, 11-09-09. http://online.wsj.com/article/SB125261934441101047.htm

(2 )Daprès  IPCC, 2007. http://www.epa.gov/climatechange/science/recentslc.html

(3)”Ainsi fond, fond, fond..”, Sylvestre Huet, Libération, 19-20 septembre 2009.

(4) “Climate Impacts in New York City: Sea Level Rise and Coastal Floods”

http://icp.giss.nasa.gov/research/ppa/2002/impacts/introduction.html


Publié le 21 septembre 2009 par marlene dans Climat,Urbanisation
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Le Japon se rapproche de Kyoto.

Bonjour,

Le Japon annonce une réduction de 25% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, par rapport à leur niveau de 1990. Yukio Hatoyama, le futur Premier Ministre étiqueté Parti Démocrate du Japon (PDJ), une formation de centre-gauche sortie victorieuse des législatives du 30 août dernier, souhaite que le Japon contribue à l’effort international engagé contre le changement climatique. Taro Aso, son prédécesseur conservateur, inspiré par le lobby industriel, proposait moins 8% d’ici à 2020. La seconde économie mondiale, cinquième grand pollueur planétaire après la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, et la Russie, et mauvais joueur dans les grandes conférences internationales sur le climat, rejoint le clan des pays industrialisés concernés par le réchauffement. C’est plutôt une bonne nouvelle dans la perspective de Copenhague en décembre prochain, une conférence sur le climat qui va décider de l’après-Kyoto, et de l’après 2012. (1)

Une société qui évolue.

Au Japon, la société civile n’a pas attendu le changement de cap impulsé par le nouveau chef du gouvernement pour se soucier de climat, et d’environnement. Dans un article paru dans le Japan Times, Junko Edahiro, « Madame Environnement » du Japon, traductrice du livre d’Al Gore, « Une vérité qui dérange », témoigne de cette société qui évolue.(2) Elle dirige Japan for Sustainability (JFS), une ONG créée en 2002 qui collecte, d’Hokkaido à Okinawa, les initiatives économes en carbone. Le site de JFS abonde en exemples. A Nagoya, les employés de la ville sont invités à se déplacer à vélo, avec prime de déplacement pour ceux qui acceptent un parcours sportif, rien pour les autres. Résultat, depuis 2003, l’usage de la bicyclette a progressé de 50%, quand celui de la voiture baissait de 25%. A Tokyo, une société de parking a lancé un système de co-voiturage dans le centre-ville. La Tokyo Gas and Co, une compagnie de gaz, expérimente un système solaire sur l’un de ses édifices situé à Kumagaya. Cette installation, qui optimise le chauffage et la climatisation du bâtiment, sert aussi à chauffer l’eau. En attendant une prochaine commercialisation. Le site de JFS rapporte encore la mise à disposition d’une technologie améliorée, « PV Roadmap Toward 2030+, » afin de développer le photovoltaïque au Japon à horizon 2050. Junko Edahiro témoigne encore de l’effort des banques, taux d’intérêts moins élevés, épargne mieux rétribuée, pour aider les industries locales et les communautés à limiter leurs rejets de CO². D’autres récompensent une réduction de la quantité d’ordures ménagères produite par la communauté. Sur le plan national, en 2005, le gouvernement a lancé l’initiative « Cool Biz ». Cette campagne incitait les businessmen à laisser leur cravate et leur veste dans l’armoire, pour soulager la climatisation du bureau. Une étude rapporte que près de moitié des businessmen sont allés travailler, habillés « plus léger ». (3) Plus récemment, une autre campagne incite les consommateurs à acheter de l’electro-ménager moins gourmand en énergie. Ce choix est récompensé par des « éco-points », en principe convertibles en yens.(4) Sans parler des voiture hybrides qui « font un carton » au Japon.

Développement et climat.

Pour Junko Edahiro, le problème du Japon n’est pas la « conscience environnementale ». Une enquête révèle que 96% de la population se préoccupe du réchauffement et du changement de climat. Junko Edahiro attribue ce niveau de conscience, record, à l’homogénéité de la société japonaise. Mais peu importe les statistiques, « Madame Environnement » sait qu’il reste à convertir cette « conscience écologique » en action d’envergure. Les multiples initiatives en faveur de l’environnement ne contrebalancent pas une dynamique économique, basée sur la croissance. Le lobby industriel, qui a longtemps freiné des engagements contraignants, s’inquiète des annonces du futur Premier Ministre.(5) En 2007, le WWF estime que les émissions du Japon auraient augmenté de 8% entre 1990 et 2005.(6) Quand le Protocole de Kyoto engageait le pays à les réduire de 6% à l’horizon 2012. (1) Une petite contradiction qui n’empêche pas le Japon de conditionner son aide aux pays en développement à la lutte contre le changement climatique, en Afrique, en Asie, ou dans le Pacifique. Son plan « Cool Earth Partnership », lancé en 2008, incite les pays pauvres à concilier développement économique et réchauffement climatique. Il est question de « déforestation », de « développement propre », de « transfert de technologie », et « d’aide à l’adaptation à l’impact du changement climatique ». A l’annonce de ce plan, un réseau d’ONG africaines avait commenté : « l’Afrique continuera de souffrir tant que et autant que le Japon continuera de causer le réchauffement mondial ».(7)

M.J

En Juillet 2008, le G8 se réunit à Hokkaido, au Japon. A Sapporo, des militants déguisés en dirigeants, lancent des tonnes de CO² dans les airs….

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(1) “Japan sets ‘weak’ climate target “, Richard Black , Environment correspondent, BBC News, Tokyo, http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/8092866.stm

(2) “Asia‘s first lady of the environment”, Stephen Hesse, Japan Times, 26-11-2008.

http://search.japantimes.co.jp /cgi-bin/fe20081126sh.html

(3) “Workers eagerly embrace ‘Cool Biz’”, Japan Times online, 19-08-2005

http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nb20050819a6.html

(4) “Eco-points stimulus plan kicks off”, Kyodo News, 16-05-2009. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nb20090516a2.html

(5) Japan sets ‘weak’ climate target “Richard Black Environment correspondent, BBC News, Tokyo, http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/8092866.stm

(6) « Les pays du G8 épinglés sur leur politique de lutte contre le réchauffement climatique. », Le Monde/AFP, 05-06-2007.

(7) « Le Japon confirme son aide aux pays africains », Noel Kokou Tadégnon, IPS, 28-08-08
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=5021


Publié le 15 septembre 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Japon
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« Tara » met les voiles pour comprendre les océans.

Bonjour,

Tara change de bannière et entame une circumnavigation autour du globe. Après une dérive dans la banquise arctique, 2006-2008, la goélette laboratoire, devenue Tara Océans, part samedi de Lorient pour un voyage de trois ans. Habitée d’océanographes, de biologistes, ou de climatologues, Tara devrait parcourir 150.000 kilomètres pour interroger les profondeurs de l’Atlantique, de l’Océan indien, ou du Pacifique. La mission doit étudier les planctons et d’autres micro-organismes pour comprendre leur évolution dans un contexte de réchauffement climatique, et de pollution des océans. L’équipe doit constituer un catalogue de cette vie  silencieuse, et encore mystérieuse. Elle doit encore esquisser une cartographie générale des écosystèmes marins. Cette mission scientifique, qui s’intéressera aux virus, aux bactéries, aux larves de poissons, aux méduses, aux algues, ou aux coraux, a également mission pédagogique. Il s’agit d’informer sur le rôle crucial des océans, acteurs du climat, et victimes de son évolution. « Les océans produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons…Si les forêts sont un poumon de notre planète, les océans constituent le second. », justifient ces nouveaux explorateurs. Bon voyage…

M.J


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Publié le 4 septembre 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Comprendre,Ecosystèmes.
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Le blanc, une couleur d’avenir…

Bonjour,

Pourquoi ne pas peindre les toits en blanc pour freiner le réchauffement climatique ? C’est l’idée de Steven Chun, le « Monsieur réchauffement » du Président Barack Obama, Prix Nobel de Physique, 1997 . Intervenant à Londres fin mai, lors d’un meeting de « grosses têtes » réunies pour imaginer des solutions à la crise climatique, Steven Chu a développé son idée : «Vous souriez, mais si vous repeignez tous les toits des buildings en blanc, et si vous teintez le revêtement des routes avec une couleur claire, et que vous le faîtes de façon uniforme…Cela reviendrait à interrompre le trafic automobile mondial pendant onze ans. »(1)

Cette solution simple permettrait de réduire le réchauffement climatique. La lumière, réfléchie par des surfaces claires au lieu d’être absorbée, repartirait en grande partie vers l’atmosphère. A l’inverse des radiations infra -rouge émises depuis la surface de la terre réchauffée, dont une bonne partie est piégée par les gaz à effet de serre, cause du réchauffement climatique. Autre avantage de ce changement de couleurs, moins d’énergie pour garder les immeubles confortables, et frais. Par exemple, les systèmes de climatisation fonctionneraient mieux, tout en économisant 10 à 15 % d’électricité. Les villes, converties au blanc à la place du béton, seraient aussi moins chaudes. Le principe pourrait également être étendu au parc automobile. Des voitures claires réfléchiraient la lumière, et consommeraient moins d’énergie pendant l’été. L’idée de Steven Chu revient à amplifier l’effet « albedo » de la terre. Au travail…

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M.J

(1) »Climate guru: Paint roofs white », Steve Connor, NZHerald, 28-05-2009.

http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10574970


Publié le 3 juin 2009 par marlene dans Actualité,Climat
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BAD barrages.

Bonjour,

La Banque asiatique de développement (BAD) s’inquiète des conséquences de la crise financière pour l’économie des pays asiatiques. Elle s’engage à tripler son capital pour financer des infrastructures, afin de booster les économies locales, et réduire la pauvreté. Cette réponse à la crise, défendue à Bali début mai, lors de la réunion annuelle de la BAD, rencontre un front d’opposition. Des ONG internationales, surtout originaires du voisinage asiatique, et des organisations locales, association de fermiers et de femmes, environnementalistes et anti-dettes, syndicats de mineurs et de pêcheurs, ne partagent pas cette vision du développement. (1) Pour ce front de résistance qui a fait le déplacement jusqu’à Bali, les grands travaux alimentent la dette des pays engagés. Ils bouleversent l’environnement et déplacent les populations concernées par ces projets, sans vraiment répondre à leurs besoins. Le barrage du West-Seti – une région située au Nord-Ouest du Népal – illustre l’inclinaison de la BAD à financer de gros travaux inadaptés.(2)

De l’électricité destinée à l’Inde.

Avec un système fluvial aux débits rapides, le Népal est un peu l’Eldorado pour les barrages. 90% de l’électricité népalaise vient de ses ressources hydriques. Le gouvernement veut aussi exploiter ce potentiel pour alimenter ses puissants voisins gourmands en énergie, l’Inde ou la Chine. Il cherche des investisseurs pour financer ces gros travaux. La BAD, la China Exim Bank, l’une des banques chinoises impliquées, et quelques investisseurs privés, misent sur un ouvrage qui ne fait pas l’unanimité. La société civile népalaise, appuyée par un réseau international, s’oppose à un ouvrage qui devrait avaler plus de 2300 ha de terres cultivables, de forêts, de prairies, bouleverser les écosystèmes, et déplacer plus de 10.000 personnes, dont la plupart re-installées hors de leurs terres d’origine. Le bénéfice sera pour l’Inde, qui devrait importer 90% de l’électricité produite par le barrage du West-Seti. Les impacts négatifs du projet ne sont pas pris en compte par le gouvernement népalais, qui a donné son feu vert. La BAD semble également ignorer les conséquences environnementales et humaines de cet aménagement, pourtant peu conformes aux recommandations de la Commission mondiale sur les Barrages, un organisme de contrôle indépendant. (3) A Bali, le NGO Forum on ADB, une organisation qui pousse la BAD à devenir plus vertueuse, a dénoncé : « La banque collectionne les antécédents de grandes infrastructures qui déplacent massivement des populations pauvres, détruisent les forêts et les systèmes fluviaux dont ces communautés dépendent ». (2)

Le prix du kilo de poissons.

Selon International River Network, une ONG américaine qui protège les bassins fluviaux et les populations asociées, le Népal a déjà connu un précédent avec le barrage d’Arun III. En 1995, la Banque mondiale s’était retirée d’un projet qui ne répondait pas aux besoins énergétiques d’un pays pauvre. Et dont les populations, isolées, avaient peu de chance de bénéficier du réseau électrique. En Asie du sud-Est, International River s’intéresse au bassin du Mékong, source de vie et de protéines pour 60 millions de personnes. Et espace convoité pour les bâtisseurs de barrages. La BAD y porte le développement du réseau électrique. La Chine, le Laos, le Vietnam, le Cambodge, ou le Myanmar (Birmanie) projettent une série d’aménagements sur le cours principal du Mékong, et ses affluents, au risque de bouleverser les paysages et leurs équilibres, sans grand profit pour les populations. En Chine, la cascade d’ouvrages installés sur le Haut-Mekong, dans la province du Yunnan, a perturbé les rythmes du fleuve, avec des conséquences sur la réserve halieutique, et 20 millions de personnes. (4) Au Laos, le projet hydro-électrique de Theun-Hinboun, porté par l’ADB, a paupérisé 30.000 personnes, les privant d’une source de revenus. (5) En 2008, l’organisation américaine pointe le mauvais rapport « coûts-bénéfices » des barrages de Kamchay et de Stung Atay, au Cambodge. Sous prétexte d’apporter de l’électricité à un pays qui en manque, les deux ouvrages vont déraciner des populations et inonder des forêts protégées. Les Chinois, qui profitent de l’intérêt des autorités cambodgiennes pour l’hydro-électricité, ont largement financé des projets, aux études d’impact incertaines.(6) De son côté, la BAD mise sur un Cambodge « importateur d’électricité », avant de devenir « exportateur ». (7) Au Vietnam, la BAD a prêté 196 millions de dollars pour développer un projet hydro-électrique dans le centre du pays, communautés déplacées et inquiétudes pour la reproduction des poissons. (8) Sur le Forum de discussion de Khmer-network, on peut lire : « Savez –vous ce que coûte un kg de poissons quand il n’y en a plus ? » (7)

Une résistance locale, des réseaux transnationaux.

En Asie, ou ailleurs, les grands barrages témoignent de conflits d’intérêts qui opposent bailleurs de fonds, décideurs, et bâtisseurs, aux populations malmenées par ces grands travaux. Les premiers s’accrochent à une vision du « développement » qui passe par la maîtrise des fleuves, le béton, et l’électricité. Sans oublier leurs intérêts financiers. Les autres aspirent à préserver un milieu qui les accueille et les nourrit depuis des générations. La résistance locale à ces grands travaux, qui a émergé dans les années 80, est aujourd’hui portée par une opposition transnationale, qui via les réseaux et internet, se fait de plus en plus entendre. Ils étaient environ un millier à Bali.(1)

M.J

Exemple au Myanmar…

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(1) Indonesian Indian Farmer (SPI), Women’s Union, Friends of the Earth Indonesia (WALHI), Anti-Debt Coalition, People’s Coalition for Fisheries Justice, mining Advocacy Network…« NGOs plan protest at ADB’s Bali meeting”, The Jakarta Post,May 12, 2009, http://www.thejakartapost.com/news/2009/04/15/ngos-plan-protest-adb%E2%80%99s-bali-meeting.html

(2) « ADB head : Asia must tackle poverty, climate change”, Stephen Wright, Associated Press, 05-04-2009. http://www.syracuse.com/newsflash/index.ssf?/base/business-5/1241425437317650.xml&storylist=new_topstories

(3) International River Network, http://internationalrivers.org/en/south-asia

(4) New Scientist, mai 2004.

(5) International Rivers http://www.internationalrivers.org/en/southeast-asia/laos/theun-hinboun

(6) AFP, 29 Janvier 2008, http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(7) http://www.khmer-network.com/forum/sujetKN-6291.html

(8) Romandie News / AFP, 27 juin 2008. http://www.romandie.com/infos/news2/080627050428.ob6ow77y.asp


Publié le 19 mai 2009 par marlene dans Actualité,Developpement,eau,Préjudice écologique
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La Chine s’intéresse à ses mines d’énergie renouvelable.

Bonjour,

Une industrie et une production high-tech voraces, un marché de l’automobile et un équipement des ménages en progression vertigineuse, la Chine est gourmande en énergie. Ses besoins en pétrole la placent juste derrière les Etats-Unis. La Chine est aussi le premier producteur et consommateur mondial de charbon, qui alimente 70% de sa machine. (1) De 1996 à 2006, les besoins énergétiques de « l’usine du monde » ont pratiquement doublé. Et la consommation d’électricité est allée encore plus vite, elle a été multipliée par deux depuis 2000. (2) Cette Chine énergivore est aussi une Chine qui pollue. Les émissions de CO² sont en train de dépasser celles des Etats-Unis. (3) Parenthèse, les émissions de dioxyde de carbone d’un Chinois représentent 1/6° de celles produites par un américain. (2) Les rejets de dioxyde de soufre, liés a l’utilisation de charbon de mauvaise qualité et à des techniques de combustion vétustes, sont en augmentation. (3) Mais, derrière le gigantesque nuage d’oxyde d’azote qui couvre Pékin et le nord-est du territoire, il se dessine un petit espoir. La Chine, qui veut diversifier ses sources d’énergie et qui freine la construction de centrales de charbon,  mise sur le vent, le soleil, l’eau, ou la biomasse, pour adoucir les conséquences environnementales de son développement.

Le vent et l’atome.

Si l’énergie solaire balbutie encore, la Chine est en train de devenir une championne de l’éolien. En 2006, le pays a doublé sa capacité. Dans un contexte où l’énergie produite par le vent est plus chère que celle issue du charbon, le gouvernement incite à la concurrence pour réduire les coûts de production. Vers le milieu du siècle, l’énergie éolienne pourrait devenir la seconde source d’électricité, derrière le charbon, et devant l’hydro-électricité. Avec environ 2/3 des capacités mondiales, la Chine est devenue le plus grand consommateur d’eau chauffée par le soleil. On y dénombre environ 40 millions de systèmes solaires, 10% de ménages chinois en sont équipés.  Cette performance dissimule un secteur solaire où beaucoup reste à faire. Ce qui n’empêche pas la Chine d’être active sur le marché international du photovoltaïque. La biomasse, surtout produite à base de canne à sucre et de cosses de riz, est un secteur qui somnole. En attendant, peut-être, d’être réveillé par d’autres sources d’énergie, résidus de l’agriculture ou des forêts. Le biogaz, produit à partir de déchets animaux, dynamise la filière. La Chine s’intéresse encore aux carburants alternatifs. Elle produit un peu d’éthanol à base de maïs, et du biodiesel avec de l’huile de friture usagée. Le manioc, le sorgho, et les oléagineux ouvrent de petits espoirs. Plus sérieux, l’éthanol à base de cellulose, la Chine dispose de vastes stocks de déchets agricoles et forestiers. Une perspective qui attendra encore quelques années. (1) Petite fausse note dans cette transition énergétique, la Chine devrait encore construire une trentaine de centrales nucléaires, d’ici à 2020.

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Un portable solaire.

Aujourd’hui, 8% de l’énergie et 17% de l’électricité consommées en Chine proviennent d’une source non fossile. L’objectif est d’atteindre les 15% (énergie) et Les 21% (électricité ) en 2020. (1)Vers le milieu du siècle, les énergies renouvelables devraient couvrir 30% des besoins.(2)Cette ambition repose sur des investissements conséquents, assortis d’une volonté de développer les énergies propres. Le Worldwatch Institute rapporte que la Chine a investit 50 billions de dollars dans le non-fossile en 2006, plus 10 billions en 2007. Depuis 2005, une loi encadre le développement du renouvelable, devenu « priorité nationale ». Des incitations fiscales encouragent les entreprises à opter pour les énergies alternatives. Des mandats exigent que des compagnies d’électricité achètent de l’éolien, et s’intéressent aux autres sources. Selon le cabinet Ernst & Young, la Chine est devenue l’un des cinq pays les plus attractifs pour les investissements destinés au renouvelable, entre l’Inde et l’Espagne. (4)Tout en développant son potentiel, la Chine est en passe de devenir un leader sur le marché international du vent et du soleil, en Amérique du Nord, au Japon, ou en Europe. La production d’éoliennes et d’équipements photovoltaïques a été multipliée par 2 en 2006. (1) La Chine exporte ses systèmes d’eau chauffée par le soleil – bien moins coûteux que leurs semblables produits en Europe – et du petit matériel hydro-électrique. Objectifs ambitieux, soutien des autorités, et prouesses industrielles « à la chinoise », la Chine pourrait s’imposer dans les technologies du renouvelable. En 2007, une société chinoise a présenté son premier portable à énergie solaire, une heure au soleil, ou à la bougie, pour quarante minutes de conversation….

M.J

(1) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy”, Worldwatch report, Eric Martinot, Li Junfeng, November 2007, http://www.worldwatch.org/node/5491

(2) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy.”http://www.worldwatch.org/node/5496

(3) http://www.econologie.com/la-chine-articles-2277.html

(4) « Energies renouvelables : la Chine devient plus attractive que le Royaume-Uni », Actu-Environnement.com – 28/08/2008, http://www.actu-environnement.com/ae/news/attractivite_chine_energies_renouvelables_5590.php4


Publié le 12 mai 2009 par marlene dans Actualité,Chine,Climat,énergie
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Le message écolo du Plastiki.

Bonjour,

David de Rothschild devrait bientôt quitter la baie de San Francisco à bord du Plastiki, un bateau conçu à partir de bouteilles plastique et de matériaux recyclés. Cet « activiste » écolo, représentant de la branche anglaise de la célèbre famille de banquiers, entreprend un voyage à travers le Pacifique pour attirer l’attention sur le « Great Pacific Garbage Patch ». Une « mer intérieure » peuplée de bouts de plastique.

L’espérance de vie d’un bout de plastique…

C’est pour dénoncer cette pollution que l’aventurier a imaginé un catamaran de 20 mètres, un modèle de récup. La coque est remplie de 12000 bouteilles de plastique. La cabine et les cloisons ont été réalisées à partir de matériaux recyclés, principalement des toiles reconstituées à base de plastique. Le design a demandé trois ans de recherches. Quelques retouches ont retardé un départ prévu fin avril, et annoncé pour l’été 2009. Le bateau devrait parcourir 2720 kilomètres, de San Francisco à Sydney, en passant par Hawaï, les îles Bikini, et Vanuatu. De Rothschild, qui invite à bord une équipe de chercheurs, devrait prélever des échantillons d’eau souillée, et réaliser un journal de bord multimédia. Il veut témoigner de l’espérance de vie d’un morceau de plastique, échappé d’une ville de la côte asiatique ou de Californie, porté par les courants et les tourbillons, qui finit sa course dans la spirale du Nord-Pacifique.

La « soupe de plastique »

Ce bassin de déchets flottants, qui se balade entre San Francisco et Hawaï, d’une superficie supérieure à celle de la France, a été découvert il y a une dizaine d’années par l’océanographe Charles Moore. Il témoigne plus tard : «J’étais confronté, aussi loin que se portait mon regard, à la vision d’un bout de plastique. » (1) Pendant une semaine, le bateau de Moore navigue dans cette eau couverte de résidus de la société de consommation, bouchons, bouteilles, emballages, fragments de plastique, ou pneu de camion. Charles Moore rebaptise l’étendue polluée, la « Great Pacific Garbage Patch » devient la « plastic soup », « la soupe de plastique ». Les scientifiques estiment qu’elle contient six fois plus de plastique que de plancton, conséquences écologiques assorties. Les oiseaux de mer et les poissons, qui se trompent forcément de nourriture, ingèrent des bouts de plastique. Ces corps étrangers rejettent aussi des polluants, PCB ou pesticides, qui empoisonnent la chaîne alimentaire. Les populations d’albatros du Nord-Ouest d’Hawaï, sanctuaire national américain, sont encore affectées par cette marée de plastique.

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David de Rothschild veut refaire le voyage de Kon-Tiki, d’où le nom de son bateau. En 1947, l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl s’était embarqué sur un radeau de rondins pour tenter de rejoindre les îles polynésiennes depuis l’Amérique du Sud. Et vérifier son hypothèse du peuplement de l‘Océanie. Soixante ans plus tard, le jeune navigateur souhaite montrer que l’on peut recycler le plastique, son bateau le prouve. Il veut aussi témoigner de ce qui arrive, si on ne le fait pas. Le message écologique, retardé pour des problèmes techniques, est porté par un bateau aux réactions incertaines en cas de navigation difficile. Sans parler de l’explorateur qui avoue, lui-même, ne pas avoir le pied marin. (2) Good luck, Mr De Rothschild.

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M.j

(1)”Eco warrior on voyage to “plastic soup” of Pacific”, robin McKie, New Zealand Herald, 13-04-2009 http://www.nzherald.co.nz/environment/news/article.cfm?c_id=39&objectid=10566328

(2)”Voyage of the Plastiki”, “The perils of innovation on the high seas”, Paul Kvinta, National Geographic, October 2008. http://adventure.nationalgeographic.com/2008/10/david-de-rothschild/plastiki-text


Publié le 4 mai 2009 par marlene dans Actualité,Ecosystèmes.,Préjudice écologique
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Les maux de la ville.

Bonjour,

Quand plus de la moitié de l’humanité réside en ville, comment financer des logements abordables dans un contexte de crise financière et climatique ? La question était posée aux représentants d’une soixantaine de pays, réunis du 30 mars au 3 avril dernier à Nairobi, par le conseil d’administration d’ONU-Habitat. Cet organe des Nations Unies pour les établissements humains accompagne les pays, notamment les plus démunis, pour fabriquer des conditions urbaines plus décentes. Chaque mois, les villes des pays en voie de développement accueillent cinq millions de nouveaux habitants.

Inégalités et droit au logement.

La question posée à Nairobi fait écho au dernier rapport ONU-Habitat sur « l’état de villes dans le monde ». (1) Publié en octobre dernier, ce document, intitulé « Villes harmonieuses », mesure la « température urbaine » à l’aide de quelques paramètres, répartition spatiale, évolution de la taille des villes, harmonie et égalité sociale, et relation entre développement urbain et protection de l’environnement. Cette cartographie mondiale révèle une urbanisation à deux vitesses. Urbanisation galopante dans les pays du sud, où la pauvreté des campagnes rend la ville attractive. Croissance modérée et villes en déclin dans les pays développés, notamment en Europe. Les pays en voie développement participent à 95% de l’urbanisation mondiale. C’est en Afrique que les villes gonflent et se bricolent le plus vite. Niamey (Niger), Dar Es Salam (Tanzanie), ou Lomé (Togo) enflent de 4% par an. D’ici à 2050, la moitié de la population africaine sera citadine. Près des deux-tiers en Asie. Cette urbanisation anarchique fabrique des conditions de vie difficiles. A l’échelle mondiale, un citadin sur trois habite un bidonville. En Afrique subsaharienne, plus de la moitié. Le rapport note que la situation sociale est explosive dans de nombreuses villes d’Amérique du Sud, Bogota (Colombie) et Sao Paulo (Brésil) en tête. Et d’Afrique, Johannesburg et le Cap ( Afrique du Sud). Mais les tensions urbaines ne sont pas réservées aux pays pauvres. Les grandes cités des Etats-Unis présentent des niveaux d’inégalité aussi alarmants qu’Abidjan (Côte d’Ivoire), Nairobi (Kenya), ou Maputo( Mozambique). « L’accès au logement est un défi pour tous les pays, qu’ils soient développés ou en développement. » déclare Anne Tibaïjuka, directrice générale d’ONU-habitat. (2)

Villes et crise climatique.

Selon l’ONU-Habitat, la crise climatique pourrait accentuer les pressions urbaines. Les cités construites dans les zones côtières, plus de 3351 selon le rapport, sont particulièrement exposées aux inondations. Les 13 millions d’habitants de Dhaka, au Bengladesh, connaissent bien ce problème. Calcutta en Inde, est également en première ligne. A Alexandrie, en Egypte, une élévation du niveau marin ferait fuir environ deux millions d’habitants. Lagos (Nigeria) , 10 millions d’habitants, apparaît également très exposée. Si l’Asie reste le continent le plus menacé par les conséquences du réchauffement climatique, l’Afrique apparaît la plus démunie pour affronter les intempéries. Pour ONU-Habitat, les effets des changements climatiques devraient jeter plus de 380 millions de personnes à la rue, la plupart issus des pays en voie de développement.

Sao Paulo et San Diego.

On apprend encore que si la ville est un producteur actif de gaz à effet de serre (GES), elle peut aussi corriger ses défauts. La ville et ses activités génèrent aujourd’hui 80% du dioxyde de carbone émis sur la terre, sans parler des autres rejets. Mais toutes les cités de la planète ne contribuent pas au réchauffement de la même façon. Si les villes riches sont, en principe, plus polluantes – industries, transports, et niveau de vie de ses habitants -, une meilleure gestion urbaine peut changer la donne. Le rapport cite l’exemple de la mégalopole brésilienne Sao Paulo, plus de 20 millions d’habitants pour environ 249 000 km², qui produit le dixième des émissions de San Diego en Californie, 1,3 millions d’habitants pour environ 164 km². Ce qui indique que le mode de vie urbain, une ville plus compacte et mieux desservie par les transports en communs, peut vraiment jouer sur les émissions de GES. D’où l’importance de développer une stratégie urbaine.

Bangkok

Le message d’ONU-Habitat est d’ailleurs « l’intervention ». Aider les pays à élaborer une politique du logement et de la ville. A Bangkok (Thaïlande), La Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) et ONU-Habitat ont mis en ligne des guides pour aider les dirigeants à gérer la croissance sauvage des bidonvilles. Une sorte de mode d’emploi pour soulager la misère des ghettos urbains, condition d’une stabilité sociale. Le Népal, le Cambodge, et l’Indonésie sont également ciblés. Selon le rapport de l’ONU-habitat, Bangkok, probablement 12 millions d’habitants, serait en passe de devenir une « ville harmonieuse ». Une invitation à repenser la ville et ses inégalités, à Abidjan, à Lagos, ou à Chicago.

M.J

Le bidonville de Mumbai (Inde)

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(1) http://www.unhabitat.org/pmss/getPage.asp?page=bookView&book=2562

(2) « Conférence de presse sur le « Rapport sur la situation des villes dans le monde 2008-2009 : Villes harmonieuses » <!– /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent: » »; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family: »Times New Roman »; mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;} a:link, span.MsoHyperlink {color:blue; text-decoration:underline; text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed {color:purple; text-decoration:underline; text-underline:single;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} –> http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/Conf081027-HABITAT.doc.htm


Publié le 10 avril 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Developpement,Ville
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Clim’City, ou l’éducation environnementale.

Bonjour,

Se prendre pour Superman, version écolo, pour contenir le réchauffement à un niveau acceptable pour la planète, et diviser par eux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2058, c’est possible. Mais c’est virtuel. « Clim City » est un jeu interactif proposé par Cap Sciences, le centre culturel scientifique d’Aquitaine. Il reconstitue un environnement, pollué et gourmand en énergie, que vous devez rendre plus propre. Il s’agit de multiplier les bonnes décisions pour réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2008, diminuer la consommation d’énergie de 40%, et développer le renouvelable jusqu’à 60%. C’est facile. Il suffit d’un « clic » sur l’un des paysages virtuels pour accéder au diagnostic environnemental, et aux solutions proposées. L’habitat, source importante de consommation d’énergie à Clim’City, doit être isolé et coiffé de panneaux photovoltaïques, c’est mieux pour le bilan, et pour le score. Les transports s’y déclinent plutôt en « commun ».Les industries,  énergivores, grosses productrices de gaz à effet de serre et de rejets polluants, doivent être réorganisées, efficacité énergétique, avec options renouvelables, ou gestion des émissions. Avec, à terme, un fonctionnement sur le mode des écosystèmes, où rien ne se perd, tout se recycle, et tout s’échange. Il va également falloir remplacer les turbines du barrage hydroélectriques, pour améliorer leur efficacité. Et trouver un nouveau site pour installer une micro-centrale. A Clim’City, l’hydroélectricité est une source d’énergie appréciée, mais on manque de place. Autre conseil, convertir la station de ski, privée de neige par le réchauffement, en un parc de tourisme vert. Echéance 2058, vous avez donc 50 ans pour composer un plan climat compatible avec les maux de la planète. Et pas besoin de tout recommencer, vous pouvez sauvegarder la partie.

Ce jeu éducatif est accessible, via internet. Cap Sciences devrait le distribuer, version DVD, dans les établissements scolaires de la région. Il fait aussi l’objet d’un concours, organisé par Cap Sciences et Mountain Riders, inscriptions jusqu’au 29 mars.

M.j


Publié le 10 mars 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Développement durable
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