Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Plus d’un « Grenelle » pour les océans…

Bonjour,

Quelques nouvelles des océans. Les émissions de gaz à effet de serre, qui modifient le climat terrestre et favorisent un réchauffement des eaux, entraînent encore une acidification inquiétante des océans. C’est le constat d’océanographes, réunis fin janvier à Monaco. Les océans, qui représentent plus de 70% de la surface terrestre, régulent le climat et absorbent environ le tiers des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui permet certainement d’atténuer les excès climatiques. Mais face à la croissance des émissions de gaz à effet de serre, les océans saturent. Il y a formation d’acide carbonique, associé à une diminution du PH des eaux, qui deviennent plus acides. Les concentrations de carbonate diminuent. Depuis le début de l’ère industrielle, l’acidification des océans aurait augmenté de 30%. Les scientifiques s’attendent à des valeurs inégalées depuis 20 millions d’années. (1) Les recherches effectuées sur l’accumulation de CO² dans l’océan, amorcées à la fin des années 90, sont encore trop récentes pour tirer des conclusions. Restent quelques probabilités. Cette concentration de CO² est appelée à suivre la courbe inquiétante des rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. D’autre part, l’acidification du milieu marin devrait affecter la croissance d’organismes à squelettes calcaires, algues, crustacés, mollusques, ou coraux, qui utilisent le carbonate de calcium comme matière première. Pour tenter de freiner ce processus qui menace directement la biodiversité marine, et risque de bousculer l’équilibre alimentaire mondial, plus de 150 scientifiques présents sur le rocher ont lancé « L’appel de Monaco ».Une nouvelle invitation à limiter les rejets de GES.

Image de prévisualisation YouTube

Pauvres coraux.

Les coraux, justement on en parle. L’ICRI ( L’ Initiative Internationale pour les Coraux) et son correspondant français, l’IFRECOR, viennent de publier l’état de santé des récifs coralliens, bilan 2008. (2) Un chiffre, 19% des coraux ont déjà disparu des fonds marins. Et une prévision, 54% du patrimoine mondial est plus ou moins menacé, sous la pression conjuguée des activités humaines et des modifications climatiques. Surpêche, pollutions d’origine agricole et industrielle, modification des systèmes côtiers, accélèrent le blanchissement des coraux. C’est à dire une mort annoncée. Le réchauffement des océans et l’acidification croissante du milieu marin contribuent encore à la disparition des récifs. D’ici une à deux décennies, 15% des écosystèmes coralliens, notamment en Asie du Sud- Est et dans la Mer des Caraïbes, pourraient être anéantis. Le rapport rappelle que la seule hausse des températures de l’eau, particulièrement sensible dans l’Océan indien en 1998, a entraîné un blanchissement massif des coraux. En 2005, année très chaude, année de tempêtes et d’ouragans, les récifs des Caraïbes ont été décîmés. Si les scientifiques s’alarment de la disparition des coraux, c’est qu’ils occupent une place importante dans le catalogue de la biodiversité, et qu’ils rendent de sacrés services à l’humanité. IIs constituent un « supermarché » pour environ 30 millions de personnes, qui dépendent d’eux pour leur nourriture , et donc leur survie (UNESCO, 2008). Ils adoucissent les effets des cyclones et des tsunamis. Toujours selon l’UNESCO, les systèmes coralliens, qui nourrissent, protègent, renouvellent leurs ressources, ou stimulent le tourisme, font vivre 500 millions de personnes sur la planète. Quand ils sont en bonne santé.

Surpêche et réchauffement climatique.

Plus récemment, la FAO dénonce les excès de la pêche, dans un contexte de réchauffement climatique. Dans un rapport publié le 2 mars, (3) l’Agence de L’ONU pour l’alimentation et l’agriculture invite à développer des pratiques de  pêche « responsables ». Alors que les mers sont pillées par ceux qui les exploitent, environ 30% des stocks halieutiques sont tendus ou épuisés, la FAO s’inquiète des conséquences d’un réchauffement des eaux qui confisquerait encore une partie de la ressource. La FAO note que l’élévation des températures des océans a déjà bousculé la répartition des espèces. Certains poissons tropicaux auraient commencé à migrer en direction des pôles, vers des eaux plus fraîches. Et faute de stock, les populations pauvres, qui dépendent de la pêche pour leur survie, risquent de souffrir un peu plus. Deux semaines plus tôt, la FAO s’était penchée sur les abus de la pêche à la crevette, source de revenus et d’emplois “pour des millions de ménages vulnérables »

Jean Louis Borloo, le Ministre de l’Ecologie, semble avoir entendu l’appel de l’océan. Il vient de lancer le « Grenelle de la Mer » . La France, qui dispose du second espace maritime mondial, 11 millions de km², étire ses côtes, grâce aux DOM-TOM, sur trois océans, Atlantique, Indien, et Pacifique. Déjà, les récifs coralliens de la Polynésie française ont pris un sacré coup de chaud. http://www.ifrecor.pf/article.php3?id_article=132

M.J

(1) EPOCA, l’acidification des océans et ses conséquences sur les écosystèmes, CNRS

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1345.htm

(2) Rapport ICRI : http://www.icriforum.org/gcrmn/2008/Status%20of%20Coral%20Reefs%20of%20the%20World%202008.pdf

(3) Accès rapport FAO. http://www.fao.org/docrep/011/i0250f/i0250f00.htm


Publié le 3 mars 2009 par marlene dans Actualité,Ecosystèmes.,Grenelle.
Tags :: , ,

Climat: sorcières et effet de serre.

Bonjour,

Pendant une heure, Emmanuel Le Roy Ladurie se promène à travers six siècles pour éclairer une chronologie de canicules et de frimas qui raconte aussi des crises. Dans une émission de « l’Académie des sciences morales et politiques », il revient sur le tome I de son recueil « Histoire humaine et comparée du climat », « Canicule et Glaciers du XIIIe au XVIIIe siècles. » (1) L’historien, qui travaille depuis plus de 50 ans sur les conséquences du climat sur l’histoire des hommes, étire le calendrier jusqu’en 2003 pour envisager la relation inverse. L’Homme, à la merci des étés torrides et des hivers rigoureux pendant des siècles, joue à son tour sur le climat.

Anticyclone des Açores et effet de serre.

On commence avec la canicule de 2003, 15.000 morts supplémentaires en France, une tragédie nationale, mise en parallèle avec d’autres canicules, 1414, 1556, 1706, 1719, 1779. En 1719, la chaleur tue plus de 400.000 personnes sur l’équivalent du territoire français. Rapporté à la démographie actuelle, ce bilan aurait fait 1,2 millions de morts en 2003. En 1719, les températures élevées provoquent une diminution des nappes phréatiques et une baisse du niveau des rivières. Les eaux sont polluées. Les pauvres n’ont rien à boire. Avec pour effet, une vague de dysenterie meurtrière. L’historien note une similitude entre les deux canicules. Celle de 2003, qui a campé sur l’espace français, et le Val de Loire, s’explique par la position de l’anticyclone des Açores. Au XVIII° siècle, c’est aussi le val de Loire qui est dans « l’œil » de la canicule. Avec pour conséquence, un ralentissement démographique pendant quelques années. Mais si les canicules historiques signalent une « variabilité du climat », celle de 2003 serait plus probablement liée à l’effet de serre. « Si l’on admet l’effet de serre », remarque l’historien. Qui ajoute: « Moi j’y crois ».

Les sorcières et le CO².

Le climat explique aussi le déficit ou l’abondance des récoltes. Le début du XIV° siècle marque le début du « Petit Âge Glaciaire » – qui s’étire du XIVe siècle au milieu du XIX° siècle -. L’année 1315, qui amorce ce long cycle climatique, connaît de fortes pluies. La production céréalière s’effondre, le foin pourrit. Une grosse famine provoque la mort de plus d’un million de personnes. L’année 1420 signale une autre famine, due à une canicule que n’exclut pas cette période froide. En 1788, une grande grêle détruit les récoltes, et compromet les stocks de 1988-1989. Cette période de vaches maigres contribue à créer un climat social explosif. La Révolution gronde. Et quand le ciel se fâche, il faut bien trouver des coupables. Au XVI° siècle, on accuse les sorcières de provoquer la grêle et de convoquer les orages. On les brûle, surtout en Allemagne. « Aujourd’hui, ce ne sont plus les sorcières qui sont responsables, mais le CO², le méthane », commente l’historien.

Le volcan et la révolution.

A l’échelle mondiale, l’explosion de Tambora, illustre encore cette relation entre climat et histoire. En 1815, ce volcan indonésien explose. Cet accident géologique s’accompagne d’une pluie de poussières. La circulation des poussières et des gaz bouleverse le climat de la planète. En Europe, l’année suivante, sans été, est surnommée « l’année sans soleil ». C’est aussi une année de mauvaises récoltes en Europe, 200.000 personnes meurent. En Amérique du Sud, la canne à sucre est moins abondante. Ce changement climatique se prolonge en Europe. L’année 1846 est marquée par une canicule, accompagnée d’une sécheresse. La récolte, pommes de terres et céréales, est mauvaise. En 1847, cette crise alimentaire fait flamber les prix. L’industrie et la finance se portent mal, les faillites se multiplient, le chômage augmente. Cette crise économique attise la révolution de 1848. Indirectement impulsée, trois décennies plus tôt, par l’explosion de Tambora.

Canicules du XX° siècle.

Emmanuel Le Roy Ladurie s’est également beaucoup intéressé aux glaciers. Ils racontent, approximativement, les cycles longs du climat. Leurs avancées renseignent sur les périodes de froid. Leurs reculs témoignent de températures clémentes. L’historien, qui connaît cette chronologie, fait de 1860 une année charnière qui marque un recul des glaciers. Et pourtant, il faut attendre quatre décennies, et l’année 1903, pour observer une hausse des températures. La décennie 1950-1970 signale une régression des glaciers, conséquence de l’effet de serre. Des exceptions ne contredisent pas une géographie glaciaire moins étendue. Le XX° siècle, qui connaît un petit rafraîchissement de 1950 à 1970, commence à montrer des signes de réchauffement. C’est d’abord la canicule de 1976. Puis, la décennie 90 qui cumule les été torrides, 1992, 1994, 1995, 1997, 1999, et 2003. Effet de serre, sans catastrophisme.

Voilà, pour ceux qui ont le temps, l’interview d’Emmanuel Le Roy Ladurie par Maud Aigrain sur Canal Académie. Il y évoque notamment la « politisation du climat », spécificité française.

M.J

(1) « Histoire humaine et comparée du climat », Tome I, Canicule et Glaciers du XIIIe au XVIIIe siècles, Editions Fayard, juin 2004.


Publié le 9 février 2009 par marlene dans Climat,Histoire.
Tags :: , ,

L’Australie suffoque.

Bonjour,

C’est l’été dans l’autre hémisphère, et le sud du continent australien suffoque. La semaine dernière, le bureau météo annonçait des records de température. Dans le Victoria, le mercure est monté à 43°C, avec un pic de 44°C à Melbourne, jeudi. Le baromètre affichait 45°C à Adelaïde qui vient de passer une semaine au dessus des 40°C, une première depuis 1808. Cette vague de chaleur a provoqué le chaos. Les rails des lignes ferroviaires se sont dilatées, des trains ont été annulés. Les climatiseurs ont provoqué une surcharge du réseau électrique, plus de 140.000 habitations ont été privées de courant. A Melbourne, les matches extérieurs de l’Open de Tennis ont été suspendus. Les parcs et les jardins ont été fermés. Certains arbres commencent à perdre dangereusement leurs feuilles. C’est la canicule la plus intense depuis un siècle.(1)

« La vague de chaleur qui sévit en Australie du Sud prouve l’exactitude des prévisions des scientifiques concernant le réchauffement climatique », a déclaré Penny Wong, le Ministre du Changement Climatique.(2)  Et de préciser: « Il est évident que nos observations demanderaient plus d’une semaine ou deux pour en tirer des conclusions, mais nous savons que les onze années les plus chaudes se sont produites les douze dernières années. »(2) Le sud australien a, de plus, été moins arrosé que d’habitude. Et Madame Wong de relire dans cette envolée des températures les signes d’un changement de climat.

L’Australie, qui vit sous un régime chaud et aride, encore accablée par plusieurs années de sécheresses, apparaît très vulnérable à un changement de climat qui conjuguerait hausse des températures et baisse de la pluviosité. Après John Howard, qui pactisait avec Bush pour nier le réchauffement climatique et refuser les engagements de Kyoto, on passe à l’ère Kevin Rudd qui nomme un Ministre du Changement Climatique, qui confirme les prédictions du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) C’est un vrai changement de cap. Reste quand même à valider le modèle de prévision climatique de Madame Wong, mais c’est presque un détail compte -tenu de l’écho fait au réchauffement. (1)

M.j

En Australie, chaleur et sécheresse annoncent aussi des vagues d’incendies.

Image de prévisualisation YouTube

(1) »Australia swelters in searing heat »,  International Herald Tribune /Reuters, 29-01-2009 – « Residents of south eastern Australia are being warned to expect the worst heatwawe in a century », BBC News, 28-01-2009

(2) »Heatwaves shows climate scientists are wright, Wong says », Canberra Times, 29-01-2009


Publié le 31 janvier 2009 par marlene dans Actualité,Climat
Tags :: , , ,

Des satellites pour tracer le CO².

Bonjour,

Le Japon lance un satellite pour en savoir un peu plus sur le comportement des gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement climatique. Une fusée est partie vendredi de Tanegashima, dans le sud du pays, avec pour mission la mise en orbite de GOSAT, diminutif de Global Greenhouse Observation by Satellite. GOSAT, qui répond aussi au nom japonais d’IBUKI – « souffle » -, survolera la terre à une distance de 666 km. Ce gros satellite doit cartographier la répartition et l’abondance des GES dans l’atmosphère, avec un intérêt particulier pour le CO² et le méthane. Cette mission de cinq ans va aider les chercheurs à mieux comprendre les mécanismes du réchauffement climatique. Elle va encore faire progresser la climatologie. Elle devrait surtout « contribuer à l’effort international de prévention du réchauffement climatique ». Sous-entendu inspirer les conférences et les traités internationaux sur le climat, de type Kyoto. C’est l’un des souhaits de la JAXA, l’agence spatiale japonaise.(1)

GOSAT, qui doit identifier et contrôler les sources de CO² pour documenter les traités internationaux, a aussi pour mission de retrouver le « carbone manquant ». Environ 50% du carbone émis dans l’atmosphère y reste. Une grosse partie du reste est absorbée par les forêts et les océans, qui fonctionnent comme des « puits ». Pour les scientifiques, qui continuent d’estimer le rôle des forêts et des océans, les comptes ne sont pas bons. La destination finale d’une partie de carbone n’est pas connue. GOSAT devra donc aussi tenter d’éclaircir cette affaire du « puits manquant » qui intrigue les chercheurs. (1) La NASA, l’agence spatiale américaine, qui devrait lancer fin janvier le satellite OCO (Orbiting Carbon Observatory ), a plus ou moins les mêmes objectifs. Mesurer le CO² présent dans l’atmosphère, repérer ses sources d’émission et d’absorption pour comprendre comment les phénomènes naturels et les activités humaines régulent l’abondance et la répartition du CO². Cette mission devrait aider à résoudre l’énigme du carbone manquant. (2)

Retour sur terre, et aux Etats-Unis, où le parti d’Al Gore s’installe au pouvoir. Il est encore question de CO². D’après un récent sondage conduit par Rasmussen Reports – un institut qui interroge l’électorat américain -, 44% des votants pensent que le réchauffement climatique est lié à un cycle planétaire. En face, 41% – surtout des démocrates – attribuent le dérèglement climatique aux activités humaines. En avril 2008, 47% des personnes interrogées dénonçaient les activités humaines. Contre 34%, qui y voyaient les effets d’un cycle naturel. Reste à demander au satellite OCO de photographier le parc automobile américain, et de quantifier ses rejets de CO². Ou à développer le service presse de la NASA.

M.J

Image de prévisualisation YouTube

La séparation d’IBUKI

(1) BBC News/ climate satellite set for launch

http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/7839772.stm

(2) http://oco.jpl.nasa.gov/ / http://www.flashespace.com/html/oct08/11a_10_08.htm

(3) http://www.rasmussenreports.com/public_content/politics/issues2/articles/44_say_global_warming_due_to_planetary_trends_not_people


Publié le 25 janvier 2009 par marlene dans Climat,Japon,USA
Tags :: , ,

Climat, CO², et solidarité.

Bonjour,

La Conférence de Poznan sur le climat ouvre une voie incertaine vers Copenhague. Pourtant, dans un an, le monde devrait enclencher un effort décisif pour freiner les effets de la crise climatique. Alors que les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevées, il s’agira de composer un nouveau Traité plus ambitieux que Kyoto, qui prend fin en 2012.

Kyoto et son bilan.

Seul cadre juridiquement contraignant, Kyoto jette les bases d’une mobilisation mondiale contre le réchauffement climatique. Ouvert aux engagements en 1998, le Protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005. Il est alors ratifié par 55 pays, minimum imposé, qui figurent parmi les plus gros pollueurs en 1990. Kyoto, qui propose un calendrier de réduction de gaz à effet de serre, engage les pays industrialisés ou en route vers une économie de marché, à réduire de 5,5% leurs émissions de GES d’ici à 2012. Pour faciliter la réduction des Gaz à effet de serre, le protocole met en place des mécanismes dits  » de flexibilité « , qui permettent aux pays de s’adapter. Kyoto, qui compte aujourd’hui 183 membres, n’oblige que 37 pays à limiter leurs émissions.

En 2008, l’ONU dresse un bilan de Kyoto. En 2006, une quarantaine de pays industrialisés – c’est-à-dire un peu plus que ceux dotés de vraie contraintes – ont réussi à diminuer de 5% leurs émissions de CO², par rapport à 1990. Cette bonne conduite est valable pour la période 1990-2006. En regardant de plus près, la courbe  commence à s’inverser en 2000. Entre 2000 et 2006, les rejets augmentent de 2,3%. Les pays d’Europe centrale et orientale, d’abord plongés dans une crise économique pendant leur période de transition vers l’économie de marché, et donc moins polluants, auraient contribué à cette évolution. Mais quand leur économie se redresse à partir de 2000, leurs rejets de CO² suivent, plus 7,4% entre 2000 et 2006. L’ONU remarque que, globalement, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter.

L’Europe centrale et orientale défend son économie polluante.

Ce qui pourrait expliquer pourquoi les pays d’Europe centrale, nouveaux membres de l’Union européenne, et dont l’économie dopée par le charbon, compliquent les discussions sur les réductions de gaz à effet de serre. Exemple, la Pologne, le pays d’accueil de la conférence. La Pologne, 95% d’électricité à base de charbon, l’un des champions européens du rejet de dioxyde de carbone, n’a pas les moyens d’une conversion rapide à une économie propre. Elle craint que l’Union européenne ne lui impose ses objectifs contraignants, ce qui ne manquerait pas de secouer le pays : chômage dans les mines de charbon, hausse de la facture énergétique des ménages, et une plus grande dépendance énergétique, notamment vis-à-vis de la Russie. Alors tant pis pour l’atmosphère, la cohésion européenne, et les paysages polonais.

Plus polluants, moins riches, les pays de d’Europe centrale et orientale réclament plus de temps pour s’adapter. Ils souhaitent quelques privilèges pour continuer à polluer. Et ils comptent sur la solidarité européenne pour les aider à financer cette nouvelle transition vers une économie plus propre. La France, qui préside l’Union européenne, a réuni à Gdansk ces nouveaux membres – Pologne, Bulgarie, Hongrie, Roumanie, République Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie – pour tenter de les rallier à un plan climat européen, articulé autour du chiffre « 20 ». Moins 20% de CO² en 2020 par rapport à 1990, 20% de renouvelable dans la consommation européenne, et 20% d’économie d’énergie.

Copenhague en perspective.

Copenhague devra édicter un nouveau pacte climatique, articulé autour de trois priorités. Décider d’une politique de réduction des GES plus contraignante pour les pays industrialisés. Il est question de viser les 40% d’ici 2020, pour atteindre les 90% à l’horizon 2050. Seconde priorité, entraîner les nouvelles puissances émergentes dans cet effort international. La Chine est devenue le premier pollueur mondial, quand l’Inde, le Brésil, ou l’Afrique du Sud, ou le Mexique sont arrivés au niveau des pays industrialisés. Il s’agit encore d’imaginer des mécanismes de financement pour accompagner les pays pauvres, d’Afrique ou d’Asie, dans leurs efforts d’adaptation. En clair, il faut les aider à développer des technologies propres, technologies qui sont généralement au dessus de leurs moyens. Et leur donner les moyens de répondre aux conséquences du changement climatique, qui se fait déjà sentir dans nombre de pays.

La question de la déforestation, oubliée par Kyoto, source d’émissions, devra encore figurer sur le futur traité. Cette question a déjà été débattue à Accra, au Ghana, du 21 au 27 août dernier, lors d’une Conférence sur le climat et la déforestation, organisée par la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUC). Cette discussion, destinée à aborder l’après-Kyoto, a désigné la déforestation dans les pays en voie de développement, et en Afrique, comme l’une des priorités internationales. La destruction du couvert forestier, qui a des incidences climatiques dues aux émissions de CO², entraîne aussi une dégradation des sols et des écosystèmes. Avec le risque de priver les populations concernées de leurs ressources vitales. Copenhague devrait accompagner un développement plus respectueux de l’environnement dans les pays les plus exposés. Avec une probable contribution financière.

Retour à Poznan.

L’équipe Bush, présente à Poznan, devra bientôt céder la place à l’équipe Obama. Changement de direction, et changement de ton. En attendant que les Etats- Unis adhèrent à un nouveau traité sur le climat – les Etats-Unis, qui ont refusé de ratifier Kyoto, ne sont pas engagés à réduire leurs émissions de CO² -, hypothèse probable mais pas immédiate, Barack Obama a déjà chiffré ses objectifs. Il souhaite, à l’horizon 2020, ramener les émissions des Etats-Unis à leur niveau de 1990. Il va plus loin. Il propose une réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis à l’horizon 2050, toujours par rapport à 1990. La Chine, dont la croissance reste liée au charbon qui lui fournit de l’électricité, prend aussi conscience que sa propre pollution l’asphyxie. A Poznan, elle a fait preuve de bonne volonté, A condition que les pays riches montrent l’exemple, et l’aident financièrement à lutter contre le réchauffement. L’Europe, qui entre-temps s’est déplacée à Bruxelles pour négocier son fameux plan « Energie – climat », peine à trouver un compromis. Les pays d’Europe centrale et orientale, qui crient misère, pourraient bien bénéficier d’exemptions, assorties d’une enveloppe pour encourager leur coopération. Privilèges que pourraient envier les pays en voie de développement, déjà offerts au réchauffement, et sans moyens pour affronter la crise climatique. Un an avant Copenhague, le concert d’intérêts entendu à Poznan, pose la question d’une solidarité internationale. Et d’un front commun pour freiner les effets de la crise climatique.

M.j

Image de prévisualisation YouTube


Publié le 11 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
Tags :: , , ,

Afrique, pauvreté, environnement, et développement.

Bonjour,

Semaine de l’économie africaine sur le Webpedagogique, petite recherche, un titre accroche mon œil : « Afrique : pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre ». « L’Afrique est connue comme l’une des parties les plus riches du monde lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, pourtant elle est également la région la plus pauvre – malgré les richesses naturelles et le flot d’aides », a déclaré Charles Mutasa, directeur exécutif du African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) » Plus loin : « « La dette écologique causée par l’exploitation des ressources naturelles joue un rôle crucial dans ce scénario », a ajouté Mutasa. « Elle maintient le continent en bas, empêche la région de sortir du cercle de la pauvreté, et déclenche la nécessité d’avoir plus d’aide » » Cet article développe l’exemple de la Zambie, ses mines de cuivre, ses exploitants prospères, ses populations exclues des profits, mais généreusement dédommagées en déchets et en poussières, résultat d’une exploitation irrespectueuse. La question de l’exploitation des richesses africaines, et leurs conséquences environnementales sur la vie des communautés, trop rarement discutée lors des Conférences internationales, figurait à l’agenda du 3° Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’Aide au Développement.

Une aide aux consultants…

Troisième rencontre après Rome (2004) et Paris (2005), le Forum d’Accra (2-4 septembre 2008) visait à examiner l’aide au développement, et ses dysfonctionnements. Vaste programme qui dépasse la question environnementale, mais qui l’inclut. Et s’il y a rencontre, c’est qu’il y problème. Mais je ne vais pas fouiller le sujet, quelques kilomètres de blog n’y suffiraient pas. Retour sur le forum d’Accra qui a rassemblé des représentants et pays donateurs, des pays bénéficiaires, et de la société civile, pour examiner les acquis de la Déclaration de Paris. C’est-à-dire tenter de réajuster une aide peu efficace, mal ciblée, et souvent trop lente, malgré les bonnes intentions affichées. Au total, plus de 100 milliards de dollars sont alloués chaque année aux pays les plus démunis.(1) Une aide ralentie par les procédures administratives, instrumentalisée par les rivalités politiques, et soulagée par la corruption. Une récente étude sur la Déclaration de Paris montre que moins de la moitié des fonds alloués arrivent dans les délais prévus par les bailleurs de fond. (1) Les représentants des Eglises d’Afrique et des organisations religieuses internationales, très présentes sur le terrain de la pauvreté, prétendent que les plus démunis ne profitent pas de l’aide. Dans un texte destiné à préparer le forum d’Accra, le collectif religieux affirme que six des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année pourraient être sauvés avec des moyens simples et peu coûteux. Le rapport souligne encore que « l’aide est estimée sur la quantité, et non par ce qu’elle apporte au développement ». « La Déclaration de Paris ne tient pas compte du développement durable », poursuit le collectif. Encore deux extraits: « La moitié de l’aide est donnée sous la forme de consultants qui coûtent cher et qui répondent aux directives des donneurs. », « Les gouvernement des pays riches se comportent de façon honteuse en limitant l’aide à leurs propres intérêts économiques… »

De fait, l’aide au développement génère une dynamique complexe. Elle a des incidences sur le commerce des pays secourus, leur dette, la gestion des ressources. Elle influe sur la politique internationale, et reste ligotée à certains intérêts. La crise financière, la hausse des produits alimentaires, les difficultés d’accès à l’énergie, ou les effets du changement climatique l’ont rendue plus urgente, et plus précieuse, sur un terrain qui n’en verra peut-être jamais la couleur…

M.J

L’article d’attaque : « Afrique: Pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre? »Miriam Mannak, 9 Septembre 2008 http://fr.allafrica.com/stories/200809091141.html

Pour en savoir sur le Forum D’Accra deux points de vue africains : Arbre à Palable / Forum d’ACCRA – septembre 2009 (1) http://www.arbre-a-palabre.org/2008/09/forum-daccra-septembre-2009/, et « La société civile exige une action urgente en matière d’aide au développement », 1er septembre 2008, Libération-Afrique http://www.liberationafrique.org/spip.php?article2289. Côté occidental, une présentation du processus – et des priorités – de l’aide au développement sur le site de l’Agence française de Développement (AFD) http://www.afd.fr/jahia/Jahia/home/Efficacite_1/pid/1686, et un appel à l’efficacité de l’aide par la Commission européenne http://www.eu-un.europa.eu/articles/fr/article_8119_fr.htm

Enfin, un lien vers AFRODAD, un organisme de recherche qui examine le problème de la dette africaine, et son impact sur le développement du continent. http://www.afrodad.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1


Publié le 4 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Afrique,Developpement
Tags :: , , , ,

Crise financière et crise climatique.

Bonjour,

Le sommet de l’ONU sur le réchauffement climatique a débuté lundi 1er décembre à Poznan, une ville de l’Ouest de la Pologne. Un an après Bali qui avait adopté une « feuille de route » pour accompagner les négociations, Poznan vise à faire avancer un plan climat qui sera finalement décidé à Copenhague, en décembre 2009. Pendant deux semaines, les 192 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) vont discuter pour imaginer l’après-Kyoto, qui expire en 2012. Il reste un an pour s’entendre sur les moyens de réduire, ensemble, les émissions de gaz à effet de serre. A Poznan, la crise financière pourrait s’immiscer dans les débats, et compliquer les discussions sur le climat. Lors de l’ouverture de la Conférence, Yvo de Boer, le responsable de la CNUCC, a déclaré : « La réalité est que mobiliser les ressources financières à l’échelle requise constituera un véritable défi. »(1), Les gouvernements des pays industrialisés, qui se sont ruinés pour sauver leur système financier, risquent d’être moins disposés à dépenser pour lutter contre le réchauffement climatique. Par exemple, l’Europe devra se donner les moyens de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 – par rapport à 1990 -, et de convertir en renouvelable 20% de son offre énergétique, programme ambitieux. Dans Libération (2), Yvo de Boer s’inquiète encore des conséquences de la crise financière: « Au cours des dix prochaines années, nous allons remplacer 40% des capacités de production de l’énergie.(..) Si à cause de la crise financière, la décision est prise d’utiliser des technologies peu chères et polluantes, elles seront encore là dans trente ou cinquante ans. »

En attendant un nouveau protocole, qui devrait intégrer les pays émergents, Barack Obama a envoyé une délégation à Poznan. Il souhaite tourner la page « Bush ». Les Etats-Unis pourraient cesser de faire « bande à part » pour rejoindre les 37 pays industrialisés qui ont ratifié Kyoto. A Poznan, Rajendra Pachauri, chef du GIEC et prix Nobel 2007, a rappelé aux participants les enjeux du réchauffement climatique, élévation du niveau des mers, pénurie croissante d’eau, et disparition des espèces. (3) Il y a quelques semaines, Claude Lorius, glaciologue français et Lauréat du Prix Blue Planet 2008, confiait son pessimisme au journal Le Monde : « Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu’on va subir un réchauffement : on prévoit d’ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l’âge glaciaire à l’holocène ! Je ne vois pas que l’homme ait actuellement les moyens d’inverser la tendance. » (4) Pour peut-être atténuer cette tendance, en visant une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25% en 2030 – par rapport à 2000 -, il faudrait 500 milliards de dollars annuels, estimation du CCNUCC, qui s’ajoutent évidemment aux milliards de dollars engloutis par le système financier mondial…

M.J

(1) AFP, 30 nov. 2008

(2) « Climat pesant à Poznan », Christian Losson, Libération, 1er décembre 2008.

(3) « UN Climate conf. Concerned about financial crisis », AP, 1er décembre 2008.

(4) “Un expert du climat appelle à un sursaut de l’homme”, propos recueillis par laurent Carpentier, Le Monde, 11-11-08.


Publié le 2 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Climat
Tags :: , ,

Björk défend son île…

Bonjour,

Björk est en colère. Dans un article publié sur son blog (1), la chanteuse islandaise s’oppose à la construction de deux nouvelles fonderies d’aluminium sur son île natale. Ces projets, menés par deux géants mondiaux de l’aluminium, risquent de défigurer des espaces sauvages, déjà estropiés par des ouvrages similaires. En juin dernier, Björk était montée sur scène pour dénoncer les promoteurs d’un nouveau gâchis environnemental, multinationales et gouvernement. Aujourd’hui, l’Islande est en faillite financière. Björk craint que le gouvernement, qui a besoin d’argent, avalise ces projets au détriment des paysages, et de l’équilibre national.La colère de Björk, l’occasion d’un voyage en Islande.

Une mosaïque de paysages, des écosystèmes sensibles.

L’Islande, petit état insulaire de l’Atlantique nord, 103 000 km2 pour 316 000 citoyens, moins de 3 habitants au km², presque un désert, est assise sur la dorsale médio-atlantique. Elle voisine avec le Groenland à l’Ouest, les Îles Féroé au Nord Ouest, la Norvède à l’Est, et plus au sud, avec le Royaume Uni. C’est une terre de volcans, une centaine dont certains sont encore en activité, secouée par de nombreux séismes. C’est une île de glaces, environ 10% du territoire est recouvert de glaciers. Les paysages sont troués de geysers, un mot d’origine islandaise.L’eau chaude, qui abonde sous la terre, surgit en surface. Les côtes sud-est et nord-ouest de l’île sont déchirées par des fjörds, où sont installées villes et villages de pêcheurs. Les rivières glaciaires, qui descendent de la montagne vers la mer, ont modelé des canyons. Les terres intérieures, les « Hautes terres d’Islande », inhospitalières, sont désertes. L’île est pauvre en végétation. La forêt, exploitée par les colons, est réduite à une peau de chagrin. L’Islande, terre basaltique émergée, soumise à une forte érosion glaciaire, offre une mosaïque de paysages assez décoiffants. Ce diaporama pour introduire des écosystèmes, uniques et sensibles, menacés par une course à l’énergie.

L’énergie, une rente.

L’Islande, devenue gourmande en énergie, profite d’une nature généreuse. Très tôt, le pays a misé sur les énergies renouvelables, aujourd’hui 70% de la consommation domestique. Près de 90 % des maisons d’Islande sont chauffées grâce à la géothermie. (2) Puis, le gouvernement a développé l’hydroélectricité. Pour doper une économie associée à la mer et à ses ressources, il a parié sur cette énergie produite sur place pour attirer une industrie importée, l’aluminium, très gourmande en électricité. Dès la fin des années 60, les grands noms de l’aluminium entrent en scène, le canadien Rio Tinto Alcan, les américains Century Aluminium Company et Alcoa, En 1969, Rio Tinto Alcan impose une première usine dans le paysage islandais, près de la ville de Hafnarfjörður, unité appelée à grandir. En 1998, Nordural, filiale de la Century Aluminium Company, implante un second site à l’ouest de l’île, à Grundartangi, près de la ville d’Akranes. Au fil des années, l’usine accroît sa capacité de production. En 2008, Alcoa met en service une nouvelle fonderie d’aluminium dans la ville de Reydarfjördur, à l’Est de l’Islande. Pour alimenter dernière cette unité de production, la plus importante du pays, un réseau de barrages est construit à Kárahnjúkar, au nord du glacier de Vatnajökull, le plus grand d’Europe. Environ 60 km² de vallée glaciaire doivent être submergées, des chutes et des cascades confisquées des paysages, sans compter les impacts environnementaux à venir. Les défenseurs de l’environnement se sont violemment opposés à ce projet, qui a finalement été avalisé. Aujourd’hui, l’Islande compte trois fonderies, grosses consommatrices d’électricité. En 2005, l’aluminium absorbe pratiquement la moitié de l’électricité islandaise, d’origine hydroélectrique, 80%, et géothermique, 20%. (3) (2)

Image de prévisualisation YouTube

Paysages de la région de Karahnjukar, site du projet de barrage.

L’environnement et la crise financière.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Alcoa projette un nouvelle fonderie près de Húsavík, quand Nordurál souhaite une seconde centrale près de Helguvík. (3) Ces projets, qu’il faudra bien alimenter, hydroélectricité ou géothermie, vivement dénoncés par les écologistes attendent l’aval d’un gouvernement, empêtré dans la crise financière. Car entre-temps, l’Islande avait aussi parié sur un secteur financier, très actif à l’étranger, pour générer des profits – et enrichir une élite. La crise bat son plein en Islande, la colère gronde, et la mobilisation en faveur d’un environnement, devenu source de profits pour quelques multinationales, se renforce. Saving Iceland, par exemple, tente d’organiser l’opposition à un pouvoir jugé trop bienveillant envers les géants de l’aluminium. Björk s’engage aussi, et s’inquiète: « J’ai lu la semaine dernière que, en raison de la crise, des députés islandais exerçaient des pressions pour passer outre l’étude d’impact environnemental et construire les barrages aussi vite que possible, afin de fournir à Alcoa et à Rio Tinto l’énergie dont ils ont besoin pour les deux nouvelles usines de production d’aluminium. » En 2002, la maman de Björk, très impliquée dans la défense de l’environnement, avait fait une grève de la faim pour protester contre l’implantation d’une usine d’aluminium en Islande, projet Acoa.(4)

M.J

Image de prévisualisation YouTube

Björk en concert, contre le projet de Karahnjukar, juin 2008.

Pour en savoir un peu plus sur la genèse et l’opposition au barrage de Kárahnjúkar :« Islande: Les Ecologistes opposés au Barrage Gigantesque de Kárahnjúkar ont perdu » Anne Françoise Hivert, International news. http://internationalnews.over-blog.com/article-19668055.html

Pour comprendre les intérêts qui se profilent derrière le développement hydroélectrique, et pour  cerner l’impact environnemental des projets : « Développement hydroélectrique en Islande , Le dernier recoin sauvage de l’Europe menacé », Guillaume Roy, FrancVert, le webzine environnemental. http://www.francvert.org/pages/51articlesledernierrecoinsauvage.asp

(1) « Björk ne veut pas que la crise coule son île », Courrier international,10 octobre 2008, d’après un article publié par « The Times »

(2) « Islande : développement économique et protection de l’environnement, une symbiose réussie », site du Sénat, http://www.senat.fr/ga/ga73/ga737.html

(3) Economie de l’Islande, Alluminium, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_l%27Islande#Aluminium

(4) « Björk soutient la grève de la faim de sa mère », Actus people, 29-10-2002.


Publié le 10 novembre 2008 par marlene dans Ecosystèmes.,Islande.
Tags :: , , , ,

Ce NF3 qui charge l’atmosphère…

Bonjour,

Le NF3, un gaz à effet de serre produit par la fabrication d’écrans plats, de circuits intégrés, ou de panneaux solaires, charge dangereusement l’atmosphère. C’est le constat d’une équipe de recherche de l’Institut d’Océanographie de l’Université de Californie de San- Diego. Le trifluorure d’azote, son autre nom, serait 17 000 fois plus actif dans le processus de réchauffement que le CO², pourtant ennemi « numéro 1 ». Autre mauvaise surprise, il resterait dans l’atmosphère cinq fois plus longtemps que le CO², ce qui nous pousse à environ 550 ans. En 2006, la quantité de NF3 était estimée à 1200 tonnes métriques. De nouvelles méthodes d’investigation, développées par l’équipe américaine, ont permis de réactualiser sa présence, 4200 tonnes métriques. En 2008, il grimperait à 5400 tonnes métriques. Un résultat qui annoncerait une augmentation annuelle de 11%.

Les émissions de NF3, supposées faibles jusqu’alors, n’ont pas été prises en compte par le Protocole de Kyoto, outil international destiné à contenir les émissions de gaz à effet de serre. Kyoto ne retient que les gaz avérés dangereux pour la qualité de l’atmosphère, dioxyde de carbone (CO²) , méthane (CH4), ou halocarbures (HFC, PFC). Pour coller aux exigences de Kyoto, l’industrie électronique a délaissé les hydrocarbures perfluorés (PFC), pour utiliser du NF3, dont on supposait que 2%, seulement, s’échappait dans l’atmosphère.La découverte des scientifiques américains, publiée le 31 octobre prochain dans la « Geographical Research Letters », avait déjà filtré en juin dernier. Le journal de l’Union Géophysique américaine (AGU) qualifiait le NF3 de « gaz à effet de serre manquant ». Pour l’instant, « l’oublié de Kyoto »  ne contribue qu’à 0,04% d’un réchauffement global, largement induit par les émissions de CO² d’origine anthropique.

M.J

Article de référence : http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=933


Publié le 29 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
Tags :: , ,

MacCain-Obama: climat et énergies.

Bonjour,

Climat et politique énergétique, John MacCain et Barack Obama reconnaissent l’urgence des problèmes, mais divergent sur la façon de les aborder. John MacCain, candidat d’un Parti républicain qui vient d’admettre le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique, pourrait avoir ouvert la voie à cette conversion tardive. Barack Obama, soutenu par Al Gore et choisi par le puissant Sierra Club, la plus ancienne organisation écologique des Etats-Unis, semble déjà désigné pour défendre la cause climatique. Mais les deux candidats, qui souhaitent tourner la page « Bush », auront à diriger un Etat très «addict » au pétrole et aux énergies fossiles, 87% de la consommation énergétique des Etats-Unis. (1)

Energies renouvelables contre nucléaire.

Dans un pays qui reste le premier émetteur mondial de Gaz à effet de serre, 6 millions de Tonnes/jour en 2005, soit 20% de plus qu’en 1990, Barack Obama vise une réduction des Gaz à effet de serre de 80% d’ici cinquante ans. MacCain annonce 60 à 65%. (1) (2) Pour contribuer à ces objectifs, les deux candidats misent sur le « cap and trade », plafonner et échanger, un système contraignant pour les pollueurs, assorti d’un marché de droits d’émission. Concernant le bouquet énergétique, Obama parie sur le développement des énergies renouvelables, plus 25% d’ici 2025, et 150 billions de dollars pour y arriver. Petit coup de pouce à l’efficience énergétique inclus. (3) MacCain, qui parle aussi de soleil, de vent, et d’eau, penche plutôt en faveur du nucléaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il annonce la construction de 45 centrales, d’ici 2030. Le nucléaire, 20% de l’électricité américaine, reste un sujet sensible depuis l’accident de Three Miles Island en 1978. Barack Obama, qui reproche à l’atome ses déchets, refuse qu’ils soient enfouis à Yucca Mountain, dans le désert du Nevada, un vieux projet de stockage devenu enjeu électoral.

Une société « addict » au pétrole.

Sur le front du pétrole, 40% de l’énergie totale consommée au Etats-Unis, pratiquement le quart de la consommation planétaire, les deux candidats rêvent d’une improbable indépendance.(1) 58% du pétrole est importé, en partie en provenance de zones sensibles, Moyen Orient, Venezuela, ou Nigeria. Mathew R. Auer, professeur à la School of Public and Environmental Affairs (3) détaille la stratégie des candidats pour stimuler la production locale. Obama et MacCain misent sur une production off-shore, solution partielle, sans laisser tomber l’exploitation continentale. « Use ut, or lose it », lance Obama aux compagnies qui n’utilisent pas leurs droits de forage en raison du coût des recherches, et de la difficulté à obtenir des permis fédéraux. Le candidat démocrate promet d’aider les pétroliers à réaliser les forages et à faciliter leurs démarches administratives. Le Républicain est lui plus enclin à booster la prospection continentale, sans pour autant pousser à la sur-exploitation des ressources. MacCain souhaite alléger les taxes des compagnies pétrolières, quand Obama veut augmenter les impôts sur les bénéfices exceptionnels, pour les redistribuer. Barack Obama, originaire d’un Etat qui fabrique de l’éthanol, 23% de la production nationale, soutient très fort les agro-carburants. Quand John MacCain refuse de subventionner les producteurs. Mathew R. Auer, qui analyse les propositions de chaque candidat rend son verdict. « Le plan de MacCain ressemble au programme de politique énergétique (Energy Policy Act) du Président Bush en 2005 avec une incitation à l’énergie nucléaire et un système d’impôts favorable aux compagnies pétrolières ». Un plan qui rappelle celui d’un autre Président Bush, en 1992. « Exception faite des impôts sur les bénéfices exceptionnels, le plan Obama, qui n’est pas la panacée pour une Amérique accroc au pétrole, rompt courageusement avec les politiques ternes des présidents précédents, Républicains, comme Démocrates ».

Image de prévisualisation YouTube

D’après un sondage réalisé à l’échelle nationale par « Shelton Group’Eco Pulse » (4), 61% des personnes interrogées prétendent que la politique énergétique des candidats à la Maison Blanche influencera leur vote. A la question : « Le gouvernement doit-il faire plus pour réduire notre dépendance aux carburants fossiles ? », la réponse est unanime, « Oui » à 90%. « Et comment faire ? », réponses les plus fréquentes, « Investir plus dans la recherche pour trouver des alternatives » (29%), « Etre plus actifs et développer une stratégie » (16%), et « Autoriser les recherches pétrolières dans la Réserve Nationale de Faune et de Flore Arctique http://arctic.fws.gov/ et/ou le long des côtes américaines ». Invités à visiter la page « Energie » sur le site de chaque candidat pour en déterminer la meilleure, l’avantage revient à MacCain (41, 6%), qui devance de peu Obama (38,5%)…(5)

M.J.

(1) « Pétrole aux USA : gaspillage et pollution », Daniel Martin, mise à jour : 24/08/2005http://www.danielmartin.eu/Economie/Petrole-USA.htm

(2) « Climat : plus de similitudes que de divergences entre Obama et MacCain », Romandie News/ AFP- 14-10-2008.

(3) »Obama’s energy indépendance plan, eco-stewarship are far superior », Matthew R. Auer, News Observer.com, http://www.newsobserver.com/2191/story/1257233.html

(4) Shelton Group’s Eco Pulse national consumer study on green affinity reveals new data on the consumer mindset about green products, sustainable homes and green marketing. (PRNewsFoto/Shelton Group)

(5) “Energy plan will impact decision”, Suzanne Shelton http://www.prnewswire.com/cgi-bin/stories.pl?ACCT=104&STORY=/www/story/09-26-2008/0004893108&EDATE=

 

Publié le 21 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,énergie
Tags :: , , ,