Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Maîtres des digues, apprentis des sables.

Bonjour,

Sur la côte hollandaise de Ter-Heidje, tout près de la ville de la Hague, une presqu’île artificielle en forme de croissant s’étire sur une centaine d’hectares à proximité de la plage. D’ici une vingtaine d’années, poussée par les vents et marées, cette île de plus de 21 millions de m3 de sables devrait s’agréger au littoral pour fortifier la plage de plus d’une trentaine d’hectares. Cette dynamique naturelle, qui doit emporter 60% des sédiments vers le Nord et 40% vers le Sud, doit renforcer cette partie de la côte sur une vingtaine de kilomètres. Ce nouveau système de protection côtière s’appelle le « moteur de sable », le Zandmotor. Le sable est dragué au fond de la mer du Nord par des engins spéciaux, à une dizaine de kilomètres des côtes, avant d’être rejeté à proximité de la plage par un système de pipeline. Des bulldozers rassemblent le sable pour fabriquer une île artificielle qui ira engraisser la plage, mètre par mètre. Cette technologie, dernière innovation d’un pays historiquement habitué à maîtriser l’eau, mise sur la nature pour transporter et répartir le sable. (1) (2)

 

Erosion et montée des eaux.

Assis sur un petit territoire ouvert sur 450 km à la Mer du Nord, dont le quart se situe au dessous du niveau de la mer, les Hollandais maîtrisent l’eau depuis des siècles. D’abord pour étendre leur territoire. Depuis le XI° siècle, la démographie, l’agriculture, et l’économie ont porté l’aménagement de polders, ces terres artificielles gagnées sur la mer. Le pays a conquis environ 7000 km². Dans les années 80, l’assèchement des marais et déclin de la biodiversité mettent un frein à l’extension de terres destinées à l’agriculture. Au cours de son histoire, le pays s’est aussi protégé des inondations en développant un système des digues et de canaux. Aujourd’hui, le rempart constitué par le système dunaire, des digues toujours renforcées , des barrières maritimes, et autres protections imaginées par l’homme, préserve les 2/3 du territoire d’inondations régulières. Mais l’érosion des côtes , résultat de l’action conjuguée des courants et des marées, est active.  Et la perspective du réchauffement climatique mobilise les Autorités. La Commission du Delta, qui travaille sur les risques d’inondation dans le pays, prédit une montée des eaux comprise entre 65 cm et 1,3 mètres d’ici 2100. (3) Outre l’élévation du niveau de la mer, le changement climatique pourrait multiplier les risques d’inondation, stimuler l’érosion côtière. (3) (4)

 

Un milliard d’euros.

La perspective du changement climatique, et ses conséquences sur la montée des eaux, rencontre un écho particulier dans ce pays de plus de 16 millions d’habitants. La Randstad, qui réunit les villes d’Utrecht, Amsterdam, La Haye, et Rotterdam,  cœur politique, économique et intellectuel du pays, est particulièrement sensible. Il rassemble près de la moitié des Hollandais, et produit la moitié des richesses du pays. Pour protéger son territoire et ses habitants, le pays développe depuis des années une stratégie d’adaptation à la crise climatique. Les Pays-Bas dont d’ailleurs un modèle de prévention. En janvier 2012, le gouvernement adopte le Delta Act ,  un texte qui garantit à la population qu’à tous les niveaux, le gouvernement collaborera avec les organismes publics et le secteur privé afin de protéger les communautés contre les inondations, et assurer leur approvisionnement en eau potable. Une stratégie nationale d’adaptation devrait renforcer cet acquis. L’institut de recherche Deltares, qui travaille avec  les données fournies par vaste un réseau d’utilisateurs, précise la prévision des crues. Deltares – en partenariat avec une autre entreprise – souhaite utiliser les images  de l’Agence spatiale européenne pour détecter la fragilité du système de digues. Chaque année, le gouvernement consacre environ un milliard d’Euros à l’adaptation climatique. Le gouvernement se donne le temps d’apprécier l’équation « coûts-bénéfices » pour chaque projet, afin  de choisir la solution la moins chère et la plus efficace pour protéger une population qui augmente, et accompagner la mutation économique du pays.(2) (3) (5)

 

Systèmes naturels. 

Le pays, qui entretient et réhausse son rempart contre la mer, remblaie régulièrement ses plages érodées avec du sable, procédé coûteux qui endommage les écosystèmes marins. Achevé en 2011 pour un coût total de 50 millions d’Euros, le moteur de sable pourrait nourrir les plages des Pays-Bas pour un coût réduit de moitié. (2) Ce procédé, qui fabrique des presqu’îles artificielles pour les livrer ensuite à la dynamique des sédiments, travaille avec la nature. Après avoir été les maîtres des digues, les Hollandais misent sur une ingénierie hydraulique qui exploite les systèmes naturels. Et si la quantité de sable nécessaire à protéger les côtes d’une mer plus haute n’est pas suffisante, on augmente la quantité de sable….

 

 

 

M.J

 

 

 

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(1) Zandmotor / sand Engine Project, Seacity 210, Adopting Coastal Cities to Climate Change, http://www.seacityresearchnet.com/archives/tag/sand-engine

 

(2) “To Control Floods, The Dutch, Turn to Nature for Inspiration”, Cheryl Katz, Yale, Environment 360,21-03-2013

 

http://e360.yale.edu/feature/to_control_floods_the_dutch_turn_to_nature_for_inspiration/2621/

 

(3) Polders and dikes of the Netherlands, Matt Rosenberg, About.com Guide, http://geography.about.com/od/specificplacesofinterest/a/dykes.htm &Netherlands maps, http://geography.about.com/od/netherlandsmaps/Netherlands_Maps_.htm

 

(4)Working on the Delta, Delta Programme 2013.  http://www.deltacommissie.com/doc/deltareport_full.pdf

 

(5)“Land and Water Management in the OECD Natural Buffers Against Climate Change”, Antonia Sohns, SGI Sustainable Governance Indicators, 06-16-2013, http://news.sgi-network.org/news/details/1306/natural-buffers-against-climate-change/

 


Publié le 20 juin 2013 par marlene dans Climat,Developpement,Elevation des mers.,Europe,Océns
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Yeosu, plaidoyer pour l’Océan.

 

Bonjour,

Yeosu est une cité assise sur un littoral découpé qui plonge dans un paysage insulaire, dans le Sud de la péninsule coréenne. C’est dans ce décor, entre terre et mer, que s’est installée jusqu’au 12 aout prochain l’EXPO 2012. Intitulée  « Pour des côtes et des océans vivants », elle vise à sensibiliser le public et les décideurs  sur les pressions qui pèsent sur les océans, les systèmes côtiers, et leurs ressources. La « Déclaration de Yeosu », texte final adopté par les pays présents à l’exposition, doit imaginer un avenir plus doux à un complexe océanique qui occupe près de 70% de la surface du globe. L’UNEP, le programme des Nations Unies pour l’environnement, y tient pavillon aux côtés dune vingtaine d’agences, dont l’Organisation Maritime Internationale, (OMI), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), ou le Programme alimentaire mondial (PAM). Les océans constituent une réserve de nourriture de première importance.

4 milliards de consommateurs de poissons.

En 2009, la population mondiale a absorbé 122 millions de tonnes de poissons, crustacés, et autres mollusques.(3) Une demande en hausse car les produits de la mer constituent une source de  protéines de qualité, encore largement abordable pour les ménagères du monde émergent. Plus de 4 milliards de personnes consomment du poisson, qui représente en moyenne 15% de l’apport en protéines du menu planétaire. (3) En Afrique, en Chine, en Asie, il constitue la principale source de protéines d’origine animale des foyers les plus pauvres. L’Océan est ensuite une immense industrie qui emploie plus de monde que l’agriculture traditionnelle. En 2009,  plus de 180 millions de personnes travailleraient dans l’exploitation des produits de la mer, de la pêche à l’aquaculture, à temps plein ou à temps partiel.(3) Elargie à l’échelle familiale, un qui travaille, quatre ou cinq qui en bénéficient, la pêche et les activités associées feraient vivre 540 millions de personnes dans le monde. Environ 8% de la population mondiale. (3) Si l’UNEP (2011) note un léger recul de la pêche depuis une dizaine d’années, à l’exception du thon, les pressions sur l’écosystème marin restent intenses.(4)

Des agressions connues.

L’aquaculture, qui produit plus de 50 millions de tonnes des poissons, près de la moitié de la consommation mondiale, est un secteur en pleine expansion. Avec quelques traces durables dans l’environnement côtier et marin, rejets chimiques, menace pour les colonies de poissons sauvages, altération des systèmes de mangrove et coralliens. En 2011, la FAO estime que l’élevage de crevettes, grosses et petites, a été multiplié par 400 entre 1992 et 2009, principalement sur les côtes d’Asie, en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, au Sri Lanka, ou sur les côtes du Chili.(5) Autre agresseur des littoraux et de la vie aquatique, le touriste et son écosystème de béton, hôtels, résidences, parkings, ou marinas. (1) Les océans sont encore soumis au réchauffement climatique. L’eau qui se réchauffe de 0,2°C au début des années 90, affiche + 0,5°C en 2010. (3) Conséquence,  le niveau des mers s’élève. Plus 2,5 mm par an entre 1992 et 2011, résultat de la dilatation d’une eau plus chaude, et de la fonte des glaces de l’Arctique, de l’Antarctique, et du Groenland. (3) Parmi les multiples perspectives géographiques d’une mer qui monte, la question des petites Nations insulaires, sans doute vouées à la submersion. La pollution et le réchauffement climatique menacent mangroves et coraux. En 2010, l’UNEP estime que 1/5° des mangroves, installées surtout dans l’espace intertropical, ont disparu dans le monde, à un rythme 3 à 4 fois plus élevé que pour les autres forêts. Aujourd’hui, cette déforestation se calme, la restauration progresse. La mangrove, qui protège l’espace côtier et assure le renouvellement de nombreuses espèces de poissons, est aussi un enjeu économique. Toujours selon l’UNEP (2010), un hectare de mangrove peut générer entre 2000 et 9000 US dollars par hectare, bien plus que le tourisme. Les récifs coralliens, eux aussi indispensables à l’équilibre économique de nombre de régions, sont soumis à des pressions très localisées. En février 2011, l’UNEP estime que l’agression conjuguée,  pêche excessive, aménagement des littoraux, et  pollutions diverses, menacent plus de 60% des récifs coralliens de la planète. A plus grande échelle, le déclin du corail serait également lié à l’acidification des océans, L’absorption de CO² d’origine atmosphérique, qui diminue le ph des eaux, réduit partout la vie aquatique et fait muter les espèces.

RIO+20

L’Expo 2012, dont la déclaration finale devrait engager les pays émergents à se développer plus en douceur, en mer et dans l’espace côtier, regarde vers le RIO+20. Ce nouveau Sommet de la Terre, réuni du 20 au 22 juin 2012 au Brésil, vingt ans après la rencontre « Planète terre », s’intéressera aux possibilités d’une « économie verte dans le contexte du développement durable et l’éradication de la pauvreté. » Les Océans seront l’un des sept dossiers du RIO+20. D’où le message envoyé depuis Yeosu, celui d’une possible transition entre une surexploitation des milieux marins et des littoraux, et une gestion plus soft d’un patrimoine qui montre déjà ses limites.

M.J

 

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(1)“Protecting Oceans Equals Protecting Our Planet”, IPS U.N. Bureau Chief Thalif Deen Interviews AMINA MOHAMED, deputy executive director of the U.N. Environment Programme, 09-05-2012 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=107729

(2) “Expo 2012 to Focus on Protecting World’s Marine Resources”
U.N. Bureau Chief Thalif Deen interviews Commissioner General SAM KOO, IPS, 16-05-2012, http://ipsnews.net/news.asp?idnews=1070

(3) “Oceans and Coasts: Connecting Our Lives, Ensuring Our Future- The Choice is Yours”, UN, Expo 2012  http://www.un-expo2012.org/index.php/one-un/fact-sheets

(4) UNEP 2011

(5) FAO 2011

 

 

 

 


Publié le 23 mai 2012 par marlene dans Climat,Développement durable,Elevation des mers.,Océans,Pêche.,Pollution de l'eau
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Des coraux, un atoll.

Bonjour,

Environ 75% des récifs coralliens de la planète sont menacés, constat du World Resources Institute (WRI) qui publie, en collaboration avec une vingtaine d’organisations, un rapport intitulé « Reefs at Risk Revisited ». Ce document, qui rafraîchit un état des lieux établi en 1998, qui l’enrichit de données satellites, liste les pressions qui pèsent sur l’écosystème. Pêche excessive et destructrice, constructions littorales et activités humaines, sans oublier des populations côtières de plus en plus importantes,  menaceraient 60% du patrimoine mondial. Nouveauté, le rapport pointe les pressions liées au réchauffement des mers et des océans, les modifications chimiques qui l’accompagnent, ou la montée des eaux. L’enjeu est d’importance. Plus de 275 millions de personnes, situés à moins d’une trentaine de kilomètres d’un littoral, dépendent des récifs coralliens pour leur environnement, leur nourriture, et leur économie. Les coraux,  notamment ceux de la zone tropicale, abritent un catalogue impressionnant d’espèces vivantes, dont une importante variété de poissons.  Sur le plan géographique, ces formations offrent un rempart à l’océan. Dans plus d’une centaine de pays et de territoires, elles protègent 150.000 km de côtes, limitant l’érosion ou atténuant les effets des tempêtes et des grosses vagues qui se forment au large. (2) Trois grands systèmes coralliens dominent la cartographie planétaire. Le plus grand s’étire sur plus de 2000 kilomètres au large des côtes australiennes du Queensland pour former le « Great Barrier Reef », la Grande Barrière de corail. Elle occupe un territoire marin équivalent à la Hollande, la Suisse, et le Royaume Uni.(3) La grande barrière de Nouvelle Calédonie, seconde au palmarès, fait de la France un pays très concerné par la protection des coraux, 10% du patrimoine mondial, en comptant Mayotte et la Polynésie.(4) Troisième grand ensemble corallien situé dans la Mer des Caraïbes, les Cayes du Belize. Si certains coraux se développent en eaux froides ou tempérées, ces constructions naturelles préfèrent la lumière des eaux tropicales du Pacifique, du Mexique, ou des Antilles. (3) Le déclin des coraux, dont l’agonie est signalée par un blanchissement, avant disparition, résulte en grande partie des hommes et de  leurs activités. Aux Maldives, destination touristique de l’Océan Indien, le corail d’îles inhabitées a été utilisé comme matériau de construction, ouvrant la voie à la mer. Ailleurs, les plongeurs, les bateaux, et les hôtels posés à proximité des récifs coralliens, ont perturbé l’équilibre de ce patrimoine côtier. Au Philippines, la pêche à l’explosif a causé pas mal de dégâts dans les récifs. Autre plaie, la pêche au cyanure qui permet de capturer les poissons vivants pour le commerce d’espèces exotiques, ou la gastronomie asiatique, à Hong-Kong, à Singapour, ou en Chine. Désormais interdite au Philippines, elle s’y pratiquait depuis les années 60. Les excès de la pêche laissent des récifs coralliens endommagés, intoxiqués, avec des poissons nourris au poison. La pêche au cyanure menace aussi les récifs d’Indonésie. (5) En Australie, le réchauffement des eaux, amorcé il y a quelques années, a blanchi les coraux de la Grande Barrière. Un rapport de Greenpeace a fait de 1998 une année dramatique pour ces récifs. Au milieu des années 2000,  plus de 40% des coraux de la Grande Barrière étaient malades. Avec des zones sinistrées à plus de 80%. (6) L’augmentation de CO² dans l’atmosphère, ses conséquences sur la température de l’eau et sur l’acidification des océans – simplification d’une dynamique plus complexe –, malmène les récifs coralliens. L’élévation du niveau des mers et des océans précarise encore ces écosystèmes. Avec des conséquences parfois inattendues. Okinotorishima, confetti corallien situé à plus de 1700 kilomètres de Tokyo, front Sud de l’archipel Japonais dans le Pacifique, battu par les typhons et grignoté par l’érosion, est menacé par la montée des eaux. Compte tenu de la superficie de l’atoll, à peine 8 km² à marée basse, doté de deux cailloux, Kitakojima et Higashikojima, qui culminent  à 10 cm au dessus du niveau de la mer, l’acharnement du gouvernement japonais à injecter des milliers de yens et du béton pour sauver ce minuscule récif corallien, semble inouï. Outre sa  position stratégique et quelques réserves minérales, l’engloutissement d’Okinotorishima ferait perdre au Japon l’équivalent de 400.000 km² de ZEE (Zone économique exclusive ) , avantage qui permet au pays d’exploiter l’océan dans un périmètre de 200 miles nautiques. Okinotorishima est sans doute plus protégé que Tuvalu ou les Maldives, pourtant dans le même bateau…

M.J.

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Un espace vulnérable, et renouvelable.

Le rapport signale 27 pays et territoires très vulnérables, socialement et économiquement, à la disparition des coraux. 19 d’entre eux sont de petits états insulaires. Parmi les espaces les plus touchés :  Haiti, Grenade, les Philippines, les Comores, Vanuatu, la Tanzanie, Kiribati, Fiji, et l’Indonésie. Avec une note d’optimisme, les formations qui ne sont plus agressées développent de bonnes capacités à se renouveler.

Deux cartes en un coup d’oeil :

Les récifs coralliens mondiaux classés en fonction des menaces locales. (WRI)

http://www.wri.org/image/view/12015/_original

La capacité des pays et des états à s’adapter à la dégradation et à la perte de leurs récifs coralliens. (WRI)

http://www.wri.org/image/view/12013/_original

(1) Ce rapport est publié par le World Resources Institute (WRI), en collaboration avec Nature Conservancy, WorldFish Center, International Coral Reef Action Network, Global Coral Reef Monitoring Network, PNUE-World Conservation Monitoring Center, Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI)….

(2) Résumé du rapport.

http://pdf.wri.org/reefs_at_risk_revisited_executive_summary.pdf

(3) Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cif_corallien

(4) UNESCO http://whc.unesco.org/en/list/154

(5) Endangered species handbook http://www.endangeredspecieshandbook.org/aquatic_coral.php

(6) (6)“Iconic Great Barrier Reef endangered”, Nicole O’Halloran, Journalism, 16-10-2006, http://neovox.journalismaustralia.com/should_we_say_goodbye_rua.php

(7) « Endangered coral reef shields southern outpost, Jun Sato, Daily Yomiuri online,  http://www.yomiuri.co.jp/dy/photos/0005/lens151.htm

“Un ilôt désert enjeu stratégique entre le Japon et la Chine.”http://www.acoram-var.com/Documents/Revue_de_presse/revue_de_presse_300410/Un_lot_dsert_du_Pacifique_enjeu_stratgique_entre_le_Japon_et_la_Chine.pdf?2e4991b25a9f2c7412c96c2fbe98e2c7=d944e71662e2a4802b8de1b2cd566fa5


Publié le 1 mars 2011 par marlene dans Biodiversité,Elevation des mers.,Pêche.,Pollution de l'eau
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Climat: de Cancun à Durban.

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Bonjour,

« Les vrais gens ne peuvent pas survivre sous l’eau », message de Greenpeace à l’occasion de la Conférence de l’ONU sur le climat qui s’est achevée à Cancun samedi dernier. Les représentants des petits Etats insulaires du Pacifique, où vivent plus de 8 millions d’habitants, s’inquiètent de la lenteur des négociations quand l’océan menace d’envahir leurs terres. (1) Première île menacée, Nauru, un peu moins de 10.000 habitants, et dont le Président Marcus Stephen remarque : « La gravité de la crise nous échappe. Elle s’est perdue dans un brouillard de jargon scientifique, économique et technique. »(2) Les 193 Nations, réunies pendant deux semaines dans la cité balnéaire mexicaine, n’ont pas clairement répondu aux questions posées par le réchauffement climatique. Combien de pays vont réellement réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les secteurs de l’industrie, des transports, et de l’agriculture pour contenir la hausse des températures à moins de 2°C au cours du siècle ?

Un an après le décevant Sommet de Copenhague, Cancun devait préparer l’après-Kyoto, qui prend fin en 2012. Ce texte de 1997 oblige, en principe, les pays développés qui adhèrent à réduire  leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% entre 2008 et 20012, par rapport à 1990. Malgré la volonté commune exprimée d’adoucir la crise climatique, les discussions concernant l’avenir du Protocole de Kyoto ont été reportées à l’année prochaine. Et à la Conférence de Durban, en Afrique du Sud. A défaut d’une feuille de route qui précise l’après-Kyoto, Cancun réactualise certains engagements formulés à Copenhague. Après 12 jours de négociations, Patricia Espinosa, Ministre des Affaires étrangères du Mexique, à la tête de la Conférence, a proposé un compromis qui décline des outils plus que des engagements. La Bolivie d’Evo Morales a refusé de signer ce texte qui ne précise pas les efforts à accomplir pour réduire les émissions mondiales.  (2) (3) (4)

Parmi les propositions, la création d’un « fond vert pour le climat » pour aider les pays en développement à répondre aux bouleversements environnementaux en cours. Après 2012, cette mesure devrait s’accompagner d’une enveloppe annuelle de 100 milliards de dollars,  promesse faite à Copenhague. Mais la question du financement n’a pas encore été réglée. Un transfert de technologies propres, issues des pays les plus riches, devrait encore aider les pays les moins avancés à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Enfin, le mécanisme REDD , pour Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts, compense la sauvegarde des forêts primaires, et leur gain CO², contre des avantages financiers. Le Brésil, où la forêt recule sous la triple pression du soja, du bétail, et de la consommation de bois, et l’Indonésie, où les palmiers à huile dévastent l’espace forestier, sont particulièrement intéressés par ce mécanisme. (2) (3) (4)

Querelles. Le Japon, la Russie, et le Canada ont averti qu’ils n’adhèreraient pas à un «Kyoto 2 » tant que les Etats-Unis, la Chine, et l’Inde, têtes d’affiche de la pollution mondiale, ne seraient pas impliqués dans la dynamique internationale de réduction de gaz à effet de serre. Jusqu’alors, les Etats-Unis ont refusé de ratifier le Protocole de Kyoto. La Chine et l’Inde, pays émergents, y échappent. La question de la «responsabilité », qui fait du pollueur né avec la Révolution industrielle le coupable historique, empoisonne les rapports. Les puissances émergentes  n’entendent pas sacrifier leur développement industriel pour atténuer un dérèglement climatique, amorcé bien avant leur désir de prospérité. En 2009, la Chine a pourtant promis de réduire de 40 à 45% ses émissions de GES en 2020, par rapport à leur niveau de 2005. Avec 15% d’énergies alternatives en 2020. Et à Cancun, l’Inde, s’est montrée très active dans les négociations . (2) (3) (4)

M.J

(1) “For us in the Pacific, the Cancún climate summit is about survival », Marcus Stephen, The Guardian, 02-12-2010 http://www.guardian.co.uk/environment/cif-green/2010/dec/02/cancun-climate-change-summit-pacific-island-nauru

(2) UN chief warns climate talks are too slow”, Arthur Max, Associated Press, 8-12- 2010 http://www.boston.com/business/articles/2010/12/08/un_chief_warns_climate_talks_are_too_slow/

(3)“China vows to control emissions in next 5 yrs”, Xinhua, 23-11-2010 http://www.chinadaily.com.cn/china/2010-11/23/content_11598233.htm

(4) “Cancun: des pas comptés pour le climat, un immense bol d’air pour l’ONU » ; Jérôme Cartillier, AFP, 12-12-2010 http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gd-yTRLDUEQxn-JV_4IqQXOLX21w?docId=CNG.505d86ebe1dfca0c333e5b57dc6b23e1.541


Publié le 14 décembre 2010 par marlene dans Actualité,Climat,Elevation des mers.
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le Delta du Nil, face à la Méditerranée.

Bonjour,

D’ici une dizaine d’années, le Delta du Nil pourrait être noyé par les eaux de la Méditerranée. Cet avis de menace sur le Delta du Nil et le Nord de l’Egypte, maintes fois formulé par le passé, est réactualisé par l’IRIN (Integrated Regional Information Network), un organisme rattaché à l’ONU. Une Méditerranée plus haute d’un mètre vers la fin du siècle, version pessimiste, baignerait les villes assises au bord du Delta, dont Alexandrie et Port Saïd, noierait des terres fertiles, et chasserait des millions d’Egyptiens. Cette incursion marine provoquerait une infiltration d’eau salée dans les nappes phréatiques. Pendant ce temps, la Méditerranée continue de monter, deux centimètres par an depuis une décennie. En face, une bande côtière exposée à moins de deux mètres du niveau de la mer, mal protégée par un cordon littoral qui s’érode.

Assouan.

Le Delta du Nil est l’embouchure de ce long fleuve qui prend sa source dans la région équatoriale du Lac Victoria, traverse plusieurs milliers de kilomètres de désert et une dizaine de pays, avant de finir sa course en zone semi-aride. L’un des plus longs fleuves du monde, près de 6800 kilomètres, record partagé avec le fleuve Amazone, né de la rencontre du Nil Blanc et du Nil Bleu, est un fleuve paresseux. Son débit annuel est faible. Il draine peu d’alluvions. En partie responsable, le barrage d’Assouan, mis en eau en 1964. Depuis près d’un demi-siècle, l’ouvrage destiné à produire de l’électricité et à tempérer les crues du Nil, retient une grosse partie des sédiments qui pourraient engraisser l’embouchure du Delta. D’autres s’accumulent dans l’immense réseau des canaux d’irrigation. L’embouchure du delta est ainsi privée de ces limons qui pourraient le renforcer, et lui permettre de résister aux agressions de la mer. La ceinture de sable, qui le protégeait du littoral, est en mauvais état. A Damiette et à Rosette, là où le fleuve accède à la Méditerranée, les plages reculent sous l’effet des courants marins. Facteur aggravant, le Delta s’enfonce sous son poids. Réponse partielle, le gouvernement égyptien a déjà attribué 300 millions de dollars pour ériger des murs de béton destinés à protéger les plages d’Alexandrie. L’Egypte prévoit encore d’aménager une partie du littoral pour contrer l’avancée de la Méditerranée, avant de faire appel à l’aide internationale, faute de moyens. L’UNEP et le GRID ont cartographié l’impact d’une Méditerranée plus haute de 50cm et d’1 mètre.

Démographie.

Le Delta du Nil, qui associe l’eau et les terres fertiles, est l’une des plus anciennes régions de culture intensive. Aujourd’hui, la région du Delta produit près de la moitié de l’agriculture du pays, blé, riz, bananes, et détient environ 60% de la réserve nationale de poissons. Cette zone humide généreuse est aussi une zone à forte population. Les densités, 1000 habitants au kilomètre carré en moyenne dans les zones rurales, grimpent parfois jusqu’à 1500 ha/km². Cette démographie souligne la vulnérabilité du Delta en cas de submersion, même partielle. Une étude de la banque Mondiale (2007) estime qu’une Méditerranée plus haute d’un mètre vers 2020 noierait environ le quart du du Delta, et déracinerait 10% de ses habitants. La démographie – on prévoit 160 millions d’habitants en Egypte vers le milieu du siècle, soit une population multipliée par 2 – pose aussi la question de la sécurité alimentaire dans la région du Delta, enserré entre mer et désert, et en Egypte. Pendant que la population augmente, le débit du Nil se réduit, les agriculteurs voient déjà leurs terres gagnées par le sel. Le Nil, encore souillé par les engrais, les rejets industriels, et les villes, pose aussi la question de l’eau. En 2017, les ressources en eau de l’Egypte devraient être inférieures à ses besoins. Les plus pauvres sont déjà privés d’une eau absorbée par les projets de développement urbain.

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Et l’on reparle d’un risque de conflit pour un fleuve qui attise la convoitise des dix pays, situés en amont. Ils demandent la révision de l’accord de 1929, entre la Grande Bretagne et l’Egypte, un texte qui favorise l’Egypte. L’Egypte, qui ne dispose que du Nil pour ses ressources en eau douce, qui voit sa population augmenter, ne tient pas beaucoup à une redistribution des eaux de « son » fleuve.

M.J

Sources :

« Egypte : Menace sur la région du Delta », IRIN, 12-10-2009.

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=86485

« Le réchauffement, une menace pour le Delta du Nil », A/P- Radioactif, 29 aöut 2007

http://www.radioactif.com/nouvelles/nouvelle-rechauffement_menace_pour_delta-28573-12

« le delta du Nil : enjeux et limites du contrôle territorial par l’Etat », Sylvie Fanchette, pp 167-189 in « Menaces sur les Deltas », Hérodote, 2°trimestre 2006, N°121.

« Le Delta du Nil, la fin du miracle », collection: Rivages – Un film de Luc Riolon

2008 – France – 43 minutes – HDCam

http://www.film-documentaire.fr/Delta_du_Nil_-fin_du_miracle.html,film,21264


Publié le 12 octobre 2009 par marlene dans Climat,eau,Elevation des mers.
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