Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les revendications du Japon sur la queue des Kouriles.

Bonjour,

 

La queue des Kouriles.

La dispute pour les îles Kouriles oppose la Fédération de Russie, qui a hérité de l’URSS, l’ex-Union soviétique, quatre îles réclamées par le Japon. Comme pour mieux souligner cette revendication territoriale, le Japon appelle ces îles les « Territoires du Nord ». Sur la carte, ces terres  qui ferment l’archipel des Kouriles , un arc insulaire qui s’étire sur 1300 kilomètres entre la Mer d’Okhotsk et le Pacifique Nord, semblent continuer l’insularité japonaise. Le dernier groupe d’îles en question prolonge d’ailleurs le cap de Nausappu, situé à l’Est d’Hokkaïdo, le territoire Nord de l’archipel nippon. Les îles de Kunashiri et d Etorofu sont les plus étendues, Shikoban  plus petite, et les Habomai sont des ilôts, dont l’un se situe à moins de 4 kilomètres des côtes japonaises. Occupées par la Russie, historiquement peuplées de communautés de langue japonaise, ces îles sont revendiquées par le Japon. La visite de Dmitri Medvedev, le Premier Ministre russe, sur l’île de Kunashiri au début de l’été 2012, épisode récent d’une querelle ancienne, n’a guère été du goût des Japonais. En apparence, ce différend rappelle une autre discorde en Mer de Chine orientale, entre la Chine et le Japon, qui se disputent les ilôts inhabités de Diaoyu/Senkaku, dont les environs sont dotés  de conséquents gisements de gaz et de pétrole. Mais la querelle des Kouriles, peuplées depuis longtemps, s’apparente plus à un héritage de la Seconde Guerre mondiale, quand décideurs et diplomates jouent avec les frontières en fonction des intérêts du moment. Même si la question de la pêche, la Mer d’Okhotsk est riche en poissons, n’est pas sans importance. (1) (2) (3)

 

Entre Russie et Japon.

En 1945, Yalta promet le Sud de l’île de Sakhaline et les Kouriles à l’Union soviétique de Staline, remerciement pour son offensive contre le Japon. Sans vraiment préciser le territoire de l’archipel. Un peu plus tard, le Traité de San Francisco (1951-1952) donne Sakhaline aux Soviétiques, et désigne les Kouriles Méridionales comme partie du territoire japonais. Lors des derniers jours de la guerre, l’URSS envahit les Kouriles. Plus de 17 000 Japonais sont expulsés de l’archipel, des civils et des soldats sont déportés  au Kazakhstan et en Ouzbékistan. L’URSS, qui pointe la présence américaine sur le sol japonais, met en doute la souveraineté du pays cet après-guerre. Staline refuse de  ratifier le Traité de San-Francisco. En 1946, le gouvernement soviétique confirme son gain territorial. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues. En 1951, l’URSS refuse toujours de signer un Traité de paix avec le Japon. D’un côté, les promesses de  Yalta confèrent un droit aux soviétiques sur les Kouriles, justifient les intéressés. Le Japon, qui a renoncé à ses prétentions sur les Kouriles par le Traité de San Francisco, prétend lui que les îles méridionales convoitées ne font pas partie de l’archipel.(1)(2) Dans la Géographie Universelle de R. Brunet (1994), dans un chapitre intitulé « Le Monde des îles », Philippe Pelletier interroge l’histoire de cette intermédiarité insulaire, entre Russie et Japon, qui ont su souvent s’entendre pour servir leurs intérêts.  Quelques dates tirées d’une histoire compliquée. (4)

 

Un voisinage longtemps équilibré.

En 1855, le Traité de Shimoda, signé entre la Russie des Tsars et le Japon des Shoguns, trace une frontière entre les îles Etorofu et Urrupu, située plus au Nord. Cet accord avalise le partage de Sakhaline entre les deux voisins. En 1875, le Traité de Saint-Petersbourg donne Sakhaline à la Russie, et les Kouriles au Japon. A l’issue de la guerre russo-japonaise (1904-1905), le Japon, vainqueur, prend le contrôle du sud de Sakhaline. Conquête non contestée par la Russie, et avalisée par le Traité de Portsmouth. Puis, les convoitises sur la Mandchourie contraignent à l’entente. En 1907, les deux pays s’engagent à respecter leurs frontières, avant de projeter leur zone d’influence respective en Corée, en Mandchourie, et en Mongolie. Le Japon, qui reconnaît l’URSS en 1923, une année après sa création, évacue ses troupes du Nord de  Sakhaline. Le Japon et la Russie coopèrent pour exploiter les richesses de Sibérie, les échanges s’intensifient. En 1925, l’URSS reconnaît le Traité de Portsmouth, et la présence japonaise dans le Sud de Sakhaline. Jusqu’en 1945, les deux pays travaillent, par intérêt partagé, à un voisinage équilibré. En aout 1945, Staline viole le pacte de non agression, signé avec le Japon en 1941. Lors des derniers jours de la guerre, l’armée soviétique se déploie dans son voisinage asiatique. L’archipel des Kouriles et le sud de Sakhaline sont occupés. (4)

 

Les aborigènes du Japon.

D’après Philippe Pelletier, un petit tour en Préhistoire révèle des communautés de chasseurs-pêcheurs-agriculteurs qui essaiment dans le Sud de Sakhaline, dans les Kouriles, et dans le Nord-Est du Honshu. Vers le X° siècle, ces populations Aïnou sont repérées dans le Hokkaïdo. Les Japonais, qui commencent à coloniser le Sud de l’île commercent avec eux. Les bénéfices de ce commerce, les perspectives d’autres transactions avec les Chinois, via la Sibérie, et les richesses d’une région encore intacte, contribuent à attirer d’autres populations japonaises. La communauté Aïnou fait les frais de ce peuplement. Malmenée, exploitée, elle amorce un déclin. Face au nouvel ordre qui s’impose, les révoltes sont vaines. Philippe Pelletier évoque un « ethnocide ».Au début du XIX° siècle, une immigration orchestrée par le pouvoir japonais, vise à développer Hokkaïdo. Il s’agit aussi d’occuper ce territoire, qui voisine avec la Russie. La communauté Aïnou ne résiste pas à une politique d’assimilation musclée. Isolée, sa population décline rapidement. Les Aïnous, plus de 21.000 1807, 16.000 au milieu du XIX° siècle, 18.000 personnes en 1917, ne sont plus que 16.000 après la Seconde Guerre mondiale.(4) C’est en 1946  que les Aïnous obtiennent les mêmes droits que les Japonais.(5) Pourtant, un siècle plus tôt,  lors du Traité de Shimoda, le Japon, qui veut garder les Kouriles, prétend que les Aïnous qui vivent sur ces territoires depuis longtemps sont Japonais, (5)

 

Peu d’enthousiasme pour le Japon.

« Les Territoires sont-ils ou non japonais ? », s’interroge Philippe Pelletier. « La question prend tout son sens lorsqu’on évoque enfin l’existence des Aïnous, les premiers occupants des Kouriles. Etorofu, la principale des îles incriminées, n’est-elle pas le symbole de la résistance des Ainous contre la colonisation japonaise ? » (4) Aujourd’hui les Aînou, Ainou et métissés, sans doute plus de 20.000 personnes, sont l’une des minorités d’un archipel des Kouriles dominé par les populations russes. En novembre 2005, le Hokkaïdo Shimbun effectue un sondage auprès des populations des trois îles des Territoires du Nord, la quatrième étant  inhabitée. Les personnes interrogées doivent donner leur avis sur l’éventualité d’un retour sous souveraineté japonaise. 80% des résidents de l’île d’Etorofu, et 63% de ceux de Kunashiri s’y opposent. Quand plus de la moitié des insulaires de Shikotan, réputés  plus en contact avec des populations connaissant le Japon, le souhaiterait. (2)

M.J

 

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(1) Wikipedia, Iles Kouriles, / http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Kouriles

(2) Northern Territories / Kuril Islands

http://www.globalsecurity.org/military/world/war/kuril.htm

(3) “Un contentieux insulaire mjeur en Extrème-Orient les Kouriles”, Elisabeth Fouquoire-Brillet, Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d’Histoire Militaire, Institut d’Histoire des Conflits Contemporains, non daté. http://www.stratisc.org/strat_050_FOUQUOIREJ.html 

(4)- Gentelle P., Pelletier Ph. (dir. Brunet R.) – Chine, Japon, Corée – Géographie Universelle – Belin/Reclus – 1994,  « Livre deuxième: Le Japon -Première partie: Des îles et des idées -Chap. 1. Le monde des îles » , Philippe Pelletier, p225-230 http://www.mgm.fr/PUB/GUV5.html

(5) Histoire des Ainous, Exposé rédigé par Jolan, Juin 2004. http://www.buta-connection.net/phpBB2/images-exposes/ainous2/Ainous_Partie2.pdf

 

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Publié le 8 octobre 2012 par marlene dans Histoire.,Japon,Russie,Territoire
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Humberstone et Santa Laura, cités rouillées du salpêtre chilien.

Bonjour,

Humberstone et Santa Clara, deux cités habillées de bois grisés et de tôles rouillées, autrefois animées par l’industrie du salpêtre, habitent l’immense solitude de la Pampa Tamarugal, dans désert de l’Atacama, tout au Nord du Chili. Pablo Neruda, le poète chilien, élu sénateur de ces terres ingrates en 1945, plante le décor dans son livre autobiographique: « Entrer sur ces espaces plats, affronter ces sables sans fin, c’est se poser sur la lune. Cette espèce de planète vide recèle la richesse principale de mon pays, mais il faut extraire de la terre aride et des monts de pierre l’engrais blanc et le minerai rouge. Peu d’endroits au monde abritent une vie aussi pénible et aussi dépourvue d’attraits. » (1) Ce sont pourtant ces paysages lunaires, veinés de cuivre et dotés de nitrates , qui font la fortune du Chili. De la fin du XIX° à la première moitié du XX° siècle, le nitrate de soude, alias le salpêtre connu depuis le Moyen Âge, est l’engrais le  plus utilisé dans le monde. Humberstone et Santa Clara, distantes d’à peine deux kilomètres et séparées par une route, sont les fantômes de ce salpêtre qui a développé l’agriculture,  mélangé les gens, et fait couler pas mal de sang.

Explosifs et agriculture.

L’histoire du nitrate chilien, acheminé à dos de mule à Lima à la fin du XVIII° siècle pour fabriquer de l’explosif, démarre vers 1930, quand l’agriculture européenne découvre les propriétés de ce fertilisant naturel. Au Etats-Unis, en Argentine, ou en Russie, la demande explose. Au Brésil, on l’utilise pour faire pousser le café. A Cuba, en République dominicaine, il améliore la culture de la canne à sucre. Vers le milieu du XIX° siècle, un nouveau procédé ouvre la voie à une exploitation industrielle. Les milliers de kilomètres de rail ferroviaire qui quadrillent le nord du territoire chilien au cours des décennies suivantes en facilitent l’exportation. Le Chili est alors le principal producteur mondial de nitrate. En 1890, il contribue pour moitié à la richesse du pays. A la veille de la Première Guerre mondiale, le salpêtre représente 80% des exportations du Chili. (2) Le conflit, qui contrarie les échanges mondiaux, désorganise la filière. L’Allemagne, gros consommateur de ce sel naturel aux mains des Anglais, pour ses explosifs et pour son agriculture, a déjà commencé à produire du nitrate à base d’ammoniaque.

Nitrate d’origine chimique.

En 1862, Le site de Humberstone est investi par la Société péruvienne du Nitrate. L’exploitation s’appelle alors La Palma. De l’autre côté de la route, la construction de Santa Laura, conduite par la société Barra et Risco, s’achève dix ans plus tard. En 1889, La Palma devient l’une des plus grandes cités du salpêtre de la région de Tapaca. On y recense  environ 3000 habitants.(2) La petite ville dispose d’un théâtre, fréquenté par les stars du moment, d’un hôtel, et même d’une piscine. Santa Laura, entreprise plus modeste, compte 420 familles dans les années 20. (2) Mais la crise économique des années 30 contrarie l’industrie du nitrate chilien. La Palma ferme en 1932. Puis ouvre à nouveau. En 1933, la filière du nitrate, reprise par la COSATAN ( Compania Salitrera de Tarapaca y Antofagasta) est réorganisée, et modernisée. La cité s’appelle désormais Humberstone, le nom de son  fondateur anglais. L’exploitation prospère à nouveau, on y construit de nouveaux bâtiments, environ 3700 personnes y habitent en 1940. Les efforts pour rendre la filière compétitive n’ont pas suffi. En 1950, le nitrate chilien ne représente plus que 3% des échanges mondiaux. (2)En 1960, les fertilisants d’origine chimique condamnent le négoce chilien. Et les cités qui s’en sont nourries.

«…quinze grèves, huit ans de pétitions et sept morts… »

Humberstone et Santa Laura racontent aussi l’histoire de ces ouvriers, Chiliens, Péruviens, Boliviens, qui se sont mélangés pour créer une culture « pampina ». Cette petite communauté, isolée et écrasée par le soleil du désert, s’est organisée, a inventé une langue, et a mêlé ses traditions. Pable Néruda y décrit une humanité qui a pris l’aspect du désert  « Ce sont des hommes au visage brûlé; toute leur expression de solitude et d’abandon est déposée dans l’intensité sombre de leurs yeux. » (1) Il évoque encore « cette main qui porte la carte de la pampa dans ses cals et dans ses rides. » (1) Cette colonie, soumise à la discipline et au diktat de ses dirigeants, a surtout inventé la contestation au Chili. Pablo Neruda raconte les conditions de travail et les grèves. Il parle de ces planches posées dans les mines de salpêtre pour éviter que les ouvriers pataugent dans « une boue où l’eau se mêlait à l’huile et aux acides. » Une protection qui a « coûté quinze grèves, huit ans de pétitions et sept morts ». (1) Sept meneurs assassinés dans le désert par une police au service de la compagnie minière. « Mais avant, c’était pire.» En 1907, 6000 travailleurs sont exécutés par l’armée à Iquique, petite ville minière où se sont rassemblés les exploités du salpêtre. Cette grande grève de la province de Tarapaca, date de l’histoire nationale,  permettra au monde ouvrier chilien de se structurer pour conquérir des droits.

Rouille et pillards.

De vieilles machines figées, des rangées de bâtiments de bois offerts aux vents, des toits de tôle malmenés par le sel des brises venues de l’océan, de grandes pièces remplies de lumière et de solitude qui ne demandent qu’à s’effondrer, des planchers crevés, c’est à peu près tout ce qui reste du salpêtre et de ses révoltes. Les pillards se sont déjà servis. En 1970, Humberstone et Santa Laura deviennent monuments nationaux. En 2005, les sites sont listés au patrimoine mondial de l’UNESCO. La piscine, déjà rongée par la rouille, n’a pas grand-chose à craindre d’une pluie qui ne tombe que deux ou trois fois par siècle.

 

M.J

 

 

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(1) «J’avoue que j’ai vécu », Pablo Neruda, Mémoires, Gallimard, 1975, (« La pampa du salpêtre », p 222 à 228.

(2) Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura, Convention du Patrimoine mondial, UNESCO,  http://whc.unesco.org/fr/list/1178/

Accès à des sites chilien (espagnol) :

– Humberstone y Santa Laura, Nuestro Patrimonio, Nuestro Chile:

http://www.educarchile.cl/Portal.Base/Web/verContenido.aspx?ID=130439

– Oficina Humberstone:

http://www.albumdesierto.cl/ingles/2humber.htm

 


Publié le 13 septembre 2011 par marlene dans Chili,Histoire.,Urbanisation
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Turquie: Hasankeyf, une cité ancienne promise aux eaux.

Bonjour,

Hasankeyf, petite cité assise depuis plus de 12000 ans sur les rives du Tigre, dans le Sud-Est de la Turquie, influencée par une vingtaine de cultures qui y ont laissé une empreinte architecturale précieuse, est aujourd’hui menacée par les eaux. Les Autorités locales, les archéologues, les architectes, les environnementalistes, ou l’association « Initiative to Keep Hasankeyf Alive », pourtant très active, ne pourront sans doute pas grand-chose pour empêcher la mise en eau du barrage d’Ilisu, projeté au début des années 2000. Cet ouvrage colossal, qui promet d’être la seconde plus grande retenue d’eau de Turquie, et la quatrième centrale hydro-électrique du pays, va engloutir cet héritage. Le projet, qui devrait déplacer entre 50.000 et 60.000 personnes, majoritairement Kurdes, noiera aussi une partie de la mémoire historique du Kurdistan turc. (1) (2)

Depuis une quarantaine d’années, la Turquie construit des barrages. En 1976, le GAP  (Guneydogu Anadolu Projesi), ou Projet d’Anatolie du Sud-Est, annonce la construction de 22 barrages et de 19 centrales hydro-électriques sur le système fluvial du Tigre et de l’Euphrate. Le GAP sert une course à l’électricité, 30 milliards de kilowattheures prévus à l’issue du projet, et un développement agricole, 1,7 milliards de terres irriguées pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire. Il s’agit aussi d’intégrer une Turquie orientale, moins avancée que le reste du territoire. Le barrage d’Ilisu, prétexte officiel à un développement régional, des emplois et une agriculture stimulée, permettra encore d’approvisionner en électricité les centres industriels de l’Ouest du pays. Le GAP  a déjà englouti quelques centaines de villages, déplacé environ 200.000 personnes. Il a encore confisqué Zeugma, autre bijou antique de l’Euphrate, situé au sud du pays. Même si mosaïques, peintures, et objets précieux, sauvés de ce déluge artificiel, ont été déposés au musée archéologique de Gazianteip. (3) (4)

Point de rencontre des influences du Proche-Orient et de l’Anatolie, voie de passage pour Alexandre Le Grand, la Civilisation grecque, le commerce de la soie, et route pour les épices, Hasankeyf est un carrefour historique. Son nom signifie « rocher fortifié », en araméen et en arabe. Le site est troué d’habitations troglodytes, refuge vraisemblable des premiers habitants. Au III° siècle, il délimite les marges Est de l’Empire romain, voisines de la Perse. Les Romains y construisent une forteresse, ils y font passer leurs récoltes et leurs troupeaux. Au V° siècle, la cité passe sous influence byzantine. Puis, vers le milieu du VII° siècle, conquise par les arabes, elle s’ouvre à l’Islam. Avant d’être administrée par les Turcs, les Kurdes, puis les Mongols qui s’installent dans la région dans la seconde moitié du XIII° siècle. Etape importante de la route de la soie au début du Moyen Âge, et sans doute traversée par Marco-Polo, Hasankeyf est intégrée à l’Empire Ottoman au début du XVI° siècle. Elle est aujourd’hui une petite ville turque d’environ 5000 habitants, qui vit au rythme d’un tourisme de proximité. Quelques ruines de l’ancien pont traversé par la route de la soie, quelques mosquées, une citadelle, et deux mausolées rappellent ce mélange d’influences. Dommage, le site a raté de peu son classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO. (1) (5)

L’importance archéologique de Hasankeyf, loin d’être révélée par des fouilles trop lentes, sera engloutie par un barrage, très controversé par le voisinage, l’Europe, ou les défenseurs de l’environnement. Le contrôle du débit du Tigre par la Turquie, qui arrose aussi les vallées agricoles de la Syrie et de l’Irak, attise les tensions entre les trois pays. En 2010, le Danemark, la Suisse, l’Autriche, et l’Allemagne, et plusieurs banques occidentales, ont bloqué leurs promesses de financement et de crédits. Des raisons géopolitiques, et environnementales, contribuent à expliquer ce retournement. Des hydrologues pointent que la retenue d’Ilisu, ouvrage à grande échelle, affectera la qualité de l’eau, et celle des écosystèmes environnants. Les Européens voulaient aussi sauver ce patrimoine culturel. Mais la Turquie, fidèle à sa vision du développement, construira cet autre grand barrage. Les habitants de Hasankeyf sont d’ailleurs invités à évacuer la ville dans les mois qui viennent. (2) (6)

M.J

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(1) « Endangered Site: The City of Hasankeyf, Turkey”, Diane M. Bolz, Smithsonian magazine, March 2009,  http://www.smithsonianmag.com/travel/Endangered-Cultural-Treasures-The-City-of-Hasankeyf-Turkey.html

(2)« Dam Project in Turkey Breeds Controversy », IPS, 06-13-2011,  http://peakwater.org/?p=5942

(3 ) «  Wikipedia: Projet d’Anatolie du Sud Est / http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_d%27Anatolie_du_Sud-Est#.C3.89nergie

(4) »Barrages Turcs », Jean Christophe Victor, Virginie Raisson, Franck Tétart, Le Dessous des Cartes, Atlas Géopolitique, Le dessous des Cartes, Tallandier /Arte Editions, 2006, p 226-229.

(5) « Aspects culturels du projet relatif au barrage d’Ilisu, Turquie – Rapport d’information1 », Commission de la culture, de la science et de l’éducation – Rapporteur général pour le patrimoine culturel : Mme Vlasta Stepová, République tchèque, du Groupe socialiste. Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Doc. 930118 décembre 2001 http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/Doc01/FDOC9301.htm

(6)«Un barrage peut en cacher un autre -Troisième épisode : La région de Batman et le barrage d’Illisu »par Faidos ? 10-01- 2010 ? Contexte géopolitique de la construction des barrages turcs du GAP, Bouleversement du tissu social de vallées kurdes / reportage MP3 http://faidosonore.net/spip.php?article25


Publié le 17 juin 2011 par marlene dans Barrages,eau,énergie,Histoire.
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Les Mayas, victimes de désordres environnementaux.

Bonjour,

La chute de la civilisation Maya résulterait d’une dégradation environnementale majeure, conséquence d’une déforestation antérieure. Le système agricole, très sollicité par des populations nombreuses, peut-être un million de personnes vers la fin du premier siècle, n’aurait pas résisté à ce déséquilibre. Après avoir rayonné pendant la période classique – de 250 à 900 après JC -, la civilisation Maya qui se développe en Mesoamérique, s’éteint  avant le premier millénaire. « C’était un effondrement et non un recul, car le second est temporaire alors que le premier caractérise un déclin sur le long terme et la disparition du système économique et social qui structure un Etat, comme cela s’est passé dans cette région. » (1) commente Richard Hansen, anthropologue, spécialiste de civilisation Maya à l’Université de l’Idaho, lors de l’ouverture du 3° Congrès International sur la Culture Maya, au Mexique. Richard Hansen dirige le projet bassin du Mirador, un chantier archéologique et écologique, difficile à atteindre dans le nord du Guatemala. Plus d’une vingtaine de cités, des pyramides, et un complexe de temples se dissimulent dans une forêt tropicale humide de plus de 2000 km². (1) (2)

Du bois pour les édifices.

Pour Hansen, la chute de certaines villes à la fin de la période pré-classique – qui court de 1000 avant JC jusqu’à  l’an 150 de notre ère -, parmi lesquelles Tintal  Nakbe, Wakna,  résulterait d’une sur-exploitation des ressources. Tintal, gros centre urbain de ce premier temps de l’histoire Maya, témoigne d’une civilisation pionnière qui dispose de terrains pour jouer à la balle, élève des pyramides de plus de 50 mètres de haut, et construit une route de 40 km de long, la reliant à Mirador, la principale ville. Au tournant de l’ère chrétienne, Mirador compte environ 200.000 habitants. Lors de la période classique, Palenque, Copan, et Tikal périclitent à leur tour, elles aussi emportées par un déséquilibre environnemental majeur. Pour Richard Hansen, l’érosion massive, consécutive à une déforestation soutenue à l’époque pré-classique, expliqueraient la fin du système Maya. Pas seulement, mais surtout. Le bois est alors une source d’énergie. Il est aussi abondamment utilisé pour confectionner le stuc, plaqué sur les édifices qui se multiplient à l’époque pré-classique. Les besoins en bois vert, nécessaire à la confection de ce stuc, auraient été l’un des facteurs majeurs de cette déforestation, « bombe à retardement » qui précipite le déclin. Le Bassin d’El Mirador, c’est aussi une petite énigme environnementale. L’ensemble s’est développé sans eau, c’est-à-dire sans rivière, sans source, et sans nappe souterraine. A la fin de l’époque pré-classique, vers 100 avant J.C, plus de 100.000 habitants vivent pourtant dans cette zone. (2)Pour satisfaire les besoins, les pluies, abondantes, étaient recueillies dans des citernes. Dans un article paru dans le Monde en 2009, Richard Hansen évoque aussi  la « théorie de la boue ». Les boues collectées dans cette zone de marécages auraient permis de fertiliser les cultures. Sans avoir besoin de détruire la forêt pour récupérer des terres, ni d’épuiser les sols en enchaînant les semences. Malgré tout, l’équilibre environnemental, d’El Mirador n’aurait  pas résisté une civilisation qui voyait un peu trop grand. (3)

Sécheresse.

Quelques années auparavant, un article de Nature, daté de juin 1995, relie la chute de la civilisation Maya à un changement climatique. Cette hypothèse, d’abord envisagée à l’échelle de la Mésoamérique, est difficile à prouver. Les efforts pour reconstituer les humeurs du ciel au cours des trois derniers millénaires ne permettent pas de différencier les changements dus à l’évolution naturelle des cycles climatiques, de ceux provoqués par l’homme. La déforestation, qui a modifié la végétation régionale, brouille la lecture. Mais l’analyse de sédiments recueillis dans le Lac Chichancanab, au Mexique, finit par raconter la carte climatique de cette partie centrale de la péninsule du Yucatan, pendant la période Holocène. L’intervalle compris entre 800 et 1000 de notre ère, qui coïncide avec la fin de la civilisation Maya à l’époque classique, aurait été particulièrement sec. Il y aurait donc une relation, très probable, entre le déclin des Mayas et le climat. (4)

NASA / Site Maya / Guatemala

Sécheresse et déforestation.

La NASA, l’agence spatiale américaine, s’est aussi intéressée au territoire Maya. En 2006,  elle cartographie une zone du Guatemala qui révèle l’héritage architectural de cette civilisation. Photo ci-dessus. En jaunâtre, la forêt qui recouvre les ruines Maya. En rouge, la forêt environnante. En  bleu-vert, la petite végétation clairsemée. Ces sites, enfouis sous un couvert tropical très dense, pas toujours faciles à repérer sur le terrain, sont révélés par image satellite. Décodage. Les Mayas construisaient leurs temples avec des matériaux calcaires. En se détériorant, ces édifices ont modifié la composition des sols. Quelques plantes humides se sont développées alentour, d’autres ont disparu, ou se sont décolorées. La lecture satellite permet de repérer les traces de ruines calcaires, qui apparaissent en couleur jaunâtre. Pour Tom Sever, alors archéologue à la NASA, spécialiste de repérage « remote-sensing », sans contact avec le terrain, le déclin des populations Maya, résulte d’une combinaison de facteurs climatiques, la sécheresse, et anthropologiques, la déforestation. Et Sever d’ajouter : « Comprendre comment les Mayas ont affecté leur environnement pourrait aider l’homme actuel à faire des choix plus éclairés concernant la gestion des forêts tropicales humides. » (4) Conseil d’actualité, qui peut s’appliquer à d’autres désordres environnementaux.

M.J

(1) “Mayan civilisation collapse blamed on environmental damage”, Zee News, 16-03-2011, http://www.zeenews.com/news693602.html

(2) « El Mirador », Authentic Maya, 2009, http://www.authenticmaya.com/mirador1.htm

(3) « El Mirador, mère des cités mayas », Joëlle Stolz, Le Monde, 13.02.2009

(4) “Possible role of climate in the collapse of Classic Maya civilization”, David A. Hodell*, Jason H. Curtis* & Mark  Brenner†, Nature 375, 391 – 394 (01 June 1995); doi:10.1038/375391a0, http://www.nature.com/nature/journal/v375/n6530/abs/375391a0.html

(5)Maya Ruins, Earth Observatory, NASA, 18-02-2006 http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=6293


Publié le 22 mars 2011 par marlene dans Climat,déforestation,Histoire.,Préjudice écologique
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Ces Européens, descendants d’agriculteurs néolithiques.

Bonjour,

La plupart des Européens de sexe masculin seraient les descendants d’agriculteurs, venus du Croissant fertile, une région qui va de la côte Est de la Méditerranée au Golfe persique, en passant par les vallées du Tigre et de l »Euphrate. C’est le résultat d’une étude récente produite par l’Université de Leicester, au Royaume-Uni. (1) Cette recherche, qui rappelle l’importance du développement de l’agriculture dans l’histoire humaine, répond à une question qui a longtemps fait débat dans le monde scientifique. Comment l’agriculture, qui commence à se développer il y a environ 10.000 ans, est-elle arrivée en Europe? A-t-elle été apportée par ces pionniers de l’époque néolithique, venus du Proche-Orient ? Ou s’est-elle diffusée en Europe grâce aux échanges d’idées et de techniques ?

Pour obtenir une réponse, les chercheurs britanniques ont tracé le chromosome Y, qui se transmet de père en fils, et plus particulièrement l’haglogroupe R1b1b2, porté par  110 millions de citoyens européens. L’équipe a analysé les chromosomes de 2574 personnes de sexe masculin, établis dans la même région depuis au moins deux générations. La distribution de cet haglogroupe sur le continent révèle une progression Sud-Est / Nord-Ouest. Identifié chez 12% des hommes de Turquie orientale, ce marqueur génétique grimpe à plus de 85% chez les Irlandais. Au total, plus de 80% des chromosomes Y identifiés chez les Européens proviendrait de ces premiers agriculteurs. L’existence de sites néolithiques connus, croisés avec cette « route génétique », cautionnerait l’hypothèse d’une migration en provenance du Proche-Orient, via la Turquie. Les pratiques  agricoles, véhiculées par ce mouvement migratoire, auraient mis 4000 ans à traverser le continent avant d’atteindre les îles britanniques. Cette époque, que l’archéologue australien Gordon Childe appelle la « Révolution Néolithique » , souligne l’importance d’un glissement progressif de l’activité « chasse-cueillette » vers l’agriculture. Cette transition annonce aussi une sécurisation alimentaire des communautés, facteur de sédentarisation progressive. Concernant l’origine de cette migration, Childe évoque une forte croissance démographique dans ces régions du Proche-Orient,  ayant provoqué une crise économique et sociale. Les agriculteurs et leurs troupeaux, en quête de nouvelles terres, auraient commencé à migrer vers l’Ouest. Ces groupes de pionniers auraient progressivement transmis leur mode d’existence aux communautés de « chasseurs-cueilleurs », réparties sur le continent européen. (2) Angle intéressant de cette étude britannique, elle articule les mutations technologiques et culturelles avec l’expansion du chromosome Y.

Patricia Balaresque, l’un des auteurs du rapport, note que la plupart des lignages génétiques maternels semblent provenir des « chasseurs-cueilleurs ». «…Cela suggère que les agriculteurs de sexe masculin ont eu une reproduction plus active que celle des « chasseurs-cueilleurs » pendant cette période de transition… » Autre hypothèse de Patricia Balaresque, il était peut-être plus sexy d’être agriculteur que chasseur. (3)

M.J

(1) Balaresque P, Bowden GR, Adams SM, Leung H-Y, King TE, et al. 2010 A Predominantly Neolithic Origin for European Paternal Lineages. PLoS Biol 8(1): e1000285. doi:10.1371/journal.pbio.1000285 PLoS / article http://www.plosbiology.org/article/info:doi/10.1371/journal.pbio.1000285

(2)(2005) Go West, Early Man: Modeling the Origin and Spread of Early Agriculture. PLoS Biol 3(12): e436. doi:10.1371/journal.pbio.0030436November 29, 2005 http://www.plosbiology.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pbio.0030436

(3) “Most European males descend from farmers who migrated from the Near East 10,000 yrs ago.”Washington, Wed, 20 Jan 2010 ANI, New Tracks India. http://newstrackindia.com/newsdetails/144448


Publié le 26 janvier 2010 par marlene dans Actualité,Agriculture.,Histoire.,Migrations.
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Climat: sorcières et effet de serre.

Bonjour,

Pendant une heure, Emmanuel Le Roy Ladurie se promène à travers six siècles pour éclairer une chronologie de canicules et de frimas qui raconte aussi des crises. Dans une émission de « l’Académie des sciences morales et politiques », il revient sur le tome I de son recueil « Histoire humaine et comparée du climat », « Canicule et Glaciers du XIIIe au XVIIIe siècles. » (1) L’historien, qui travaille depuis plus de 50 ans sur les conséquences du climat sur l’histoire des hommes, étire le calendrier jusqu’en 2003 pour envisager la relation inverse. L’Homme, à la merci des étés torrides et des hivers rigoureux pendant des siècles, joue à son tour sur le climat.

Anticyclone des Açores et effet de serre.

On commence avec la canicule de 2003, 15.000 morts supplémentaires en France, une tragédie nationale, mise en parallèle avec d’autres canicules, 1414, 1556, 1706, 1719, 1779. En 1719, la chaleur tue plus de 400.000 personnes sur l’équivalent du territoire français. Rapporté à la démographie actuelle, ce bilan aurait fait 1,2 millions de morts en 2003. En 1719, les températures élevées provoquent une diminution des nappes phréatiques et une baisse du niveau des rivières. Les eaux sont polluées. Les pauvres n’ont rien à boire. Avec pour effet, une vague de dysenterie meurtrière. L’historien note une similitude entre les deux canicules. Celle de 2003, qui a campé sur l’espace français, et le Val de Loire, s’explique par la position de l’anticyclone des Açores. Au XVIII° siècle, c’est aussi le val de Loire qui est dans « l’œil » de la canicule. Avec pour conséquence, un ralentissement démographique pendant quelques années. Mais si les canicules historiques signalent une « variabilité du climat », celle de 2003 serait plus probablement liée à l’effet de serre. « Si l’on admet l’effet de serre », remarque l’historien. Qui ajoute: « Moi j’y crois ».

Les sorcières et le CO².

Le climat explique aussi le déficit ou l’abondance des récoltes. Le début du XIV° siècle marque le début du « Petit Âge Glaciaire » – qui s’étire du XIVe siècle au milieu du XIX° siècle -. L’année 1315, qui amorce ce long cycle climatique, connaît de fortes pluies. La production céréalière s’effondre, le foin pourrit. Une grosse famine provoque la mort de plus d’un million de personnes. L’année 1420 signale une autre famine, due à une canicule que n’exclut pas cette période froide. En 1788, une grande grêle détruit les récoltes, et compromet les stocks de 1988-1989. Cette période de vaches maigres contribue à créer un climat social explosif. La Révolution gronde. Et quand le ciel se fâche, il faut bien trouver des coupables. Au XVI° siècle, on accuse les sorcières de provoquer la grêle et de convoquer les orages. On les brûle, surtout en Allemagne. « Aujourd’hui, ce ne sont plus les sorcières qui sont responsables, mais le CO², le méthane », commente l’historien.

Le volcan et la révolution.

A l’échelle mondiale, l’explosion de Tambora, illustre encore cette relation entre climat et histoire. En 1815, ce volcan indonésien explose. Cet accident géologique s’accompagne d’une pluie de poussières. La circulation des poussières et des gaz bouleverse le climat de la planète. En Europe, l’année suivante, sans été, est surnommée « l’année sans soleil ». C’est aussi une année de mauvaises récoltes en Europe, 200.000 personnes meurent. En Amérique du Sud, la canne à sucre est moins abondante. Ce changement climatique se prolonge en Europe. L’année 1846 est marquée par une canicule, accompagnée d’une sécheresse. La récolte, pommes de terres et céréales, est mauvaise. En 1847, cette crise alimentaire fait flamber les prix. L’industrie et la finance se portent mal, les faillites se multiplient, le chômage augmente. Cette crise économique attise la révolution de 1848. Indirectement impulsée, trois décennies plus tôt, par l’explosion de Tambora.

Canicules du XX° siècle.

Emmanuel Le Roy Ladurie s’est également beaucoup intéressé aux glaciers. Ils racontent, approximativement, les cycles longs du climat. Leurs avancées renseignent sur les périodes de froid. Leurs reculs témoignent de températures clémentes. L’historien, qui connaît cette chronologie, fait de 1860 une année charnière qui marque un recul des glaciers. Et pourtant, il faut attendre quatre décennies, et l’année 1903, pour observer une hausse des températures. La décennie 1950-1970 signale une régression des glaciers, conséquence de l’effet de serre. Des exceptions ne contredisent pas une géographie glaciaire moins étendue. Le XX° siècle, qui connaît un petit rafraîchissement de 1950 à 1970, commence à montrer des signes de réchauffement. C’est d’abord la canicule de 1976. Puis, la décennie 90 qui cumule les été torrides, 1992, 1994, 1995, 1997, 1999, et 2003. Effet de serre, sans catastrophisme.

Voilà, pour ceux qui ont le temps, l’interview d’Emmanuel Le Roy Ladurie par Maud Aigrain sur Canal Académie. Il y évoque notamment la « politisation du climat », spécificité française.

M.J

(1) « Histoire humaine et comparée du climat », Tome I, Canicule et Glaciers du XIIIe au XVIIIe siècles, Editions Fayard, juin 2004.


Publié le 9 février 2009 par marlene dans Climat,Histoire.
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