Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Le Japon cherche une nouvelle façon de s’éclairer.

Bonjour,

Le Japon vient d’annoncer la fin de l’effort collectif destiné à consommer moins d’électricité, conséquence indirecte de la crise de Fukushima, et de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires dans le pays.  Depuis le 1er juillet dernier, les Japonais du grand Tokyo, desservis par le réseau TEPCO (Tokyo Electric Power Co ),  et ceux de la région Nord -Est secouée par la catastrophe de mars dernier,  approvisionnés par Tohoku Electric Power Co, étaient invités à soulager le réseau. Décision du gouvernement. Citoyens et entreprises ont bousculé leurs habitudes de consommation pour éviter une pénurie pendant les heures de forte demande. Grand nombre d’entreprises ont démarré la journée avec une heure d’avance. L’industrie automobile a pris ses week-ends les jeudi et vendredi, préférant travailler en fin de semaine pour équilibrer les besoins. Une partie du transport ferroviaire a également réduit ses services. Un été plus frais que d’habitude, moins de climatisation, a contribué à freiner la consommation. Pendant que Tokyo mettait ses enseignes lumineuses en veilleuse. Cet été de contraintes aurait  permis d’économiser 15% d’électricité, par rapport à l’année précédente, pour la même période. C’est la première fois depuis presque quarante ans qu’un tel effort est demandé à des Japonais, gourmands en électricité. (1) Depuis le milieu des années 2000, la consommation par habitant y dépasse les 8000 Kilowatts, un besoin similaire à celui du voisin Sud-Coréen, mais bien inférieur à celui d’un Américain.

 

L’après-Fukushima pose la question énergétique à un pays qui en consomme beaucoup, qui n’a guère de ressources naturelles, et qui se demande comment réduire sa dépendance au nucléaire. Le projet de faire grimper la part du nucléaire à 50% dans la production d’électricité, au lieu des 30% actuels (2), proposition de l’ex-Premier Ministre, est rangée dans les cartons. Son successeur, Yoshihiko Noda, souhaite, lui, se détourner de l’atome qui fonctionne déjà au ralenti dans l’archipel. La mise hors service des réacteurs de Fukushima, l’arrêt de ceux exposés au risque séismique, et la fermeture pour maintenance de certains autres,  paralyseraient au moins la moitié du potentiel nucléaire japonais. Sinon plus.  Le charbon (28%) et le gaz naturel (27%), combustibles importés et peu compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sont deux autres sources majeures de courant. (2) L’électricité d’origine hydraulique, qui a connu une chute spectaculaire depuis un demi-siècle, compte seulement pour 8% de la production nationale. (2) Les énergies renouvelables sont pourtant présentées comme partie de la solution.  Selon un article de Reuters daté du 23 août dernier,  le gouvernement envisagerait de porter la production d’électricité d’origine solaire autour des 100.000 Mégawatts vers 2015, au lieu des 40.000 actuels. Ce qui reviendrait à multiplier par 6 le nombre de panneaux solaires vendus en 2010 sur le territoire japonais. (4) L’éolien, la biomasse, et la géothermie, sont également convoqués pour doper la part d’électricité d’origine renouvelable. Qui, sans l’hydro-électricité, peine à dépasser Les 2%. (2) (5)

 

Avec plus d’une centaine de volcans en activité, 10% de la ressource mondiale, le Japon est pourtant bien placé pour développer la géothermie. Aujourd’hui, dix huit  centrales témoignent d’une source d’énergie exploitée lors de la crise pétrolière des années 70, puis éclipsée par le nucléaire. La production est anecdotique, 0,3% de l’électricité nippone, pour un potentiel prétendu énorme, et délaissé pendant deux décennies. (6)(7) Interrogé sur la catastrophe de Fukushima par le magazine Terra Eco,  Lester Brown, à la tête du Earth Policy Institute, regrette: « Le Japon aurait pu choisir la géothermie plutôt que le nucléaire. »

 

M.J

 

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(1) « Japan ends limits on electricity usage », Mainichy daily news, 13-09-2011 http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110909p2g00m0dm005000c.html

(2) Perspective Monde, Université de Sherbrooke, production d’électricité au Japon, approche détaillée. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=JPN&codeTheme=6&codeStat=EG.ELC.PROD.KH

(3) Les réacteurs nucléaires au Japon, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires_au_Japon

(4) « Japan renewable energy push clears key hurdle”,  Risa Maeda, Reuters, 23-08-2011, http://www.reuters.com/article/2011/08/23/us-japan-politics-energy-idUSTRE77M12R20110823

(5) Rapport trimestriel sur le secteur des énergies renouvelables
Ambassade du Canada au Japon, 17-06-2011  http://www.deleguescommerciaux.gc.ca/fra/document.jsp?did=121078

(6)”Deregulation eyed for geothermal power”, Keisuke Katori, Asahi Shimbun, 17-02-2010,  http://www.asahi.com/english/TKY201002160499.html

(7) Plan B 4.0: Mobilizing to Save Civilization, Lester R. BrownChapter 5. Stabilizing Climate: Shifting to Renewable Energy: Energy from the Earth » Earth Policy Institute http://www.earth-policy.org/books/pb4/PB4ch5_ss4


Publié le 19 septembre 2011 par marlene dans energies alternatives,Japon,Non classé,Nucléaire
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L’homme qui rêvait de blanchir la montagne.

Bonjour,

L’homme qui rêvait de blanchir la montagne s’appelle Eduardo Gold. Ce Péruvien d’une cinquantaine d’années, qui voit son glacier andin reculer d’année en année, va tenter de le reconstituer en le badigeonnant de blanc. L’idée est simple. Recouvrir les hauteurs du Chalon Sombrero, un sommet perché à  4756 mètres, d’une mixture à base de citron, de blanc d’œufs, et d’eau, pour recréer une surface blanche, et augmenter l’albedo.  Quand le soleil est réfléchi sur une surface blanche, ou claire, son énergie est renvoyée dans l’atmosphère, puis dans l’espace, sans réchauffer la surface de la terre. Ainsi, le sommet de Chalon Sombrero, recouvert de blanc, bénéficierait d’un micro- climat, plus froid, qui lui permettrait de recouvrer une partie de ses glaces. Idée loufoque selon les uns, idée géniale selon les autres, mais pourquoi ne pas essayer ?  La Banque Mondiale qui mène l’opération «  Cent idées pour sauver la planète », a retenu, parmi d’autres, le projet de ce glaciologue autodidacte. Et lui a attribué une enveloppe de 200.000 dollars pour éclairer son sommet. (1)

Le Pérou, qui concentre 70% des glaciers de l’espace tropical, est l’un des pays les plus exposés au changement climatique. Un rapport sur ses effets, publié en 2007 par Les Amis de la Terre, documenté par le GIEC (2007), rapporte un recul des glaciers plus alarmant au Pérou que dans les autres pays andins.(2) Au cours des 35 dernières années, ils auraient perdu environ le quart de leur surface. Or ces glaces, qui sont des réservoirs d’eau potable pour les communautés andines et les importantes populations côtières, qui permettent de produire de l’hydro-électricité, et qui irriguent l’agriculture, sont vitales pour le pays.(2) Les habitants de Lipaca, le village que surplombe le Chalon Sombrero, qui dépendent des eaux de son glacier, remarquent son retrait progressif depuis une bonne quinzaine d’années. Et quand moins d’eau signifie moins de pâturages, ils s’inquiètent pour leurs troupeaux, principale activité de la bourgade andine. Pour contrer les effets d’un changement de climat, également observé par des variations de température, quelques villageois, armés de gobelets remplis de cette mixture naturelle utilisée par les Anciens, blanchissent les rochers qui entourent les sommets du Chalon Sombrero pour redonner vigueur à son glacier.

Le problème, c’est qu’il a fallu deux semaines pour couvrir deux hectares. Et qu’il en faudra encore beaucoup pour badigeonner les 70 hectares environnants, à moins d’y employer tout le village. C’est peut-être ici, confinée sur ce petit bout de territoire andin qui lui a donné naissance, que l’idée révèle ses limites. Thomas Condom, glaciologue français impliqué depuis une quinzaine d’année dans l’évolution de ces glaciers tropicaux, interrogé par BBC News, contextualise l’idée d’Eduardo Gold : « L’impact sera nécessairement local, il ne renversera pas ou ne stoppera pas un phénomène observé à l’échelle d’une région entière. Il serait très difficile de reproduire l’expérience à grande échelle dans les Andes. » (1)

L’histoire, en vidéo

M.J

(1) Can painting a mountain restore a glacier?, By Dan Collyns
BBC News, Ayacucho, 17-06-2010.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/world/latin_america/10333304.stm

(2) « Climate Testimonies », Les Amis de la Terre International, Novembre 2007, Pérou, p 24 à 27. http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimonies/


Publié le 1 juillet 2010 par marlene dans Afrique,Climat,Comprendre,Développement durable,eau,Non classé,Préjudice écologique,Urbanisation
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Le REDD, une promesse pour le climat et les forêts?

Bonjour,

La Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) est réunie à Bonn jusqu’au 11 juin. Après l’échec de Copenhague, il s’agit de préparer une nouvelle conférence à Cancun, prévue en décembre prochain. Il est aussi question d’examiner les perspectives du mécanisme REDD, pour Réduction des émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts. Les forêts primitives seraient l’une des solutions pour alléger les émissions mondiales de CO², responsables de la crise climatique.

20% des émissions mondiales.

Le REDD doit permettre aux pays pauvres d’échanger la bonne tenue de leurs forêts, et le gain de CO² qui va avec, contre une aide financière. L’’échange a été proposé  par la Papouasie-Nouvelle Guinée en 2005, lors d’une conférence des Nations Unies sur le Climat. L’’idée a fait son chemin, la déforestation représente environ 20% des émissions mondiales de CO², bien plus que les transports. Ce mécanisme, qui devrait drainer des milliards de dollars des pays riches vers les pays pauvres, devrait être opérationnel en 2013. L’idée suppose que les pays bénéficiaires produisent la preuve – historique, statistiques, images satellites, mesures des arbres, retenues CO²… – que leurs forêts ne reculent plus. Des données, en principe,  vérifiées. Ce mécanisme, qui valorise une forêt préservée, cherche encore une récompense appropriée. Première idée, créer un fonds multilatéral bénévole alimenté par les pays riches, sur le modèle des aides au développement. Seconde idée, émettre des crédits REED, valorisés par les tonnes de CO² épargnées par le maintien de la forêt. Puis, les intégrer progressivement au marché international du carbone. Les pays  ayant dépassé leur quota d’émissions C0² pourraient acheter ces crédits pour compenser leurs excès. Déjà deux petits problèmes. L’émission de crédits REDD  pourrait dévaluer le prix du carbone sur le marché international, une bourse qui se cherche encore. Les pays industriels, qui polluent plus qu’autorisé, pourraient également se racheter en finançant un projet forestier dans un pays en voie de développement, commerce discutable. Dans le mécanisme de financement qui se met en place, qui mêle fonds bénévole et connexion au marché du carbone, on parle d’une clause interdisant d’échanger une pollution d’origine industrielle contre quelques hectares de forêt primaire préservée. En attendant un financement adapté, d’autres problèmes se profilent. (1) (2) (3)

Un terrain difficile à baliser.

Comment mesurer le carbone dans une forêt ? Certains s’y emploient , mais la démarche est complexe. Il n’existe pas de catalogue « carbone » des forêts du monde. Pas plus qu’il existe de mesures appropriées à la diversité des forêts. D’ailleurs, la plupart des pays concernés n’ont pas les moyens d’évaluer le potentiel de leurs écosystèmes forestiers. Comment intégrer au REDD les millions de personnes qui dépendent, directement ou indirectement, des forêts, populations souvent marginalisées?  Il est probable que ces gens voient débarquer des officiels ou des directeurs de société, désireux de gérer des territoires forestiers, désormais monnayables. De là à penser que les arbres pourraient prendre plus de valeur que les gens qui les peuplent… Même en invitant les communautés à la préservation de leur environnement, il n’est pas sûr qu’elles en tirent bénéfice si elles ne sont pas propriétaires des arbres. La « récompense – carbone », difficile à mesurer, difficile à attribuer en raison de la complexité des situations sur la propriété des arbres, est une inconnue de taille. Autre problème, la corruption qui caractérise certains pays, quand la classe dirigeante tire profit des forêts . Une hypothèse qui priverait les communautés, et les pays, des avantages financiers du REDD. Sans parler des dirigeants qui présenteraient un tableau, plus désastreux que vrai, de leurs forêts. Mais imaginons un scénario plus optimiste, celui de communautés pauvres dédommagées pour préserver les forêts dont elles dépendent. Un nouveau « contrat » de développement qui permettrait aussi de mieux contrôler l’érosion due à la déforestation, la qualité de l’eau, et la biodiversité.

M.J

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(1) “Will the UN’s forest protection dream turn into a nightmare?” – John Vidal explains Redd – Fred Pearce, guardian, 27-05-2007

http://www.guardian.co.uk/environment/2010/may/27/un-forest-protection-redd

(2) UN-REDD Programme / Site UNEP / http://www.un-redd.org/Home/tabid/565/language/en-US/Default.aspx

(3) REDD : Position de FNE sur les aspects méthodologiques, Fédération des Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement, octobre 2009. http://www.fne.asso.fr/fr/themes/question.html?View=entry&EntryID=228


Publié le 4 juin 2010 par marlene dans Actualité,Climat,Comprendre,déforestation,Non classé
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L’Australie malmène son environnement.

Bonjour,

Loin de son image  « écolo », l’Australie figure parmi les dix plus gros consommateurs d’environnement. C’est le résultat d’une étude internationale qui a estimé la désertification, les émissions de carbone, et la perte de la biodiversité dans plus de 150 pays. (1) Un premier classement, qui évalue les dégradations environnementales à grande échelle, place l’Australie en 9° position. Selon le Professeur Corey Bradshaw de l’Université d’Adelaide – qui a collaboré à cette enquête -, le continent australien est malmené depuis l’arrivée des colons. Il ne reste plus que la moitié des forêts originelles, et celles qui tiennent encore debout sont clairsemées. Mais l’Australie se place loin derrière le Brésil, placé en tête de ce palmarès du gâchis environnemental à grande échelle. En passant, en 1990, l’Australie consommait encore pas mal de terres vierges, l’équivalent de plus de la moitié de la superficie arrachée à la forêt en Amazonie brésilienne. (2) Dans cette étude, l’Australie se fait encore tirer l’oreille pour sa consommation d’eau, l’une des plus importante de la planète alors que les robinets sont à sec. Elle figure parmi les gros producteurs de carbone par habitant. Et elle obtient un classement record pour l’extinction des mammifères, résultat de l’introduction d’espèces étrangères au continent australien, ou  conséquence de la destruction de leur habitat. Dans un autre classement, qui met en parallèle le potentiel des ressources naturelles et le taux de dégradation de ces ressources, l’Australie regagne des points. L’île-continent est à la  120° position. C’est Singapour, la cité-Etat ultra-urbanisée, aux parcs et jardins entièrement reconstitués, pas un brin d’herbe d’origine, qui remporte la première place.

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Idée-force de l’étude, plus un état est riche, et plus il abuse de l’environnement. Or, c’est l’idée inverse – plus un pays est riche et plus il respecte son environnement – qui est généralement admise. Le Professeur Bradshaw fait référence à la courbe de Kuznets :”Cela part de l’hypothèse que lorsqu’un pays pauvre commence à se développer, il augmente son empreinte environnementale. »(1) Et parvenu à un certain niveau de richesse par habitant, il accède à des technologies propres. Sa population mieux éduquée, développe une conscience environnementale. Et c’est donc quand le niveau de vie commence à augmenter que l’impact environnemental commence à diminuer. « Tout faux », nous dit l’étude, les pays riches sont plus agressifs pour leur environnement que les pays pauvres. Même si le Professeur Bradshaw remarque que cette relation n’est pas si simple, question d’indicateurs, question d’échelle. Cette étude a encore permis de formuler un modèle pour alléger les habitudes de consommation. Les Australiens ont beaucoup à apprendre. « C’est certainement ce qui explique la mauvaise position de l’Australie car nous avons un niveau très élevé de consommation. Nous sommes un pays très riche, et nous avons tendance à l’excès. »,commente le professeur. En attendant, le gouvernement australien s’engage à changer toutes les ampoules électriques du pays, inefficaces et énergivores, au profit d’ampoules fluorescentes compactes.

M.J


Publié le 11 mai 2010 par marlene dans Actualité,Australie,Climat,Comprendre,Désertification.,Developpement,Développement durable,eau,Non classé
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FAO, femme, et « genre ».

Bonjour,

En fouillant sur le site de la FAO – l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture -, on découvre un lien intitulé «Genre et droit à la terre ». Si le « droit à la terre » s’annonce explicite, la notion de « genre » est plus intrigante.  Le « genre » est un concept sociologique qui transforme le sexe en « homme », ou en  « femme », et qui stéréotype sa fonction sociale. C’est aussi un marqueur d’inégalités. C’est justement là où veut en venir la FAO qui pointe la situation des femmes dans les sociétés rurales traditionnelles. Plus pauvres, écartées des décisions, et sans moyens pour accéder à la propriété, elles sont exclues de l’économie des campagnes. Or, ce sont elles qui font vivre les champs et les enfants. Depuis quelques années, la FAO place les femmes au cœur de sa stratégie de développement rural. Question d’équilibre des « genres », et de sécurité alimentaire pour ceux  qui mangent ce que les femmes cultivent.

Dans l’ombre….

Dans son approche de « genre » en milieu rural, la FAO schématise le rôle de chacun des acteurs. Dans la plupart des sociétés traditionnelles, «l’homme », en principe propriétaire de la terre, tire profit de son travail. Il est plus souvent impliqué dans une agriculture de type « commercial », des légumes destinés aux populations urbaines voisines par exemple. Il prépare ses champs, plante, sème, cultive, et récolte. Il est souvent responsable des troupeaux, dont il peut vendre les bêtes. Il accomplit les tâches forestières, coupe le bois, et le négocie. Dans les communautés de pêcheurs, il monnaie sa pêche aux femmes qui la revendent. Bref, il cumule les fonctions économiques essentielles, et en retire des bénéfices. Dans la même famille, la « femme » tient le foyer. Elle élève les enfants, prépare les repas, s’affaire dans la basse-cour, ramasse le petit bois pour faire la cuisine, et effectue la corvée d’eau. Mais surtout, femme, et filles, produisent une agriculture vivrière, destinée à la consommation du ménage. Elles vendent parfois quelques légumes, quelques fruits ramassés dans les bois,  de petits revenus immédiatement investis dans l’achat de nourriture, ou consacrés à l’éducation des enfants. Et quand la famille manque de « bras », les filles sont les premières à quitter l’école. Les femmes sont exclues des moyens de production qui transformeraient leur statut. Elles n’ont que rarement accès à la terre qui reste soumise aux droits coutumiers, ou à une législation exclusive. Elles n’ont pas droit au crédit, ni à la formation. Elles ne sont pas impliquées dans le business des cultures industrielles, qui prennent la place de leurs cultures vivrières, ou les repoussent vers des sols moins fertiles. La mécanisation de l’agriculture, menée de main d’homme, les éloigne encore de l’économie formelle. Les femmes, qui portent les sociétés traditionnelles, restent des travailleurs de l’ombre.(1)

En attendant….

Dans sa vision de développement agricole, la FAO mise sur  l’égalité des « genres », un partage des terres, des décisions et des bénéfices communs, une participation conjointe aux projets de développement, conditions d’une reconnaissance du rôle des femmes dans le fonctionnement des communautés agraires. S’il est question de « dignité » humaine, il est aussi question de sécurité alimentaire. Dans ces sociétés, les femmes représentent plus de la moitié des bras employés dans les champs. Sur le continent africain, elles constituent  70% de la force de travail, produisent sans doute près de 90% des denrées alimentaires, mais ne possèdent que 2% des terres. (2) La FAO cite une étude qui estime que la productivité agricole de l’Afrique sub-saharienne serait de 20% supérieure si les femmes avaient accès à la terre, aux graines, et aux engrais. (1) En attendant que les femmes, mieux éduquées, libérées des préjugés ancestraux qui leur interdisent de décider, et de posséder, la FAO propose une base de données qui renseigne sur le contexte foncier et la condition féminine dans 78 pays.  Cet outil est destiné aux décideurs qui travaillent à adoucir la condition des femmes dans les sociétés rurales, et a en faire des « actives » déclarées. Une belle intention qui ferait presque oublier que les sociétés se réforment de l’intérieur, et que les inégalités de « genre » ont le sommeil profond.

M.J

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(1) « Gender », FAO, http://www.fao.org/gender/gender-home/gender-why/why-gender/en/

(2) « Le femmes en Afrique », OCDE http://www.oecd.org/document/30/0,3343,fr_2649_33935_39362462_1_1_1_1,00.html


Publié le 25 février 2010 par marlene dans Agriculture.,Alimentation,Développement durable,Non classé
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Obama promet 300 millions de dollars pour nettoyer les Grands Lacs.

Bonjour,

Barack Obama promet une enveloppe de 300 millions de dollars pour restaurer le bassin des Grands Lacs. C’est beaucoup moins qu’attendu, crise financière explique. Mais c’est beaucoup mieux que l’effort consenti par ses prédécesseurs, selon l’avis des activistes environnementalistes. (1) Les Grands Lacs, quatrième littoral des Etats-Unis, sont une plaie environnementale. Un gros souci écologique partagé par le Canada.

Les Grands Lacs, un axe de colonisation.

Les Grands Lacs, étalés sur 1200 kilomètres d’Ouest en Est, partagés par huit Etats américains et deux provinces canadiennes, constituent l’une des plus grandes réserves d’eau douce de surface, 18% des ressources mondiales. Le lac Supérieur, le plus vaste, le lac Michigan, le seul assis en territoire américain, le lac Huron et le lac Erié, moins étendus, forment un réseau de mers intérieures reliées entre elles par des voies d’eau. Tous se jettent dans le fleuve Saint Laurent. Ce complexe hydrographique a porté le peuplement, et le développement des deux pays. (2) Les premiers explorateurs et colonisateurs européens ont utilisé ces voies navigables pour pénétrer à l’intérieur du continent. Dès le XIX°, des aménagements facilitent la navigation. Peu à peu, la région s’industrialise, des villes se constituent, l’agriculture se développe, et les forêts originales commencent à disparaître. Aujourd’hui, le dixième de la population des Etats-Unis et le quart de la population canadienne, tous dépendants des lacs pour leur eau potable, habitent  cet espace. Chicago, Detroit, ou Toronto signalent cette concentration humaine. Les industries, métallurgie, papeteries, chimie, automobile, l’ont colonisé. L’agriculture s’y est intensifiée, 7% de la production agricole des Etats-Unis, et 25% de celle du Canada. Si les pionniers, des trappeurs,  n’ont guère malmené cet écosystème, les vagues successives d’immigrants y ont laissé une empreinte durable. (2)(3)

L’ère des rejets.

Dans les années 60, on commence à établir un lien entre la dégradation du système des grands lacs et la colonisation. L’aménagement des terres, l’exploitation des forêts, l’urbanisation ont provoqué l’envasement des cours d’eau et des marais. Les zones portuaires sont des dépotoirs. Les villes et les industries souillent le réseau hydrographique. La prise de conscience des années 60 conduit à une amélioration dans les années 70. La pollution fait une petite pause, quelques espèces d’oiseaux et de poissons réapparaissent. Les Etats-Unis et le Canada s’accordent pour améliorer la qualité de l’eau. Malgré des règlementations plus strictes, le réseau  des Grands Lacs continue d’accumuler les résidus. (3)Après plusieurs décennies de maltraitance, l’écosystème a gardé la mémoire des produits chimiques toxiques, et celle des métaux lourds. D’autres nuisances s’y ajoutent. Les sels de déglaçage, qui servent à déneiger les routes, finissent à l’eau. Les eaux usées de l’agriculture et des villes continuent de s’y déverser. Les lacs offrent encore leurs vastes étendues aux pluies dénaturées par la pollution atmosphérique, principale ennemie du Lac Supérieur. L’invasion d’espèces malvenues, la moule zébrée, ou la carpe asiatique, menace gravement cet écosystème, et ses habitants. Autre source de pollution, une toxine issue d’OGM, très présents dans la région, s’accumulerait dans les sédiments du Saint Laurent.(4)

Accumulations.

Eaux souillées, espèces exotiques, sédiments chargés de toxines, habitats dégradés, algues invasives, les urgences s’accumulent. La carpe asiatique, qui menace d’envahir le Lac Michigan par les voies navigables, avec des conséquences désastreuses pour la chaîne alimentaire et les espèces locales, est l’une des priorités de l’Agence de Protection de l’Environnement ( EPA). La Commission des Grands Lacs, une agence qui représente huit Etats américains riverains et collabore avec les Canadiens, cherche des crédits pour réhabiliter le système des eaux usées, cause majeure de pollution dans les métropoles, Detroit, Cleveland, ou Chicago. L’EPA a déjà reçu plus d’un millier de requêtes, en provenance d’Etats, de communautés indiennes, de villes, d’universités, et d’autres lobbies, qui veulent de l’argent pour développer des projets de restauration. Les dossiers s’accumulent aussi.

M.J.

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(1) « Obama seeks $300 million for Great Lakes cleanup”, John Flescher, Seattlepi, 1-02-2010. http://www.seattlepi.com/business/1310ap_mi_budget_great_lakes.html

(2) Carte/ source : « Les grands lacs -Atlas écologique et manuel des ressources ». Rédigé conjointement par :Gouvernement du Canada Toronto (Ontario) et United States Environmental Protection Agency Great Lakes National Program Office -Chicago (Illinois) -3° edition

(3) Grand Lacs, Encyclopédie de l’Agora. http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Grands_Lacs

(4) Wikipedia, d’après un chercheur français, le Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada, et l’Institut de recherche en biotechnologie de Montréal.


Publié le 5 février 2010 par marlene dans Non classé

Agrocarburants, boire ou conduire ?

Bonjour,

Agrocarburants: boire ou conduire ? C’est la question posée par une étude américaine de la Rice University de Huston, intitulée ‘The Water Footprint of Biofuels : a Drink or Drive Issue ?”(1) Selon cette équipe de chercheurs, l’extension de cultures destinées à produire des agrocarburants pourrait affecter les ressources en eau, et dégrader la qualité des nappes souterraines. Cette étude met l’accent sur l’énorme quantité d’eau avalée par cet agro -business, et par la pollution aquifère occasionnée par l’emploi de fertilisants, de pesticides, et autres produits chimiques. Elle encourage donc les dirigeants à se soucier un peu plus de «l’empreinte -eau » laissée par ces cultures à grande échelle. Cette « empreinte -eau » résume deux inconvénients majeurs. Les pénuries liées à une explosion des cultures, nécessitant toujours plus d’irrigation. Et la pollution croissante de l’eau occasionnée par le drainage des produits chimiques employés, sans oublier l’érosion des sols. (2)

Une consommation d’eau différenciée.

Aux Etats-Unis, leader mondial d’agrocarburants principalement issus du maïs, la production a explosé au cours de la dernière décennie. Elle est passée de 1,7 milliards de gallons en 2001 à 3,9 en 2005, pour atteindre les 9 milliards en 2008. (3) (4) La consommation d’eau a suivi. Elle aurait augmenté de 246% entre 2005 et 2008. (5) Si les besoins en eau pour faire pousser ces plantes sont généralement élevés, ils ne sont pas les mêmes selon les conditions environnementales, les pratiques agricoles, et les variétés de culture. Et selon les Etats. D’après le rapport de la Rice University, Au Nebraska, il faut 50 gallons d’eau pour irriguer le maïs nécessaire à produire le carburant qui fera avancer une voiture, de consommation moyenne, d’un mile. Quand il n’en faudra que 23 dans le Nevada, toujours pour un carburant à base de maïs. Mais, au Texas, il faudra 115 gallons d’eau pour arroser le sorgho, qui produira la même quantité d’éthanol. (2)

Une plante moins assoiffée.

Les auteurs du rapport de la Rice University , qui trouvent cependant de bonnes raisons pour continuer à produire des carburants d’origine végétale, moins de pétrole importé et sources d’énergies diversifiées, brossent le portrait de la plante idéale. C’est simple. Elle devra être moins assoiffée, moins gourmande en pesticides, fertilisants, et autres substances chimiques. Il s’agira donc de trouver les plantes adaptées aux conditions environnementales locales, avec la pluie comme mode d’irrigation. C’est-à-dire, qu’il faudrait oublier le maïs dans les régions où il s’adapte mal. Mieux, le rapport propose l’option « Panic Raide », une céréale sauvage qui pousse en abondance aux Etats-Unis, et qui pourrait produire de l’éthanol. D’autres solutions à base de cellulose, déchets agricoles et forestiers, devraient être exploitées. Avantages majeurs, une matière première importante disponible un peu partout sur le territoire américain, sans les pressions environnementales. Moins de terres agricoles, moins de produits chimiques, et moins d’eau. Argument écologique complémentaire, utiliser le carburant là où il est produit (2)

Un nouvel équilibre.

La relation entre la production massive d’agro-carburants et les besoins en eau fait débat. En août 2007, à Stockholm, lors de la Semaine Mondiale de l’Eau, des experts avaient craint que le développement de la bioénergie absorbe des ressources indispensables au développement de l’agriculture vivrière. Avertissement repris par les chercheurs de la Rice University. Pedro Alvarez, le rédacteur du rapport, rappelle que pour produire un kg de pain, il faut 1000 litres d’eau, et 10.000 pour un kg de viande. La démographie planétaire renforce l’argument. Selon lui, dans un monde plus peuplé, les décideurs devront réglementer l’usage de l’eau, en fonction des besoins de l’agriculture et de l’élevage. Alvarez parle d’un nouvel équilibre: consommer moins de pétrole, sauver les revenus des fermiers, tout en préservant l’eau indispensable à l’agriculture. (6)

M.J

“Ethanol, the inconvenient truth”, l’eau et bien d’autres défauts…

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(1) Introduction au rapport: http://cohesion.rice.edu/centersandinst/shellcenter/research.cfm?doc_id=11975

(2) « Rice U. researchers ask if biofuels will lead to a ‘drink or drive’ choice – Report weighs balancing biofuels and water resources », June 2009, http://www.rice.edu/nationalmedia/news2009-06-12-biofuelandwater.shtml

(3)  Wipedia. http://en.wikipedia.org/wiki/Ethanol_fuel_in_the_United_States

(4) 1 US gallon = 3,785 litres.

(5) « Bioproducts and Biosystems Engineering », Y. Chiu, B. Walseth, S. Suth, Univerrsité du Minnsota, in « Biocarburants : une soif qui pèse sur les reserves des Etats-Unis », BE Etats-Unis 162, 17-04-2009. http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58699.htm

(6) “Researchers Say Increased Biofuel Production Could Harm Water Resources”, VOANews.com, , 23 June 2009 http://www.voanews.com/english/2009-06-23-voa62.cfm


Publié le 29 juin 2009 par marlene dans Actualité,biocarburants,eau,Non classé
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Pour se protéger de l’océan, le japon redessine ses rivages.

Bonjour,

Entre le port et le large, un rempart de béton déchire l’horizon. Une digue, parfois deux, perturbent le paysage marin pour protéger les petits ports d’Okinawa, exposés aux violences de la saison des typhons. Il faut dire que l’archipel d’Okinawa les collectionne. Au nord ouest de l’île principale, près de la ville de Nago, on creuse la montagne pour fabriquer du béton, bientôt converti en immenses tétrapodes, entassés devant le chantier avant d’être transportés au large. Les Japonais cassent leurs montagnes pour les jeter dans la mer. Et l’on est partagé entre un sentiment d’admiration pour ces travaux d’Hercule, et l’infini regret de voir ces espaces bouleversés, maîtrisés, aménagés. Dommage pour l’invitation au grand large, et la carte postale du lagon.

Tant pis pour les paysages littoraux.

Posé à un carrefour de plaques tectoniques, situé sur la route des ouragans, le Japon est un espace exposé aux séismes et au raz de marées. Au cours son histoire, le pays a été balayé par de nombreux tsunamis – ces gigantesques vagues souvent consécutives à des séismes- et secoué par des typhons saisonniers – accompagnés d’inondations et de vents dévastateurs-. Ces menaces venues de l’océan expliquent l’ardeur des Japonais à bétonner leurs côtes. L’archipel en compte 33 000 km. La stabilisation et la protection des littoraux, enjeu humain et enjeu économique, accompagne l’histoire du pays. La construction de digues et la lutte contre l’érosion marine est une pratique ancienne, vraisemblablement contemporaine à la conquête de terres sur l’eau. (1) Après la Seconde Guerre mondiale, notamment dans les années 60 et 70, les Japonais décident de sacrifier leurs perspectives littorales pour réduire l’érosion et adoucir l’effet des typhons et des tsunamis. Ils érigent des digues géantes, aménagent des brise-lames, construisent des barrages, des canaux déversoirs, créent des plages de sable, plantent une végétation qui colonise le rivage. La plupart des ports nippons du Pacifique, le littoral le plus exposé, s’abritent derrière des remparts. (2)(3)(4)

Tsunami, un mot japonais.

Au Japon, le calendrier des tsunamis est riche. Dès le VII° siècle, le Nihon Shoki, l’une des premières chroniques japonaises, mentionne un raz de marée dévastateur sur la côte pacifique.  Du XVII° siècle aux années 1960, le pays connaît une dizaine de tsunamis meurtriers. Chaque vague produit plusieurs milliers de victimes. Avec quelques records. En 1707, 30 000 personnes disparaissent. Plus loin dans le siècle, en 1792, un autre tsunami fait 15 000 victimes. En 1896, une vague de 40 mètres, provoquée par une éruption volcanique sous marine, emporte 25 000 personnes sur le littoral de Sanriku. Plus près de nous, en 1960, un tsunami consécutif à un séisme au Chili, fait 60 victimes. En 1993, une autre vague d’origine sismique provoque la mort de 230 personnes sur l’île d’Okushiri, à Hokkaido. Le tsunami, la pire des conséquences des séismes qui secouent l’archipel, est d’ailleurs un mot d’origine japonaise. Il associe « tsu » – « port » -à « nami » – « la vague » – pour raconter l’histoire de pêcheurs qui, après avoir navigué sur une haute mer calme, auraient découvert leur port dévasté au retour. (5)

Des typhons saisonniers.

Chaque automne annonce la saison des typhons, septembre et octobre. L’archipel en subit trois ou quatre par an, parfois plus. Ils arrivent par le Sud Ouest, en provenance de la Mer des Philippines. Ils peuvent atteindre une vitesse supérieure à 200 km/h, ils s’accompagnent de violentes précipitations. Ils dévastent tout sur leur passage. Ici encore, le calendrier est meurtrier. De 1947 à 1959, les typhons font 1500 victimes par an. (1) Dans l’histoire récente, deux typhons ont été particulièrement dévastateurs. En 1934, celui de Muroto fait plus de 3000 victimes. En 1959, à Ise, les protections ne résistent pas à la malheureuse combinaison d’un typhon et d’une marée. Le bilan est lourd, 5000 morts. Cette catastrophe aurait été prétexte à une législation et à de nouvelles mesures de protection. L’Etat et les administrations locales combinent désormais leurs efforts pour bétonner, et aménager l’espace littoral de façon à limiter les dégâts, et optimiser la réaction. (1) Comme les tsunamis, les typhons accompagnent l’histoire du Japon. Par deux reprises au XIII° siècle, ils épargnent au pays l’invasion mongole.

Protection, détection, et information.

Au Japon, 9000 kilomètres de digues et d’aménagements anti-tsunami ceinturent le littoral.(2) Un dispositif impressionnant, coûteux, mais pas forcément suffisant, ni assez résistant.(4) Les Japonais, formatés aux grandes catastrophes et servis par la technologie, travaillent aussi à la détection d’accidents telluriques et océaniques. Satellite, observatoires côtiers, stations météo, ou informations venues de l’étranger, le pays développe une stratégie de pointe qu’il améliore sans arrêt. En cas de danger, les bulletins météo alertent immédiatement les populations. Ils sont relayés par les media, radio et télévision, qui donnent des consignes. Une orchestration efficace doit permettre l’évacuation des populations, et leur acheminement vers des centres de secours. Chaque année, le 1er septembre, journée des catastrophes, est l’occasion d’une répétition générale. En attendant le « big one », le super séisme attendu d’ici 25 ans à Tokyo et dans la région du Kansaï, peut-être demain, et sa possible déclinaison en tsunami, la question des densités urbaines reste posée.

Pendant que le Japon continue de bétonner ses côtes et de modifier les lignes de ses rivages, un japonais, un photographe, restitue des perspectives marines intactes. Avec sa série « Seascapes », Hiroshi Sugimoto invite le spectateur à considérer la mer et le ciel avec le même regard que les premiers habitants de la terre ont posé sur ces paysages. Chaque photo, qui expose ciel et mer, s’organise autour d’une ligne d’horizon vierge, ouverte sur le grand large

M.J

Une vidéo détaille une ligne de défense sophistiquée contre les tsunamis….

(1) Philippe Pelletier, « Le Japon », in Chine, Japon, Corée, Tome 5, Géographie universelle, Belin, 1994, rééd. 2001, pp258-261, 266, 270. – (2) « Tsunami : Le Japon dépense sans compter pour se protéger », Michel TEMMAN , Libération, 28 décembre 2004– (3) « Gestion de l’eau et aménagement du territoire au Japon », Robert Fahri, attaché  pour la science et la technologie, Amabassade de France au Japon, aôut 2001, pp 10-11. http://www.riob.org/info_org/japon.pdf – (4) « Technologie du secourisme — Se préparer pour le prochain désastre naturel », Takahashi Koki et Torikai Shin-ichi, NIPPONIA No.33 15 juin, 2005http://web-japan.org/nipponia/nipponia33/fr/feature/feature05.html – (5) « Nippon Tsunami », Olivier Bleys, 19-02-2007. http://monvolubilis.canalblog.com/archives/2007/02/19/4056365.html


Publié le 15 janvier 2009 par marlene dans Catastrophe naturelle.,Japon,Non classé
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Climat, CO², et solidarité.

Bonjour,

La Conférence de Poznan sur le climat ouvre une voie incertaine vers Copenhague. Pourtant, dans un an, le monde devrait enclencher un effort décisif pour freiner les effets de la crise climatique. Alors que les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevées, il s’agira de composer un nouveau Traité plus ambitieux que Kyoto, qui prend fin en 2012.

Kyoto et son bilan.

Seul cadre juridiquement contraignant, Kyoto jette les bases d’une mobilisation mondiale contre le réchauffement climatique. Ouvert aux engagements en 1998, le Protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005. Il est alors ratifié par 55 pays, minimum imposé, qui figurent parmi les plus gros pollueurs en 1990. Kyoto, qui propose un calendrier de réduction de gaz à effet de serre, engage les pays industrialisés ou en route vers une économie de marché, à réduire de 5,5% leurs émissions de GES d’ici à 2012. Pour faciliter la réduction des Gaz à effet de serre, le protocole met en place des mécanismes dits  » de flexibilité « , qui permettent aux pays de s’adapter. Kyoto, qui compte aujourd’hui 183 membres, n’oblige que 37 pays à limiter leurs émissions.

En 2008, l’ONU dresse un bilan de Kyoto. En 2006, une quarantaine de pays industrialisés – c’est-à-dire un peu plus que ceux dotés de vraie contraintes – ont réussi à diminuer de 5% leurs émissions de CO², par rapport à 1990. Cette bonne conduite est valable pour la période 1990-2006. En regardant de plus près, la courbe  commence à s’inverser en 2000. Entre 2000 et 2006, les rejets augmentent de 2,3%. Les pays d’Europe centrale et orientale, d’abord plongés dans une crise économique pendant leur période de transition vers l’économie de marché, et donc moins polluants, auraient contribué à cette évolution. Mais quand leur économie se redresse à partir de 2000, leurs rejets de CO² suivent, plus 7,4% entre 2000 et 2006. L’ONU remarque que, globalement, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter.

L’Europe centrale et orientale défend son économie polluante.

Ce qui pourrait expliquer pourquoi les pays d’Europe centrale, nouveaux membres de l’Union européenne, et dont l’économie dopée par le charbon, compliquent les discussions sur les réductions de gaz à effet de serre. Exemple, la Pologne, le pays d’accueil de la conférence. La Pologne, 95% d’électricité à base de charbon, l’un des champions européens du rejet de dioxyde de carbone, n’a pas les moyens d’une conversion rapide à une économie propre. Elle craint que l’Union européenne ne lui impose ses objectifs contraignants, ce qui ne manquerait pas de secouer le pays : chômage dans les mines de charbon, hausse de la facture énergétique des ménages, et une plus grande dépendance énergétique, notamment vis-à-vis de la Russie. Alors tant pis pour l’atmosphère, la cohésion européenne, et les paysages polonais.

Plus polluants, moins riches, les pays de d’Europe centrale et orientale réclament plus de temps pour s’adapter. Ils souhaitent quelques privilèges pour continuer à polluer. Et ils comptent sur la solidarité européenne pour les aider à financer cette nouvelle transition vers une économie plus propre. La France, qui préside l’Union européenne, a réuni à Gdansk ces nouveaux membres – Pologne, Bulgarie, Hongrie, Roumanie, République Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie – pour tenter de les rallier à un plan climat européen, articulé autour du chiffre « 20 ». Moins 20% de CO² en 2020 par rapport à 1990, 20% de renouvelable dans la consommation européenne, et 20% d’économie d’énergie.

Copenhague en perspective.

Copenhague devra édicter un nouveau pacte climatique, articulé autour de trois priorités. Décider d’une politique de réduction des GES plus contraignante pour les pays industrialisés. Il est question de viser les 40% d’ici 2020, pour atteindre les 90% à l’horizon 2050. Seconde priorité, entraîner les nouvelles puissances émergentes dans cet effort international. La Chine est devenue le premier pollueur mondial, quand l’Inde, le Brésil, ou l’Afrique du Sud, ou le Mexique sont arrivés au niveau des pays industrialisés. Il s’agit encore d’imaginer des mécanismes de financement pour accompagner les pays pauvres, d’Afrique ou d’Asie, dans leurs efforts d’adaptation. En clair, il faut les aider à développer des technologies propres, technologies qui sont généralement au dessus de leurs moyens. Et leur donner les moyens de répondre aux conséquences du changement climatique, qui se fait déjà sentir dans nombre de pays.

La question de la déforestation, oubliée par Kyoto, source d’émissions, devra encore figurer sur le futur traité. Cette question a déjà été débattue à Accra, au Ghana, du 21 au 27 août dernier, lors d’une Conférence sur le climat et la déforestation, organisée par la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUC). Cette discussion, destinée à aborder l’après-Kyoto, a désigné la déforestation dans les pays en voie de développement, et en Afrique, comme l’une des priorités internationales. La destruction du couvert forestier, qui a des incidences climatiques dues aux émissions de CO², entraîne aussi une dégradation des sols et des écosystèmes. Avec le risque de priver les populations concernées de leurs ressources vitales. Copenhague devrait accompagner un développement plus respectueux de l’environnement dans les pays les plus exposés. Avec une probable contribution financière.

Retour à Poznan.

L’équipe Bush, présente à Poznan, devra bientôt céder la place à l’équipe Obama. Changement de direction, et changement de ton. En attendant que les Etats- Unis adhèrent à un nouveau traité sur le climat – les Etats-Unis, qui ont refusé de ratifier Kyoto, ne sont pas engagés à réduire leurs émissions de CO² -, hypothèse probable mais pas immédiate, Barack Obama a déjà chiffré ses objectifs. Il souhaite, à l’horizon 2020, ramener les émissions des Etats-Unis à leur niveau de 1990. Il va plus loin. Il propose une réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis à l’horizon 2050, toujours par rapport à 1990. La Chine, dont la croissance reste liée au charbon qui lui fournit de l’électricité, prend aussi conscience que sa propre pollution l’asphyxie. A Poznan, elle a fait preuve de bonne volonté, A condition que les pays riches montrent l’exemple, et l’aident financièrement à lutter contre le réchauffement. L’Europe, qui entre-temps s’est déplacée à Bruxelles pour négocier son fameux plan « Energie – climat », peine à trouver un compromis. Les pays d’Europe centrale et orientale, qui crient misère, pourraient bien bénéficier d’exemptions, assorties d’une enveloppe pour encourager leur coopération. Privilèges que pourraient envier les pays en voie de développement, déjà offerts au réchauffement, et sans moyens pour affronter la crise climatique. Un an avant Copenhague, le concert d’intérêts entendu à Poznan, pose la question d’une solidarité internationale. Et d’un front commun pour freiner les effets de la crise climatique.

M.j

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Publié le 11 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
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Ce NF3 qui charge l’atmosphère…

Bonjour,

Le NF3, un gaz à effet de serre produit par la fabrication d’écrans plats, de circuits intégrés, ou de panneaux solaires, charge dangereusement l’atmosphère. C’est le constat d’une équipe de recherche de l’Institut d’Océanographie de l’Université de Californie de San- Diego. Le trifluorure d’azote, son autre nom, serait 17 000 fois plus actif dans le processus de réchauffement que le CO², pourtant ennemi « numéro 1 ». Autre mauvaise surprise, il resterait dans l’atmosphère cinq fois plus longtemps que le CO², ce qui nous pousse à environ 550 ans. En 2006, la quantité de NF3 était estimée à 1200 tonnes métriques. De nouvelles méthodes d’investigation, développées par l’équipe américaine, ont permis de réactualiser sa présence, 4200 tonnes métriques. En 2008, il grimperait à 5400 tonnes métriques. Un résultat qui annoncerait une augmentation annuelle de 11%.

Les émissions de NF3, supposées faibles jusqu’alors, n’ont pas été prises en compte par le Protocole de Kyoto, outil international destiné à contenir les émissions de gaz à effet de serre. Kyoto ne retient que les gaz avérés dangereux pour la qualité de l’atmosphère, dioxyde de carbone (CO²) , méthane (CH4), ou halocarbures (HFC, PFC). Pour coller aux exigences de Kyoto, l’industrie électronique a délaissé les hydrocarbures perfluorés (PFC), pour utiliser du NF3, dont on supposait que 2%, seulement, s’échappait dans l’atmosphère.La découverte des scientifiques américains, publiée le 31 octobre prochain dans la « Geographical Research Letters », avait déjà filtré en juin dernier. Le journal de l’Union Géophysique américaine (AGU) qualifiait le NF3 de « gaz à effet de serre manquant ». Pour l’instant, « l’oublié de Kyoto »  ne contribue qu’à 0,04% d’un réchauffement global, largement induit par les émissions de CO² d’origine anthropique.

M.J

Article de référence : http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=933


Publié le 29 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
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