Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Cook, la carte postale et le lagon.

Bonjour,

Posé dans le Pacifique Sud, entre les îles des Samoa, de  Tonga,  et la Polynésie française, l’archipel des Cook se disperse en une quinzaine de terres d’origine volcanique.  Les îles Sud sont des atolls, ceinturés par une barrière de corail. La plus importante, la plus peuplée, environ  les ¾ des habitants, s’appelle Rarotonga. C’est d’ailleurs à Rarotonga que l’on atterrit après un voyage d’une dizaine d’heures en provenance de Los Angeles. La Nouvelle Zélande accompagne la vie politique, en matière de Défense et de politique étrangère, de cette petite démocratie parlementaire. Les citoyens de Cook disposent  d’un passeport Néo-Zélandais. Et  il y a sans doute plus d’insulaires originaires de Cook en Nouvelle Zélande, que dans l’archipel lui-même. Les 20.000 habitants, en grande majorité Maoris et d’origine maorie, parlent l’anglais et communiquent dans leur langue. Si Cook est un petit territoire émergé d’à peine 250 km², son  territoire maritime s’étend sur près de 2 millions de km², bénéfice de la ZEE, la zone économique exclusive, qui l’étire à 200 miles marins au-delà des côtes. (1) Paradis fiscal, Cook sent bon la fleur de tiaré. Les touristes, première source de revenus de l’archipel, viennent y chercher le soleil quand l’hiver s’attarde aux Etats-Unis, en Australie, ou en Nouvelle Zélande. Si l’archipel cultive les perles et les clichés de ses cartes postales, la vie insulaire réserve quelques surprises  Pourquoi n’y a-t-il pas de pirogue dans le lagon, et pas, ou peu de poissons frais sur les étals des marchés ? C’est dans l’une des gazettes des  îles Cook, le « Cook Island News » que l’on trouve quelques réponses.

Le lagon intoxiqué.

Cook, ou plus particulièrement le groupe d’îles le plus méridional, dont Rarotonga, est affecté par la ciguatera. La ciguatera est une intoxication provoquée par une micro-algue dont les toxines se diffusent dans la chaine alimentaire, puis s’accumulent dans l’organisme des poissons et des crustacés. Cette contamination du lagon, qui se développe en une vingtaine de mois dans un système corallien malade, interdit la consommation de la pêche. Chez l’homme et chez l’animal, la ciguatera provoque des symptômes gastro-entériques, neurologiques, ou cardiaques. Dans les îles du  Pacifique de langue française, on l’appelle la gratte. La ciguatera, observée dès le XV° siècle à Vanuatu par des marins portugais, sans doute responsable d’une intoxication  à bord de l’un des navires du capitaine Cook dans les années 1770, infecte les eaux de l’espace tropical. Elle est connue dans la mer des Caraïbes, dans l’Océan Indien, et dans le Pacifique, Polynésie française, Fidji, Samoa, Vanuatu, Hawaï, ou l’archipel des Cook. Dans ce Pacifique insulaire, la ciguatera est tracée depuis les années 70. (2)Une enquête menée pendant la décennie 1998-2008 montre que son incidence annuelle – la fréquence d’une maladie dans la population – a augmenté de 60% depuis la décennie 1973-1983. Au cours des 35 dernières années, résume l’enquête, 500.000 insulaires ont été contaminés par la ciguatera. Jusqu’aux années 90, elle est pratiquement inconnue dans les îles Cook, puis augmente après 2005. L’incidence  y progresse de  2/100.000 – 1973/1983 – à 1,554/100.000 -1988/2008 -, sans pour autant annoncer une hécatombe. Cet indice est beaucoup plus élevé dans d’autres îles. Dégradation des systèmes coralliens et réchauffement climatique, les spécialistes s’attendent à une augmentation de l’incidence de la maladie dans le Pacifique. Si l’évolution des récifs est encore incertaine, les effets de la ciguatera sur le mode de vie des insulaires, et sur leurs habitudes alimentaires, est plus précis. (3)

Santé et sécurité alimentaire.

A Cook, la gazette locale nous apprend qu’une enquête de santé menée en 2010 – sur un échantillon de 300 personnes  – révèle que 80% des insulaires, des hommes, limitent leur espérance de vie à 65 ans, cinq ans de moins que celle des femmes. Ces hommes, privés de pêche ou d’activités agricoles par un mode de vie insulaire qui a changé, nourris depuis quelques années à la junk food, souffrent d’hypertension, de cholestérol, de diabète, et multiplient les risques cardiaques. (4) Diagnostic confirmé par la précédente enquête. (3) Plus visible, l’obésité qui déforme des corps autrefois habitués à l’effort, et qui  freine la démarche de leurs compagnes, pourtant soucieuses de cette fleur de tiaré piquée dans les cheveux. La silhouette svelte et musclée de ceux qui travaillent encore la terre souligne cette métamorphose. L’obésité des populations insulaires du Pacifique est l’une des plus élevées au monde. Un record emmené par les habitants de la République de Nauru, talonnés par ceux de Cook. Cette obésité, qui peut signaler une prédisposition génétique, ou  répondre à d’autres critères de beauté, est cependant largement imputée à une vie moins active, doublée d’une occidentalisation des régimes insulaires.(3) (5)Les insulaires consomment massivement des produits importés, farine et sucre blancs, conserves de viande et de poissons, margarine, céréales, sucreries, et canettes de soda, au détriment des fruits et légumes produits sur place. Et de leurs vitamines associées.(5) A Cook, les montagnes de pots de mayonnaise qui s’empilent sur les étals des supermarchés, signalent un changement de régime, qui coûte cher. Si ce type de produits valorise certains insulaires, qui ont les moyens de consommer une nourriture importée, il pose, à terme, la question de la sécurité alimentaire.  Certaines îles, qui se détournent de leurs habitudes de pêche, d’agriculture, ou de cueillette, importent jusqu’à 90% de leur nourriture. (5)

Touristes.

Encore la gazette locale. Les habitants des îles Cook, pourtant dotées d’une ZEE de plus de 2 millions de km², consomment  plutôt moins de poisson que d’autres insulaires du Pacifique. Quand la World Health Organisation, l’organisation mondiale de la santé, estime à 35 kg la consommation minimale  annuelle recommandée pour se maintenir en bonne santé, un habitant de Cook se contente de 25 kg. Avec une fracture géographique. Un menu mieux doté en produits de la mer dans les îles du Nord, aux eaux plus poissonneuses, et plus de produits congelés et de conserves dans les îles du sud. La ciguatera, qui interdit les eaux du lagon et des récifs des zones les plus peuplées, contribue à cette sous-consommation. Au début de l’année 2011, les étals des poissonniers de Rarotonga, sont restés vides pendant quelques semaines. La gazette, qui additionne bateaux et  poissons, signale un secteur en déclin depuis 2004. Au nord, une vingtaine de navires pêche le thon, et quelques espèces pélagiques, soit environ 6000 tonnes par an. Une flotte plus réduite, moins d’une dizaine de bateaux, explore les alentours de  Rarotonga pour ramener du thon albacore, du wahoo, ou du mahi-mahi, environ 5000 tonnes de poissons ces cinq dernières années. Une petite flotte artisanale travaille pour le marché touristique, et une pêche côtière au trolley alimente le marché local de quelques tonnes supplémentaires. Les quotas sont serrés, la réserve s’épuise. Alors Cook compte sur la beauté de son lagon qui, même moribond,  continue à attirer les touristes. (6)

M.J

 

Retour au paradis….

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(1) Cook Islands, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Cook_Islands

(2) Ciguareta, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Ciguatera

(3) Ciguatera Fish Poisoning in the Pacific Islands (1998 to 2008), Mark P. Skinner1, Tom D. Brewer2, Ron Johnstone3, Lora E. Fleming4,5, Richard J. Lewis6*, PLOS, Neglected Tropical Diseases,

http://www.plosntds.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pntd.0001416

(4) “Minding mens health”, Rosie Manins, Cook Island News, 4 may 2001, http://www.cinews.co.ck/2011/May/Wed04/other.htm#1104300905

(5) Pacific Islander diet, http://www.diet.com/g/pacific-islander-diet, “Maltese are among world’s most obese” Ivan Camilleri, Brussels, Sunday Times, 01-05-2011, http://www.timesofmalta.com/articles/view/20110501/local/Maltese-are-among-world-s-most-obese.363119

(6) “Local fish consumption below par”, Rosie Manins, Cook Island News, 4 May 2011, http://www.cinews.co.ck/2011/May/Wed04/other.htm#1104300905

 

 

 


Publié le 25 juin 2012 par marlene dans Alimentation,Ecosystèmes.,Océans,Pacifique,Pêche.,Pollution de l'eau
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« Seascapes »

Bonjour

New-York, une nuit de l’année 1980, Hiroshi Sugimoto s’interroge:”Quelqu’un peut-il aujourd’hui voir une scène tel que l’homme primitif pourrait l’avoir fait? ”(1) Il poursuit sa réflexion: ”Cent mille ou un million d’années plus tôt, le Mont Fuji aurait-il semblé si différent qu’il est aujourd’hui? ”(1) Malheureusement, les hauteurs sont parfois soumises à des accidents morphologiques au cours de leur histoire. Comme ce voisin du Mont Fuji, le Mont Hakone, qui à la suite d’une éruption explosive voit l’un des de ses flancs s’effondrer pour donner naissance à un lac de cratère, le lac Ashi . “Deux rivaux en hauteur – quelle magnifique vue cela doit avoir été.”(1) regrette encore Hiroshi Sugimoto qui imagine le Mont Hakone à côté du Mont Fuji.  Il est en quête d’un paysage qui a traversé les âges sans bouleversement topographique. Un paysage immuable. Et il pense à la mer. En 1980, Hiroshi Sugimoto commence son voyage à travers le temps, et à travers le globe, pour photographier des paysages marins tels qu’ils ont pu apparaître aux premiers spectateurs. Cette collection, déclinaison de blancs, de gris, et de noirs, traversés par une ligne d’horizon nette ou estompée, révèle des paysages tous à peu près semblables, et tous absolument différents. Le dernier date de 2002.

 

Hiroshi Sugimoto, photographe japonais, architecte, le Go-Ho-Shrine ,  est né à Tokyo en 1948. Il partage sa vie entre New York et sa ville natale. Très tôt il lit André Breton, qui le conduit au Surréalisme et au Dadaïsme. Il s’intéresse aussi au travail de Marcel Duchamp  qui lui inspire “Concptual Forms”, (2004) une série sculptures façonnées à partir de formules mathématiques. Depuis le début de sa carrière, il accumule les séries. “Dioramas” (1975-1999) envisage une histoire photographique du monde, où les scènes primitives empruntées au Musée américain d’Histoire naturelle de New York, servies par une technique méticuleuse, semblent réelles. “Theaters” http://www.sugimotohiroshi.com/theater.html   (1975-2001), qui capture un film avec un appareil photo au risque de le faire disparaître de l’écran, “Chamber of Horrors”  (1994-1999), scènes de meurtres et d’exécutions saisies au Musée de cire de Madame Trussauds à Londres, “Architecture  (1997-2002), qui interprète quelques formes architecturales du début du XX° siècle, ou “Praise in Shadows”  (1988), qui restitue la lumière douce des bougies à l’époque de l’électricité, liste incomplète qui  témoigne d’un œil avide. A la façon de ‘Seascapes”, chacune de ces séries naît d’un postulat particulier, un monologue intérieur qui conduit le processus créatif. Avec sans doute une intention, celle d’utiliser la photographie pour capturer, le plus fidèlement et le plus objectivement, l’apparence du monde. (1)

 

Sur son site, Hiroshi Sugimoto revient sur deux éléments essentiels de la série « Seascapes »: “Mystère des mystères, l’eau et l’air sont ici avant nous dans la mer. Chaque fois que je vois la mer, je sens un sentiment de sécurité apaisant, comme visiter la maison de mes ancêtres, j’embarque pour un voyage d’observation.”

M.J

 

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(1) Cette introspection créatrice est tirée de l’introduction à la série Seascapes, exposée dans l’ouvrage “Hiroshi Sugimoto”, Kerry Brougher and Pia Müller-Tamm, Catalogue designed by Takaaki Matsumoto, ed. Hatje Cantz, 2010 – “Seascapes”, 1980-2002, p108  à 143.

(2) “Hiroshi Sugimoto”, Kerry Brougher and Pia Müller-Tamm, Catalogue designed by Takaaki Matsumoto, ed. Hatje Cantz, 2010.


Publié le 4 juin 2012 par marlene dans Océans,photographie
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Yeosu, plaidoyer pour l’Océan.

 

Bonjour,

Yeosu est une cité assise sur un littoral découpé qui plonge dans un paysage insulaire, dans le Sud de la péninsule coréenne. C’est dans ce décor, entre terre et mer, que s’est installée jusqu’au 12 aout prochain l’EXPO 2012. Intitulée  « Pour des côtes et des océans vivants », elle vise à sensibiliser le public et les décideurs  sur les pressions qui pèsent sur les océans, les systèmes côtiers, et leurs ressources. La « Déclaration de Yeosu », texte final adopté par les pays présents à l’exposition, doit imaginer un avenir plus doux à un complexe océanique qui occupe près de 70% de la surface du globe. L’UNEP, le programme des Nations Unies pour l’environnement, y tient pavillon aux côtés dune vingtaine d’agences, dont l’Organisation Maritime Internationale, (OMI), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), ou le Programme alimentaire mondial (PAM). Les océans constituent une réserve de nourriture de première importance.

4 milliards de consommateurs de poissons.

En 2009, la population mondiale a absorbé 122 millions de tonnes de poissons, crustacés, et autres mollusques.(3) Une demande en hausse car les produits de la mer constituent une source de  protéines de qualité, encore largement abordable pour les ménagères du monde émergent. Plus de 4 milliards de personnes consomment du poisson, qui représente en moyenne 15% de l’apport en protéines du menu planétaire. (3) En Afrique, en Chine, en Asie, il constitue la principale source de protéines d’origine animale des foyers les plus pauvres. L’Océan est ensuite une immense industrie qui emploie plus de monde que l’agriculture traditionnelle. En 2009,  plus de 180 millions de personnes travailleraient dans l’exploitation des produits de la mer, de la pêche à l’aquaculture, à temps plein ou à temps partiel.(3) Elargie à l’échelle familiale, un qui travaille, quatre ou cinq qui en bénéficient, la pêche et les activités associées feraient vivre 540 millions de personnes dans le monde. Environ 8% de la population mondiale. (3) Si l’UNEP (2011) note un léger recul de la pêche depuis une dizaine d’années, à l’exception du thon, les pressions sur l’écosystème marin restent intenses.(4)

Des agressions connues.

L’aquaculture, qui produit plus de 50 millions de tonnes des poissons, près de la moitié de la consommation mondiale, est un secteur en pleine expansion. Avec quelques traces durables dans l’environnement côtier et marin, rejets chimiques, menace pour les colonies de poissons sauvages, altération des systèmes de mangrove et coralliens. En 2011, la FAO estime que l’élevage de crevettes, grosses et petites, a été multiplié par 400 entre 1992 et 2009, principalement sur les côtes d’Asie, en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, au Sri Lanka, ou sur les côtes du Chili.(5) Autre agresseur des littoraux et de la vie aquatique, le touriste et son écosystème de béton, hôtels, résidences, parkings, ou marinas. (1) Les océans sont encore soumis au réchauffement climatique. L’eau qui se réchauffe de 0,2°C au début des années 90, affiche + 0,5°C en 2010. (3) Conséquence,  le niveau des mers s’élève. Plus 2,5 mm par an entre 1992 et 2011, résultat de la dilatation d’une eau plus chaude, et de la fonte des glaces de l’Arctique, de l’Antarctique, et du Groenland. (3) Parmi les multiples perspectives géographiques d’une mer qui monte, la question des petites Nations insulaires, sans doute vouées à la submersion. La pollution et le réchauffement climatique menacent mangroves et coraux. En 2010, l’UNEP estime que 1/5° des mangroves, installées surtout dans l’espace intertropical, ont disparu dans le monde, à un rythme 3 à 4 fois plus élevé que pour les autres forêts. Aujourd’hui, cette déforestation se calme, la restauration progresse. La mangrove, qui protège l’espace côtier et assure le renouvellement de nombreuses espèces de poissons, est aussi un enjeu économique. Toujours selon l’UNEP (2010), un hectare de mangrove peut générer entre 2000 et 9000 US dollars par hectare, bien plus que le tourisme. Les récifs coralliens, eux aussi indispensables à l’équilibre économique de nombre de régions, sont soumis à des pressions très localisées. En février 2011, l’UNEP estime que l’agression conjuguée,  pêche excessive, aménagement des littoraux, et  pollutions diverses, menacent plus de 60% des récifs coralliens de la planète. A plus grande échelle, le déclin du corail serait également lié à l’acidification des océans, L’absorption de CO² d’origine atmosphérique, qui diminue le ph des eaux, réduit partout la vie aquatique et fait muter les espèces.

RIO+20

L’Expo 2012, dont la déclaration finale devrait engager les pays émergents à se développer plus en douceur, en mer et dans l’espace côtier, regarde vers le RIO+20. Ce nouveau Sommet de la Terre, réuni du 20 au 22 juin 2012 au Brésil, vingt ans après la rencontre « Planète terre », s’intéressera aux possibilités d’une « économie verte dans le contexte du développement durable et l’éradication de la pauvreté. » Les Océans seront l’un des sept dossiers du RIO+20. D’où le message envoyé depuis Yeosu, celui d’une possible transition entre une surexploitation des milieux marins et des littoraux, et une gestion plus soft d’un patrimoine qui montre déjà ses limites.

M.J

 

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(1)“Protecting Oceans Equals Protecting Our Planet”, IPS U.N. Bureau Chief Thalif Deen Interviews AMINA MOHAMED, deputy executive director of the U.N. Environment Programme, 09-05-2012 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=107729

(2) “Expo 2012 to Focus on Protecting World’s Marine Resources”
U.N. Bureau Chief Thalif Deen interviews Commissioner General SAM KOO, IPS, 16-05-2012, http://ipsnews.net/news.asp?idnews=1070

(3) “Oceans and Coasts: Connecting Our Lives, Ensuring Our Future- The Choice is Yours”, UN, Expo 2012  http://www.un-expo2012.org/index.php/one-un/fact-sheets

(4) UNEP 2011

(5) FAO 2011

 

 

 

 


Publié le 23 mai 2012 par marlene dans Climat,Développement durable,Elevation des mers.,Océans,Pêche.,Pollution de l'eau
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