Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les « e-déchets », une « e-opportunité » pour le Sud ?

Bonjour,

La géographie de la production de déchets électroniques est en train de glisser vers le « Sud », et les pays émergents. Si les Etats-Unis, qui accumulent chaque année 3 millions de tonnes de « e-déchets », cellulaires, ordinateurs, imprimantes, ou frigidaires, restent les leaders de la pollution électronique planétaire, ils sont aujourd’hui talonnés par la Chine. Les Chinois, qui récupèrent toujours l’électronique obsolète des pays riches pour la recycler, se débarrassent chaque année de  2,3 millions de tonnes de « e-déchets », production maison. Hausse du niveau de vie, et accès à la consommation expliquent. Et ce n’est pas fini. Un rapport de l’ONU,  publié fin février, multiplie par 7 le nombre de téléphones mobiles qui seront jetés en 2020 en Chine, estimation rapport à  2007. En Inde, pour la même période, le nombre de portables abandonnés sera multiplié par 18. D’ici à une dizaine d’années, en Inde, en Chine, et en Afrique du Sud, l’ONU prévoit que le nombre d’ordinateurs hors d’usage augmentera de 400 à 500%. En Colombie, au  Kenya, on consomme de plus en plus d’électronique, frigos, télés, PC, imprimantes, cellulaires, appelée à finir à la benne, aujourd’hui ou plus tard. Le Brésil, le Mexique, et le Sénégal, produisent déjà plus d’ordinateurs usagés par habitant que les onze pays émergents, visés par cette étude. (1)

Un recyclage anarchique.

Contribution des pays émergents et  augmentation attendue du volume de « e-déchets », une accumulation qui pèse sur la question du recyclage. Les « e-dechets » voyagent traditionnellement des pays du Nord vers ceux du Sud, la Chine, l’Inde, le continent africain, ou l’Indonésie. A l’issue d’un périple, souvent illégal, les machines sont désossées par une armée de travailleurs pauvres. Ils travaillent sans protection, en plein air, pour récupérer dans le ventre d’un ordinateur aux performances dépassées, ou dans celui d’une télévision déchue par la génération des « écrans plats » tout ce qui peut se vendre, plastique, cuivre, ou débris d’or. Les recycleurs, exposés à des gaz, des solutions acides, ou des fumées toxiques, libèrent  aussi du mercure ou du plomb, qui finit dans le paysage environnant. En Chine, la rivière Lianjiang, située à proximité d’un centre de recyclage, présentait en 2005 des taux de plomb 2400 fois plus élevés que ceux admis par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). (2) Dans ce rapport intitulé « Recycler – Du déchet électronique à la ressource », l’ONU propose d’organiser une filière du tri, moins agressive, et source d’emplois pour les pays émergents.

Une « e -opportunité » ?

« Il faut que les déchets de l’un deviennent les matières premières de l’autre », simplifie Konrad Osterwalder, sous – secrétaire général de l’ONU. Plus compliqué, il s’agit de structurer et de formaliser l’activité du tri pour adoucir les conditions de travail des recycleurs, et épargner leur lieu de vie. Il s’agit aussi de récupérer un certain nombre de matières premières pour les réutiliser. Une façon de limiter l’extraction minière, et son impact environnemental. Ce recyclage « encadré » serait une étape intermédiaire vers une « économie verte », créatrice d’emplois réguliers et plus décents. Plus facile à dire qu’à faire car le bricolage d’ordinateurs et de portables hors d’usage est une activité souvent informelle, éclatée, et anarchique. La Chine, principale destination du « e-waste » en provenance des pays développés malgré l’interdiction d’importation, leader du dépeçage informel, est le mauvais élève du groupe. Les « e-déchets » y sont souvent brûlés pour un gain mineur, comparé à la pollution produite. A l’inverse, le Brésil, la Colombie, le Mexique, le Maroc, et l’Afrique du Sud, où le secteur informel est limité, présenteraient un terrain intéressant pour développer un recyclage propre. Mais pas si simple d’exporter des capitaux, des technologies, et des savoirs, pour organiser un tri dans des pays habitués à une « récup » de survie. D’ailleurs, le rapport propose que certaines opérations délicates, traitements de circuits électroniques ou de batteries, soient effectuées dans les pays riches, qui maîtrisent ce savoir-faire. C’est aussi une bonne idée de déplacer la géographie du traitement de certains « e-déchets » vers le « Nord », et les pays riches.

M.J

Image de prévisualisation YouTube

(1) Chine, Inde, Afrique du Sud, Ouganda, Sénégal, Kenya, Maroc, Brésil, Colombie, Mexique, Pérou.

(2) « Les déchets électroniques, la face cachée de l’ascension des technologies de l’information et des communications. » PNUE, GRID Europe, Janvier 2005 http://www.grid.unep.ch/product/publication/download/ew_ewaste.fr.pdf


Publié le 9 mars 2010 par marlene dans déchets,Préjudice écologique,Santé.
Tags :: , ,

Des « e-déchets » mieux traités chez les autres…

Bonjour,

Les « e-déchets »  sont mieux traités chez les autres. C’est pour cela que le monde occidental, Europe et Etats-Unis en tête, envoie ses vieux frigos, ses imprimantes en fin de vie, ou ses ordinateurs devenus obsolètes, vers les pays en voie de développement. Chaque année, des millions de tonnes de déchets électroniques, chiffres en hausse , sont débarqués en Chine, en Inde, ou en Afrique. Et c’est souvent sous prétexte d’une aide à l’informatisation que les Africains récupèrent des ordinateurs, juste bons à ouvrir pour en récupérer les composants. La question du « recyclage » des « e-déchets » est au cœur de ce drôle d’échange « Nord-Sud ».

Quand les « e-déchets » prennent le bateau….

Dans un monde qui consomme de plus en plus d’ordinateurs et de téléphones portables, à durée de vie de plus en plus courte, le tas de « e-déchets » gonfle à vue d’œil. D’après Greenpeace, chaque année, 20 à 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits dans le monde. Un volume qui augmente de 3 à 5% par an. Pour se faire une idée plus précise, chaque jour, 350.000 téléphones cellulaires et 130.000 ordinateurs sont jetés à la poubelle aux Etats-Unis. (1) De l’autre côté de l’Océan, l’Europe produit environ 8,7 millions de tonnes de « e-déchets ».(PNUE) L’Asie alimente aussi la décharge, 12 millions de tonnes par an. (Greenpeace) L’Inde, pays récepteur, est aussi producteur, 150.000 tonnes par an. (Toxics Alert) Côté recyclage, c’est plus flou. Aux Etats-Unis, une grosse partie du matériel électronique usagé, peut-être 80%, s’exporte par bateau.(1) En Europe, 70% de ces déchets bien encombrants disparaissent dans la nature. Ils s’accumulent plus probablement dans un train, ou s’entassent dans des conteneurs chargés sur un bateau, à destination d’un port africain. (2)

Le ventre empoisonné des ordinateurs.

Après avoir longtemps été expédiées en Chine, en Inde, au Pakistan, en Russie, les cargaisons de « e-déchets » accostent aussi dans les villes portuaires du continent africain, Lagos, Nairobi, Accra, Cotonou, ou Lome. Chaque mois, 500 conteneurs de matériel informatique sont débarqués au Nigéria. (BAN) Au Kenya, on en dénombre une cinquantaine par an, principalement en provenance des Etats-Unis et de Grande Bretagne. (3) Le Ghana est également devenu une destination de choix pour l’informatique déclassée par les Américains et les Européens. (4) En Afrique, où les ordinateurs sont en principe promis à un seconde vie, dans les écoles, les hôpitaux, ou les cybercafés, le matériel débarqué est souvent bon pour la casse. Selon le PNUE, 25% à 75% des ordinateurs qui arrivent chaque mois dans le port de Lagos sont inutilisables. Alors, pour récupérer les composants et les quelques bouts de cuivre qu’ils iront vendre, les pauvres de Lagos, de Nairobi, ou d’Accra désossent ces carcasses à mains nues, et à visage découvert. Ils ne savent pas que ces déchets électroniques contiennent du plomb, du mercure, ou du cadmium. Ils ne savent pas non plus que le plastique brûlé, utilisé pour isoler les fils électriques, libère des substances très nocives. Le paysage encaisse aussi.

Une législation internationale impuissante.

Ce recyclage, bon marché pour les fabricants et les utilisateurs, est aussi le lot de Delhi, de Karashi, et de nombre de petites villes indiennes ou chinoises, improvisées en dépotoirs. La ville de Guiyu , en Chine, est même devenue une plate-forme logistique pour le retraitement des déchets. Des paysans y brûlent des circuits sur des feux de charbon pour récupérer du plomb, pendant que d’autres utilisent de l’acide pour extraire de petits bouts d’or. « Vous voyez des femmes assises brûler des adaptateurs d’ordinateurs portables, avec des rivières de cendres qui dégoulinent des maisons », commente Jim Puckett, fondateur du BAN. (1)Le Basel Action Network est une organisation qui dénonce ces flux de marchandises empoisonnées, pourtant règlementés par la juridiction internationale. La Convention de Bâle, en vigueur depuis 1992, interdit tout échange de déchets contenant des matières toxiques. Chaque pays doit, en principe, traiter sa production sur son sol. Parenthèse, les Etats-Unis n’ont pas signé la Convention. En 2006, la Conférence de Nairobi, qui fait le point sur le transit des déchets dangereux, constate que la Convention de Bâle ne fonctionne pas. A l’échelle européenne, deux textes règlementent le cycle des « e-déchets » (DEEE et ROHF) De son côté, Greenpeace publie un état des lieux trimestriel de la politique de recyclage des entreprises. Pas brillant. Au dernier classement (2008), Nokia qui a implanté 5000 points de collecte de cellulaires usagés à travers 124 pays, arrive en tête. Sony, qui doit recycler la moitié de ses portables et de ses TV, surtout dans les pays riches, peut mieux faire. En bas de liste, Nintendo, avec un zéro pointé en matière de « e-waste. »

M.J

Electronic Waste, Chine et Inde.

Image de prévisualisation YouTube

(1) “E-Waste Not”, by Bryan Walsh, Time

http://www.ban.org/ban_news/2009/090108_ewaste_not.html

(2) « Novethic/ Recyclage ordinateurs : le cadeau empoisonné. »

http://www.novethic.fr/novethic/v3/article.jsp?id=117862

(3) http://www.contaminations-chimiques.info/?2007/11/06/168-vu-du-kenya-nos-dechets-electroniques-detruisent-la-sante-de-centaines-d-enfants

(4) http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/le-ghana-poubelle-pour-les-e-dechets-25740


Publié le 26 mars 2009 par marlene dans Actualité,déchets,Préjudice écologique,Santé.
Tags :: , ,

OMS, Médecins du Monde: la santé pour tous.

Bonjour,

Le dernier rapport de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pointe des  inégalités flagrantes d’accès aux soins à l’échelle planétaire. Inégalités face à l’espérance de vie, quarante ans séparent désormais les pays riches des pays pauvres. Inégalités face aux dépenses publiques de santé, 6000 dollars par an et par personne pour les pays nantis, contre 20 dollars pour les plus pauvres. Sans compter plus de cinq milliards d’habitants des pays, plus ou moins défavorisés, qui règlent leurs soins directement en espèces. L’augmentation du coût de la santé et la désorganisation des systèmes de protection fabriquent chaque année 100 millions de pauvres supplémentaires. Inégalités encore face à l’accompagnement à la naissance, avec une incidence sur la mortalité des femmes et des nourrissons. “Une mortalité maternelle, infantile et des moins de cinq ans élevée révèle un manque d’accès à des services de base tels que l’approvisionnement en eau propre et l’assainissement, la vaccination et une nutrition appropriée.” regrette la Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman, qui mise sur une médecine simple, et équitable. Trente ans après la conférence d’Alma-Ata, qui annonçait le développement des soins primaires dans le monde, avec l’ambition d’une santé pour tous, les inégalités en matière de « résultats sanitaires et d’accès aux soins », sont plus marquées aujourd’hui. Ce dernier rapport de l’OMS s’intitule d’ailleurs : « Les soins de santé primaires – maintenant plus que jamais ».

La santé, une menace pour la « stabilité sociale ».

Dans un monde où les riches sont mieux portants et bénéficient d’un meilleur accès à la santé, les pauvres se heurtent à un système de santé inefficace, inadapté, et souvent inabordable. Faute de moyens ou de volonté politique, beaucoup de pays pauvres ont laissé tomber l’idée d’une « médecine pour tous », excluant les plus démunis et les populations marginales. Selon le rapport de l’OMS, les conditions “d’accès inéquitable, de coûts qui appauvrissent et d’érosion de la confiance dans les soins de santé constituent une menace pour la stabilité sociale.” Le rapport pointe encore l’inadaptation d’un système qui a privilégié les maladies, la technologie, et les soins spécialisés. Cette spécialisation de la médecine, qui s’est effectuée au détriment des médecins de famille et des infirmiers, n’est pas adaptée à une demande, à la fois plus basique et plus généraliste. « Lorsque la santé est laissée de manière disproportionnée aux mains des spécialistes, toute une série de mesures protectrices et préventives tend à se perdre. », note le résumé du rapport. Selon l’OMS, la prévention permettrait de diminuer la morbidité. mondiale de 70%. Autre handicap, la marchandisation de la médecine. La recherche de profits, qui génère des examens et des actes superflus, des hospitalisations abusives, exclut aussi ceux qui ne peuvent pas payer. D’où la nécessité d’un retour vers les soins primaires, leitmotiv de ce rapport.

« Oubliés de la santé » dans un pays riche.

Inégalités à l’échelle mondiale, et inégalités à l’intérieur des pays. L’OMS cite l’exemple de Nairobi, au Kenya. Si dans les quartiers chics, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans reste inférieur à 15 pour mille, il grimpe à 254 pour mille dans les bidonvilles. Le rapport de Médecins du Monde, intitulé « L’accès aux soins des plus démunis en 2008 », montre qu’il n’y a pas besoin de voyager pour constater l’inégalité d’accès aux soins à l’échelle d’une société. Même « riche ». Ce rapport annuel, qui salue le 17 octobre, journée internationale du refus de la misère, s’intéresse aux « oubliés de la santé », la clientèle française de Médecins du Monde. L’ONG relève que 2 patients sur 10 disposent d’une « couverture maladie », quand 80% pourraient en bénéficier. La moitié d’entre eux nécessitent des soins longs, six mois. Le quart des patients qui pousse la porte de Médecins du Monde présente des pathologies lourdes, diabète ou cancer. Sans parler des taux de prévalence du VIH et des hépatites en Île de France, jugés «  inquiétants ». Des conditions de vie précaires et des prises en charges tardives, « faute d’ouverture de droits », aggravent les diagnostics. En regardant le rapport – accessible en haut de la page du dossier de presse -, on découvre que s’il existe une relation entre « misère » et « santé », les pouvoirs publics ne travaillent guère à l’adoucir : « Pour nos dirigeants, le problème n’est pas que 13,2% de la population française vive sous le seuil de pauvreté, mais qu’il puisse y avoir une petite minorité de fraudeurs parmi eux qui feraient semblant de ne rien avoir pour obtenir, qui un RMI ( revenu minimum d’insertion) , qui une CMU (couverture maladie universelle). Peu importe que pour les millions de personnes concernées tous les dispositifs deviennent au fil du temps de plus en plus inaccessibles. » En 2007, Médecins du Monde a reçu plus de 24 000 patients, tous pauvres, très souvent étrangers, et pas souvent bien logés, « des vrais malades, pas des fraudeurs » insiste Médecins du Monde qui s’inquiète pour « le droit fondamental à la santé pour tous, et en particulier pour les plus démunis… ».

M.J

Image de prévisualisation YouTube

Publié le 16 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Santé.
Tags :: , , ,

Ce moustique qui parasite une partie de l’humanité….

Bonjour,

Le FRP, qui l’inscrit dans ses initiales, ambitionne de faire reculer le paludisme. La structure, vient d’annoncer un plan pour faire échec à cette maladie parasitaire qui reste la principale cause de mortalité infantile, et qui touche près de 250 millions de personnes dans le monde, principalement en Afrique subsaharienne. (1) La semaine dernière à New-York, le FRP a profité du Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour relancer ses donateurs. Cette structure, créée en 1998, résultat d’un partenariat entre l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance ( UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), et la Banque mondiale, a besoin d’argent pour enrayer un mal que l’on peut combattre. De nombreux donateurs – Le Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale, la fondation Bill Gates, et d’autres décideurs – ont répondu à l’appel. Près de trois milliards de dollars seront débloqués pour sauver plus de 4 millions de vies, d’ici 2015. (2)

Une géographie du moustique qui colle à celle de la pauvreté…

Le paludisme, qu’on appelle aussi la malaria, résulte de la piqûre d’un moustique, l’anophèle. C’est la femelle qui pique. Cette maladie, dont on témoigne très tôt dans l’histoire de l’humanité, se manifeste par des fièvres intermittentes, des vomissements, et des maux de tête. Le palu tue environ 1 million de personnes par an, les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes sont plus vulnérables. Si 247 millions de personnes ont déclaré la maladie, le World Malaria Report 2008 estime à plus de 3 milliards le nombre de personnes exposées, d’où l’importance d’actions préventives.(1) La géographie du moustique, qui souligne le continent africain, englobe une centaine de pays. La malaria, installée en Inde, au Myanmar, Bengladesh, en Indonésie, en Papouasie- Nouvelle Guinée, tue chaque année 80.000 personnes au Pakistan.(3) Une géographie qui colle souvent à celle de la pauvreté. Le manque de moyens prive d’armes contre la maladie. Et le palu, qui engendre des dépenses et crée des temps morts dans l’activité économique, contrarie le développement des pays. On estime que ce fléau ampute les économies africaines de 12 milliards de dollars par an, et freine de 1,3% leur croissance économique. (4)

Le recul de la maladie, des exceptions encourageantes…

Le FRP, qui souhaite éradiquer la maladie à terme, articule sa stratégie autour de deux axes majeurs, prévention et soins. Côté prévention, elle veut renforcer la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à action durable, et promouvoir la pulvérisation d’anti-moustique dans les maisons. Côté soins, c’est donner accès aux antipaludéens au plus grand nombre. Même en cas de doute sur l’origine d’une fièvre, la prise de ce médicament permet de sauver des vies. Il est aussi question d’adapter les médications au type de palu. Et pour que ça marche, pour que la maladie recule, les initiatives «moustiquaires- insecticides -médicaments » doivent être soutenues par des programmes nationaux de lutte contre le palu. Le World Malaria Report, qui témoigne d’une petite décennie d’efforts, présente des résultats mitigés, quand ils sont connus. La pulvérisation dans les maisons a eu des effets positifs en Afrique du Sud, au Swaziland, et en Namibie. Les moustiquaires et les médicaments n’ont pas donné les résultats attendus dans certains pays africains, Ethiopie, Gambie, Mali, Niger, Togo. Bonne nouvelle, la formule « prévention – suivi » aurait permis de réduire de 50% entre 2000 et 2007 le nombre de personnes malades dans quatre pays africains, Erythrée, Rwanda, Sao Tome – Principe, et l’île de Zanzibar en République – Unie de Tanzanie. Un résultat porté par une petite démographie. Le nombre de cas déclarés a également diminué au Cambodge, aux Philippines, au Surinam, en Thaïlande, et au Vietnam. (1) En attendant mieux, l’OMS mise beaucoup sur la recherche qui pourrait aboutir au vaccin, d’ici 5 à 10 ans, au plus tard. Ce vaccin, qui tarde, est attendu depuis plusieurs décennies….

Le moustique, les zones humides, et les voyages…

Au Sénégal, pays qui développe un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), un article de « Sud Quotidien », daté du 26 septembre, titre : « Recul du paludisme dans la région de Dakar : La vérité des chiffres ». Selon le Quotidien, qui se réfère aux données du PLNP, on est passé d’environ 110 000 cas déclarés de paludisme de janvier à juillet 2007, contre 37 000 en 2008, pour la même période. Le nombre de morts aurait lui aussi chuté, 259 morts en 2007, et 10 en 2008. Un autre article de Sud Quotidien, daté du 27 septembre, indique : «  Sénégal: Eaux stagnantes et hautes herbes en banlieue – Le paludisme s’installe et se fait maîtriser. » On y apprend que  malgré les « grands efforts consentis par le Gouvernement pour refréner la malaria », le palu reste la première cause de consultation médicale dans la « banlieue de Dakar ». Ce, « malgré une nette diminution par rapport aux années passées. ». En cause, les eaux stagnantes héritées de la saison des pluies et les hautes herbes de la zone, le « Disneyland » du moustique qui adore les zones humides. Jusque dans les années qui ont suivi l’indépendance, les services d’hygiène contrôlaient l’état sanitaire des habitations pour limiter la prolifération des moustiques. A Saint-Louis du Sénégal, on se souvient encore du temps où les agents s’introduisaient dans les maisons pour vérifier l’état des lieux, propreté, eaux stagnantes, et rejet des eaux sales. Marais, lagunes, flaques, poches de plastique gorgées d’eau, ou poubelles, la question du palu est aussi une question d’environnement. Quand on ne peut pas les supprimer du paysage, il convient d’éliminer les lieux où les moustiques se reproduisent.

Eliminer le palu, l’un des grands travaux inscrit dans les Objectifs du Millénaire, n’est pas si simple. En 1982, Singapour gagne la bataille du moustique, et éradique le paludisme. Vingt cinq ans plus tard, la présence d’anophèles dans la ville se combine à l’immigration de travailleurs étrangers originaires de pays touchés, porteurs de la maladie, pour réactualiser le problème. (5) Le moustique aime beaucoup les voyages.

M.J

Youssou N’Dour live le 25 avril dernier, à l’occasion de la journée mondiale du palu…

Image de prévisualisation YouTube

(1)World Malaria Report, 2008. http://www.who.int/malaria/mediacentre/wmr2008/MAL2008-SumKey-FR.pdf

(2) « Nouveau plan d’action mondial contre le paludisme », AFP/ Le Monde -25-09-2008.

(3) « 80,000 die from malaria in Pakistan every year », The Post, 14-04-2008.

(4) Journée mondiale contre le paludisme : « You à Washington, Awa Coll Seck à Livingstone », Sud Online, El Hadji Gorgui Wade Ndoye, 25-04-2008. http://www.sudonline.sn/spip.php?article10635

(5) Epidemiological News Bulletin (Ministère de la santé / Singapour), oct-dec.2007


Publié le 1 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Santé.
Tags :: ,