Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Des villes chinoises trop éloignées de Copenhague.

Bonjour,

Après le Brésil et l’Inde, troisième « cliché » avant  Copenhague, la Chine, cet autre grand pays émergent, non soumis aux contraintes de réductions de gaz à effet de serre, édictées par le protocole de Kyoto. Tout est parti d’une phrase lue dans un article de Libération,  intitulé   « Chine, l’inflation des milliardaires »: «Récession ou pas, cet enrichissement n’est pas prêt de s’arrêter car le vaste mouvement d’urbanisation de la Chine ne fait que commencer, et c’est cela qui nourrit la croissance» (1). La démographie, la mobilité des populations, le vacarme des chantiers, l’irrationnel,  cette phrase m’a semblé effrayante. Les chiffres confirmaient. De 1980 à 2005, le nombre de citadins a pratiquent doublé en Chine, il pourrait atteindre le milliard d’ici à une vingtaine d’années. (2) Chaque année dix millions de ruraux se laissent porter vers des villes qui gonflent à vue d’oeil. Et chaque année, il faut convertir 20 milliards de m² supplémentaires en logements pour accueillir ces déracinés. (3) Si cette urbanisation est un indicateur de croissance, elle révèle aussi un cancer environnemental. La construction, qui avale quantité d’eau et de ciment, qui confisque des sols à l’agriculture, est une industrie gourmande en énergie. Selon la Chinese Society for Urban Studies (CSUS), les villes consommeraient plus de 55% de l’énergie nationale, et produiraient une part à peu près équivalente de CO².(4) En Chine, c’est le charbon, grand ami du réchauffement climatique, qui alimente les chantiers et éclaire les logements. Pour la CSUS, qui vient de rendre un rapport sur la « stratégie de développement des éco-cités à faibles émissions », la Chine ne peut pas continuer sur cette voie-là. « Le modèle courant d’extension urbaine arrive à son seuil critique. Il ne répond plus aux nouvelles exigences de l’urbanisme », commente  Wu Yin, vice président du CSUS et universitaire  qui réfléchit à une reconversion du paysage urbain chinois. (4)

« Dessine – moi une cité-modèle. »

En 2005, une délégation chinoise visite Bedzed, une petite communauté urbaine au sud de Londres, engagée sur la voie du « zero energie » et du « no carbone. »Un échantillon remarquable d’ éco – cité. Les Chinois, soucieux de croissance économique mais attentifs au credo environnemental, décident de transposer le modèle. Dongtan, la première grande cité écologique au monde, sera érigée sur l’île de Chongming,  dans l’estuaire du Yangtze,  face à Shangaï, comme pour dissiper l’image d’une métropole clinquante et énergivore. La société britannique de conseil en ingénierie ARUP, qui signe un contrat de plusieurs milliards de dollars avec la Shangaï Industrial Investment Corporation (SIIC) conduit le projet. La première phase doit coïncider avec l’Exposition universelle de Shangaï, en 2010. Cette cité – vitrine, dopée aux renouvelables, solaire et éolien, devrait atteindre l’autonomie énergétique. Les transports en commun, équipés de piles à hydrogène combustible,  et les véhicules particuliers, comptés et alimentés au biocarburant, devraient encore adoucir un environnement dominé par les espaces verts. Petite touche bio, les potagers aménagés en périphérie. Avant le milieu du siècle, ce nouvel ilôt de 86 km² devrait accueillir un demi-million de personnes. Mais ce projet, symbole d’une conversion à l’écologie urbaine, met du temps à démarrer. La crise financière de 2008, qui ne semble pourtant pas arrêter l’autre urbanisation, quelques histoires de corruption, et le choix d’asseoir Dongtan sur d’anciens marais, fondation incertaine, expliqueraient un  retard qui s’éternise. (4)

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En attendant les cités – modèles planifiées, moins gourmandes en énergie,  moins agressives pour l’environnement, il y a urgence à loger ces millions de migrants qui fuient la pauvreté des campagnes pour soutenir l’essor économique du pays. Il est question de stabilité sociale. En annonçant  son intention de réduire son « intensité carbonique » de 40 à 45% d’ici à 2020, et par rapport à 2005, Pékin fait déjà un effort.

M.J

(1) « Chine, l’inflation des milliardaires », Philippe Grangereau, Libération, 26-10-2009. http://www.liberation.fr/economie/0101599263-chine-l-inflation-des-milliardaires

(2) “In China, overambition reins in eco-city plans” , Simon Montlake, The Christian Science Monitor, 23-12-2008, http://features.csmonitor.com/environment/2008/12/23/in-china-overambition-reins-in-eco-city-plans

(3) « La Chine dans le processus de Copenhague: la difficile inclusion d’un grand émergent », Blandine Barreau, Johanne Buba, Centre d’analyse stratégique, Département de la recherche, des Technologies, et du Développement  durable, Juin 2009, Complément 2C. http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/BarreauetBubarapportTirole.pdf

(4) « China maps out low carbon eco-city strategy », Ni Yuanjin , China.org.cn, 23-10-2009 -D’après une enquête de la Chinese Society for Urban Studies (CSUS), octobre 2009.Enquête de 2006, menée sur 287 districts urbains, constitués autour de préfectures. . http://www.china.org.cn/environment/2009-10/23/content_18757609.htm


Publié le 4 décembre 2009 par marlene dans Actualité,Chine,Copenhague,Urbanisation
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New-York et la menace des eaux.

Bonjour,

New-York,  et ses huit millions d’habitants, seraient plus exposés à une élévation rapide du niveau de la mer que la plupart des grandes métropoles portuaires du monde. L’eau s’y élève plus vite qu’ailleurs. La vulnérabilité et la sécurité de la « Big Apple » étaient au menu du « H209 Water Forum », une conférence internationale sur les villes côtières, et le changement climatique, qui s’est tenue à New-York les 9 et 10 septembre. Egalement discuté, le coût faramineux  d’infrastructures pour protéger la ville. De gros investissements nécessaires, mais basés sur des hypothèses climatiques, qui embarrassent certains décideurs.

Une montée des eaux plus élevée et plus rapide.

New-York et ses 900 kilomètres de côtes pourraient voir la mer s’élever assez rapidement au cours de ce siècle. En cause, les dynamiques du réchauffement climatique. D’abord, l’augmentation du volume des océans causée par la hausse des températures. Puis la fonte des glaciers de montagne et de fragments de calotte glaciaire. La perte de glaces au Groenland et en Antarctique, phénomène avéré par de récentes études, pourrait d’ailleurs précipiter cette modification du niveau marin. D’autres facteurs, le pompage des eaux souterraines, l’aménagement de réservoirs, le drainage des zones humides, ou la déforestation, participent à cette montée des mers .(2)(3) Autre élément, le niveau des océans n’est pas uniforme. Par exemple, l’Atlantique Nord, aux eaux plus froides, plus denses, et plus salées,  est d’une soixantaine de centimètres plus bas que le Pacifique Nord. L’élévation du niveau des océans ne présente pas non plus une dynamique uniforme.  En mars dernier, une étude envisageait une élévation du niveau de l’eau beaucoup plus rapide le long de la côte du Nord-Est des Etats-Unis. En cause, une circulation ralentie des eaux de l’Atlantique Nord.(4) D’autres études, basées sur des projections de fonte des glaciers du Groenland, annoncent une perturbation sensible des courants. Conséquence attendue, le niveau de la mer le long des côtes de New York pourrait être de 50 cm plus élevé qu’ailleurs. Une montée des eaux plus rapide aussi. (1) La côte Nord-Est, et la ville de New-York, sont encore exposées à de violentes tempêtes, avec risques d’inondations associés, qui pourraient s’amplifier avec le réchauffement climatique. Mais, un accident météorologique, pas forcément lié au changement de climat, peut intervenir à tout moment. (4)

Une métropole exposée.

New-York est une métropole exposée. Une grande partie de cité s’étale à moins de 50 cm au dessus du niveau de la mer. Et une dizaine de centimètres seulement, pour certaines parties de Manhattan. Dans le cas d’une montée des eaux d’une cinquantaine de centimètres, hypothèse la plus souvent retenue, les berges du bas Manhattan seraient inondées une vingtaine de fois par an, « un petit Venise ». (1) Et surtout, le cœur de la « Big Apple », la partie enterrée de la ville, se situe au dessous du niveau de la mer. Le New-York underground est un endroit stratégique qui concentre les réseaux de communication, de fibres optiques, d’eau, d’électricité, d’assainissement des eaux, sans oublier le métro. Des inondations y seraient désastreuses. D’autre part, les déluges causés par des tempêtes pourraient paralyser le réseau de communication côtier, routes, autoroutes, tunnels, et industries.

Hypothèses climatiques et investissements.

Au « Waterforum » de New-York, les hypothèses et les scéanarii climatiques, enrichis de nouvelles projections sur la fonte des glaces, ont été mis en parallèle avec le coût de la prévention. « On ne peut pas prendre des décisions qui coûtent des milliards de dollars sur la seule base d’hypothèses. », déclare Rohit Aggarwala, directeur de l’aménagement et de l’environnement de la ville,  dans le Wall Street Journal (1) Les aménageurs, qui planchent sur le long terme, cherchent un équilibre entre le coût d’infrastructures destinées à stopper les inondations, et les incertitudes liées aux projections climatiques. A New-York, il faudrait protéger le district financier, le port, le réseau électrique, et le métro, avec un système de barrières comme celui qui défend Londres, Rotterdam, ou Saint Petersburg. Une quarantaine de métropoles dans le monde, Amsterdam, Tokyo, Shanghai, ont déjà investi dans la protection. Mais, les chiffres font peur. A Venise, les ingénieurs édifient une barrière de 7 milliards de dollars pour éviter les effets des marées hautes qui produisent une centaine d’inondations par an. A la Nouvelle Orléans, un ouvrage de 700 millions de dollars devrait adoucir les inondations dues aux cyclones. (1) Mais,  puisque l’on parle d’argent, que coûterait une inondation de l’underground new-yorkais ?

Protéger New-York n’est pas un problème technique. Un article de la Cité des Sciences évoque un problème politique. Une répartition des responsabilités entre les municipalités, les Etats, et le gouvernement fédéral, contribuerait à freiner les décisions. Peut-être pas seulement. Le Wall Street Journal  rapporte la position de Rohit Aggarwala : « Si nous devons fermer la bourse pour un jour parce que l’eau y coule, ce ne sera pas sans précédent. Une grosse tempête de neige peut provoquer cela. La vraie question est notre rapidité à tout remettre en ordre. » (1)

M.J.


Le métro de New-York inondé, printemps 2007.

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(1) « New York City Braces for Risk of Higher Seas “,  Robert Lee Holtz, The Wall Street Journal, Science Journal, 11-09-09. http://online.wsj.com/article/SB125261934441101047.htm

(2 )Daprès  IPCC, 2007. http://www.epa.gov/climatechange/science/recentslc.html

(3)”Ainsi fond, fond, fond..”, Sylvestre Huet, Libération, 19-20 septembre 2009.

(4) “Climate Impacts in New York City: Sea Level Rise and Coastal Floods”

http://icp.giss.nasa.gov/research/ppa/2002/impacts/introduction.html


Publié le 21 septembre 2009 par marlene dans Climat,Urbanisation
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Masdar, ghetto écologique.

Bonjour,

Zéro carbone, zéro déchet, et pas de voiture. Masdar, la cité écologique modèle, va surgir du désert d’Abu Dhabi, dans les Emirats Arabes Unis. La construction de cette ville compacte de 6 km², isolée de la chaleur et des vents du désert par des murs d’enceinte, une évocation des villes arabes, vient d’être annoncée. La cité, qui exclut les énergies fossiles, n’émettra pas de CO².  Masdar parie sur le renouvelable, une grosse centrale voltaïque assortie d’un gigantesque parc d’éoliennes, pour fonctionner en autarcie. Cette orientation énergétique, qui mise sans risque sur l’ensoleillement et le vent, peut surprendre dans un pays qui possède 10% des réserves mondiales de pétrole. Justement. La question énergétique, qui sous-tend l’augmentation de la demande et l’épuisement annoncé des réserves, est au cœur du projet. Masdar veut montrer au monde entier que le 100% renouvelable peut être une solution d’avenir. Et pour souligner sa démonstration, la ville bannit la voiture. Un réseau de transports électriques automatisé, avec des arrêts distants de 200 mètres, permettra le déplacement des habitants pressés. Les autres marcheront au gré des rues étroites et ombragées, autre rappel de la ville arabe, et de ses contraintes climatiques.

La cité, présentée sans déchet, développera le recyclable. L’eau, produite par une unité de désalinisation alimentée par le solaire, sera économisée, et recyclée. Les eaux usées devraient servir à arroser les espaces publics, les cultures alimentaires, et celles destinées aux agro- carburants. Qui font aussi partie du package environnemental. Un réseau routier et ferroviaire permettra de relier le centre d’Abu Dhabi, et l’aéroport international. Il faut bien accueillir les nouveaux habitants. Environ 50.000 sont attendus en 2015, à l’issue d’un projet annoncé en 2006, et conçu par le cabinet britannique Partners and Fosters. Le concept, qui répond à la fois au réchauffement climatique et à la course aux énergies, annonce peut-être un nouveau type d’urbanisme. Le ghetto écologique à 22 milliards de dollars.

M.J

http://www.dailymotion.com/video/x2zeod

Sources : Masdar / Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Masdar

Site Masdar / Home: http://www.masdaruae.com/en/home/index.aspx

Fosters and Partners/ Masdar Development : http://www.fosterandpartners.com/Projects/1515/Default.aspx


Publié le 12 mars 2009 par marlene dans Actualité,énergie,Urbanisation
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L’eau, un autre territoire pour la ville.

Bonjour,

Des maisons sur l’eau aux Pays-Bas, des quartiers flottants au Canada ou aux Etats-Unis, des aéroports asiatiques posés sur des îles artificielles, des projets délirants à Dubaï ou au Qatar, la mer ouvre l’espace urbain. L’idée n’est pas nouvelle. Le premier site de Mexico, l’ancienne capitale de l’Empire Aztèque, posée sur une île du lac Texcoco, voisine avec des îles artificielles destinées aux cultures. Dans le Japon isolationniste du XIX° siècle, Dejima est une terre gagnée sur la mer dans la baie de Nagasaki, qui devient un lieu de commerce avec les Néerlandais. Autre exemple, Ellis Island, une île artificiellement étendue pour faire face à l’afflux d’immigrés qui débarquent à New-York à la fin du XIX° siècle. (1) Aujourd’hui, une poignée d’urbanistes et d’architectes travaillent à repousser les limites de la ville sur l’eau. Cette évolution urbaine, réponse au réchauffement climatique, au manque d’espace,  au prix de l’immobilier, est une solution de pays riches. L’expansion de Monaco et les créations insulaires de Dubaï n’ont pas grand-chose à voir avec les cités flottantes du Delta du Mekong, ou les quartiers bricolés sur l’eau de Lagos.

L’eau, un territoire urbain à coloniser.

« On nous parle beaucoup de l’effet de serre, de la fonte des glaciers d’Antartique et des glaces de l’océan Arctique. Certains estiment même que le niveau des océans pourrait très rapidement monter de 5 mètres or, on a découvert que 30 p.cent des habitants de la planète habitent à moins de 10 km d’un littoral. Il serait peut-être temps de songer à bâtir sur caissons flottants et d’envisager de construire des îles flottantes, comme d’autres, avant nous, ont mis leurs maisons sur des pilotis. Rappelons que 71 p.cent de la surface du globe est couverte par les océans, et que les terres émergées occupent 134 millions de km2. » (2) Cette vision est de Paul Maymont, architecte et urbaniste français, qui a beaucoup travaillé sur les métropoles du futur. En 1959, il conçoit une étude de ville flottante pour Kyoto. Au Japon, dans les années 60, on ne pense pas encore au réchauffement climatique. C’est le manque de place qui porte la création. Kisho Kurokawa imagine la « Floating City », une cité construite en spirale sur un lac près de Narita, afin de soulager Tokyo. Kiyonori Kitutake propose lui une « Marine City », une « ville-océan », encore un projet aquatique où les tours sont conçues pour recevoir des logements supplémentaires dans leur partie supérieure.(3) Ces fantasmes architecturaux sont restés dans les cartons. A Monaco, c’est encore le manque de place qui pousse à l’aménagement du quartier de Fontvieille. A l’origine, Fontvieille n’est qu’une étroite langue de sable dans la partie occidentale de la Principauté, au pied du rocher. Un demi-siècle plus tard, le quartier, remblayé, s’étire sur 23 hectares. Fontvieille, quartier commerçant et centre d’emplois, habitat luxueux et middle-class, a pratiquement été entièrement gagné sur la mer. Une digue flottante permet encore de recevoir les bateaux de croisière. Problème de profondeur, les nouveaux aménagements du quartier, Fontvieille II, seront flottants. Monaco, qui compte sans doute poursuivre son expansion sur l’eau,  vient d’élaborer un POM, un plan d’occupation de la mer.(4) Si les quartiers flottants qui se développent aux Pays-Bas, au Canada, aux Etats-Unis, ne sont finalement pas très nombreux à l’échelle mondiale, ils ouvrent une perspective intéressante. Construire sur l’eau permet de densifier la ville, alternative à l’étalement urbain, avec les besoins en énergie et la production de CO² associés.

Des aéroports insulaires.

Le Japon, qui met sa technologie au service de sa conquête d’espace, développe des aéroports sur l’eau. Une autre façon de soulager ses villes. En 1994, l’aéroport international du Kansaï, relié à la terre ferme par un pont de plus 3 kilomètres, entre en service dans la baie d’Osaka. Si ce terminal reste une prouesse technologique, il est aussi l’un des ouvrages les plus chers au monde. Le tassement exagéré de l’île artificielle pendant les travaux, et ses solutions techniques, ont considérablement augmenté son coût. (1) Ce qui n’a pas empêché le Japon de concevoir deux autres aéroports sur l’eau, Nagasaki et Ch?bu en 2003. Des contraintes urbaines ont également poussé Hong-Kong à déménager son aéroport hors de la ville. Fini l’atterrissage entre les immeubles et la baie de Kowloon, avec une vue dans l’intimité des appartements. Depuis 1998, une île artificielle, construite à partir de deux vestiges insulaires, accueille le nouvel aéroport. Le relief accidenté de l’archipel a encore plaidé pour cette délocalisation. (1) Hong-Kong, dont l’économie est ligotée au trafic aérien, confrontée au manque d’espace, a ainsi réussi à exporter un peu plus loin ses nuisances urbaines. Dans une interview à « Cyber archi », Jean-Philippe Zoppini, architecte français impliqué dans les recherches sur l’habitat flottant et les îles artificielles, exploite cette perspective : « La première qui me vient à l’esprit concerne le troisième aéroport français. Selon moi, l’idée de construire un aéroport terrestre loin de la capitale est une aberration. Pourquoi ne pas imaginer une plate-forme aéroportuaire dans l’Atlantique, à quelques encablures des côtes, qui permettrait de relier tous les continents ? Il n’y aurait pas de nuisances de bruit, pas de gens à exproprier plus ou moins contre leur gré et il y aurait une liaison à partir de cette plate forme vers toutes les capitales d’Europe. Quand on connaît le prix d’un aéroport, il n’y aurait rien d’extraordinaire à le concevoir de cette façon… » En lien, cet entretien qui traite aussi des conditions et des techniques de l’habitat marin. 

Des îles artificielles pour nantis.

Aux Emirats Arabes Unis, la ville s’expose sur l’eau. A Dubaï, Palm Island, une archipel artificiel construit façon « palmier », le summum du kitsch, a permis d’ajouter de prolonger l’espace côtier de 125 km. S’il s’agit de créer de l’espace urbain, il est aussi question de prestige, 2000 villas, 500 appartements, 200 boutiques de luxe, et une vingtaine de palaces.(1) Et toujours dans le style Disneyland, « The World », encore en construction. C’est un immense planisphère composé de 300 îles artificielles, une cartographie de la planète lisible depuis l’espace. Tourisme, habitat, ou écrins à célébrités, ces îles sont à vendre entre 10 et 45 millions de dollars US, surfaces comprises entre 23 000 et 83 000 m².(1) Pendant que Abu Dhabi destine l’île de Saadiyat à l’art, Guggenheim, Le Louvre, le Musée national, la Cité des Arts, le Musée maritime, et convoque quelques grands noms de l’architecture mondiale, Franck Gehry, Jean Nouvel, Zaha Hadid, Tadao Ando, le Qatar se lance aussi dans la course à l’île artificielle.(1) « The Pearl » , un archipel de 4 millions de km², est une ville en train de sortir de l’eau, 7600 logements prévus pour accueillir 30.000 habitants.(1)

The world

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Des îles flottantes.

Après les îles artificielles, les îles flottantes. Le Japon développe le projet « Megafloat » , une structure destinée à accueillir des populations sinistrées ou un aéroport. Ce concentré de superlatifs en innovation technologique, 300 à 1000 mètres de long selon les versions, habitat ou terminal, 60 mètres de large, un petit bout de territoire flottant présenté comme respectueux du milieu marin, et résistant aux séismes. Dommage, le site reste muet sur l’actualité du projet. Jean Philippe Zoppini est aussi le concepteur du projet « AZ », A pour le constructeur Alstom et Z pour Zoppini. Ce bâtiment, 300 mètres de large, 400 mètres de long,  78 mètres de haut, est conçu pour résister à une météo violente, vagues de plus de 10 mètres et cyclones. Cette île d’acier qui se déplace seule, clin d’œil à Jules Verne, avancera à une vitesse de 10 nœuds, environ 18 km/h. Dotée d’un lagon central, d’un héliport, d’une marina accessible à des bateaux venus de l’extérieur, elle pourra accueillir jusqu’à 10.000 passagers. Plus l’équipage, entre 3000 et 5000 personnes. Cette création est conçue pour voguer d’escale en escale, autour de la planète. Le site de Jean Philippe Zoppini en présente 2 versions. Cette réalisation devrait être présentée à l’exposition universelle de Shangaï, en 2010. Concurrent de taille mais pas de style, le « Freedom Ship », un monstre flottant,  plus de 1300 m de long pour 220 m de large, une giga-baleine propulsée avec des moteurs électriques. Architecture lourde, une barre d’immeubles posée sur une barge à fond plat, pour une capacité d’accueil de 100.000 habitants, plus 20.000 employés et 30.000 visiteurs occasionnels, là on s’étonne que ça ne coule pas…

M.J

(1) Wikipedia

(2) « Préface des dix ans du Séminaire », Paul MAYMONT, Correspondant de l’Académie des Beaux-Arts, architecte, urbaniste, Membre del’Académie d’Architecture, Fondateur et ancien président du conseil d’administration de l’Ecole d’Architecture Paris-Grand Palais-Tolbiac http://www.olats.org/schoffer/maympref.htm

(3) « Made in Tokyo », “Les Métabolistes”, Frédéric Gaudron, Weblog.http://www.fgautron.com/weblog/archives/2007/06/06/les-metabolistes/

(4) « L’océan, nouvelle frontière de l’urbanisme », Cyberarchi.com, http://www.cyberarchi.com/actus&dossiers/batiments-publics/divers/index.php?dossier=103&article=447

(5) »La ville fottante », Sciences et Vie Junior, N°134, novembre 2000, from http://www.fabien-laloyer.fr/0511ville_flottante.html


Publié le 22 septembre 2008 par marlene dans Urbanisation
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A Amsterdam et ailleurs, ces maisons qui flottent..

Bonjour,

Habiter une maison flottante ? Une façon de repenser sa relation au territoire, à l’eau, de bousculer les règles de l’aménagement urbain, une option qui monte au Pays-Bas. Ce pays très densément peuplé, partiellement conquis sur la mer, très exposé aux inondations, cherche une réponse à son manque d’espace, et aux conséquences annoncées du réchauffement climatique. L’élévation estimée du niveau des océans – jusqu’à 90 cm prévus au cours du XXI° siècle -, conjuguée à l’abaissement des sols, réaction à l’assèchement et au tassement des terres, augmentent les risques de submersion au pays des polders. On prédit que 65% du territoire, abaissé sous le niveau des mers, serait menacé par les eaux. Soit le double de l’espace actuellement exposé aux inondations.(1) Replié derrière des digues, longtemps traumatisé par la catastrophe de février 1953 – quand la mer poussée par une grosse tempête avait rompu les protections, envahi une grande partie du territoire, faisant plus d’un millier de disparus – le pays commence à revoir sa relation à l’eau. Le péril pourrait aussi devenir une opportunité. C’est sans doute un peu plus compliqué, un chercheur qui évoque la relation entre les Néerlandais et l’eau écrit : « Les Pays-Bas ne peuvent se comprendre sans cette relation haine-amour existentielle, il n’y a pas d’autre mot, avec l’eau ». (1)

Pour pallier le manque d’espace sur terre et compenser la pénurie de logements, les Pays-Bas misent donc sur l’habitat flottant. Une dizaine de communes, épaulées par le gouvernement, projettent des programmes immobiliers adaptés aux fluctuations des marées. Le succès des « lots d’eau » déjà proposés à la vente, version maritime de la parcelle, signale un nouveau marché en pleine expansion. Et surtout prétendu moins cher que l’immobilier traditionnel. Pour soutenir ce nouvel enthousiasme, le Centre d’architecture d’Amsterdam (Arcam) vient de présenter une maison flottante, destinée au quartier d’IJburg. Cet ensemble résidentiel, qui s’édifie sur une île artificielle au nord-est d’Amsterdam, devrait accueillir 18 000 logements d’ici 2020. Dont une centaine de maisons flottantes. ABC Arkenbouw signe ce prototype cossu, soutenu par une structure creuse en béton profonde d’environ 2 mètres, appuyée sur des piliers métalliques, conçu pour épouser les variations du niveau d’eau. Coût de cette habitation d’environ 170 M², 250.000 Euros, sans compter le « lot d’eau », entre 110.000 et 140.000 Euros à IJburg. Pas forcément donné. ABC Arkenbow, qui parie sur une cinquantaine de transactions par an, étoffe son catalogue de nouveautés architecturales. (2) Mais l’idée n’est pas révolutionnaire à Amsterdam, ou les péniches aménagées et les constructions de bois amarrées dans les canaux du centre, témoignent d’une vieille pratique de la maison flottante.

C’est d’ailleurs un habitat traditionnel dans certaines régions d’Asie. En Thaïlande, à Phitsanulok sur les rives de la Nan, les maisons flottantes témoignent de la culture locale. Au Vietnam, des villages flottent dans la baie d’Along. A Chau Doc, dans la région du delta du Mékong, on élève des poissons-chats dans la partie immergée des habitations. Au Cambodge, où de pauvres communautés du Lac Tonlé Sap, sur le fleuve Mékong, s’agglutinent dans des habitations flottantes. C’est encore une forme d’habitat assez répandue sur le continent américain. On dénombre environ 500 maisons flottantes à San Francisco, 500 à Seattle, 3.500 à Portland, en Oregon, et 500 à Vancouver, en Colombie britannique. A Vancouver, une communauté flottante est installée à Granville Island, à proximité du centre. Plus loin, à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville, dans l’estuaire de la rivière Fraser, un village flottant, accolé à une marina pour ses services, téléphone, poste, parking, concentre une cinquantaine d’habitations. Le concept architectural, bien maîtrisé, est similaire à celui développé aux Pays-Bas, une structure en bois appuyée sur une boîte en ciment qui obéit au rythme des marées. Dan Wittenberg, constructeur de ces structures flottantes pour International Marine Flotation Systems, évoque les difficultés à convaincre les banquiers et bénéficier des procédures classiques: «Au début, on ne pouvait pas avoir de crédit, d’assurance, de permis de construire, d’accréditation environnementale (…) pour ces maisons qui flottaient sur l’eau parce que les Autorités compétentes ne comprenaient pas le concept. » (3) Et pourtant, ses maisons étaient aussi stables que des habitations conçues pour la terre ferme. « La première règle pour concevoir une maison flottante, c’est qu’elle ne coule pas. »(3)

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Ces communautés flottantes ont un site, une invitation à visiter certains villages flottants. Derrière l’aspect carte postale, il y a une vraie question d’urbanisme. L’eau pourrait être le nouveau territoire de la ville. Des architectes y travaillent. Au Japon, à Monaco, ou à Dubaï, la cité s’installe sur la mer…..

M.J

(1) » Rendre les Pays Bas à l’eau ? le rude défi du changement climatique », Pieter Leroy, Professeur à la Radboud Universiteit Nijmegen, attaché au département des sciences politiques et sociales de l’environnement.

(2) «  Maisons flottantes aux Pays-Bas », F.B avec Belga, Weekend.be

(3) « International Marine builds many floating villages», Daily Commercial News, 14 septembre 2007.


Publié le 16 septembre 2008 par marlene dans eau,Urbanisation
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Ricciotti: un béton écolo.

Bonjour,

Lu dans Libération, du 28 et 29 juillet dernier, une interview de Rudy Ricciotti, ingénieur – bâtisseur, qui doit avoir beaucoup de copains, mais pas forcément chez les « Verts ». Les « Khmers verts », expression empruntée, et précisée par l’architecte. Sourire. Il y commente le « HQE », (haute qualité environnementale), définition en lien, avant interprétation. Dans cet entretien, Ricciotti présente encore le béton, « tradition française », production locale qui crée de l’emploi, comme un matériau écologique.  » Le béton est inscrit dans une chaine de production courte, donc d’économie de transports. On n’a pas besoin d’aller polluer des mines africaines », argumente Ricciotti. Une invitation à commencer à faire le tri dans une surabondance de propositions « vertes », en architecture et ailleurs, pas si « écolo » que prévu. Valable pour moi. En prime, une réflexion sur l’architecture, outil identitaire, projet social, qui communique avec ses formes et ses matières. « J’affirme une culture de combat pour convertir le malheur en bonheur ».

Rudy Ricciotti révèle ses créations…

M.J


Publié le 2 août 2007 par marlene dans Urbanisation

Big cities.

Hello,

En écho au rapport de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population )2007, état de la population mondiale consacré cette année à l’urbanisation, deux exemples de « big cities », deux mégalopoles, Tokyo et Lagos, deux dynamiques urbaines, ou deux civilisation urbaines. L’une est riche, l’autre pauvre, deux rythmes, deux façons de vivre.

La mégalopole japonaise.
D’abord la mégalopole japonaise, un chapelet urbain qui s’étire sur 1200 kilomètres, de Tokyo à Fukuoka au Sud, et qui s’étale sur le territoire japonais jusqu’à 50 kilomètres à l’intérieur des terres. Cette mégalopole s’articule autour de trois grands pôles majeurs, Grand Tokyo, plus de 30 millions d’habitants, Grand Osaka, plus de 16 millions de citadins, et Nagoya, seulement 9 millions! Un large ruban urbain peuplé de 90 ou 100 millions de Japonais, avec des densités supérieures à 330 habitants/km², structuré par un important réseau de voies de communication. Le Shinkansen, le train à grande vitesse qui traverse la mégalopole, sert un mode de vie urbain, caractérisé par la mobilité. Ce qui n’empêche pas les Japonais de se déplacer à vélo au coeur des villes. Des Kiwis, des Néo – Zélandais en visite dans le Kansaï, s’étonnent, en Anglais, du fonctionnement de la mégalopole japonaise…

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« Lagos Na Wa O »

Second voyage, Lagos, l’ex- capitale du Nigeria, seconde mégalopole d’Afrique après Le Caire, un peu plus de 9 millions d’habitants, et sans doute plus de 10 millions. Cité lagunaire assise sur la côte Atlantique et gros centre économique, Lagos laisse sa place de capitale politique à Abuja, en 1976. Choix politique, il s’agit d’installer une nouvelle capitale en terrain « neutre », afin de ne privilégier aucune des trois ethnies dominantes. Choix démographique, il s’agit de contenir l’explosion démographique de Lagos. Depuis le début du XX° siècle, Lagos échappe à son centre historique insulaire pour s’étendre vers l’intérieur des terres, où se développent les quartiers pauvres et les bidonvilles. Pas de données sur les densités, mais dans les quartiers pauvres des grandes villes africaines, elle s’emballent vite. »Lagos Na Wa O » est une balade rythmée à travers les rues de Lagos. Lagos, plus inattendue que sa cousine japonaise, plus vivante aussi…

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M.J.


Publié le 5 juillet 2007 par marlene dans Urbanisation

Ces villes qui gonflent et qui font peur.

Bonjour,

Le 27 juin dernier, l’agence des Nations Unies pour la population (UNFPA) a publié son rapport annuel sur l’état de la population mondiale, cuvée 2007. Ce texte, intitulé « Libérer le potentiel de la croissance urbaine » examine l’urbanisation mondiale, ses risques et ses dangers, mais aussi ses chances. A condition d’accompagner cette urbanisation.

Plus de la moitié de la population mondiale dans les villes.

En 2008, plus de la moitié de la population de la planète, soit 3,3 milliards d’habitants, vivra en ville. Une première dans l’histoire de l’humanité. D’ici 2030, cette proportion devrait grimper à 60%, il y aura environ 5 milliards de citadins. Et 81% de cette population urbaine planétaire sera concentrée dans les petites villes et les grosses métropoles des pays en voie de développement. Une perspective inquiétante dans un environnement urbain déjà caractérisé par la pauvreté, le manque d’eau potable et d’infrastructures d’assainissement, ou par une taudification galopante. Exemple. Dans la plupart des villes africaines, seulement 10% des citadins ont accès au réseau des eaux usées.

En une génération, des villes deux fois plus peuplées.

Zoom sur l’Afrique et l’Asie, au coeur de ce rapport 2007. En l’espace d’une seule génération, environ 25 années, la population urbaine de ces deux continents devrait doubler. En 2030, l’Afrique comptera 740 millions de citadins, contre 300 millions au tournant du millénaire. Dans le même temps, 2,6 milliards d’asiatiques vivront en ville, contre 1,4 milliard en 2000. Si la « mégalopole » domine sur le continent asiatique – 22 villes de plus de 8 millions d’habitants en 2015 -, l’Afrique n’en comptera que deux, Lagos et Le Caire, toujours à l’horizon 2015. (Prévisions ONU)

Des jeunes citadins sans avenir.

Dans un supplément « jeunesse », le rapport de l’UNFPA examine les conditions d’existence des jeunes citadins. Le tableau est particulièrement préoccupant pour les enfants et les adolescents des villes des pays pauvres. La plupart ne bénéficie pas des avantages urbains. Malgré un taux de scolarisation généralement plus élevé en ville qu’à la campagne, beaucoup de jeunes de ces espaces pauvres, notamment les filles, abandonnent l’école avant de terminer des études secondaires. Quand ils ont eu la chance de fréquenter un établissement scolaire. Plus exposés au chômage que les adultes, les jeunes travaillent dans le secteur informel, où ils sont victimes d’abus de la part de leurs employeurs. Ce rapport s’interroge sur l’avenir de ces jeunes qui habitent des taudis surpeuplés, sans eau courante, sans électricité, et sans gaz, un univers encore assombri par les conflits familiaux et la violence. Et quand les parents disparaîssent, les jeunes se retrouvent seuls. Dans certains pays, les jeunes ne vivent d’ailleurs pas avec leurs parents. En Ethiopie, 30% des filles de 10 à 14 ans, habitent hors du foyer familial. Au Bénin, un peu moins de 15% des jeunes de 14 ans, et moins, ne grandissent ni avec leur père, ni avec leur mère, pourtants vivants – contre 9% en milieu rural -. Pour ces jeunes, c’est la rue qui tient lieu de foyer.

L’avenir des villes passe par les taudis.

La vie urbaine, qui ne tient pas ses promesses, expose les inégalités. Grosses voitures, belles résidences, séries TV, ou Internet, révèlent un monde auxquels ces jeunes n’ont pas accès. La frustration et le sentiment d’exclusion fabriquent la violence urbaine. Et, faute de mesures pour accompagner cette urbanisation sans précédent, le pire est à craindre. Pour l’UNFPA, l’avenir de ces citadins pauvres dépendra des décisions prises aujourd’hui. Par exemple, quand un milliard de personnes, dont 90% dans les espaces en voie de développement, vivent dans des taudis, l’amélioration des logements peut offrir de meilleures perspectives urbaines. L’UNFPA recommande encore aux municipalités, aux pays, et à la communauté internationale d’accompagner ces jeunes citadins dans la vie. Il s’agit de leur permettre de poursuivre des études, de fonder un foyer, d’attirer les investisseurs dans ces pays pauvres pour favoriser l’emploi, condition d’une perspective familiale, et d’encourager les organisations de jeunes. Les jeunes et les habitants des taudis et des quartiers pauvres sont invités à participer à cette amélioration des conditions de vie. Pour l’UNFPA, c’est dans ces quartiers que se livrera la bataille pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement… »en particulier celui de la réduction de moitié de l’extrême pauvreté d’ici 2015″… Et de mettre en garde: « L’immense expansion urbaine qui attend les pays en voie de développement aura des répercussions sur le monde entier et elle exige une riposte mondiale. »
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Une association qui s’occupe de ces enfants qui traînent à Dakar….

Information intéressante, le rapport pointe que cette urbanisation résulte plus de l’accroissement naturel de la population – sauf exceptions, notamment en Chine et au Vietnam -, que de l’apport migratoire. Et donc, plutôt que de développer des politiques et des fonds pour stopper l’immigration en provenance des campagnes, il serait plus adapté de mettre la ville au service de ses principaux acteurs, les femmes. Et surtout les jeunes…

M.J.

Pour fouiller dans le rapportUNFPA 2007


Publié le 3 juillet 2007 par marlene dans Urbanisation

Pekin, 2008 et quelques poussières…

Bonjour,

Concernant les émissions de gaz à effet de serre, la Chine est en train de monter sur la première marche du Podium. Prévision de l’AIE ( Agence internationale de l’Energie), applaudissements prévus pour 2007, un peu plus tôt qu’annoncé. La Chine devrait donc passer la barre des 6 milliards de tonnes de CO² cette année – 6, 02 plus exactement, soit 22% du total mondial-, contre 5, 91 millards de tonnes pour les Etats Unis. Cette performance pré – olympique n’empêche pas la Chine de soigner son image d’hôte « écolo ». Avant les JO de 2008, enjeu de taille pour la Chine, les Autorités chinoises s’emploient à nettoyer le ciel, à purifier l’air, et à embellir Pekin. S’il s’agit d’impressionner quelques 2 millions de visiteurs et plusieurs milliers de journalistes, il s’agit surtout de ne pas priver les athlètes de leur souffle. (1)

Bande annonce des JO…

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Record difficile pour un marathon.

Difficultés pulmonaires, problèmes respiratoires, crises d’asthme, malaises, les athlètes olympiques ont tout à craindre d’un Pekin, enveloppé dans d’épaisses brumes, grouillant de vilaines particules. En visite dans la capitale chinoise le mois dernier, Hein Verbruggen, Président de la commission de coordination du CIO ( Comité international olympique) a demandé aux Chinois d’accélérer la cadence – le CIO appelle ça des « plans d’urgence »-, pour lutter contre cette pollution bien installée. Dès 2001, la Chine, soucieuse de voir sa candidature l’emporter, avait promis de réduire la concentration des polluants dangereux, dioxyde de soufre, dioxyde de carbone, ozone, conformément aux normes de l’OMS. Elle devait encore contenir le smog, et ses particules néfastes. Pour le corps scientifique, l’ozone et les particules fines, sont particulièrement dangereuses.(2) Malgré l’optimisme ambiant, les contraintes environnementales retardent l’échéance d’un ciel dégagé.

Une pollution qui voyage par les airs.

Les performances du Parc automobile de Pékin, plus de trois millions de véhicules, dont plus de 2 millions de voitures individuelles, provoquent embouteillages, et pollution atmosphérique. La voiture reste un gros défi pour les organisateurs. Pendant les JO, Pekin devrait donc augmenter l’accès aux transports publics, afin de réduire les flux journaliers, voire d’interdire le trafic. Des experts travaillent encore à modeliser les flux de pollution industrielle pour situer leur provenance, et déterminer quelles régions du pays devront arrêter leurs activités pendant les jeux olympiques. Car si Pékin ferme ses usines, limite les déplacements, et demande aux habitants de ne pas utiliser leur appareil de climatisation, cela ne suffira pas à assainir l’air de la mégalopole. Le Shanxhi, le Shandong, la Mongolie -Intérieure, et le Hebel, provinces voisines de la capitale olympique, aux mines de charbon, aux centrales electriques, aux cimenteries, et aux acieries, très actives, participent pleinement à polluer Pekin. Des pollutions qui ne connaissent pas les frontières administratives, même en temps de jeux Olypiques.  » Ce n’est pas seulement la qualité de l’air qui est en cause, c’est sa combinaison avec la chaleur et l’humidité », commente un médecin, chargé de recherche au sein du Comité olympique britannique. (2) Les Autorités chinoises s’affairent donc à réduire la pollution émise par les provinces périphériques.

Pause vidéo, Pekin polluée en attendant les J.O….En lien, la vidéo refuse de rentrer dans la boite….

Une métamorphose brutale.

Pekin se couvre de chantiers, se modernise, et se métamorphose. Amélioration du réseau d’alimentation en eau, aménagements routiers, optimisation du réseau métropolitain, déménagementdes activités polluantes, et essor de la construction signalent ce bouleversement urbain. L’un des monstres de la sidérurgie chinoise, situé aux portes de la ville, déménage. La contruction va bon train, 130 millions de mètres carrés, pour 80 millions il y a cinq ans. (3) Les bulldozers délogent les populations des quartiers vétustes pour y ériger de nouvelles tours. Une métamorphose de la ville qui tourne souvent, brutalement, une page de l’histoire architecturale de Pékin, et déracine ses habitants. Car les populations font aussi partie de ce toilettage urbain. Aux victimes des délocalisations des activités polluantes, chômeurs, aux expulsés des vieux logements, à la rue, s’ajoute une « nébuleuse » fragile. Les petits délinquants et les toxicomanes n’ont pas de place dans cette vitrine. (4)

« Pekin, ville verte »

La Chine serait capable d’améliorer rapidement la qualité de l’air, démonstration faite pour les Jeux universitaires mondiaux de 2001, où le ciel s’est dégagé un ou deux jours avant les compétitions.(2) Le gouvernement chinois promet d’ailleurs une « capitale écologique » pour 2008. (3). Et ce n’est pas l’utilisation du merbau en provenance d’Indonésie – bois exotique en principe interdit – destiné à l’édification de sites olympiques, ou l’inhalation de poussières de chantiers par les ouvriers et la population, qui vont contrarier cet objectif. Les Autorités chinoises feront tout pour éviter de reproduire les incidents du marathon de Hong Kong, en 2006, quand certains coureurs avaient eu des malaises causés par la pollution. Mais ce toilettage environnemental à l’approche des JO 2008 ne résout pas la question des émissions chinoises de gaz à effet de serre : »Si la Chine ne joue pas un rôle significatif, les efforts des autres pays ne vont pas compter pour grand chose. », commente un responsable de l’AIE. Tant que la Chine déclinera la devise de Pierre de Coubertin – le rénovateur des Jeux Olympiques – « Citius, altius, fortius » à son développement économique, « plus vite, plus haut, plus fort »…

Une page de pub….

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Remarque périphérique, question centrale, Pékin 2008 et les Droits de l’Homme, remarque inspirée par un précédent commentaire concernant un autre article sur la Chine. Un processus de boycott des JO de Pékin est en cours. Peut être une note d’optimisme, née d’un rapide examen historique. Moins de 10 ans après les JO de Berlin, le III Reich s’effondrait, dix ans après ceux de Moscou, l’URSS se disloquait. Transition plus douce, l’après Séoul annonçait un régime coréen plus souple. Et l’après -Pekin?

M.J

(1) « La Chine devient championne du monde des émissions de gaz à effet de serre. », Brice Pedroletti, Le Monde, 25 mai 2007 – (2) »A Pekin, ça sent le soufre », Shai Oster, The Wall Street Journal, in Courrier International, mars 2007- (3) « Pour soigner ses jeux, Pekin fait un grand ménage. », Pascale Nivelle, Libération, 25 – 26 mai 2007 -(4) « Chine, compte à rebours avant les J.O: d’importantes réformes… », HNS-Info (Pour Amnesty International), www.hns.info.net (article 11140)


Publié le 30 mai 2007 par marlene dans Urbanisation

Balades dans Tokyo.

Hello,

Pour faire écho au texte précédent, deux vidéos.
« Tokyo view Roppongi » montre le trafic routier à Tokyo, by night, depuis le sommet de la tour Roppongi.

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Le second film, « Tokyo raw », est une balade à travers Tokyo. Anthony Tobin vous emmène des vieux quartiers Est vers l’Ouest, le Tokyo moderne. Tokyo s’y révèle mégalopole et village, cité de verre et cité de bois, ville lumière et ville morose, fourmilière ou rues désertes…

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M.J


Publié le 3 mars 2007 par marlene dans Urbanisation