Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Afrique, pauvreté, environnement, et développement.

Bonjour,

Semaine de l’économie africaine sur le Webpedagogique, petite recherche, un titre accroche mon œil : « Afrique : pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre ». « L’Afrique est connue comme l’une des parties les plus riches du monde lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, pourtant elle est également la région la plus pauvre – malgré les richesses naturelles et le flot d’aides », a déclaré Charles Mutasa, directeur exécutif du African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) » Plus loin : « « La dette écologique causée par l’exploitation des ressources naturelles joue un rôle crucial dans ce scénario », a ajouté Mutasa. « Elle maintient le continent en bas, empêche la région de sortir du cercle de la pauvreté, et déclenche la nécessité d’avoir plus d’aide » » Cet article développe l’exemple de la Zambie, ses mines de cuivre, ses exploitants prospères, ses populations exclues des profits, mais généreusement dédommagées en déchets et en poussières, résultat d’une exploitation irrespectueuse. La question de l’exploitation des richesses africaines, et leurs conséquences environnementales sur la vie des communautés, trop rarement discutée lors des Conférences internationales, figurait à l’agenda du 3° Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’Aide au Développement.

Une aide aux consultants…

Troisième rencontre après Rome (2004) et Paris (2005), le Forum d’Accra (2-4 septembre 2008) visait à examiner l’aide au développement, et ses dysfonctionnements. Vaste programme qui dépasse la question environnementale, mais qui l’inclut. Et s’il y a rencontre, c’est qu’il y problème. Mais je ne vais pas fouiller le sujet, quelques kilomètres de blog n’y suffiraient pas. Retour sur le forum d’Accra qui a rassemblé des représentants et pays donateurs, des pays bénéficiaires, et de la société civile, pour examiner les acquis de la Déclaration de Paris. C’est-à-dire tenter de réajuster une aide peu efficace, mal ciblée, et souvent trop lente, malgré les bonnes intentions affichées. Au total, plus de 100 milliards de dollars sont alloués chaque année aux pays les plus démunis.(1) Une aide ralentie par les procédures administratives, instrumentalisée par les rivalités politiques, et soulagée par la corruption. Une récente étude sur la Déclaration de Paris montre que moins de la moitié des fonds alloués arrivent dans les délais prévus par les bailleurs de fond. (1) Les représentants des Eglises d’Afrique et des organisations religieuses internationales, très présentes sur le terrain de la pauvreté, prétendent que les plus démunis ne profitent pas de l’aide. Dans un texte destiné à préparer le forum d’Accra, le collectif religieux affirme que six des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année pourraient être sauvés avec des moyens simples et peu coûteux. Le rapport souligne encore que « l’aide est estimée sur la quantité, et non par ce qu’elle apporte au développement ». « La Déclaration de Paris ne tient pas compte du développement durable », poursuit le collectif. Encore deux extraits: « La moitié de l’aide est donnée sous la forme de consultants qui coûtent cher et qui répondent aux directives des donneurs. », « Les gouvernement des pays riches se comportent de façon honteuse en limitant l’aide à leurs propres intérêts économiques… »

De fait, l’aide au développement génère une dynamique complexe. Elle a des incidences sur le commerce des pays secourus, leur dette, la gestion des ressources. Elle influe sur la politique internationale, et reste ligotée à certains intérêts. La crise financière, la hausse des produits alimentaires, les difficultés d’accès à l’énergie, ou les effets du changement climatique l’ont rendue plus urgente, et plus précieuse, sur un terrain qui n’en verra peut-être jamais la couleur…

M.J

L’article d’attaque : « Afrique: Pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre? »Miriam Mannak, 9 Septembre 2008 http://fr.allafrica.com/stories/200809091141.html

Pour en savoir sur le Forum D’Accra deux points de vue africains : Arbre à Palable / Forum d’ACCRA – septembre 2009 (1) http://www.arbre-a-palabre.org/2008/09/forum-daccra-septembre-2009/, et « La société civile exige une action urgente en matière d’aide au développement », 1er septembre 2008, Libération-Afrique http://www.liberationafrique.org/spip.php?article2289. Côté occidental, une présentation du processus – et des priorités – de l’aide au développement sur le site de l’Agence française de Développement (AFD) http://www.afd.fr/jahia/Jahia/home/Efficacite_1/pid/1686, et un appel à l’efficacité de l’aide par la Commission européenne http://www.eu-un.europa.eu/articles/fr/article_8119_fr.htm

Enfin, un lien vers AFRODAD, un organisme de recherche qui examine le problème de la dette africaine, et son impact sur le développement du continent. http://www.afrodad.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1


Publié le 4 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Afrique,Developpement
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Sur les plages d’Accra…

Bonjour,

Accra, la capitale du Ghana, avait pourtant fait sa toilette pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations, version 2008. On avait nettoyé les rues, et viré les malades mentaux. Et voilà qu’un article de Francis Kokutse, « Le développement rapide laisse des pauvres sans toilettes », publié le 30 janvier dernier, nous dit que le ménage a été sommaire. « Les plages d’Accra sont des toilettes en plein air ».

C’est l’histoire d’une ville, Accra, assise sur le Golfe de Guinée, qui est passée de 1,6 millions d’habitants en 2001 (estimation Ghanéenne) à environ 2,5 millions aujourd’hui (estimation française), et sans doute 3 (estimation ghanéenne). Une agglomération africaine qui s’est bricolée à toute vitesse, sans véritable schéma urbain, au détriment des conditions sanitaires des quartiers les plus démunis. Un clivage sanitaire inscrit dans un clivage économique. Environ 50% de la population du pays se débrouille avec moins de 2 Euros par jour.(1) Et, chiffres de 2000, 80% des Ghanéens vivent de petits boulots pas déclarés, vendeurs de rue, artisans sans autorisation, et squatteurs. (2) L’eau, dont la distribution a été privatisée, reflète encore ce clivage « riches-pauvres ». Deux études récentes indiquent que les ménages les plus démunis consacrent 8 à 12% de leurs revenus mensuels – jusqu’à 15% pour les plus pauvres des quartiers les plus pauvres – pour l’eau. Les plus riches, eux, dépensent moins de 5% pour faire couler l’eau du robinet. Dans les quartiers pauvres, les femmes, qui effectuent les tâches ménagères, s’occupent des enfants, et règlent les factures d’eau, n’ont pas la vie facile.(1)Une blogueuse, qui a passé 6 mois au Ghana, insiste sur ce clivage « riches – pauvres » qui dessine deux paysages urbains, deux paysages économiques, et deux paysages culturels à Accra. Et dans le reste du pays.

En lien, le papier qui détaille les souillures imposées aux plages d’Accra, et au littoral. En prime, une petite querelle entre aménageurs et citoyens sur le thème  » la faute à qui? ». Mais, quand on habite un quartier pauvre sans installation sanitaire, on se débrouille comme on peut…

M.J

Retour à Labadi beach, qui peut aussi être une plage de rêve…

(1) » Privatisation de l’eau au Ghana: les droits de la femme mis à mal. »,(2) » Ghana, le modèle contesté », Yaho Graham, Le Monde Diplomatique, Avril 2007.


Publié le 1 février 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.
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