Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Pour les coraux d’Ishigaki…


Les coraux de l’Île d’Ishigaki, au sud de l’archipel japonais d’Okinawa.

Bonjour,

2008, l’année des coraux. Initiative lancée le 24 janvier dernier à Washington, par les gouvernements américain et français. Le but est de sensibiliser le public sur la disparition des récifs coralliens, et de susciter des initiatives pour leur préservation. L’ICRI, (Initiative internationale sur les récifs coralliens), créee en 1994, surveille l’évolution de ce patrimoine. Si 10% des récifs coralliens sont dégradés dans le monde, environ 60% sont gravement menacés. Bref, il y a urgence à sauvegarder des écosystèmes qui constituent une ressource et un lieu de vie pour 500 millions de personnes, dans le monde. Et qui en nourrit 30 millions d’autres, plus pauvres.

Un écosystème aux multiples opportunités.

Les coraux, 0,2% du tapis des océans, ont des fonctions écologiques, environnementales, et économiques. Cet écosystème, qui rassemble 25% du monde marin, est une formidable nurserie pour les petits poissons, environ 5000 espèces recencées. Sur le plan environnemental, les coraux adoucissent l’érosion côtière provoquée par les vagues…sans pour autant protéger des Tsunamis, plutôt freinés par les mangroves et la végétation côtière. Les récifs coralliens, qui constituent des réservoirs pour la pêche, offrent des fonds marins remarquables au tourisme, jouent un rôle économique majeur pour certaines régions. Ils représentent encore des sources de protéines pour les communautés riveraines, ils sont utilisés dans la pharmacologie traditionnelle, et l’artisanat. Le corail rouge et rose, pêché depuis 5000 ans pour la bijouterie et la décoration, figure parmi le « top ten » des espèces menacées, établie par le WWF.

Menacés par les hommes…

Si les tempêtes, les ouragans, ou les tremblements de terre favorisent la disparition des récifs coralliens, elle résulte d’abord de l’action des hommes. Un rapport de l’UNESCO, daté de 2004, consécutif au Tsunami qui avait dévasté le sud-est asiatique et le sous-continent indien, pointe déjà cette responsabilité humaine. La plupart des récifs coralliens de la région, relativement épargnés par le tsunami, pouvaient se régénérer assez rapidement, à condition que les Etats limitent la surpêche, l’exploitation anarchique du corail, et la pollution. L’ICRI insiste encore sur cette dégradation d’origine humaine. Les coraux ne résistent pas aux eaux usées, à la pollution industrielle et agricole, aux excédents sédimentaires qui s’accumulent sur les côtes, et à une pêche intensive aux méthodes douteuses. Plus exposés, les récifs coralliens situés près des centres urbains. Pour l’ICRI, l’année 1998, marquée par une progression du blanchiment des coraux, signe de maladie, et par une disparition importante du patrimoine, signale un autre danger majeur. Ces petits squelettes calcaires, issus des polypes, sont extrêmement vulnérables au réchauffement climatique.

Et par le réchauffement climatique.

Le rapport de l’UNESCO, version 2008, qui rapporte une situation dramatique dans les Caraïbes, insiste sur le rôle du réchauffement climatique. L’élévation des températures, les cyclones, et la fréquence des tempêtes seraient responsables du blanchiment de 95% des récifs des Îles Caïman, de la Jamaïque, de Cuba, et des Antilles françaises. L’UNESCO, qui invite à une gestion durable de la ressource, insiste sur l’urgence à contenir la crise climatique. La Grande barrière de corail, qui s’étire sur 200.000 km² au Nord-Est de l’Australie, exemple unique et démesuré d’un paysage de récifs et d’îlôts baignés par la mer à marée haute, est sous haute surveillance. D’après une prévision, d’ailleurs controversée, dans l’hypothèse d’un réchauffement des eaux de 1,5°, la Grande barrière celle pourrait perdre 95% de son corail vivant, d’ici 2050. Mais retour à Ishigaki, où les Japonais cultivent du corail pour préserver leurs atolls.

M.J.


Publié le 30 janvier 2008 par marlene dans Climat,Ecosystèmes.
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