Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Mike Reynolds dessine des îles au Nouveau Mexique.

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Bonjour,

Imaginez une maison conçue comme une île plantée en plein désert du Nouveau Mexique , un habitat qui produit électricité, chauffage, et eau, avec la possibilité d’un jardin. Le « Hybrid Earthship », vaisseau terrestre amarré dans la petite ville de Taos, est l’œuvre de Mike Reynolds, précurseur malmené de bâtiments autosuffisants, assemblés avec des matériaux de récupération, et faits pour durer. Le premier « Earthship », construit au Nouveau Mexique en 1988, est toujours là.

Une architecture libérée des réseaux.

Reynolds, c’est l’homme  à la moto sur la vidéo, un pionnier de la récup, formé à l’architecture à la fin des années 60. En 1972, il réalise la « Thumb House », une maison aux murs assemblés de canettes de bière en aluminium, maintenus par des joints de mortier. Environnementaliste avant l’heure, il cultive son jardin au Nouveau Mexique, où il conçoit le « Earthship », première version d’une architecture libérée des réseaux, eau, électricité, eaux usées. Imaginé dans une logique de survie, pas besoin d’aller faire ses courses ailleurs,  le site peut nourrir une famille de quatre personnes. Pendant 25 ans, Reynolds multiplie les constructions indépendantes, créant une communauté qui refuse le rêve américain, version pavillonnaire. Mais ce « Home Sweet Home », qui séduit une clientèle de radicaux écolos, ne colle pas aux normes de construction édictées par l’architecture officielle. Engagé contre une administration qui tarde à assouplir les normes du bâtiment, Reynolds renonce à son métier en 1990. En 1997, les communautés édifiées sur le principe d’une indépendance énergétique sont fermées. Reynolds doute, déprime, puis s’exile aux Iles Nicobar, dévastées par le tsunami. Il sait construire  en milieu hostile, il aide les populations à se reloger. Dans l’Océan indien, la « Earthship », bricolée avec des matériaux de fortune, devient habitat subtropical. En 2007, auréolé par son engagement humanitaire, Reynolds récupère sa licence d’architecte. Enfin, la législation du Nouveau Mexique s’ajuste aux règles d’une architecture plus durable. Les temps ont changé, la crise climatique plaide pour un habitat éco- responsable.

« Biotecture »

La “Hybrid Earthship”, fantaisie en partie enterrée dans le désert du Mexique et ouverte au soleil, exprime cette architecture qui se combine à la biologie pour forger le concept de « biotecture », production de la Maison Reynolds. Le modèle, qui s’adapte à d’autres tropiques, obéit à quelques principes. L’électricité, le chauffage, la climatisation  sont d’origine solaire ou éolienne. L’eau est récupérée. Des cellules végétales permettent de traiter les rejets.  Les eaux sont recyclées, sauf pour la consommation,  filtrage renforcé pour les toilettes. Et, conception insulaire, production de nourriture sur le site. Côté construction, c’est du béton.  Des murs porteurs  faits de briques circulaires à armature métallique, fabriqués avec des pneus recyclés remplis de terre. Des cloisons internes plus fantaisistes, qui mêlent boites d’aluminium, bouteilles de verre , et plastiques. Cet habitat autosuffisant, conçu avec des matériaux naturels ou recyclés, est aujourd’hui complètement dans l’air du temps. Son concepteur n’est plus en dissidence depuis longtemps. En 2006, Mike Reynolds est consacré « Eco-hero » par le New York Times. En 2007, un documentaire, « Garbage Warrior , ou le « Guerrier des poubelles », éclaire la vie et l’œuvre de l’architecte. Quelques centaines d’Earthships construits au Nouveau Mexique, dont le « Phoenix », l’une des dernières conceptions, quelques échantillons disséminés en Europe, Angleterre, Ecosse, France, et quelques projets pensés pour le continent africain. Pour coller un peu plus à une époque qui a vu basculer une partie de la société américaine dans la dette immobilière, Reynolds veut des maisons abordables. Sans facture d’électricité, sans facture d’eau, et sans crédit, ou presque.

M.J

Video, version longue …

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Sources :

« GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Michael Reynolds”, “Hybrid Earthship”, Taos, New Mexico, USA, 2003,  pp 300-304

Earthship/ site: http://earthship.com/

Wikipedia / Mike Reynolds Architect http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Mike_Reynolds_%28architect%29&printable=yes

Wikipedia / Earthship http://en.wikipedia.org/wiki/Earthship

“Living Outside the Box: Michael Reynolds and Earthships”, Melissa Baldridge, Greenspot, http://greenspotglobal.com/blog/?p=62

“Book Review: Michael Reynold’s Earthship” , Sarah Ganly, The Examiner, 28-08-2010 http://www.examiner.com/green-living-in-new-york/book-review-michael-reynold-s-earthship


Publié le 26 janvier 2011 par marlene dans Architecure.,Développement durable,energies alternatives
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Agriculture tendance verticale.

Bonjour,

Chris Jacobs a dessiné une tour ultramoderne de trente étages qui produirait des plantes, des fruits, des légumes, et l’imagine plantée dans le quartier de Harlem, à  New-York, pour approvisionner ses habitants en produits frais. (1) C’est l’un des projets de technologie verte développé pour la « Vertical Farm », un concept qui envisage des espaces de production agricole au cœur des paysages urbains. Préoccupation démographique, il faudra bien nourrir une population citadine qui devrait représenter 70% d’une population mondiale augmentée de plus de deux milliards de personnes en 2050 . Et préoccupation « durable », concevoir une agriculture de proximité, détachée des caprices du temps et des ressources naturelles.  Sur le papier, les fermes verticales multiplient les avantages. Elles permettent de produire une agriculture en boucle, 24h/24, 365 jours par an, sans se soucier des sécheresses, des inondations, de toutes les intempéries qui perturbent le cycle des végétaux exposés aux saisons. La productivité y est bien meilleure qu’en plein champ, sans pesticide, sans fertilisant, et sans herbicide. Avec la possibilité de récupérer les déchets pour fabriquer du compost. Une utilisation efficace des pluies réduit la consommation d’eau, gros défaut de l’agriculture traditionnelle. Argument majeur de cette serre urbaine, la proximité. Pas de transport, moins d’énergies fossiles. Pas de stockage, moins de pertes. Sans compter l’opportunité de créer une petite économie locale, avec des emplois. Le concept de « Vertical Farm » » occupe architectes et scientifiques qui planchent sur les possibilités de cette agriculture, à haute technologie. L’un des promoteurs de l’idée s’appelle Dickson Despommier, professeur de microbiologie à l’Université de Colombia. Dans son dernier ouvrage, « The Vertical Farm – Feeding the World in the 21th Century », il décrit l’entreprise idéale, complexe de buildings construits à proximité les uns des autres, décomposée en espaces spécifiques. Dans une première tour, la production de nourriture, des bureaux pour la gestion, un centre de contrôle séparé pour diriger les installations, une pépinière pour sélectionner et faire germer les graines, un laboratoire sanitaire pour la nourriture et les plantes. Un autre building pour loger les employés, un centre éco- touristique pour sensibiliser et informer le public, un marché bio, et peut-être un restaurant. L’aquaculture et l’élevage de volailles seraient  pratiqués dans des bâtiments différents,  éloignés de la « ferme principale » pour ne pas contaminer les plantes. En attendant ce « complexe agricole », il s’agit d’exploiter les espaces urbains abandonnés, immeubles et parcelles désertés au cœur des villes.(2) C’est aussi l’idée de Chris Jacobs, qui en attendant de construire son « gratte-vert », envisage deux étages sur le toit d’un immeuble habité. (1) Pour alimenter le concept de « Vertical Farm », Dickson Despommier propose de lancer plusieurs expériences simultanées, créant une compétition pour les meilleures idées et les perspectives les plus « durables ». Incheon, Abu Dhabi, Dongtan, Shangaï, Beijing, New-York, Los Angeles, Chicago, Toronto, Paris, ou Bengalore,  s’intéressent à cette agriculture qui propose aussi de laisser respirer les écosystèmes.(3)

M.J

Dickson Despommier sur Youtube…

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(1) « GREEN – Architecture Now – L’architecture VERTE d’aujourd’hui.”. Philip Jodidio – Editions TASCHEN – 2009 – “Vertical Farm” – Harlem- New-York – USA- pp 198-199

(2) Book Review: »The Vertical Farm » by Dickson Despommier – Begin The Revolution », The examiner / Chicago, 24-10-2010 http://www.examiner.com/culture-events-in-chicago/book-review-the-vertical-farm-by-dickson-despommier-begin-the-revolution-review-1

(3) Vertical Farming Wikipedia – http://en.wikipedia.org/wiki/Vertical_farming


Publié le 23 novembre 2010 par marlene dans Agriculture.,Architecure.,crise alimentaire,Développement durable
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« Gando Primary School »: une école communautaire.

Bonjour,

Après la « Handmade school » du Bengladesh, une autre école, nouvel exemple d’architecture « sociale » qui conjugue « durabilité » et « communautarisme ». L’histoire commence à Gando, au Burkina Faso , une bourgade de 2500 habitants située à 200 kilomètres de la capitale, Ouagadougou. Elle raconte l’itinéraire d’un enfant du village, Francis Kéré, parti étudier l’architecture en Allemagne. Quand il apprend que les murs de l’école de son enfance commencent à se lézarder, il décide d’en dessiner une nouvelle. (1) Au Burkina-Faso, pays où l’éducation reste un défi, chaque école est importante. L’UNICEF, qui rapporte une scolarisation en hausse, 60% des enfants  contre 45% en 2001-2002, incite à poursuivre l’effort.  Depuis quelques années, les Autorités développent un plan pour atteindre une fréquentation de 70%…à l’horizon 2010. (2)  En Allemagne, Francis Kéré collecte des fonds par le biais d’une association « Bricks for the Gando school », ou « Des briques pour l’école de Gando». Il reçoit le soutien du gouvernement du Burkina-Faso pour entraîner des maçons à la technique des briques de terre compressées. Ce matériau traditionnel, revalorisé car facile à fabriquer localement et à assembler, sera la base du bâtiment. Francis Kéré, qui se souvient de la chaleur insupportable de la classe de son enfance, connaît les contraintes climatiques. Il sait aussi qu’au Burkina-Faso, qui importe toute son énergie, la climatisation est un luxe. Le plan révèle trois salles de classes en alignement, continuité cassée par des espaces extérieurs couverts, ouverts sur l’espace environnant. Les sols en terre battue, les murs, les plafonds, et le toit sont conçus pour rafraîchir l’intérieur de l’école. L’édifice est coiffé d’une large tôle ondulée, destinée à protéger les murs de la chaleur et de la pluie. Un couloir d’air est aménagé entre le plafond et le toit pour favoriser la fraîcheur. Francis Kéré, encore étudiant à l’époque, termine la construction en 2001.(1) Le projet, porté par une « forte tradition de solidarité communautaire », (3) a rassemblé les gens autour d’une idée simple, construire une école pour leurs enfants. Tous les ouvriers, formés aux techniques de construction, sont originaires du village. Les Autorités locales, qui ont financé une équipe d’enseignants,  qui ont permis aux jeunes de s’initier à ces pratiques architecturales, ont joué le jeu. Des logements pour les instituteurs, extension de l’école primaire, signalent une dynamique communautaire qui fonctionne. Des plans existent  pour une librairie, une maison pour les femmes. Cette expérience a été imitée par deux villages voisins, qui ont construit leur école. En 2007, Francis Kéré réalise un établissement secondaire à Dano, une autre bourgade du Burkina-Faso. Conception architecturale similaire: dessiner en fonction du climat avec un coût de construction très serré, tirer parti des matériaux locaux, simplifier la technologie occidentale. Et même préoccupation sociale : initier les communautés à cette « architecture de brousse » pour en faire des bâtisseurs indépendants. (4)

M.J

Une réalisation exposée au MoMa. (5)

Et présentée en vidéo…

http://www.dailymotion.com/video/x9vqjp


(1) « Gando primary school », Afritecture, 18-05-2009 http://www.afritecture.org/architecture/gando-primary-school

(2) “Relever le taux de scolarisation au Burkina Faso », UNICEF/ Education Burkina-Fasohttp://www.unicef.org/bfa/french/education_1095.html

(3) Grando Primary School, Gando, Burkina Fasohttp://www.akdn.org/photos_show.asp?Sid=3

(4) World Architecture community,  http://www.worldarchitecture.org/world-architects/?worldarchitects=architectdetail&country=Burkina%20Faso&no=6555

(5) « Small Scale, Big Change: New Architectures of Social Engagement” – MoMa

October 3, 2010–January 3, 2011


Publié le 19 novembre 2010 par marlene dans Afrique,Architecure.,Développement durable
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La « Handmade school »: une architecture appelée à faire école.

Bonjour,

Plus d’une vingtaine de paysans ont travaillé la boue avec un attelage de boeufs, ils l’ont mélangée avec d’autres matériaux  pour obtenir une pâte résistante, ils ont transporté des briques fabriquées localement, ils ont encore soulevé plus de 12.000 lattes de bambous pour construire la « Handmade school ». Ce bâtiment, destiné aux enfants de la communauté de Rudrapur,  dans le Nord du Bangladesh, a été imaginé par deux architectes allemands. Anna Heringer et Erike Roswag ont dialogué avec les habitants pour mieux connaître leur culture et leurs aspirations, ils ont tiré profit des matériaux locaux, ils ont amélioré les méthodes de construction traditionnelles, pour créer une architecture simple et lumineuse, réponse « durable » aux besoins d’une communauté qui sait l’importance de l’école. Le Bengladesh est un pays pauvre, 54% des adultes y sont alphabétisés, et la fréquentation du cycle primaire dépasse les 80% pour la période 2003-2008. (1) Dans certaines régions, un programme de la Banque mondiale, encourage la scolarisation de filles. Plus de la moitié d’entre-elles quittent le secondaire avec leur certificat. (2) La « Handmade School », d’une capacité de 168 élèves, a été construite pour l’Institut moderne d’éducation et de formation (METI) et l’ONG associée, Dipshikha. Le plan est simple, une construction rectangulaire dotée d’un étage. Les murs du rez-de-chaussée, recette locale revisitée, sont un mélange de limon, de paille, de branches de bambous, et de cordes de nylon. Trois salles et six cavernes y sont installées. Les classes sont accessibles par des portes tendues de saris de couleurs vives, joyeux contraste avec les murs de terre. L’étage supérieur, divisé en deux, s’élève vers un plafond de bambous, encore rehaussé de tissus vifs. L’extérieur de l’étage est recouvert de bambous. Disposées en armature, d’autres lattes supportent un toit en tôle ondulée, nouveau matériau d’une palette simple. Ce toit élargi, qui donne de l’ombre et repousse les eaux de pluies un peu plus loin, est une réponse au climat local. Cette réalisation, au budget très serré, 25.000 euros, a été citée en 2007 par le Prix Aga Kahn d’architecture. Son jury l’a qualifiée de « Belle, chargée de sens, et humaine ».(3) La « Handmade school » est actuellement présentée au MoMa de New-York, dans le cadre d’une exposition qui détaille onze projets, répartis sur cinq continents.  (3) Avec une particularité commune, celle de coller aux besoins de communautés privées de moyens, tout en déclinant le concept de « durabilité » en fonction des contextes locaux. Au-delà d’une solution pratique à un besoin identifié, cette architecture « sociale » est appelée à inspirer les communautés : « Etre Bengali nous remplit de fierté quand nous voyons que nous avons tant de matériaux « uniques » et de contextes à exploiter… », écrit un étudiant en architecture sur le site de Anna Heringer. (4)

M.J

« La Handmade school », exposée au au Moma…

(1)UNICEF

(2) IDA/ World Bank – http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/NEWSFRENCH/0,,contentMDK:21237309~pagePK:64257043~piPK:437376~theSitePK:1074931,00.html

(3)« Small Scale, Big Change: New Architectures of Social Engagement » – MoMa October 3, 2010–January 3, 2011

(4) METI – Handmade School in Rudrapur

http://www.anna-heringer.com/index.php?id=31


Publié le 16 novembre 2010 par marlene dans Architecure.,Développement durable
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