Environnement
Un blog sur la géo-environnement

En vacances dans le Blayais…

Bonjour,

Premier pépin, Tricastin, 74 kilos d’uranium qui se baladent dans la nature, et un système hydrologique contaminé. Second pépin, Romans-sur-Isère, moins préoccupant semble-t-il, rupture de canalisation, et « épanchement d’uranium » consécutif. Premier pépin, pas tout de suite avoué, rien de grave, classement de type 1 sur l’échelle INES, l’échelle des évènements nucléaires, une « anomalie », pas de quoi remettre en cause « l’industrie la plus surveillée du monde » (1), plaide Anne Lauvergeon, présidente d’AREVA. Qui ajoute : « Si à chaque fois que nous sommes transparents nous provoquons des craintes, il y a un problème. » En vacances près d’une centrale nucléaire, ma famille y réside, cette volonté d’épargner du souci aux populations riveraines me touche. La centrale du Blayais, mise en service en 1986, ne présente pas une fiche « sécurité » impeccable. Inondation inquiétante lors de la grande tempête de 1999, quelques jours avant de connaître la «vérité » , sans doute quelques jours de répit pour des riverains déjà secoués par des vents forts, et deux « incidents génériques du niveau 1 sur l’échelle INES », 2002 et 2003. Le nucléaire, incidents cachés, accidents traumatisants, déchets bien encombrants, et risque de détournement vers le militaire, je n’aime pas beaucoup. C’est un avis.

Avis minoritaire. D’après un sondage IFOP-Le Monde daté du 18 juillet dernier, seulement 33% des Français pensent que l’énergie nucléaire est dangereuse. Et plus de la moitié de la population (53%) serait d’ailleurs plus préoccupée par le réchauffement climatique que par le nucléaire. La peur de l’atome est classée en troisième position, après la pollution des eaux. On y apprend encore que 2/3 des personnes interrogées sont favorables au maintien du nucléaire, qui contribue à l’indépendance énergétique du pays. Mais quand on évoque Tricastin, l’angoisse augmente. Plus de 80% des sondés considèrent que l’incident a eu des conséquences graves.

Côté information, le gouvernement et AREVA disposent d’un petit capital « confiance », environ 30% des personnes interrogées. Si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) reste crédible pour 62% des sondés, les associations de protection de l’environnement semblent les plus fiables, 79% des réponses. Et pendant qu’AREVA reconnaît erreurs, dysfonctionnements, et rétention d’information dans l’affaire de Tricastin, la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) épingle deux filiales d’AREVA. Motif, 770 tonnes de déchets radioactifs enfouis depuis les années 70 dans les environs de Tricastin, et quelques traces d’uranium inquiétantes dans les nappes phréatiques de la région. Pour une industrie très « surveillée » qui fait de la « confiance » son fond de commerce… Allez, encore quelques jours de repos à proximité d’un site jugé « globalement satisfaisant » par l’ASN, rapport 2007. Et classé « perfectible » par l’inspecteur en charge du lieu.

M.J

(1) « Réactions en chaîne après l’incident Tricastin », Vincent Lonchampt, Laure Noualhat, Libération, 19-20 juillet 2008.


Publié le 21 juillet 2008 par marlene dans Non classé,Nucléaire,Préjudice écologique
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Public Eye récompense AREVA pour son irresponsablilité.

Bonjour,

Cette année, le « Public Eye Global Award » est attribué au groupe français nucléaire AREVA, qui remporte aussi le « Public Eye People’s Award », le prix du public. Pas de quoi se vanter. Cette double récompense, décernée en marge du sommet économique de Davos par la Déclaration de Berne et Pro Natura, désigne AREVA comme le meilleur « pollueur » et « exploiteur » de l’année. Autre entreprise sur le podium, Glencore, un géant des matières premières qui pollue sans scrupule. Mais retour au dossier AREVA, qui exploite de l’uranium au Niger dans des conditions scandaleuses. Almoustapha Alhcen, Président d’Aghirin’man Niger, une association qui dénonce AREVA et demande réparation, témoignait à Davos le 23 janvier dernier. Extraits de son exposé.

Des paysages métamorphosés, un environnement contaminé.

Au début des années 70, AREVA s’implante à Arlit, dans la région d’Agadez, au nord du Niger. Le groupe commence à exploiter deux mines d’uranium, via deux sociétés. La Somaïr, filiale d’AREVA, tire parti d’un premier gisement à ciel ouvert. Quelques kilomètres plus loin, la Cominak, autre création d’AREVA en association avec des Japonais, exploite une mine souterraine. L’uranium est ensuite dirigé vers une usine pour y être est enrichi chimiquement (soufre, acide, soude, carbonate, solvant, sodium, chlorate), avant d’être exporté vers l’Europe. Quatre décennies d’extraction et de traitement du minerai ont complètement ravagé l’environnement. Tout est contaminé, l’air, le sol, et l’eau. Les espaces forestiers ont disparu, les aires d’élevage privées de verdure se sont réduites. Les autruches, les gazelles, les addax, et nombre d’oiseaux, ont pratiquement disparu d’un paysage métamorphosé. Depuis les années 90, de nouvelles maladies sont apparues, pendant que des mineurs mourraient prématurément, dans des conditions suspectes. Les médecins des hôpitaux de la Somaïr et de la Cominak, n’auraient jamais établit le lien entre la santé de certains patients, et leur activité professionnelle. D’ailleurs, jusqu’en 2007, il n’y avait pas de médecin du travail.

Le Niger n’a pas tiré parti de sa ressource.

Le Niger, cinquième producteur mondial d’uranium – après le Canada, l’Australie, le Kazakhstan, la Russie -, n’a pas tiré profit de son unique ressource. En 2007, le pays est classé dernier sur l’échelle du développement humain des Nations Unies. En 2000, Areva achète l’uranium nigérien 31 euros le kilo, en 2006 il en donne 36 euros par kilo, contre environ 150 euros sur le marché mondial. Le groupe nucléaire français, qui envisage d’exploiter le site d’Imouraren, situé à 80 km d’Arlit, l’un des plus grands gisements du monde, proposerait de payer le minerai 14 euros de plus, par kilo. Mais le Niger pense aussi à vendre directement son minerai sur le marché étranger, pour en tirer plus de bénéfices. Et si AREVA continue d’obtenir des permis d’exploration au Niger, il ne devrait plus être en situation de monopole. Chinois, Australiens, Canadiens, ou Indiens, commencent à fouiller le désert nigérien. Cette ouverture à la concurrence, qui pourrait doper l’économie du pays, n’annonce pas forcément des jours meilleurs pour l’environnement.

La résistance commence à s’organiser.

Pendant toutes ces années, AREVA n’a guère rencontré de résistance au Niger. Les associations de défense pour le respect des travailleurs et de l’environnement, n’existaient pas. Depuis 2000, l’association Aghirin’man et d’autres organisations, dont des ONG françaises, se mobilisent pour faire de la pub à AREVA, qui n’aime ni les journalistes, ni les militants. Au passage, le groupe français est accusé de soutenir financièrement la rébellion touareg qui secoue le nord du pays. Un soutien qui a tendu les relations entre les deux pays, sans remettre en question la présence d’AREVA au Niger.

Les conditions d’exploitation des mines au Niger par AREVA….

Public Eye, qui récompense aussi les entreprises responsables, a décerné un prix positif à la société allemande Hess Nature. Hess Nature, qui distribue des textiles biologiques, invite à consommer différemment.

M.J.


Publié le 5 février 2008 par marlene dans Afrique - Environnement.,Préjudice écologique
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