Environnement
Un blog sur la géo-environnement

L’Afrique, piège à carbone ?

Bonjour,

Ouagadougou vient d’accueillir le Forum mondial sur le développement durable. Au menu de cette rencontre dans la capitale du Burkina Faso, « le changement climatique : quelles opportunités pour un développement durable ? ». L’Afrique, continent prétendu « le moins pollueur » et le plus exposé aux excès du climat, prépare Copenhague. Lors de cette prochaine cette rencontre internationale qui décidera d’un nouveau Kyoto, l’Afrique parlera d’une seule voix pour rappeler le principe du « pollueur-payeur ». En attendant, un organisme s’intéresse au bilan carbone du continent…

Revendications africaines.

A Ouagadougou, six dirigeants africains, emmenés par Jean Ping, le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA), ont décidé d’une position commune pour défendre les intérêts du continent à Copenhague. (1) L’Afrique souhaite des compensations pour les catastrophes naturelles causées par la crise climatique – même si cette relation n’est pas toujours facile à établir. Elle demande aux gros pollueurs de la planète de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40% – par rapport à 1990 – d’ici à 10 ans. Elle veut que les pays industrialisés l’aident  à s’adapter aux changements climatiques, notamment grâce aux transferts de technologie. Elle réclame encore des fonds pour faire face à un changement de climat, et d’environnement, qui ne manqueront pas de s’articuler à la pauvreté. Même si le Ministre de l’Environnement du Burkina-Faso, Salifou Sawadogo, chiffre les besoins du continent à 44 milliards d’Euros, le montant de l’aide  reste difficile à évaluer.( 2) D’autre part, l’Afrique, tenue à l’écart du Mécanisme de Développement Propre (MDP) , aimerait bien en bénéficier davantage. (3) Jean Ping, qui s’exprime au nom des dirigeants africains, espère que les pays industrialisés proposeront un nouveau fonds international pour aider les pays pauvres. (2)

Les mystères du carbone africain.

Argument qui porte les revendications, l’Afrique serait un « petit pollueur ». A l’échelle planétaire, l’Afrique n’émettrait que 2% des GES, et un peu moins de 4% selon d’autres sources. (4)(5) Avec ses trente millions d’habitants, l’Etat du Texas, aux Etats-Unis, produirait plus de GES que le milliard d’Africains. (2) Estimations difficiles à apprécier. De son côté, CarboAfrica tente de percer les mystères du carbone sur le continent, au fil de ses écosystèmes, forêts, savanes, ou déserts. CarboAfrica est un organisme composé d’une quinzaine de structures de recherche, qui mélange l’Afrique et l’Europe, et associe la FAO. Il mesure les émissions de GES de l’Afrique sub-saharienne, et tente d’identifier leurs sources. Après quelques études de terrain, CarboAfrica précise que les émissions de GES de l’Afrique ne seraient  pas dues aux carburants fossiles – moins de 4% du total -, mais proviendraient de sources naturelles. La déforestation participerait à 17% des émissions de carbone du continent. Les incendies en provoqueraient 40%. Autre piste, l’Afrique influencerait considérablement les variations de CO² dans l’atmosphère, selon les saisons et les années. De fait, l’Afrique jouerait un rôle important dans le système climatique mondial. Mais plus étonnant, son bilan carbone. Ses étendues de forêts et de savanes, qui capturent le carbone par photosynthèse, joueraient un rôle plus important que la déforestation et les incendies de forêts, qui eux, en libèrent. Le continent africain, qui serait un piège à carbone, contribuerait  à atténuer les effets du réchauffement climatique. En attendant des conclusions plus documentées, enquête sur le terrain… (6)

M.J

Image de prévisualisation YouTube

(1)Présidents du Bénin, du Burkina-Faso, de la République centrafricaine, du Congo, du Mali, et du Togo.

(2) « Africa wants polluters to pay for climate change”, AFP, 12-10-2009 http://www.kbc.co.ke/story.asp?ID=60364

(3) MDP: Mécanisme du Protocole de Kyoto qui permet à un pays industrialisé de financer un projet dans un pays en développement, afin de l’aider à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce projet – reforestation, énergies renouvelables….- doit l’engager sur la voie d’un « développement propre ». En contre – partie, le pays investisseur bénéficie de crédits d’émissions qui l’aident à tenir ses engagements chiffrés de réduction de GES.

(4) « L’Afrique émet 2% de GES au niveau mondial « , Observatoire du Sahara et du Sahel, http://www.oss-online.org/index.php/fr/global-world/global-world/l-afrique-emet-2-de-ges-au-niveau-mondial.html

(5) « Afrique: Djibo Kâ se prononce sur le Sommet de Copenhague – ‘L’Afrique va parler d’une seule et unique voix », Mamadou Sarr, Walfadjiri, 14-102009 http://fr.allafrica.com/stories/200910140698.html,

(6) « Le rôle de l’Afrique dans la réduction des gaz à effet de serre », FAO, 25-11-2008 http://www.fao.org/news/story/fr/item/8664/icode/


Publié le 16 octobre 2009 par marlene dans Afrique,Climat,Copenhague
Tags :: , , ,