Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Le Nord de la Chine au régime sec.

Bonjour,

Depuis juillet, la sécheresse s’est rapidement propagée à travers le Nord et le Nord-Est de la Chine. Plus de 8 millions d’hectares manquent d’eau dans le Liaoning, le Heilongjiang, le Jilin, le Shanxi, ou la Mongolie intérieure, importante réserve céréalière du pays. Plus de quatre millions de personnes rencontrent des difficultés pour s’approvisionner en eau, et quatre millions et demi de bêtes n’ont plus grand-chose à boire. Cette sécheresse qui touche 13 millions d’hectares à l’échelle du pays – soit une superficie de 35 % plus élevée que l’année précédente – rappelle un problème crucial en  Chine, l’eau. (1)

Inégalités spatiale et saisonnière.

La Chine dispose de 7% des réserves en eau de la planète  pour 20% de la population mondiale, une démographie qui limite la ressource par habitant. Une Chine du Nord, plutôt sèche et froide, contraste avec une Chine du Sud, subtropicale et humide. Au Nord, chaque habitant doit se débrouiller avec trois fois moins d’eau que son concitoyen du Sud. Inégale répartition de la ressource en eau, et inégale répartition des terres cultivées. La Chine de Nord, qui concentre les 3/5° de la surface agricole exploitée, doit se contenter du cinquième des ressources du pays. Le Sud , où se cultivent les 2/5° des terres chinoises, dispose des 4/5° des réserves d’eau du pays. Inégale répartition de l’eau dans l’espace, et dans le temps. Les précipitations et les crues qui gonflent les fleuves obéissent à un calendrier plutôt estival. Elles se produisent de mi-juillet à septembre au Nord, qui cette année attend toujours la pluie. (2) Dans un pays où l’agriculture dépend largement des précipitations, le manque d’eau pèse sur l’équilibre alimentaire. Cette sécheresse, qui touche le Liaoning, le Heilongjiang, le Jilin, le Shanxi, et la Mongolie intérieure se produit à un moment crucial pour les céréales d’automne. Ces régions produisent environ 30% de la récolte céréalière automnale. (3)

Pollution atmosphérique et précipitations.

De grosses chaleurs et le manque de pluie expliqueraient cette sécheresse, lapalissade de la plupart des sources. Une étude récente met encore en relation la pollution atmosphérique et la réduction des pluies profitables aux récoltes. Selon le « Journal of Geophysical Research », la pollution industrielle de l’Est serait responsable d’une diminution des « pluies légères » au cours des 50 dernières années. Ce constat s’appuie sur une étude menée de 1956 à 2005 dans 171 stations météorologiques situées à l’Est du pays. Durant cette période, les « pluies légères » y auraient été bien moins abondantes, moins 23% selon les chercheurs. Dans le même temps, le régime des précipitations, incluant de « fortes pluies », qui provoquent des inondations et déracinent les récoltes, s’emballait au sud. Conclusion des chercheurs, diminuer la pollution pourrait soulager les régions du Nord-Est. Ces « pluies légères », jusqu’à 10 mm par jour, favorisent l’agriculture et atténuent la sécheresse. Cette étude pourrait encore permettre de comprendre comment les aérosols – petites particules lâchées dans l’air, largement dues aux activités humaines – affectent la formation des nuages, générateurs de précipitations. Le nombre de gouttelettes d’eau serait plus élevé quand il y a concentration d’aérosols, mais l’étude retient aussi que les pluies diminuent de moitié dans les ciels pollués. Les petites gouttes formées ne seraient pas assez grosses pour tomber. La relation entre les aérosols et les précipitations en Chine reste à fouiller…..(4)

En attendant la pluie.

En attendant la pluie, la Chine ensemence les nuages et promet de rationaliser un système traditionnel d’irrigation qui gaspille la moitié de l’eau utilisée, par infiltration et par évaporation. Pendant ce temps, le déluge dévaste l’autre Chine. Fin août, des pluies diluviennes se sont abattues dans le Centre et le Sud-Ouest du pays, provoquant des inondations, des glissements de terrains, et des morts. Alors, pour atténuer cette distribution inégale sur le territoire chinois, le gouvernement lance de grands travaux. Le barrage des Trois Gorges doit contenir les crues du Yangtsé, pendant qu’une partie de ses eaux seront déviées vers la capitale et la grande plaine assoiffée de Chine du Nord. Un projet qui tarde.

M.J

La pollution de l’air et la sécheresse dans l’Est de la Chine…

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(1)Millions at risk in China drought”, BBC News, 23-08-2009. http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/8216681.stm

(2) « Les ressources en eau et leur gestion en Chine »,  Zongxia Ca’, Géocarrefour, Vol. 79/1 Le Yangzi et le Rhône, regards croisés, p 35-40 http://geocarrefour.revues.org/index510.html

(3) « 160,000 people suffer water shortage as drought hits NE China”(Xinhua),20-07- 2009http://www.chinadaily.com.cn/china/2009-07/20/content_8451205.htm

(4) Etude : “Office of Biological and Environmental Research within the US Department of Energy”, en collaboration avec “China’s Ministry of Science and Technology.”


Publié le 9 septembre 2009 par marlene dans Actualité,Agriculture.,Chine,Désertification.
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La Chine s’intéresse à ses mines d’énergie renouvelable.

Bonjour,

Une industrie et une production high-tech voraces, un marché de l’automobile et un équipement des ménages en progression vertigineuse, la Chine est gourmande en énergie. Ses besoins en pétrole la placent juste derrière les Etats-Unis. La Chine est aussi le premier producteur et consommateur mondial de charbon, qui alimente 70% de sa machine. (1) De 1996 à 2006, les besoins énergétiques de « l’usine du monde » ont pratiquement doublé. Et la consommation d’électricité est allée encore plus vite, elle a été multipliée par deux depuis 2000. (2) Cette Chine énergivore est aussi une Chine qui pollue. Les émissions de CO² sont en train de dépasser celles des Etats-Unis. (3) Parenthèse, les émissions de dioxyde de carbone d’un Chinois représentent 1/6° de celles produites par un américain. (2) Les rejets de dioxyde de soufre, liés a l’utilisation de charbon de mauvaise qualité et à des techniques de combustion vétustes, sont en augmentation. (3) Mais, derrière le gigantesque nuage d’oxyde d’azote qui couvre Pékin et le nord-est du territoire, il se dessine un petit espoir. La Chine, qui veut diversifier ses sources d’énergie et qui freine la construction de centrales de charbon,  mise sur le vent, le soleil, l’eau, ou la biomasse, pour adoucir les conséquences environnementales de son développement.

Le vent et l’atome.

Si l’énergie solaire balbutie encore, la Chine est en train de devenir une championne de l’éolien. En 2006, le pays a doublé sa capacité. Dans un contexte où l’énergie produite par le vent est plus chère que celle issue du charbon, le gouvernement incite à la concurrence pour réduire les coûts de production. Vers le milieu du siècle, l’énergie éolienne pourrait devenir la seconde source d’électricité, derrière le charbon, et devant l’hydro-électricité. Avec environ 2/3 des capacités mondiales, la Chine est devenue le plus grand consommateur d’eau chauffée par le soleil. On y dénombre environ 40 millions de systèmes solaires, 10% de ménages chinois en sont équipés.  Cette performance dissimule un secteur solaire où beaucoup reste à faire. Ce qui n’empêche pas la Chine d’être active sur le marché international du photovoltaïque. La biomasse, surtout produite à base de canne à sucre et de cosses de riz, est un secteur qui somnole. En attendant, peut-être, d’être réveillé par d’autres sources d’énergie, résidus de l’agriculture ou des forêts. Le biogaz, produit à partir de déchets animaux, dynamise la filière. La Chine s’intéresse encore aux carburants alternatifs. Elle produit un peu d’éthanol à base de maïs, et du biodiesel avec de l’huile de friture usagée. Le manioc, le sorgho, et les oléagineux ouvrent de petits espoirs. Plus sérieux, l’éthanol à base de cellulose, la Chine dispose de vastes stocks de déchets agricoles et forestiers. Une perspective qui attendra encore quelques années. (1) Petite fausse note dans cette transition énergétique, la Chine devrait encore construire une trentaine de centrales nucléaires, d’ici à 2020.

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Un portable solaire.

Aujourd’hui, 8% de l’énergie et 17% de l’électricité consommées en Chine proviennent d’une source non fossile. L’objectif est d’atteindre les 15% (énergie) et Les 21% (électricité ) en 2020. (1)Vers le milieu du siècle, les énergies renouvelables devraient couvrir 30% des besoins.(2)Cette ambition repose sur des investissements conséquents, assortis d’une volonté de développer les énergies propres. Le Worldwatch Institute rapporte que la Chine a investit 50 billions de dollars dans le non-fossile en 2006, plus 10 billions en 2007. Depuis 2005, une loi encadre le développement du renouvelable, devenu « priorité nationale ». Des incitations fiscales encouragent les entreprises à opter pour les énergies alternatives. Des mandats exigent que des compagnies d’électricité achètent de l’éolien, et s’intéressent aux autres sources. Selon le cabinet Ernst & Young, la Chine est devenue l’un des cinq pays les plus attractifs pour les investissements destinés au renouvelable, entre l’Inde et l’Espagne. (4)Tout en développant son potentiel, la Chine est en passe de devenir un leader sur le marché international du vent et du soleil, en Amérique du Nord, au Japon, ou en Europe. La production d’éoliennes et d’équipements photovoltaïques a été multipliée par 2 en 2006. (1) La Chine exporte ses systèmes d’eau chauffée par le soleil – bien moins coûteux que leurs semblables produits en Europe – et du petit matériel hydro-électrique. Objectifs ambitieux, soutien des autorités, et prouesses industrielles « à la chinoise », la Chine pourrait s’imposer dans les technologies du renouvelable. En 2007, une société chinoise a présenté son premier portable à énergie solaire, une heure au soleil, ou à la bougie, pour quarante minutes de conversation….

M.J

(1) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy”, Worldwatch report, Eric Martinot, Li Junfeng, November 2007, http://www.worldwatch.org/node/5491

(2) “Powering China’s Development: The Role of Renewable Energy.”http://www.worldwatch.org/node/5496

(3) http://www.econologie.com/la-chine-articles-2277.html

(4) « Energies renouvelables : la Chine devient plus attractive que le Royaume-Uni », Actu-Environnement.com – 28/08/2008, http://www.actu-environnement.com/ae/news/attractivite_chine_energies_renouvelables_5590.php4


Publié le 12 mai 2009 par marlene dans Actualité,Chine,Climat,énergie
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Chine: le recyclage en crise.

Bonjour,

La crise économique mondiale fait des ravages dans l’industrie du recyclage. Car le recyclage est une industrie, le déchet est sa matière première. La Chine, principal importateur mondial de déchets, refuse aujourd’hui des cargaisons en provenance des Etats-Unis ou d’Europe.(1) Les prix ont dégringolé.

Des cannettes de soda, des emballages de sauce soja, des bouteilles d’huile à frire, des vieux journaux, du carton, du plastique, du polystyrène, ou des poutres en acier, les poubelles de l’Occident alimentent l’industrie du recyclage. Le contenu de la décharge occidentale voyage sur les mers du globe, à bord de porte-conteneurs, en direction de l’Inde, ou plus probablement de Chine. La Chine est le principal importateur mondial de déchets. En dix ans, de 1990 à 2000, sa consommation de vieux papiers destinés à fabriquer les emballages de ses produits exportés, a été pratiquement multipliée par 10. (2) En 2008, le géant asiatique a importé près de 12 millions de tonnes de vieux cartons et de vieux papiers, en provenance des Etats-Unis. (1) Ce business, rentable pour le pays exportateur qui s’économise un recyclage, et pour le pays importateur qui fait le plein de matières premières bon marché en faisant tourner une économie, a connu un mois d’octobre 2008 difficile. Les prix des montagnes de papiers, des vieux rails de chemin de fer, ou des canettes de soda vides ont dégringolé. Beaucoup de bateaux sont en attente dans le port de Hong-Kong.

La tonne de débris de cuivre vaut actuellement 3.000 USD, contre 8.000 en 2007. Le prix de l’étain a suivi une courbe semblable. Le papier a perdu 80% de sa valeur. Et le polystyrène recyclé se vend moitié prix sur le marché. Les organisations américaines estiment que les cargaisons embarquées à destination des pays recycleurs, plus de 150 au total, ne vaudraient plus que la moitié, voire le tiers, de leur cotation avant la crise. (1) C’est toute l’industrie du recyclage qui prend une claque. Et c’est aussi les revenus des millions de petits recycleurs chinois qui baissent. A Dongxiaokou, ville-poubelle de la banlieue nord de Beijing, les 700 familles employées à donner une seconde vie aux arrivages gagnent beaucoup moins d’argent. Certaines commencent à rentrer chez elles, à la campagne.(4) Autre victime, l’environnement qui récupère tout ce qui était recyclé avant la crise. Une occasion pour les pays exportateurs de s’interroger sur les vertus d’un recyclage mieux partagé.

M.J

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(1) China‘s big recycling market is sagging, The New York Times, 2009-03-20

http://www.chinadaily.com.cn/bizchina/2009-03/20/content_7601590.htm

(2) « Le Développement durable/ produire pour tous, protéger la planète », Loïc Chauveau, Petite Encyclopédie Larousse, 2006, pp46-47.

(3)« In China, hard times at the Scrap Heap”, Austin Ramzy, Time, Nov. 20, 2008, http://www.time.com/time/world/article/0,8599,1860294,00.html


Publié le 31 mars 2009 par marlene dans Actualité,Chine,déchets
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La Chine et ses sécheresses.

Bonjour, depuis trois mois la sécheresse s’est installée sur le centre et l’est du territoire chinois. Les quelques pluies tombées cette semaine sur quatre provinces n’y changent pas grand-chose. Il n’a pas plu depuis novembre dernier, quatre millions de personnes sont confrontées à une pénurie d’eau potable, deux millions de têtes de bétail ont soif, et plus de dix millions d’hectares de céréales d’hiver se désolent sur des sols gelés. Les nappes phréatiques ne se renouvellent pas. Cette sécheresse hivernale, tendance saisonnière jusqu’en mars, prend des allures de catastrophe naturelle. Les Autorités chinoises craignent pour le stock alimentaire annuel et l’approvisionnement en eau de Beijing. Elles redoutent la colère des migrants. Après les inondations, la sécheresse est l’autre grand fléau de la Chine.

Les provinces du Henan, de l’Anhui , et de Shandong, zones les plus touchées par une sécheresse plus étendue, productrices de céréales d’hiver, n’ont pas été arrosées depuis plus de 100 jours. (1) Selon le Ministre de l’agriculture, la récolte des provinces du Henan et de l’Anhui, effectuée en mai, pourrait diminuer de 20%. Sur l’ensemble des terres cultivables affectées par le manque d’eau, la baisse de la production céréalière d’hiver pourrait dépasser les 40% Il n’est pas non plus tombé de pluies à Beijing depuis plus de 100 jours, une première depuis 38 ans dans une ville pourtant connue pour son climat aride. (2) La province du Hebei, située à l’Est du pays, qui entoure Beijing et qui l’approvisionne en eau depuis 2008, est elle aussi soumise à un régime sec.

Cette sécheresse signale peut-être les effets du réchauffement climatique. Mais cette Chine qui manque d’eau paie aussi l’addition d’une croissance économique anarchique, d’une mauvaise gestion de la ressource, d’un gaspillage industriel et agricole. Les nappes phréatiques du nord du pays sont surexploitées. L’irrigation, pratiquée à grande échelle avec des méthodes inadaptées, souvent par inondation, entraîne de gros gaspillages. En cette période de sécheresse, le gouvernement a débloqué des fonds pour l’irrigation. (3) Outre la perspective d’une crise alimentaire, le gouvernement chinois veut rassurer les millions de migrants qui ont perdu leur job dans le BTP et l’industrie, pour cause de ralentissement économique. Les provinces du Henan et de l’Anhui, pauvres et très touchées par la sécheresse, sont notamment de gros foyers d’émigration. Ces bataillons de chômeurs, rentrés cultiver la terre en attendant une reprise économique, sont encore lâchés par la météo. Il y a grand risque d’instabilité sociale. Le Ministère de l’Agriculture prétend que 40% des terres céréalières affectées par la sécheresse ont été irriguées. D’autres fermiers ont attendu la Fête de la Lanterne, le quinzième jour du calendrier lunaire, pour puiser dans les réserves. (3)

« Sécheresse historique » annoncent les Autorités (2), certainement. En 2006, la province du Sichuan, dans le sud ouest du pays, en a connu une autre, sévère, suivie de pluies torrentielles. Pendant l’hiver 2007-2008, plus de 11 millions d’hectares dans le Nord du pays n’ont pas reçu de pluies. Plus de deux millions de personnes ont été partiellement privées d’eau potable. En mars de la même année, sur l’ensemble du territoire, près de 20 millions d’hectares de terres cultivables étaient desséchées. (4) Et le désert, qui représente le tiers du territoire chinois, progresse régulièrement. La Chine n’a pas fini de se battre avec sa géographie.

M.J

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(1) « Rains offers little respite in China drought », Jaime Florcruz, CNN, 10-02-2009 http://www.cnn.com/2009/WORLD/asiapcf/02/10/china.drought/

(2)”China declares an emergency amid worst drought in 50 years”, Jane Macartney, Timesonline, 5-02-2009. http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/asia/article5665232.ece

(3)”China declares emergency as drought bites”, Lucy Hornby, Reuters, Sciam, 5-02-2009.

(4) » Ni la sécheresse ni les inondations au Sichuan n’ont été causées par le projet des Trois Gorges en Chine », Agence de presse Xinhua, 07-24-207 -”La neige et la sécheresse affectent un sixième des terres cultivables en Chine”, Beijing Information, 25-02- 2008 – « China drought leaves 670.000 without drinking water », Reuters, 13-04-2008.


Publié le 12 février 2009 par marlene dans Actualité,Chine,Désertification.
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Chine, entre sables et eaux.

Bonjour,

Amélioration de la qualité de l’air à Beijing, et émergence d’une « conscience environnementale » du public pékinois, bilan des JO d’après le « Quotidien de Guangzhou ». Mais la fête est finie, et la capitale chinoise se retrouve face au désert de Gobi, un géant de pierres et de sables étendu sur 1,3 million de km². En 2000, Ron Gluckman, un reporter américain basé en Chine, écrit : « Le désert s’étend dans les vallées chinoises, ensable les rivières, et consume les précieuses terres cultivables. Beijing tente de répondre en développant des campagnes de reforestation massive, mais le Grand Mur Vert pourrait ne pas arrêter le sable, qui pourrait couvrir la ville dans quelques années. » Beijing, offerte aux tempêtes de sables devenues plus fréquentes entre 2000 et 2004, voit le désert se rapprocher au rythme de 3 kilomètres par an. (1)

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Beijing au cœur d’une guérilla.

En 2003, Lester R. Brown, de l’Earth Policy Institute, évoque une guerre. La Chine contre le désert. Et Beijing au centre d’une guérilla : « Les vieux déserts avancent, de nouveaux se forment, comme les forces d’une guérilla qui frappent de façon inattendue, forçant Beijing à se battre sur plusieurs fronts. » Antérieur à 1950, le processus de désertification s’est emballé depuis. Chaque décade voit le phénomène s’accélérer. Selon l’agence de protection environnementale chinoise, le désert de Gobi aurait gagné plus de 52 000 km² de 1994 à 1999. Il se situe aujourd’hui aux portes de la ville, à environ 160 kilomètres, et 70 kilomètres en certains endroits. Certains villages alentour sont déjà ensevelis. (2) En 2002, Beijing a connu l’une des plus violentes tempêtes de sable de son histoire. La ville s’est enveloppée d’un nuage marron, il est devenu difficile de respirer sans masque. Ces tempêtes de sable, en provenance des steppes du nord et du désert de Gobi, ont continué leur route, vers la Corée du Sud, et le Japon. Elles auraient même traversé le Pacifique pour créer de magnifiques couchers de soleil sur la côte Ouest de la Californie. (3)

Nuages de sables sur la route de la soie.

Si Beijing est la ville la plus exposée, la désertification rend stérile plus du quart de l’espace chinois. Selon un rapport de l’ONU (2002), la désertification avancerait de 3 600 km2 par an, une progression presque deux fois plus importante qu’à la fin des années 80. La situation est particulièrement préoccupante en Mongolie intérieure, au Ningxia, et dans la région de Gansu , où les habitants fuient le désert qui avance. En Mongolie intérieure, la désertification touche et convoite plus d’un tiers de la superficie de la région autonome. Dans la province de Gansu, environ 4000 villages devraient être abandonnés aux sables (4). Le West Bank Corridor, autrefois partie de la route de la soie, a troqué les marchandises exotiques contre des nuées sablonneuses à destination des régions rurales et des villes de l’Est. (3) A l’Ouest, dans la province de Xinjiang , deux autres déserts progressent, le Taklimakan et le Kumtag. (2) Dans la région de Guizhou, autre région touchée au sud-ouest de la Chine, près d’un demi -million de personnes pourraient être expulsées par l’érosion des sols, autre variante de la désertification. (5)

Agriculture, élevage, et réchauffement climatique.

La désertification, définie par la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), résulte de «la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines.» Avec une conséquence immédiate, l’appauvrissement des écosystèmes, et l’épuisement des terres cultivables. Les causes de la désertification du territoire chinois, portées par la pression démographique, sont multiples. Elles combineraient une intensification des activités agricoles, avec les effets du réchauffement climatique. Lester Brown insiste sur les ravages causés par le développement de l’élevage – depuis les années 50, la taille des troupeaux a été multipliée par 3 -, qui entraîne surpâturage et dégradation des sols. D’autres chercheurs accusent plus globalement développement urbain, et industrialisation. Après les questions, les réponses. En 1978, l’administration des forêts lance le projet de la Grande Muraille verte. Les Chinois sont invités à planter des arbres pour ériger une grande bande forestière dans le nord-est et le sud-est du territoire, 9 milliards d’hectares doivent être reboisés en 10 ans. Au début des années 90, le projet connaît une nouvelle impulsion, cinq millions d’arbres supplémentaires doivent apparaître dans le paysage chinois, d’ici à 2010. A terme, l’objectif est de ceinturer le nord de l’espace chinois sur 4500 km, de la province du Heilongjiang, située aux confins nord-est, jusqu’au au Xinjiang, situé à l’extrême ouest. (6)

Entre sables et eaux.

Pour porter ce projet, qui devrait aboutir en 2050, le gouvernement a incité les paysans chinois à planter des arbres, contre rétribution. Concernant l’efficacité de ce reboisement, les sources multiplient les échelles de terres gagnées sur le désert. Une source rapporte que les surfaces désertiques auraient reculé de 37 000 km², sur plus 2,5 millions de km² de terres stériles.(7) Selon une autre source, sur les 3,3 millions de km² censés arrêter les sables de Gobi, seuls 100 000 km2 seraient sous contrôle, soit l’équivalent de l’avancée du désert depuis les années 1950.(8) Difficile de parier sur l’efficacité d’un reboisement dans les régions arides du nord ouest de la capitale, le manque d’eau travaille contre le projet. La FAO (2007), qui évoque les tempêtes de poussières qui enveloppent Beijing pour s’envoler très loin, parle de décennies avant de voir les effets de ces «efforts de reverdissement ». Lester Brown prédit une guerre difficile, pas facile de réduire les troupeaux. Et si restaurer les terres gâchées est un défi techniquement réalisable, il coûtera une fortune à une puissance également engagée sur le front de l’eau. La Chine, qui en manque là où les besoins sont élevés – les ¾ des exploitations agricoles se concentrent au nord tandis que les ressources hydriques sont au sud -, projette de la construction de grands projets de transfert d’eau nord –sud ( SNWTP/ South-North Water Transfer Project ).Ces grands travaux devraient atténuer la pénurie d’eau en Chine du Nord, et protéger l’environnement. Entre le sable et l’eau, Lester Brown formule le dilemme chinois: « Stopper l’avancée du désert demandera un immense effort financier et humain, qui obligera le gouvernement chinois à faire un choix difficile: où construire les coûteux projets de détournement des eaux sud – nord, ou combattre les déserts qui progressent vers l’est et qui peuvent envahir Beijing. »

M.J.

Sources:

(1) http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=33187&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html (2) http://www.earth-policy.org/Updates/Update26.htm (3) http://www.smhric.org/SMW_19.htm (4)http://www.vertigo.uqam.ca/vol5no2/art9vol5no2/dominique_simard.html (5) http://www.liberation.fr/actualite/terre/246759.FR.php http://www.rfi.fr/actufr/articles/066/article_36998.asp (6) http://www.planetpositive.ch/version_2_0/news/articles/1180/_construction_d_une__grande_muraille_verte__en_chine.html(7) http://www.rfi.fr/actufr/articles/066/article_36998.asp (8) http://www.ql.umontreal.ca/volume11/numero5/mondev11n5a.html


Publié le 2 septembre 2008 par marlene dans Chine,Désertification.
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Le coût de la pollution en Chine du Sud.

Bonjour,

La pollution de l’air en Chine du Sud a causé la mort d’environ 10.000 personnes en 2006, conclusion d’une enquête menée par la Civic Exchange , et publiée mercredi à Hong-Kong. La pollution atmosphérique serait encore responsable de 44.000 hospitalisations de jour chaque année, et de 11 millions de visites chez le médecin. La zone balayée par l’enquête, Hong-Kong, Macau, et le Delta de la Rivière des Perles rejoint la Mer de Chine, est une région économique très active.
 

Le Delta de la Rivière des Perles , ou « l’arrière-pays » de Hong-Kong, a connu une croissance économique ultra – rapide depuis le début des réformes en Chine. L’étude révèle que les régions de Guangzhou et de Foshan,  très industrialisées, sont particulièrement affectées par des niveaux élevés de dioxyde de soufre (SO²) ,production des petites centrales de charbon, et à l’origine de maladies cardio-vasculaires. De son côté, Hong-Kong est confrontée à deux sources majeures de pollution. La première, causée par les émissions de voitures diesel, se situe au niveau des rues. L’autre, provoquée par les moteurs des véhicules, l’industrie, ou les centrales d’énergie, produite à Hong-Kong ou diffusée par l’activité du Delta, prend la forme d’un smog.  Déjà en 2000, la pollution atmosphérique de Hong-Kong, avait provoqué 4000 décès, maladies respiratoires, cardio-vasculaires, ou cancers du poumon.

 

 

Coût humain, et coût économique. L’étude révèle encore que les hospitalisations, les visites médicales, et la baisse de la productivité représentent  6,7 milliards de Yuans, chaque année. Un peu moins de 968 milliards de US dollars. Ce coût, réajusté en fonction de paramètres économiques, serait sept fois plus élevé dans la région du Delta, qu’à Hong-Kong. Cependant, la ville, grosse place financière mondiale, pourrait devenir moins attractive, et perdre de son prestige, en raison de son atmosphère saturée.

Le rapport souligne que la relation entre la qualité de l’air et la santé des habitants n’est pas  suffisamment prise en compte par les Autorités. Et ce n’est pas faute d’information. Au cours des 25 dernières années, de nombreux journaux, locaux et internationaux, se sont emparé du sujet, près d’une quarantaine d’articles au total. L’étude conseille aux dirigeants de tendre vers les normes de pollution américaines, ou européennes. Elles devraient développer un plan pour améliorer la qualité de l’air, et tenir la population informée de l’évolution, en temps réel, de la pollution atmosphérique. Pourtant, depuis juin 2007, Hong-Kong s’intéresse à la qualité de son air, histoire de le rendre plus respirable dans les années à venir. Opération relayée par « Clear the air », une initiative de volontaires. Ce qui n’empêche pas le port du masque dans les rues de Hong-Kong…

M.J


Publié le 12 juin 2008 par marlene dans Actualité,Pollution atmospérique.
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Secouée, la Chine craint ses barrages.

Bonjour,

Quelques jours après le séisme qui a fortement secoué le Sud-Ouest de la Chine, et le Sichuan, les Autorités craignent pour les installations hydrauliques. Ce tremblement de terre d’une magnitude de 7,9, qui aurait causé la mort d’au moins 50.000 personnes selon l’agence Chine Nouvelle, bilan encore provisoire, a endommagé des réservoirs, des centrales hydrauliques, et des barrages. Le gouvernement Chinois, qui a d’abord nié les risques de fissures sur l’imposant barrage hydroélectrique de Zipingpu, vient de reconnaître « de sérieux problèmes de sécurité ». La formule est de Chen Lei, le Ministre des Ressources hydrauliques. Dans une région qui compte de nombreux barrages installés sur les affluents du Yangtsé, environ 400 infrastructures ont été fragilisées par les secousses telluriques. Deux mille soldats ont été dépêchés à Zipingpu, un ouvrage qui se dresse à 150 mètres au dessus de la rivière de Minjiang. Si ce barrage situé en amont de Dujiangyan cède, la ville de 500.000 habitants sera submergée. Pour diminuer la pression, et les risques de rupture, les autorités ont libéré une partie de l’eau retenue dans le réservoir du barrage de Zipingpu, information du ministère des Ressources hydriques.

Le barrage des Trois Gorges, épargné mais suspecté.

En 2001-2002, un groupe d’activistes avait orchestré une campagne dénonçant la localisation du barrage de Zipingpu, situé près d’une faille. (1) Ou plutôt d’une zone exposée à un mouvement de tectonique de plaques, cause de ce séisme. Le groupe avait rencontré des représentants du gouvernement pour les informer d’un risque sismique sur le site du barrage. L’ouvrage a pourtant été achevé il y deux ans. Depuis longtemps, de nombreux militants écologiques mettent en garde Pékin, qui multiplie les ouvrages hydrauliques pour combler ses besoins énergétiques. Et qui parie sur l’hydraulique, source renouvelable. Le plus bel exemple est le Barrage des Trois Gorges, réalisation pharaonique qui concentre les critiques. Les Autorités chinoises, se voulant rassurantes, ont d’ailleurs affirmé que le barrage des Trois Gorges, situé sur le Yangsté, n’avait pas été touché par le tremblement de terre. Probe International, une ONG canadienne qui surveille les conséquences environnementales, économiques, et sociales de l’aide allouée par son pays, s’interroge sur le rôle du Barrage des Trois Gorges dans ce séisme. L’Organisation se demande si l’eau accumulée dans l’immense réservoir des Trois Gorges, voisin de la zone Sud-Est du Bassin du Sichuan, ne stimule pas l’activité sismique de la région. Des chercheurs auraient établi un lien entre le volume d’eau arrêté par le barrage des Trois Gorges et le regain de l’activité sismique. L’observation a débuté en 2003, quand le réservoir a commencé à se remplir. « Même si l’activité sismique induite par le réservoir est moindre que la force du tremblement de terre de cette semaine, il est urgent de mener une investigation avant que le réservoir Trois Gorges soit à son niveau maximum. », a commenté Patricia Adams, responsable chez Probe International. L’ONG surveille la construction du barrage des Trois Gorges depuis les années 80.

Mais retour sur le terrain, où l’eau pose d’autres problèmes. De nombreux glissements de terrain ont déchiré le sol, et les pluies qui s’abattent sur les zones sinistrées font redouter des crues meurtrières. La ville de Beichuan, située dans un district très touché par le séisme, est menacée d’inondation suite à un glissement de terrain qui a entrainé une brusque montée des eaux de la rivière voisine. Pendant ce temps, la population manque cruellement d’eau potable. Une enseignante résume : « Il y a assez à manger mais pas assez d’eau, nous n’avons eu que de l’eau minérale en bouteille ces derniers jours, rien que l’on puisse utiliser pour cuisiner. » (2)

M.J

(1) »China fears flood as rescues continue”, Audra Ang, associated Press, May 15, 2008-(2) « Quatre jours après le séisme, Pékin accroît encore ses efforts », Emma Graham-Harrison, Reuters, 15 mai 2008.


Publié le 16 mai 2008 par marlene dans Actualité,Catastrophe naturelle.,Chine
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Quand la Chine accélére…

Bonjour,

Mauvaise nouvelle pour les cyclistes qui partagent la route avec les voitures, le marché automobile chinois décolle. Près de neuf millions de véhicules neufs ont été vendus en 2007, soit une progression d’environ 27% par rapport à 2006. Même tendance pour le nombre de voitures fabriquées, plus 22% en 2007. Depuis 2001, le marché automobile chinois a été multiplié par cinq. (1) Les Chinois s’enrichissent, et veulent rouler en voiture. L’industrie automobile, constructeurs étrangers et secteur national en plein développement, comble la demande. D’ailleurs, les prédictions s’emballent. Le parc automobile, qui représentait 20 millions de voitures en 2002, est attendu autour des 50 millions en 2010, et 100 millions en 2020. (2)

Pollution, problèmes de circulation et de sécurité, sans parler du coût du pétrole, accompagnent ce boom automobile. Le gouvernement chinois, qui tente de freiner ses citoyens, a déjà pris des mesures pour limiter l’accès au crédit. Dans la ville de Shangaï, les Autorités demandent aux habitants de cesser d’acheter des voitures. Mais, peu d’effets sur les Chinois qui rêvent de posséder un véhicule haut de gamme, ou un modèle récent. (1) Alors, la Chine parie sur les nouvelles technologies, qui pourraient rendre les voitures plus propres, et moins gourmandes. A Shangaï, le Challenge Bibendum 2007, crée en 1998 par Michelin, a permis aux Chinois de rêver à ces moyens de transports, plus respectueux de l’environnement. En attendant, le marché automobile chinois, deuxième rang mondial, est déjà en train de rattraper le géant américain.

M.J.

« Heureusement, les Chinois s’intéressent à l’environnement… »

(1) »Automobile: toujours plus », Marc Lebeaupin, RFI, 14-01-2008- (2) « Les constructeurs automobiles présentent leurs avancées techniques en Chine », Simon Boehm, Aujourd’hui la Chine, 16-11-2007.


Publié le 21 janvier 2008 par marlene dans Actualité,bagnole
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