Environnement
Un blog sur la géo-environnement

« Give future génération a voice »

Bonjour,

Le RIO+20 ne marque pas d’avancée majeure sur la voie du développement durable. Ce nouveau Sommet de la Terre, organisé par les Nations Unies vingt ans après le premier « Rio », devait amorcer une réflexion sur la réduction de la pauvreté et de l’injustice mondiales, promouvoir une économie verte, ou encourager la bonne gouvernance.

Parmi les quelques acquis de ce RIO+20, les Objectifs de Développement durable (ODD) qui doivent prolonger les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), dont le processus s’achève en 2015. Un groupe de travail composé d’une trentaine de pays devrait commencer à formuler ces nouveaux objectifs dès 2013, pour les incorporer aux précédents. Le groupe des 77 pays en développement, et la Chine, insistent pour que ces objectifs accompagnent leur évolution économique et sociale. Ils réclament encore que les pays riches dotent cette transition d’un transfert de technologie, et d’un financement. Ce financement, contrarié par la crise financière qui secoue l’Europe, n’a pas été précisé. Reste un partenariat entre pays riches et pays pauvres, difficile à accorder, qui promet des frictions au cours des années à venir.

Le rôle du PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, qui mène la marche vers un développement durable, sera renforcé. Le PNUE obtient un budget sécurisé. Il sera chargé de coordonner des stratégies mondiales concernant l’environnement. Il pourra encore développer des programmes de recherche scientifique. Mais, ambition ratée, le PNUE ne devient pas une grande agence de l’ONU indépendante. Ce que demandait la France, soutenue par l’Union européenne, et l’Afrique.

L’économie verte, pourtant annoncée comme l’un des grands travaux du RIO+20,  a raté son entrée. Défendue par les pays riches, le PNUE, la Banque mondiale, cette vision du développement a été rejetée par les puissances émergentes. Elles l’ont interprétée comme une menace pour leur économie, et une entrave à leur accès au marché international. Certains pays en développement craignent que ce concept d’économie verte véhicule, et impose, le modèle des plus riches, au lieu d’ouvrir la voie vers un véritable développement durable. En clair, les pays émergents et des ONG pensent qu’il s’agit de « verdir » le modèle économique existant, sans en modifier vraiment les règles et la dynamique.

La protection des océans, espace d’exception par sa superficie et ses ressources, espace soumis à une sur- exploitation, est une idée qui chemine. Mais la  proposition d’une gouvernance mondiale pour protéger la haute mer a été balayée par les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Russie, ou le Venezuela, qui défendent d’abord leurs intérêts, pêche ou ressources minières. Les décideurs se sont cependant accordés pour freiner la surpêche, protéger les écosystèmes dont dépend la ressource, ou promouvoir la pêche artisanale. La pollution des mers et des océans, qui trouve sa source sur terre, devra être réduite. Avec la pollution plastique en ligne de mire.

Dans un article en ligne du Guardian, Kumi Naidoo, l’un des dirigeants de Greenpeace international commente : « Nous n’avons pas obtenu le futur que nous voulions à Rio, parce que nous n’avons pas les décideurs dont nous avons besoin. Les dirigeants de la plupart des pays les plus puissants soutiennent le « business as usual », privilégiant de manière honteuse le profit personnel au sort de l’humanité et de la planète. »

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » écrit Antoine de Saint-Exupery. D’où  l’idée proposée à l’occasion du RIO+20 de créer un Haut Commissariat pour les Générations futures. La jeunesse, qui plaide pour une égalité intergénérationnelle, est en train de s’organiser pour être représentée au plus haut niveau des négociations. La jeune génération, qui verra sans doute un futur que les dirigeants actuels ne connaîtront pas, veut peser dans des décisions qui les concernent,  sur-exploitation des écosystèmes, pollution des océans, ou émissions de gaz à effets de serre. Le concept de « durable », articulé au développement projeté et envisagé sur le long terme, est indissociable de cette  jeunesse. L’un des slogans :« Give Future Génération a voice. »

M.J

 

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« The Future We Want”, RIO+20, United Nations Conference on Sustainable Development, 19-06-2012, Pdf, English http://www.uncsd2012.org/content/documents/774futurewewant_english.pdf

« Pour une économie verte », PNUE, pdf, français. http://www.unep.org/greeneconomy/Portals/88/documents/ger/GER_synthesis_fr.pdf

“Rio+20 Earth Summit: campaigners decry final document”, Jonathan Watts and Liz Ford in Rio de Janeiro, guardian.co.uk,  23-06-2012, http://www.guardian.co.uk/environment/2012/jun/23/rio-20-earth-summit-document

Citation : « We didn’t get the Future We Want in Rio, because we do not have the leaders we need. The leaders of the most powerful countries supported business as usual, shamefully putting private profit before people and the planet. »


Publié le 2 juillet 2012 par marlene dans Actualité,Développement durable,Objectifs du Millénaire.
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Bali, et après…

Bonjour,

Introduction, une vidéo pour rappeler les enjeux de la conférence de Bali sur le climat:

Bali qui commence par une bonne nouvelle, la ratification du traité de Kyoto par l’Australie. Et Bali qui se termine par un accord difficilement acquis. La communauté internationale, pourtant invitée à une réaction urgente pour contenir la crise climatique, n’a pas pu décider d’une stratégie précise pour réduire les gaz à effet de serre. Le texte adopté à Bali renonce aux objectifs chiffrés, il ne s’engage pas sur un calendrier précis. Seul rappel de l’urgence à agir, une note en bas de pages du préambule qui mentionne le dernier rapport du GIEC sur l’évolution du climat. Dans cette dernière synthèse, le groupe d’experts internationaux propose aux pays développés de réduire leurs émissions de 25% à 40% d’ici 2040, par rapport à 1990. Ce contrôle des émissions devrait limiter le réchauffement à 2°C au milieu du siècle, limite au delà de laquelle le climat pourrait s’emballer. Le rapport 2007 du GIEC invite encore à une réduction de 50% des émissions globales, d’ici 2050. Le texte adopté à Bali, qui se réfère aux avertissements du GIEC, n’a donc pas clairement formulé les recommandations des scientifiques. Bali, supposé préparer l’après – Kyoto qui expire en 2012, précise cependant que les négociations sur le climat devront s’ouvrir « dès que possible et pas plus tard qu’avril 2008 ». En 2009, la conférence de Copenhague devrait finaliser un autre plan de lutte contre le réchauffement climatique. Un vrai après – Kyoto.

Malgré des négociations difficiles, Bali semble cependant avoir impulsé un « processus global ». Pays développés et pays en voie de développement devraient s’impliquer pour freiner les effets de la crise climatique. Un effort sans contrainte sur les moyens à développer, un compromis difficilement acquis. Les Etats – Unis, soucieux d’associer les pays en voie de développement dans la lutte contre le réchauffement climatique, toujours opposés à une stratégie directive en matière de réduction de gaz à effet de serre, ont fini par accepter un accord qui ne les engage pas à grand chose. Les pays émergents, Chine et Inde en tête, ont multiplié les interventions pour dénoncer la timidité de l’engagement occidental, et pour réclamer des aides. Parmi les points positifs d’une conférence qui n’a pas décidé de grand chose, la prise en compte de la déforestation et de la dégradation des terres, 20% des émissions mondiales.

M.J.


Publié le 17 décembre 2007 par marlene dans Climat
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