Environnement
Un blog sur la géo-environnement

En attendant le Zéro-Waste…

 

Bonjour,

Le développement économique et l’urbanisation croissante devraient doubler l’accumulation des déchets produits par les villes et leurs habitants, d’ici une dizaine d’années. Leur volume annuel passerait de 1,3 milliards de tonnes à 2,26 milliards en 2025, échelle mondiale. L’info est  rapportée sur le site du World Watch Institute dans un article Intitulé  « Global Municipal Solid Waste Continues to Grow« , Epluchures de légumes, papiers, plastiques, verre, métaux, gonflent les tas de MSW, ces Municipal Solid Waste rejetés par les villes. Production des particuliers, des administrations, ou des commerces urbains,  ils sont collectés au coin de la rue. A moins d’être durablement  oubliés sur les trottoirs et les terrains vagues des cités du monde en développement. Les eaux usées, les morceaux de bâtiments éventrés, les mauvais métaux associés, ou les déchets industriels, vomis par les villes et leurs usines, participent à cette accumulation qui dénature l’environnement de zones parfois très peuplées. Mais pendant que les détritus s’entassent aux portes des villes de la planète, le recyclage progresse.

 

Urbanisation et consumérisme.  Les pays de l’OCDE, le club des pays riches, se débarrassent de 1,6 millions de tonnes  de déchets par jour, quand l’Afrique subsaharienne n’en produit que 200.000 tonnes. Les Etats-Unis, en tête de liste avec 621.000 tonnes de rejets quotidiens,  sont désormais talonnés par la Chine, 521.000 tonnes. Car, conséquence d’une urbanisation et d’un consumérisme croissants, quatre grandes économies émergentes figurent désormais au top-10 des producteurs de déchets urbains, Chine, Brésil, Inde, et Mexique. Au début des années 2000, la Chine compte un demi-milliard de citadins. Depuis le début des années 80,  la quantité de MSW, collectée et transportée dans le pays, a été multipliée par 4. Soit une progression annuelle supérieure à 8%, bien supérieure à la croissance de la population chinoise. (1)

 

Emballages. Le développement des villes et des revenus croissants influencent encore le contenu des poubelles. Les résidus non naturels, plastiques, papiers, aluminium, se multiplient à mesure que les gens migrent vers les villes, et y consomment des produits manufacturés et emballés. Ainsi les déchets organiques ne constituent que le quart des ordures produites par les cités des pays riches. Les villes de  l’espace émergent, dont les populations sont encore en train de changer de comportement, génèrent encore 60% de déchets organiques. Et les campagnes, encore plus distantes d’une occidentalisation des habitudes et des produits, rejettent entre 40 et 85% de déchets organiques.

 

Recyclage. A l’échelle mondiale, le quart des déchets est recyclé, transformé en compost, ou destiné à un traitement plus doux pour l’environnement que les décharges ou l’incinération. Mais le recyclage obéit aussi à une différenciation entre les pays industrialisés, et ceux qui amorcent leur développement. Etats-Unis en tête, où le tiers des déchets urbain est recyclé, contre seulement 10% en 1980. La plupart des pays riches connaissent une évolution similaire. La filière des déchets, de plus en plus régulée et encadrée, favorise une économie de recyclage. Une activité rentable. Selon la Banque mondiale, le marché de la ferraille et celui du papier dégageraient au moins 30 milliards de dollars chaque année. L’UNEP, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, estime que la filière, définition large, de la collecte au recyclage, rapporterait 400 milliards de dollars annuels, échelle planétaire. L’UNEP, qui s’inquiète de l’accumulation des rejets aux portes des villes, multiplie les incitations au recyclage.(2) Imaginons que la totalité des déchets organiques soient transformés en compost, ou convertis en énergie.

 

Economie circulaire. Présenté comme bon élève du club des pays riches, le Japon. Depuis le début des années 90, l’archipel nippon a multiplié les lois visant à réduire l’utilisation de certains matériaux, à réutiliser et à en recycler beaucoup d’autres. Le pays, engagé sur la voie d’une économie circulaire, en a fait une priorité nationale. Avec quelques succès. La productivité des ressources – le PIB (produit intérieur brut) mesuré à prix constant, divisé par la consommation intérieure de matières, en yen par kg –  devrait doubler d’ici 2015, par rapport au niveau de 1990. Pour la même période, le taux de recyclage devrait également doubler. Et les matériaux envoyés à la décharge ne devraient représenter que le cinquième du volume produit en 1990.

 

Zero Waste. Pour contrer l’accumulation des déchets, quelques ilots de résistance s’organisent. Zéro Waste, c’est la formule choisie par la Nouvelle-Zélande, qui en fait désormais sa marque de fabrique. L’archipel des confins, qui  articule sa politique économique et commerciale autour de cette exigence, travaille son image d’ exportateur de produits « propres ». Sur le site du ZeroWaste, la profession de foi colle aux préoccupations environnementales du moment : « Zero Waste est un but éthique, économique, efficace, et visionnaire, destiné à guider les gens dans le changement de leur style de vie et dans leur pratique afin de retrouver des cycles naturels durables, où tous les matériaux jetés sont conçus pour devenir les ressources d’autres gens »… « La mise en oeuvre de Zero Waste éliminera les rejets qui polluent la terre, l’eau, et l’air, et qui sont une menace pour la planète, la santé des hommes, des animaux, et des plantes. »

M.J

 

 

 

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(1)“The current situation of solid waste management in China”, Qifei Huang · Qi Wang · Lu Dong · Beidou Xi, Binyan Zhou, 27-10-2005, J Mater Cycles Waste Manag (2006) 8:63–69 © Springer-Verlag 2006 http://www.environmental-expert.com/Files/6063/articles/9024/1.pdf

(2) « Vital Waste Graphics » was initiated by the Basel Convention Secretariat and produced in partnership with the Division of Environmental Conventions (DEC) of UNEP, Grid-Arendal and the Division of Early Warning Assessment-Europe of UNEP. It is being published for the seventh meeting of the Conference to the Parties of the Basel Convention (COP7). http://www.grida.no/publications/vg/waste/

Economie circulaire: “Circular Economy related international practices and policy trends”, Prof. Dr. Peter Heck, IfaS, Environmental Campus Birkenfeld, 20.2.2006 http://siteresources.worldbank.org/INTEAPREGTOPENVIRONMENT/Resources/CircularEconomy_Policy_FinalDraft_EN.pdf

Traitement des déchets par pays / Banque mondiale :http://siteresources.worldbank.org/INTURBANDEVELOPMENT/Resources/336387-1334852610766/AnnexL.pdf


Publié le 7 septembre 2012 par marlene dans déchets,Developpement,Urbanisation
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Histoire de la bouteille d’eau….

Bonjour,

Bouteille d’eau ou eau du robinet ? Eclairage.

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Publié le 17 septembre 2010 par marlene dans Développement durable,eau
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