Environnement
Un blog sur la géo-environnement

MacCain-Obama: climat et énergies.

Bonjour,

Climat et politique énergétique, John MacCain et Barack Obama reconnaissent l’urgence des problèmes, mais divergent sur la façon de les aborder. John MacCain, candidat d’un Parti républicain qui vient d’admettre le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique, pourrait avoir ouvert la voie à cette conversion tardive. Barack Obama, soutenu par Al Gore et choisi par le puissant Sierra Club, la plus ancienne organisation écologique des Etats-Unis, semble déjà désigné pour défendre la cause climatique. Mais les deux candidats, qui souhaitent tourner la page « Bush », auront à diriger un Etat très «addict » au pétrole et aux énergies fossiles, 87% de la consommation énergétique des Etats-Unis. (1)

Energies renouvelables contre nucléaire.

Dans un pays qui reste le premier émetteur mondial de Gaz à effet de serre, 6 millions de Tonnes/jour en 2005, soit 20% de plus qu’en 1990, Barack Obama vise une réduction des Gaz à effet de serre de 80% d’ici cinquante ans. MacCain annonce 60 à 65%. (1) (2) Pour contribuer à ces objectifs, les deux candidats misent sur le « cap and trade », plafonner et échanger, un système contraignant pour les pollueurs, assorti d’un marché de droits d’émission. Concernant le bouquet énergétique, Obama parie sur le développement des énergies renouvelables, plus 25% d’ici 2025, et 150 billions de dollars pour y arriver. Petit coup de pouce à l’efficience énergétique inclus. (3) MacCain, qui parle aussi de soleil, de vent, et d’eau, penche plutôt en faveur du nucléaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il annonce la construction de 45 centrales, d’ici 2030. Le nucléaire, 20% de l’électricité américaine, reste un sujet sensible depuis l’accident de Three Miles Island en 1978. Barack Obama, qui reproche à l’atome ses déchets, refuse qu’ils soient enfouis à Yucca Mountain, dans le désert du Nevada, un vieux projet de stockage devenu enjeu électoral.

Une société « addict » au pétrole.

Sur le front du pétrole, 40% de l’énergie totale consommée au Etats-Unis, pratiquement le quart de la consommation planétaire, les deux candidats rêvent d’une improbable indépendance.(1) 58% du pétrole est importé, en partie en provenance de zones sensibles, Moyen Orient, Venezuela, ou Nigeria. Mathew R. Auer, professeur à la School of Public and Environmental Affairs (3) détaille la stratégie des candidats pour stimuler la production locale. Obama et MacCain misent sur une production off-shore, solution partielle, sans laisser tomber l’exploitation continentale. « Use ut, or lose it », lance Obama aux compagnies qui n’utilisent pas leurs droits de forage en raison du coût des recherches, et de la difficulté à obtenir des permis fédéraux. Le candidat démocrate promet d’aider les pétroliers à réaliser les forages et à faciliter leurs démarches administratives. Le Républicain est lui plus enclin à booster la prospection continentale, sans pour autant pousser à la sur-exploitation des ressources. MacCain souhaite alléger les taxes des compagnies pétrolières, quand Obama veut augmenter les impôts sur les bénéfices exceptionnels, pour les redistribuer. Barack Obama, originaire d’un Etat qui fabrique de l’éthanol, 23% de la production nationale, soutient très fort les agro-carburants. Quand John MacCain refuse de subventionner les producteurs. Mathew R. Auer, qui analyse les propositions de chaque candidat rend son verdict. « Le plan de MacCain ressemble au programme de politique énergétique (Energy Policy Act) du Président Bush en 2005 avec une incitation à l’énergie nucléaire et un système d’impôts favorable aux compagnies pétrolières ». Un plan qui rappelle celui d’un autre Président Bush, en 1992. « Exception faite des impôts sur les bénéfices exceptionnels, le plan Obama, qui n’est pas la panacée pour une Amérique accroc au pétrole, rompt courageusement avec les politiques ternes des présidents précédents, Républicains, comme Démocrates ».

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D’après un sondage réalisé à l’échelle nationale par « Shelton Group’Eco Pulse » (4), 61% des personnes interrogées prétendent que la politique énergétique des candidats à la Maison Blanche influencera leur vote. A la question : « Le gouvernement doit-il faire plus pour réduire notre dépendance aux carburants fossiles ? », la réponse est unanime, « Oui » à 90%. « Et comment faire ? », réponses les plus fréquentes, « Investir plus dans la recherche pour trouver des alternatives » (29%), « Etre plus actifs et développer une stratégie » (16%), et « Autoriser les recherches pétrolières dans la Réserve Nationale de Faune et de Flore Arctique http://arctic.fws.gov/ et/ou le long des côtes américaines ». Invités à visiter la page « Energie » sur le site de chaque candidat pour en déterminer la meilleure, l’avantage revient à MacCain (41, 6%), qui devance de peu Obama (38,5%)…(5)

M.J.

(1) « Pétrole aux USA : gaspillage et pollution », Daniel Martin, mise à jour : 24/08/2005http://www.danielmartin.eu/Economie/Petrole-USA.htm

(2) « Climat : plus de similitudes que de divergences entre Obama et MacCain », Romandie News/ AFP- 14-10-2008.

(3) »Obama’s energy indépendance plan, eco-stewarship are far superior », Matthew R. Auer, News Observer.com, http://www.newsobserver.com/2191/story/1257233.html

(4) Shelton Group’s Eco Pulse national consumer study on green affinity reveals new data on the consumer mindset about green products, sustainable homes and green marketing. (PRNewsFoto/Shelton Group)

(5) “Energy plan will impact decision”, Suzanne Shelton http://www.prnewswire.com/cgi-bin/stories.pl?ACCT=104&STORY=/www/story/09-26-2008/0004893108&EDATE=

 

Publié le 21 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,énergie
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Le Japon, engagé dans la crise climatique.

Bonjour,

Réunis samedi à Kobe pour trois jours de débats , les ministres de l’environnement du G8, souhaitent une réduction de 50% des gaz à effet de serre, d’ici 2050. Si les pays les plus industrialisés de la planète – Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Italie, Japon, Russie –conviennent de donner l’exemple aux plus pauvres, tous n’envisagent pas le même scénario. Le Japon, défend une approche « sectorielle » de réduction des émissions polluantes. Ichiro Kamoshita, le ministre japonais de l’environnement, préfèrerait une évaluation des efforts accomplis dans chaque branche de l’économie, à des quotas nationaux de réduction de gaz à effet de serre. « La possibilité de réduire les émissions via une approche sectorielle apportera une base scientifique aux négociations de l’après-2012. », a –t-il précisé (1). Les questions environnementales seront d’ailleurs au cœur de la conférence du G8 qui se tiendra à Hokkaido, en juillet prochain. Après avoir soutenu les Etats- Unis à Bali, opposés à des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effet de serre, le Japon se préoccupe du climat.

Le Japon, seconde économie mondiale, est le cinquième émetteur mondial de gaz à effet de serre, après l’Inde et la Russie. En mai 2007, le gouvernement japonais lance la « Cool Earth 50» , une initiative qui propose une réduction globale des gaz à effet de serre de 50%, d’ici à 2050. Sur le plan national, cette stratégie invite le Japon à coller rapidement aux objectifs de Kyoto, moins 6% de rejets polluants en 2012, par rapport à 1990. Une campagne, « 1 personne, 1 jour, 1 kilo », et un mouvement, le « Team Minus 6% », incitent les Japonais à bousculer leur quotidien, et à adopter une attitude écolo. Ils sont invités à baisser le chauffage, à suspendre la climatisation, et à raccourcir leurs douches. A la maison, et au travail. Le « Cool biz », remplacer le costume-cravate par une tenue plus légère pour soulager la clim, est en passe de devenir à la mode. Les Japonais doivent encore réduire leur volume d’ordures, consulter les agences de conseil pour économiser l’énergie, et conduire moins vite. Et dans certains restaurants, c’est moins cher pour les écolos.

Même au Japon, la route vers Kyoto est longue. Si le secteur industriel a effectivement réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 5,5% en 2005 par rapport à 1990, elles continueraient à augmenter « fortement » dans le secteur des transports, du commerce et des ménages. L’avis de l’Ambassadeur du Japon en France. Concernant les transports, le rejet de CO² serait passé de 217 millions de tonnes en 1990, à 261 Mt, en 2002, soit 21% des émissions totales. En cause, l’avion et les déplacements professionnels, hors marchandises. La pollution de l’air liée au trafic, NOx , particules de matières, et CO² assortis, est l’un des plus sérieux problème environnemental au Japon.

L’approche sectorielle défendue par le Japon, et rejetée par d’autres, en détail. Toujours à Kobe, un responsable japonais propose que le Japon, la Chine, et la Corée du Sud invitent le reste de la planète à réduire l’emploi de sacs plastiques, une plaie pour l’environnement.

M.J


Publié le 27 mai 2008 par marlene dans Actualité,Climat
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