Environnement
Un blog sur la géo-environnement

L’Australie malmène son environnement.

Bonjour,

Loin de son image  « écolo », l’Australie figure parmi les dix plus gros consommateurs d’environnement. C’est le résultat d’une étude internationale qui a estimé la désertification, les émissions de carbone, et la perte de la biodiversité dans plus de 150 pays. (1) Un premier classement, qui évalue les dégradations environnementales à grande échelle, place l’Australie en 9° position. Selon le Professeur Corey Bradshaw de l’Université d’Adelaide – qui a collaboré à cette enquête -, le continent australien est malmené depuis l’arrivée des colons. Il ne reste plus que la moitié des forêts originelles, et celles qui tiennent encore debout sont clairsemées. Mais l’Australie se place loin derrière le Brésil, placé en tête de ce palmarès du gâchis environnemental à grande échelle. En passant, en 1990, l’Australie consommait encore pas mal de terres vierges, l’équivalent de plus de la moitié de la superficie arrachée à la forêt en Amazonie brésilienne. (2) Dans cette étude, l’Australie se fait encore tirer l’oreille pour sa consommation d’eau, l’une des plus importante de la planète alors que les robinets sont à sec. Elle figure parmi les gros producteurs de carbone par habitant. Et elle obtient un classement record pour l’extinction des mammifères, résultat de l’introduction d’espèces étrangères au continent australien, ou  conséquence de la destruction de leur habitat. Dans un autre classement, qui met en parallèle le potentiel des ressources naturelles et le taux de dégradation de ces ressources, l’Australie regagne des points. L’île-continent est à la  120° position. C’est Singapour, la cité-Etat ultra-urbanisée, aux parcs et jardins entièrement reconstitués, pas un brin d’herbe d’origine, qui remporte la première place.

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Idée-force de l’étude, plus un état est riche, et plus il abuse de l’environnement. Or, c’est l’idée inverse – plus un pays est riche et plus il respecte son environnement – qui est généralement admise. Le Professeur Bradshaw fait référence à la courbe de Kuznets :”Cela part de l’hypothèse que lorsqu’un pays pauvre commence à se développer, il augmente son empreinte environnementale. »(1) Et parvenu à un certain niveau de richesse par habitant, il accède à des technologies propres. Sa population mieux éduquée, développe une conscience environnementale. Et c’est donc quand le niveau de vie commence à augmenter que l’impact environnemental commence à diminuer. « Tout faux », nous dit l’étude, les pays riches sont plus agressifs pour leur environnement que les pays pauvres. Même si le Professeur Bradshaw remarque que cette relation n’est pas si simple, question d’indicateurs, question d’échelle. Cette étude a encore permis de formuler un modèle pour alléger les habitudes de consommation. Les Australiens ont beaucoup à apprendre. « C’est certainement ce qui explique la mauvaise position de l’Australie car nous avons un niveau très élevé de consommation. Nous sommes un pays très riche, et nous avons tendance à l’excès. »,commente le professeur. En attendant, le gouvernement australien s’engage à changer toutes les ampoules électriques du pays, inefficaces et énergivores, au profit d’ampoules fluorescentes compactes.

M.J


Publié le 11 mai 2010 par marlene dans Actualité,Australie,Climat,Comprendre,Désertification.,Developpement,Développement durable,eau,Non classé
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Pour les coraux d’Ishigaki…


Les coraux de l’Île d’Ishigaki, au sud de l’archipel japonais d’Okinawa.

Bonjour,

2008, l’année des coraux. Initiative lancée le 24 janvier dernier à Washington, par les gouvernements américain et français. Le but est de sensibiliser le public sur la disparition des récifs coralliens, et de susciter des initiatives pour leur préservation. L’ICRI, (Initiative internationale sur les récifs coralliens), créee en 1994, surveille l’évolution de ce patrimoine. Si 10% des récifs coralliens sont dégradés dans le monde, environ 60% sont gravement menacés. Bref, il y a urgence à sauvegarder des écosystèmes qui constituent une ressource et un lieu de vie pour 500 millions de personnes, dans le monde. Et qui en nourrit 30 millions d’autres, plus pauvres.

Un écosystème aux multiples opportunités.

Les coraux, 0,2% du tapis des océans, ont des fonctions écologiques, environnementales, et économiques. Cet écosystème, qui rassemble 25% du monde marin, est une formidable nurserie pour les petits poissons, environ 5000 espèces recencées. Sur le plan environnemental, les coraux adoucissent l’érosion côtière provoquée par les vagues…sans pour autant protéger des Tsunamis, plutôt freinés par les mangroves et la végétation côtière. Les récifs coralliens, qui constituent des réservoirs pour la pêche, offrent des fonds marins remarquables au tourisme, jouent un rôle économique majeur pour certaines régions. Ils représentent encore des sources de protéines pour les communautés riveraines, ils sont utilisés dans la pharmacologie traditionnelle, et l’artisanat. Le corail rouge et rose, pêché depuis 5000 ans pour la bijouterie et la décoration, figure parmi le « top ten » des espèces menacées, établie par le WWF.

Menacés par les hommes…

Si les tempêtes, les ouragans, ou les tremblements de terre favorisent la disparition des récifs coralliens, elle résulte d’abord de l’action des hommes. Un rapport de l’UNESCO, daté de 2004, consécutif au Tsunami qui avait dévasté le sud-est asiatique et le sous-continent indien, pointe déjà cette responsabilité humaine. La plupart des récifs coralliens de la région, relativement épargnés par le tsunami, pouvaient se régénérer assez rapidement, à condition que les Etats limitent la surpêche, l’exploitation anarchique du corail, et la pollution. L’ICRI insiste encore sur cette dégradation d’origine humaine. Les coraux ne résistent pas aux eaux usées, à la pollution industrielle et agricole, aux excédents sédimentaires qui s’accumulent sur les côtes, et à une pêche intensive aux méthodes douteuses. Plus exposés, les récifs coralliens situés près des centres urbains. Pour l’ICRI, l’année 1998, marquée par une progression du blanchiment des coraux, signe de maladie, et par une disparition importante du patrimoine, signale un autre danger majeur. Ces petits squelettes calcaires, issus des polypes, sont extrêmement vulnérables au réchauffement climatique.

Et par le réchauffement climatique.

Le rapport de l’UNESCO, version 2008, qui rapporte une situation dramatique dans les Caraïbes, insiste sur le rôle du réchauffement climatique. L’élévation des températures, les cyclones, et la fréquence des tempêtes seraient responsables du blanchiment de 95% des récifs des Îles Caïman, de la Jamaïque, de Cuba, et des Antilles françaises. L’UNESCO, qui invite à une gestion durable de la ressource, insiste sur l’urgence à contenir la crise climatique. La Grande barrière de corail, qui s’étire sur 200.000 km² au Nord-Est de l’Australie, exemple unique et démesuré d’un paysage de récifs et d’îlôts baignés par la mer à marée haute, est sous haute surveillance. D’après une prévision, d’ailleurs controversée, dans l’hypothèse d’un réchauffement des eaux de 1,5°, la Grande barrière celle pourrait perdre 95% de son corail vivant, d’ici 2050. Mais retour à Ishigaki, où les Japonais cultivent du corail pour préserver leurs atolls.

M.J.


Publié le 30 janvier 2008 par marlene dans Climat,Ecosystèmes.
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