Environnement
Un blog sur la géo-environnement

So green, Vancouver!

Bonjour,

Vancouver, cité portuaire de l’extrême Sud-Ouest canadien , cultive son image de ville-paysage dans  un environnement urbain réputé pour être l’un des plus accueillants au monde. Assise sur le Delta du fleuve Fraser, elle se réfugie à l’Ouest derrière le Détroit de Georgie et l’île de Vancouver qui la séparent de l’Océan Pacifique. Au Nord, trois montagnes se couvrent de neige en hiver. Mais dans la ville, quelques palmiers témoignent de l’un des climats les plus doux du Canada. Vancouver est une métropole hérissée de buildings,  on y circule beaucoup à vélo, et la nature n’est qu’à quelques minutes de marche. Désignée par le WWF en 2011 comme une ville très engagée contre le réchauffement climatique, elle ambitionne aujourd’hui de devenir la « Greenest City 2020 »,  la cité la plus écolo de la planète. Sur le site dédié à cet engagement, Vancouver détaille un plan d’action inspiré du « One Planet Living », une stratégie destinée à ratatiner l’empreinte écologique. Vancouver, métropole de 600.000 habitants (2011)  qui continue d’attirer de nouveaux arrivants de toutes origines, veut réduire de 33%  son empreinte écologique à l’horizon 2020, par rapport à 2006. « Mais, pendant que nous vivons dans un endroit qui est largement connu comme étant la ville la plus agréable au monde, notre empreinte écologique est trois fois plus importante que ce que la terre peut supporter. », peut-on lire sur la page de présentation du projet.(1)

 

Sobriété, recyclage, et oxygène.

« Greenest City 2020 » s’attaque en priorité au carbone et aux déchets, il valorise  les écosystèmes.  Dix programmes doivent servir cette stratégie globale. La  transition vers une économie verte pendant la décennie 2010-2020 donne le ton: doubler le nombre d’emplois induits et doubler le nombre d’entreprises  en conversion. Vancouver,  déjà tournée vers les énergies renouvelables, souhaite encore réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’un tiers par rapport à 2007. Pointée du doigt, l’énergie consommée par les immeubles, 55%  des émissions de Vancouver. Marche, vélo, métro devront compter pour la moitié des déplacements en 2020. Objectif « Zero waste », ou presque. Vancouver invite ses citoyens à réduire de moitié les déchets voués à la décharge et à l’incinérateur. Le compost –  fertilisant pour une agriculture locale -, la collecte de résidus alimentaires, le recyclage, et la récupération de matériaux de construction serviront cette stratégie. Et carton rouge pour les emballages. Vancouver,  aérée par un  parc de 400 hectares, le Stanley Park , compte intégrer d’autres jardins dans l’espace urbain. Le plan annonce encore 15 000 arbres supplémentaires. Ces efforts doivent contribuer à alléger l’empreinte écologique de la ville, objectif déjà évoqué. La qualité de l’eau potable devra être l’une des meilleures au monde.  En contrepartie, la ville attend de ses citoyens  qu’ils réduisent leur consommation d’eau de 30%. De 320 litres par habitant et par jour en 2006, ils devront se limiter à 214 litres en 2020. L’air de Vancouver sera l’un des meilleurs du club des grandes métropoles, avec plus de véhicules électriques et moins de feux de bois illégaux. Enfin, en dix ans, la ville souhaite doubler la quantité de nourriture produite localement en développant les marchés fermiers, les jardins et les vergers urbains. La nourriture compte pour 49 % de l’empreinte écologique de la ville, on en reparle.(1)

 

« Pas facile d’être vert. »

Dans un blog initulé «What Does a One-Planet City Look Like?” (2), ou à quoi ressemble une ville estampillée « One-Planet ,  publié sur l’un des sites du Worldwatch Institute , Jennie Moore (3),  spécialiste des questions d’environnement à L’Institut de Technologie de Colombie britannique, annonce  d’emblée : « Ce n’est pas facile d’être vert ». Munie de sa calculette à empreinte écologique, elle examine le cas de Vancouver.  Elle additionne les initiatives listées dans le « Greenest City Action Plan » et estime que Vancouver ne pourra réduire son empreinte  écologique  que de 11,5% . Peut-être 23% en y ajoutant quelques mesures supplémentaires. Un peu court pour tendre vers les 33% annoncés, et l’objectif « One Planet Living ». Elle détaille ses calculs. (4)  A Vancouver,  la nourriture contribue donc à la moitié de l’empreinte écologique. La moitié de cette moitié est due à la consommation de viande, de poisson, et de lait. Avec un zéro pointé pour la viande rouge. Les transports, 20% de l’empreinte écologique, dont la moitié  est due aux automobilistes qui voyagent seuls.   Et si l’on ajoute le carburant consommé par les moteurs et les voyages en avion, on arrive à 90% de l’empreinte écologique causée par les transports. Les constructions, 16% de l’empreinte écologique, dont 80% résulte de l’énergie consommée pour le fonctionnement des résidences, des commerces, et des administrations. Les consommables, ce que nous achetons, représentent  12% de l’empreinte écologique de Vancouver. Dont la moitié est due au  papier , suivi par les plastiques, les déchets organiques, les métaux, le verre.  Jennie Moore  rappelle au passage qu’une redistribution égale des services rendus par les écosystèmes de la planète à chacun de ses habitants lui donne l’équivalent d’1,8 hectare.  Au-delà, l’empreinte écologique devient trop conséquente. Or, un habitant des Etats-Unis utilise l’équivalent de 9 hectares,  7 pour un Canadien. Pour coller aux recommandations du « One Planet Living », Jennie Moore estime que ces riches américains  doivent réduire leur consommation d’énergie, de biens, et leur production de déchets de 80%.

 

« Combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? »

Alors ?  Moins de viande rouge, moins de trajets en voiture, de voyages en avion, moins de chauffage à la maison, moins d’électricité, moins d’emplettes ? Oui, mais ce ne sont pas quelques steaks de moins, et une pratique éclairée du co- voiturage qui vont considérablement nous rapprocher du « One Planet Lliving », nuance Jennie Moore, plus catégorique.  « Si « One Planet Living » est le but, une transformation radicale de nos modes de vie doit être envisagée. Et comme nous savons que les individus prisonniers d’un système ne seront pas capables d’opérer des changements spectaculaires si on ne les y incite pas – combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? – cela veut dire que le gouvernement va être amené à jouer un rôle-clé en encourageant les choix individuels de consommation plus durables. » (2) Même loin du compte, difficile de reprocher à Vancouver une stratégie de réduction de son empreinte écologique qui doit bien commencer quelque part.

M.J

 

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(1) Greenest City 2020 Action Plan, City of Vancouver http://vancouver.ca/green-vancouver/greenest-city-2020-action-plan.aspx

(2) «What Does a One-Planet City Look Like?”, Posted by Jennie Moore on March 23 2012, Moving  Toward Sustainable Prosperity. http://blogs.worldwatch.org/sustainableprosperity/oneplanetcity/

(3)Jennie Moore est directrice du Développement Durable et de Gestion Environnementale à l’Institut de Technologie de Colombie Britannique. Elle termine un Doctorat, et travaille sur la façon de faire de Vancouver une « One-Planet’City ».

(4) Vancouver’s Ecological Footprint Based on Consumption Activity (Calculated by Jennie Moore)


Publié le 20 février 2013 par marlene dans Climat,Développement durable,Economie d'énergie,Ecosystèmes.,Urbanisation
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« Give future génération a voice »

Bonjour,

Le RIO+20 ne marque pas d’avancée majeure sur la voie du développement durable. Ce nouveau Sommet de la Terre, organisé par les Nations Unies vingt ans après le premier « Rio », devait amorcer une réflexion sur la réduction de la pauvreté et de l’injustice mondiales, promouvoir une économie verte, ou encourager la bonne gouvernance.

Parmi les quelques acquis de ce RIO+20, les Objectifs de Développement durable (ODD) qui doivent prolonger les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), dont le processus s’achève en 2015. Un groupe de travail composé d’une trentaine de pays devrait commencer à formuler ces nouveaux objectifs dès 2013, pour les incorporer aux précédents. Le groupe des 77 pays en développement, et la Chine, insistent pour que ces objectifs accompagnent leur évolution économique et sociale. Ils réclament encore que les pays riches dotent cette transition d’un transfert de technologie, et d’un financement. Ce financement, contrarié par la crise financière qui secoue l’Europe, n’a pas été précisé. Reste un partenariat entre pays riches et pays pauvres, difficile à accorder, qui promet des frictions au cours des années à venir.

Le rôle du PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, qui mène la marche vers un développement durable, sera renforcé. Le PNUE obtient un budget sécurisé. Il sera chargé de coordonner des stratégies mondiales concernant l’environnement. Il pourra encore développer des programmes de recherche scientifique. Mais, ambition ratée, le PNUE ne devient pas une grande agence de l’ONU indépendante. Ce que demandait la France, soutenue par l’Union européenne, et l’Afrique.

L’économie verte, pourtant annoncée comme l’un des grands travaux du RIO+20,  a raté son entrée. Défendue par les pays riches, le PNUE, la Banque mondiale, cette vision du développement a été rejetée par les puissances émergentes. Elles l’ont interprétée comme une menace pour leur économie, et une entrave à leur accès au marché international. Certains pays en développement craignent que ce concept d’économie verte véhicule, et impose, le modèle des plus riches, au lieu d’ouvrir la voie vers un véritable développement durable. En clair, les pays émergents et des ONG pensent qu’il s’agit de « verdir » le modèle économique existant, sans en modifier vraiment les règles et la dynamique.

La protection des océans, espace d’exception par sa superficie et ses ressources, espace soumis à une sur- exploitation, est une idée qui chemine. Mais la  proposition d’une gouvernance mondiale pour protéger la haute mer a été balayée par les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Russie, ou le Venezuela, qui défendent d’abord leurs intérêts, pêche ou ressources minières. Les décideurs se sont cependant accordés pour freiner la surpêche, protéger les écosystèmes dont dépend la ressource, ou promouvoir la pêche artisanale. La pollution des mers et des océans, qui trouve sa source sur terre, devra être réduite. Avec la pollution plastique en ligne de mire.

Dans un article en ligne du Guardian, Kumi Naidoo, l’un des dirigeants de Greenpeace international commente : « Nous n’avons pas obtenu le futur que nous voulions à Rio, parce que nous n’avons pas les décideurs dont nous avons besoin. Les dirigeants de la plupart des pays les plus puissants soutiennent le « business as usual », privilégiant de manière honteuse le profit personnel au sort de l’humanité et de la planète. »

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » écrit Antoine de Saint-Exupery. D’où  l’idée proposée à l’occasion du RIO+20 de créer un Haut Commissariat pour les Générations futures. La jeunesse, qui plaide pour une égalité intergénérationnelle, est en train de s’organiser pour être représentée au plus haut niveau des négociations. La jeune génération, qui verra sans doute un futur que les dirigeants actuels ne connaîtront pas, veut peser dans des décisions qui les concernent,  sur-exploitation des écosystèmes, pollution des océans, ou émissions de gaz à effets de serre. Le concept de « durable », articulé au développement projeté et envisagé sur le long terme, est indissociable de cette  jeunesse. L’un des slogans :« Give Future Génération a voice. »

M.J

 

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« The Future We Want”, RIO+20, United Nations Conference on Sustainable Development, 19-06-2012, Pdf, English http://www.uncsd2012.org/content/documents/774futurewewant_english.pdf

« Pour une économie verte », PNUE, pdf, français. http://www.unep.org/greeneconomy/Portals/88/documents/ger/GER_synthesis_fr.pdf

“Rio+20 Earth Summit: campaigners decry final document”, Jonathan Watts and Liz Ford in Rio de Janeiro, guardian.co.uk,  23-06-2012, http://www.guardian.co.uk/environment/2012/jun/23/rio-20-earth-summit-document

Citation : « We didn’t get the Future We Want in Rio, because we do not have the leaders we need. The leaders of the most powerful countries supported business as usual, shamefully putting private profit before people and the planet. »


Publié le 2 juillet 2012 par marlene dans Actualité,Développement durable,Objectifs du Millénaire.
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RIO+20, RIO+vert.

Bonjour,

Après Stockholm en 1972 et Rio en 1992, le RIO+20 est la troisième grande rencontre internationale, organisée par les Nations Unies, sur le thème d’un développement plus doux pour la planète et ses habitants. « The future we want », l’intitulé de la Conférence annonce son ambition. Après des rencontres  préparatoires, amorcées en mai, prolongées mi-juin, la partie décisive de ce sommet se tiendra  du 20 au 22 juin 2012, à Rio de Janeiro, la capitale économique du Brésil. On y attend les représentants de plus de 190 pays, les dirigeants du Brésil, de la Russie, de la Chine, ou de l’Inde, sans doute ceux de la France et de  l’Espagne. Mais pas sûr d’y voir Barack Obama. Au total, 50.000 participants, secteur privé, ONG, bailleurs de fonds, et représentants de la société civile se croiseront dans les rues de la métropole brésilienne. Le Sommet des Peuples, rassemblement alternatif en quête de  justice sociale et environnementale, se tiendra en marge de la rencontre de l’ONU. Si le premier RIO s’est intéressé aux changements climatiques et à la biodiversité, thématiques pour lesquelles il a fait date, le second devrait préciser le concept d’économie verte .(1)

Entre deux Rio.

Entre les deux Rio, vingt ans, et une planète plus malmenée. Le « Living Planet Report 2012 » du WWF (World Wildlife Fund) rapporte une dégradation alarmante de la biodiversité, moins 28% entre 1970 et 2008, à peu près l’écart entre les deux Rio. Avec une situation plus alarmante dans l’espace tropical, dont les paysages ont perdu plus de la moitié de leur biodiversité. Conséquence de ce gâchis, une personne sur six dans le monde souffre de malnutrition. L’empreinte écologique, qui révèle la pression humaine sur les ressources renouvelables, signale une surconsommation des écosystèmes depuis les années 70. Il faut aujourd’hui un an et demi pour que les ressources consommées en une année se renouvellent. Un décalage emmené par les pays les plus riches. En vingt ans, les émissions de carbone ont augmenté de 40%. Avec une démographie gonflée de deux milliards de personnes vers le milieu du siècle, la pression sur les écosystèmes et la progression de la pauvreté risquent fort de s’aggraver. Faute d’imaginer une nouvelle façon de courir après le bien-être, c’est le clash. Si l’humanité entière vivait façon « américain moyen », il faudrait quatre planètes pour régénérer sa consommation annuelle de ressources naturelles. (2)

Un RIO+20 pour adoucir les perspectives.

Le Rio+20 doit poser les bases d’une économie verte qui réduit la pauvreté sans détruire l’environnement, et promouvoir le concept de « bonne gouvernance ». La vision d’une société mondiale moins inéquitable et moins agressive avec la nature  devrait se dessiner. Il s’agit d’une nouvelle étape sur la voie d’un « développement durable », entendu comme une terre encore préservée, ou restaurée, destinée à l’usage des générations futures. Cette réflexion collective devra notamment permettre de repenser l’articulation « production-consommation », et l’adoucir en y intégrant des critères de développement humain. La Conférence cible une thématique environnementale large, qui intègre les océans, les villes durables, l’eau, l’énergie, l’agriculture durable, la sécurité alimentaire, ou les incertitudes liées aux conséquences du  réchauffement climatique. Le Rio+20, qui pose le concept « d’économie verte » à l’échelle mondiale, devrait en envisager les contextes régionaux, les mécaniques, et les possibilités: un vivier d’emplois et des opportunités d’insertion sociale. Les pays pauvres devront être accompagnés par les plus riches dans cette transition verte. Si la communauté internationale ouvre une voie commune, cible des objectifs de consommation ou de production, développe des moyens pour mesurer les efforts accomplis, le processus transitoire pourrait démarrer dès 2015. (1) (3) (4)

Economie verte.

L’UNEP, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, définit l’économie verte comme « l’une dont le but est d’améliorer le bien être de l’humanité et l’égalité sociale, tout en réduisant considérablement les risques environnementaux et les pénuries écologiques. » (3) Mais le document signale encore l’élasticité d’un concept  qui peut associer plus librement croissance et environnement. Cette notion d’économie verte s’est imposée dans les discussions internationales au cours des dernières années. La crise financière lui a donné un second souffle. La promesse d’un développement respectueux des écosystèmes, réducteur de pauvreté, est compatible avec celui, plus ancien, de « développement durable » Mais l’instauration de ce nouvel ordre économique, qui noircit les rapports de l‘ONU et absorbe les spécialistes en hypothèses, comporte pas mal d’inconnues. Ce bouleversement des échanges mondiaux, plus défavorable aux pays en voie de développement, pourrait inciter au protectionnisme, déréguler le système de coopération internationale, et renforcer les inégalités.(3) Veronica Couto, l’une des responsable brésilienne du Sommet des Peuples, démasque le concept : «Le modèle économique que l’on déguise aujourd’hui en vert cherche à soumettre tous les cycles vitaux de la nature aux règles du marché et à la domination de la technologie, de la privatisation et de la marchandisation de la nature et de ses fonctions» (5) Un monde où l’eau douce des rivières, les sols fertiles, ou les parcelles de forêts primaires, évaluées pour les services rendus, seront convertis en valeur monétaire ?  Le REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation programme), le programme des Nations Unies qui rémunère les forêts encore debout, récompense pour le carbone stocké, illustre cette marchandisation et ses dérives. Au Pérou, au Kenya, au Congo, en Ouganda, en Indonésie, le REDD ouvre la porte aux compagnies forestières et aux Etats, qui misent sur la valeur carbone des forêts, au détriment des  populations qui exploitent des parcelles depuis des générations, sans titre de propriété.

S’entendre, ou ne pas s’entendre.  

Le premier RIO, la Conférence de Copenhague sur le climat, puis celle de Durban, ont révélé des discordes entre les pays riches, et les autres. Les seconds, au développement plus tardif, ne veulent pas porter la charge environnementale accumulée des premiers, accusés de polluer depuis les débuts de l’industrialisation. Le RIO+20 va probablement poser la question du partage des efforts pour engager cette transition verte. De même qu’il pourrait insister sur la mutation verte et le recul de la pauvreté, au détriment d’autres dossiers, changement climatique ou énergie. La crise financière peut encore vider les promesses et les engagements de ce RIO+2, pour en faire une étape de plus vers une transition. Encore reportée.

M.J

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(1)RIO+20 , United Nations Conference on Sustainable Develoment, Objective and themes, http://www.uncsd2012.org/rio20/objectiveandthemes.html

(2)Living Planet Report2012, Biodiversity, biocapacity, and better choices, WWF http://awsassets.panda.org/downloads/1_lpr_2012_online_full_size_single_pages_final_120516.pdf

(3) The Transition to a Green Economy: Benefits, Challenges and Risks from a Sustainable Development Perspective, Summary of Background Papers,José Antonio Ocampo,Columbia University,Division for Sustainable Development, UN-DESA, United Nations Environment Programme, UN Conference on Trade and Development http://www.uncsd2012.org/content/documents/Transition%20to%20a%20Green%20Economy_summary.pdf

(4) A Green Economy Knowledge-Sharing Platform: Exploring Options, Executuve summary, PDF, http://www.uncsd2012.org/content/documents/290A%20Green%20Economy%20Knowledge%20Platform_ExecSum%20only.pdf

(5) El Moudjahid (Algérie), Sommet de RIO+20 : La planète contre les peuples ?, M. Koursi, 03-06-2012 http://www.elmoudjahid.com/fr/flash-actu/7545

 


Publié le 15 juin 2012 par marlene dans Actualité,Brésil,Développement durable
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Yeosu, plaidoyer pour l’Océan.

 

Bonjour,

Yeosu est une cité assise sur un littoral découpé qui plonge dans un paysage insulaire, dans le Sud de la péninsule coréenne. C’est dans ce décor, entre terre et mer, que s’est installée jusqu’au 12 aout prochain l’EXPO 2012. Intitulée  « Pour des côtes et des océans vivants », elle vise à sensibiliser le public et les décideurs  sur les pressions qui pèsent sur les océans, les systèmes côtiers, et leurs ressources. La « Déclaration de Yeosu », texte final adopté par les pays présents à l’exposition, doit imaginer un avenir plus doux à un complexe océanique qui occupe près de 70% de la surface du globe. L’UNEP, le programme des Nations Unies pour l’environnement, y tient pavillon aux côtés dune vingtaine d’agences, dont l’Organisation Maritime Internationale, (OMI), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), ou le Programme alimentaire mondial (PAM). Les océans constituent une réserve de nourriture de première importance.

4 milliards de consommateurs de poissons.

En 2009, la population mondiale a absorbé 122 millions de tonnes de poissons, crustacés, et autres mollusques.(3) Une demande en hausse car les produits de la mer constituent une source de  protéines de qualité, encore largement abordable pour les ménagères du monde émergent. Plus de 4 milliards de personnes consomment du poisson, qui représente en moyenne 15% de l’apport en protéines du menu planétaire. (3) En Afrique, en Chine, en Asie, il constitue la principale source de protéines d’origine animale des foyers les plus pauvres. L’Océan est ensuite une immense industrie qui emploie plus de monde que l’agriculture traditionnelle. En 2009,  plus de 180 millions de personnes travailleraient dans l’exploitation des produits de la mer, de la pêche à l’aquaculture, à temps plein ou à temps partiel.(3) Elargie à l’échelle familiale, un qui travaille, quatre ou cinq qui en bénéficient, la pêche et les activités associées feraient vivre 540 millions de personnes dans le monde. Environ 8% de la population mondiale. (3) Si l’UNEP (2011) note un léger recul de la pêche depuis une dizaine d’années, à l’exception du thon, les pressions sur l’écosystème marin restent intenses.(4)

Des agressions connues.

L’aquaculture, qui produit plus de 50 millions de tonnes des poissons, près de la moitié de la consommation mondiale, est un secteur en pleine expansion. Avec quelques traces durables dans l’environnement côtier et marin, rejets chimiques, menace pour les colonies de poissons sauvages, altération des systèmes de mangrove et coralliens. En 2011, la FAO estime que l’élevage de crevettes, grosses et petites, a été multiplié par 400 entre 1992 et 2009, principalement sur les côtes d’Asie, en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, au Sri Lanka, ou sur les côtes du Chili.(5) Autre agresseur des littoraux et de la vie aquatique, le touriste et son écosystème de béton, hôtels, résidences, parkings, ou marinas. (1) Les océans sont encore soumis au réchauffement climatique. L’eau qui se réchauffe de 0,2°C au début des années 90, affiche + 0,5°C en 2010. (3) Conséquence,  le niveau des mers s’élève. Plus 2,5 mm par an entre 1992 et 2011, résultat de la dilatation d’une eau plus chaude, et de la fonte des glaces de l’Arctique, de l’Antarctique, et du Groenland. (3) Parmi les multiples perspectives géographiques d’une mer qui monte, la question des petites Nations insulaires, sans doute vouées à la submersion. La pollution et le réchauffement climatique menacent mangroves et coraux. En 2010, l’UNEP estime que 1/5° des mangroves, installées surtout dans l’espace intertropical, ont disparu dans le monde, à un rythme 3 à 4 fois plus élevé que pour les autres forêts. Aujourd’hui, cette déforestation se calme, la restauration progresse. La mangrove, qui protège l’espace côtier et assure le renouvellement de nombreuses espèces de poissons, est aussi un enjeu économique. Toujours selon l’UNEP (2010), un hectare de mangrove peut générer entre 2000 et 9000 US dollars par hectare, bien plus que le tourisme. Les récifs coralliens, eux aussi indispensables à l’équilibre économique de nombre de régions, sont soumis à des pressions très localisées. En février 2011, l’UNEP estime que l’agression conjuguée,  pêche excessive, aménagement des littoraux, et  pollutions diverses, menacent plus de 60% des récifs coralliens de la planète. A plus grande échelle, le déclin du corail serait également lié à l’acidification des océans, L’absorption de CO² d’origine atmosphérique, qui diminue le ph des eaux, réduit partout la vie aquatique et fait muter les espèces.

RIO+20

L’Expo 2012, dont la déclaration finale devrait engager les pays émergents à se développer plus en douceur, en mer et dans l’espace côtier, regarde vers le RIO+20. Ce nouveau Sommet de la Terre, réuni du 20 au 22 juin 2012 au Brésil, vingt ans après la rencontre « Planète terre », s’intéressera aux possibilités d’une « économie verte dans le contexte du développement durable et l’éradication de la pauvreté. » Les Océans seront l’un des sept dossiers du RIO+20. D’où le message envoyé depuis Yeosu, celui d’une possible transition entre une surexploitation des milieux marins et des littoraux, et une gestion plus soft d’un patrimoine qui montre déjà ses limites.

M.J

 

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(1)“Protecting Oceans Equals Protecting Our Planet”, IPS U.N. Bureau Chief Thalif Deen Interviews AMINA MOHAMED, deputy executive director of the U.N. Environment Programme, 09-05-2012 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=107729

(2) “Expo 2012 to Focus on Protecting World’s Marine Resources”
U.N. Bureau Chief Thalif Deen interviews Commissioner General SAM KOO, IPS, 16-05-2012, http://ipsnews.net/news.asp?idnews=1070

(3) “Oceans and Coasts: Connecting Our Lives, Ensuring Our Future- The Choice is Yours”, UN, Expo 2012  http://www.un-expo2012.org/index.php/one-un/fact-sheets

(4) UNEP 2011

(5) FAO 2011

 

 

 

 


Publié le 23 mai 2012 par marlene dans Climat,Développement durable,Elevation des mers.,Océans,Pêche.,Pollution de l'eau
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Clim’City, ou l’éducation environnementale.

Bonjour,

Se prendre pour Superman, version écolo, pour contenir le réchauffement à un niveau acceptable pour la planète, et diviser par eux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2058, c’est possible. Mais c’est virtuel. « Clim City » est un jeu interactif proposé par Cap Sciences, le centre culturel scientifique d’Aquitaine. Il reconstitue un environnement, pollué et gourmand en énergie, que vous devez rendre plus propre. Il s’agit de multiplier les bonnes décisions pour réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2008, diminuer la consommation d’énergie de 40%, et développer le renouvelable jusqu’à 60%. C’est facile. Il suffit d’un « clic » sur l’un des paysages virtuels pour accéder au diagnostic environnemental, et aux solutions proposées. L’habitat, source importante de consommation d’énergie à Clim’City, doit être isolé et coiffé de panneaux photovoltaïques, c’est mieux pour le bilan, et pour le score. Les transports s’y déclinent plutôt en « commun ».Les industries,  énergivores, grosses productrices de gaz à effet de serre et de rejets polluants, doivent être réorganisées, efficacité énergétique, avec options renouvelables, ou gestion des émissions. Avec, à terme, un fonctionnement sur le mode des écosystèmes, où rien ne se perd, tout se recycle, et tout s’échange. Il va également falloir remplacer les turbines du barrage hydroélectriques, pour améliorer leur efficacité. Et trouver un nouveau site pour installer une micro-centrale. A Clim’City, l’hydroélectricité est une source d’énergie appréciée, mais on manque de place. Autre conseil, convertir la station de ski, privée de neige par le réchauffement, en un parc de tourisme vert. Echéance 2058, vous avez donc 50 ans pour composer un plan climat compatible avec les maux de la planète. Et pas besoin de tout recommencer, vous pouvez sauvegarder la partie.

Ce jeu éducatif est accessible, via internet. Cap Sciences devrait le distribuer, version DVD, dans les établissements scolaires de la région. Il fait aussi l’objet d’un concours, organisé par Cap Sciences et Mountain Riders, inscriptions jusqu’au 29 mars.

M.j


Publié le 10 mars 2009 par marlene dans Actualité,Climat,Développement durable
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Le sucre, version éthique.

Bonjour,

C’était à l’occasion d’un billet sur les agro-carburants, un commentaire, une invitation à visiter le site de « Sucre-éthique ». Un peu de pub pour une ONG qui travaille à rendre la filière internationale du sucre plus écolo. Et surtout plus humaine, dans une concurrence mondialisée. En deux mots.

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« Sucre-éthique « , association loi de 1901, est une ONG, dédiée à la filière du sucre , ou de certains dérivés comme l’éthanol. Son intention est aussi simple que son nom. Elle vise à améliorer les conditions de vie des travailleurs du « sucre ». Elle incite les exploitants à une gestion durable de la ressource, et de son environnement. Ce projet, social et environnemental, rassemble industriels, syndicats, et communautés, liées à l’activité du sucre. L’association est épaulée par un réseau universitaire, notamment brésilien, et par d’autres associations à vocation éthique. Elle est relayée par de grandes organisations internationales, la FAO (Programme des Nations Unies pour l’alimentation), l’OIT (Organisation internationale du Travail), ou la Commission européenne. Ce « contre-pouvoir » du sucre apporte assistance et information à ceux qui souhaitent un « sucre respectueux de l’homme et de son environnement ». Il dénonce certaines conditions d’exploitation, cousines de l’esclavage, et encourage les progrès de la filière. Son aire d’intervention va de l’Amérique à l’Afrique, en passant par l’Europe. Portugais, Espagnol, Anglais, ou Français, sa langue est plurielle, et sa revue de presse plus intéressante.

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Dégradation environnementale et climat, concurrence désastreuse pour l’agriculture, conditions de travail des coupeurs de canne, « Sucre-éthique » nourrit son actualité du moment avec les agro-carburants, et l’éthanol brésilien. Un sujet périphérique au sucre, qui révèle une mondialisation confortablement assise sur l’éthique.

M.J

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Publié le 4 janvier 2008 par marlene dans Développement durable,Sucre
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