Environnement
Un blog sur la géo-environnement

DOHA 2012.

Bonjour,

Les Nations Unies organisent une nouvelle conférence internationale sur le climat à Doha, au Qatar. DOHA 2012, réunie du  26 novembre au 7 décembre, est la dix-huitième Conférence des Parties (COP18) de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Et la huitième rencontre des pays signataires de Kyoto. Cette rencontre  doit préciser l’après Kyoto, qui expire le 31 décembre prochain. Le Protocole de Kyoto, traité international qui engage les Etats qui ont ratifié le texte à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique avec la déforestation, est formulé en 1997. Il devient effectif huit ans plus tard, après avoir obtenu un nombre suffisant d’adhérents.  Il compte à ce jour 195 parties – 194 Etats et l’Union européenne –, et n’a toujours pas été ratifié par un acteur majeur de la scène internationale, les Etats-Unis. En décembre 2007, la Conférence de Bali avait officiellement lancé les négociations pour l’après-Kyoto. En décembre 2011, la Conférence de Durban avait permis, in-extremis, de reconduire le Protocole de Kyoto, évitant  un vide juridique. Le Protocole de Kyoto, diversement interprété par les pays industrialisés, est le seul texte qui contraint les Etats membres à faire attention à leurs émissions. Dans le prolongement de  Durban, Doha devrait formuler une nouvelle feuille de route pour lutter contre le réchauffement climatique. Ce nouveau texte, finalisé en 2015,  devrait  devenir contraignant en 2020. Mais le plus tôt sera le mieux car pour contenir le réchauffement  planétaire sous le seuil des 2°C au cours du siècle, les Nations  industrielles devront réduire leurs émissions de 25 à 40%, par rapport au niveau de 1990. La Conférence de Doha, qui doit amorcer ce nouveau processus international, est aussi l’occasion de faire le point sur les actions déjà engagées par les gouvernements, les acteurs privés, et la société civile pour freiner le réchauffement. Cette rencontre permettra encore d’examiner l’aide destinée aux pays en développement, déjà exposés à un climat qui change.

Un monde à 4°C…

Un rapport de la Banque Mondiale,  intitulé « Turn Down the heat -Why a 4°C warmer world must be avoided”, daté de novembre2012,  rappelle l’urgence à maintenir la hausse des températures sous les 2°C, afin d’éviter un « dangereux » changement de climat. (1) Si tous les pays seront affectés par les conséquences de la crise climatique qui se profile, certains le seront plus que d’autres, annonce le rapport. Le réchauffement, plus étendu sous les hautes latitudes, devrait être plus durement ressenti dans les espaces  tropicaux, aux équilibres plus fragiles. Une modification sensible des températures devrait modifier les conditions agricoles,  et malmener des écosystèmes sur lesquels comptent des millions de personnes pour vivre. La montée des eaux y est  annoncée plus dramatique qu’ailleurs, avec une élévation de 15 à 20% plus importante. Sous les basses latitudes, les cyclones tropicaux devraient se multiplier. Les pays pauvres de l’espace tropical et subtropical devraient connaître plus d’aridité, et plus de sécheresses.  Le rapport, qui redoute un monde réchauffé de 4°C par rapport à l’époque pré- industrielle, prédit des extrêmes, canicules, sécheresses, inondations dans beaucoup de régions du monde, avec de sérieux bouleversements des systèmes humains, des  écosystèmes, et de leurs fonctions associées. Et de conclure : « Un monde à 4°C posera des défis sans précédent à l’humanité. …le réchauffement supposé de 4°C ne doit simplement pas être autorisé à se produire – la chaleur doit être stoppée. Seule une action rapide, conjointe, et internationale peut y parvenir. » (1)

 

Activistes et gouvernements.

Interviewé par IPS, Patrick Bond,  analyste du climat, professeur à l’Université Kwazulu-Natal en Afrique du Sud,  et membre de l’IOPS – The International Organization for a Participatory Society – donne un avis sur l’avenir des négociations sur le changement climatique : « Pour résumer, le Protocole de Montréal de 1987 aurait dû être immédiatement conçu pour intégrer les gaz à effet de serre, mais au lieu de cela, parce que Washington insistait sur un marché du carbone inefficace une décennie plus tard à Kyoto – nous n’avons simplement pas vu une volonté politique appropriée et une stratégie éclairée, et jusqu’à ce que cela change, nous ne parviendrons à rien à une échelle multilatérale(…) Cela signifie que l’avenir de négociations potentiellement fructueuses se joue entre les activistes et la base populaire qu’ils rallient à leur cause, d’un côté, et les gouvernements – et les intérêts qui contrôlent souvent ces gouvernements – de l’autre. » (2)

M.J

 

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(1) “Turn Down the heat Why a 4°C warmer world must be avoided”, November 2012, A Report for the World Bank, by the Potsdam Institute for Climate Impact Research and, Climate Analytics

http://climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_heat_Why_a_4_degree_centrigrade_warmer_world_must_be_avoided.pdf

 

(2) “Q&A: COP18, Another ‘Conference of Polluters’”, Busani Bafana, Interview du Professeur Patrick Bond, IPS, 27-11-2012 http://www.ipsnews.net/2012/11/qa-cop18-another-conference-of-polluters/


Publié le 4 décembre 2012 par marlene dans Actualité,Climat
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