Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les peuples des forêts contestent le REDD.

 


Bonjour,

 

“Les communautés indigènes demandent un moratoire pour le REDD », titre un article d’IPS du 12 décembre dernier. (1) Il fait écho à la Global Alliance of Indigenous Peoples and Local Communities against REDD and for Life. Cette représentation de communautés forestières a demandé la suspension du REDD à la Conférence des Nations Unies sur le Climat qui vient de se terminer à  Durban. Le REDD ( pour Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation) est un programme des Nations Unies qui vise à indemniser les pays, et les communautés, qui  protègent leurs forêts primaires. L’ONU, qui donne une valeur financière au carbone stocké dans les forêts, entreprend un vaste chantier, inclus dans une stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique. A l’échelle planétaire, la déforestation représente 15 à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.  En septembre 2008, Ban Ki-Moon, le secrétaire Général de l’ONU, commente cette initiative qui débute: «La lutte contre le changement climatique ne peut être gagnée sans les forêts du monde, cela est maintenant clair. » (2) Aujourd’hui, le programme REDD est développé dans 9 pays pilotes, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, la Zambie, l’Indonésie, la Papouasie-Nouvelle Guinée, le Viet Nam; la Bolivie, le Panama et le Paraguay. Auxquels s’ajoutent une vingtaine de pays, qui découvrent la valeur de leurs forêts. A Durban, sept pays d’Afrique centrale, soutenus par leurs donateurs occidentaux,  ont demandé une accélération de mise en oeuvre du REDD dans le  bassin du Congo, seconde forêt primaire de la planète après l’Amazonie. Henri Djombo, Ministre du Développement durable et de l’économie forestière du Congo-Brazzaville approuve. Il espère que d’importantes ressources financières seront disponibles au début de l’année 2012. Moins impatiente, la Global Alliance of Indigenous Peoples and Local Communities. A Durban, elle a exprimé quelques doutes sur les bénéfices de la transaction REDD pour les communautés originaires des forêts. Un nombre croissant de rapports de terrain signaleraient que les droits des autochtones sont bafoués lors de la mise en œuvre de cette stratégie. Le dispositif REDD, d’abord pensé pour les propriétaires officiels de parcelles forestières, a fait l’impasse sur les territoires coutumiers. Beaucoup de gens vivant dans la forêt, et de la forêt, depuis des générations, ne disposent pas de titre de propriété. Pas plus que d’alternative pour vivre autrement. Selon l’ONU, plus d’un milliard et demi de personnes dépendent directement des systèmes forestiers pour leur survie. Une lecture assouplie d’un droit  à la propriété, concession du REDD, pourrait protéger les “sans-titres” qui exploitent la forêt, argumentent certains. Heriberta Hidalgo, représentante  de communautés du Nord du Chili, n’y croit pas: « C’est une fantaisie plaisante (de croire) que le REDD aidera les populations à sécuriser la propriété foncière. » ‘(1) Madame Hidalgo a une autre vision de l’avenir. Elle voit la forêt céder la place aux plantations, repoussant les populations qui en dépendent pour leur nourriture et leur médecine traditionnelle. Ils pourraient y perdre leur territoire de référence. Le programme REDD propose encore un dispositif de terrain, qui vise à informer les communautés, accompagner la protection des forêts, et éviter les abus. Des pays comme le Brésil ou l’Indonésie le trouvent difficile à mettre en place, trop cher. Au Mexique, lors de la mise en place de projets REDD, cet accompagnement n’a pas suivi. Les populations forestières devaient être informées du déroulement du projet, avant de  donner leur consentement. Mais, d’après Berenice Sánchez, du MesoAmerican Indigenous Women’s BioDiversity Network, une organisation basée à Mexico, le message est mal passé. Les communautés, qui ont bien compris qu’elles allaient recevoir de l’argent, se sont précipitées pour obtenir des crédits. Elles sont aujourd’hui endettées, avec  pour seule issue, vendre leurs terres. Madame Sanchhez  ajoute : « Le REDD est un masque pour les usurpations de terre à grande échelle. »(1) Un autre représentant des communautés de l’Equateur, la Confederation of Indigenous Nationalities of Ecuador (CONAIE) rappelle quarante ans de lutte face à de grands groupes, Texaco, Shell, Rio Tinto. Ces sociétés ont promis une vie meilleure, avant de dévaster les terres, et faire éclater les communautés.  Plus tranchante, Berenice Sanchez  demande l’arrêt immédiat de tous les programmes  REDD qui se mettent en place dans le monde. « C’est une nouvelle forme de colonialisme.» (1) L’IUCN, Union internationale pour la conservation de la nature, met en garde : « Pas de REDD sans les peuples autochtones et la société civile..  ». (3)

 

M.J.

La cupidité par les arbres. Le Cas Chiapas : la Forêt Lacandona au meilleur offrant…

 

 

 

Pour fouiller le sujet / document PDF/ Forest People Programme :Enseignements à tirer de l’expérience sur le terain ; REDD+ et les droits des peuples autochtones et des communautés tributaires de la forêt. http://www.forestpeoples.org/sites/fpp/files/publication/2011/11/lessons-field-briefing-french_0.pdf

(1)” Indigenous Peoples Call for REDD  Moratorium”, Stephen Leahy , DURBAN, South Africa, 12-12 2011 (Tierramérica) http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=106187

(2) « REDD au secours des forêts », Les Nations Unies et la Norvège s’unissent pour lutter contre les changements climatiques causés par la déforestation, PNUE, New York, 24-10  2008 http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=545&ArticleID=5930&l=fr

(3) « Pas de REDD sans les peuples autochtones et la société civile : le Cameroun lance le processus d’élaboration de la Readness Preparation Proposal (R-PP) », IUCN, 29-03-2011 http://www.iucn.org/fr/nouvelles_homepage/nouvelles_par_date/2011_news/mars_news_2011/?7184/Pas-de-REDD-sans-les-peuples-autochtones-et-la-societe-civile–le-Cameroun-lance-le-processus-delaboration-de-la-Readness-Preparation-Proposal–R-PP


Publié le 16 décembre 2011 par marlene dans Actualité,Climat,déforestation
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Durban, épilogue.

Bonjour,

Durban, épilogue. Le Protocole de Kyoto, qui s’achève en 2013, sera prolongé. De 5 à 8 années, la décision reste à prendre. Dommage, les pays qui défendent ce premier traité international sur le climat ne contribuent que pour 15% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le Canada, la Russie, et le Japon, ne suivent pas. Ils refusent l’engagement contraignant de Kyoto. Un nouvel accord, instrument légal encore à préciser, devrait être signé en 2015. Pour devenir effectif en 2020. Cette fois, tous les pays devraient être impliqués dans la lutte contre le réchauffement. Le Fonds Vert, aide des pays riches pour adoucir les aléas climatiques chez les plus pauvres, n’a toujours pas trouvé de financement. Il doit pourtant démarrer en 2013, pour fonctionner pleinement en 2020. Avec, à la clé, une enveloppe annuelle de 100 millions de dollars. Durban, commentaires et réactions en images…

 

 


Publié le 12 décembre 2011 par marlene dans Actualité,Climat
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Durban, un climat différent de Kyoto.

Bonjour,

La conférence des Nations Unies sur le changement climatique, réunie à Durban en Afrique du sud, se termine vendredi. Ministres de l’environnement et négociateurs  devaient imaginer la seconde phase du protocole de Kyoto , seul outil international contraignant.  Il obligeait une quarantaine de pays industrialisés à réduire leurs rémissions  de gaz à effet de serre d’environ 5%, par rapport à 1992. Cet engagement commun pour limiter la hausse des températures valait pour 5 ans, 2008-2012. Durban, comme les conférences de Copenhague et de Cancun, qui se sont tenues au cours des deux  années précédentes, n’a pas permis de poser les bases d’un nouveau Kyoto.

 

La cartographie des gros pollueurs dopés aux énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon, fait apparaître les Etats-Unis et la Chine en rouge. Les deux pays émettent  40% des rejets mondiaux. Les Etats-Unis  y révèlent le niveau de vie élevé de leurs  habitants, addicts aux transports gourmands en carburant, et leurs activités industrielles. La Chine y montre l’importance du charbon, qui produit les 2/3 de son électricité, le boom du bâtiment, et l’expansion de son parc automobile. En matière d’émissions globales, la Chine dépasse déjà  les Etats-Unis. Puis viennent la Russie, l’Inde, le Japon, qui devancent  l’Allemagne et le Canada. Les rejets de CO² par habitant modifient un peu la carte.  Ils placent les Etats-Unis et le Canada en tête, devant la Russie et le Japon. Mais le record mondial revient sans doute à l’Australie. Un Australien émet deux fois plus de gaz à effet de serre qu’un japonais. Quand, le continent africain, dix fois plus peuplé que le Japon, rejette pratiquement l’équivalent de l’archipel nippon.  Le continent africain, déjà affecté par les conséquences du réchauffement qui se conjuguent à un climat instable, est l’un des points sombres de cette cartographie mondiale. Vagues de chaleur, inondations, orages violents, élévation du niveau des mers, baisse de la production agricole , et métropoles devenues invivables, signalent ce changement. Acteurs et  sinistrés du réchauffement climatique, réunis à Durban, n’ont pas tous le même intérêt à finaliser un nouveau Kyoto.

 

Le Japon, la Russie, le Canada, et l’Australie, ne souhaitent pas  forcément reconduire un accord juridiquement contraignant. Ils préfèrent l’option souple, à l’américaine, basée sur le « volontariat ». C’est le pays qui décide de ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, du calendrier, et des moyens pour y parvenir. Barack Obama, qui mise sur les agro – carburants et les énergies alternatives, ou se déclare favorable à un marché du CO², semble bien disposé à engager les Etats-Unis  dans la lutte contre le réchauffement, sans subir les contraintes d’un texte international.  Les Etats-Unis n’ont jamais ratifié Kyoto. De l’autre côté, la plupart des pays en développement craignent que cette option « volontariste » conduise  les pays riches à polluer un peu plus. Fidèles à l’esprit de Kyoto, qui impose des restrictions chiffrées, ils souhaitent un nouvel accord international. L’Union européenne défend, elle aussi, l’idée d’un nouveau Kyoto. Plus contraignant que le premier.  Si les pays riches souhaitent contenir la hausse des températures autour des 2°C, option basse,  beaucoup de pays en développement considèrent  ce seuil comme déjà insupportable.

 

En 2010, les pays riches ont promis aux plus pauvres d’accompagner leur adaptation au changement de climat. Après 2020, ils recevront une enveloppe annuelle de 100 milliards de dollars. Mais ce « Fonds Vert » peine à trouver un financement en période de crise économique.  On parle d’une taxe sur les transactions financières, sans pouvoir vraiment préciser le mécanisme de cette nouvelle  aide Nord-Sud.  Le REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation), un programme ambitieux des Nations Unies,  propose encore  de donner de l’argent aux pays qui protègent leurs forêts tropicales. Cette stratégie, qui mise à la fois sur la réduction des émissions de carbone et sur l’aide aux pays  pauvres, se met doucement en place, ralentie par quelques réalités de terrain. Certains pays forestiers, qui pourraient profiter de cette opportunité économique, comptent parmi les plus corrompus.  D’autre part, beaucoup de gens, sans autre ressource, comptent sur les coupes d’arbres pour s’assurer une source de revenus.  Sans compter les  « coupeurs », qui inspirés par la tradition, respectent les rythmes d’une forêt qu’ils habitent depuis toujours. Comment dédommager cette petite humanité ?

 

En 2013, aucun texte n’obligera les pays à  faire chuter leurs émissions de gaz à effet de serre. Un nouveau Kyoto, précisé vers 2015, pourrait démarrer en 2020. Avec l’espoir que la Chine, l’Inde, le Brésil, mais aussi les Etats-Unis, contribuent à l’effort commun. Contrariée par les difficultés économiques du moment, des intérêts divergents, et des réponses multiples sur la façon de réagir au changement climatique,  Durban n’aura été qu’une étape vers un nouvel accord. (1) Pourtant, fin novembre, l’Organisation météorologique mondiale prévient : « « Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint de nouveaux pics qui s’approchent très rapidement des niveaux correspondant à une élévation de 2 à 2,4 degrés Celsius de la température moyenne à la surface du globe, laquelle pourrait entraîner, selon les scientifiques, des changements radicaux et irréversibles de notre planète, de la biosphère et des océans ».

 

M.J

Réchauffement climatique en Russie…………

 


 

(1) «  A Durban, Ban Ki-moon exhorte les pays à faire de réels progrès sur le climat. », Centre d’Actualités de l’ONU, 06-12-2011. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=27077&Cr=climatique&Cr1=

 


Publié le 8 décembre 2011 par marlene dans Actualité,Climat
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Durban, la Conférence sur le climat vue de Côte d’Ivoire.

Bonjour,

Durban, Afrique du Sud. Aujourd’hui s’ouvre la 17° Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques. (CP 17) Pendant une dizaine de jours, jusqu’au 9 décembre, des représentants de 190 pays, des ONG, et des délégués de la société civile, vont tenter de trouver des solutions concrètes pour freiner les effets de la crise climatique.  Et peut-être  proposer un « après » au Protocole de Kyoto.  Quand la Chine et les Etats-Unis refusent de contrôler leurs émissions de gaz à effet de serre. En attendant l’issue de cette nouvelle réunion internationale sur le climat, qu’en pensent les Africains ?  Un point de vue proposé par la RTI, la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne.

 

 


Publié le 28 novembre 2011 par marlene dans Actualité,Afrique - Environnement.,Climat
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