Environnement
Un blog sur la géo-environnement

So green, Vancouver!

Bonjour,

Vancouver, cité portuaire de l’extrême Sud-Ouest canadien , cultive son image de ville-paysage dans  un environnement urbain réputé pour être l’un des plus accueillants au monde. Assise sur le Delta du fleuve Fraser, elle se réfugie à l’Ouest derrière le Détroit de Georgie et l’île de Vancouver qui la séparent de l’Océan Pacifique. Au Nord, trois montagnes se couvrent de neige en hiver. Mais dans la ville, quelques palmiers témoignent de l’un des climats les plus doux du Canada. Vancouver est une métropole hérissée de buildings,  on y circule beaucoup à vélo, et la nature n’est qu’à quelques minutes de marche. Désignée par le WWF en 2011 comme une ville très engagée contre le réchauffement climatique, elle ambitionne aujourd’hui de devenir la « Greenest City 2020 »,  la cité la plus écolo de la planète. Sur le site dédié à cet engagement, Vancouver détaille un plan d’action inspiré du « One Planet Living », une stratégie destinée à ratatiner l’empreinte écologique. Vancouver, métropole de 600.000 habitants (2011)  qui continue d’attirer de nouveaux arrivants de toutes origines, veut réduire de 33%  son empreinte écologique à l’horizon 2020, par rapport à 2006. « Mais, pendant que nous vivons dans un endroit qui est largement connu comme étant la ville la plus agréable au monde, notre empreinte écologique est trois fois plus importante que ce que la terre peut supporter. », peut-on lire sur la page de présentation du projet.(1)

 

Sobriété, recyclage, et oxygène.

« Greenest City 2020 » s’attaque en priorité au carbone et aux déchets, il valorise  les écosystèmes.  Dix programmes doivent servir cette stratégie globale. La  transition vers une économie verte pendant la décennie 2010-2020 donne le ton: doubler le nombre d’emplois induits et doubler le nombre d’entreprises  en conversion. Vancouver,  déjà tournée vers les énergies renouvelables, souhaite encore réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’un tiers par rapport à 2007. Pointée du doigt, l’énergie consommée par les immeubles, 55%  des émissions de Vancouver. Marche, vélo, métro devront compter pour la moitié des déplacements en 2020. Objectif « Zero waste », ou presque. Vancouver invite ses citoyens à réduire de moitié les déchets voués à la décharge et à l’incinérateur. Le compost –  fertilisant pour une agriculture locale -, la collecte de résidus alimentaires, le recyclage, et la récupération de matériaux de construction serviront cette stratégie. Et carton rouge pour les emballages. Vancouver,  aérée par un  parc de 400 hectares, le Stanley Park , compte intégrer d’autres jardins dans l’espace urbain. Le plan annonce encore 15 000 arbres supplémentaires. Ces efforts doivent contribuer à alléger l’empreinte écologique de la ville, objectif déjà évoqué. La qualité de l’eau potable devra être l’une des meilleures au monde.  En contrepartie, la ville attend de ses citoyens  qu’ils réduisent leur consommation d’eau de 30%. De 320 litres par habitant et par jour en 2006, ils devront se limiter à 214 litres en 2020. L’air de Vancouver sera l’un des meilleurs du club des grandes métropoles, avec plus de véhicules électriques et moins de feux de bois illégaux. Enfin, en dix ans, la ville souhaite doubler la quantité de nourriture produite localement en développant les marchés fermiers, les jardins et les vergers urbains. La nourriture compte pour 49 % de l’empreinte écologique de la ville, on en reparle.(1)

 

« Pas facile d’être vert. »

Dans un blog initulé «What Does a One-Planet City Look Like?” (2), ou à quoi ressemble une ville estampillée « One-Planet ,  publié sur l’un des sites du Worldwatch Institute , Jennie Moore (3),  spécialiste des questions d’environnement à L’Institut de Technologie de Colombie britannique, annonce  d’emblée : « Ce n’est pas facile d’être vert ». Munie de sa calculette à empreinte écologique, elle examine le cas de Vancouver.  Elle additionne les initiatives listées dans le « Greenest City Action Plan » et estime que Vancouver ne pourra réduire son empreinte  écologique  que de 11,5% . Peut-être 23% en y ajoutant quelques mesures supplémentaires. Un peu court pour tendre vers les 33% annoncés, et l’objectif « One Planet Living ». Elle détaille ses calculs. (4)  A Vancouver,  la nourriture contribue donc à la moitié de l’empreinte écologique. La moitié de cette moitié est due à la consommation de viande, de poisson, et de lait. Avec un zéro pointé pour la viande rouge. Les transports, 20% de l’empreinte écologique, dont la moitié  est due aux automobilistes qui voyagent seuls.   Et si l’on ajoute le carburant consommé par les moteurs et les voyages en avion, on arrive à 90% de l’empreinte écologique causée par les transports. Les constructions, 16% de l’empreinte écologique, dont 80% résulte de l’énergie consommée pour le fonctionnement des résidences, des commerces, et des administrations. Les consommables, ce que nous achetons, représentent  12% de l’empreinte écologique de Vancouver. Dont la moitié est due au  papier , suivi par les plastiques, les déchets organiques, les métaux, le verre.  Jennie Moore  rappelle au passage qu’une redistribution égale des services rendus par les écosystèmes de la planète à chacun de ses habitants lui donne l’équivalent d’1,8 hectare.  Au-delà, l’empreinte écologique devient trop conséquente. Or, un habitant des Etats-Unis utilise l’équivalent de 9 hectares,  7 pour un Canadien. Pour coller aux recommandations du « One Planet Living », Jennie Moore estime que ces riches américains  doivent réduire leur consommation d’énergie, de biens, et leur production de déchets de 80%.

 

« Combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? »

Alors ?  Moins de viande rouge, moins de trajets en voiture, de voyages en avion, moins de chauffage à la maison, moins d’électricité, moins d’emplettes ? Oui, mais ce ne sont pas quelques steaks de moins, et une pratique éclairée du co- voiturage qui vont considérablement nous rapprocher du « One Planet Lliving », nuance Jennie Moore, plus catégorique.  « Si « One Planet Living » est le but, une transformation radicale de nos modes de vie doit être envisagée. Et comme nous savons que les individus prisonniers d’un système ne seront pas capables d’opérer des changements spectaculaires si on ne les y incite pas – combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? – cela veut dire que le gouvernement va être amené à jouer un rôle-clé en encourageant les choix individuels de consommation plus durables. » (2) Même loin du compte, difficile de reprocher à Vancouver une stratégie de réduction de son empreinte écologique qui doit bien commencer quelque part.

M.J

 

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(1) Greenest City 2020 Action Plan, City of Vancouver http://vancouver.ca/green-vancouver/greenest-city-2020-action-plan.aspx

(2) «What Does a One-Planet City Look Like?”, Posted by Jennie Moore on March 23 2012, Moving  Toward Sustainable Prosperity. http://blogs.worldwatch.org/sustainableprosperity/oneplanetcity/

(3)Jennie Moore est directrice du Développement Durable et de Gestion Environnementale à l’Institut de Technologie de Colombie Britannique. Elle termine un Doctorat, et travaille sur la façon de faire de Vancouver une « One-Planet’City ».

(4) Vancouver’s Ecological Footprint Based on Consumption Activity (Calculated by Jennie Moore)


Publié le 20 février 2013 par marlene dans Climat,Développement durable,Economie d'énergie,Ecosystèmes.,Urbanisation
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2,6 milliards de bovins. Et moi et moi et moi…

Bonjour,

L’élevage consomme l’environnement. Avec l’agriculture, il occupe environ 70% des terres agricoles mondiales. En Amérique centrale, en Amazonie, la forêt recule sous la pression croissante des troupeaux, et des besoins en terres agricoles pour leur alimentation. L’élevage pompe de l’eau douce, 9% des besoins annuels mondiaux.(1) Il produit des gaz à effet de serre. Déforestation, extension de pâturages, conversion de terres en production fourragère, carburant, chauffage, sa contribution CO² s’élève à 9% du total mondial. Plus que les transports. Fermentation entérique des ruminants ou fermentation des déjections, l’élevage compte pour 37% des émissions mondiales de méthane. Sans oublier les 65% d’oxydes nitreux, ou protoxyde d’azote, ces résidus de fertilisants industriels azotés qui distillent leurs effluents dans les écosystèmes, terrestres et marins. Un poison tenace qui plombe dangereusement la facture environnementale de l’élevage. (2) La FAO, qui tient compte d’une population plus nombreuse, plus riche dans les pays émergents, et plus exigeante sur la qualité du menu, estime que la production de viande devrait doubler d’ici, à 2050. Concrètement, les troupeaux de bovins passeraient de 1,5 milliard de têtes à 2,6 milliards. Progression analogue pour les caprins et les ovins, dont le nombre gonflerait jusqu’à 2,7 milliards de têtes. (3) Une étude canadienne , qui envisage l’impact environnemental de l’élevage pour les quarante années à venir, contrarie ces perspectives. L’enquête, qui fouille trois pistes, les émissions de GES, la capacité du globe (biomasse), et le cycle mondial de l’azote, tire le signal d’alarme. Si nous continuons à engraisser plus de bétail pour la viande, l’élevage utilisera 70 à 80% de la capacité de la terre à absorber la pollution, vers le milieu du siècle. Ce qui laissera peu de place pour d’autres activités humaines, la production d’énergie, les transports, qui rivalisent déjà pour que la terre puisse absorber leurs effluents. Combiner notre appétit pour la viande avec nos activités polluantes pourrait dépasser le seuil de tolérance de la planète.(4) L’étude dénonce une grande déconnection entre l’ampleur de l’impact environnemental, plus de terre, plus d’eau, plus de GES, plus de fertilisants à base d’azote, et la production de bétail annoncée. Même avec une projection optimiste. Cette recherche, qui conseille moins de nitrates, plus d’engrais naturels, et une agriculture productive aux décideurs, prescrit surtout un régime alimentaire mondial allégé en viande. De 19 à 42% en moins par assiette en 2050, calcul qui tient compte de la croissance attendue de la population et des revenus. Un régime alimentaire nécessaire éviter à la planète de se transformer en un vaste pré d’embouche. (5)

M.J

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(1) La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2009 – 4. Elevage et environnement. FAO http://www.fao.org/docrep/012/i0680f/i0680f04.pdf

(2) « The Nitrogen Fix:Breaking a Costly Addiction”, Fred Pearce, Yale Environment 360, 05-11-2009, http://e360.yale.edu/content/feature.msp?id=2207

(3) « Vers un élevage plus durable »- « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture » analyse l’évolution rapide de la production mondiale de l’élevage 18-02-2010, http://www.fao.org/news/story/fr/item/40117/icode/

(4) Stressing the planet, Melissa Hennigar, Dalnews.dal.ca, 05-10-2010 http://dalnews.dal.ca/2010/10/05/beef.html

(5) « Meat diets pose environmental danger: report », Gerard Wynn, Reuters, 04-10-2010 http://www.reuters.com/article/idUSTRE6935Q520101004


Publié le 15 octobre 2010 par marlene dans Ecosystèmes.,elevage,FAO
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