Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Géant hydraulique, small hydro, et géothermie…

Bonjour,

 

Au Costa Rica, 95%  de l’économie repose sur les énergies renouvelables. L’hydraulique,  environ 80% du mix énergétique, et la géothermie, 12%, font tomber la part du pétrole au dessous des 5%. (1) Deux projets, le barrage  de Diquis, annoncé pour être l’un des plus importants d’Amérique centrale et prévu pour 2016, et le barrage  de Revantazon, planifié pour 2019, devraient gonfler un peu plus la capacité hydraulique du Costa Rica. La Présidente  élue en 2010,  Laura Chinchilla, veut encore développer la géothermie et l’énergie solaire pour tendre vers l’objectif « zéro carbone » à l’horizon 2020. Le Costa Rica est le membre le plus actif des pays d’Amérique centrale – Guatemala, Honduras, El Salvador, et Nicaragua – tous soucieux d’augmenter la part du renouvelable dans le bouquet énergétique. En 2011, elle dépasse les 65%, largement dominée par l’hydro-électricité. Mais la région compte bien développer un  potentiel géothermique,  peut-être moins prometteur au Honduras. (1 )(2)

 

Le géant hydraulique

L’énergie hydraulique , alimentée par l’eau et ses cycles, et la géothermie , qui puise dans la chaleur de la terre, progressent  partout dans le monde. Même si leur part reste modeste.  En 2011, l’hydraulique produit  plus de 15% de l’électricité mondiale. Et moins de 1% pour la géothermie, utilisée aussi pour le chauffage. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’un cheminement  pour se dégager des combustibles fossiles, et conquérir une certaine indépendance énergétique.  D’après une enquête du Worldwatch Institute, la Chine, le Brésil, le Canada, et la Russie mènent la production hydro-électrique, énergie primaire et électricité, avec plus de la moitié de la capacité mondiale en 2011. Le développement récent d’infrastructures  hydrauliques place la Chine en tête, suivie par le Vietnam, Brésil, le Canada. (3) Les barrages et les ouvrages  aménagés sur les grands fleuves du monde, le Colorado en Amérique du Nord, le Yangste en Chine, ou le Parana en Amérique du Sud,  racontent l’épopée de l’hydro-électrique. D’après la World Commission on Dams (2000),  environ 60% des fleuves majeurs sont contrariés par des ouvrages, ou déviés. Un processus qui aurait déplacé entre 40 et 80 millions de personnes dans le monde, et réduit considérablement le cours de certaines rivières, jusqu’à les empêcher d’atteindre la mer. L’hydraulique et ses barrages, qui malmènent  l’environnement et ses équilibres et qui déracinent les hommes, altèrent l’image d’une énergie pourtant réputée  « soft ».

 

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Small Hydro.

Les grands ouvrages, dont l’édification modifie les paysages des bassins-versants, bouleversent l’équilibre des sols. Un déboisement, par exemple, entraine ruissellement, érosion, et appauvrissement. Ces aménagements modifient l’équilibre fluvial, contrarient la migration des poissons, changent la composition chimique de l’eau. Ces constructions bouleversent les habitats voisins, et les espèces qui y sont attachées. Les communautés, dont les territoires sont inondés, sont expulsées. Le barrage des Trois Gorges, l’ouvrage le plus imposant jamais réalisé, a déplacé 1,2 milliards de personnes vivant dans plus 140 villes et 1300 villages. La violence de l’opposition à certains projets donne la mesure des bouleversements environnementaux, socio-économiques, et humains à venir. Dans certains cas, l’héritage architectural des communautés est englouti. Réputés pour produire une énergie « propre », leur construction exige des matériaux, le ciment, le fer, qui eux en consomment. Histoire de taille, ou de mesure, la « petite hydraulique » est réputée plus douce pour l’environnement. Construit au fil de l’eau, sans retenue importante, sans impact néfaste sur l’environnement et la vie qui s’y développe, le petit hydraulique a le vent en poupe. Entre 2005 et 2008, cette niche de l’industrie hydro-électrique  a bondi de presque 30%. Il se développe en Chine, plus de la moitié du marché actuel, en Inde , aux Etats-Unis. Il sert notamment le China Village Electrification Program qui prévoit d’électrifier 10.000 villages, pour alimenter 3,5 millions de ménages. Car autre avantage d’un ouvrage plus léger – aux vertus écologiques parfois discutées -, il permet d’amener l’électricité là où elle manque. (4)(5)

 

La route des volcans.

La géothermie s’inscrit dans la Ceinture de Feu Pacifique , et suit la route des volcans, actifs ou non. En 2010, plus d’une vingtaine de pays valorisent la chaleur de la terre pour produire de l’électricité. La cartographie de la capacité de production (2010), place les Etats-Unis en tête – 28% de la capacité mondiale (3) -, suivies par les Philippines, l’Indonésie, le Mexique, l’Italie, et la Nouvelle Zélande. Le plus grand complexe géothermal au monde, The Geysers, se situe à plus d’une centaine de kilomètres au Nord de San Francisco en Californie, dans les montagnes de Mayacamas  Mais la part d’électricité d’origine géothermique dans la production nationale bouscule la carte. L’Islande, les Philippines, le Salvador prennent la tête – entre 25 et 30% -, suivis par le Kenya et la Nouvelle Zélande  –  autour de 10%.  (6) En Islande, la géothermie alimente encore 90% du chauffage. D’ailleurs, plus de 70 pays ont choisi cette technologie, qui convient parfaitement au chauffage alternatif .(3)  Parmi les pays ciblés pour le développement de  la géothermie, le Chili. Assis sur un axe volcanique, le pays compte plus de 300 sites, avec un potentiel convertible en électricité ou voué à une utilisation directe. Les fluides renfermés dans le sous-sol chilien, situés à moins de 300 mètres de profondeur, peuvent atteindre 150°C, et promettent une exploitation d’une cinquantaine d’années. (7)

 

Le Rift africain.

Sur le continent africain, la Vallée du Grand Rift offre un potentiel énorme à la géothermie. Le Kenya, Djibouti, la Tanzanie exploitent déjà cette ressource. L’Ethiopie étudie sérieusement cette possibilité. La Banque de Développement Ethiopienne, aidée par la Banque mondiale, projette d investir 20 millions de dollars pour amorcer une exploitation, portée par le secteur privé. Cette énergie doit compenser un ralentissement attendu de l’électricité d’origine hydraulique. En cause, des pluies moins abondantes et des sécheresses. Les hauts plateaux d’Ethiopie, qui offrent une eau abondante, ont favorisé le développement de l’hydraulique. L’eau permet de produire plus de 85% de l’électricité du pays. La Banque mondiale aide le Kenya à développer  une alternative à l’hydraulique, afin de renforcer sa capacité électrique. Le gouvernement investit à fond dans la   « géothermie »,  moins soumise au climat de plus en plus aride de l’Afrique orientale. (8) (9)

 

M.J

 

 

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Première vidéo / Source: Alex de Sherbinin (CIESIN) et Bernhard Lehner (Department of Geography, at McGill University). Il a fallu des années pour constituer ce catalogue des barrages. Il représente plus de 5000 réservoirs dans le monde.
http://csdms.colorado.edu/wiki/Movie:…

(1)Finding Sustainable Alternatives to Large Hydropower in Central America CDKN / Climate and Development knowledge network, CDKN Latin America, from World Watch Institute website, 07-08-2012http://cdkn.org/2012/08/finding-sustainable-alternatives-to-large-hydropower-in-central-america/

(2)Le développement des projets d’énergie géothermique en Amérique centrale, mars 2012,Tresor Direction Générale, Publication des Services économiques. http://www.tresor.economie.gouv.fr/File/337930

(3)« Hydropower and Geothermal Growth Slows », Evan Musolino Revolt, Worldwatch Institute, 02-12-2013, http://blogs.worldwatch.org/revolt/hydropower-and-geothermal-growth-slows-2/

(4)The Hydro Industry’s Proven Authority, HydroWorld.com, small hydro. http://www.hydroworld.com/industry-news/small-hydro.html

(5) Small Hydro, Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Small_hydro

(6) Installed Geothermal Electric Capacity (2010) in Wikipedia, Geothermal electricity. http://en.wikipedia.org/wiki/Geothermal_electricity

(7)“Chile has excellent potential for both high and medium temperature geothermal projects.” http://www.hotrockltd.com/irm/content/exploration_chile.html

(8) “World Bank Gives Kenya $118 Million for Geothermal Development”

eBoom Staff , 07-07-2010, http://www.energyboom.com/geothermal/world-bank-gives-kenya-118-million-geothermal-development

(9) « Ethiopia to Develop its Geothermal Energy Potential with a Grant from the World Bank », AtisSun News, 15-02-2013, http://www.atissun.com/blog/18418/ethiopia-to-develop-its-geothermal-energy-potential-with-a-grant-from-the-world-bank/


Publié le 1 mars 2013 par marlene dans Barrages,Climat,Ecosystèmes.,energies alternatives
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Géothermie, un courant alternatif.

Bonjour,

Lester R. Brown, encore lui, annonce la fin du pétrole. Dans son livre « Plan B », le chef du Earth Policy Institute  nous invite à une sobriété énergétique. Il recommande de nous préparer à changer nos modes de vie. Et dans un monde où charbon et réchauffement climatique sont inconciliables, il fait l’éloge des énergies renouvelables. Le nucléaire, trop cher sans subventions, et trop risqué –  l’ouvrage est écrit avant Fukuoka –  est mis sur la touche. «  Notre futur sera donc inévitablement modelé par les énergies renouvelables.. », écrit-il avant de convoquer les acteurs de cette transition énergétique souhaitée, « énergie éolienne, panneaux solaires photovoltaïques et thermiques, centrales solaires thermiques, énergie géothermique, énergie hydraulique, énergie des marées, et biocarburants. » (1) En juin 2011, le site de l’Earth Institute, qui réactualise les propositions du « Plan B »,  fait l’éloge de la géothermie (2). Une énergie renouvelable aussi inépuisable que la terre qui la produit,  encore largement sous-exploitée.

Tour du monde.

La géothermie, manifestation d’une radioactivité naturelle enfouie dans les couches profondes de la terre, parfois signalée en surface par des sources d’eaux chaudes ou par des geysers, , cumule les avantages. Pratiquement sans émissions, elle peut être exploitée pour produire une électricité quasi-constante, chauffer les bâtiments et les serres agricoles, ou donner un petit coup de pouce à l’aquaculture. C’est l’Italie, qui en 1904, expérimente la première les possibilités énergétiques de son sous-sol pour produire de l’électricité. Aujourd’hui, plus d’une vingtaine de pays tirent profit de cette chaleur terrestre, au fil d’une géographie qui  s’étire sur la « ceinture de feu », passe par le grand rift africain, Kenya, Rwanda, Ouganda et remonte vers l’axe oriental de la Méditerranée, Italie, Hongrie, Roumanie, Turquie, Israël.  Chili,  Pérou, Equateur, Colombie, Amérique centrale, Mexique, Ouest des Etats-Unis, Hawaï,  Canada, Russie, Chine, Corée du Sud,  Japon, Philippines, Indonésie, Australie, Nouvelle Zélande signalent une cartographie Pacifique étendue, et plutôt bien dotée en ressources.  A ajouter sur la carte, l’Islande,  où les sources d’eaux chaudes, associées à la culture insulaire, chauffent plus de 90% des résidences. Mais la carte postale pourrait venir du Japon, qui compte plus de 5 500 Onsens publics, lieu de rencontre et de détente.

De la lumière pour 800 millions de personnes.

Avec 3100 Mégawatts en 2010, les Etats-Unis, emmenés par la Californie, sont les principaux producteurs d’électricité géothermique. Soit un peu plus du tiers d’une capacité mondiale estimée autour des 11000 mégawatts. La présidence Obama a réveillé une ressource énergétique, un peu oubliée pendant une vingtaine d’années. Aujourd’hui, la géothermie est en plein boom. Plus d’une centaine de  projets devraient doper la production américaine de  1 400 Mégawatts. A l’Ouest du pays, en Californie, au Nevada, en  Utah, terres traditionnelles de la géothermie, mais aussi à l’Est, en Louisiane, au Mississipi, ou au Texas, Etat souvent associé à l’Industrie pétrolière. Dans le Pacifique Sud, les Philippines ont développé une capacité de 1 900 Mégawatts, soit 17% de leurs besoins en électricité. L’archipel compte bien fouiller un peu plus les possibilités de son-sol pour dépasser les 2 500 Mégawatts en 2015. Beaucoup plus ambitieuse, l’Indonésie, qui veut multiplier par 10 sa capacité de production en 2025, pour atteindre les 12 000 Mégawatts. Et couvrir 70% de sa consommation en électricité. Le gouvernement veut se détourner des sources d’énergie fossiles, charbon et pétrole, en pariant sur l’énorme potentiel de son sous-sol. Le scénario 2025 n’exploiterait que les 2/5° de la ressource géothermique. Le Japon de l’après-Fukushima, qui dispose lui aussi d’un sous–sol très généreux – avec une capacité estimée à 69 000 Mégawatts par Lester Brown (1) – pourrait recourir à la terre pour produire de la lumière. Si le Mexique, et les autres pays situés plus au Sud du continent américain, convertissaient cette énergie, ils pourraient probablement couvrir leurs besoins en électricité. Un rapport de la Geothermal Energy Association / (GEA), publié en 1999,  identifie une quarantaine de pays en capacité de produire leur électricité avec la géothermie. Une reconversion énergétique qui permettrait d’éclairer 800 millions de personnes.

Kenya.

Le gros problème de la géothermie, c’est son coût. L’exploration, le forage, et la construction d’unités de production demandent d’énormes  investissements. A envisager sur le long terme. Au fil des années d’exploitation, ces centrales, qui fonctionnent à bas coût, sans énergie fossiles, sont appelées à devenir aussi compétitives que leurs cousines, nourries au fuel ou au nucléaire. Autre avantage, une électricité continue, sans apport fossile. La technologie EGS , pour Enhanced Geothermal Source,  mise au point aux Etats-Unis dans les années 70, qui consiste à creuser à grande profondeur dans des réservoirs naturels pour en stimuler le potentiel, et démultiplier la ressource, pourrait bien ouvrir des horizons à l’exploitation géothermique. En 2008, un rapport de l’US Geological Survey estime que l’EGS pourrait exploser le potentiel américain, et produire jusqu’à 13 fois le volume de ses ressources actuelles. Cette technologie, testée en Australie, en France, aux Etats-Unis, et au Royaume Uni, suscite de gros espoirs pour les années à venir. L’EGS pourrait faire de la géothermie un investissement rapidement rentable, et accélérer la production d’électricité d’origine terrestre. Mais, nous sommes encore loin du compte car la géothermie pourrait, toutes technologies confondues, produire l’équivalent de 4,6 millions de Megawatts, de quoi faire tourner deux fois l’industrie mondiale. Plus modeste, le Kenya, qui découvre la géothermie dans les années 60, couvre actuellement 20% de ses besoins en électricité. Le pays, qui a bien compris l’intérêt de la ressource, compte satisfaire sa demande en 2030, et exporter le surplus.

 

M.J

 

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(1)« Le plan b » – Pour un pacte écologique mondial », Lester R. Brown, Septembre 2008,  Editions Pluriel, Hachette Littérature,  p 72, p 296.

(2) Plan B Updates, “Geothermal Power Heating Up Worldwide”,  J. Matthew Roney, 16-06-2011  http://www.earth-policy.org/plan_b_updates/2011/update98


Publié le 18 novembre 2011 par marlene dans Climat,energies alternatives
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Le Japon cherche une nouvelle façon de s’éclairer.

Bonjour,

Le Japon vient d’annoncer la fin de l’effort collectif destiné à consommer moins d’électricité, conséquence indirecte de la crise de Fukushima, et de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires dans le pays.  Depuis le 1er juillet dernier, les Japonais du grand Tokyo, desservis par le réseau TEPCO (Tokyo Electric Power Co ),  et ceux de la région Nord -Est secouée par la catastrophe de mars dernier,  approvisionnés par Tohoku Electric Power Co, étaient invités à soulager le réseau. Décision du gouvernement. Citoyens et entreprises ont bousculé leurs habitudes de consommation pour éviter une pénurie pendant les heures de forte demande. Grand nombre d’entreprises ont démarré la journée avec une heure d’avance. L’industrie automobile a pris ses week-ends les jeudi et vendredi, préférant travailler en fin de semaine pour équilibrer les besoins. Une partie du transport ferroviaire a également réduit ses services. Un été plus frais que d’habitude, moins de climatisation, a contribué à freiner la consommation. Pendant que Tokyo mettait ses enseignes lumineuses en veilleuse. Cet été de contraintes aurait  permis d’économiser 15% d’électricité, par rapport à l’année précédente, pour la même période. C’est la première fois depuis presque quarante ans qu’un tel effort est demandé à des Japonais, gourmands en électricité. (1) Depuis le milieu des années 2000, la consommation par habitant y dépasse les 8000 Kilowatts, un besoin similaire à celui du voisin Sud-Coréen, mais bien inférieur à celui d’un Américain.

 

L’après-Fukushima pose la question énergétique à un pays qui en consomme beaucoup, qui n’a guère de ressources naturelles, et qui se demande comment réduire sa dépendance au nucléaire. Le projet de faire grimper la part du nucléaire à 50% dans la production d’électricité, au lieu des 30% actuels (2), proposition de l’ex-Premier Ministre, est rangée dans les cartons. Son successeur, Yoshihiko Noda, souhaite, lui, se détourner de l’atome qui fonctionne déjà au ralenti dans l’archipel. La mise hors service des réacteurs de Fukushima, l’arrêt de ceux exposés au risque séismique, et la fermeture pour maintenance de certains autres,  paralyseraient au moins la moitié du potentiel nucléaire japonais. Sinon plus.  Le charbon (28%) et le gaz naturel (27%), combustibles importés et peu compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sont deux autres sources majeures de courant. (2) L’électricité d’origine hydraulique, qui a connu une chute spectaculaire depuis un demi-siècle, compte seulement pour 8% de la production nationale. (2) Les énergies renouvelables sont pourtant présentées comme partie de la solution.  Selon un article de Reuters daté du 23 août dernier,  le gouvernement envisagerait de porter la production d’électricité d’origine solaire autour des 100.000 Mégawatts vers 2015, au lieu des 40.000 actuels. Ce qui reviendrait à multiplier par 6 le nombre de panneaux solaires vendus en 2010 sur le territoire japonais. (4) L’éolien, la biomasse, et la géothermie, sont également convoqués pour doper la part d’électricité d’origine renouvelable. Qui, sans l’hydro-électricité, peine à dépasser Les 2%. (2) (5)

 

Avec plus d’une centaine de volcans en activité, 10% de la ressource mondiale, le Japon est pourtant bien placé pour développer la géothermie. Aujourd’hui, dix huit  centrales témoignent d’une source d’énergie exploitée lors de la crise pétrolière des années 70, puis éclipsée par le nucléaire. La production est anecdotique, 0,3% de l’électricité nippone, pour un potentiel prétendu énorme, et délaissé pendant deux décennies. (6)(7) Interrogé sur la catastrophe de Fukushima par le magazine Terra Eco,  Lester Brown, à la tête du Earth Policy Institute, regrette: « Le Japon aurait pu choisir la géothermie plutôt que le nucléaire. »

 

M.J

 

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(1) « Japan ends limits on electricity usage », Mainichy daily news, 13-09-2011 http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110909p2g00m0dm005000c.html

(2) Perspective Monde, Université de Sherbrooke, production d’électricité au Japon, approche détaillée. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=JPN&codeTheme=6&codeStat=EG.ELC.PROD.KH

(3) Les réacteurs nucléaires au Japon, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires_au_Japon

(4) « Japan renewable energy push clears key hurdle”,  Risa Maeda, Reuters, 23-08-2011, http://www.reuters.com/article/2011/08/23/us-japan-politics-energy-idUSTRE77M12R20110823

(5) Rapport trimestriel sur le secteur des énergies renouvelables
Ambassade du Canada au Japon, 17-06-2011  http://www.deleguescommerciaux.gc.ca/fra/document.jsp?did=121078

(6)”Deregulation eyed for geothermal power”, Keisuke Katori, Asahi Shimbun, 17-02-2010,  http://www.asahi.com/english/TKY201002160499.html

(7) Plan B 4.0: Mobilizing to Save Civilization, Lester R. BrownChapter 5. Stabilizing Climate: Shifting to Renewable Energy: Energy from the Earth » Earth Policy Institute http://www.earth-policy.org/books/pb4/PB4ch5_ss4


Publié le 19 septembre 2011 par marlene dans energies alternatives,Japon,Non classé,Nucléaire
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Nicaragua: électricité, climat, et développement.

Bonjour,

Energie, gaz à effet de serre, et pauvreté, une relation fouillée par deux chercheurs américains. Ils ont mené enquête au Nicaragua , l’un des pays les plus démunis d’Amérique Centrale, pour montrer que l’accès contrôlé à l’énergie ne fait pas grimper la consommation. Ni la production de CO². Ce travail bouscule aussi l’imaginaire occidental qui appréhende que les pays du Sud se développent sur le modèle chinois, à la fois énergivore et acteur du réchauffement climatique.

Gaspillage.

L’histoire se passe à Orinoco et Marshall Point, deux villages ruraux de la Mosquito Coast qui comptent 172 foyers, 6 Eglises, deux hôpitaux, deux écoles, un atelier de charpentier, tous reliés au groupe électrogène alimenté au fuel, pour recevoir l’électricité. Une solution énergétique assez répandue dans le monde en développement, polluante, coûteuse, et d’une fiabilité relative. Nos deux chercheurs de l’Université de Berkeley, Christian E. Casillas et Daniel M. Kammen, respectivement étudiant et professeur, commencent à suivre cette communauté qui modernise son accès à l’éléctricité en 2009.  Sur le terrain, le Ministère de l’Energie et des Mines, et l’ONG « BlueEnergy »,  accompagnent cette mutation qui s’effectue en deux temps. Dans un premier temps, il s’agit d’installer un compteur électrique dans chaque foyer pour mesurer la consommation réelle. Jusqu’alors, la facture d’électricité résulte du nombre d’appareils electro- ménagers déclarés dans chaque maison. Rapidement, la consommation d’électricité baisse de 28%. Les chercheurs notent que cette économie d’énergie intervient surtout pendant la journée. Ce qui suggère que les habitants ont l’habitude de laisser la télé allumée, et qu’ils oublient  d’éteindre une lampe qui ne sert à rien. Second temps de cette modernisation électrique, des lampes basse consommation sont distribuées, deux par ménage, pour remplacer les ampoules classiques. Des représentants de l’agence énergétique gouvernementale et de l’ONG « BlueEnegy » font le tour des maisons pour expliquer que ce type de lampe consomme 25% de l’électricité d’une ampoule à incandescence, à intensité lumineuse équivalente, et qu’elle dure plus longtemps. Au passage, petit cours de recyclage, rapporter les ampoules usagées, qui contiennent du mercure. Ce changement d’éclairage permet de réduire de 17%, en moyenne, la consommation d’énergie par foyer. Quelques semaines plus tard, les habitants d’Orinoco et de Marshall Point voient leur note d’électricité baisser de 37%. C’est beaucoup. Dans l’espace en développement, l’énergie absorbe environ 30% du revenu des ménages. (1) (2)

Pauvreté et Co².

Toujours en observation, nos deux chercheurs calculent une économie de fuel conséquente, assortie d’un gain carbone. Moins sollicité, le groupe électrogène a moins fonctionné. Grâce au MAC ( Marginal Abatement Cost) , un outil qui pointe les options pour optimiser les dépenses énergétiques, Christian E. Casillas et Daniel M. Kammen développent une stratégie adaptée au contexte, en tirant parti du moindre dollar. Le Nicaragua, peuplé et pauvre, tire son électricité du pétrole quand le pays dispose d’un potentiel pour développer les solutions renouvelables. Les chercheurs proposent de réduire la capacité du groupe électrogène, encore moins de gasoil, moins de CO². Et de remplacer une partie du fuel nécessaire par du biogaz, production locale, issue des matières fécales animales ou des résidus de l’agriculture. Une éolienne de 10 Kilowatt  permettrait d’alléger la production d’électricité, et le bilan CO². Une petite station photovoltaïque de 10 Kilowatt pourrait encore  soulager le dispositif énergétique d’Orinoco et de Marshall Point. Cette dernière solution, plus coûteuse, deviendrait rentable dans la perspective d’un pétrole plus cher dans les années à venir. Cette stratégie énergétique, qui conjugue efficacité et renouvelable, réussit le pari d’un accès fiable à une électricité moins chère, assorti d’une réduction de CO². (1)(2) « Cela montre que vous pouvez atteindre les objectifs du développement pour vaincre la pauvreté, et atteindre les objectifs climatiques pour tout le monde. », commente Daniel Kammen. (2)

« Energy-Poverty »

Un rapport intitulé « Energy Poverty – How to make modern energy access universal ? ”(3), articule énergie et pauvreté, objectif principal du Millénaire qui vise à réduire de moitié le nombre de pauvres. Dans le monde, 1,4 milliards de personnes n’a pas accès à d’électricité. Trois milliards cuisinent avec des sources d’énergie, bois, charbon de bois, qui épuisent les ressources, et libèrent des particules toxiques. Or,  selon le rapport, si tout le monde avait accès à une source d’énergie fiable et propre, horizon 2030, la production d’électricité mondiale n’augmenterait que de 2,9%, la demande en pétrole de 1%, et les émissions de carbone de 0,8%.

M.J.

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(1) « Investments in rural energy efficiency, renewable energy reduce poverty, greenhouse gas emissions”, Robert Sanders, Media Relations, UC Berkeley News, 25-11-2010 http://berkeley.edu/news/media/releases/2010/11/25_nicaragua.shtml

(2) “Fighting Poverty Can Save Energy, Nicaragua Project Shows”, Marianne Lavelle, National Geographic News; 25-11-2010, http://news.nationalgeographic.com/news/energy/2010/11/101125-poverty-energy-efficiency-nicaragua/

(3) « Energy Poverty – How to make modern energy access universal ?”,  publication conjointe,  International Energy Agency (IEA), United Nations Development Programme (UNDP), United Nations Industrial Development Organization (UNIDO) http://www.undp.org/energy/


Publié le 2 décembre 2010 par marlene dans Développement durable,énergie,Objectifs du Millénaire.
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