Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Bambou, l’arbre magique de la forêt africaine…

Bonjour,

C’est une plante qui pousse rapidement, et même très vite, qui peut-être récoltée chaque année sans gêner la génération suivante, qui réduit l’érosion des sols, qui nécessite peu d’eau, qui génère une petite économie et des emplois, et qui peut lutter contre la déforestation. C’est une graminée de haute taille qui se prend pour un arbre. Longtemps associé à l’Asie, le continent le mieux doté avec 65% des ressources mondiales, et à la Chine où il nourrit les pandas, le bambou essaime sous les latitudes tropicales, subtropicales, et tempérées. On le trouve en Amérique du Sud, en Equateur, au Mexique, au Brésil, au Chili, et en Colombie. (1)Traditionnellement connu comme l’arbre du pauvre, il est désormais promu matériau high-tech, et rivalise avec des bois traditionnels. Il habille l’habitat individuel et l’architecture innovante,  il se déroule en parquet et en terrasse, il se convertit en meuble, et ses fibres se transforment en textile.  Si la commercialisation de ce bois, issus de plantations et de forêts naturelles, a longtemps été marginale, les acteurs du développement lui assurent aujourd’hui un certain succès. En Afrique, où le bambou couvre 2,7 millions d’hectares et essaime sur 6 pays – Ethiopie, Kenya, Nigeria, Ouganda, République de Tanzanie, et Zimbabwe -, il est désormais perçu comme un instrument de lutte contre la pauvreté. C’est en Ethiopie, pays rongé par la déforestation, que l’INBAR – International Network for Bamboo and Rattan -, teste les possibilités de la graminée.

 

Freiner la déforestation.

La déforestation, cause majeure des famines en Ethiopie, accompagne l’histoire du pays. Il y a un siècle, les forêts couvrent encore près du tiers de la superficie du pays. Dans les années 2000, elles se réduisent à moins de 4% du territoire.  Vers le milieu des années 2000, la FAO estime que 20.000 hectares de forêts disparaissent chaque année, quelques lambeaux situés dans des endroits isolés sont épargnés. La culture du café, la croissance démographique et la quête de terres agricoles ont contribué à ce processus de déforestation. Mais en Ethiopie, comme sur le reste du continent, où le bois constitue l’une des principales sources d’énergie des ménages – la seule dans les campagnes éthiopiennes -, les arbres continuent de tomber. (FAO 1999) Et bien que la consommation d’énergie d’un Ethiopien soit l’une des plus faibles au monde, la démographie nourrit la demande. A la fin des années 90, il devient urgent pour le pays de reboiser. En 2007, 700 millions d’arbres sont plantés, un record, sans pour autant stopper la déforestation. (UNEP 2007). Il y a eu d’autres tentatives de reboisement. A la fin du XIX° siècle, le pays introduit l’eucalyptus, un arbre dont la croissance rapide doit compenser la forêt perdue. Au début du XX° siècle, le pays souhaite se débarrasser de cette espèce venue d’Australie, qui demande beaucoup d’eau et épuise les sols. Sans succès. Un siècle plus tard, le bambou étale ses qualités environnementales. Il pousse sur des sols inhospitaliers ; son système de racines limite l’érosion des sols ; il restaure des terrains  appauvris ou pollués ; son feuillage favorise l’infiltration des eaux. Son rythme de croissance, de 50cm à un mètre par jour pour certaines espèces, et sa facilité à se reconstituer en font une ressource presque « renouvelable ». Il ne lui faut que 3 à 7 ans pour atteindre sa maturité, contre quelques décennies pour la plupart des essences. Il absorbe de grandes quantités de CO², et libère 30% d’oxygène de plus que les arbres. Avec une surface discontinue estimée autour des 850.000 hectares  – contre 1,5 millions dans les années 60 -, l’Ethiopie dispose de la plus importante forêt de bambous du continent africain. (1) L’INBAR, qui développe l’activité mondiale du bambou et incite à une gestion durable des ressources, lance un projet de quatre ans, (2009-2013), financé par la Commission européenne.  Il s’agit d’un échange «Sud-Sud », technologie chinoise au bénéfice des campagnes d’Ethiopie et du Ghana. Ce programme vise à faire reculer l’usage du bois traditionnel, source d’énergie des ménages, au profit du bambou. Les villageois, initiés à fabriquer du charbon de bois dans des fours qu’ils fabriquent, pourront le revendre aux consommateurs citadins. Aux femmes le commerce du bambou, utilisé comme bois à brûler. Ce programme, qui fournit des plants de bambous, initie les villageois à cette activité forestière. (2) (3) (4)

 

« Zengana Boat »

En Ethiopie, le bambou nourrit d’autres initiatives. African Bamboo , une entreprise spécialisée dans  la gestion forestière et la bio-énergie créée en 2012, pont entre les Pays-Bas et l’Ethiopie, compte développer la fabrication de meubles, de panneaux compressés, et de terrasses extérieures destinés à l’exportation. Et produire des briquettes de charbon pour le marché intérieur. L’entreprise compte déjà plus de 150 emplois permanents. Le continent regarde. Le 15 mars dernier, les dirigeants d’une douzaine de pays africains  se sont réunis à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie, pour envisager le potentiel du bambou. A cette occasion, Ato Sileshi Getahun, Ministre d’Etat en charge de l’agriculture et à la tête du Conseil de l’INBAR, a déclaré : »Le bambou est considéré comme la plus importante stratégie à forte croissance pour reboiser les régions montagneuses dégradées du pays ». (4) Plus modestement, à Chewsa Kebele, dans la région d’Amhara au Nord de l’Ethiopie , quelques jeunes gens promènent les touristes sur le lac Zengana, à bord d’embarcations circulaires  d’inspiration asiatique, projet emmené par l’INBAR. Achamyeleh, un jeune garçon de 25 ans, est l’un de ces petits entrepreneurs : »Je pensais bien commencer un petit business, mais les bateaux en bois et en métal sont trop chers.(…) Quand j’ai entendu que l’on pouvait fabriquer un bateau en bambou en deux jours seulement pour transporter plus de deux personnes, il fallait que je voie par moi-même. En une saison, le bateau est remboursé, et je projette d’en construire d’autres.» (5) Le « Zengana Boat » navigue désormais sur d’autres lacs de la région du Grand Rift Oriental africain, de Madagascar, et du Mozambique.

 

M.J

 

 

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(1) 2. Extent and characteristics of bamboo resources, Global Forest Resources Assessment 2005, FAO 2005 ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/010/a1243e/a1243e03.pdf

(2) “Ethiopia Leads the Bamboo Revolution”, Ed McKenna, IPS, Addis-Ababa, 08-03-2013 http://www.ipsnews.net/2013/04/expanding-ethiopias-bamboo-sector/

(3)“In Africa’s Vanishing Forests, the Benefits of Bamboo”, Tina Rosemberg, Opinionator, blog NewYork Times, 13-03-2012 http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/03/13/in-africas-vanishing-forests-the-benefits-of-bamboo/

(4) African Bamboo Workshop , INBAR, 27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/african-bamboo-workshop/

(5) Bamboo Boats Float on Rural African Markets, INBAR,  27-03-2013 http://www.inbar.int/2013/03/bamboo-boats-float-on-new-rural-markets-in-africa/

 

 


Publié le 12 avril 2013 par marlene dans Afrique,déforestation,Développement durable,énergie
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So green, Vancouver!

Bonjour,

Vancouver, cité portuaire de l’extrême Sud-Ouest canadien , cultive son image de ville-paysage dans  un environnement urbain réputé pour être l’un des plus accueillants au monde. Assise sur le Delta du fleuve Fraser, elle se réfugie à l’Ouest derrière le Détroit de Georgie et l’île de Vancouver qui la séparent de l’Océan Pacifique. Au Nord, trois montagnes se couvrent de neige en hiver. Mais dans la ville, quelques palmiers témoignent de l’un des climats les plus doux du Canada. Vancouver est une métropole hérissée de buildings,  on y circule beaucoup à vélo, et la nature n’est qu’à quelques minutes de marche. Désignée par le WWF en 2011 comme une ville très engagée contre le réchauffement climatique, elle ambitionne aujourd’hui de devenir la « Greenest City 2020 »,  la cité la plus écolo de la planète. Sur le site dédié à cet engagement, Vancouver détaille un plan d’action inspiré du « One Planet Living », une stratégie destinée à ratatiner l’empreinte écologique. Vancouver, métropole de 600.000 habitants (2011)  qui continue d’attirer de nouveaux arrivants de toutes origines, veut réduire de 33%  son empreinte écologique à l’horizon 2020, par rapport à 2006. « Mais, pendant que nous vivons dans un endroit qui est largement connu comme étant la ville la plus agréable au monde, notre empreinte écologique est trois fois plus importante que ce que la terre peut supporter. », peut-on lire sur la page de présentation du projet.(1)

 

Sobriété, recyclage, et oxygène.

« Greenest City 2020 » s’attaque en priorité au carbone et aux déchets, il valorise  les écosystèmes.  Dix programmes doivent servir cette stratégie globale. La  transition vers une économie verte pendant la décennie 2010-2020 donne le ton: doubler le nombre d’emplois induits et doubler le nombre d’entreprises  en conversion. Vancouver,  déjà tournée vers les énergies renouvelables, souhaite encore réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’un tiers par rapport à 2007. Pointée du doigt, l’énergie consommée par les immeubles, 55%  des émissions de Vancouver. Marche, vélo, métro devront compter pour la moitié des déplacements en 2020. Objectif « Zero waste », ou presque. Vancouver invite ses citoyens à réduire de moitié les déchets voués à la décharge et à l’incinérateur. Le compost –  fertilisant pour une agriculture locale -, la collecte de résidus alimentaires, le recyclage, et la récupération de matériaux de construction serviront cette stratégie. Et carton rouge pour les emballages. Vancouver,  aérée par un  parc de 400 hectares, le Stanley Park , compte intégrer d’autres jardins dans l’espace urbain. Le plan annonce encore 15 000 arbres supplémentaires. Ces efforts doivent contribuer à alléger l’empreinte écologique de la ville, objectif déjà évoqué. La qualité de l’eau potable devra être l’une des meilleures au monde.  En contrepartie, la ville attend de ses citoyens  qu’ils réduisent leur consommation d’eau de 30%. De 320 litres par habitant et par jour en 2006, ils devront se limiter à 214 litres en 2020. L’air de Vancouver sera l’un des meilleurs du club des grandes métropoles, avec plus de véhicules électriques et moins de feux de bois illégaux. Enfin, en dix ans, la ville souhaite doubler la quantité de nourriture produite localement en développant les marchés fermiers, les jardins et les vergers urbains. La nourriture compte pour 49 % de l’empreinte écologique de la ville, on en reparle.(1)

 

« Pas facile d’être vert. »

Dans un blog initulé «What Does a One-Planet City Look Like?” (2), ou à quoi ressemble une ville estampillée « One-Planet ,  publié sur l’un des sites du Worldwatch Institute , Jennie Moore (3),  spécialiste des questions d’environnement à L’Institut de Technologie de Colombie britannique, annonce  d’emblée : « Ce n’est pas facile d’être vert ». Munie de sa calculette à empreinte écologique, elle examine le cas de Vancouver.  Elle additionne les initiatives listées dans le « Greenest City Action Plan » et estime que Vancouver ne pourra réduire son empreinte  écologique  que de 11,5% . Peut-être 23% en y ajoutant quelques mesures supplémentaires. Un peu court pour tendre vers les 33% annoncés, et l’objectif « One Planet Living ». Elle détaille ses calculs. (4)  A Vancouver,  la nourriture contribue donc à la moitié de l’empreinte écologique. La moitié de cette moitié est due à la consommation de viande, de poisson, et de lait. Avec un zéro pointé pour la viande rouge. Les transports, 20% de l’empreinte écologique, dont la moitié  est due aux automobilistes qui voyagent seuls.   Et si l’on ajoute le carburant consommé par les moteurs et les voyages en avion, on arrive à 90% de l’empreinte écologique causée par les transports. Les constructions, 16% de l’empreinte écologique, dont 80% résulte de l’énergie consommée pour le fonctionnement des résidences, des commerces, et des administrations. Les consommables, ce que nous achetons, représentent  12% de l’empreinte écologique de Vancouver. Dont la moitié est due au  papier , suivi par les plastiques, les déchets organiques, les métaux, le verre.  Jennie Moore  rappelle au passage qu’une redistribution égale des services rendus par les écosystèmes de la planète à chacun de ses habitants lui donne l’équivalent d’1,8 hectare.  Au-delà, l’empreinte écologique devient trop conséquente. Or, un habitant des Etats-Unis utilise l’équivalent de 9 hectares,  7 pour un Canadien. Pour coller aux recommandations du « One Planet Living », Jennie Moore estime que ces riches américains  doivent réduire leur consommation d’énergie, de biens, et leur production de déchets de 80%.

 

« Combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? »

Alors ?  Moins de viande rouge, moins de trajets en voiture, de voyages en avion, moins de chauffage à la maison, moins d’électricité, moins d’emplettes ? Oui, mais ce ne sont pas quelques steaks de moins, et une pratique éclairée du co- voiturage qui vont considérablement nous rapprocher du « One Planet Lliving », nuance Jennie Moore, plus catégorique.  « Si « One Planet Living » est le but, une transformation radicale de nos modes de vie doit être envisagée. Et comme nous savons que les individus prisonniers d’un système ne seront pas capables d’opérer des changements spectaculaires si on ne les y incite pas – combien de végétariens vivant sans voiture connaissez-vous ? – cela veut dire que le gouvernement va être amené à jouer un rôle-clé en encourageant les choix individuels de consommation plus durables. » (2) Même loin du compte, difficile de reprocher à Vancouver une stratégie de réduction de son empreinte écologique qui doit bien commencer quelque part.

M.J

 

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(1) Greenest City 2020 Action Plan, City of Vancouver http://vancouver.ca/green-vancouver/greenest-city-2020-action-plan.aspx

(2) «What Does a One-Planet City Look Like?”, Posted by Jennie Moore on March 23 2012, Moving  Toward Sustainable Prosperity. http://blogs.worldwatch.org/sustainableprosperity/oneplanetcity/

(3)Jennie Moore est directrice du Développement Durable et de Gestion Environnementale à l’Institut de Technologie de Colombie Britannique. Elle termine un Doctorat, et travaille sur la façon de faire de Vancouver une « One-Planet’City ».

(4) Vancouver’s Ecological Footprint Based on Consumption Activity (Calculated by Jennie Moore)


Publié le 20 février 2013 par marlene dans Climat,Développement durable,Economie d'énergie,Ecosystèmes.,Urbanisation
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CO²: Les Nations Unies en font des tonnes…

Bonjour,

A quelques jours du RIO+20 la méga-conférence internationale sur le Développement Durable, finalisée au Brésil du 20 au 22 juin prochain, les Nations Unies entendent bien montrer l’exemple. Et commencer par faire ce qu’ils recommandent aux autres : économiser les ressources et réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Pour limiter les trajets en avion, et les émissions de CO² assorties, l’organisation internationale envisage de limiter sa participation à 1400 personnes, sur une fréquentation attendue  autour des 50.000 personnes, des représentants de la société civile à ceux de grands groupes industriels. Ce choix d’une représentation réduite, qui devrait cependant produire autour de 3600 tonnes de CO², en grande partie conséquence du transport aérien, signale la volonté de réduire le train de vie de l’ONU. (1) En 2010, un rapport « maison » estime que l’organisation, qui compte environ 200.000 employés,  une cinquantaine d’agences dans le monde éclatées en quelques centaines de représentations sur le terrain, rejette l’équivalent de 1,8 millions de tonnes de CO². Dont plus de la moitié liées aux déplacements en avion. (2) Avec une moyenne de 4,2 tonnes par employé, (1) l’équivalent du rejet  CO² par habitant de la Guyane française en 2007. (3) Et pour faire oublier les 3600 tonnes de CO² lâchées pour le Rio+20, les Nations Unies envisagent de les racheter via le CEOI (Carbone Emission Offsetting Initiative), un nouveau système de compensation carbone proposé par le PNUD,  le Programme de Développement des Nations Unies, dans le cadre de la coopération Sud-Sud . Pour les Nations Unies, il s’agit d’organiser un voyage à Rio « carbone neutre », une initiative appelée « climate neutral U.N. participation at Rio+20 ».

 Ce souci de moins peser sur l’atmosphère intervient dans un contexte tendu. Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), qui publie le « World Energy Outlook  2011 », la demande  mondiale d’énergie primaire a grimpé de 5% en 2010, entraînant avec elle la courbe des émissions de CO. Ce malgré la crise économique mondiale. (4) En 2011, elles ont augmenté de 3,2% pour dépasser les 31 milliards de tonnes. La Chine, qui continue d’alimenter sa machine industrielle au charbon, est le premier responsable de cette hausse. Ses émissions ont augmenté de plus de 9%. Réactives aux énergies fossiles, les émissions de CO² obéissent aussi au contexte. Le Japon de l’après-Fukushima, qui consomme moins de nucléaire et plus de combustibles fossiles, voit ses émissions de CO² augmenter de 2,4% au cours de l’année 2011. Aux  Etats-Unis, second pollueur après la Chine, le gaz naturel qui remplace le charbon dans les centrales électriques, le ralentissement de l’économie, et un hiver clément, ont fait tomber les émissions de 1,7% en 2011. Même tendance en Europe, moins 1,9%, résultat d’une économie en récession et d’un hiver clément. Mais dans la Chine des années 2005-2011, les émissions de carbone rapportées au point de PIB – l’intensité carbone  – ont baissé de 15%. (5) Pour limiter la hausse moyenne des températures à 2°C, par rapport à celles de l’ère pré-industrielle, l’AIE invite la communauté internationale à réagir sans tarder. Renouvellement du parc énergétique au profit de technologies plus sobres en carbone, et efficacité énergétique. Mais, « La principale contribution à la réalisation des objectifs de sécurité énergétique et de protection du climat vient de l’énergie que nous ne consommons pas. » (4) Un Rio+20 sous forme de vidéoconférence ?

M.J

 

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(1) “U.N. Aims To Offset its Own Carbon Footprint”,  Thalif Deen, United Nation, IPS, 01-06-2012 http://ipsnews.net/news.asp?idnews=108005

(2) “UN Publishes Greenhouse Gas Emission Figures and Highlights Progress towards Climate Neutrality”, UNEP, News Centre, New-York, 22-04-2012, http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=2678&ArticleID=9110&l=en

(3) Liste des pays par émissions de dioxyde de carbone par habitant http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_%C3%A9missions_de_dioxyde_de_carbone_par_habitant

(4) « World Energy Outlook 2011 », International Energy Agency, résumé en Français http://www.iea.org/weo/docs/weo2011/es_french.pdf

(5) 2011 Global CO2 Emissions Reach Record Level, Led By China, Michel Rose, Reuters, 24-05-2012, from the huffingtonpost   http://www.huffingtonpost.com/2012/05/24/2011-global-co2-emissions-china_n_1542785.html


Publié le 11 juin 2012 par marlene dans Actualité,Climat,énergie
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L’Europe séduit par son énergie.

Bonjour,

Alors que la nappe de pétrole continue de souiller les eaux et les côtes du Golfe du Mexique, un éditorial du New-York Times fait l’éloge d’un modèle énergétique européen, moins accroc au pétrole.(1) Ce billet, qui invite l’administration Obama à regarder de l’autre côté de l’Atlantique, est signé Stephen Hill, un analyste politique spécialiste de l’Europe, membre de la New American Foundation, un think tank centriste.

Il attaque : «Aujourd’hui l’Européen moyen émet moitié moins de carbone qu’un Américain moyen, et consomme beaucoup moins d’électricité. » (1) Pour parcourir un mile, une voiture américaine consomme 40% de carburant en plus qu’un véhicule européen. Au total, nous dit notre analyste, à niveau de vie équivalent, l’Europe a réduit de moitié son empreinte écologique par rapport à celle des Etats-Unis. Et tout cela, grâce à une gouvernance plus éclairée. Ou plus visionnaire. Car pendant que les Etats-Unis poursuivaient leur course au pétrole jusqu’au fond des mers, ce que nous rappelle BP et la marée noire, les paysages européens se couvraient d’éoliennes et de panneaux solaires. L’Union européenne, présentée comme leader mondial de production éolienne, augmenterait encore son potentiel solaire de 70% par an. De quoi décoiffer les Américains qui n’atteignent pas la moitié de la capacité européenne pour l’énergie produite par le vent. D’ailleurs, vent, soleil, marées,  géothermie, biomasse, tout est bon à exploiter en Europe. Mais si cela marche aussi bien pour le solaire et l’éolien européens, c’est que le Kilowatt est payé trois fois plus cher à son producteur que le Kilowatt classique. Par comparaison, les USA totalisent un petit 6% d’électricité d’origine renouvelable. Et selon une autre source, les investissements américains dans les énergies propres auraient chuté de 40% en 2010 par rapport à 2009, conséquence de la crise économique et manque de volonté politique. (2) Encore malins ces Européens qui travaillent depuis les années 1990 à construire des habitations de plus en plus sobres, quand l’habitat compte pour 50 à 70% des dépenses énergétiques d’une ville, avec des toilettes plus économes en eau. Ou qui recyclent l’énorme quantité de chaleur perdue par les centrales électriques, la transportent, et l’utilisent pour chauffer maisons et bâtiments. La «Cogénération », c’est le nom de cette production, représente 40 à 50% de l’énergie utilisée au Danemark, aux Pays-Bas, en Finlande, 20% en Allemagne et en Pologne. Contre seulement 8% aux Etats-Unis. Côté transports, l’Europe a su développer les déplacements en commun, les trains à grande vitesse, et choisit des voitures moins gourmandes. Bravo pour les centaines de kilomètres de pistes cyclables et de voies piétonnes. Encore chapeau pour les « green jobs », ces emplois liés à l’émergence d’un nouvel ordre environnemental. Sans parler  du « 20-20-20 », 20% de réduction d’émissions de CO² promis par l’Europe par rapport à 1990, 20% de renouvelable dans le bouquet énergétique,  le tout d’ici à 2020. Les USA qui promettent 17% d’ici à 2020, choisissent 2005 comme année de comparaison. Soit une petite réduction de 4% par rapport à 1990. Mais revenons à Stephen Hill qui finit par évoquer une Europe énergétique où tout n’est pas si rose. Avec une dépendance à des régions instables, 45% du pétrole importé vient du Moyen Orient, et 40% du gaz arrive de Russie.(3) Et en prime, une crise financière. Ce qui n’empêche pas notre éditorialiste de conclure: « Mais les Européens ont découvert ce que savait la précédente génération de décideurs américains : cet investissement dans les infrastructures rapporte d’avantageux dividendes pour affronter l’avenir. » (1)

Stephen Hill vient d’écrire un livre qui défend le modèle européen : « La promesse de l’Europe : pourquoi la voie européenne est le meilleur espoir en ces temps incertains. » Il y défend la thèse que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a opéré une révolution tranquille. Une transformation qui a posé les bases d’une société moderne qui offre à ses citoyens une sécurité  économique, une protection environnementale, et une stabilité globale. Il a voyagé pendant dix ans pour pénétrer la « European way of life » et comprendre le fonctionnement d’un système géopolitique qui fait quelques envieux.

M.J


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(1) « Europe energized », Stephen Hill, New-York Times, 08-06-2010 http://www.nytimes.com/2010/06/09/opinion/09iht-edhill.html?hp&ex=&ei=&partner=

(2) “ Renewable Energy Investment May Reach $200 Billion in 2010”,  Jeremy van Loon, Bloomberg, 17-03-2010http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601130&sid=aqM_.nmSwKvg

(3) Géopolitique des approvisionnements énergétiques de l’UE [FR], Euractiv.com Publié: 10 -01-2007 / Updated: 20 July 2005 http://www.euractiv.com/fr/energie/gopolitique-approvisionnements-nergtiques-ue/article-142797


Publié le 14 juin 2010 par marlene dans Actualité,énergie,Europe,USA
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Obama, une transition presque verte.

Bonjour,


Publié le 28 janvier 2009 par marlene dans Actualité,biocarburants,OGM,USA
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Björk défend son île…

Bonjour,

Björk est en colère. Dans un article publié sur son blog (1), la chanteuse islandaise s’oppose à la construction de deux nouvelles fonderies d’aluminium sur son île natale. Ces projets, menés par deux géants mondiaux de l’aluminium, risquent de défigurer des espaces sauvages, déjà estropiés par des ouvrages similaires. En juin dernier, Björk était montée sur scène pour dénoncer les promoteurs d’un nouveau gâchis environnemental, multinationales et gouvernement. Aujourd’hui, l’Islande est en faillite financière. Björk craint que le gouvernement, qui a besoin d’argent, avalise ces projets au détriment des paysages, et de l’équilibre national.La colère de Björk, l’occasion d’un voyage en Islande.

Une mosaïque de paysages, des écosystèmes sensibles.

L’Islande, petit état insulaire de l’Atlantique nord, 103 000 km2 pour 316 000 citoyens, moins de 3 habitants au km², presque un désert, est assise sur la dorsale médio-atlantique. Elle voisine avec le Groenland à l’Ouest, les Îles Féroé au Nord Ouest, la Norvède à l’Est, et plus au sud, avec le Royaume Uni. C’est une terre de volcans, une centaine dont certains sont encore en activité, secouée par de nombreux séismes. C’est une île de glaces, environ 10% du territoire est recouvert de glaciers. Les paysages sont troués de geysers, un mot d’origine islandaise.L’eau chaude, qui abonde sous la terre, surgit en surface. Les côtes sud-est et nord-ouest de l’île sont déchirées par des fjörds, où sont installées villes et villages de pêcheurs. Les rivières glaciaires, qui descendent de la montagne vers la mer, ont modelé des canyons. Les terres intérieures, les « Hautes terres d’Islande », inhospitalières, sont désertes. L’île est pauvre en végétation. La forêt, exploitée par les colons, est réduite à une peau de chagrin. L’Islande, terre basaltique émergée, soumise à une forte érosion glaciaire, offre une mosaïque de paysages assez décoiffants. Ce diaporama pour introduire des écosystèmes, uniques et sensibles, menacés par une course à l’énergie.

L’énergie, une rente.

L’Islande, devenue gourmande en énergie, profite d’une nature généreuse. Très tôt, le pays a misé sur les énergies renouvelables, aujourd’hui 70% de la consommation domestique. Près de 90 % des maisons d’Islande sont chauffées grâce à la géothermie. (2) Puis, le gouvernement a développé l’hydroélectricité. Pour doper une économie associée à la mer et à ses ressources, il a parié sur cette énergie produite sur place pour attirer une industrie importée, l’aluminium, très gourmande en électricité. Dès la fin des années 60, les grands noms de l’aluminium entrent en scène, le canadien Rio Tinto Alcan, les américains Century Aluminium Company et Alcoa, En 1969, Rio Tinto Alcan impose une première usine dans le paysage islandais, près de la ville de Hafnarfjörður, unité appelée à grandir. En 1998, Nordural, filiale de la Century Aluminium Company, implante un second site à l’ouest de l’île, à Grundartangi, près de la ville d’Akranes. Au fil des années, l’usine accroît sa capacité de production. En 2008, Alcoa met en service une nouvelle fonderie d’aluminium dans la ville de Reydarfjördur, à l’Est de l’Islande. Pour alimenter dernière cette unité de production, la plus importante du pays, un réseau de barrages est construit à Kárahnjúkar, au nord du glacier de Vatnajökull, le plus grand d’Europe. Environ 60 km² de vallée glaciaire doivent être submergées, des chutes et des cascades confisquées des paysages, sans compter les impacts environnementaux à venir. Les défenseurs de l’environnement se sont violemment opposés à ce projet, qui a finalement été avalisé. Aujourd’hui, l’Islande compte trois fonderies, grosses consommatrices d’électricité. En 2005, l’aluminium absorbe pratiquement la moitié de l’électricité islandaise, d’origine hydroélectrique, 80%, et géothermique, 20%. (3) (2)

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Paysages de la région de Karahnjukar, site du projet de barrage.

L’environnement et la crise financière.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Alcoa projette un nouvelle fonderie près de Húsavík, quand Nordurál souhaite une seconde centrale près de Helguvík. (3) Ces projets, qu’il faudra bien alimenter, hydroélectricité ou géothermie, vivement dénoncés par les écologistes attendent l’aval d’un gouvernement, empêtré dans la crise financière. Car entre-temps, l’Islande avait aussi parié sur un secteur financier, très actif à l’étranger, pour générer des profits – et enrichir une élite. La crise bat son plein en Islande, la colère gronde, et la mobilisation en faveur d’un environnement, devenu source de profits pour quelques multinationales, se renforce. Saving Iceland, par exemple, tente d’organiser l’opposition à un pouvoir jugé trop bienveillant envers les géants de l’aluminium. Björk s’engage aussi, et s’inquiète: « J’ai lu la semaine dernière que, en raison de la crise, des députés islandais exerçaient des pressions pour passer outre l’étude d’impact environnemental et construire les barrages aussi vite que possible, afin de fournir à Alcoa et à Rio Tinto l’énergie dont ils ont besoin pour les deux nouvelles usines de production d’aluminium. » En 2002, la maman de Björk, très impliquée dans la défense de l’environnement, avait fait une grève de la faim pour protester contre l’implantation d’une usine d’aluminium en Islande, projet Acoa.(4)

M.J

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Björk en concert, contre le projet de Karahnjukar, juin 2008.

Pour en savoir un peu plus sur la genèse et l’opposition au barrage de Kárahnjúkar :« Islande: Les Ecologistes opposés au Barrage Gigantesque de Kárahnjúkar ont perdu » Anne Françoise Hivert, International news. http://internationalnews.over-blog.com/article-19668055.html

Pour comprendre les intérêts qui se profilent derrière le développement hydroélectrique, et pour  cerner l’impact environnemental des projets : « Développement hydroélectrique en Islande , Le dernier recoin sauvage de l’Europe menacé », Guillaume Roy, FrancVert, le webzine environnemental. http://www.francvert.org/pages/51articlesledernierrecoinsauvage.asp

(1) « Björk ne veut pas que la crise coule son île », Courrier international,10 octobre 2008, d’après un article publié par « The Times »

(2) « Islande : développement économique et protection de l’environnement, une symbiose réussie », site du Sénat, http://www.senat.fr/ga/ga73/ga737.html

(3) Economie de l’Islande, Alluminium, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_l%27Islande#Aluminium

(4) « Björk soutient la grève de la faim de sa mère », Actus people, 29-10-2002.


Publié le 10 novembre 2008 par marlene dans Ecosystèmes.,Islande.
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MacCain-Obama: climat et énergies.

Bonjour,

Climat et politique énergétique, John MacCain et Barack Obama reconnaissent l’urgence des problèmes, mais divergent sur la façon de les aborder. John MacCain, candidat d’un Parti républicain qui vient d’admettre le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique, pourrait avoir ouvert la voie à cette conversion tardive. Barack Obama, soutenu par Al Gore et choisi par le puissant Sierra Club, la plus ancienne organisation écologique des Etats-Unis, semble déjà désigné pour défendre la cause climatique. Mais les deux candidats, qui souhaitent tourner la page « Bush », auront à diriger un Etat très «addict » au pétrole et aux énergies fossiles, 87% de la consommation énergétique des Etats-Unis. (1)

Energies renouvelables contre nucléaire.

Dans un pays qui reste le premier émetteur mondial de Gaz à effet de serre, 6 millions de Tonnes/jour en 2005, soit 20% de plus qu’en 1990, Barack Obama vise une réduction des Gaz à effet de serre de 80% d’ici cinquante ans. MacCain annonce 60 à 65%. (1) (2) Pour contribuer à ces objectifs, les deux candidats misent sur le « cap and trade », plafonner et échanger, un système contraignant pour les pollueurs, assorti d’un marché de droits d’émission. Concernant le bouquet énergétique, Obama parie sur le développement des énergies renouvelables, plus 25% d’ici 2025, et 150 billions de dollars pour y arriver. Petit coup de pouce à l’efficience énergétique inclus. (3) MacCain, qui parle aussi de soleil, de vent, et d’eau, penche plutôt en faveur du nucléaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il annonce la construction de 45 centrales, d’ici 2030. Le nucléaire, 20% de l’électricité américaine, reste un sujet sensible depuis l’accident de Three Miles Island en 1978. Barack Obama, qui reproche à l’atome ses déchets, refuse qu’ils soient enfouis à Yucca Mountain, dans le désert du Nevada, un vieux projet de stockage devenu enjeu électoral.

Une société « addict » au pétrole.

Sur le front du pétrole, 40% de l’énergie totale consommée au Etats-Unis, pratiquement le quart de la consommation planétaire, les deux candidats rêvent d’une improbable indépendance.(1) 58% du pétrole est importé, en partie en provenance de zones sensibles, Moyen Orient, Venezuela, ou Nigeria. Mathew R. Auer, professeur à la School of Public and Environmental Affairs (3) détaille la stratégie des candidats pour stimuler la production locale. Obama et MacCain misent sur une production off-shore, solution partielle, sans laisser tomber l’exploitation continentale. « Use ut, or lose it », lance Obama aux compagnies qui n’utilisent pas leurs droits de forage en raison du coût des recherches, et de la difficulté à obtenir des permis fédéraux. Le candidat démocrate promet d’aider les pétroliers à réaliser les forages et à faciliter leurs démarches administratives. Le Républicain est lui plus enclin à booster la prospection continentale, sans pour autant pousser à la sur-exploitation des ressources. MacCain souhaite alléger les taxes des compagnies pétrolières, quand Obama veut augmenter les impôts sur les bénéfices exceptionnels, pour les redistribuer. Barack Obama, originaire d’un Etat qui fabrique de l’éthanol, 23% de la production nationale, soutient très fort les agro-carburants. Quand John MacCain refuse de subventionner les producteurs. Mathew R. Auer, qui analyse les propositions de chaque candidat rend son verdict. « Le plan de MacCain ressemble au programme de politique énergétique (Energy Policy Act) du Président Bush en 2005 avec une incitation à l’énergie nucléaire et un système d’impôts favorable aux compagnies pétrolières ». Un plan qui rappelle celui d’un autre Président Bush, en 1992. « Exception faite des impôts sur les bénéfices exceptionnels, le plan Obama, qui n’est pas la panacée pour une Amérique accroc au pétrole, rompt courageusement avec les politiques ternes des présidents précédents, Républicains, comme Démocrates ».

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D’après un sondage réalisé à l’échelle nationale par « Shelton Group’Eco Pulse » (4), 61% des personnes interrogées prétendent que la politique énergétique des candidats à la Maison Blanche influencera leur vote. A la question : « Le gouvernement doit-il faire plus pour réduire notre dépendance aux carburants fossiles ? », la réponse est unanime, « Oui » à 90%. « Et comment faire ? », réponses les plus fréquentes, « Investir plus dans la recherche pour trouver des alternatives » (29%), « Etre plus actifs et développer une stratégie » (16%), et « Autoriser les recherches pétrolières dans la Réserve Nationale de Faune et de Flore Arctique http://arctic.fws.gov/ et/ou le long des côtes américaines ». Invités à visiter la page « Energie » sur le site de chaque candidat pour en déterminer la meilleure, l’avantage revient à MacCain (41, 6%), qui devance de peu Obama (38,5%)…(5)

M.J.

(1) « Pétrole aux USA : gaspillage et pollution », Daniel Martin, mise à jour : 24/08/2005http://www.danielmartin.eu/Economie/Petrole-USA.htm

(2) « Climat : plus de similitudes que de divergences entre Obama et MacCain », Romandie News/ AFP- 14-10-2008.

(3) »Obama’s energy indépendance plan, eco-stewarship are far superior », Matthew R. Auer, News Observer.com, http://www.newsobserver.com/2191/story/1257233.html

(4) Shelton Group’s Eco Pulse national consumer study on green affinity reveals new data on the consumer mindset about green products, sustainable homes and green marketing. (PRNewsFoto/Shelton Group)

(5) “Energy plan will impact decision”, Suzanne Shelton http://www.prnewswire.com/cgi-bin/stories.pl?ACCT=104&STORY=/www/story/09-26-2008/0004893108&EDATE=

 

Publié le 21 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,énergie
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Goldsworthy, conversations avec la nature. (2)

Bonjour,

Goldsworthy, part two. Deux vidéos, extraits du documentaire de Thomas Ridelsheimer, « L’oeuvre du temps », diffusé sur Arte, en 2005. Goldsworthy parle de son travail, et de sa « muse », la nature.

Etudiant aux Beaux Arts de Lancaster, Goldsworthy s’échappe de cet univers confiné, et sécurisant. Il se retrouve dans la nature, un environnement ouvert qui libère son énergie. L’espace lui donne un sentiment d’insécurité, nécessaire à sa création. » Un contrôle total peut tuer le travail artistique »…

« Je ne crois pas que la nature ait besoin de moi, mais moi j’ai besoin d’elle. » Et quand Goldsworthy s’éloigne de la nature, désoeuvré, il se sent déraciné. C’est ce contact avec l’environnement qui l’enracine. Il a besoin de travailler. Il a besoin de solitude. « Mais pour être honnête, les gens me fatiguent »…

Et joyeux Noël!

M.J


Publié le 25 décembre 2007 par marlene dans Art
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Goldsworthy, conversations avec la nature (1).

Bonjour,

Jean Louis Borloo et la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement? Les objectifs contraignants de réduction des émissions de CO² annoncés par Bruxelles ? Ou Andy Goldsworthy, une belle façon de retarder une actualité environnementale un peu grise. Goldsworthy, c’est ce sculpteur anglais qui vit et travaille en Ecosse, et qui court le monde pour y laisser des traces, souvent éphémères. Ses sculptures sont en harmonie avec l’environnement. Ses matériaux, empruntés à la nature, évoquent le provisoire des éléments naturels. La plupart de ses oeuvres sont temporaires. Goldsworthy est l’un des maîtres du Land art. Il est aussi l’un des plus filmés. En 2003, Arte lui consacre une émission. Je vous propose deux vidéos, d’une série qui en compte quatre, la suite pour plus tard.

Premier document, Goldsworthy y confesse son besoin de la terre. Il veut comprendre l’énergie qui l’anime, qui coule à travers le paysage. Cette énergie qui est là, et qui disparaît. Puis vient le renouveau de la vie, le temps, les changements, et toujours cette énergie qui habite la nature. Dans le monde de Goldsworthy, la mer, les cours d’eau, les marées, parlent encore du temps qui s’écoule.

Seconde vidéo, Goldsworthy au travail. Ou l’humilité de l’artiste face à des éléments naturels, parfois rebelles. Goldsworthy qui sculpte une oeuvre qui, une fois achevée, ne dira rien des efforts de l’artiste. En attendant, l’important est de ne pas attraper froid, de ne pas avoir les doigts gelés, pour garder l’habileté du geste, et le contact avec l’élément naturel. Et quand l’installation s’effondre, Goldsworthy prend froid. Une oeuvre réussie lui tient chaud.

M.J


Publié le 23 décembre 2007 par marlene dans Art
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