Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Un dernier repos écolo.

Bonjour,

Pas de pierre tombale, encore moins de mausolée, juste un petit carré de nature aménagé, la ville de Sydney offre désormais un dernier repos, version « biodégradable », dans un endroit tranquille situé à l’Ouest de la ville, à Kemps Creek. Une façon de réduire l’empreinte écologique après trépas. Le corps, enveloppé dans un suaire biodégradable, sans fluide d’embaumement ni préservateur chimique, pas question de retarder le processus de décomposition, est placé dans un cercueil, lui aussi biodégradable, enterré à quelques dizaines de centimètres du sol, pour favoriser le retour à la terre. Touche technologique, chaque corps est enseveli avec une balise qui transmet les coordonnées géographiques de la tombe. Les parents du défunt, munis d’un téléphone portable avec lecture satellite, peuvent facilement localiser l’endroit pour venir s’y recueillir, de façon assez traditionnelle. La concession court pour trente ans. Et si le bail n’est pas renouvelé, un autre corps viendra participer à ce qui rappelle un processus de compost.(1) (2) L’Australie compte trois cimetières de ce type, mais l’idée est née au Royaume-Uni. Depuis 1993, environ 200 Britanniques reposent dans une sépulture respectueuse de l’environnement. Une option qui en intéresse actuellement plus de 200 autres, pas non plus une révolution. (3)

En 2008, The Journal of Environmental Health titre “Drining Grandma”, “Boire Mémé” en français. L’article, cité par The Economist, avertit que les cimetières, qui diffusent dans les eaux souterraines, constituent un risque pour la santé publique. Les incinérations n’ont pas meilleure presse. Ainsi, les amalgames dentaires représenteraient l’équivalent de 1/5° des émissions britanniques de mercure. Une réglementation inciterait d’ailleurs  les centres d’incinération à réduire de moitié leurs émissions de mercure, d’ici 2012. The Economist rapporte encore les résultats d’une étude effectuée en 2007, pour le compte du Centennial Park, un cimetière australien. Les crémations produiraient l’équivalent de 160 kg de CO² par corps. Quand la mise en terre n’en émettrait qu’à peine 40 kg. Mais, c’est sans compter avec l’entretien du cimetière, les tondeuses qui avalent la pelouse des allées, et qui finalement, rendent l’incinération beaucoup plus sobre en carbone. (3)

Pour l’instant, la tradition l’emporte sur le gain CO². Les Australiens continuent de se recueillir sur les tombes du Rookwood Necropolis de Sydney, sans doute le plus grand cimetière de l’Hémisphère Sud, où repose plus d’un million de personnes. Et où la pierre tombale semble un indicateur plus digne que le GPS. « Je suis très traditionnelle. J’aime l’ancienne façon de faire, et juste penser qu’avec un GPS, vous tournez autour, comme si vous cherchiez des mines… », confie l’une des visiteuses de ce lieu semé de monuments mortuaires, et mémoire multiculturelle du pays.(1)

M.J

(1) “Sydney, Australia Opens New ‘Green’ Cemetery”, Phil Mercer, Voice of America, 22-07- 2010, http://www.voanews.com/english/news/asia/Sydney-Australia-Opens-New-Green-Cemetery–99027329.html

(2) « Green burials », Annabelle Nyst , Australian geographic, 04-08-2010

http://www.australiangeographic.com.au/journal/green-burials-becoming-popular.htm

(3) « Green funerals, Exit strategies, Innovations for a conservative industry, The Economist, 16-09-2010 http://www.economist.com/node/17043348?story_id=17043348&fsrc=rss


Publié le 4 octobre 2010 par marlene dans Australie,pollution.
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Histoire de la bouteille d’eau….

Bonjour,

Bouteille d’eau ou eau du robinet ? Eclairage.

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Publié le 17 septembre 2010 par marlene dans Développement durable,eau
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L’Australie malmène son environnement.

Bonjour,

Loin de son image  « écolo », l’Australie figure parmi les dix plus gros consommateurs d’environnement. C’est le résultat d’une étude internationale qui a estimé la désertification, les émissions de carbone, et la perte de la biodiversité dans plus de 150 pays. (1) Un premier classement, qui évalue les dégradations environnementales à grande échelle, place l’Australie en 9° position. Selon le Professeur Corey Bradshaw de l’Université d’Adelaide – qui a collaboré à cette enquête -, le continent australien est malmené depuis l’arrivée des colons. Il ne reste plus que la moitié des forêts originelles, et celles qui tiennent encore debout sont clairsemées. Mais l’Australie se place loin derrière le Brésil, placé en tête de ce palmarès du gâchis environnemental à grande échelle. En passant, en 1990, l’Australie consommait encore pas mal de terres vierges, l’équivalent de plus de la moitié de la superficie arrachée à la forêt en Amazonie brésilienne. (2) Dans cette étude, l’Australie se fait encore tirer l’oreille pour sa consommation d’eau, l’une des plus importante de la planète alors que les robinets sont à sec. Elle figure parmi les gros producteurs de carbone par habitant. Et elle obtient un classement record pour l’extinction des mammifères, résultat de l’introduction d’espèces étrangères au continent australien, ou  conséquence de la destruction de leur habitat. Dans un autre classement, qui met en parallèle le potentiel des ressources naturelles et le taux de dégradation de ces ressources, l’Australie regagne des points. L’île-continent est à la  120° position. C’est Singapour, la cité-Etat ultra-urbanisée, aux parcs et jardins entièrement reconstitués, pas un brin d’herbe d’origine, qui remporte la première place.

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Idée-force de l’étude, plus un état est riche, et plus il abuse de l’environnement. Or, c’est l’idée inverse – plus un pays est riche et plus il respecte son environnement – qui est généralement admise. Le Professeur Bradshaw fait référence à la courbe de Kuznets :”Cela part de l’hypothèse que lorsqu’un pays pauvre commence à se développer, il augmente son empreinte environnementale. »(1) Et parvenu à un certain niveau de richesse par habitant, il accède à des technologies propres. Sa population mieux éduquée, développe une conscience environnementale. Et c’est donc quand le niveau de vie commence à augmenter que l’impact environnemental commence à diminuer. « Tout faux », nous dit l’étude, les pays riches sont plus agressifs pour leur environnement que les pays pauvres. Même si le Professeur Bradshaw remarque que cette relation n’est pas si simple, question d’indicateurs, question d’échelle. Cette étude a encore permis de formuler un modèle pour alléger les habitudes de consommation. Les Australiens ont beaucoup à apprendre. « C’est certainement ce qui explique la mauvaise position de l’Australie car nous avons un niveau très élevé de consommation. Nous sommes un pays très riche, et nous avons tendance à l’excès. »,commente le professeur. En attendant, le gouvernement australien s’engage à changer toutes les ampoules électriques du pays, inefficaces et énergivores, au profit d’ampoules fluorescentes compactes.

M.J


Publié le 11 mai 2010 par marlene dans Actualité,Australie,Climat,Comprendre,Désertification.,Developpement,Développement durable,eau,Non classé
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Kawamata, la possibilité des passages.

Bonjour,

La “passerelle” est une idée qui s’accroche à l’oeuvre de Tadashi Kawamata, artiste japonais qui invite le visiteur à reconsidérer les possibilités des paysages investis par ses créations de bois. En 1996,  à Barcelone, il installe une passerelle qui mène du Musée d’Art contemporain aux immeubles délabrés de la vieille ville. En 2000, invité du festival « Passavent » à Evreux, il imagine une construction circulaire surélevée qui relie quatre monuments épargnés par la Seconde Guerre Mondiale, autre point de vue sur le paysage urbain. De 2007 à 2009, à Lavaux-Sur-Loire, il met en œuvre la construction d’un long chemin de bois qui s’élève au dessus des marécages et des roseaux pour rejoindre une plate – forme surmontée d’une tour, avec vue sur le fleuve. Kawamata rend aux habitants du port de Lavaux un cours d’eau qui s’est, depuis longtemps, retiré du village. A l’automne 2009, à Bordeaux, invité du festival « Evento », il construit une nouvelle passerelle qui part de la Place des Quinconces, enjambe les trams et les voitures, pour finir au dessus de la Garonne. Ce pont offre une perspective nouvelle sur le paysage fluvial. Pour réaliser ses chemins, Kawamata utilise le bois brut, des essences locales. Il se soucie peu d’assembler parfaitement les planches. Ses créations sont appelées à disparaître. Ou à être recyclées.

Passerelle entre deux espaces, et passerelle entre passé et présent, Evreux, Lavaux-Sur-Loire. A Paris, en 1997, à la Chapelle Saint Louis de la Pitié Salpetrière, il empile les chaises et les bancs d’Eglise, un « Passage des chaises » qui invite le regard à s’élever vers la coupole, en évoquant l’histoire de tous ceux qui sont passés par là. A Saint Thélo, en Bretagne, il réalise « Mémoire en demeure ». Ce projet, conduit pendant trois étés successifs, de 2004 à 2006,  réhabilite trois maisons de tisserands, héritage d’une tradition du lin aujourd’hui disparue. En 2008, à Versailles, il bouscule l’architecture classique de la Maréchalerie en lui greffant une accumulation de cagettes de fruits et de légumes, construction éphémère et fragile.  Passerelle entre l’univers paisible de l’enfance et le monde pressé des adultes, les cabanes. En 2008, à New York, il installe quelques petites constructions de bois dans les arbres du Madison Square Park, invitation à une pause dans le tumulte de la vie urbaine. L’année suivante, il récidive à Berlin. Puis, en ce moment, sur la façade du centre Georges Pompidou, à Paris. Passerelle entre deux univers sociaux, deux réalités urbaines. Dans les années 90, à Tokyo, Chicago, Montréal, ou New – York, il bricole des abris de fortune, bois et carton, qu’il intègre dans le paysage urbain pour souligner la précarité des sans- abris. A Huston, à Ottawa, cité prospères, il pose des favellas au pied des gratte-ciels. La démarche artistique de Kawamata puise dans les relations sociales. Il passe du temps sur le terrain de ses interventions, s’entretient avec les habitants, les invite à participer, ou s’entoure d’étudiants pour réaliser des chantiers souvent longs à finaliser. Il travaille souvent sur le mode « Work in progress ».

En 1982, Tadashi Kawamata, diplômé de l’université des  Beaux Arts de Tokyo, est sélectionné pour la Biennale de Venise. C’est un jeune artiste de 28 ans. Il a déjà exploré quelques possibilités de la capitale japonaise, assise sur une zone sismique, soumise à l’éphémère, et toujours en construction. Au fil des villes, Barcelone, Berlin, Paris, Rome, Montréal, New-York, Tokyo, Toronto, il enrichit le long catalogue de ses interventions environnementales. En 2005, il quitte Tokyo pour enseigner à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. En février 2008, le Musée d’Art contemporain de Tokyo  lui ouvre ses galeries pour une exposition/ rétrospective intitulée : « Tadashi Kawamata : Walkway ». « Passage pour piéton ». A cette occasion, il confie au Japan Times : « J’ai étudié la peinture à l’huile, mais je n’ai jamais vraiment été intéressé par la peinture. J’aimais juste me tenir debout devant une toile dans un atelier. (…) Les gens observaient les modèles, puis regardaient la toile, puis revenaient, ils se déplaçaient constamment entre les toiles. J’étais vraiment intéressé par le passage entre ces « murs » et ce mouvement constant. C’était plus intéressant que n’importe quelle peinture. » (1)

M.J

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(1) Tadashi Kawamata , ”Human reeds swaying in a museum maze”, Donald Eubank, 28-02-2008. Japan Times. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/fa20080228a2.html


Publié le 13 avril 2010 par marlene dans Architecure.,Art,Ville
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Elevage: entre industrie et survie.

Bonjour,

Poussé par les pays en voie de développement, l’élevage planétaire est en plein boom. C’est le constat du rapport 2009 de la FAO, l’organisation des Nations –Unies pour l’alimentation et l’agriculture. L’amélioration du niveau de vie, l’urbanisation, et la croissance démographique ont fait décoller la demande en viande, en œufs, et en produits laitiers. Cette évolution, rapide et anarchique, pèse sur l’environnement. Mais, dans les pays les plus pauvres, posséder une vache évite la faim.

Multiplications.

Côté consommation, la multiplication s’impose. En 25 ans, dans les pays de l’Est et du Sud-Est asiatique, la part de la viande dans le régime alimentaire a pratiquement été multipliée par 4. Elle est passée de 12,8kg, par an et par habitant en 1980, à 48,2kg en 2005. En Chine, pour la même période, elle a plus que quadruplé, sautant de 13,7 kg à 59,5 kg. En 2005, les Chinois consomment aussi dix fois plus d’œufs et de lait qu’en 1980. Au Brésil, depuis les années 80, la part de la viande a doublé,  portant la consommation à plus de 80 kg, par an et par habitant, en 2005. Exception dans ce changement de régime, l’Afrique sub-saharienne,  où les chiffres stagnent et reculent. Globalement, si la consommation de produits dérivés de l’élevage a doublé dans les pays les moins riches en plus de deux décennies, elle n’a guère progressé dans les pays développés, où l’alimentation d’origine animale était déjà très importante. Avec plus de 120 kg de viande par an, et par habitant, les Etats-Unis restent le royaume du steack. L’offre a globalement suivi la géographie et l’envolée de la demande. Entre 1980 et 2007, la production issue de l’élevage a plus que triplé dans les pays émergents. L’Asie de l’Est et du Sud- Est a accompli une transition plus rapide, suivie par l’Amérique latine et les Caraîbes. La Chine a multiplié sa production de viande par 6, le Brésil par 4. En 2007, les pays en voie de développement produisent plus d’œufs et de viande que les pays développés.

Elevage industriel.

Elevage industriel, celui qui approvisionne des villes toujours plus peuplées, notamment dans les pays en voie de développement. L’urbanisation y est de 73%, contre une moyenne mondiale de 42%. Au Brésil, en Chine, en Inde, les revenus ont augmenté, les habitudes alimentaires ont changé. La viande s’est imposée dans les menus des citadins qui, désormais, prennent leurs repas à l’extérieur. Ce changement de régime, décliné à l’échelle des puissances émergentes, pèse sur l’environnement. L’élevage, gros producteur de gaz à effet de serre, 18% des rejets mondiaux, est aussi un gros consommateur. Chaque année, il puise 8% de la réserve mondiale en eau. Il s’étend sur de vastes superficies agricoles, 80% des terres disponibles, dont 1/4 de pâturages et 1/3 de zones destinées à produire des aliments pour le bétail. Dans certains pays, les exploitations intensives repoussent la forêt, et favorisent le surpâturage. L’élevage, qui s’est rapproché des villes pour réduire les coûts des transports, est aussi un vecteur de maladies. La FAO regrette que la filière, boostée par la technologie dans un souci de rentabilité, se soit emballée sans cadre institutionnel, sans contrainte, sur le dos des équilibres sociaux et naturels. D’où l’urgence à contrôler un développement qui intègre les petits producteurs, n’épuise pas les ressources naturelles, et respecte les règles sanitaires. Et s’il faut choisir une viande, la volaille ou le porc, en rapide expansion, à l’alimentation  plus douce pour l’environnement que celle du boeuf.

Elevage domestique.

Elevage domestique, celui qui soulage le quotidien des ménages les plus pauvres. Dans de nombreux pays en voie de développement, de petits exploitants associent l’élevage à une agriculture familiale. La FAO, qui a échantillonné une quinzaine de pays, révèle que 60% des ménages entretiennent des animaux. A Madagascar, la part des familles possédant du bétail grimpe à 77%, 63% au Malawi, 82% au Viet-Nam, et 84% en Equateur. Sans compter les oubliés de la richesse européenne, 84% en Albanie, et 72% en Bugarie. Ce bétail, qui donne des veaux et du lait, est d’abord une source de revenus pour ces petits exploitants. Il est aussi l’assurance d’une alimentation régulière, et de bonne qualité. Il représente encore une force de travail pour cultiver les champs. Et dans ce monde où rien ne se perd, les bouses de vaches constituent un engrais, ou un combustible. L’élevage est aussi une source d’emploi pour les femmes qui élèvent des poules et des chèvres, et tirent revenus des œufs et du lait. En Afrique, la volaille, produit de la maison ou produit du village, est d’ailleurs souvent une affaire de femmes. Mais, à moins d’un sérieux coup de pouce de la part des décideurs, assorti d’un encadrement institutionnel, « La production animale risque de rester  un moyen d’existence et un filet de sécurité essentiels pour les ménages pauvres pendant de nombreuses années encore. »

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Et pastoralisme.

A distance de l’élevage industriel et  à proximité de l’élevage domestique, le pastoralisme. Dans certains pays de la Corne de l’Afrique ou du Sahel, les éleveurs négocient leurs chèvres, leurs moutons, leurs bœufs, ou leurs chameaux à des marchands qui les destinent au Proche Orient, ou aux agglomérations côtières d’Afrique de l’Ouest. Ce commerce est aujourd’hui menacé par des normes sanitaires plus rigoureuses. La multiplication des contrôles frontaliers, l’expansion des terres cultivées et des aires protégées, limitent aussi l’espace pastoral traditionnel. Partout dans le monde, les éleveurs nomades sont une espèce en voie de disparition. Autre ennemi de cet élevage itinérant, le changement climatique qui assèche des terres déjà arides, et prolonge les sécheresses.

M.J

Rapport FAO 2009: « Le point sur l’élevage »


Publié le 31 mars 2010 par marlene dans Agriculture.,FAO,Urbanisation
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Obama, une transition presque verte.

Bonjour,


Publié le 28 janvier 2009 par marlene dans Actualité,biocarburants,OGM,USA
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Afrique, pauvreté, environnement, et développement.

Bonjour,

Semaine de l’économie africaine sur le Webpedagogique, petite recherche, un titre accroche mon œil : « Afrique : pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre ». « L’Afrique est connue comme l’une des parties les plus riches du monde lorsqu’il s’agit des ressources naturelles, pourtant elle est également la région la plus pauvre – malgré les richesses naturelles et le flot d’aides », a déclaré Charles Mutasa, directeur exécutif du African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) » Plus loin : « « La dette écologique causée par l’exploitation des ressources naturelles joue un rôle crucial dans ce scénario », a ajouté Mutasa. « Elle maintient le continent en bas, empêche la région de sortir du cercle de la pauvreté, et déclenche la nécessité d’avoir plus d’aide » » Cet article développe l’exemple de la Zambie, ses mines de cuivre, ses exploitants prospères, ses populations exclues des profits, mais généreusement dédommagées en déchets et en poussières, résultat d’une exploitation irrespectueuse. La question de l’exploitation des richesses africaines, et leurs conséquences environnementales sur la vie des communautés, trop rarement discutée lors des Conférences internationales, figurait à l’agenda du 3° Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’Aide au Développement.

Une aide aux consultants…

Troisième rencontre après Rome (2004) et Paris (2005), le Forum d’Accra (2-4 septembre 2008) visait à examiner l’aide au développement, et ses dysfonctionnements. Vaste programme qui dépasse la question environnementale, mais qui l’inclut. Et s’il y a rencontre, c’est qu’il y problème. Mais je ne vais pas fouiller le sujet, quelques kilomètres de blog n’y suffiraient pas. Retour sur le forum d’Accra qui a rassemblé des représentants et pays donateurs, des pays bénéficiaires, et de la société civile, pour examiner les acquis de la Déclaration de Paris. C’est-à-dire tenter de réajuster une aide peu efficace, mal ciblée, et souvent trop lente, malgré les bonnes intentions affichées. Au total, plus de 100 milliards de dollars sont alloués chaque année aux pays les plus démunis.(1) Une aide ralentie par les procédures administratives, instrumentalisée par les rivalités politiques, et soulagée par la corruption. Une récente étude sur la Déclaration de Paris montre que moins de la moitié des fonds alloués arrivent dans les délais prévus par les bailleurs de fond. (1) Les représentants des Eglises d’Afrique et des organisations religieuses internationales, très présentes sur le terrain de la pauvreté, prétendent que les plus démunis ne profitent pas de l’aide. Dans un texte destiné à préparer le forum d’Accra, le collectif religieux affirme que six des 11 millions d’enfants qui meurent chaque année pourraient être sauvés avec des moyens simples et peu coûteux. Le rapport souligne encore que « l’aide est estimée sur la quantité, et non par ce qu’elle apporte au développement ». « La Déclaration de Paris ne tient pas compte du développement durable », poursuit le collectif. Encore deux extraits: « La moitié de l’aide est donnée sous la forme de consultants qui coûtent cher et qui répondent aux directives des donneurs. », « Les gouvernement des pays riches se comportent de façon honteuse en limitant l’aide à leurs propres intérêts économiques… »

De fait, l’aide au développement génère une dynamique complexe. Elle a des incidences sur le commerce des pays secourus, leur dette, la gestion des ressources. Elle influe sur la politique internationale, et reste ligotée à certains intérêts. La crise financière, la hausse des produits alimentaires, les difficultés d’accès à l’énergie, ou les effets du changement climatique l’ont rendue plus urgente, et plus précieuse, sur un terrain qui n’en verra peut-être jamais la couleur…

M.J

L’article d’attaque : « Afrique: Pourquoi le continent le plus riche est-il également le plus pauvre? »Miriam Mannak, 9 Septembre 2008 http://fr.allafrica.com/stories/200809091141.html

Pour en savoir sur le Forum D’Accra deux points de vue africains : Arbre à Palable / Forum d’ACCRA – septembre 2009 (1) http://www.arbre-a-palabre.org/2008/09/forum-daccra-septembre-2009/, et « La société civile exige une action urgente en matière d’aide au développement », 1er septembre 2008, Libération-Afrique http://www.liberationafrique.org/spip.php?article2289. Côté occidental, une présentation du processus – et des priorités – de l’aide au développement sur le site de l’Agence française de Développement (AFD) http://www.afd.fr/jahia/Jahia/home/Efficacite_1/pid/1686, et un appel à l’efficacité de l’aide par la Commission européenne http://www.eu-un.europa.eu/articles/fr/article_8119_fr.htm

Enfin, un lien vers AFRODAD, un organisme de recherche qui examine le problème de la dette africaine, et son impact sur le développement du continent. http://www.afrodad.org/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1


Publié le 4 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Afrique,Developpement
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Björk défend son île…

Bonjour,

Björk est en colère. Dans un article publié sur son blog (1), la chanteuse islandaise s’oppose à la construction de deux nouvelles fonderies d’aluminium sur son île natale. Ces projets, menés par deux géants mondiaux de l’aluminium, risquent de défigurer des espaces sauvages, déjà estropiés par des ouvrages similaires. En juin dernier, Björk était montée sur scène pour dénoncer les promoteurs d’un nouveau gâchis environnemental, multinationales et gouvernement. Aujourd’hui, l’Islande est en faillite financière. Björk craint que le gouvernement, qui a besoin d’argent, avalise ces projets au détriment des paysages, et de l’équilibre national.La colère de Björk, l’occasion d’un voyage en Islande.

Une mosaïque de paysages, des écosystèmes sensibles.

L’Islande, petit état insulaire de l’Atlantique nord, 103 000 km2 pour 316 000 citoyens, moins de 3 habitants au km², presque un désert, est assise sur la dorsale médio-atlantique. Elle voisine avec le Groenland à l’Ouest, les Îles Féroé au Nord Ouest, la Norvède à l’Est, et plus au sud, avec le Royaume Uni. C’est une terre de volcans, une centaine dont certains sont encore en activité, secouée par de nombreux séismes. C’est une île de glaces, environ 10% du territoire est recouvert de glaciers. Les paysages sont troués de geysers, un mot d’origine islandaise.L’eau chaude, qui abonde sous la terre, surgit en surface. Les côtes sud-est et nord-ouest de l’île sont déchirées par des fjörds, où sont installées villes et villages de pêcheurs. Les rivières glaciaires, qui descendent de la montagne vers la mer, ont modelé des canyons. Les terres intérieures, les « Hautes terres d’Islande », inhospitalières, sont désertes. L’île est pauvre en végétation. La forêt, exploitée par les colons, est réduite à une peau de chagrin. L’Islande, terre basaltique émergée, soumise à une forte érosion glaciaire, offre une mosaïque de paysages assez décoiffants. Ce diaporama pour introduire des écosystèmes, uniques et sensibles, menacés par une course à l’énergie.

L’énergie, une rente.

L’Islande, devenue gourmande en énergie, profite d’une nature généreuse. Très tôt, le pays a misé sur les énergies renouvelables, aujourd’hui 70% de la consommation domestique. Près de 90 % des maisons d’Islande sont chauffées grâce à la géothermie. (2) Puis, le gouvernement a développé l’hydroélectricité. Pour doper une économie associée à la mer et à ses ressources, il a parié sur cette énergie produite sur place pour attirer une industrie importée, l’aluminium, très gourmande en électricité. Dès la fin des années 60, les grands noms de l’aluminium entrent en scène, le canadien Rio Tinto Alcan, les américains Century Aluminium Company et Alcoa, En 1969, Rio Tinto Alcan impose une première usine dans le paysage islandais, près de la ville de Hafnarfjörður, unité appelée à grandir. En 1998, Nordural, filiale de la Century Aluminium Company, implante un second site à l’ouest de l’île, à Grundartangi, près de la ville d’Akranes. Au fil des années, l’usine accroît sa capacité de production. En 2008, Alcoa met en service une nouvelle fonderie d’aluminium dans la ville de Reydarfjördur, à l’Est de l’Islande. Pour alimenter dernière cette unité de production, la plus importante du pays, un réseau de barrages est construit à Kárahnjúkar, au nord du glacier de Vatnajökull, le plus grand d’Europe. Environ 60 km² de vallée glaciaire doivent être submergées, des chutes et des cascades confisquées des paysages, sans compter les impacts environnementaux à venir. Les défenseurs de l’environnement se sont violemment opposés à ce projet, qui a finalement été avalisé. Aujourd’hui, l’Islande compte trois fonderies, grosses consommatrices d’électricité. En 2005, l’aluminium absorbe pratiquement la moitié de l’électricité islandaise, d’origine hydroélectrique, 80%, et géothermique, 20%. (3) (2)

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Paysages de la région de Karahnjukar, site du projet de barrage.

L’environnement et la crise financière.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Alcoa projette un nouvelle fonderie près de Húsavík, quand Nordurál souhaite une seconde centrale près de Helguvík. (3) Ces projets, qu’il faudra bien alimenter, hydroélectricité ou géothermie, vivement dénoncés par les écologistes attendent l’aval d’un gouvernement, empêtré dans la crise financière. Car entre-temps, l’Islande avait aussi parié sur un secteur financier, très actif à l’étranger, pour générer des profits – et enrichir une élite. La crise bat son plein en Islande, la colère gronde, et la mobilisation en faveur d’un environnement, devenu source de profits pour quelques multinationales, se renforce. Saving Iceland, par exemple, tente d’organiser l’opposition à un pouvoir jugé trop bienveillant envers les géants de l’aluminium. Björk s’engage aussi, et s’inquiète: « J’ai lu la semaine dernière que, en raison de la crise, des députés islandais exerçaient des pressions pour passer outre l’étude d’impact environnemental et construire les barrages aussi vite que possible, afin de fournir à Alcoa et à Rio Tinto l’énergie dont ils ont besoin pour les deux nouvelles usines de production d’aluminium. » En 2002, la maman de Björk, très impliquée dans la défense de l’environnement, avait fait une grève de la faim pour protester contre l’implantation d’une usine d’aluminium en Islande, projet Acoa.(4)

M.J

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Björk en concert, contre le projet de Karahnjukar, juin 2008.

Pour en savoir un peu plus sur la genèse et l’opposition au barrage de Kárahnjúkar :« Islande: Les Ecologistes opposés au Barrage Gigantesque de Kárahnjúkar ont perdu » Anne Françoise Hivert, International news. http://internationalnews.over-blog.com/article-19668055.html

Pour comprendre les intérêts qui se profilent derrière le développement hydroélectrique, et pour  cerner l’impact environnemental des projets : « Développement hydroélectrique en Islande , Le dernier recoin sauvage de l’Europe menacé », Guillaume Roy, FrancVert, le webzine environnemental. http://www.francvert.org/pages/51articlesledernierrecoinsauvage.asp

(1) « Björk ne veut pas que la crise coule son île », Courrier international,10 octobre 2008, d’après un article publié par « The Times »

(2) « Islande : développement économique et protection de l’environnement, une symbiose réussie », site du Sénat, http://www.senat.fr/ga/ga73/ga737.html

(3) Economie de l’Islande, Alluminium, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_l%27Islande#Aluminium

(4) « Björk soutient la grève de la faim de sa mère », Actus people, 29-10-2002.


Publié le 10 novembre 2008 par marlene dans Ecosystèmes.,Islande.
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Michel Serres sur Nova: pour un « armistice » avec le monde…

Bonjour,

Je vous invite à perdre une heure, deux même, pour écouter le podcast de l’émission « Le Pudding », diffusée sur Radio Nova les dimanches 5 et 12 octobre derniers. Invité de Nicolas Errera et de Jean Croc, le philosophe Michel Serres. Il y parle de son dernier livre, « La Guerre Mondiale » (1), déborde du sujet pour évoquer son précédent ouvrage, «  Le mal propre » (2), et nous parle d’un avenir commun. Pendant deux heures, pas obligé de tout écouter, Michel Serres nous offre une vision limpide, et pas forcément pessimiste, du monde à venir. Que du bonheur.

Pour en finir avec cette « guerre mondiale » – podcast du 12 octobre, deuxième volet -, celle que les hommes ont engagé contre « le monde », Michel Serres propose un « armistice », un « traité de paix ». Ou le « silence des armes ». Evoquant les guerres traditionnelles, celles qui opposent deux ennemis, il parle d’un « jeu à deux ». Or les règles traditionnelles de la guerre ont changé. Il s’agit désormais d’un « jeu à trois » qui met en scène les deux belligérants précédents, opposés à un troisième, « le monde ». Michel Serres souhaite réconcilier et mobiliser les ennemis d’hier sur un front commun, celui de la planète, « notre habitat ». Il résume l’alibi de son livre par « déposer les armes pour réparer le navire ». Une prise de conscience collective du danger, un appel à « sauver sa peau », un élan « d’égoïsme collectif », conditionnent une issue heureuse à ce conflit. A moins que…L’écologie, et le développement durable, servis à toutes les sauces et sans véritables intentions, ne sont que les « gadgets » de cette stratégie, des « effets d’annonce ». A propos du développement durable, Michel Serres rebondit : « …ce qui dure, c’est le doux », la peinture, la musique, le « « dur » ne dure pas ». L’eau, liquide, douce, dure. Le rocher, lui, ne dure pas. Et l’homme, ce « dur » qui a inventé le doux… ?

Sur Nova, Michel Serres fait encore allusion à son précédent ouvrage, « Le mal propre », autre proposition pour éviter une catastrophe écologique. Comme les chats qui font pipi pour marquer leur territoire, l’homme souille le sien pour le posséder. La propriété, ce qui est propre, passe par un processus d’appropriation, et d’usurpation à l’autre, basé sur le « sale ». Pollutions douces, communication et publicité, et pollutions environnementales liées aux activités humaines, signalent cette appropriation de « l’espace monde ». Michel Serres, qui s’interroge sur le « droit à la  propriété », nous interpelle comme « locataires de la planète ». On ne souille pas ce qui ne nous appartient pas, et qui est un « bien commun ». Dans une interview accordée à Ollivier Pourriol et Auréliano Tonet, du blog culturel « Troiscouleurs », le philosophe précise : « La question, évidemment, ce serait de discuter dans les organisations internationales que l’Arctique devienne un bien commun, qu’il ne soit pas pollué. Il faudra un jour se mettre d’accord sur le fait que la planète est notre bien commun. Les meilleures civilisations, je crois, les meilleures cultures sont des cultures qui ont très bien défini et respecté le bien commun. »

M.J

(1) «La Guerre mondiale »,  Michel Serres, Editions Le Pommier, collection essais, octobre 2008.

(2) «Le Mal propre – Polluer pour s’approprier ? », Michel Serres, Editions Le Pommier, collection manifestes, février 2008.


Publié le 14 octobre 2008 par marlene dans Philosophie / environnement.
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« American way of life », vue du ciel.

Bonjour,

D’immenses plaines ensemencées tirées à la règle, des rangées de maisons bien organisées, d’autres bâtisses abandonnées, des lotissements au milieu de nulle part, des milliers de voitures posées sur des kilomètres de parkings, des parcs de loisirs aux allures de gros gâteaux aux couleurs acidulées, des friches industrielles héritées de l’âge d’or de l’acier, des concentrations d’avions, de trains, de camions, de bateaux, en service ou usagés, des dépôts de matériel électro-ménager au rebut, des terrains des golfs verts imposés à un environnement aride, du haut de son avion, Alex MacLean prend des photos. Il accumule les paysages américains, saisit leur évolution, et témoigne de leurs blessures. A la façon d’un reporter, il raconte comment la société américaine traite son environnement. Très attaché aux formes, aux lignes, et aux couleurs, son témoignage est esthétique.

« Je travaille comme photographe aérien depuis que j’ai obtenu un diplôme de l’école de design, et j’ai essayé d’envisager cette discipline selon trois directions – – d’un point de vue éditorial, comme un photographe d’art, et avec l’œil d’un architecte/ aménageur… », rapporte-t-il dans un entretien.(1) Seul à bord de son avion, il prend ses photos à une altitude comprise entre 500 à 14000 pieds, vitre ouverte. Son poste de travail est étroit et bruyant. Depuis 30 ans Alex MacLean survole les villes et les grands espaces pour y traquer les stigmates laissés par «l’American way of life », Etats-Unis, Canada. Il a aussi collecté des clichés en Europe, et en Asie. Il signe six catalogues qui témoignent de changements environnementaux, résultat d’un processus naturel, ou signature humaine.

« Over », son dernier ouvrage, est un témoignage plus alarmiste. Atmosphère, désert, élévation du niveau des mers, urbanisme, dépendance à la voiture et à l’électricité, gaspillage, résidences somptueuses et golfes assoiffés, le style de vie américain n’est plus compatible avec l’état de la planète.Un plaidoyer en images pour un appel au changement : “Over nous oblige à reconsidérer nos comportements, notre façon de vivre, de travailler, de se divertir, et révèle que, pendant que les défis auxquels nous sommes confrontés ne sont pas insurmontables, le futur dépend de notre vision collective, de notre passion, et de notre engagement ». La suite sur son site, son portfolio rappelle qu’il est aussi un artiste…

M.J

(1) http://ocw.mit.edu/NR/rdonlyres/Urban-Studies-and-Planning/11-947Fall-1998/A264FCF9-318A-4FBB-AD7B-520F1FF61E70/0/11.pdf


Publié le 29 septembre 2008 par marlene dans photographie
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