Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Les forêts au menu de la FAO…

 

Bonjour,

Quelques millions de personnes dans le monde vivent, directement ou indirectement, de la forêt. Ils en consomment les fruits, les noix, les champignons, les insectes, les feuilles, ou le miel produit par les abeilles. Ils en commercialisent les aliments. Ils y travaillent ou tirent bénéfice de l’exploitation de ces écosystèmes. Lors d’une conférence internationale qui s’est tenue à la mi-mai, la FAO – l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture – place la forêt au cœur d’une stratégie mondiale de sécurité alimentaire. Ces écosystèmes, qui nourrissent et emploient une partie de l’humanité, pourraient nous rapprocher un peu plus des Objectifs du Millénaire qui visent à réduire de moitié la pauvreté et la faim dans le monde à l’horizon 2015. Pour servir cette vision, la FAO définit quelques priorités. Au plus près du terrain, il s’agit d’encourager les petits exploitants qui tirent profit des arbres et des systèmes forestiers, de soutenir ces initiatives par le micro-crédit. Pour cela, il faut améliorer l’accès aux arbres et aux terres, en sécurisant les systèmes fonciers. La FAO veut remodeler une forêt productive, un espace fertile aux ressources en eau et aux sols préservés. Cette forêt qui fonctionne est aussi un régulateur climatique, paramètre important de la production alimentaire. Près des côtes, les zones humides boisées et les systèmes de mangrove, qui protègent des inondations, sécurisent l’accès à la nourriture. La mangrove, qui apporte de l’eau douce aux forêts et aux populations, pèse dans cette stratégie. Enfin, des forêts en bonne santé conditionnent la qualité d’une pêche fluviale et côtière. (1)

 

Une vidéo de la FAO nous emmène dans les forêts d’Afrique centrale, où le gibier représente 30 à 80% de la consommation de protéines des ménages ruraux. Le commerce de cette viande de brousse est aussi un moyen de gagner de l’argent. Ici, la forêt est source de protéines apportées par la viande de gibier et les insectes, de vitamines contenues dans les feuilles, d’énergie produite par le bois qui sert à cuisiner, et de revenus. Près de 90% de ceux qui font commerce de produits forestiers sont des femmes. Elles utilisent leurs gains pour payer les frais scolaires des enfants, pour acheter des aliments de base et des médicaments. Certaines profitent des ressources de la forêt pour développer un petit business. Au Cameroun, le négoce des cinq principaux produits forestiers non ligneux génère 34 milliards de dollars, et emploie, directement et indirectement, plus de 300.000 personnes…

M.J


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(1) « La contribution des forêts à la sécurité alimentaire et à la nutrition mérite plus d’attention ». La Conférence sur les forêts pour la nutrition appelle à sécuriser les régimes fonciers pour les petits exploitants. FAO. Rome, 16 mai 2013. http://www.fao.org/news/story/fr/item/176247/icode/

« Les forêts au service de la nutrition et de la sécurité alimentaire », http://www.fao.org/docrep/014/i2011f/i2011f00.pdf

 

 

 


Publié le 21 mai 2013 par marlene dans Afrique,Alimentation,faim,FAO,Objectifs du Millénaire.
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Les promesses du quinoa…

 

Bonjour,

 

Le quinoa est une plante, une herbacée de la famille de la betterave ou de l’épinard, qui pousse dans l’espace andin depuis probablement 7000 ans. Un rapport de la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, s’intéresse à son historique. (1) Vers la fin du XVIII° siècle, la culture est repérée et décrite pour la première fois dans les Andes péruviennes et boliviennes. C’est probablement entre Bolivie et Pérou, à proximité du lac Titicaca, que le Quinoaa commencé à se développer. Les civilisation Inca et Tihuanacu le domestiquent et favorisent sa culture. Les graines nourrissent les habitants des vallées, et des régions plus sèches, plus montagneuses, et plus froides, comme celles de l’Altiplano. Car propriété essentielle du Quinoa, il supporte les climats arides, s’adapte à l’humidité, et se développe sous des températures qui vont de moins 4°C à 38°C. La conquête espagnole, qui introduit l’orge et le blé en Amérique du Sud, marginalise la culture du quinoa. C’est que les Espagnols ne connaissent probablement pas les qualités nutritionnelles du quinoa. C’est une nourriture qui présente un taux élevé de protéines, entre 14 et 22% par graine, une valeur en protéines comparable à celle du lait. Le quinoa offre l’ensemble des acides aminés essentiels à la santé, c’est une fausse céréale bien plus généreuse que le blé, l’orge, ou le soja. Sous la domination espagnole, les populations rurales andines continuent de consommer du quinoa. Dans les années 80, la crise qui secoue les économies de l’espace andin impose un développement qui s’éloigne du modèle traditionnel et privilégie les exportations. Les marchés qui s’ouvrent aux Etats-Unis et en Europe favorisent la production de quinoa. De culture traditionnelle de subsistance des communautés andines, le quinoa devient une culture d’exportation, appréciée des consommateurs de « bio ».

 

Bolivie en tête.

La Bolivie, le Pérou, et l’Equateur dominent un bassin de production qui s’étire du Sud de la Colombie à l’île de Chiloe au Sud du Chili, en passant par le Nord de l’Argentine. En Bolivie, berceau de la production, elle  reste une culture traditionnelle jusque dans les années 70. Le rapport de la FAO esquisse son aire de production. Dans l’Altiplano Sud,  elle se limite aux pentes montagneuses. Dans l’Altiplano Nord-Central, elle est intégrée au système de rotation, avec les pommes de terre et le fourrage. Dans les vallées, elle se présente comme une culture frontière, ou est associée aux légumineuses et au maïs. C’est une agriculture manuelle, principalement destinée à l’autoconsommation. L’ouverture du marché biologique international déplace les cultures des contreforts de l’Altiplano aux plaines, et mécanise la production. Dans la Bolivie des années 80, la culture du quinoa couvre 15.000 hectares. Dans les années 90, elle s’étend sur 40.000 hectares, et se stabilise autour des 35.000 hectares en 2001. (1) En 2012, la surface dédiée au quinoa pourrait avoir doublé pour atteindre les 70.000 hectares. (2) En2009, la FAO estime la production annuelle de la Bolivie à 28.000 tonnes, et 40.000 tonnes pour le Pérou. (1) En 2012, la récolte bolivienne aurait atteint 44.000 tonnes. (2) La Bolivie et le Pérou produisent aujourd’hui environ 90% du quinoa mondial. Mais, faute de données pour le Pérou, la Bolivie reste le principal exportateur mondial de Quinoa. (2) Les Etats-Unis et le Canada absorbent plus de la moitié du marché, et un tiers pour l’Europe. Cette mondialisation aurait tiré les prix du quinoa vers le haut, ils ont doublé entre 2006 et 2011. Avec pour conséquence, une chute de la consommation nationale d’environ 35% au cours de la même période, estimation du Ministère de l’agriculture de Bolivie. (1)

 

Hausse des prix, évolution des goûts.

« Le succès mondial du quinoa crée des difficultés dans le pays », titre le New York Times en mars 2011. (3) L’article rapporte une hausse des prix du quinoa, liée à la demande sur les marchés américains et européens. Avec deux conséquences. Les producteurs de quinoa, qui ont bénéficié de cette envolée, ont vu leur situation sociale s’améliorer. Ils se sont organisés.  Mais cet appétit mondial pour le quinoa, qui tire les prix vers le haut, crée aussi une rupture sociale: « Moins de Boliviens peuvent se l’offrir, obligés de se rabattre vers des produits alimentaires traités moins chers et augmentant les craintes de malnutrition dans un pays qui a longtemps lutté contre. »(3) Un sac d’un kg de quinoa coûte environ 5 fois le prix d’un kg de riz. L’article précise encore que si la mauvaise alimentation baisse au niveau national au cours des dernières années – grâce à une intervention volontariste de l’Etat dans les affaires sociales -,  la malnutrition chronique augmente chez les enfants originaires des régions de production du quinoa. Dont Salinas Garci Mendoza, région de référence. Si le prix du quinoa exclut de fait les plus pauvres, le New York Times signale aussi un changement de goût  chez les jeunes consommateurs boliviens Ils préfèrent désormais le pain blanc, un plat de pâtes ou de riz, plutôt qu’une préparation à base de quinoa, et un coca cola à la place d’une boisson traditionnelle au  quinoa. Cette évolution de la consommation, qui répond aux avances d’une nourriture industrielle, est évoquée dans d’autres articles. Les producteurs de quinoa, moins pauvres, occidentalisent leur régime alimentaire.

 

Tensions et érosion des sols.

Un autre article pointe la relation complexe  entre le développement économique de la Bolivie, et la sécurité alimentaire. Et dans cette relation, qui puise dans le contexte socio-économique et politique du pays, l’amélioration des conditions de vie des producteurs de quinoa ne peut-être ignorée. Pour l’avenir, l’auteur de l’article envisage une solution équilibrée : «  De la même façon qu’ils ont développé  l’industrie du quinoa, les producteurs et les consommateurs boliviens doivent être les catalyseurs pour développer une meilleure sécurité alimentaire, et renforcer la souveraineté. » (4) Selon le rapport de la FAO, la consommation moyenne de quinoa par habitants est de 5 kg par an, l’une des plus élevées au monde. Si elle ne suffit pas à faire reculer la malnutrition, le gouvernement d’ Evo Morales fait des efforts. Les Autorités boliviennes ont commencé à introduire le quinoa dans les petits déjeuners scolaires, et dans le menu des jeunes mères. Si le développement du quinoa a permis de freiner l’émigration vers l’Argentine ou le Chili, un autre article évoque des tensions dans les régions de production. De nombreux propriétaires, qui avaient déserté les campagnes, rentrent récupérer leurs terres afin de tirer bénéfice de cette culture d’exportation. Puis, ils louent leurs terres, s’échappent à nouveau, avant de revenir pour la récolte. Ceux-là ne contribuent  pas aux actions de producteurs, qui se battent pour le maintien d’une certification « bio », ou qui mènent des actions pour éliminer les nuisibles. Autre problème, le quinoa qui déborde de  ses champs traditionnels pour satisfaire la demande mondiale en culture certifiée, s’est développé sur des espaces inadaptés. Cette extension a provoqué une érosion des sols conquis. Le label « bio » exige des fertilisants naturels, comme les excréments d’animaux, devenus plus rares sur l’Altiplano. Il a donc fallu fouiller les sols pour enrichir les cultures en nutriments, quitte  à les appauvrir. Pour satisfaire la demande, les périodes de jachères sont plus courtes. (5)

 

Kenya et Tasmanie.

La FAO déclare 2013, « année internationale du quinoa » . Dans le rapport cité précédemment, l’organisation développe l’idée d’en faire une arme contre la malnutrition dans le monde. Réunie à Santiago du Chili début février 2013, la communauté des Etats d’Amérique latino-américains et caraïbes (CELAC) reconnait l’importance du quinoa pour la sécurité alimentaire, l’éradication de la pauvreté et la faim, grâce à ses valeurs nutritives. (6)  Si la Bolivie et le Pérou concentrent la production mondiale de quinoa, la culture essaime désormais sur tous les continents. Les Etats-Unis,  où le quinoa est  introduit les années 80 dans le Sud du Colorado, l’Equateur, et le Canada, qui le cultive dans les plaines de l’Ontario, produisent 10% du quinoa mondial. En Europe, il pousse en Angleterre, en Suède, au Danemark, aux Pays Bas, en Italie, et en France, dans la région de l’Anjou. Dans l’Himalaya et dans les plaines du Nord de l’Inde, le quinoa  présente de bons rendements. Au Brésil, la culture est expérimentée dans la savane tropicale. Des agriculteurs colombiens l’on testé au Kenya, ou la plante a été introduite  pour réduire la faim et la pauvreté sur le continent africain. Et à l’autre bout du monde et des besoins alimentaires, le quinoa est cultivé dans le Nord de la Tasmanie , pour le plus grand plaisir des Australiens, addicts au « bio ».

M.J

 

 

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(1) “Quinoa: An ancient crop to contribute to world food security”, FAO, Regional Office for Latin America and the Caribbean, July 2011.  http://www.fao.org/alc/file/media/pubs/2011/cultivo_quinua_en.pdf

(2) Quinoa, Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Quinoa

(3) “Quinoa’s Global Success Creates Quandary at Home” Simon Romero, Sara Shahriari, The New York Times, 19-03-2011. http://www.nytimes.com/2011/03/20/world/americas/20bolivia.html?_r=0

(4) “Bolivian Quinoa Questions: Production and Food Security”, Emma Banks, The Andean Information Network, 17-05-2011,  http://ain-bolivia.org/2011/05/bolivian-quinoa-questions-production-and-food-security/

(5) “The quinoa story: it’s complicated”, Luigi Guarino, Agricultural Biodiversity Weblog, 28-03-2011, http://agro.biodiver.se/2011/03/the-quinoa-story-its-complicated/

(6) « Naciones de la CELAC señalaron que la quinua es un aliado para la erradicación del n del hambre y la pobreza, Oficina Regional de la FAO para América Latina y el Caribe, Santiago de Chile, 01-02-2013 http://www.rlc.fao.org/en/press/news/naciones-de-la-celac-senalaron-que-la-quinua-es-un-aliado-para-la-erradicacion-del-hambre-y-la-pobreza/

 


Publié le 12 février 2013 par marlene dans Agriculture.,Alimentation,crise alimentaire,Developpement
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« Waste food », un vrai gâchis.

Bonjour,

 

Plus d’un milliard de tonnes. Depuis quelques temps  la FAO, l’organisation des Nations Unies  pour l’Alimentation et l’Agriculture, s’intéresse à une aberration majeure de  l’histoire humaine, le gaspillage de nourriture. Chaque année, plus de 1,3 milliard de tonnes de comestibles, le tiers des aliments produits dans le monde, l’équivalent d’un continent de bouffe devenu ou déclaré impropre à la consommation, part à la benne. C’est le constat d’un rapport de la FAO, « Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde », paru en mai 2011. (1) Dans un contexte mondial où les prix alimentaires grimpent, réduire ce gâchis de nourriture dans les pays les plus pauvres aurait un effet immédiat sur les conditions de vie, et sur la sécurité alimentaire. Ce scandale du  « Waste food »  est largement relayé par les media.

 

Diviser par 2 le gaspillage. Les pertes et le gaspillage alimentaires, telles que posées par la FAO, ne concernent que les produits destinés à l’alimentation humaine. Le rapport note que le gâchis du consommable court tout au long d’une chaine alimentaire, accident de récolte dans le champ de cultures vivrières, ou steak périmé balancé à la poubelle par le consommateur. Il peut s’agir d’une moisson ruinée par une intervention tardive; de fruits abîmés par une manipulation brutale, aussitôt écartés du circuit; de céréales mal stockées devenus impropres à la consommation;  d’un processus de transformation défectueux; ou de légumes simplement restés en rade sur l’étal du détaillant. En fin de cycle, les dates limite de consommation, les fameuses DLC, forcent le gâchis dans les supermarchés et dans les frigos des particuliers. Selon une étude de la Commission européenne, le gaspillage alimentaire « made in Europe », 89 millions de tonnes annuelles, est d’abord le fait des consommateurs (42% ), talonnés par les industriels (39%), suivis de loin par les restaurateurs (14%) et les détaillants (5%). Le document, qui note que les foyers pourraient facilement réduire leur gâchis de moitié, rappelle aussi la paupérisation d’un continent,  où 16 millions de personnes dépendent des œuvres de charité pour s’alimenter. (2)

 

Géographie du gâchis. L’exemple européen introduit une géographie mondiale du gaspillage, dominée par les pays riches. Chaque année, les pertes alimentaires par habitant, Europe et Amérique du Nord, s’élèvent à près de 300 kg de nourriture, gâchis cumulé tout au long de la chaine alimentaire. Cette estimation tombe de moitié pour l’Afrique sub-saharienne, l’Asie du Sud, et l’Asie du Sud- Est. Plus la production alimentaire est élevée, plus le consommateur gaspille. Chaque année, 900 kg de nourriture sont destinés à un Européen ou à un  Nord-Américain. Contre 460 kg pour un Africain ou un Asiatique. Les premiers jettent une centaine de kg de nourriture par an, les seconds à peine une dizaine. Si globalement, pays industrialisés et pays en développement gaspillent autant, ils ne gaspillent pas au même moment du processus alimentaire. Question de climat, d’infrastructures, ou de civilisation. Les pays riches gâchent plutôt en fin de chaine, au niveau de la distribution des produits et de la consommation. Dans les pays à plus faibles revenus, les pertes interviennent après la récolte ou lors de la transformation des produits. Les denrées périssables sont plus difficiles à stocker sous des climats chauds et humides, quand les infrastructures de stockage existent. Elles sont aussi plus difficiles à transporter, et à conditionner. Les régions peuplées d’Asie du Sud et d’Asie du Sud- Est, dont l’alimentation repose sur le riz, enregistrent des pertes élevées au moment des récoltes et du stockage. Toujours dans l’espace asiatique, la nourriture d’origine animale, produite par un bétail soumis à de fréquentes maladies, pneumonie, appareil digestif, parasites, est gâchée en début de cycle. L’Europe et les Etats-Unis, où  l’on consomme la  plus grande quantité de steaks et de viandes diverses, détiennent un autre record : « Le gaspillage constaté au stade de la consommation représente à peu près la moitié de la totalité des pertes et gaspillages alimentaires. » (1a)

 

Afrique sub-saharienne. A l’échelle mondiale, les pertes et le gaspillage alimentaires restent difficiles à quantifier, à caractériser. Les données font défaut. Une meilleure connaissance de la chaîne du gaspillage permettrait,  sans doute, de diminuer la tension entre la production et la consommation de nourriture. Question d’actualité, plus de 870 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique dans le monde (FAO, 2012). Question de démographie, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards à l’horizon 2050. (UN/Population, 2009)En attendant, le rapport mise sur l’éducation des paysans du monde en développement pour optimiser les récoltes et organiser le stockage. Mais, stockage, transports, transformation, ou conditionnement, les infrastructures pour améliorer la filière font défaut dans les pays pauvres. Dans les pays riches, le rapport invite à une prise de conscience : « Le gaspillage alimentaire par les consommateurs enregistré dans les pays industrialisés (222 millions de tonnes) est presque aussi élevé que le total de la production alimentaire nette enregistrée en Afrique subsaharienne (230 millions de tonnes) ».(1b)

 

M.J

 

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(1) « Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde ». Ampleur, causes, et prévention. Etude menée pour le Congrès International Save Food ! à Interpack 2011, Dudsseldorf, Allemagne. Conduite par le Sweedish Institute for Food and Biotechnology. (SIK) Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture – Rome 2012. http://www.fao.org/docrep/016/i2697f/i2697f00.htm

(1a) Chapitre 3 ? Ampleur des pertes et gaspillages alimentaires, p 8

(1b) Chapitre 3 ? Ampleur des pertes et gaspillages alimentaires, p 5

 

(2) Parliament calls for urgent measures to halve food wastage in the EU, Plenary Session Agriculture ? 19-01-2012 – 13:07,European Parliament News, http://www.europarl.europa.eu/news/en/pressroom/content/20120118IPR35648/html/Parliament-calls-for-urgent-measures-to-halve-food-wastage-in-the-EU 

Pour réduire les pertes et les gaspillages alimentaires, la FAO a lancé  « Save food ». Il s’agit d’une  collaboration entre les agences des Nations Unies, qui siègent à Rome, et leurs principaux partenaires. La Banque africaine de Développement, la Banque Mondiale, le PAM (Programme alimentaire mondial), ou l’Union Européenne participent à cette initiative planétaire. Des partenaires privés, comme l’industrie de l’emballage alimentaire, sont associés. Leur but est de développer un réseau qui travaille ensemble à réduire ce gâchis. L’initiative est relayée par un tapage médiatique.

 


Publié le 26 octobre 2012 par marlene dans Alimentation,crise alimentaire,déchets
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« Journée mondiale de la l’alimentation », jour de faim.

Bonjour,

Le 16 octobre prochain s’annonce  « Journée  mondiale de l’alimentation » . Dans son rapport 2011, intitulé « L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde », la FAO – l’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture – interroge l’économie de la faim. La flambée des prix alimentaires, inscrite dans le sillage des crises de 2006-2008, touche surtout les pays les plus pauvres, addicts à l’importation de produits agricoles. Nombre d’Etats africains, très dépendants de riz et de céréales cultivés ailleurs, comptent parmi les plus touchés. Entre 2007 et 2008, le nombre de sous-alimentés sur le continent africain a grimpé de 8%. Mauvaise nouvelle à l’approche des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), car la nourriture pourrait rester chère, message de la FAO. Voire inabordable pour les plus démunis. Le changement de climat, ses excès, la concurrence entre l’agriculture dédiée aux agro -carburants et l’agriculture vivrière, sans oublier la spéculation sur les céréales, annoncent une crise durable. Le rapport montre comment l’envolée des prix alimentaires expose les petits producteurs et les populations pauvres des grandes cités du monde en développement. Les petits producteurs, car ils ne vendent pas suffisamment pour profiter d’une envolée des prix alimentaires. Et les pauvres,  car ils consacrent une part importante de leurs revenus à l’alimentation. Plus de 60% au Vietnam, au Malawi, au Bengladesh.  Plus de 70% au Ghana, au Pakistan, au Tadjikistan.

Protectionnisme, stocks, et politique sociale.

Scénario simplifié d’une dynamique économique  complexe de la faim – elle progresse en 2007-2008 en Afrique et stagne en Asie – , la FAO distingue trois types de pays. Ceux qui se sont tenus à l’écart du marché international. Ceux qui ont pu limiter les dégâts. Et ceux où la crise alimentaire a fait avancer la faim. Le premier groupe de pays, Chine, Inde, ou Brésil, a limité ses échanges agricoles, développé une politique sociale pour adoucir le choc, et puisé dans ses réserves alimentaires. Avec le risque que ce protectionnisme porte la spéculation mondiale, et prive de nourriture les pays importateurs. Ce premier groupe a cependant réussi à contenir les prix sur le marché intérieur, et à faire reculer le nombre de sous-alimentés. Mais, sur le modèle du Brésil,  tous les Etats n’ont pas les moyens d’accompagner les plus démunis avec une politique sociale. Autre problème, pour disposer de stocks alimentaires, il faut être assez riche pour aire des réserves. Ce qui exclut les plus pauvres. Le rapport cite l’exemple de la Chine, de l’Inde, et de l’Indonésie, qui, contrôlant leurs exportations pendant la crise alimentaire des années 2007-2008, ont maintenu le prix du riz et celui du blé. Second groupe, les Etats pauvres, mais producteurs et exportateurs de denrées alimentaires. Le Vietnam ou la Thaïlande. Malgré une valse des étiquettes sur le marché intérieur, la FAO y note un recul de la malnutrition. Mais attention, ce modèle suppose une bonne répartition des terres, condition d’une production alimentaire supérieure à la consommation. Enfin, un troisième groupe de pays a vu les prix s’envoler sur les étals des marchés locaux, privant les populations dépourvues. Au Malawi, en Afghanistan, en Ouganda, au Sénégal, au Mozambique, en Zambie, en Ethiopie ou au Kenya, il n’y a pas, ou peu, de stocks alimentaires. Il n’y a pas non plus d’argent pour assister les plus démunis. Le rapport cite l’exemple du Burkina Faso, qui, en 2008,  subventionne la vente de céréales sur le marché interne. Mais qui doit faire appel au PAM – le Programme Alimentaire Mondial – pour secourir 600.000 personnes. Toujours en 2008, le gouvernement éthiopien puise 190.000 tonnes de blé dans ses réserves pour approvisionner 800.000 urbains. Et qui, un peu plus tard, doit en importer 150.000 tonnes pour nourrir ses villes. Ici encore, le PAM est intervenu.

Un milliard de mal nourris.

La FAO, qui tire les conséquences de la crise alimentaire de 2007-2008, se demande comment mieux contrôler les prix sur les marchés intérieurs. Deux propositions. D’abord, améliorer l’information qui renseigne sur l’état des marchés, mondiaux et nationaux, afin de développer une analyse pertinente de l’évolution des échanges. Cette idée, qui suppose la transparence des données, permettrait de réagir avant que la panique des marchés joue sur les prix. Reste que l’information sur les réserves alimentaires est difficile à obtenir, problème d’accès aux sources, ou stratégie économique de certains pays. Seconde proposition, considérer l’envol des prix alimentaires comme « un état de fait », et s’y adapter. En développant des stratégies de protection sociale. Message fort de la FAO, investir dans l’agriculture pour impulser une dynamique interne qui fasse reculer la pauvreté et la faim : plus de compétitivité sur le  marché intérieur, plus de revenus pour les agriculteurs, et des produits agricoles, moins chers,  accessibles au plus pauvres. La FAO, qui révise sa méthodologie, ne chiffre pas la faim dans le monde en 2011. Elle touche probablement un milliard de personnes.

 

M.J

 

Pendant ce temps, Action contre la Faim convoque le G20

 

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Une classe virtuelle est mise en ligne par la FAO. Des documents et des leçons type permettent aux enseignants de fouiller la problématique de la faim – faim, malnutrition, insécurité alimentaire..-, afin de sensibiliser les élèves et les étudiants : http://www.feedingminds.org/fmfh/accueil/fr/

A petite échelle, la campagne TeleFood de la FAO accompagne des micro-projets dans plus d’une centaine de pays pour aider les familles et les communautés à produire de la nourriture. Ou générer des revenus pour en acheter. Petites histoires… http://www.fao.org/getinvolved/telefood/fr/

Lien Rapport : « L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde », Comment la volatilité des cours internationaux porte-t-elle atteinte à l’économie et à la sécurité alimentaire des pays. FIDA, WFP, FAO. http://www.fao.org/docrep/014/i2330f/i2330f.pdf


Publié le 13 octobre 2011 par marlene dans Actualité,Agriculture.,Alimentation,FAO,Objectifs du Millénaire.
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FAO: une cuisine aux « petits cocons ».

Bonjour,

Khamlai Chathavong maîtrise désormais les techniques de reproduction et d’élevage d’insectes, destinés à l’alimentation. Il est l’un des sept agriculteurs sélectionnés pour un projet pilote, mené en collaboration par le Département d’Agriculture de l’Université nationale du Laos et la FAO, l’Organisation mondiale pour l’Alimentation et l’Agriculture. L’idée est simple. Développer la consommation d’insectes pour faire reculer la faim. Le terrain s’y prête. Au Laos, où crickets, scarabées, vers, et  fourmis s’affichent sur les menus des restaurants, 95% de la population consomme des insectes. Et dans un pays où la malnutrition des moins de cinq ans galope, les insectes offrent une source de protéines, de graisses, de fer, de calcium, et de vitamines à bas prix. Autre vocation du projet, créer une petite industrie, génératrice de revenus pour les plus pauvres. « Si les fermiers développent ces nouvelles techniques, ils peuvent vendre des crickets, des scarabées de palmiers, des vers de farine, ou des fourmis de tisserands, trois ou quatre fois par an, alors que les méthodes traditionnelles ne leur permettent qu’une à deux récoltes par an. », commente Khamlai Chathavong. (1) L’Université de Ventiane vient de former une vingtaine d’autres agriculteurs à la « culture » d’insectes. Pour l’année 2011, quatre séminaires sont prévus, dans la capitale et en province. Avec un mot d’ordre: diffuser ces techniques d’élevage et de marketing, tout en informant sur les valeurs nutritionnelles des insectes. Dans un pays où chaque province a ses habitudes de consommation et d’élevage, il s’agit de convertir le plus grand nombre à un entreprenariat efficace. (1)

Nourriture de base ou snack.

Les laotiens ne sont pas les seuls à consommer des insectes. Dernier recours contre la faim, nourriture de base, ou met délicat, le catalogue des insectes comestibles hésite entre 1400 et 1700 espèces. L’entomophagie, qui désigne la consommation d’insectes sans vraiment réussir à les rendre appétissants, se décline dans plus de 90 pays dans le monde, en Afrique, en Amérique du Sud, ou en Asie du Sud-Est. Le Malawi, la Zambie, et la République du Congo mangent des chenilles collectées dans les bois. La Nouvelle Guinée déguste des larves de Sago. Et depuis très longtemps, la Chine goûte le ver à soie. Dans beaucoup de cultures, désormais offertes à une consommation plus aseptisée, les insectes sont devenus dégoûtants. D’autres sont restées fidèles à cette pratique nutritionnelle. Et dans certaines périphéries des grandes villes du monde en développement, les insectes nourrissent le souvenir d’une vie simple et saine à la campagne. Historiquement, la plupart de ces insectes sont collectés dans les forêts environnantes. Une nourriture locale qui répond à l’envolée des prix alimentaires, à une agriculture émettrice de CO², de plus en plus contrariée par les effets du changement climatique. La FAO mise sur cette ressource locale pour nourrir les affamés, créer des revenus, et protéger la biodiversité. En Afrique centrale, les brûlis saisonniers préservent les colonies de chenilles, qui figurent au menu traditionnel. La FAO fait aussi l’éloge de la Thaïlande, où elle développe le commerce du cricket depuis 1999, en collaboration avec l’Université de Khon Kaen, dans le Sud-Est du pays. Les communautés ont été formées à une activité bon marché, facile à mettre en place, nécessitant peu d’espace, qui commence à tourner. Dans la région de Khon Kaen, 4500 familles élèvent des criquets. Activité qui occupe 15.000 familles à l’échelle nationale. Dans ces régions pauvres, deux villages, environ 400 familles, produisent l’équivalent de 10 tonnes de criquets pendant l’été, pour un revenu qui varie d’une centaine à plus de mille euros, par mois et par famille. La récolte est destinée aux étals de Bangok et aux marchés urbains du pays. A moins d’être exportée vers le Laos ou le Cambodge. Les familles thaïlandaises élèvent aussi des fourmis, autre nourriture populaire. L’Université de Khon Kaen a aussi planché sur la punaise d’eau géante, autre gourmandise thaïlandaise. A la question « Pourquoi les Thaïlandais mangent-t-il des punaises ? », les ¾ de consommateurs d’insectes répondent que c’est bon avec une bière. (2)

Criquets, suschis, et sashimis.

La FAO, qui réfléchit à introduire plus d’insectes dans l’alimentation mondiale, travaille à mieux connaître leurs habitudes, leurs habitats, ou leur place dans les régimes traditionnels. Elle pense aussi à conquérir la nouvelle cuisine, au Japon, à Singapour, à Hong-Kong, ou en Occident. Des criquets « mode Thaï », cuisinés avec du piment et de la citronnelle, servis avec  du riz, quand la chair crue des sushi et des sashimi multiplie les amateurs. En attendant, lors d’un meeting des Nations Unies en Thaïlande en 2008, un scientifique japonais a proposé d’installer des élevages de cafards dans les navettes spatiales, gain de place et source de protéines pour les astronautes. (3)

M.J

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(1) « More insects coming to a restaurant near you ». EC FAO food security programme

http://www.foodsecuritylink.net/laopdr/index.php?option=com_content&view=article&id=105:more-insects-coming-to-a-restaurant-near-you&catid=1:news&Itemid=2

(2)”Edible Forest Insects / Humans Bite Back”, B.Durst, V.Johnson, N.Leslie, Shono, 19/21-02-2008, Chiang Mai, Thaïland. -FAO/ RAP Publication 2010-02 http://www.fao.org/docrep/012/i1380e/i1380e00.pdf

(3) ”Eat insects to beat world hunger, UN scientists say”, Asia News, Thaïland, 26-02-2008, http://www.asianews.it/news-en/Eat-insects-to-beat-world-hunger,-UN-scientists-say-11624.html


Publié le 28 avril 2011 par marlene dans Asie du Sud-Est.,crise alimentaire,FAO
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FAO: un point sur les forêts.

Bonjour,

La déforestation mondiale serait en baisse, sans pour autant s’arrêter. C’est le constat de la FAO qui livre son rapport 2010 sur l’état des forêts dans le monde. (1) Pendant la décennie 2000-2010, le rythme de la déforestation est estimé à 13 millions d’hectares par an, contre 16 millions pendant la décennie précédente. Avec des différences continentales. Les pertes les plus importantes sont enregistrées en Amérique du Sud et en Afrique, quand la superficie forestière stagne en Amérique du Nord et du Centre, et gagne du terrain en Europe et en Asie. Et des différences nationales. Moins de forêts sacrifiées au Brésil et en Indonésie, mais beaucoup plus en Australie, sous la double pression des sécheresses et des incendies. La perte contenue de la superficie mondiale des forêts s’expliquerait aussi par le reboisement et l’expansion naturelle des écosystèmes forestiers. La politique de plantation à grande échelle, orchestrée en Chine depuis la fin des années 70, compenserait les pertes forestières enregistrées en Asie et en Asie du Sud-Est.

Les forêts primaires , systèmes tropicaux denses et variés, épargnés par les activités humaines, représentent plus du tiers du couvert forestier mondial. Pénétrées et exploitées pour certaines essences, elles auraient perdu 40 millions d’hectares depuis 2000. Les forêts plantées, 7% du couvert forestier mondial, gagnent elles 5 millions d’hectares par an. En Asie, en Europe, en Amérique du Nord et du Centre, surtout. Un quart d’entre elles prospèrent grâce à des essences introduites. Environ 12% des forêts mondiales sont protégées, parcs nationaux, réserves d’animaux, ou espaces naturels. Une superficie sous surveillance qui gagne du terrain depuis les années 90.

Fonction économique et de survie. Environ le tiers des forêts de la planète sont destinées à la production  de bois et de produits forestiers non ligneux. L’extraction officielle de bois, stable depuis les années 90, serait gonflée par l’exploitation illégale. La FAO estime qu’environ la moitié du bois extrait est destiné à se chauffer. Environ 10 millions de personnes travaillent à la gestion et à la protection des forêts, quand probablement des millions d’autres, estimation difficile, dépendent de la forêt pour survivre. Fonction écologique. 8% des forêts mondiales sont affectées à la conservation des sols et des eaux. Les arbres permettent aussi de maîtriser les avalanches en montagne. Ils protègent les cordons dunaires, les côtes, et constituent un rempart contre la désertification. Les plantations chinoises, destinées à contenir la désertification, la dégradation des sols, la déperdition d’eaux dans toute la partie Nord du pays, ou à prévenir les crues du Yangtsé, ont fait progresser la surface mondiale des forêts utiles. Fonction socio-économique. 4% des forêts mondiales seraient destinées au tourisme, à l’éducation, et assumeraient une fonction socio-culturelle et spirituelle pour certaines communautés. Le Brésil consacrerait  1/5° de la superficie forestière aux populations qui en dépendent.

En lien la synthèse du rapport de la FAO, version PDF. http://www.fao.org/forestry/static/data/fra2010/KeyFindings-fr.pdf Au fait, à qui appartiennent les forêts ?  A tout le monde, 80% du couvert mondial. Les communautés, les particuliers, et les sociétés privées se partagent le reste.

M.J

Reboisement en Chine et arnaque. Des citoyens, encouragés à investir dans un programme de plantation d’arbres dans le nord de la Mongolie, région aride, ont été floués. Manifestation.

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(1) Evaluation des ressources forestières 2010.


Publié le 17 avril 2010 par marlene dans déforestation,FAO
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Elevage: entre industrie et survie.

Bonjour,

Poussé par les pays en voie de développement, l’élevage planétaire est en plein boom. C’est le constat du rapport 2009 de la FAO, l’organisation des Nations –Unies pour l’alimentation et l’agriculture. L’amélioration du niveau de vie, l’urbanisation, et la croissance démographique ont fait décoller la demande en viande, en œufs, et en produits laitiers. Cette évolution, rapide et anarchique, pèse sur l’environnement. Mais, dans les pays les plus pauvres, posséder une vache évite la faim.

Multiplications.

Côté consommation, la multiplication s’impose. En 25 ans, dans les pays de l’Est et du Sud-Est asiatique, la part de la viande dans le régime alimentaire a pratiquement été multipliée par 4. Elle est passée de 12,8kg, par an et par habitant en 1980, à 48,2kg en 2005. En Chine, pour la même période, elle a plus que quadruplé, sautant de 13,7 kg à 59,5 kg. En 2005, les Chinois consomment aussi dix fois plus d’œufs et de lait qu’en 1980. Au Brésil, depuis les années 80, la part de la viande a doublé,  portant la consommation à plus de 80 kg, par an et par habitant, en 2005. Exception dans ce changement de régime, l’Afrique sub-saharienne,  où les chiffres stagnent et reculent. Globalement, si la consommation de produits dérivés de l’élevage a doublé dans les pays les moins riches en plus de deux décennies, elle n’a guère progressé dans les pays développés, où l’alimentation d’origine animale était déjà très importante. Avec plus de 120 kg de viande par an, et par habitant, les Etats-Unis restent le royaume du steack. L’offre a globalement suivi la géographie et l’envolée de la demande. Entre 1980 et 2007, la production issue de l’élevage a plus que triplé dans les pays émergents. L’Asie de l’Est et du Sud- Est a accompli une transition plus rapide, suivie par l’Amérique latine et les Caraîbes. La Chine a multiplié sa production de viande par 6, le Brésil par 4. En 2007, les pays en voie de développement produisent plus d’œufs et de viande que les pays développés.

Elevage industriel.

Elevage industriel, celui qui approvisionne des villes toujours plus peuplées, notamment dans les pays en voie de développement. L’urbanisation y est de 73%, contre une moyenne mondiale de 42%. Au Brésil, en Chine, en Inde, les revenus ont augmenté, les habitudes alimentaires ont changé. La viande s’est imposée dans les menus des citadins qui, désormais, prennent leurs repas à l’extérieur. Ce changement de régime, décliné à l’échelle des puissances émergentes, pèse sur l’environnement. L’élevage, gros producteur de gaz à effet de serre, 18% des rejets mondiaux, est aussi un gros consommateur. Chaque année, il puise 8% de la réserve mondiale en eau. Il s’étend sur de vastes superficies agricoles, 80% des terres disponibles, dont 1/4 de pâturages et 1/3 de zones destinées à produire des aliments pour le bétail. Dans certains pays, les exploitations intensives repoussent la forêt, et favorisent le surpâturage. L’élevage, qui s’est rapproché des villes pour réduire les coûts des transports, est aussi un vecteur de maladies. La FAO regrette que la filière, boostée par la technologie dans un souci de rentabilité, se soit emballée sans cadre institutionnel, sans contrainte, sur le dos des équilibres sociaux et naturels. D’où l’urgence à contrôler un développement qui intègre les petits producteurs, n’épuise pas les ressources naturelles, et respecte les règles sanitaires. Et s’il faut choisir une viande, la volaille ou le porc, en rapide expansion, à l’alimentation  plus douce pour l’environnement que celle du boeuf.

Elevage domestique.

Elevage domestique, celui qui soulage le quotidien des ménages les plus pauvres. Dans de nombreux pays en voie de développement, de petits exploitants associent l’élevage à une agriculture familiale. La FAO, qui a échantillonné une quinzaine de pays, révèle que 60% des ménages entretiennent des animaux. A Madagascar, la part des familles possédant du bétail grimpe à 77%, 63% au Malawi, 82% au Viet-Nam, et 84% en Equateur. Sans compter les oubliés de la richesse européenne, 84% en Albanie, et 72% en Bugarie. Ce bétail, qui donne des veaux et du lait, est d’abord une source de revenus pour ces petits exploitants. Il est aussi l’assurance d’une alimentation régulière, et de bonne qualité. Il représente encore une force de travail pour cultiver les champs. Et dans ce monde où rien ne se perd, les bouses de vaches constituent un engrais, ou un combustible. L’élevage est aussi une source d’emploi pour les femmes qui élèvent des poules et des chèvres, et tirent revenus des œufs et du lait. En Afrique, la volaille, produit de la maison ou produit du village, est d’ailleurs souvent une affaire de femmes. Mais, à moins d’un sérieux coup de pouce de la part des décideurs, assorti d’un encadrement institutionnel, « La production animale risque de rester  un moyen d’existence et un filet de sécurité essentiels pour les ménages pauvres pendant de nombreuses années encore. »

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Et pastoralisme.

A distance de l’élevage industriel et  à proximité de l’élevage domestique, le pastoralisme. Dans certains pays de la Corne de l’Afrique ou du Sahel, les éleveurs négocient leurs chèvres, leurs moutons, leurs bœufs, ou leurs chameaux à des marchands qui les destinent au Proche Orient, ou aux agglomérations côtières d’Afrique de l’Ouest. Ce commerce est aujourd’hui menacé par des normes sanitaires plus rigoureuses. La multiplication des contrôles frontaliers, l’expansion des terres cultivées et des aires protégées, limitent aussi l’espace pastoral traditionnel. Partout dans le monde, les éleveurs nomades sont une espèce en voie de disparition. Autre ennemi de cet élevage itinérant, le changement climatique qui assèche des terres déjà arides, et prolonge les sécheresses.

M.J

Rapport FAO 2009: « Le point sur l’élevage »


Publié le 31 mars 2010 par marlene dans Agriculture.,FAO,Urbanisation
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FAO, femme, et « genre ».

Bonjour,

En fouillant sur le site de la FAO – l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture -, on découvre un lien intitulé «Genre et droit à la terre ». Si le « droit à la terre » s’annonce explicite, la notion de « genre » est plus intrigante.  Le « genre » est un concept sociologique qui transforme le sexe en « homme », ou en  « femme », et qui stéréotype sa fonction sociale. C’est aussi un marqueur d’inégalités. C’est justement là où veut en venir la FAO qui pointe la situation des femmes dans les sociétés rurales traditionnelles. Plus pauvres, écartées des décisions, et sans moyens pour accéder à la propriété, elles sont exclues de l’économie des campagnes. Or, ce sont elles qui font vivre les champs et les enfants. Depuis quelques années, la FAO place les femmes au cœur de sa stratégie de développement rural. Question d’équilibre des « genres », et de sécurité alimentaire pour ceux  qui mangent ce que les femmes cultivent.

Dans l’ombre….

Dans son approche de « genre » en milieu rural, la FAO schématise le rôle de chacun des acteurs. Dans la plupart des sociétés traditionnelles, «l’homme », en principe propriétaire de la terre, tire profit de son travail. Il est plus souvent impliqué dans une agriculture de type « commercial », des légumes destinés aux populations urbaines voisines par exemple. Il prépare ses champs, plante, sème, cultive, et récolte. Il est souvent responsable des troupeaux, dont il peut vendre les bêtes. Il accomplit les tâches forestières, coupe le bois, et le négocie. Dans les communautés de pêcheurs, il monnaie sa pêche aux femmes qui la revendent. Bref, il cumule les fonctions économiques essentielles, et en retire des bénéfices. Dans la même famille, la « femme » tient le foyer. Elle élève les enfants, prépare les repas, s’affaire dans la basse-cour, ramasse le petit bois pour faire la cuisine, et effectue la corvée d’eau. Mais surtout, femme, et filles, produisent une agriculture vivrière, destinée à la consommation du ménage. Elles vendent parfois quelques légumes, quelques fruits ramassés dans les bois,  de petits revenus immédiatement investis dans l’achat de nourriture, ou consacrés à l’éducation des enfants. Et quand la famille manque de « bras », les filles sont les premières à quitter l’école. Les femmes sont exclues des moyens de production qui transformeraient leur statut. Elles n’ont que rarement accès à la terre qui reste soumise aux droits coutumiers, ou à une législation exclusive. Elles n’ont pas droit au crédit, ni à la formation. Elles ne sont pas impliquées dans le business des cultures industrielles, qui prennent la place de leurs cultures vivrières, ou les repoussent vers des sols moins fertiles. La mécanisation de l’agriculture, menée de main d’homme, les éloigne encore de l’économie formelle. Les femmes, qui portent les sociétés traditionnelles, restent des travailleurs de l’ombre.(1)

En attendant….

Dans sa vision de développement agricole, la FAO mise sur  l’égalité des « genres », un partage des terres, des décisions et des bénéfices communs, une participation conjointe aux projets de développement, conditions d’une reconnaissance du rôle des femmes dans le fonctionnement des communautés agraires. S’il est question de « dignité » humaine, il est aussi question de sécurité alimentaire. Dans ces sociétés, les femmes représentent plus de la moitié des bras employés dans les champs. Sur le continent africain, elles constituent  70% de la force de travail, produisent sans doute près de 90% des denrées alimentaires, mais ne possèdent que 2% des terres. (2) La FAO cite une étude qui estime que la productivité agricole de l’Afrique sub-saharienne serait de 20% supérieure si les femmes avaient accès à la terre, aux graines, et aux engrais. (1) En attendant que les femmes, mieux éduquées, libérées des préjugés ancestraux qui leur interdisent de décider, et de posséder, la FAO propose une base de données qui renseigne sur le contexte foncier et la condition féminine dans 78 pays.  Cet outil est destiné aux décideurs qui travaillent à adoucir la condition des femmes dans les sociétés rurales, et a en faire des « actives » déclarées. Une belle intention qui ferait presque oublier que les sociétés se réforment de l’intérieur, et que les inégalités de « genre » ont le sommeil profond.

M.J

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(1) « Gender », FAO, http://www.fao.org/gender/gender-home/gender-why/why-gender/en/

(2) « Le femmes en Afrique », OCDE http://www.oecd.org/document/30/0,3343,fr_2649_33935_39362462_1_1_1_1,00.html


Publié le 25 février 2010 par marlene dans Agriculture.,Alimentation,Développement durable,Non classé
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Déforestation: la FAO relève des percées dans les forêts d’Afrique.

Bonjour,

La presse africaine titre sur la déforestation du continent. (1) Plus de quatre millions d’hectares de forêts auraient disparu chaque année entre 2000 et 2005, précise la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture qui vient de mettre en ligne son rapport annuel : « Situation des forêts du monde en 2009 ». Les forêts africaines couvrent 645 millions d’hectares, environ le tiers de la superficie du continent. Au centre, le massif du Bassin du Congo constitue le second poumon de la planète. Partout, la petite agriculture, la multiplication des cultures itinérantes qui grignotent plus souvent des fronts intacts, font  reculer la forêt. Le développement de cultures industrielles, qui a besoin d’espace, pourrait devenir le principal ennemi du couvert forestier. La demande en combustibles, bois et charbon de bois, nourrit encore la déforestation d’un continent en développement, où l’énergie est chère. Le rapport met en relation la forêt et les pressions conjuguées qui se développent sur le continent Africain. La population, en passe de dépasser le milliard. L’urbanisation, dans 10 ans près de la moitié des Africains vivra en ville. Et la pauvreté, aggravée par la démographie, mais soulagée par une agriculture qui gagne sur la forêt. Le rapport prédit qu’en Afrique du Nord, de meilleures conditions d’existence laisseront une chance aux arbres, et favoriseront peut-être le reboisement. En Afrique de l’Est et en Afrique Australe, les densités de populations devraient encore faire reculer la forêt. En Afrique de l’Ouest « la poussée croissante et rapide de la demande de bois de feu en milieu urbain et l’augmentation de la demande de terres agricoles tendront à se traduire par une perte continue du couvert forestier ». (2) Selon l’Atlas de l’Intégration régionale en Afrique de l’Ouest, les forêts de la sous- région seraient particulièrement malmenées. Entre 1990 et 2005, la déforestation aurait avalé 1,2 millions d’hectares par an: « Cette diminution s’est traduite par une fragmentation du couvert, notamment dans la zone humide : passage d’une forêt fermée à une forêt ouverte puis à des espaces boisés. Selon les estimations de la FAO, plus de 10 % des forêts fermées ont été transformées en forêts ouvertes entre 1980 et 2000 et entre 3 et 7 % des forêts fragmentées sont devenues des espaces boisés au cours de cette même période. » (3). En matière de déforestation, s’il est question de superficie, il est aussi question de définition. Prochain blog.

M.J

(1) Afrique: « L’Afrique a perdu 4 millions d’hectares de forêts par an entre 2000 et 2005 (FAO) », Agence de Presse Sénégalaise (Dakar) 6 -01-2010, http://fr.allafrica.com/stories/201001070239.html -« Congo-Brazzaville: Des forêts artificielles détruites non loin des villes. »Arsène Séverin, IPS, 8-01-2010 http://fr.allafrica.com/stories/201001080530.html

(2) »Situation des forêts du monde 2009″-Accès rapport FAO – Format PDF http://www.fao.org/docrep/011/i0350f/i0350f00.HTM

(3) Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Les évolutions du milieu : dynamiques foncières. http://www.atlas-ouestafrique.org/spip.php?article159


Publié le 19 janvier 2010 par marlene dans Afrique,déforestation
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Un milliard d’affamés.

Bonjour,

Plus d’un milliard de personnes, à peu près 1/6° de l’humanité, est sous-alimenté. C’est le constat de l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture des Nations Unies (FAO). La crise économique mondiale et le prix élevé des denrées alimentaire dans nombre de pays en développement expliquent ce record honteux. Cette année, 100 millions de personnes supplémentaires, devenues plus pauvres en raison du chômage et d’une baisse de leurs revenus, n’auront pas les moyens de se nourrir décemment. Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), qui signe ce constat avec la FAO, c’est un retour en arrière après quatre décennies d’avancées sur le front de la faim dans le monde. Les prix élevés du pétrole et de la nourriture, en 2008, ont préparé le terrain à ce regain de pauvreté, stimulé par la crise mondiale. (1)

Moins de revenus en provenance des travailleurs exilés à l’étranger, baisse de l’activité économique et des exportations, hausse du chômage, prix alimentaires élevés, les pauvres sont plus pauvres, et une nouvelle classe de démunis, jusque-là épargnée, apparaît. Pour fouiller le problème, le PAM a retenu cinq pays, Arménie, Bengladesh, Ghana, Nicaragua, et Zambie. L’Arménie, très dépendante des revenus de ses travailleurs du bâtiment employés en Russie et en Europe, 20% de son PIB et soutien financier pour de nombreuses familles, a immédiatement ressenti les effets de la crise. Une classe de nouveaux pauvres en témoigne. Beaucoup de gens achètent déjà de la nourriture à crédit. Et l’hiver annonce des risques de pénuries alimentaires. Le Nicaragua, touché par les conséquences d’un ouragan et d’inondations, qui mise sur les revenus de sa main d’œuvre exilée à l’étranger, est particulièrement vulnérable au ralentissement économique des Etat-Unis. Les exportations, café, fruits de mer, et confection, à destination du grand voisin, sont compromises. Les familles paupérisées, sont réduites à vendre leur bétail pour joindre les deux bouts. La santé et l’éducation des enfants ne sont plus une priorité. En Zambie, le prix de la nourriture de base a explosé, 2/3 plus cher que l’an dernier à la même époque. De nombreuses familles sautent déjà des repas, et se contentent d’une alimentation bon marché, bien moins nourrissante. La monnaie est dévaluée. Le prix du cuivre, principale exportation du pays, est tombé. Les mines de cuivres licencient en pagaille. Au chômage, les mineurs perdent deux avantages majeurs, des repas et un suivi médical – beaucoup souffrent du SIDA -.Au Bengladesh, très dépendant de l’argent gagné au-delà des frontières, la situation n’est guère plus brillante. Les migrations de travailleurs ont chuté de 40% par rapport à l’année précédente. Les commandes de prêt-à-porter sont tombées, les exportations de poissons aussi. Fin 2008, 20% de la population souffrait déjà de malnutrition chronique. Au Ghana, jusqu’alors remarqué pour sa bataille contre la faim et ses progrès sociaux, il y a risque de retour à la case départ. Ses deux principales exportations, le cacao et l’or, doivent porter une économie très ralentie par la crise. Les prix alimentaires y sont très élevés. On y mange moins, et moins bien qu’avant. Particulièrement touchées, la zone de production des noix de Karité employées dans l’industrie cosmétique, et les femmes qui en dépendent.

La géographie de la sous-alimentation, largement calquée sur un monde pauvre, place l’Asie- Pacifique en tête -642 millions de personnes -, suivie par l’Afrique sub-saharienne – 265 millions -, Amérique latine – Caraïbes – 53 millions-, Proche Orient- Afrique du Nord – 42 millions. Sans oublier le « monde développé », 15 millions. A propos de cette cartographie de la misère, théâtre potentiel d’instabilités et de migrations accélérées, Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, a déclaré : « Cela est inacceptable. Comment peut-on expliquer à des gens sensés et de bonne volonté une telle situation dramatique dans un monde où les ressources internationales abondent et alors que des trillions de dollars sont dépensés pour stimuler l’économie mondiale? »

M.J

(1)« AO/ Une personne sur Six dans le monde soufre de la faim », Centre d’actualités de l’ONU, 19 juin 2009, http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19432&Cr=FAO&Cr1=faim

(2) « Households Go Hungry as Financial Crisis Bites », WFP , Published on 11 June 2009 http://www.wfp.org/news/news-release/households-go-hungry-financial-crisis-bites

(3) «La AO appelle à renforcer la sécurité alimentaire mondiale », Centre d’actualités de l’ONU, 8 juin 2009. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19330&Cr=alimentation&Cr1=FAO


Publié le 23 juin 2009 par marlene dans Actualité,faim
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