Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Mers et océans en état de stress.

Bonjour,

Pêche excessive et déclin des populations de poissons, acidification des océans et reproduction ralentie des coraux, manque d’oxygène et expansion des zones mortes, pollution et invasion des plastiques, les signes se multiplient pour confirmer la mauvaise santé des océans. Ces changements, plus rapides que prévus, inquiètent la communauté de chercheurs de l’International Program of the State of the Ocean (IPSO), réunie à Londres début avril, en partenariat avec l’IUCN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Leurs conclusions, formulées dans un rapport, évoquent un changement d’époque dans l’histoire des océans. Le réchauffement des mers, l’acidification des eaux, et le manque d’oxygène, se combineraient pour créer un dérèglement du cycle carbone. Ce contexte rappellerait ceux qui ont précédé les cinq grandes périodes d’extinction qui ont accompagné l’aventure de la terre, au cours des 600 millions d’années passées. Selon le rapport, la rapidité de ces mutations ressemble souvent aux pires scénarios prédits par le GIEC, le groupe d’experts internationaux sur le climat. Et les dépasse parfois. La réduction des glaces de l’Arctique, la fonte accélérée du Groënland et du système Antarctique, l’élévation du niveau des mers, et l’échappée du méthane piégé dans les fonds marins, bousculent déjà les projections les plus pessimistes. Avec pour conséquences, migrations et déclins d’espèces marines, déplacement des colonies d’algues toxiques, multiplication des risques sanitaires, ou disparition de certains poissons habitués à vivre dans un système marin, plus riche et plus complexe. Plus que l’addition des facteurs de stress, c’est la multiplication qu’il faut craindre. C’est-à-dire une dynamique qui mêle pêche excessive, modification du milieu, changement climatique, manque de nutriments, et introduction d’espèces invasives. La porte ouverte à un accroissement de ces espèces indésirables et à une prolifération d’algues toxiques, qui vont asphyxier le milieu. Ou encore, une température plus élevée combinée à une acidification croissante, contexte qui va accélérer le blanchiment et contrarier le développement des coraux, et réduire la vie associée à cet habitat . Autre exemple de réaction en chaîne, la prolifération des plastiques dans les mers et les océans, et leurs incidences sur la chaîne alimentaire. A une autre échelle, il est question de l’équilibre entre le « système océan » et le « système terre », dont les évolutions climatiques sont liées. Beaucoup de perspectives alarmistes qui débouchent sur les recommandations classiques, réduction immédiate des rejets de CO², restauration des écosystèmes marins, règlements pour limiter les charges imposées au océans, et intervention des Nation Unies – notamment via la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer pour formuler un mode d’emploi des océans, plus responsable. Car l’agent perturbateur est bien identifié : «La résistance des océans aux conséquences du réchauffement climatique est sévèrement compromise par les autres facteurs de stress d’origine humaine, dont la pêche, la pollution, et la destruction de l’habitat. » (1)

M.J

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Lien résumé du rapport / English

http://www.stateoftheocean.org/pdfs/1906_IPSO-LONG.pdf


Publié le 30 juin 2011 par marlene dans Actualité,Climat,Ecosystèmes.,Pollution de l'eau
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