Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Fukuoka, l’homme qui voulait révolutionner l’agriculture…

Bonjour,

« Je vis sur une petite montagne où je pratique l’agriculture. Je n’ai pas de connaissance, je ne fais rien. Je travaille la terre sans cultiver, sans fertilisant, et sans produit chimique » (1), ainsi se présente Masanobu Fukuoka, petit agriculteur japonais. Tout au long de sa vie, il a appris à laisser travailler la nature à sa place. C’est elle qui lui a montré qu’elle pouvait être généreuse, pour peu qu’on la laisse tranquille. De cette conversation avec la nature est née un livre majeur, « La révolution d’un brin de paille », principes pour une agriculture naturelle.

Quatre grands principes.

Premier principe, ne pas cultiver la terre qui travaille seule, aidée par les racines, les plantes, les micro-organismes, et les autres petits locataires de l’écosystème. Fertilisants chimiques et compost préparés sont interdits, second principe, pour ne pas brutaliser la nature. Pour rendre ses sols naturellement plus généreux, Fukuoka fait pousser du trèfle blanc en surface. Il couvre de paille et y ajoute du fumier de volaille. Il commente sa recette à base de paille: « Répandre de la paille…est le fondement de ma méthode pour faire pousser le riz et les céréales d’hiver. C’est en relation avec tout, avec la fertilité, la germination, les mauvaises herbes, la protection contre les moineaux, l’irrigation. Concrètement et théoriquement, l’utilisation de la paille en agriculture est un point crucial. Il me semble que c’est quelque chose que je ne peux faire comprendre aux gens. » (2) Troisième principe de cette agriculture, ne pas désherber car les mauvaises herbes participent au processus naturel. Pas de produit chimique, quatrième principe. Les insectes et les maladies ne sont pas assez nocifs pour justifier une intervention chimique. Argument complémentaire, une plantation robuste développe sa propre résistance aux nuisibles. (3) Le livre est publié en 1975, il fait école.

Trois décennies pour mesurer ses efforts.

Masanobu Fukuoka naît en 1913, dans un petit village agricole de l’ïle de Shikoku, au sud de l’archipel nippon. Il apprend la microbiologie, se spécialise dans les sols, et la pathologie des végétaux. A 25 ans, il souffre d’une grave pneumonie, probable déclic face à la mort, il prétend avoir des visions. Il se met notamment à douter de la relation entre l’homme et la nature. Nous sommes dans le Japon de la fin des années 30. Le pays commence à  délaisser l’agriculture traditionnelle pour se convertir aux méthodes occidentales, rendements et industrialisation assortis. Fukuoka y voit une rupture entre les Japonais et leur terre. Il s’inquiète déjà des pollutions et des dégradations liées à cette mutation. Il démissionne, revient à la ferme familiale à Shikoku, bien décidé à démontrer qu’il n’est pas nécessaire de brutaliser la nature pour produire. Sa démonstration dure trente ans. Trois décennies pour apprendre et mettre au point une méthode agricole basée sur le « rien-faire ». Ou si peu. Fukuoka, qui renonce au labour, fait travailler ses canards et ses poules pour fertiliser le sol, décourage les mauvaises herbes sans désherber, éparpille de la paille pour stimuler sa terre, attend la maturité de ses graines, les jette dans le champ entourées d’argile, apprend à ménager ses efforts. Récompense, cette agriculture douce qui laisse l’écosystème se reconstituer, donne des rendements identiques à ceux des fermes voisines, aux méthodes plus dirigistes. Avec un petit plus. Le sol, qui n’a pas vu de charrue pendant 20 ans, enrichi par la paille, s’améliore à chaque saison.

Cultiver pour apprendre à philosopher.

Devenu partisan du moindre effort, Fukuoka est aussi devenu philosophe. « Beaucoup de gens pensent que lorsque nous pratiquons l’agriculture, la nature nous aide à faire pousser les aliments. C’est un point de vue exclusivement « humano-centriste ». Nous devrions plutôt réaliser que nous recevons ce que la nature décide de nous donner. Un fermier ne fait pas pousser quelque chose au sens où il, où elle, le crée. Cet homme est seulement le maillon d’un processus par lequel la nature exprime sa créativité. Le fermier a une très petite influence sur ce processus…à part être là, et assumer sa petite part. »(4) Dans ses livres –il a publié deux autres ouvrages (5) -, Fukuoka revendique une inspiration bouddhiste. Mais si l’enseignement bouddhiste éclaire et dicte les méthodes de cette agriculture naturelle, l’inverse est aussi vrai. Pour Fukuoka, cette philosophie exprime l’intime relation entre la vie et la nature. Et quand « l’homme et la nature ne font qu’un, une voie s’ouvre vers cette agriculture qui dépasse le temps et l’espace pour atteindre le zénith de la compréhension et de la lumière. »(4) Mais, il nous rassure tout de suite: “Bien que l’agriculture naturelle – qui peut apprendre aux gens à cultiver une profonde compréhension de la nature – peut conduire à une attitude spirituelle, elle n’est pas strictement une pratique spirituelle. L’agriculture naturelle est juste une agriculture, rien de plus”(4)

L’agriculture naturelle, une révolution copernicienne.

Masanobu Fukuoka s’est éteint en août 2008. Il aurait initié la permaculture. Dans les années 80, il s’intéresse à l’Afrique. Son rêve, faire reverdir le désert. Il amorce de petits projets agricoles en Ethiopie et en Somalie. Mais les Occidentaux préfèrent les cultures de rente, et les gouvernements africains n’aiment pas les petits jardins.(1) Il a enseigné sa méthode à des milliers de personnes. Dans les montagnes, au nord de Kyoto, Larry Korn a expérimenté son modèle. Aux Etats-Unis, en Israël, ou dans le Sud de la France, quelques pionniers perpétuent son héritage. Fukuoka, qui réconcilie l’agriculteur et sa terre, l’agriculteur et son rythme, n’a peut-être pas beaucoup d’illusions sur l’avenir de son modèle. En 1988, le « Ramon Magsaysay Award » couronne ses travaux et ses enseignements. Il déclare alors: « Le changement vers une agriculture naturelle suppose une révolution copernicienne. Ce n’est pas quelque chose qui peut se faire en une nuit. » (6) Mais, il ne renonce pas. En janvier 2008, il apprend à ses élèves à fabriquer des boules de graines…

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M.J

(1)”Greening the desert”, Interview de Masanobu Fukuoka, Robert et Diane Gilman, In context,1986. http://www.context.org/ICLIB/IC14/Fukuoka.htm

(2) Wikipedia

(3)Mouvement Citerrien, « L’Agriculture naturelle
de Masanobu Fukuoka, L’agriculture du non-agir »
http://www.citerre.org/fukuokamct.htm

(4) The Fukuoka Website, The philosophy of Masanobu Fukuoka, http://fukuokafarmingol.info/fphil.html

(5) « L’agriculture naturelle. Théorie et pratique pour une philosophie verte. » «  La voie du retour à la nature : Théorie et pratique pour une philosophie verte. »

(6) The 1988 Ramon Magsaysay Award for Public Service, BIOGRAPHY of Masanobu Fukuoka, http://www.rmaf.org.ph/Awardees/Biography/BiographyFukuokaMas.htm


Publié le 28 novembre 2008 par marlene dans Actualité,Agriculture.,Japon
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Le Japon met du riz dans ses moteurs…

Bonjour,

Soucieux de coller aux objectifs de Kyoto sans renoncer à son parc de 70 millions de véhicules, le Japon se lance dans l’aventure de l’éthanol. Dès mars 2009, le pays devrait convertir du riz en carburant alternatif. Mais, pas question de toucher au riz japonais, ligoté à la tradition du pays. C’est une nouvelle variété, le Hokuriku 193, une semence bon marché avec un rendement de 30 à 40% supérieur au riz traditionnel, qui est expérimenté dans les rizières de Nigata, au centre de l’archipel. Ce projet, conduit par la Fédération nationale des coopératives agricoles (Zen Noh), encouragé par le gouvernement japonais, sera développé sur des terres, en principe, abandonnées. L’éthanol local sera mélangé au carburant traditionnel à hauteur de 3%.(1) Le Japon, qui souhaite diminuer son accoutumance au pétrole, mise sur 10% d’éthanol dans les moteurs japonais, d’ici à 2020.(2)

Gros consommateur de pétrole, en principe « bon élève » de Kyoto qui lui impose une réduction de Gaz à effet de serre de 6% d’ici à 2010, par rapport à 1990, le Japon s’intéresse à l’éthanol. Un intérêt encore accru par l’objectif défini en 2006, 20% de pétrole en moins d’ici 2030. (2) De bonnes raisons d’importer de l’éthanol du Brésil, depuis 2001. Et de plancher sur les possibilités d’une production locale. A Hokkaïdo, les Japonais ont essayé de convertir du blé, impropre à la consommation, en carburant. D’autres expériences ont été menées à partir de déchets de bois. A Okinawa, archipel subtropical, ils ont fait des essais avec la canne à sucre, puis avec la betterave, finissant par préférer la première, jugée plus productive. La mélasse a encore fait l’objet d’expériences. Rien de bien concluant. (2) Excepté un autre projet conduit à Tomakami, sur la côte Sud de l’île d’Hokkaïdo, où la compagnie Oenon Holding, distillateur depuis 80 ans, devrait implanter une usine d’éthanol, à base de riz. La technologie qui permet cette conversion serait similaire à celle qui permet de produire du sake. L’entreprise, qui souhaitait produire du carburant alternatif à partir de riz importé, a finalement opté pour une production locale.(3) Les rizières d’Hokkaïdo, étendues sur des parcelles familiales plus grandes – la moitié couvrent plus de 10 hectares contre moins de 2 pour le reste du pays -, auraient aussi un rendement supérieur.(4)

La production d’éthanol ne devrait donc pas empiéter sur la riziculture traditionnelle. Le riz japonais, cher mais très apprécié, très subventionné car peu rentable, est un secteur très protégé par le gouvernement. Le Japon, qui couvre ses besoins en riz, doit encore en importer 760 000 tonnes, stock imposé par les négociations du Gatt. D’autre part, les campagnes japonaises sont délaissées. En 20 ans, 665 000 hectares ont été abandonnés, dont beaucoup de rizières.(4) La riziculture destinée à l’éthanol permettrait de redonner vie à une partie de ces terres cultivables, et à reverdir les paysages japonais.  Mais le parcellaire japonais, petit, morcelé, ou juché en terrasse, pose la question de la rentabilité d’une culture à vocation industrielle. Autre inconnue, le « gain gaz à effet de serre ». Le Japon , qui mise sur l’éthanol pour réduire sa production de CO²,  notamment dans le secteur automobile, devra composer avec les émissions de méthane. Les rizières, second producteur de méthane après l’élevage, 60 millions de tonnes par an contre 80 pour les ruminants, représentent 20 à 40% des émissions totales. Sans oublier les rejets de CO² dues aux unités de production d’éthanol…

M.J

(1) Interview – « Japan’s first rice éthanol plant sees 2009 start », Risa Maeda, Reuters, 18-01-08 http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUST33749

(2) “Japan – Biofuels – Biofuels Production Report”, USDA Foreign Agricultural, Gain Report-JA (Global Agricultural Information Network), 25-05-2006. http://www.fas.usda.gov/gainfiles/200605/146197881.pdf

(3)”Japan’s Oenon may produce rice-original”, Reuters, 23-05-08 http://asia.news.yahoo.com/070523/3/32atk.html

(4) Click Japon / Agriculture. http://www.clickjapan.org/economie/industrie/agriculture.htm


Publié le 3 octobre 2008 par marlene dans biocarburants,Japon
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Des Africains au Japon….

Bonjour,

Bono pique une colère contre le G8. Le leader du groupe U2 invite les pays les plus industrialisés de la planète à tenir leurs promesses d’aide au continent africain. Le G8, qui devait verser une enveloppe de 22 milliards de dollars à l’Afrique, a quelques arriérés. Trois ans après l’engagement, l’Afrique n’aurait reçu que 14% de la somme, soit 3 milliards de dollars. D’où, le coup de gueule de Bono qui mise sur Nicolas Sakozy, et la France qui doit prochainement prendre la présidence de l’Union européenne, pour faire avancer le dossier. Début juin, lors d’un coup de fil à Bono, Nicolas Sarkozy, conscient de « l’urgence à agir » en faveur du développement africain, l’avait assuré de son soutien. Bono-Sarkozy, même combat pour l’Afrique. Pourtant, il semblerait que la France soit moins généreuse que prévu. En 2007, Paris a réduit de 66 millions de dollars son aide à l’Afrique subsaharienne. En 2005, la France s’était pourtant engagée à consacrer 0,7% de sa richesse nationale à l’aide publique au développement, d’ici à 2015. Elle était de 0,47% du PIB en 2006, et de 0,39% en 2007. De passage à Paris avec Bob Geldof, son Second, épaulé par Yannick Noah, Bono compte quand même sur le soutien de Sarkozy pour inciter le G8 à tenir ses promesses. Le prochain sommet du G8 doit se réunir à Hokkaïdo, au Japon, début juillet.

Bono, chanteur militant, est à l’origine de One, une organisation humanitaire, créée en 2004. One, qui se bat contre l’extrême pauvreté et les grands maux de la planète, SIDA ou paludisme, demande aux gouvernements des pays riches de participer à ces combats. Et d’y apporter des fonds. One, qui se réfère aux engagements du G8 en 2005 en faveur de l’Afrique, publie un rapport annuel qui mesure l’avancée des promesses. Flash Back. En 2005, Bob Geldorf organise « Live 8 » , une série de huit concerts organisés dans les pays du G8, avant le sommet de Gleneagle, en Ecosse. Cette manifestation accompagne la campagne britannique « Make poverty history » ( Abolissons la pauvreté ), qui vise à faire pression sur les dirigeants occidentaux pour alléger le fardeau de l’Afrique. A Gleneagle, les pays riches conviennent de doubler l’aide au développement des pays africains, d’ici 2010. Cet objectif, plusieurs fois révisé à la baisse, devait donc avoisiner les 22 milliards de dollars en 2010. Et Bono trouve que le compte n’y est pas. One commente ce retard: « Le rythme insuffisant de l’aide du G8 et de l’Union européenne à l’Afrique est très inquiétant. » Et toujours selon One, l’allègement de la dette combinée à l’augmentation de l’aide entre 1999 et 2005, aurait permis de vacciner 26 millions d’enfants entre 2001 et 2006. Et grâce à ces mesures, près de 30 millions de petits Africains auraient pu, pour la première fois de leur vie, prendre le chemin de l’école. (1)

Et c’est encore pour évoquer le retard, et regretter le manque d’enthousiasme du G8 à honorer ses promesses de 2005, que l’Afrique s’est réunie à Yokohama, au Japon, du 28 au 30 mai dernier. Cette quatrième conférence internationale sur le développement africain (TICAD), a connu une certaine affluence, l’évènement n’a lieu que tous les cinq ans. Michel Temman, correspondant de Libération à Tokyo, évoque le succès de ce rendez-vous : « Des centaines de billets d’avion. Des dizaines de coucous présidentiels et de vols venus de toute l’Afrique transportant d’énormes délégations (plus de 120 personnes pour celle du Gabon). Des bataillons de gardes du corps. D’interminables ballets de limousines et de voitures blindées. Pas loin de 3 000 hôtes logés durant trois à quatre jours dans les plus beaux hôtels de Yokohama, dans les suites des Intercontinental, Pacifico et autres enseignes de prestige… »Lire la suite, qui n’est pas sans intérêt….

Allez, un peu de musique pour se détendre….

M.J

(1)AFP, 18 juin 2008.


Publié le 20 juin 2008 par marlene dans Actualité,Afrique,Developpement
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Le goût du riz japonais.

Bonjour,

Mauvaise nouvelle pour les habitants des quartiers pauvres des grandes métropoles des pays en développement, les prix agricoles resteront élevés pendant les dix prochaines années. La nourriture, appelée à devenir plus accessible qu’en ce moment, pèsera encore sur budgets des ménages les plus pauvres. L’alimentation restera plus chère qu’au cours de la décennie précédente, avec des variations importantes. Ce scénario est décrit dans les « Perspectives agricoles », publication conjointe de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique ) et de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture.) Pendant que la FAO, réunie en ce moment à Rome, tente de définir une stratégie pour sortir de la crise alimentaire, le Japon propose ses stocks de riz aux Philippines, et à l’Afrique. Producteur excédentaire, et importateur de riz malgré lui, le Japon a des réserves à écouler.

Le Japon, neuvième producteur mondial de riz, près de 9 millions de tonnes en 2007, est obligé d’en d’importer des Etats- Unis, de Thaïlande, ou du Vietnam, pour coller à la réglementation de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Chaque année, 770.000 tonnes de riz sont débarquées sur l’archipel. (1) (2) Ces riz importés, peu adaptés au goût japonais, et délaissés au profit de la production locale, sont stockés. Ces réserves s’ajoutent à la surproduction locale. Et dans un pays, traditionnellement associé à la riziculture et au riz, on en consomme moins qu’avant. Changement de régime pour des Japonais qui mangent plus de pâtes, de pain, et de plats occidentaux, mais qui avalent quand même, en moyenne, plus d’un kilo de riz par personne, et par semaine. Pendant que de nombreux pays producteurs de riz stockent leurs réserves, notamment pour ne pas en manquer chez eux, le Japon a décidé d’exporter. Le pays a l’intention de vendre 200.000 tonnes de riz aux Philippines, et 20.000 tonnes à cinq pays africains.

On pense que la culture du riz au Japon remonte à 2500 ans. C’est le « pays du riz abondant », satisfaction japonaise. Le riz est la principale culture des campagnes de l’archipel, les rizières occupent près de 40% des terres cultivées.(3) Les parcelles sont petites, moins d’un hectare en moyenne, avec une production très mécanisée. Le riz, semé dans la quasi-totalité des 2,3 millions d’exploitations du pays, reste une activité secondaire pour la majorité des agriculteurs, taille des parcelles explique. A l’échelle du pays, la riziculture pèse d’ailleurs moins dans l’économie que par le passé. Le riz japonais, subventionné et protégé par des droits de douane qui contrarient son commerce, est un riz cher. Sur le marché international, et au Japon. Le gouvernement protège ses riziculteurs, qui sont aussi des électeurs. Si tout le pays cultive des variétés améliorées du riz Japonica, c’est le Koshihikari qui a la cote, dans les rizières, et dans les bols. Au Japon, le goût du riz est un critère d’importance.(1)(2)

Il y a quelques mois, le gouvernement japonais s’est inquiété du réchauffement climatique, et de ses conséquences sur la production de riz. Durant la dernière décennie, la température moyenne de l’archipel s’est élevée de 0,2°C à 1°C, par rapport aux trois décennies antérieures. Les scientifiques, qui cherchent pour le compte du gouvernement, craignent qu’un réchauffement plus important affecte la production, et la qualité d’un riz. La céréale, très sensible aux variations de température à chaque stade de sa croissance, devient très vulnérable en fin de cycle. Un climat plus chaud pourrait faire échouer la pollinisation du riz, ou modifier l’apparence des grains. Mais difficile de prédire le comportement du riz sous des températures plus élevées, quand la force du vent, sa direction, ou l’altitude des cultures, influencent aussi son développement. Reste un point qui préoccupe les japonais, le goût du riz. « Ce serait une honte si le riz japonais, de haute qualité, perdait son goût à cause du réchauffement climatique. », a commenté un habitant de Tokyo.

M.J

(1) « En pleine crise alimentaire mondiale, le Japon ne sait que faire de son riz », Roland de Courson, 23-05-22008 AFP- (2) AIR, Le riz dans le monde, le Japon, FAO, 2004. (3) http://genma.free.fr/ninoto/article.php3?id_article=203


Publié le 3 juin 2008 par marlene dans Actualité,Alimentation,Japon
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Le Japon, engagé dans la crise climatique.

Bonjour,

Réunis samedi à Kobe pour trois jours de débats , les ministres de l’environnement du G8, souhaitent une réduction de 50% des gaz à effet de serre, d’ici 2050. Si les pays les plus industrialisés de la planète – Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Italie, Japon, Russie –conviennent de donner l’exemple aux plus pauvres, tous n’envisagent pas le même scénario. Le Japon, défend une approche « sectorielle » de réduction des émissions polluantes. Ichiro Kamoshita, le ministre japonais de l’environnement, préfèrerait une évaluation des efforts accomplis dans chaque branche de l’économie, à des quotas nationaux de réduction de gaz à effet de serre. « La possibilité de réduire les émissions via une approche sectorielle apportera une base scientifique aux négociations de l’après-2012. », a –t-il précisé (1). Les questions environnementales seront d’ailleurs au cœur de la conférence du G8 qui se tiendra à Hokkaido, en juillet prochain. Après avoir soutenu les Etats- Unis à Bali, opposés à des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effet de serre, le Japon se préoccupe du climat.

Le Japon, seconde économie mondiale, est le cinquième émetteur mondial de gaz à effet de serre, après l’Inde et la Russie. En mai 2007, le gouvernement japonais lance la « Cool Earth 50» , une initiative qui propose une réduction globale des gaz à effet de serre de 50%, d’ici à 2050. Sur le plan national, cette stratégie invite le Japon à coller rapidement aux objectifs de Kyoto, moins 6% de rejets polluants en 2012, par rapport à 1990. Une campagne, « 1 personne, 1 jour, 1 kilo », et un mouvement, le « Team Minus 6% », incitent les Japonais à bousculer leur quotidien, et à adopter une attitude écolo. Ils sont invités à baisser le chauffage, à suspendre la climatisation, et à raccourcir leurs douches. A la maison, et au travail. Le « Cool biz », remplacer le costume-cravate par une tenue plus légère pour soulager la clim, est en passe de devenir à la mode. Les Japonais doivent encore réduire leur volume d’ordures, consulter les agences de conseil pour économiser l’énergie, et conduire moins vite. Et dans certains restaurants, c’est moins cher pour les écolos.

Même au Japon, la route vers Kyoto est longue. Si le secteur industriel a effectivement réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 5,5% en 2005 par rapport à 1990, elles continueraient à augmenter « fortement » dans le secteur des transports, du commerce et des ménages. L’avis de l’Ambassadeur du Japon en France. Concernant les transports, le rejet de CO² serait passé de 217 millions de tonnes en 1990, à 261 Mt, en 2002, soit 21% des émissions totales. En cause, l’avion et les déplacements professionnels, hors marchandises. La pollution de l’air liée au trafic, NOx , particules de matières, et CO² assortis, est l’un des plus sérieux problème environnemental au Japon.

L’approche sectorielle défendue par le Japon, et rejetée par d’autres, en détail. Toujours à Kobe, un responsable japonais propose que le Japon, la Chine, et la Corée du Sud invitent le reste de la planète à réduire l’emploi de sacs plastiques, une plaie pour l’environnement.

M.J


Publié le 27 mai 2008 par marlene dans Actualité,Climat
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