Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Wangari Maathai, « Dame Forêt ».

Bonjour,

Wangari  Maathai vient de s’éteindre. Wangari  Maathai, citoyenne du Kenya, a consacré sa vie au « Green Belt Movement ». Cette initiative, lancée en 1977, vise à émanciper les femmes du Kenya en leur donnant pour mission de planter des arbres. Wangari  Maathai, rare femme africaine à obtenir un doctorat – en biologie – au début des années 70, place l’arbre au cœur du développement des campagnes de son pays. Il s’agit de reboiser les paysages afin de freiner la désertification,  et de permettre aux sols de produire à nouveau. Cette vision, qui sous-tend celle de la sécurité alimentaire, place les femmes au premier plan. Elles sont formées à développer des pépinières, à gérer, à protéger les forêts, ou à produire du miel. L’idée est aussi de les tirer hors de la pauvreté. L’initiative de Wangari  Maathai répond à un déboisement, ancien et toujours actif. Entre 1990 et 2010, le Kenya aurait perdu 6,5% de son couvert forestier. (1)De l’autre côté de ce front de déforestation, après plus de trois décennies de sensibilisation et de travail de terrain, le « Green Belt Movement » a permis de planter plus de 30 millions d’arbres sur le territoire kényan. Près de 900000 femmes, estimation du  PNUE – le Programme des Nations Unies pour l’Environnement – auraient travaillé dans les pépinières et sur les plantations. (2)  Et dans un pays où la déforestation conditionne aussi l’accès à l’eau, le « Green Belt Movement » a déjà reverdi le Mont Kenya, la région des Aberdares, et le  Mau Complex, la forêt de montagne la plus étendue d’Afrique de l’Est, avant d’attaquer le Mont Elgon et les Cherengani Hills. Le Mont Kenya  est sans doute le premier de ces  cinq “châteaux d’eau” qui approvisionnent plus de 90% de la population kényane en eau. (3)

 

Depuis 1986, le « Green Belt Movement » a inspiré d’autres pays d’Afrique. En Tanzanie, en  Ouganda, au Malawi, au Lesotho, en Ethiopia, ou au Zimbabwe, on a misé sur les arbres, avec plus ou moins de succès, pour restaurer les terres. Cette vision du développement, qui articule « environnement », « démocratie », et « paix » mise sur les paysages et leurs ressources pour adoucir la vie des Africains. (4) Car Wangari  Maathai se préoccupe aussi de l’Afrique. Elle est d’ailleurs l’une des voix du Jubilee 2000  Africa Campaign. Ce mouvement, porté par une quarantaine de pays, demandait aux Nations riches d’annuler, pour l’an 2000,  la dette qui pèse sur les plus pauvres. Activiste dans son pays, Wangari  Maathai fait campagne contre l’appropriation abusive des terres. Elle dénonce l’attribution illégale des parcelles forestières.(2)  En 1997, celle qui défend la place des femmes dans la société kényane, échoue à la présidentielle face à Daniel erap Moi. Ses nombreuses interventions contre le régime répressif de Moi lui valent harcèlements, brimades, et quelques séjours en prison. En 2002, le Kenya change de Président. Wangari  Maathai, élue au Parlement, devient  Ministre adjoint pour l’environnement et les ressources naturelles. En 2004, le Prix Nobel de la Paix récompense son combat écologiste, féministe, et humaniste: « Lorsque nous plantons des arbres, nous plantons les graines de la paix et de l’espérance. » (2)

M.J

 

Image de prévisualisation YouTube

 

(1) Kenya Forest Information and Data, réactualisé en 2011, http://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Kenya.htm

 

(2) « Lauréate du Prix Nobel de la Paix 2004, le Professeur Wangari Maathai », PNUE http://www.unep.org/billiontreecampaign/french/Statements/wangari.asp

 

(3) Green Belt Movement  Tree planting Programme http://greenbeltmovement.org/w.php?id=13

 

(4) Green Belt Movement , GBM International http://greenbeltmovement.org/w.php?id=21


Publié le 30 septembre 2011 par marlene dans Actualité,Afrique,déforestation
Tags :: , , ,

« Un monde sans eau », des stratégies de survie.

Bonjour,

Dans « Un monde sans eau ? », le réalisateur autrichien Udo Maurer prend prétexte de l’eau, celle qui détruit et celle qui manque, pour nous raconter la vie de millions de personnes. Trois lieux, le Bangladesh, le Kazakhstan, le Kenya, trois tableaux pour illustrer ces stratégies de survie.

Le premier épisode met en scène les paysans du delta du fleuve Brahmapoutre, au Bangladesh, une zone très peuplée, très cultivée, et soumise aux inondations des moussons. La montée des eaux, qui arrache des morceaux de terrains, submerge les cultures et menace les villages, force les Bangalis à anticiper les récoltes et à déplacer leurs habitations avant qu’elles ne soient avalées. Les habitations sont d’ailleurs conçues pour un déménagement rapide. Un vieil homme raconte qu’il a déplacé sa maison au moins une quinzaine de fois au cours de sa vie. Une vie de « nomade » climatique », une existence précaire dans une géographie instable. Les femmes, sur lesquelles reposent les contraintes familiales, sont les premières victimes de cette vie rythmée par la menace des eaux.

Second tableau, le port de pêche d’Aralsk au Kazakhstan, qui a vu la mer d’Aral commencer à se retirer dans les années 70, et dont les bateaux sont définitivement immobilisés dans un horizon de sable. La mer s’est retirée à 90 km de là, pour laisser du sable et des pesticides. Dans les années 50, les fleuves qui l’alimentaient ont été détournés pour irriguer le coton d’Ouzbekistan, et les rizières plantées en plein désert du Kazakhstan. La mer d’Aral, autrefois l’une des plus vastes mers intérieures du monde, est réduite à une peau de chagrin, se trouve désormais à 90 km d’Aralsk. Les vieux marins regrettent les sorties en mer, un fils de pêcheur se souvient des bains de son enfance, et des vieilles dames font visiter les friches de la conserverie de poisson qui les employait. Aujourd’hui, la ville compte 70% de chômeurs, les saltimbanques amusent les désoeuvrés, et les jeunes filles dessinent cette mer dont on attend toujours le retour.

Troisième temps, une immersion dans la fourmilière de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, la capitale du Kenya. Promiscuité, 20 000 habitants au km2, chômage, violence, insalubrité, et manque d’eau. Vendue quatre fois plus chère que dans les quartiers chics de Nairobi, l’eau est une marchandise, une source de revenus pour délinquants recyclés, un métier. Quelques billets glissés à un agent affecté au circuit officiel de distribution, une percée dans la canalisation, et la source, plus ou moins potable, se met à couler dans de gros bidons en plastique. Et pour remplir les bidons, il faut marcher, parcourir des kilomètres sur un terrain boueux, accidenté, chargé d’immondices, et bourré d’obstacles. La tâche des femmes, les hommes y perdraient leur dignité. Puis, il faut retourner, avec les bidons pleins. Les points d’eau, pourtant illégaux, sont rares à Kibera. Ses habitants, dont l’existence, autour de quelques litres d’eau par jour, plus ou moins, selon leurs moyens rêvent d’eau courante…

La bande-annonce d’un film sorti en salle, mercredi dernier. Le documentaire est sobre. L’image révèle des trajectoires de survie s’en s’embarrasser de contextes explicatifs. Y en a –t-il besoin ?

M.J


Publié le 11 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Cinema.
Tags :: , , , ,