Environnement
Un blog sur la géo-environnement

DOHA 2012.

Bonjour,

Les Nations Unies organisent une nouvelle conférence internationale sur le climat à Doha, au Qatar. DOHA 2012, réunie du  26 novembre au 7 décembre, est la dix-huitième Conférence des Parties (COP18) de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Et la huitième rencontre des pays signataires de Kyoto. Cette rencontre  doit préciser l’après Kyoto, qui expire le 31 décembre prochain. Le Protocole de Kyoto, traité international qui engage les Etats qui ont ratifié le texte à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique avec la déforestation, est formulé en 1997. Il devient effectif huit ans plus tard, après avoir obtenu un nombre suffisant d’adhérents.  Il compte à ce jour 195 parties – 194 Etats et l’Union européenne –, et n’a toujours pas été ratifié par un acteur majeur de la scène internationale, les Etats-Unis. En décembre 2007, la Conférence de Bali avait officiellement lancé les négociations pour l’après-Kyoto. En décembre 2011, la Conférence de Durban avait permis, in-extremis, de reconduire le Protocole de Kyoto, évitant  un vide juridique. Le Protocole de Kyoto, diversement interprété par les pays industrialisés, est le seul texte qui contraint les Etats membres à faire attention à leurs émissions. Dans le prolongement de  Durban, Doha devrait formuler une nouvelle feuille de route pour lutter contre le réchauffement climatique. Ce nouveau texte, finalisé en 2015,  devrait  devenir contraignant en 2020. Mais le plus tôt sera le mieux car pour contenir le réchauffement  planétaire sous le seuil des 2°C au cours du siècle, les Nations  industrielles devront réduire leurs émissions de 25 à 40%, par rapport au niveau de 1990. La Conférence de Doha, qui doit amorcer ce nouveau processus international, est aussi l’occasion de faire le point sur les actions déjà engagées par les gouvernements, les acteurs privés, et la société civile pour freiner le réchauffement. Cette rencontre permettra encore d’examiner l’aide destinée aux pays en développement, déjà exposés à un climat qui change.

Un monde à 4°C…

Un rapport de la Banque Mondiale,  intitulé « Turn Down the heat -Why a 4°C warmer world must be avoided”, daté de novembre2012,  rappelle l’urgence à maintenir la hausse des températures sous les 2°C, afin d’éviter un « dangereux » changement de climat. (1) Si tous les pays seront affectés par les conséquences de la crise climatique qui se profile, certains le seront plus que d’autres, annonce le rapport. Le réchauffement, plus étendu sous les hautes latitudes, devrait être plus durement ressenti dans les espaces  tropicaux, aux équilibres plus fragiles. Une modification sensible des températures devrait modifier les conditions agricoles,  et malmener des écosystèmes sur lesquels comptent des millions de personnes pour vivre. La montée des eaux y est  annoncée plus dramatique qu’ailleurs, avec une élévation de 15 à 20% plus importante. Sous les basses latitudes, les cyclones tropicaux devraient se multiplier. Les pays pauvres de l’espace tropical et subtropical devraient connaître plus d’aridité, et plus de sécheresses.  Le rapport, qui redoute un monde réchauffé de 4°C par rapport à l’époque pré- industrielle, prédit des extrêmes, canicules, sécheresses, inondations dans beaucoup de régions du monde, avec de sérieux bouleversements des systèmes humains, des  écosystèmes, et de leurs fonctions associées. Et de conclure : « Un monde à 4°C posera des défis sans précédent à l’humanité. …le réchauffement supposé de 4°C ne doit simplement pas être autorisé à se produire – la chaleur doit être stoppée. Seule une action rapide, conjointe, et internationale peut y parvenir. » (1)

 

Activistes et gouvernements.

Interviewé par IPS, Patrick Bond,  analyste du climat, professeur à l’Université Kwazulu-Natal en Afrique du Sud,  et membre de l’IOPS – The International Organization for a Participatory Society – donne un avis sur l’avenir des négociations sur le changement climatique : « Pour résumer, le Protocole de Montréal de 1987 aurait dû être immédiatement conçu pour intégrer les gaz à effet de serre, mais au lieu de cela, parce que Washington insistait sur un marché du carbone inefficace une décennie plus tard à Kyoto – nous n’avons simplement pas vu une volonté politique appropriée et une stratégie éclairée, et jusqu’à ce que cela change, nous ne parviendrons à rien à une échelle multilatérale(…) Cela signifie que l’avenir de négociations potentiellement fructueuses se joue entre les activistes et la base populaire qu’ils rallient à leur cause, d’un côté, et les gouvernements – et les intérêts qui contrôlent souvent ces gouvernements – de l’autre. » (2)

M.J

 

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(1) “Turn Down the heat Why a 4°C warmer world must be avoided”, November 2012, A Report for the World Bank, by the Potsdam Institute for Climate Impact Research and, Climate Analytics

http://climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_heat_Why_a_4_degree_centrigrade_warmer_world_must_be_avoided.pdf

 

(2) “Q&A: COP18, Another ‘Conference of Polluters’”, Busani Bafana, Interview du Professeur Patrick Bond, IPS, 27-11-2012 http://www.ipsnews.net/2012/11/qa-cop18-another-conference-of-polluters/


Publié le 4 décembre 2012 par marlene dans Actualité,Climat
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Durban, épilogue.

Bonjour,

Durban, épilogue. Le Protocole de Kyoto, qui s’achève en 2013, sera prolongé. De 5 à 8 années, la décision reste à prendre. Dommage, les pays qui défendent ce premier traité international sur le climat ne contribuent que pour 15% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le Canada, la Russie, et le Japon, ne suivent pas. Ils refusent l’engagement contraignant de Kyoto. Un nouvel accord, instrument légal encore à préciser, devrait être signé en 2015. Pour devenir effectif en 2020. Cette fois, tous les pays devraient être impliqués dans la lutte contre le réchauffement. Le Fonds Vert, aide des pays riches pour adoucir les aléas climatiques chez les plus pauvres, n’a toujours pas trouvé de financement. Il doit pourtant démarrer en 2013, pour fonctionner pleinement en 2020. Avec, à la clé, une enveloppe annuelle de 100 millions de dollars. Durban, commentaires et réactions en images…

 

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Publié le 12 décembre 2011 par marlene dans Actualité,Climat
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Climat, CO², et solidarité.

Bonjour,

La Conférence de Poznan sur le climat ouvre une voie incertaine vers Copenhague. Pourtant, dans un an, le monde devrait enclencher un effort décisif pour freiner les effets de la crise climatique. Alors que les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevées, il s’agira de composer un nouveau Traité plus ambitieux que Kyoto, qui prend fin en 2012.

Kyoto et son bilan.

Seul cadre juridiquement contraignant, Kyoto jette les bases d’une mobilisation mondiale contre le réchauffement climatique. Ouvert aux engagements en 1998, le Protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005. Il est alors ratifié par 55 pays, minimum imposé, qui figurent parmi les plus gros pollueurs en 1990. Kyoto, qui propose un calendrier de réduction de gaz à effet de serre, engage les pays industrialisés ou en route vers une économie de marché, à réduire de 5,5% leurs émissions de GES d’ici à 2012. Pour faciliter la réduction des Gaz à effet de serre, le protocole met en place des mécanismes dits  » de flexibilité « , qui permettent aux pays de s’adapter. Kyoto, qui compte aujourd’hui 183 membres, n’oblige que 37 pays à limiter leurs émissions.

En 2008, l’ONU dresse un bilan de Kyoto. En 2006, une quarantaine de pays industrialisés – c’est-à-dire un peu plus que ceux dotés de vraie contraintes – ont réussi à diminuer de 5% leurs émissions de CO², par rapport à 1990. Cette bonne conduite est valable pour la période 1990-2006. En regardant de plus près, la courbe  commence à s’inverser en 2000. Entre 2000 et 2006, les rejets augmentent de 2,3%. Les pays d’Europe centrale et orientale, d’abord plongés dans une crise économique pendant leur période de transition vers l’économie de marché, et donc moins polluants, auraient contribué à cette évolution. Mais quand leur économie se redresse à partir de 2000, leurs rejets de CO² suivent, plus 7,4% entre 2000 et 2006. L’ONU remarque que, globalement, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter.

L’Europe centrale et orientale défend son économie polluante.

Ce qui pourrait expliquer pourquoi les pays d’Europe centrale, nouveaux membres de l’Union européenne, et dont l’économie dopée par le charbon, compliquent les discussions sur les réductions de gaz à effet de serre. Exemple, la Pologne, le pays d’accueil de la conférence. La Pologne, 95% d’électricité à base de charbon, l’un des champions européens du rejet de dioxyde de carbone, n’a pas les moyens d’une conversion rapide à une économie propre. Elle craint que l’Union européenne ne lui impose ses objectifs contraignants, ce qui ne manquerait pas de secouer le pays : chômage dans les mines de charbon, hausse de la facture énergétique des ménages, et une plus grande dépendance énergétique, notamment vis-à-vis de la Russie. Alors tant pis pour l’atmosphère, la cohésion européenne, et les paysages polonais.

Plus polluants, moins riches, les pays de d’Europe centrale et orientale réclament plus de temps pour s’adapter. Ils souhaitent quelques privilèges pour continuer à polluer. Et ils comptent sur la solidarité européenne pour les aider à financer cette nouvelle transition vers une économie plus propre. La France, qui préside l’Union européenne, a réuni à Gdansk ces nouveaux membres – Pologne, Bulgarie, Hongrie, Roumanie, République Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie – pour tenter de les rallier à un plan climat européen, articulé autour du chiffre « 20 ». Moins 20% de CO² en 2020 par rapport à 1990, 20% de renouvelable dans la consommation européenne, et 20% d’économie d’énergie.

Copenhague en perspective.

Copenhague devra édicter un nouveau pacte climatique, articulé autour de trois priorités. Décider d’une politique de réduction des GES plus contraignante pour les pays industrialisés. Il est question de viser les 40% d’ici 2020, pour atteindre les 90% à l’horizon 2050. Seconde priorité, entraîner les nouvelles puissances émergentes dans cet effort international. La Chine est devenue le premier pollueur mondial, quand l’Inde, le Brésil, ou l’Afrique du Sud, ou le Mexique sont arrivés au niveau des pays industrialisés. Il s’agit encore d’imaginer des mécanismes de financement pour accompagner les pays pauvres, d’Afrique ou d’Asie, dans leurs efforts d’adaptation. En clair, il faut les aider à développer des technologies propres, technologies qui sont généralement au dessus de leurs moyens. Et leur donner les moyens de répondre aux conséquences du changement climatique, qui se fait déjà sentir dans nombre de pays.

La question de la déforestation, oubliée par Kyoto, source d’émissions, devra encore figurer sur le futur traité. Cette question a déjà été débattue à Accra, au Ghana, du 21 au 27 août dernier, lors d’une Conférence sur le climat et la déforestation, organisée par la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CNUC). Cette discussion, destinée à aborder l’après-Kyoto, a désigné la déforestation dans les pays en voie de développement, et en Afrique, comme l’une des priorités internationales. La destruction du couvert forestier, qui a des incidences climatiques dues aux émissions de CO², entraîne aussi une dégradation des sols et des écosystèmes. Avec le risque de priver les populations concernées de leurs ressources vitales. Copenhague devrait accompagner un développement plus respectueux de l’environnement dans les pays les plus exposés. Avec une probable contribution financière.

Retour à Poznan.

L’équipe Bush, présente à Poznan, devra bientôt céder la place à l’équipe Obama. Changement de direction, et changement de ton. En attendant que les Etats- Unis adhèrent à un nouveau traité sur le climat – les Etats-Unis, qui ont refusé de ratifier Kyoto, ne sont pas engagés à réduire leurs émissions de CO² -, hypothèse probable mais pas immédiate, Barack Obama a déjà chiffré ses objectifs. Il souhaite, à l’horizon 2020, ramener les émissions des Etats-Unis à leur niveau de 1990. Il va plus loin. Il propose une réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis à l’horizon 2050, toujours par rapport à 1990. La Chine, dont la croissance reste liée au charbon qui lui fournit de l’électricité, prend aussi conscience que sa propre pollution l’asphyxie. A Poznan, elle a fait preuve de bonne volonté, A condition que les pays riches montrent l’exemple, et l’aident financièrement à lutter contre le réchauffement. L’Europe, qui entre-temps s’est déplacée à Bruxelles pour négocier son fameux plan « Energie – climat », peine à trouver un compromis. Les pays d’Europe centrale et orientale, qui crient misère, pourraient bien bénéficier d’exemptions, assorties d’une enveloppe pour encourager leur coopération. Privilèges que pourraient envier les pays en voie de développement, déjà offerts au réchauffement, et sans moyens pour affronter la crise climatique. Un an avant Copenhague, le concert d’intérêts entendu à Poznan, pose la question d’une solidarité internationale. Et d’un front commun pour freiner les effets de la crise climatique.

M.j

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Publié le 11 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
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Crise financière et crise climatique.

Bonjour,

Le sommet de l’ONU sur le réchauffement climatique a débuté lundi 1er décembre à Poznan, une ville de l’Ouest de la Pologne. Un an après Bali qui avait adopté une « feuille de route » pour accompagner les négociations, Poznan vise à faire avancer un plan climat qui sera finalement décidé à Copenhague, en décembre 2009. Pendant deux semaines, les 192 signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) vont discuter pour imaginer l’après-Kyoto, qui expire en 2012. Il reste un an pour s’entendre sur les moyens de réduire, ensemble, les émissions de gaz à effet de serre. A Poznan, la crise financière pourrait s’immiscer dans les débats, et compliquer les discussions sur le climat. Lors de l’ouverture de la Conférence, Yvo de Boer, le responsable de la CNUCC, a déclaré : « La réalité est que mobiliser les ressources financières à l’échelle requise constituera un véritable défi. »(1), Les gouvernements des pays industrialisés, qui se sont ruinés pour sauver leur système financier, risquent d’être moins disposés à dépenser pour lutter contre le réchauffement climatique. Par exemple, l’Europe devra se donner les moyens de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 – par rapport à 1990 -, et de convertir en renouvelable 20% de son offre énergétique, programme ambitieux. Dans Libération (2), Yvo de Boer s’inquiète encore des conséquences de la crise financière: « Au cours des dix prochaines années, nous allons remplacer 40% des capacités de production de l’énergie.(..) Si à cause de la crise financière, la décision est prise d’utiliser des technologies peu chères et polluantes, elles seront encore là dans trente ou cinquante ans. »

En attendant un nouveau protocole, qui devrait intégrer les pays émergents, Barack Obama a envoyé une délégation à Poznan. Il souhaite tourner la page « Bush ». Les Etats-Unis pourraient cesser de faire « bande à part » pour rejoindre les 37 pays industrialisés qui ont ratifié Kyoto. A Poznan, Rajendra Pachauri, chef du GIEC et prix Nobel 2007, a rappelé aux participants les enjeux du réchauffement climatique, élévation du niveau des mers, pénurie croissante d’eau, et disparition des espèces. (3) Il y a quelques semaines, Claude Lorius, glaciologue français et Lauréat du Prix Blue Planet 2008, confiait son pessimisme au journal Le Monde : « Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu’on va subir un réchauffement : on prévoit d’ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l’âge glaciaire à l’holocène ! Je ne vois pas que l’homme ait actuellement les moyens d’inverser la tendance. » (4) Pour peut-être atténuer cette tendance, en visant une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25% en 2030 – par rapport à 2000 -, il faudrait 500 milliards de dollars annuels, estimation du CCNUCC, qui s’ajoutent évidemment aux milliards de dollars engloutis par le système financier mondial…

M.J

(1) AFP, 30 nov. 2008

(2) « Climat pesant à Poznan », Christian Losson, Libération, 1er décembre 2008.

(3) « UN Climate conf. Concerned about financial crisis », AP, 1er décembre 2008.

(4) “Un expert du climat appelle à un sursaut de l’homme”, propos recueillis par laurent Carpentier, Le Monde, 11-11-08.


Publié le 2 décembre 2008 par marlene dans Actualité,Climat
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Ce NF3 qui charge l’atmosphère…

Bonjour,

Le NF3, un gaz à effet de serre produit par la fabrication d’écrans plats, de circuits intégrés, ou de panneaux solaires, charge dangereusement l’atmosphère. C’est le constat d’une équipe de recherche de l’Institut d’Océanographie de l’Université de Californie de San- Diego. Le trifluorure d’azote, son autre nom, serait 17 000 fois plus actif dans le processus de réchauffement que le CO², pourtant ennemi « numéro 1 ». Autre mauvaise surprise, il resterait dans l’atmosphère cinq fois plus longtemps que le CO², ce qui nous pousse à environ 550 ans. En 2006, la quantité de NF3 était estimée à 1200 tonnes métriques. De nouvelles méthodes d’investigation, développées par l’équipe américaine, ont permis de réactualiser sa présence, 4200 tonnes métriques. En 2008, il grimperait à 5400 tonnes métriques. Un résultat qui annoncerait une augmentation annuelle de 11%.

Les émissions de NF3, supposées faibles jusqu’alors, n’ont pas été prises en compte par le Protocole de Kyoto, outil international destiné à contenir les émissions de gaz à effet de serre. Kyoto ne retient que les gaz avérés dangereux pour la qualité de l’atmosphère, dioxyde de carbone (CO²) , méthane (CH4), ou halocarbures (HFC, PFC). Pour coller aux exigences de Kyoto, l’industrie électronique a délaissé les hydrocarbures perfluorés (PFC), pour utiliser du NF3, dont on supposait que 2%, seulement, s’échappait dans l’atmosphère.La découverte des scientifiques américains, publiée le 31 octobre prochain dans la « Geographical Research Letters », avait déjà filtré en juin dernier. Le journal de l’Union Géophysique américaine (AGU) qualifiait le NF3 de « gaz à effet de serre manquant ». Pour l’instant, « l’oublié de Kyoto »  ne contribue qu’à 0,04% d’un réchauffement global, largement induit par les émissions de CO² d’origine anthropique.

M.J

Article de référence : http://scrippsnews.ucsd.edu/Releases/?releaseID=933


Publié le 29 octobre 2008 par marlene dans Actualité,Climat,Non classé
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Les pieds dans l’eau, l’Inde révèle son plan « Climat »

Bonjour,

L’Inde, quatrième pollueur de la planète, révèle un plan pour lutter contre le réchauffement climatique. Info, BBC News.
Le pays devrait progressivement introduire les énergies renouvelables dans son modèle de développement. Et selon son Premier Ministre, Manmohan Singh, l’énergie solaire devrait être au cœur de cette conversion annoncée. Tout devrait être mis en œuvre pour faire basculer une économie alimentée aux énergies fossiles, vers un système de production basé sur le renouvelable. « Notre succès dans cette entreprise changera la face de l’Inde », a prédit le Premier Ministre.

Il y a un an, le pays s’est doté d’un Council Climate Change, un organisme institutionnel dédié aux problèmes climatiques, et au développement durable. Un site internet, « Climate change », y révèle les positions, et les engagements du gouvernement indien. L’Inde fait d’ailleurs partie des 120 pays en développement ayant ratifié le protocole de Kyoto. Ce qui ne l’engage pas à grand-chose. L’Inde, espace économique émergent, est exemptée des objectifs de réduction de gaz à effet de serre qui obligent, en principe, les grand pays industrialisés engagés. En présentant son plan d’action national de lutte contre le changement climatique, Manmohan Singh a éludé la question d’une réduction des émissions de carbone, pourtant annoncés à la hausse. D’après la Banque Mondiale, et son « Petit Livre Vert de l’environnement », édition 2002, les émissions de l’Inde avaient déjà progressé de 57%, entre 1992 et 2002.

Malgré son engagement en faveur du climat, et son intérêt pour Kyoto, l’Inde revendique pour son peuple, le droit au développement économique et social. Avec un objectif majeur, sortir de la pauvreté. Et autre argument développé pour détourner la question des gaz à effet de serre, les émissions de carbone par tête d’habitant sont minimes, comparées à celles des pays riches. L’Inde, qui rassemble 17% de la population mondiale, prétend ne contribuer qu’à 4% des rejets mondiaux.(1)

Dans un rapport intitulé « L’alerte bleue », daté de mars dernier et rédigé par un Indien, Greenpeace projette les effets de températures plus élevées de 4°C à 5°C d’ici la fin du siècle, en Asie du Sud. La montée des océans , le dérèglement des moussons, les sécheresses, ou les difficultés d’approvisionnement en eau, pourraient déplacer 130 millions de personnes, dont une grosse majorité située sur une zone côtière, très exposée. Une élévation de 40 cm du niveau marin, prévision du GIEC d’ici 2100, déracinerait les fortes densités du Delta du Ganges-Brahmaputra, au Bangladesh, et les populations de la longue frange côtière indienne, semée de grosses métropoles. Dans un autre article de BBC News, daté de janvier 2008, un journaliste – qui relie prudemment l’élévation du niveau marin au changement climatique – rapporte que deux îles des Sunbardans, ont été rayées de la carte. Submergées. 6000 personnes ont été déplacées. Une mer plus haute de 45 cm pourrait avaler les trois quarts de la plus grande forêt de mangrove du monde, patrimoine mondial UNESCO. Et priver de terres des millions de personnes dans l’archipel des Sunbardans, et du pourtour du Golfe du Bengale. Dans cette zone, l’élévation du niveau marin, liée aux fontes de l’Himalaya, progresse plus vite qu’ailleurs.

Vidéo WWF, le Delta des Sunbardans, en Inde et au Bangladesh, exposé au réchauffement climatique.

M.J

(1)Chiffre de mars 2007, préparation du sommet du G8 de Heiligendamm (Allemagne – Juin 2007)


Publié le 4 juillet 2008 par marlene dans Climat,Inde
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Bali, et après…

Bonjour,

Introduction, une vidéo pour rappeler les enjeux de la conférence de Bali sur le climat:

Bali qui commence par une bonne nouvelle, la ratification du traité de Kyoto par l’Australie. Et Bali qui se termine par un accord difficilement acquis. La communauté internationale, pourtant invitée à une réaction urgente pour contenir la crise climatique, n’a pas pu décider d’une stratégie précise pour réduire les gaz à effet de serre. Le texte adopté à Bali renonce aux objectifs chiffrés, il ne s’engage pas sur un calendrier précis. Seul rappel de l’urgence à agir, une note en bas de pages du préambule qui mentionne le dernier rapport du GIEC sur l’évolution du climat. Dans cette dernière synthèse, le groupe d’experts internationaux propose aux pays développés de réduire leurs émissions de 25% à 40% d’ici 2040, par rapport à 1990. Ce contrôle des émissions devrait limiter le réchauffement à 2°C au milieu du siècle, limite au delà de laquelle le climat pourrait s’emballer. Le rapport 2007 du GIEC invite encore à une réduction de 50% des émissions globales, d’ici 2050. Le texte adopté à Bali, qui se réfère aux avertissements du GIEC, n’a donc pas clairement formulé les recommandations des scientifiques. Bali, supposé préparer l’après – Kyoto qui expire en 2012, précise cependant que les négociations sur le climat devront s’ouvrir « dès que possible et pas plus tard qu’avril 2008 ». En 2009, la conférence de Copenhague devrait finaliser un autre plan de lutte contre le réchauffement climatique. Un vrai après – Kyoto.

Malgré des négociations difficiles, Bali semble cependant avoir impulsé un « processus global ». Pays développés et pays en voie de développement devraient s’impliquer pour freiner les effets de la crise climatique. Un effort sans contrainte sur les moyens à développer, un compromis difficilement acquis. Les Etats – Unis, soucieux d’associer les pays en voie de développement dans la lutte contre le réchauffement climatique, toujours opposés à une stratégie directive en matière de réduction de gaz à effet de serre, ont fini par accepter un accord qui ne les engage pas à grand chose. Les pays émergents, Chine et Inde en tête, ont multiplié les interventions pour dénoncer la timidité de l’engagement occidental, et pour réclamer des aides. Parmi les points positifs d’une conférence qui n’a pas décidé de grand chose, la prise en compte de la déforestation et de la dégradation des terres, 20% des émissions mondiales.

M.J.


Publié le 17 décembre 2007 par marlene dans Climat
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