Environnement
Un blog sur la géo-environnement

Richard Long, le pèlerin du Land Art.

Bonjour,

Richard Long court le monde pour arpenter des paysages sauvages, qu’il retouche souvent. Le randonneur est artiste: « …mon intention était de faire un art nouveau qui était aussi une nouvelle façon de marcher: la marche comme art. »(1)  Lors de ses périples, il prend des photos, rapporte quelques mots, ou ramène des matériaux qu’il organise pour les musées. Il aime travailler loin de l’agitation, sur des espaces vierges. Richard Long appartient à la famille du Land Art.

Sur les traces des pèlerins.

Sur son site, sa biographie tient en trois temps. En 1945, naissance en Angleterre. De 1962 à 1965, England College of Art, à Bristol. Puis, de 1966 à 1968, St Martin School of Art. La nature devient son modèle, il commence à marcher en 1967. Il suit les traces de cette humanité qui aime cheminer, les pèlerins, les poètes japonais, ou les romantiques anglais. Ses pas le mènent en Europe, en Amérique, au nord et au sud, en Afrique, au Japon, ou en Inde. Si chaque périple, guidé par une idée particulière, est unique, l’intention se répète : « Ainsi marcher – entendu comme art – me fournit un moyen idéal pour explorer les relations entre le temps, la distance, la géographie, et la mesure. » (1) Et pour marquer ce territoire parcouru, il cartographie son itinéraire, produit des textes qui témoignent de ses rencontres matérielles ou sensorielles, ou photographie les modifications qu’il apporte au paysage. Les pierres, qui accompagnent la progression de son parcours, l’aident à élargir les frontières de la sculpture.

Des serpents et une nuit sans lune.

En 1990, quand il relie la côte nord de l’Espagne à la côte sud, il dépose une pierre à mi-chemin de ce long périple. En 1995, une marche le conduit à travers l’Angleterre, depuis la côte atlantique jusqu’à celle de la Mer du Nord. Chaque jour, il prend une pierre qu’il pose, le lendemain, à l’endroit où il choisit une autre pierre. Et ainsi de suite, la sculpture évolue, de jour en jour, de pierre en pierre. En 1998, une ligne de 33 pierres marque le temps d’un périple de 33 jours qui le conduit du point le plus sud de l’Angleterre, au point le plus nord. En 1997, il passe huit jours dans une forêt de la région d’Aomori, au Japon. Son carnet de voyage témoigne de quelques rencontres, deux serpents, des grenouilles, une famille de singes, et une nuit sans lune.

Une ronde d’enfants.

Dans la chaîne de l’Himalaya (1975), dans la campagne écossaise (1981), dans le désert du Sahara (1988), des lignes de pierres témoignent de son passage. Lors de son premier voyage (1967), au Pérou (1972), ou encore au Sahara, une empreinte linéaire retient la trace de ses pas dans le paysage. Il sculpte aussi des cercles, dans les Andes (1972), en Irlande (1975), en Ecosse (1986), au Sahara ( 1988), dans le désert de Gobi (1996), ou dans l’Oregon (2001). En 2003, il exporte ses compositions circulaires en Inde, complique les formes, travaille les contrastes, ou les abandonne à une ronde d’enfants.

Et un bout de ciel.

Privé de pierres et de bois, il pourrait explorer les possibilités du ciel : « Lors d’une promenade en montagne, on pourrait sculpter au dessus des nuages, peut-être dans une région éloignée, en apportant une liberté d’imagination sur la façon, et le lieu, ou l’art peut-être produit dans le monde. » (1) En 1995, il marche pendant trois jours et demi, depuis l’embouchure de la Loire jusqu’au premier nuage rencontré. Il en rapporte un échantillon de ciel azur.

M.J

(1) Richard Long, website http://www.richardlong.org/index.html


Publié le 7 avril 2009 par marlene dans land art
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